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  • il y a 3 mois

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00:00Oui, Philippe Devilliers, ce matin, dans le Figaro, est paru un sondage très intéressant qui explique qu'aujourd'hui,
00:06plus de la moitié des Français ne veulent pas de l'euthanasie, mais veulent le développement des soins palliatifs.
00:12Et pendant des années, on nous a bombardés de sondages nous disant que les Français voulaient absolument l'euthanasie.
00:18Qu'est-ce qui a changé, selon vous ?
00:19Alors, d'abord, c'est l'honneur du Figaro d'avoir publié cette étude de la Fondapol,
00:26présidée par Dominique Régnier, qui était un homme qui vient souvent sur votre plateau,
00:30que je trouve remarquable intellectuellement, et très courageux, toujours très courageux,
00:35avec les AFC, les associations familiales catholiques.
00:38Et là, ce qui a changé, c'est que tout à coup, on découvre qu'on nous a manipulés.
00:44On nous a dit, 80% des Français sont pour l'euthanasie et le suicide d'assister.
00:49Ce n'est pas vrai.
00:50En fait, aujourd'hui, il y a une immense majorité de Français qui, avec bon sens, disent
00:55nous, on préférerait avoir partout, dans tous les départements, les soins palliatifs
01:00pour éviter, justement, le geste de l'euthanasie.
01:03Il faut bien comprendre une chose, c'est que la mort sur ordonnance,
01:08quand elle va s'appliquer, c'est un changement considérable de civilisation,
01:12puisqu'en fait, c'est la fin de la relation de confiance entre le médecin et le patient,
01:19c'est la fin de la relation de confiance à l'intérieur des familles,
01:21et c'est la fin de la relation de confiance entre la personne âgée et l'établissement où elle se trouve.
01:27La fin de la relation de confiance, pourquoi ? Parce que c'est le doute, c'est la suspicion.
01:31On ne peut pas mettre fin au serment d'Hippocrate qu'à 25 siècles.
01:36Philippe Devilliers, il y a un monde qui se meurt et qui ne veut pas mourir,
01:39c'est celui des paysans, la paysannerie, qui est un très beau mot.
01:42Ces hommes et ces femmes se battent, ils font face à des crises multiples,
01:46la PAC qui est remaniée, le traité de libre-échange du Mercosur qui risque d'être ratifié,
01:51l'arrivée imminente de l'Ukraine dans l'Union et cette crise sanitaire, la dermatose nodulaire.
01:57Qu'est-ce que vous leur dites ce soir à ces paysans qui ne veulent pas disparaître ?
02:01Je leur dis, dressez-vous, il faut qu'on aille vous accompagner, moi je suis prêt à y aller.
02:06Il faut que tous les derniers Mohicans de la France qui ne veulent pas mourir,
02:13c'est-à-dire la France de nos campagnes, se lèvent pour dire la chose suivante.
02:19Nous avons compris que vous les politiciens, en fait, vous voulez liquider la France des campagnes
02:25parce que vous avez décidé, vous les élites mondialisées,
02:29de déléguer notre alimentation au marché mondial.
02:31Et donc, vous considérez que, bon, il y avait un million de paysans,
02:35il n'y en a plus que 400 000, demain il n'y en aura plus que 100 000, puis 50 000,
02:39parce que l'Europe considère qu'il vaut mieux aller chercher la viande au Mercosur.
02:43Et là, on est devant un cas incroyable, un cas symbolique, une espèce d'allégorie terrible.
02:49On nous explique qu'il faut abattre la viande française parce qu'elle est suspecte
02:54et on s'apprête à faire venir avec le Mercosur la viande argentine
02:59qui, elle, est plus que suspecte, elle est infectée par des substances chimiques.
03:05Et donc, on voit bien qu'il y a deux points, deux mesures.
03:07C'est un plan de liquidation, comme l'a dit dans sérotonine Michel Houellebecq,
03:12c'est le plus grand plan social jamais mis en œuvre par une classe politique
03:20et avec une caractéristique particulière, c'est qu'en fait, les gens meurent tout seuls,
03:25dans leur coin, sans bruit.
03:28Et donc, en fait, il y a l'Europe, avec le pacte vert,
03:35ils veulent mettre fin au cheptel français.
03:38Il y a la Cour des comptes, Moscovici, qui veut mettre fin au cheptel français.
03:42Et donc, en fait, il y a les politiciens français qui, en fait, se moquent des campagnes.
03:47Et il en est de nos campagnes pour l'agriculture comme pour l'industrie.
03:54Regardez la fervente.
03:55En réalité, la métropolisation des élites mondialisées ne se préoccupe plus du reste de la France.
04:05Or, le paysan, c'est la quintessence du peuple historique français.
04:10Philippe de Villiers, vous connaissez bien le monde paysan.
04:14Et on a vu un exemple, en Afrique du Sud, les autorités ont décidé de faire vivre les bêtes avec le virus.
04:20Parce qu'aujourd'hui, la question qui se pose, ce qui fait débat, c'est
04:22est-ce qu'il faut euthanasier tout un cheptel pour une bête malade
04:26ou est-ce qu'il faut simplement tuer la bête qui est malade ?
04:29Est-ce que vous pensez qu'on pourrait exporter cette méthode sud-africaine en France ?
04:34Rapidement.
04:34Alors, très rapidement.
04:35Moi, j'ai connu le Covid, j'ai vu comment ils se trompaient.
04:38Là, c'est pareil, j'ai dit vendredi à Elliot et à Geoffroy,
04:43Madame Genevart, c'est docteur Véran en jupon.
04:48Et donc, en fait, je connais très bien ce sujet.
04:51On peut très bien faire une quarantaine.
04:53C'est ce qui se passe, vous venez de dire très justement sur l'Afrique du Sud.
04:56C'est ce qui est passé à La Réunion, en fait.
04:58Et depuis longtemps.
05:00Et donc, en fait, la dermatose, premièrement, il y a très peu de morts.
05:05Il n'y a pas de contamination pour l'homme.
05:08Et il n'y a pas de contagion pour la qualité et du lait et de la viande.
05:12Donc, si on fait une quarantaine bien appliquée, on peut régler le problème dans le temps.
05:18Mais en évitant ce qu'ils appellent maintenant le dépeuplement.
05:25Ah, mais c'est quelque chose de criminel, en fait.
05:28Philippe Devilliers, dans votre livre Populicide, on évoquait ce monde paysan qui se meurt et qui ne veut pas mourir.
05:34Là, vous dites que c'est le peuple français qui est en train de mourir.
05:37Comment, à quoi voyez-vous ce qui se passe et ce qui est à l'œuvre dans notre pays ?
05:42En fait, il y a deux peuples qui sont côte à côte et bientôt face à face.
05:47Un peuple neuf qui sait très bien d'où il vient, mais qui ne sait rien sur l'endroit où il arrive.
05:54Et un peuple exténué, un peuple sédentaire, un peuple immémorial qui est là depuis tout le temps,
06:01qui ne sait plus où il habite et qui ne sait rien de ce qu'il veut faire de l'endroit où il habite.
06:10C'est-à-dire qu'en fait, il y a les héritiers qui se mettent à détester leur passé
06:15et les arrivants qui se mettent à détester leur présent.
06:20Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus de sol moral commun.
06:22Pourquoi ? Parce qu'on a quitté la France, en fait.
06:27On ne transmet plus la France.
06:28On ne vende plus la France.
06:30On ne dit pas qu'une nation, c'est un rêve tramé dans l'étoffe des songes.
06:35Et si j'avais une proposition à faire, que je fais dans mon livre,
06:40c'est de rendre à chaque petit Français de souche ou de désir,
06:46c'est-à-dire celui qui est là depuis longtemps et celui qui arrive,
06:48de rendre à chaque petit Français le récit fondateur,
06:53c'est-à-dire retrouver le droit imprescriptible d'aller chercher dans les siècles passés les mélodies manquantes.
07:01Philippe Devilliers, vous citez dans ce livre, Populaties, de l'édition Fayard,
07:05cette phrase sublime de Saint-Paul.
07:07« Défendez-vous avec des armes de lumière ».
07:10Quelles sont nos armes, Philippe Devilliers ?
07:12En fait, nous avons un passé multiséculaire
07:18qui est une corde de rappel
07:20qui nous redonne le goût de l'ascension, de l'escalade,
07:26de l'altitude.
07:29Et pour répondre à votre question, il y a trois cordes de rappel.
07:32Le peuple français est un vieux peuple, c'est un vieux peuple littéraire.
07:36Quand bien même il ne resterait qu'une seule bibliothèque et un seul lecteur,
07:39on garderait le contact charnel avec l'épopée,
07:41avec la prosopopée, avec le panache, avec la France.
07:45Ensuite, c'est un peuple politique.
07:48À chaque fois que la France était au bord de l'abîme,
07:53elle s'est arrimée à deux moules qui n'ont pas vacillé,
07:55le tronçon de l'épée, la pensée française.
07:58Et enfin, c'est un peuple métaphysique.
08:01La France est née avec la métaphysique, le baptistère.
08:04Et elle s'est développée avec la métaphysique.
08:08Qu'est-ce que Notre-Lame de Paris ?
08:09Qu'est-ce que la cathédrale ?
08:11C'est la déclinaison de la pierre et de la métaphysique.
08:15Et qu'est-ce que la clamide qui a fondé l'État-providence,
08:19la clamide de Saint-Martin ?
08:20C'est la métaphysique des charités élémentaires.
08:23Et en fait, quand j'étais petit, mon père m'emmenait voir des villages partout,
08:27Colonge-la-Rouge, etc.
08:28Et il me disait, regarde, les artisans de toujours, les artisans français,
08:34ils mettent de la pérennité dans l'instant.
08:38Ça, c'est la France.
08:39Philippe de Villiers, dans ce livre, vous dites,
08:40c'est un appel à un jeune Français qui veut y croire.
08:43Je vous cite, ce livre est une oblation française.
08:46J'ai vécu sur fond de promesse de chérir ce pays jusqu'à mon dernier sou.
08:50Je lui dois tout.
08:50Un jour, je m'en irai.
08:52Je rêve que ce jour-là, la France me prenne dans ses bras.
08:55Elle est encore là, la France.
08:56Elle est encore vivante.
08:57Elle est encore vivace.
08:58Oui.
08:59Et en fait, c'est un mot d'espérance française.
09:02Je vais vous dire pourquoi.
09:04J'ai encore le temps ?
09:05Bien sûr, vous avez cinq minutes.
09:07Oui.
09:09Alors, je vais vous dire le fond de mon cœur.
09:11Quand un pays est très vieux, il va chercher, dans les replis secrets de ses anciennes sagesses,
09:21une force insoupçonnable pour se relever.
09:24à cause de ce passé multiséculaire dont je parlais il y a un instant.
09:31Moi, je suis Français de France.
09:36Français de souche, comme d'autres sont Français de désir.
09:39Je ne les oublie pas.
09:41Je les agrège.
09:42Je leur donne envie de nous ressembler.
09:45Je suis Français de France.
09:46C'est-à-dire que je porte dans mes flancs les pierres d'angle, les lézardes et jusqu'aux râles héroïques d'un vieux pays
09:57qui ne veut pas mourir et qui est parfois blessé.
10:03Je ressens physiquement l'énigme des sédimentations invisibles qui sont autant de recharge de ferveur
10:11et qui font qu'en chaque petit Français, sommeille, murmure, veille, pense et s'exprime sourdement.
10:23Un Français millénaire qui le rappelle à lui et qui le rappelle aux plus hautes valeurs distinctives.
10:33C'est ce Français-là des Haute-Neuf-Zi-Mémoriales pour lesquels j'ai écrit ce livre.
10:41Sur la francisation qui s'appelle « Populicide ».
10:45C'est pour ce Français-là, pour qu'il apprenne à aimer.
10:51Parce que, qu'est-ce qu'une nation ?
10:53C'est un lien amoureux.
10:55Il faut refaire un peuple amoureux.
10:57Philippe Devilly, est-ce que c'est à nous, parents, de transmettre cet amour de la France à nos enfants ?
11:02Est-ce qu'il faut tout attendre de l'éducation nationale, de l'État ?
11:05Chacun doit prendre sa part dans la reconstruction de ce récit national ?
11:09Alors, j'ai dit, il faut remettre la France partout.
11:13Et donc, ça c'est une vraie politique, qui commande toutes les autres.
11:19Parce que si on retrouve la France, qu'on la met dans son cœur,
11:23alors la moitié de nos problèmes sont résolus.
11:25Ce ne sont pas des problèmes de gestion, c'est bien pire que ça.
11:28C'est qu'on a perdu, on vit une éclipse de la conscience nationale.
11:31Et je réponds à votre question.
11:34Il faut refranciser la France, c'est-à-dire refaire de chaque petit Français un héritier, un enraciné, un propriétaire et un voisin.
11:45Il faut refranciser la France, c'est-à-dire refranciser le pouvoir qui est parti à Bruxelles.
11:53On voit le résultat, il faut le rapatrier.
11:55Il faut s'en aller.
11:56La France doit être commandée par les Français.
12:02Et ensuite, refranciser la France, ça veut dire refranciser les âmes.
12:09Et là, je vous rejoins, ça passe par la famille, ça passe par l'école, ça passe aussi par la sphère publique,
12:16ça passe par les médias, ça passe par toutes les institutions,
12:20pour que demain, nos élites, qui ne composent plus qu'une branchitude avachie,
12:28qui rêvent de se donner à une civilisation nouvelle,
12:34eh bien, pour que nos élites recommencent à penser français, à penser français.
12:40Parce que vous voyez là, par exemple, on voit avec les normes, etc.,
12:43l'histoire de la dermatose, c'est l'Europe qui commande.
12:46Mais personne ne dit, personne ne l'ose.
12:48C'est-à-dire que nous sommes complètement aliénés.
12:51Nous avons aliéné ce qu'on n'a pas le droit d'aliéner, la souveraineté.
12:56Vous savez la définition de Jean Baudin de la souveraineté ?
12:59La souveraineté, c'est le caractère d'une puissance qui ne relève d'aucune autre.
13:08Philippe de Villiers, vous appelez une véritable révolution.
13:11Une révolution française, mais pacifique.
13:13Moi, je n'appelle pas une révolution, j'appelle aux retrouvailles avec la France de toujours.
13:22C'est-à-dire qu'avant le 25 mars 1957, la France se conduisait toute seule.
13:29Et quand De Gaulle est arrivé, il a dit, moi je veux bien continuer,
13:32à condition que ce soit un marché commun, avec la préférence européenne.
13:36Un marché commun.
13:37Les paysans qui nous regardent, ils ne se souviennent pas, parce qu'ils sont trop jeunes.
13:41Moi, j'ai connu le marché commun, c'est-à-dire dans le marché commun,
13:44si tu veux manger de la viande, tu vas manger de la viande française ou européenne.
13:48Si tu veux manger du miel, tu vas d'abord consommer du miel européen
13:52avant d'aller consommer le miel d'Afrique du Sud.
13:54C'était ça la France.
13:56La préférence nationale et la préférence européenne.
13:59Revenir à cela, ce n'est pas faire un gros effort,
14:03c'est simplement retrouver ce qui a fait notre grandeur.
14:06Merci beaucoup, Philippe Devilliers, d'être venu ce soir dans Punchline,
14:10CNews et Europe, un populicide.
14:12On le conseille à nos lecteurs, à nos auditeurs et téléspectateurs aux éditions Fayard.
14:16Merci Louis de Ragnède.
14:17Merci.
14:17Merci.
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