00:00Allez, on en vient à cette information européenne.
00:03Selon la rédaction et le service politique, Thomas Le Grand ne reviendra plus à l'antenne de France Inter.
00:09Le journaliste a rencontré cette semaine, en toute discrétion, Laurence Bloch,
00:13qui est l'ancienne présidente de France Inter entre 2014 et 2022.
00:17Et lors de cet entretien, celle-ci lui a personnellement demandé de rompre toute collaboration avec la station,
00:23expliquant agir dans le but de protéger la loi.
00:24Et nous sommes à 48 heures de l'audition de Thomas Le Grand.
00:27Comme par hasard !
00:28Par la commission d'enquête parlementaire sur le visuel public,
00:31je vous propose d'écouter un extrait de l'édito de Pascal Praud ce matin sur Europe 1 et CNews.
00:36Il faut sauver France Inter.
00:38Et quoi de mieux que de rompre avec son employeur avant jeudi,
00:43et ainsi d'éviter toute question embarrassante.
00:46Monsieur Le Grand botterait en touche, je ne suis plus en contrat avec Radio France.
00:50Cette fine stratégie est portée par Madame Laurence Bloch, ex-directrice générale de France Inter.
00:57Elle a rencontré Monsieur Le Grand dans un café du 14e arrondissement à la vue de tous pour lui souffler cette initiative.
01:05Et si tu démissionnais ? Afin de protéger la station.
01:09Alors, Sébastien Ligné, déjà expliquez-nous en quoi c'est problématique.
01:14Ah bah c'est totalement problématique parce que c'est une tentative hallucinante
01:19de camoufler, d'essayer d'effacer les traces du crime, entre guillemets,
01:25pour limiter au maximum les répercussions et les conséquences de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public,
01:32en tentant d'expliquer finalement que l'affaire Le Grand Cohen ne serait qu'un incident isolé et individuel,
01:39ce qui est évidemment loin d'être le cas.
01:41Donc c'est du camouflage.
01:42On camoufle l'épreuve.
01:44Ça, c'est scandaleux, c'est même potentiellement répréhensible par la loi,
01:47parce qu'on rappelle qu'une commission d'enquête parlementaire, vous témoignez sous serment.
01:52Et vous n'êtes pas censé préparer en amont des petites bidouilles internes pour essayer de noyer le poisson.
01:58Donc en cela, oui, c'est dramatique.
01:59En fait, ça veut dire que les masques tombent ?
02:01D'un point de vue, évidemment, et c'est surtout une annonce qui montre qu'il y a un vent de panique généralisé à Radio France et à France Télévisions.
02:10Depuis l'ouverture de cette commission d'enquête, depuis ces révélations complètement dingues sur le train de vie de la direction de France Télévisions,
02:17c'est quand même le troisième président de la Cour des comptes qui l'a dit devant cette commission,
02:21un potentiel risque d'insincérité des comptes de France Télévisions,
02:26c'est-à-dire potentiellement des dirigeants qui ont camouflé les mauvais chiffres,
02:30qui ont laissé de côté les mauvais bilans,
02:33pour tenter de nous faire croire que finalement la situation budgétaire de France Télévisions ne serait pas si dramatique que cela,
02:40alors qu'évidemment, elle l'est, qui nous coûte d'ailleurs plus de 4 milliards d'euros par an.
02:43Donc oui, le vernis craque, le service public de l'audiovisuel est en train de comprendre que le récit a changé de camp,
02:52qu'aujourd'hui, vous avez une grande partie des Français qui sont attachés en effet à l'audiovisuel public,
02:58mais qui sont abasourdis de la privatisation idéologique de ce service public,
03:04qui est abasourdi de la mauvaise gestion de ce service public-là,
03:08et face à cela, au lieu d'assumer leurs responsabilités,
03:12au lieu que Delphine Ernot démissionne, par exemple,
03:16ils tentent de camoufler les traces, et c'est ça qui est scandaleux.
03:19Parce qu'en réalité, ce n'est pas une prise de responsabilité, ce qu'on apprend à l'instant avec Thomas Legrand.
03:24Hélas, c'est une tentative de dissimuler.
03:27Oui, parce que ça aurait pu être au lendemain, justement, de la diffusion de la vidéo de l'incorrect,
03:32où on voyait Thomas Legrand et Patrick Cohen discuter de leur stratégie politique,
03:37notamment pour favoriser ou défavoriser un candidat ou l'autre.
03:40Est-ce que là, s'il y avait eu des sanctions, ça aurait été différent ?
03:43Déjà, s'il y avait eu, alors il a été suspendu de l'antenne,
03:47mais s'il y avait eu immédiatement un communiqué pour expliquer que Thomas Legrand allait quitter ses fonctions d'éditorialiste,
03:54qu'à certains postes de la direction de Radio France, il y allait avoir, pourquoi pas un audit,
03:59ou qu'en tout cas que certaines têtes pourraient tomber,
04:02là, oui, on aurait une prise de conscience.
04:04Mais là, ce n'est pas du tout ce qui se passe.
04:06Et évidemment, c'est exactement ce qu'ils vont essayer de nous dire.
04:08Ils vont nous dire, regardez, nous avons éconduit Thomas Legrand,
04:13donc nous avons compris la critique.
04:16Ce n'est évidemment pas le cas.
04:17Là, c'est catastrophique pour l'image du service public.
04:21C'est-à-dire que vous avez des gens qui discutent en privé,
04:25qui se concertent pour essayer de créer un contre-récit devant des parlementaires,
04:30pour tenter de noyer le poisson une nouvelle fois.
04:33Ça peut avoir un impact ?
04:34Je ne vois pas, honnêtement.
04:35Déjà, la commission d'enquête révèle depuis plusieurs semaines,
04:40les révélations sont hallucinantes,
04:42et elles devraient à elles-mêmes, à elles-seules, justifier des départs.
04:45Mais là, pour moi, c'est la goutte d'eau,
04:46et il va forcément avoir des répercussions politiques.
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