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  • il y a 2 mois
Dans son édito du 15/12/2025, Jacques Serais revient sur la béatification à Notre-Dame des martyrs du nazisme.

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Transcription
00:00La politique avec Jacques Serret.
00:02Et Jacques, ce matin, vous vouliez revenir sur une cérémonie exceptionnelle
00:05qui s'est tenue ce week-end à Notre-Dame de Paris.
00:08Vous souhaitiez y revenir ce matin, cérémonie de béatification collective.
00:12Oui Romain, parce que c'est un événement majeur et parce qu'il mérite
00:15que l'on y revienne avec précision.
00:18Samedi après-midi, à Notre-Dame de Paris, l'Église a célébré
00:21la plus grande béatification jamais organisée en France.
00:2550 jeunes catholiques morts entre 1943 et 1945 sous le régime nazi
00:31ont été élevés au rang de bienheureux.
00:34Ces jeunes n'étaient ni des soldats, ni des responsables politiques.
00:37Ils étaient prêtres, séminaristes, laïcs, scouts,
00:41souvent issus de la jeunesse ouvrière chrétienne.
00:44Avant d'aller plus loin, une précision indispensable.
00:46Dans le langage de l'Église, être béatifié, devenir bienheureux,
00:50c'est être officiellement reconnu comme un modèle de vie chrétienne.
00:53Dans ce cas précis, ils ont été élevés au rang de bienheureux
00:56au titre du martyr.
00:57L'Église reconnaît qu'ils sont morts par fidélité à leur foi.
01:01Car en 1943, ces jeunes ont fait un choix risqué.
01:04Partir volontairement au STO, le service du travail obligatoire.
01:09Non pour servir le régime nazi, mais pour soutenir spirituellement
01:13les jeunes français envoyés de force travailler en Allemagne.
01:18Et pourtant Jacques, cette page d'histoire reste peu connue.
01:21Oui absolument, car c'est le sujet, c'est un sujet qui devient politique.
01:26Pendant longtemps, tout ce qui touchait au STO a été amalgamé.
01:30Le soupçon de collaboration a tout recouvert, y compris ces jeunes catholiques
01:34qui ont précisément payé de leur vie leur refus de se soumettre.
01:38C'est ce que rappelle le journal du dimanche, justement.
01:40Dans un encadré signé Elisabeth Caillmer,
01:43Non, l'Église catholique n'a jamais dit Amen au nazisme.
01:46Dès les années 30, l'idéologie nazie a été condamnée par Rome.
01:49Des prêtres, des évêques, des fidèles ont été surveillés, arrêtés, parfois déportés.
01:54Alors oui, cette opposition ne prenait pas forcément la forme d'une résistance armée,
01:58mais elle fut réelle et elle a coûté des vies.
02:01La béatification de samedi s'inscrit dans cette réalité historique
02:05établie par des décennies de travaux.
02:08Oui, et ce rappel historique éclaire aussi notre époque.
02:10Oui, parce qu'il met en lumière, Romain, un paradoxe ce matin.
02:14L'histoire montre que l'Église n'a pas plié face au totalitarisme.
02:18Et pourtant, les catholiques d'aujourd'hui restent souvent regardés avec méfiance.
02:23L'installation de crèches dans l'espace public est contestée.
02:26Les écoles catholiques sont sous pression administrative.
02:29La liberté religieuse est davantage perçue comme un sujet à encadrer
02:33plutôt qu'une liberté à garantir.
02:36Il faut lire les mots de l'archevêque de Paris, Mgr Ulrich, dans Le Figaro hier.
02:41La liberté de croire, dit-il, la liberté religieuse doit être préservée
02:45comme un élément essentiel des libertés publiques.
02:48Cette liberté, poursuit-il, est même le symbole de toutes les libertés.
02:52Là où la liberté de croire est protégée, le sont aussi les libertés de penser,
02:58d'expression, d'association.
03:00Ce ne sont pas les propos d'un militant, c'est tout simplement un rappel du cadre républicain.
03:05Ce que dit la béatification de Notre-Dame, qui a eu lieu samedi, c'est une vérité simple.
03:11L'Église n'a pas dit « Amen » au nazisme.
03:13Elle a résisté.
03:14Elle en a payé le prix.
03:16Aujourd'hui, en 2025, une démocratie sûre d'elle-même n'a rien à craindre des catholiques.
03:23Merci beaucoup, Jacques Serret avec nous.
03:25Merci à vous, Jacques.
03:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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