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  • il y a 7 semaines
Cette semaine, retour dans le Club sur la performance exceptionnelle de l'équipe de France masculine de bowling, sacrée championne du monde pour la première fois de son histoire. On reviendra également sur les finales du tournoi platinum squash de Hong Kong, qui ont sacré Mostafa Asal et Nour El Sherbini.

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Sport
Transcription
00:00Bonjour et bienvenue dans le Club Sport en France, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle émission.
00:16Vous le savez, nous allons revenir sur les plus belles compétitions, diffuser sur la chaîne, recevoir des invités exceptionnels parce que le week-end a été formidable.
00:22Et puis on évoquera évidemment les compétitions à venir que vous retrouverez notamment le week-end prochain.
00:28Voici le sommaire et on débute avec un exploit.
00:31Le week-end dernier, c'est l'exploit de l'équipe de France de bowling qui a été sacrée championne du monde pour la première fois de son histoire.
00:39Et Gaëtan Mouvreau, joueur de cette équipe de France, est avec nous.
00:42Et également Cédric Vett, le préparateur mental qui lui sera en duplex depuis Toulouse.
00:47Et puis pour terminer, on reviendra avec notre spécialiste squash, Lucien Jean, sur les finales du tournoi platinum de Hong Kong de squash,
00:54vous l'avez compris, qui se sont déroulés le week-end dernier avec les sacres de Nurel Cherbini et de son compatriote égyptien chez les hommes,
01:02Mostafa Hassal, qui a survolé la compétition.
01:05Soyez les bienvenus.
01:07Je vous l'ai dit, la France a rayonné à Hong Kong.
01:10L'équipe de France de bowling est pour la première fois de son histoire, donc championne du monde.
01:14Gaëtan Mouvreau est avec nous.
01:15Bonjour Gaëtan.
01:16Bonjour.
01:17Accompagné de sa médaille et de la, on dit une boule de bowling.
01:21Une boule de bowling, oui.
01:21Tu nous expliqueras tout ça, c'est assez passionnant.
01:24Et puis on est en duplex depuis Toulouse avec Cédric Vett, le préparateur mental et ostéo.
01:28Bonjour Cédric.
01:30Bonjour Alexandre, bonjour tout le monde.
01:31On est ravis de vous accueillir également.
01:34On va essayer de comprendre comment tout cela est arrivé, parce qu'évidemment il y a beaucoup de travail, vous l'aurez compris.
01:39Et moi j'étais d'ailleurs le premier surpris, qui est de la prépa mentale, de l'ostéo pour une équipe de bowling,
01:43parce que vous n'êtes pas professionnel, vous êtes des amateurs.
01:47Néanmoins c'est beaucoup beaucoup de préparation, beaucoup de travail, c'est du sérieux.
01:50Et comme dans tous les sports de haut niveau, c'est sur les détails que ça se joue.
01:54Exactement, ça ne se joue à rien.
01:55C'est vraiment sur des petits micro détails, des petits moments clés, ça ne se joue à rien.
02:00Alors, champion du monde pour la première fois de l'histoire, vous avez quel âge ?
02:0529 ans.
02:06On est redescendu sur terre ?
02:07Pas tellement, pas encore.
02:09Mais moi je voudrais savoir une chose, est-ce que ce titre de champion du monde a été fêté dignement ?
02:13Oui, très très bien je pense même.
02:16Ça veut dire quoi ? Vous avez failli rater l'avion du retour ?
02:18On n'a failli pas rentrer dans l'avion, plutôt on va dire.
02:21On n'était pas en bon état moi, pas trop rentré dans les détails, mais on a fêté ça comme il se doit,
02:26comme tout le monde qui gagne je pense.
02:28On a fait une belle troisième mi-temps on va dire.
02:29Moi je voudrais savoir ce que pense le préparateur mental de ça.
02:32C'est normal de décompresser après un titre exceptionnel ?
02:35Oui, c'est normal de laisser décompresser, de laisser aller à la joie.
02:40Il en faut toujours après qu'il reste un peu hacké pour pouvoir gérer les agotés,
02:44mais c'est très bien que tout le monde ait bien fêté ça, en tout point.
02:48J'ai besoin de comprendre une chose, Gaëtan, vous n'êtes pas pro,
02:51c'est quoi votre boulot à côté et est-ce qu'on vous laisse du temps supplémentaire pour enchaîner ?
02:55Alors étonnamment, je suis commercial dans le bowling.
02:57Mon but c'est de vendre du matériel pour les bowling, tout ce qui est quilles, boules et chaussures.
03:02Et après j'ai la chance d'avoir une boîte qui est à fond avec moi dans mes projets sportifs,
03:06qui me soutient.
03:07Et en plus avec la fédération et le ministère des sports, j'ai un contrat d'insertion professionnelle
03:11où j'ai des jours en plus pour pouvoir pratiquer mon sport et aller en championnat.
03:15Donc beaucoup de disponibilité.
03:16Exactement.
03:17Par exemple au printemps dernier, je crois, il y a eu un moment où tout s'est enchaîné pendant des semaines.
03:20Il y a eu un mois de compétition, trois semaines et demie non-stop.
03:23Je faisais avion, bowling, avion, bowling, avion, bowling pendant trois semaines.
03:27Trois semaines et demie, c'était intense.
03:29J'entends la Marseillaise derrière, ça veut dire que vous êtes bien champion du monde.
03:32Cédric, vous, vous êtes à Toulouse, vous êtes ostéo prépa mental.
03:38Est-ce que vous avez une patientèle autre que l'équipe de France de bowling et la fédération ?
03:44Oui, dans le cadre de la préparation mentale de sport notamment, j'accompagne plusieurs sportifs de haut niveau.
03:51Dans le cadre de la préparation mentale notamment, ça va être rugby, notamment des joueurs d'équipe de France moins de 18, moins de 20 par exemple.
03:58J'ai du cyclisme notamment, du cyclisme des haches, des champions internationaux, en équitation notamment, enfin plein d'autres activités.
04:09Il n'y a pas besoin dans mon activité d'être spécialiste de l'activité, dans la mesure où on laisse cette part aux entraîneurs qui sont vraiment les paramètres techniques et tactiques.
04:18De ma part, on n'avait pas besoin d'être spécialiste de l'activité pour accompagner des athlètes.
04:24Compris Gaëtan, ça fait combien de temps qu'il y a de la préparation mentale autour de vous ?
04:27Moi j'ai eu la chance de rentrer en Pôle France, donc dès mes débuts en Pôle France, donc depuis mes 13 ans, ça fait 16 ans.
04:34On a eu plusieurs préparation mentaux au fur et à mesure des années, mais là avec l'équipe de France Senior, c'est assez nouveau.
04:40Ça fait vraiment trois ans, si je ne dis pas de bêtises, qu'on a quelqu'un qui nous suit à fond.
04:44Et ça fait une vraie différence je pense sur les championnats internationaux.
04:47Oui, et on va en parler tout à l'heure, des différents leviers, notamment face à un adversaire, l'Allemagne, où il y a eu des moments de tension.
04:54Mais évidemment, prendre l'ascendant psychologique, ce n'est pas que sur la performance, ça peut être dans le regard, ça peut être dans l'attitude.
05:01Oui, exactement, dans tous les gestes, tout ce qu'on peut faire.
05:04Si on peut gratter une ou deux quilles par-ci par-là ou rentrer dans la tête de l'adversaire, ça compte.
05:09Alors il va falloir nous expliquer, avec cette équipe de France, championne du monde pour la première fois de l'histoire, je l'ai dit,
05:13une équipe de France composée de Valentin Saulnier, Maxime Dubois, Grégory Rius, Loïc Koulin.
05:20Koulin.
05:21Koulin.
05:21Koulin.
05:22Il nous a appris qu'on disait Koulin alors qu'on l'appelle Koulin depuis dix ans.
05:26On va l'appeler Loïc.
05:27Oui, Loïc, c'est bien.
05:28Et Mike, on dit bien Mike.
05:29Mike, on dit bien Mike.
05:30Mike Barter.
05:31Et vous, Gaëtan.
05:33Ce titre mondial, quand vous êtes parti à Hong Kong, d'abord, vous êtes arrivé combien de temps avant la compétition ?
05:38On est arrivé trois jours avant le practice officiel, donc quatre jours avant la compétition.
05:41Quand vous arrivez à Hong Kong, vous vous dites qu'on repartira avec le titre de champion du monde ?
05:45Ou ça paraissait ?
05:46Ça paraît irréel, mais ça reste quand même un objectif parce qu'on sortait d'un gros championnat d'Europe.
05:50On finit Première Nation au total des points.
05:52On fait cinq fois vice-champion d'Europe.
05:53Donc, on savait qu'on avait le potentiel.
05:56Après, entre avoir le potentiel et le faire, il y a une différence.
05:58Mais on y allait pour au moins faire des médailles.
06:00Après, quand on arrive en finale, tout peut se passer.
06:02Donc, notre but, c'était de rentrer au moins dans des finales.
06:05Cédric, ça a été quoi la prépa mentale à l'approche de ces championnats ?
06:08C'est de leur dire, les gars, c'est possible.
06:09Regardez où vous en êtes.
06:11Oui, tout au cours de toute la préparation.
06:15Surtout la préparation qui a commencé déjà par les championnats d'Europe, mais bien avant aussi.
06:20Parce qu'on avait douze joueurs.
06:21On a terminé la partie avec six joueurs.
06:23De très grands championnats d'Europe, où nous avons vraiment réussi à mettre en place ce qu'il fallait pour se qualifier,
06:30pour atteindre les finales, mais aussi pour apprendre à gagner.
06:33On a fait se servir tout le temps, pas des échecs.
06:36Moi, je n'utilise jamais le mot échec, parce que c'est toujours une expérience qu'on doit en tirer.
06:40Et on a réussi à cumuler toutes les expériences dans le but de pouvoir être aussi performant le jour du championnat du monde.
06:46Et donc, d'être le mieux performant possible.
06:48Donc, c'était vraiment l'objectif d'aller chercher des médailles.
06:52Et là, tout était aligné et tout le monde a bien compris comment réaliser ça, pour pouvoir atteindre ce graal qui était le titre champion du monde.
07:00Apprendre à gagner, Gaëtan, ça vous parle ? Vous le comprenez, ce déclic-là ?
07:06On doit perdre pour apprendre à gagner. On ne gagne pas tout de suite, malheureusement, sinon ce serait trop facile.
07:10Donc, on l'a compris, ça a été dur à accepter, parce que quand on fait cinq fois deuxième et qu'on perd cinq finales, ça fait quand même beaucoup à la fin.
07:18On se dit qu'on sera les éternels poulis d'or du bowling, mais en fait, on arrive quand même à s'en sortir à la fin avec un titre.
07:24Apprendre à gagner, c'est quoi la différence ?
07:27Je pense que c'est ne pas avoir peur de perdre, déjà, pour certains.
07:30Pour moi, c'était mon cas de ne pas avoir peur de perdre et de se dire que c'est juste nous, la piste, faire le meilleur lancé possible au meilleur moment et être au top de ce qu'on peut faire.
07:41Expliquez-moi comment ça se passe, cette compétition. Vous êtes en finale, c'était face à ?
07:45La Suède, la finale.
07:46La Suède. Expliquez-moi comment. Alors, je ne parle pas de cette partie-là. Combien de parties, chacun a sa piste ?
07:53De base, sur un championnat du monde, on fait plusieurs events. Donc, il y avait les simples, les doubles, les triples et l'équipe.
07:59À chaque fois, on a réussi à amener des joueurs dans les finales, mais on n'est jamais rentré dans le top 4.
08:03Et le team, c'est un peu le graal pour nous et pour toutes les équipes mondiales. C'est l'événement où il faut être présent.
08:11Donc, comment s'est passé ? L'équipe, on a commencé par sept parties de qualification où on jouait sept parties, chacun une frame.
08:17Donc, il y a dix frames dans une partie, chacun a joué une frame.
08:20Et après, c'est sept parties de qualification. On a fait sept matchs contre les huit meilleures équipes mondiales.
08:26Après ces sept matchs, on a fini ex-écho. Donc, on est passé par la petite porte.
08:30On a fini ex-écho pour la…
08:32C'est encore plus beau.
08:33Oui, on a fait encore une partie supplémentaire à quatre. Et avec les trois premiers qui passaient, je pense qu'on ne fait pas une bonne partie, mais on passe.
08:41L'essentiel, c'était de passer. Et après, on se retrouve en demi-finale dans une arène assez incroyable pour nous, avec deux pistes montées juste pour l'événement.
08:48Et on joue les Allemands en premier et après les Suédois.
08:50Une arène, c'est combien de personnes ?
08:52Là, il y avait… Alors, c'était 3500 places assises. Mais je pense que sur l'événement, il devait y avoir 600, 700 personnes qui regardaient la finale.
08:58Et beaucoup de bruit ?
09:00En fait, j'en parle. Je ne m'en souviens pas trop. Je n'ai pas trop de souvenirs de ça.
09:04J'étais tellement sur le moment présent de jouer au bowling que je n'ai pas de… Il y avait du monde.
09:09C'était impressionnant. Mais à partir du moment où la partie a commencé, je n'ai pas de souvenirs du bruit, de l'ambiance et tout.
09:14Tu me parles de concentration.
09:15Oui, c'est ça. J'étais dans ma bulle. Je pense qu'on était tous dans notre zone à ce moment-là.
09:20Je ne voulais pas parler pour les autres, mais je n'ai pas de souvenirs, moi, de ce monde-là.
09:24J'étais focus sur ce que j'avais à réaliser.
09:26J'ai bien compris que jusqu'à la demi, ça avait été compliqué, Cédric.
09:29Est-ce que vous avez senti une confiance, une montée en puissance, un step-by-step ?
09:37Exactement. Tout au cours de la compétition.
09:40Parce que ça allait passer très proche de se qualifier en doublette avec Mike et Valentin.
09:45Où eux, sur les cas d'égalité, ils passent à trois égalités et on finit par ne pas se qualifier.
09:50Donc ça, on a appris de ça. On a appris également en triplette aussi pour un peu la même raison.
09:54On ne passe juste pas en finale.
09:55Et là, on a vraiment ressenti un élan différent parce qu'on a réussi à vraiment comprendre
10:02qu'il fallait simplement faire ce qu'on arrive à faire.
10:05Et pas vouloir en faire plus, pas vouloir en faire trop.
10:07Et c'est la difficulté.
10:08Et c'est là qu'on a bien ressenti que les joueurs étaient vraiment habités par ça
10:12et pleins de confiance et pleins de sérénité.
10:15Et cette finale s'est jouée sur la maîtrise, justement.
10:18Ce qui avait manqué jusque-là, globalement.
10:20Mais c'est vraiment le vécu qui nous a amenés à pouvoir être vraiment si présents sur la finale
10:25et maîtriser de bout en bout la finale.
10:28Gaëtan, quand j'écoute Cédric, j'ai l'impression qu'il dit au niveau jeu,
10:33vous êtes au moins aussi bons que les autres.
10:36Et que finalement, c'est juste faire ce qu'il faut faire et ce que vous savez faire.
10:40Pas au moins aussi bon.
10:42Je pense que techniquement, on est dans les meilleures nations mondiales
10:44parce qu'on a des très, très beaux joueurs et des très bons joueurs.
10:47C'est juste qu'on n'a pas l'expérience et l'habitude d'être en premier plan.
10:52Moi, je me souviens, il y a 10 ans, on a souvent parlé du chemin.
10:55Il y a 10 ans, on n'était pas une nation qui était importante sur la carte du bowling mondial.
10:59On rentrait, on regardait les autres joueurs, on regardait les autres nations.
11:02Aujourd'hui, c'est l'inverse.
11:03On fait des grands championnats d'Europe.
11:04On arrive à être réguliers dans nos performances
11:07et on fait un super championnat du monde encore
11:09qui est clôturé de la plus belle des manières.
11:10Donc, c'était vraiment ces détails.
11:13Et maintenant, on est vraiment des très bons joueurs.
11:15Et en plus, l'aspect mental que Cédric a apporté sur ces dernières années
11:18nous a permis de concrétiser encore plus que ce qu'on faisait avant.
11:22Tu as le sentiment qu'il y aura un avant et un après ?
11:24Oui, c'est sûr.
11:26Déjà, juste le fait de marquer l'histoire de notre sport,
11:28je pense que c'est assez exceptionnel.
11:31Maintenant, le plus dur, c'est qu'est-ce qu'on va faire de mieux ?
11:34Double champion du monde, peut-être.
11:35On verra dans deux ans.
11:37Mais oui, il y aura un avant et un après.
11:38Avant, on était des joueurs, des très bons talents, des très beaux joueurs.
11:43Et maintenant, on est champion du monde.
11:44Donc, ce n'est plus du tout la même chose.
11:45Ce n'est plus la même catégorie.
11:47On parle argent un peu.
11:48Il y a une prime quand on est champion du monde ?
11:49Alors ça, il faut demander avec la fédération.
11:51Prépa mental, vous pouvez aller négocier auprès de la fédération.
11:54Est-ce qu'il y a une prime quand on est champion du monde ?
11:56Il y aurait certainement une petite prime.
11:58Moi, je ne rentre pas vraiment en considération là-dedans.
12:00Je laisse ça au bureau qui fait ça très bien.
12:03Et à tous ceux qui gèrent ça et qui font un boulot formidable en coulisses.
12:07Mais on manque surtout aussi de sponsors.
12:09Kubi KMF est un très grand sponsor qui nous suit.
12:11Mais on est ouvert à toutes propositions pour recevoir d'autres sponsors
12:15qui permettront de pouvoir tirer encore plus vers l'eau.
12:19Mais c'est pour ça que vous êtes là.
12:20Et c'est pour ça qu'on vous reçoit aujourd'hui.
12:21C'est aussi pour…
12:21Exactement.
12:22Et c'est très bien de vous tenir ça.
12:23Quand je regarde tes bras, Gaëtan, j'ai l'impression que le bras droit, il est plus gros que le gauche.
12:32Oui.
12:33Plus fort, on va dire.
12:34Donc, tu es droitier.
12:35Exactement.
12:36Et donc, cette boule que j'ai essayé de porter tout à l'heure, franchement, je vous jure, j'ai été bluffé.
12:41Je suis sportif, je fais de la salle.
12:43Mais combien elle pèse ?
12:45Donc là, nous, on joue avec des 15 livres principalement.
12:47Donc, ça fait un peu moins de 7 kilos.
12:49Et on en envoie beaucoup à chaque fois.
12:51Donc, on est assez gainé pour pouvoir envoyer cette boule à chaque fois.
12:56Donc, il y a une prépa physique, évidemment.
12:58Parce qu'on est dans l'asymétrie totale.
13:00On est dans l'asymétrie.
13:01On est comme le tennis.
13:02On est un peu comme le golf aussi.
13:03Enfin, le tennis, tu vas chercher du revers aussi.
13:05Mais on a des degrés plus faibles que nous.
13:07Parce que nous, on a moins de force dans notre sport.
13:10Mais on a vraiment un sport d'asymétrie.
13:12J'ai ma jambe gauche qui est très musclée.
13:14Parce qu'on arrive sur la jambe inverse du bras.
13:16Donc, j'ai une jambe gauche qui est très musclée.
13:17J'ai une partie du dos qui est plus musclée que l'autre.
13:19Il doit être mignon, un maillot de bain.
13:21Non, ça manque.
13:22Mais après, sur la prépa, malheureusement, on n'est pas des sports professionnels.
13:25Donc, on s'entraîne en prépa comme on peut.
13:28Donc, moi, j'ai fait une fois par semaine dans une petite salle à côté de chez moi.
13:31Mais tu as du spécifique.
13:32Mais alors…
13:33Ou au contraire, la prépa, c'est aussi malgré tout de garder cet équilibre.
13:37En fait, moi, le but, c'est de garder l'équilibre et de rester en forme.
13:40Pour ne pas être fatigué sur les événements.
13:41Parce qu'il faut savoir, quand on fait une compétition, des fois, on joue trois heures.
13:44Et des fois, on joue deux fois trois heures dans la journée.
13:46Et on enchaîne ça pendant quatre, cinq, six, sept, voire plus sur certains moments.
13:50Donc, il faut être endurant plus que musclé.
13:53Je crois qu'il y a eu une période où vous avez enchaîné pendant trois ou quatre semaines.
13:57Et vous avez fait le calcul de combien de tonnes tu as…
13:59Oui, j'ai lancé plus de dix tonnes au mois de mai-juin dernier.
14:03J'avais enchaîné trois semaines et demie de compétition et trois parties par jour qui comptaient.
14:08Alors après, c'est moi qui me suis infligé parce que j'ai enchaîné.
14:10On avait un tournoi de préparation avec l'équipe de France dans le bowling où on allait jouer.
14:14Et après, j'avais une Coupe d'Europe entreprise enchaînée.
14:16Donc, j'avais enchaîné ces quatre semaines-là intensives.
14:19Mais j'avais plus de dix tonnes à envoyer sur ces quatre semaines.
14:22Je suis rentré fatigué.
14:23Cédric, l'ostéo-préparateur mental que vous êtes, comment il travaille là-dessus,
14:28sachant qu'à un moment, Gaëtan, il a le bras droit qui va exploser.
14:33Oui, donc ça, cette spécificité-là peut servir parfois.
14:37Parfois, des problèmes de doigt aussi.
14:38Il y a eu pour un joueur des problèmes de doigt où j'ai pu intervenir sur l'instant.
14:42Donc, ça, c'était intéressant.
14:43Pareil, un autre, l'épaule.
14:45L'idée, c'est d'être quand même aux aguets de petites tensions qui peuvent arriver
14:50pour ne pas qu'elles prennent le pas sur l'activité
14:53et de pouvoir jouer le plus relâché possible.
14:55L'épaule et le coude sont hyper sujets à des traumatismes, j'imagine, Gaëtan.
15:02Oui, et non plus.
15:03Moi, j'ai eu une petite tendinopathie sur l'épaule,
15:06mais qui a été vite soignée.
15:07C'est du repos, de toute façon.
15:08Mais après, ça peut être les jambes, ça peut être les doigts, ça peut être le poignet.
15:11Ça peut être vraiment toutes les parties qu'on utilise.
15:13Parce que ça, c'est une boule pleine.
15:15Oui.
15:15Donc, tu m'as dit 7 kilos.
15:18Pleine, c'est-à-dire qu'elle n'a pas les trous.
15:19Normalement, il y a trois trous.
15:20Exactement.
15:21On met quel doigt ?
15:21Alors, ça dépend des joueurs.
15:23Il y a des joueurs qui ne mettent que majeur annulaire.
15:27Donc, ils jouent avec les deux mains, ils tiennent la boule à deux mains.
15:29Et après, il y a des joueurs qui jouent à trois doigts.
15:30Attends, ça veut dire qu'ils la tiennent à deux mains avec deux doigts à un.
15:32Oui, comme ça.
15:33Et après, ils lâchent et...
15:34Avec deux doigts, exactement.
15:35Et moi qui suis traditionnel, on va dire,
15:37parce que le jeu à deux doigts est plus moderne maintenant,
15:39j'ai le pouce en plus.
15:40Donc, majeur annulaire et pouce.
15:42Je crois qu'on a des images de quelqu'un qui la lance à deux mains.
15:45J'aimerais bien qu'on voit et qu'on comprenne cette spécificité.
15:48Est-ce qu'on peut dire que c'est atypique ?
15:52D'ailleurs, est-ce qu'il y a une formation et on dit quoi ?
15:55En fait, c'est le bowling moderne maintenant.
15:57Il y a eu un joueur qui a révolutionné ça il y a 15 ans, je dirais,
16:01qui aujourd'hui, tout le monde joue ça.
16:03C'est le moyen le plus facile de mettre de l'effet et d'être performant.
16:07Donc, deux mains au moment du lancer
16:09et une seule main au moment de la pouce finale.
16:11Oui, les deux mains suivent la boule jusqu'au moment de lâcher la boule.
16:14Mais c'est très récent et tout le monde, tous les jeunes jouent comme ça maintenant.
16:19Nous, on est encore un peu à l'ancienne avec trois doigts, un grand balancier.
16:23Enfin, vous êtes champion du monde ou pas ?
16:24Oui, on est encore champion du monde.
16:25Bon, allez.
16:26Moi, j'aurais été dans l'aéroport comme ça, là.
16:29Coucou, les gars, trois doigts.
16:32Quand on se blesse le doigt, c'est pourquoi ?
16:34C'est-à-dire au moment de lâcher, le doigt coince un peu ?
16:37Ça va dépendre des joueurs, ça va dépendre des problèmes de chacun.
16:40Des fois, ça peut être du surentraînement.
16:42C'est beaucoup du surentraînement.
16:43On fait beaucoup de lancers par entraînement.
16:45Le joueur qui s'est blessé les doigts, c'était Mike, qui a dû s'entraîner
16:48parce qu'on a la chance d'avoir un joueur qui a assez exceptionnel,
16:51qui joue main droite et main gauche.
16:52Ah oui ?
16:53Donc, c'est le seul à haut niveau à faire ça.
16:56Et donc, lui, il avait double dose d'entraînement comparé à nous
16:58parce qu'il devait s'entraîner main gauche et main droite.
17:00Et il sortait d'une blessure, donc ça a été intensif.
17:02Et attends, quel est l'intérêt, entre guillemets ?
17:04En fait…
17:05Ça repose un côté ?
17:06Non, en gros, ça dépend de comment la piste est jouable.
17:08Parce qu'il y a des fois, ça sera plus facile à droite
17:10et d'autres fois, plus facile à gauche.
17:11Et ce n'est pas les mêmes pistes partout ?
17:12C'est la même piste, mais c'est très technique.
17:15Là, on va rentrer dans les très techniques.
17:16Non, non, mais ça m'intéresse.
17:17C'est la dégradation de la piste peut être plus facile d'un côté que de l'autre.
17:20Parce que comme il y a plein de joueurs à droite…
17:22Dégradation, tu veux dire que le poids déballe au fur et à mesure ?
17:24En fait, on a de l'huile sur la piste.
17:26Donc, plus on envoie une boule dans l'huile, plus l'huile s'enlève et s'écarte.
17:30Alors qu'un gaucher aura moins ce problème-là.
17:33Parce qu'il y a moins de gauchers, il y a plus de droitiers.
17:34Donc, c'était une option qu'on avait d'avoir un joueur qui était ambidexte
17:38pour pouvoir faire les deux choses au cas où il y a besoin de jouer à droite.
17:40Cédric, c'est deux fois plus de boulot pour l'ostéo, là.
17:44Oui, mais en tout cas, Mike, justement, c'est lui qui avait un problème de doigt.
17:47Parce qu'il avait fait…
17:49Lié au surentraînement, il avait fait un arrachement osseux.
17:52Donc, il a perturbé un peu la fin de sa préparation.
17:54Et lui, ce qui est vraiment atypique en lui et qui a fait sensation dans tout le monde entier,
17:59notamment les Américains, tout ça, tout le monde ne comprenait pas ce qu'il arrivait à faire.
18:02Parce que lui, il joue vraiment deux mains côté gauche et il joue avec une main à droite.
18:08Ah ouais, en plus, il n'a pas la même technique selon le côté.
18:11C'est ce que vous avez montré sur l'image que vous avez montré.
18:13C'est lui qui joue à deux mains et qui a fait son sperme.
18:16Pour fermer la quille, notamment, qui est côté gauche, il va la jouer avec une main droite.
18:21Et ça, c'est particulièrement exceptionnel.
18:23Et on a la chance d'avoir ce talent-là aussi en France.
18:26Un an qui a réintégré dernièrement l'équipe de France pour ses championnats, notamment.
18:32Donc, il est sur les deux mains.
18:33Là, c'est lui. Il lance à deux mains à gauche.
18:34Il est sur les deux mains.
18:35Et s'il a une guille sur le côté droit, il va la chercher à l'autre.
18:39Ah oui, c'est complètement baboule.
18:40C'est ouf.
18:42Et là, on le voit avec la main droite.
18:43Et si vous pouvez regarder aussi, ce qui a pu poser problème au départ, vous regarderez aussi ses chaussures.
18:51Mike n'a pas de chaussures de bowling.
18:53Lui, il joue avec des chaussures qu'il a depuis dix ans parce qu'il s'affranchit un peu de tout ça.
18:58Et c'est une grande chance aussi d'avoir ça.
19:00Et ça a pu poser problème au départ à l'organisation qui a quand même consenti que ses chaussures ne laissaient pas de traces.
19:07On ne pouvait pas amener des cailloux, tout ça.
19:08C'est fou, ça.
19:10Il est bien atypique, lui.
19:11Oui, il est atypique.
19:11Il a raté l'avion ou vous l'avez ramené ?
19:13Non, on l'a ramené quand même.
19:15On va revenir sur cette compétition et sur cette première.
19:17Et on est ravis de vous accueillir aujourd'hui, Gaëtan et Cédric.
19:21Parlez-nous, racontez-nous un peu comment ça s'est passé.
19:24Je crois que vous terminez quatrième du classement au deuxième tour.
19:29Oui, c'est ça.
19:30Là, dans votre tête, vous en êtes où ? Vous dites quoi à ce moment-là ?
19:33Quand on est qualifié déjà pour les médailles, c'était une célébration pour nous parce qu'on l'attendait tellement.
19:37Depuis longtemps, d'avoir quelque chose pour concrétiser tous nos efforts depuis des années.
19:43C'était exceptionnel.
19:44On a beaucoup pleuré.
19:46J'ai beau souvenir, beaucoup de larmes, beaucoup de joie.
19:49Et après, la joie est de courte durée parce qu'il faut quand même aller s'entraîner sur les deux pistes qu'on a vues dans l'arène.
19:56Donc, on a une heure, une heure et demie après, il fallait retourner au boulot, prendre les informations, retourner bosser, être prêt pour les finales.
20:04Après, on a un jour off, heureusement, parce que je pense que ça aurait été plus dur d'enchaîner les finales après avoir fait médaille.
20:12On a un jour off et là, on n'a pas visité Hong Kong.
20:14On n'a pas fait de tourisme du tout.
20:16Je pense qu'on a eu sept jours off et on a dû faire trois sorties en tout, mais pas plus de 20 minutes de l'hôtel.
20:22Donc, on était vraiment focus sur le championnat et de la réussite de championnat.
20:28Et après, les finales, quand les finales commencent, c'est nous contre la piste.
20:32Et si on gagne, tant mieux.
20:33Si on ne gagne pas, tant pis.
20:34Mais bon, on a gagné, donc tant mieux.
20:35Vous n'êtes pas allé voir le Platinum de Squash ?
20:37Non, même pas.
20:38On en parlera tout à l'heure.
20:39C'est fou ça quand même.
20:40Ces deux compètes étaient en même temps du côté de Hong Kong.
20:42Le fait, Cédric, qu'il y ait cette gestion de la récupération, ça faisait partie de vos recommandations ?
20:49Oui, cette gestion était primordiale, la gestion de la récupération.
20:53Donc, on a orienté les joueurs à faire des choses ou pas.
20:56Et vraiment regarder quels jours pouvaient être dédiés à faire des visites.
21:00Et effectivement, ce que dit Gaëtan avant la demi-finale, juste après les phases de poule,
21:08parce qu'on a fini à 23h pour l'essai au stadium,
21:12c'était très important d'avoir ce créneau-là le lendemain de récupération
21:16et qu'on a optimisé au mieux.
21:19Et c'est ce qui nous a permis d'être régénérés,
21:20de pouvoir être vraiment pleinement dans cette finale avec le maximum de régénération.
21:26Donc ça, c'est vraiment, dans les compétitions,
21:29c'est primordial de bien gérer ce genre de temps et justement de tout.
21:33Régénération, c'est juste du repos ou il y a des kinés, du massage ?
21:37Comment ça se passe ?
21:39Non, il n'y a pas vraiment de massage, mais on a pu mettre en place des stretching,
21:43notamment, ou des éveils musculaires le matin à 6h15, par exemple, avec Gaëtan.
21:47On s'est retrouvés régulièrement, là, le matin, quand on se joue.
21:49Oui, ça, on a pu faire ça, notamment avec Gaëtan.
21:54J'ai mené ça aussi, ça, je peux faire.
21:57Et s'il y a besoin de soin, mais il y a surtout besoin de repos,
22:01parce que c'est un sport qui nécessite,
22:03il n'y a pas de contact physique, forcément, il y a de la répétition.
22:06Mais là, sur ce championnat, il y a eu très peu de répétitions,
22:10contrairement aux autres championnats.
22:11C'était un mot d'un Baker System, c'est-à-dire que c'est un joueur qui joue,
22:15l'autre suit, etc.
22:16Il y a eu très peu de boules à lancer, finalement.
22:18Donc, peu, on va dire, de contraintes physiques et physiologiques à gérer.
22:22Mais vraiment, la récupération, la fatigue, tout ça, c'était régulièrement.
22:25Et ça, et puis faire des temps dédiés aussi aux échanges,
22:28à préparer, à voir comment on a vécu ces moments
22:32et voir comment on se projette sur les finales.
22:36Et ça, ça a été très bien géré.
22:37Et on a vu la différence au cours de toute la compétition,
22:42la différence de ressenti de chaque joueur aussi,
22:43et qui nous faisait dire qu'on était vraiment dans les coups
22:46pour aller chercher quelque chose de grand.
22:48Gaëtan, vous nous disiez que pendant la compétition,
22:50vous ne savez même plus s'il y avait du bruit, de l'ambiance ou quoi que ce soit.
22:53On a besoin aussi mentalement de…
22:55Oui, de risettes.
22:57Moi, j'ai eu la chance d'avoir ma famille avec moi sur place.
22:59On en parlera tout à l'heure, mais oui, ça fait du bien, ça.
23:01Oui, c'est un plus énorme.
23:03Même pendant les finales, ma femme était tétanisée en haut du stadium
23:06et moi, je la regardais et tout allait bien, en fait, de l'avoir tétanisé.
23:09Je me suis dit, bon, stress pour moi, ce n'est pas grave.
23:10C'est juste mon taf à faire.
23:11Mais revenons sur cette décompression mentale.
23:14Tu le sens qu'une fois que vous avez acquis cette place pour les demi
23:16et donc, on sait qu'on a une médaille, tu sens que tu as besoin de…
23:21Oui, il y avait besoin d'un jour off, de vraiment couper.
23:24On a eu besoin de ça et je pense que ça a fait du bien à tout le monde
23:26d'accepter la médaille, déjà, parce que c'est déjà un exploit.
23:30Une médaille mondiale, ce n'est pas rien.
23:31D'accepter la médaille.
23:32Il y avait déjà eu une médaille ?
23:33Il y a déjà eu la dernière en équipe, mais on remontait à 30 ans en arrière.
23:37Donc, il n'y en avait qu'un qui était né quand la dernière médaille a eu lieu.
23:41Donc, c'est fou pour nous.
23:43Et oui, il y avait ce besoin de couper, de dire, là, on ne fait rien.
23:47On se repose, on reste entre nous.
23:49Je n'aime pas se dire qu'on ait fait grand-chose.
23:51Surtout que vous allez affronter les premiers du classement en demi-finale,
23:55que sont l'Allemagne, que vous aviez déjà combattu plus tôt dans la compétition
23:59et avec qui ça ne s'était pas très bien passé.
24:02Il y a eu un petit accrochage, on va dire.
24:04Il faut nous raconter ça.
24:05Mais non, mais c'est vachement important, vous allez voir.
24:06Écoutez bien l'aspect mental, les leviers psychologiques dans ce sport de grande précision.
24:12En fait, les Allemands, ils sont en tête du classement et nous…
24:15Quand vous les jouez la première fois.
24:16Quand on les joue la première fois, ils sont en tête du classement
24:18et nous, on a absolument besoin de cette victoire pour se lancer dans la course à la médaille.
24:22Et le match est très, très serré.
24:24Et en fait, à l'avant-dernier lancé, donc à la neuvième frame avant le dernier lancé,
24:28l'Allemand fait strike et il nous regarde, il nous hurle dessus.
24:31Mais il hurle vraiment.
24:32Oui, il hurle vraiment. C'est dommage qu'on n'ait pas la vidéo, mais il hurle vraiment.
24:35Mais quand tu le dis, il hurle, ça fait genre, alors les gars, on va vous…
24:38Non, c'est plus une célébration, mais le fait que ça soit orienté vers nous,
24:42pas orienté vers son équipe, on le prend vraiment pas bien.
24:45Ok. Et là ?
24:47Et moi, je dis aux joueurs, vous inquiétez pas, on va gagner le match.
24:50Mike, il va faire strike, on va gagner et je leur hurle dessus à mon retour.
24:53Et Mike fait strike et je me suis vengé et voilà.
24:57C'était un peu kiffant, un peu dangereux.
24:59Donc, il y est allé…
25:00Oui, devant lui, je suis allé devant lui.
25:02Vraiment, vraiment ?
25:03Oui, vraiment, vraiment.
25:04Attends, stop.
25:05Là, le pré-mental, il se dit quoi à ce moment-là ?
25:07Il se dit, hop, hop, hop, là, on a pris l'ascendant ?
25:09Oui, là, je le disais très bien.
25:12Parce qu'on avait eu, justement, c'est la force d'expérience qu'on a pu avoir.
25:16Sur Lausanne, on avait eu un quiproquo comme ça avec les Italiens
25:19où on n'avait pas su répondre.
25:21Là, on avait mis l'accent là-dessus sur la façon de répondre,
25:23comment répondre et comment on doit répondre
25:25et pas se laisser…
25:26Marcher dessus.
25:27Marcher dessus, quelque part.
25:29Et là, Gaëtan, notamment, a parfaitement réagi
25:32et a été ce leader de combat et leader de compétitivité
25:38qui a permis de faire basculer aussi ça
25:40et qui a, de fait, rentré un peu dans la tête des Allemands
25:43qui nous retrouvent après en demi-finale
25:45et sur la même chose, il n'a pas du tout fait la même chose, les Allemands.
25:49Sur la même situation, il n'a pas du tout fait la même chose.
25:51Alors, je comprends bien.
25:52Vous les battez, donc ça, c'est au début de la compète,
25:56grâce à Mike et tout ça,
25:59mais là où eux avaient voulu prendre l'ascendant psychologique,
26:03toi, tu y viens, tu leur dis, c'est nous, les patrons.
26:05Et il se trouve qu'en demi-finale de cette compète,
26:07vous les retrouvez.
26:09Même chose, le même joueur, le même scénar doit faire un strike.
26:13Il fait son strike.
26:15Donc là, on est hyper serré, on est vers la fin du match.
26:17C'est la deuxième partie.
26:18Ce n'est pas la troisième partie.
26:19C'est la deuxième partie où il fait son strike.
26:20Deuxième, je ne sais plus.
26:21Mais c'est un moment clé où il fait strike.
26:23OK. Et là, il fait quoi ?
26:24Il ne dit rien.
26:24Il est content, mais il ne nous regarde pas.
26:27Il va taper dans la main de ses collègues.
26:28OK. Est-ce qu'à ce moment-là, toi, Cédric,
26:30tu te dis, ah, ça a impacté
26:33ou ça a marché ce qu'a fait Gaëtan plus tôt dans la compète ?
26:36Parce que là, maintenant, le gars, il ne ramène pas sa fraise.
26:39Moi, je le suis dès lors que Gaëtan
26:41et le reste du collectif aussi
26:43a répondu pendant la phase de poule.
26:46Parce que là, ils ont été surpris,
26:47ils ont été même interloqués.
26:49Et donc, on est de fait rentrés dans leur tête.
26:52Et donc, je savais très bien
26:53qu'en la demi-finale, il n'allait pas faire la même chose.
26:55Donc, on était déjà rentrés dans l'ascendant, en fait,
26:58avant cet incident.
27:03Quand tu vois l'Allemand ne pas réagir en demi-finale,
27:06là, on parle d'une demi-finale
27:07avec une place pour une finale du championnat du monde,
27:09ce qui n'est jamais arrivé pour l'équipe de France.
27:11Là, tu te dis quoi quand le gars, il fait museau ?
27:13Je me dis, c'est bon, on les a eus.
27:15On est dans leur tête, quoi.
27:16On est plus forts qu'eux dans la tête.
27:17Maintenant, on a juste envoyé les lancer.
27:19Et si on les envoie, ils ne les mettront pas, quoi.
27:21Qui a lancé derrière ?
27:23Après, ça se joue, c'est Maxime,
27:25et il fait neuf, mais l'Allemand derrière
27:27fait trou, si c'est à ce moment-là.
27:29Trou, ça veut dire ?
27:30Il ne fait pas tomber les dix quilles en deux lancés.
27:32Ok.
27:32Et après, ça se joue à la dernière frame,
27:34et notre fermeur, Mike, met trois strikes
27:36quand l'Allemand met trois strikes.
27:37Et là ?
27:38On gagne de cinq quilles, et on passe en finale.
27:39Ok. Et est-ce que là, tu vas aller revoir un tuyant ?
27:41Non, non, non.
27:42Ben non, après, il y a un peu de respect, quand même.
27:44Ah ouais, mais enfin, eux, ils ne l'avaient pas eu, ce respect.
27:45Ils ne l'avaient pas eu au début, mais une fois.
27:47Moi, c'est un pour un.
27:48Si tu fais une fois, je rends une fois.
27:49Ok.
27:50Et on a eu le cas avec les Suédois aussi en finale,
27:52mais il a de la chance que je ne l'ai pas vu.
27:54Parce que sinon, j'aurais mis encore plus,
27:55mais je ne l'ai pas vu.
27:56Et alors, attends, écoute-moi.
27:58Au moment de la victoire,
28:00donc vous battez, vous éliminez les Allemands
28:02qui étaient pourtant premiers au classement
28:03quand vous les affrontez.
28:06Vous le célébrez comment, cette victoire ?
28:08Il y a un regard vers eux ?
28:09Il y a du respect ?
28:09Il y a du respect parce qu'on se croise souvent sur les pistes,
28:12donc on se salue, on se dit bien joué.
28:13Et eux, ils sont déçus, nous, on est contents.
28:16Mais j'ai trouvé qu'on était assez mesurés dans notre bonheur
28:18parce qu'avec l'expérience,
28:20on savait que c'était qu'une étape pour la suite.
28:23Et on était assez mesurés.
28:24On a dit bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
28:25Où est-ce qu'on va manger ?
28:26On préparait, on disait quel est le programme maintenant.
28:29Combien de temps entre la demi et la finale ?
28:31Je crois qu'on a eu deux heures et demie.
28:32Il a fait quoi, le coach mental, pendant deux heures et demie ?
28:36Mais il a orienté à aller chercher à manger.
28:38Oui, on a sorti de l'événement.
28:39On est allé chercher à manger,
28:41on s'est mis dans un parc qu'on a trouvé autour.
28:44Et là, tout le monde était parfaitement calme
28:45parce qu'on était programmé à aller jusqu'au bout.
28:49Et c'est ce qui a surpris, justement,
28:50si on reparle de Mike,
28:50lui, comme il a intégré tardivement le collectif,
28:56lui, il était dans l'événement en disant
28:59« Mais vous vous rendez compte, on est en finale, tout ça ? »
29:01Et là, un des joueurs, notamment Valentin,
29:03qui a dit « Mais là, c'est qu'une étape.
29:04Il nous reste une étape encore. »
29:06Et tout le monde était OK avec ça.
29:07Donc tout le monde était parfaitement calme,
29:08parfaitement serein et dans la maîtrise.
29:10Et c'est vraiment vers là où j'ai voulu les amener
29:12pour arriver à être parfaitement dans l'événement
29:16et être vraiment pleinement acteur
29:18sans se laisser déborder par le reste.
29:20Donc deux heures après, vous la fassez à la Suède.
29:22Vous saviez quoi de la Suède ?
29:23D'habitude, quand vous les rencontrez, il se passe quoi ?
29:25On perd.
29:26On perd, mais la petite anecdote,
29:28c'est qu'avant de jouer,
29:29on est en dessous des gradins en train de discuter.
29:33Et je regarde les gars, je dis « Bon, les gars,
29:34allez, 4 frames, on gagne 2-0,
29:36on va faire la fête, quoi.
29:37On n'a pas que ça à faire, venez, on fait ça rapidement,
29:39on envoie 4 strikes chacun et on va faire la fête, quoi. »
29:42Mais un peu en rigolant, quoi.
29:43Et quand tu dis ça en rigolant,
29:45ils réagissent comment ?
29:46Tout le monde dit « Ouais, on ne fait que 4 frames,
29:47on n'a pas que ça à faire, quoi. »
29:49En fait, on était arrivé à un point,
29:50venez, on gagne et on rentre chez nous, quoi.
29:52Parce que c'est long.
29:52C'est de la grande confiance ? C'est quoi ?
29:54Je ne sais pas, on était peut-être en phase avec nous-mêmes,
29:56on était peut-être conditionnés pour gagner.
29:58Et après, le match contre les Suédois,
30:00il n'y en a pas un.
30:01Enfin, tout le monde a super bien joué, quoi.
30:02Et donc là, il n'y a pas de peur de gagner,
30:04selon dont on parlait tout à l'heure.
30:05Non, il n'y a plus rien.
30:06C'est juste envoyer une autre boule,
30:07gagner et rentrer chez nous, quoi.
30:08Faire la fête et rentrer chez nous.
30:09Oui, évidemment.
30:10Et je crois que ça,
30:11vous ne l'avez pas oublié, cette étape-là.
30:13Une fête légendaire.
30:14Je ne sais pas s'il y a des vidéos,
30:15mais gardez-les bien pour les gars.
30:16Oui, je les garde.
30:18Face à la Suède, ça débute très fort.
30:20Oui, ça débute très, très bien.
30:21On ne peut pas mieux débuter.
30:22Sept strikes.
30:23Parfait.
30:24Grosse communication.
30:25L'avantage, c'est qu'on avait beaucoup appris
30:26de la demi-finale contre les Allemands
30:28où il y a eu quelques petites erreurs tactiques.
30:30Et là, on avait une stratégie, un plan.
30:32Et on l'a suivi.
30:33Et tout est allé parfaitement, quoi.
30:35Je ne veux pas dire que c'était le match le plus facile,
30:37mais c'était tellement fait et tellement préparé
30:41que c'était juste de l'exécution.
30:43Oui, mais après les sept strikes en finale
30:45d'un championnat du monde
30:46alors qu'on n'a jamais été champion du monde,
30:48j'imagine que là, Cédric, il doit se dire
30:50« Oh, les gars, ce n'est pas fait, quoi. »
30:53Non, c'est vrai que la plus grande chose à faire
30:55est juste réguler un petit peu
30:56quand je voyais des tensions
30:57très attentives à ça, à la posture
30:59et un peu des tensions qui peuvent s'inviter
31:01et donc d'aller de suite rassurer
31:02les joueurs en question.
31:04Mais il y a eu très, très peu de travail après à faire
31:07parce que tout était vraiment aligné
31:08et que tout le monde avait bien acté, justement,
31:11qu'est-ce qui allait nous faire gagner.
31:13Et simplement faire le lancé,
31:15être pleinement dans ce qu'on fait
31:16pour réaliser le meilleur de ce qu'on peut faire
31:18sans l'excès de tension, sans l'excès de stress, etc.,
31:21qu'il n'y avait plus de place.
31:22Donc, on a vraiment maîtrisé de bout en bout.
31:24Ce que nous a dit le coach allemand,
31:27enfin, le suédois, pardon,
31:28à la fin, qui avait l'habitude de gagner notamment,
31:31il était impressionné de la qualité de ce qu'on a produit.
31:34Mais il dit, on pensait que vous alliez nous laisser une fenêtre,
31:37mais vous n'avez rien laissé du tout.
31:38Et c'est ce qui était remarquable.
31:42Là, c'était impressionnant.
31:44Franchement, on a eu des mecs…
31:46C'était votre partie la plus aboutie, tu dirais ?
31:48Ah ouais, je n'ai jamais…
31:49Enfin, je pense que dans l'exécution,
31:50on n'a pas un qui a envoyé des boules aussi bonnes dans leur vie.
31:53Je pense qu'on a tous envoyé nos meilleurs lancers de notre vie.
31:56Tous alignés.
31:56Tous alignés, mais on était tellement…
31:58On était dans notre monde, on était prêts,
32:00on avait prévu ça, enfin, pas prévu,
32:02mais on avait notre stratégie,
32:03on avait notre plan d'exécution
32:05et on l'a mis en place et ça s'est bien passé.
32:07Je voudrais qu'on revoie une séquence en particulier avec vous, Gaëtan.
32:10On est dans la deuxième partie,
32:12huitième lancée pour l'équipe de France.
32:14Vous êtes à la baguette, on regarde.
32:35Donc, vraiment, c'était un lancé-clé pour tout le monde
32:54et il était horrible à lancer, mais ça va.
32:57Il était parfait.
32:58Oui, il était parfait.
32:58Et on voit la communion, on voit ton attitude, évidemment,
33:01et on voit la communion avec le reste de l'équipe.
33:03Est-ce que là, on se dit, bon, là, on n'est vraiment pas loin ?
33:05Moi, dans ma tête, déjà, je suis soulagé,
33:07je n'ai plus de boule à lancer.
33:08Je me suis dit, c'est fini.
33:09Et en fait, bon, ça aurait pu ne pas être fini,
33:13mais je me dis, je n'ai plus de boule à lancer, c'est bon.
33:15Et moi, je sais que je me dis, c'est pas loin.
33:17On n'est pas loin de le faire.
33:19Allez, il faut que ça tienne.
33:20Et bon, ça tient, ça a tenu, pas dire facilement,
33:23mais ça a été fait sans stress, quoi.
33:25Maxime, derrière, arrive à remettre un strike
33:27qui, au pire des cas, nous fait faire match nul
33:30dans le pire, mais vraiment le pire des scénarios.
33:33Et en fait, le Suédois joue, il fait 9
33:35et on a gagné 100 qu'on joue la dernière frame.
33:37C'est exceptionnel, quoi.
33:38Victoire face à la Suède, 264-248 et 257-228.
33:45Le moment où c'est fait, il se passe quoi dans la timbale, là-haut ?
33:48C'est exceptionnel.
33:50Ouais, c'est incroyable.
33:55Vas-y.
33:56On a vécu un grand moment, je pense.
34:00Trouve les mots, prends ton temps, t'inquiète.
34:06On pense à quoi ? On revient sur quoi ?
34:09On pense à toutes les galères.
34:11Parce qu'il y en a eu, ça n'a jamais été facile.
34:14Toutes les réussites, mais jamais conclues.
34:16Et on se dit, enfin, ça sourit, quoi.
34:18On comprend pourquoi ça sourit cette fois-là ?
34:22Je ne sais pas.
34:23Je ne sais pas si on comprendra, mais on est heureux que ça sourisse, enfin, ouais.
34:27Je voudrais aussi qu'on revienne sur une étape particulière parce que tu n'es pas tout seul quand tu es là-bas.
34:34Et on va regarder ces images qui ne vont peut-être pas t'aider pour ne plus pleurer.
34:39Mais il y a ta femme et ta petite fille qui sont là, ta petite fille qui va avoir deux ans.
34:41Et on voit des moments de communion, de lâcher prise.
34:48C'est aussi pour elle, ça t'a aidé, ça ?
34:50Ah ouais, c'est un soutien énorme.
34:51Comme je disais, à chaque lancée, je regardais ma femme avant de jouer.
34:55Ça m'apaisait.
34:56Ça faisait un bien fou.
34:58Et d'avoir les deux qui sont là.
34:59Bon, la petite, elle a dormi pendant toute la finale.
35:01Mais on l'a réveillée, elle était un peu sous le choc.
35:03Elle ne comprenait pas ce qui se passait.
35:04Papa en larmes, Maman en larmes, des joies partout.
35:08Mais ouais, c'est exceptionnel de pouvoir vivre ça avec eux.
35:10Il y avait mes parents aussi, mes parents qui m'ont soutenu dès le début.
35:13Mon père, il a arrêté le bowling quand j'avais 11 ans pour que je ne puisse plus jouer.
35:17On n'est pas une famille, on est une famille très modeste.
35:19Donc ils ont tout sacrifié pour moi.
35:21Donc c'était exceptionnel à vivre avec tout le monde.
35:24Donc ouais, c'est une très, très longue histoire qui date de, qui a commencé il y a 20 ans.
35:29Donc c'est un moment ouf et de partager ça avec tout le monde, c'était...
35:33Raconte-moi ce dernier lancé qu'on a vu il y a quelques secondes.
35:37Tu sais qu'il est fatidique, qu'il faut tout faire valdinguer.
35:42Tu es allé chercher le regard de qui ?
35:44De ma femme.
35:46Ton père ?
35:47Ma mère était à gauche, mon père était un peu caché, je ne le voyais pas.
35:51Mais je savais très bien où était Solène là-haut dans les gradins.
35:54Et le truc, c'est que sur ce lancé, je ne sais pas si on l'a,
35:56mais juste avant, je fais pour lancer la boule et je m'arrête en plein milieu de mon approche.
36:01Je m'arrête, je ne sais pas, je ne me sentais pas prêt, comme si on m'avait dit, il ne faut pas jouer.
36:06Et je m'arrête, je vais demander de l'eau et je recommence.
36:08Et je me dis, bon, c'est un autre lancé, j'en ai fait des centaines de milliers, on voit la boule et on verra.
36:12Mais pourquoi tu t'es arrêté ?
36:13Je n'en ai aucune idée.
36:14Je pense, je ne me sentais pas prêt et j'ai eu un petit moment de lucidité en me disant, non, ce n'est pas le moment.
36:20Attends, on reset tout, on remet bien tout.
36:21Cédric, tu te dis quoi quand il fait ça ?
36:24Justement, je dis à François, qui est le coach avec moi, je dis, c'est bon, il est lucidé, il est très bien.
36:32Justement, et c'est ça qui est important.
36:33On a travaillé ça aussi, dès lors qu'on a une mauvaise sensation, peu importe quelle qu'elle soit,
36:37de poser, refaire sa routine, reprendre sa routine et exécuter ce qu'on est capable de faire.
36:42Et là, Gaëtan a parfaitement la lucidité sur ce jancé qui est clé.
36:47Il repose sa boule, refait sa routine et réalise un strike magnifique qui nous propulse vers la victoire.
36:53Mais ça veut dire que tu sens que tu n'es pas prêt ?
36:55Je ne sais pas, pourtant j'ai l'impression d'être prêt.
36:57Quand je regarde, j'ai déjà regardé cinq fois la finale, on me voit avoir du mal à déglutir.
37:01Est-ce que ça, ça m'a sorti de ma concentration et tout ?
37:04Je ne sais pas, parce que quand je repose la boule, je demande ma gourde directe pour boire un coup.
37:08Donc est-ce que c'est ça qui a fait que…
37:10Mais qu'est-ce que tu te dis à ce moment-là ?
37:12Est-ce que tu te souviens ?
37:13Alors, je comprends que tu ne te souviennes pas de t'arrêter dans ton élan.
37:16Je m'arrête en me disant « Non, ce n'est pas le moment. »
37:18Enfin, attends.
37:19Mais quand tu bois et là, tu te dis « Ok, mon gars, tu sais où tu en es, tu sais ce qu'il faut faire, maintenant on va tout bien… »
37:25Oui, je bois et en fait, je reprends ma routine.
37:27Je refais mes choses que j'ai l'habitude de faire et je passe à autre chose.
37:30Et en plus, souvent les lancer comme ça, derrière, je les rate.
37:33Et donc, j'essaye d'un peu avoir mon servant dit « Ok, tu vas le rater, mais de quelle façon tu vas le rater ? »
37:38Et donc, dans cette phrase-là, je me dis « Pour le rater, il faut que tu réussisses ça, ça, ça. »
37:41Et en fait, je me dis tous les trucs que je dois réussir pour faire un bon lancer.
37:44Et c'est un truc que je fais des fois quand j'ai des pensées parasites.
37:48Et en fait, j'arrive à tout mettre en place et je pense que je n'ai jamais envoyé un aussi bon lancer de ma vie.
37:52C'est incroyable.
37:53Tu ne vas pas t'en souvenir.
37:54Tu ne vas pas l'oublier, je veux dire.
37:55Tu as regardé Solène avant de relancer ?
37:58Oui, je pense qu'il faudrait regarder le live.
37:59Il y a une jolie photo de vous deux, d'ailleurs.
38:00J'aimerais bien qu'on la regarde.
38:02Oui, il y en a plein.
38:03Il y en a beaucoup.
38:04Non, mais oui, c'était ouf de partager ça.
38:07Il y en a plein.
38:08Parce que ta femme joue aussi.
38:09Ma femme est en équipe de France femme aussi.
38:11Elle a été championne d'Europe un mois avant en double mixte avec Maxime à la Coupe d'Europe.
38:16Donc, oui, on est tous là-dedans.
38:19Mes beaux-parents jouent.
38:19Mes parents sont à fond dedans aussi.
38:21Ma belle-sœur est en équipe de France aussi.
38:23Tout le monde joue.
38:24Mon beau-père est champion d'Europe vétéran.
38:26On a vraiment une famille de boules.
38:27C'est la famille Goron.
38:28Oui, la famille Goron.
38:29Je suis la pièce rapportée.
38:31Et en plus, toi, ton boulot, c'est de vendre du matériel de boulet.
38:33C'est ça, exactement.
38:34Ah ben, regardez, le Père Noël est passé, ma chérie.
38:36Il t'a offert des petites chaussures, une petite boule.
38:39C'est presque ça, oui.
38:41Ta femme, elle t'aide, elle t'accompagne.
38:43Au-delà de l'amour, j'imagine qu'il y a entre vous,
38:46quand tu vas la chercher, c'est parce que tu sais qu'elle sait ce à quoi tu penses ?
38:50Je ne sais pas si elle sait à quoi je pense, mais elle me calme.
38:53Elle me dit que ce n'est pas grave.
38:54Ça me ramène à la réalité de dire qu'il n'y a plus grave qu'un lancé dans la vie.
38:57J'ai ma femme, j'ai ma fille, j'ai ma maison, j'ai mon boulot, tout va bien.
39:00Donc, je pense qu'en allant chercher du regard, c'était plus pour me rappeler ça que tout va bien
39:04et que je rate ou que je réussisse, ça ne changera rien à la vie et que la vie continuera.
39:08Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
39:10Ça fait quatre ans.
39:11Tu as senti, en intégrant, avec cette histoire d'amour, plus intégrer sa famille,
39:16la famille Goron, qui ne vit que pour le bowling,
39:18tu as senti que toi aussi, ça t'avait permis de…
39:21Oui, en fait, on se tire vers le haut.
39:23Quand on fait des entraînements et qu'on fait des matchs ensemble,
39:26il ne faut pas être là à côté.
39:27Ce n'est pas très fun.
39:28Après, on peut se faire… Moi, je suis très mauvais perdant,
39:31donc je peux lui faire la gueule pendant quelques heures.
39:33Ah oui ?
39:33Oui, je déteste perdre.
39:35Contre elle ?
39:35Contre elle, oui, encore plus.
39:37Elle aussi, elle n'aime pas beaucoup.
39:39Moi, je pense que le 24 décembre, à 18h, pour lui faire une petite partie.
39:42Non, non, non, aucune chance.
39:44Mais non, ça m'a apporté déjà de la stabilité dans ma vie.
39:46J'ai pu faire tout ce que je veux, quand je veux.
39:48Et là, les derniers mois qui ont été horribles,
39:51j'ai passé depuis le mois de septembre des moments très durs.
39:54Pourquoi ?
39:54Je ne jouais pas bien, je n'avais pas d'envie.
39:58J'ai eu des conversations avec des gens en disant
40:00« Mais je n'ai plus envie, je n'ai plus cette flamme en moi. »
40:03Et j'ai continué à bosser.
40:05J'ai eu la chance de…
40:06Je bossais un peu avec Cédric, on a passé deux, trois coups de fil.
40:09Après, j'ai eu la chance, dans mon boulot,
40:12de rencontrer un mec qui est très, très fort en coaching à Dinan,
40:15à côté en Bretagne.
40:16Et il m'a redonné deux, trois conseils.
40:18Avoir un avis extérieur, redonner deux, trois conseils.
40:20Et ça a changé la courbe.
40:22Et j'ai bossé, bossé, bossé.
40:23Et ça m'a vraiment bien aidé.
40:25Ça, ça m'intéresse.
40:27Quand tu es champion du monde, quand vous le savez,
40:30est-ce qu'entre là et la montée dans l'avion…
40:32Alors évidemment, il y a eu la soirée dont je ne veux pas connaître les détails.
40:36Mais est-ce que ce passage à vide, tu y as repensé ?
40:39Oui, tout le temps.
40:41Tout le championnat, je pensais, je dis, je viens de loin.
40:43Non, non, non.
40:43Une fois que tu es champion du monde.
40:44Une fois qu'on est champion du monde, les premières phrases, c'est…
40:47Tu te souviens, il y a deux mois, je pleurais à l'entraînement.
40:50C'était vraiment un moment très, très dur et beaucoup de remise en question.
40:56Et limite, l'avoir l'impression de ne pas être à ma place, je ne jouais vraiment pas bien.
40:59Et là, on n'est qu'une semaine après.
41:01Mais est-ce que tu te dis que tu n'as beaucoup appris sur toi-même avec ça ?
41:04Avec ces trois mois de down, et puis merde, je suis champion du monde.
41:07Oui, je ne sais pas encore, je pense qu'on a encore du mal à réaliser.
41:10Je n'arrête pas de dire champion et monde dans la même phrase,
41:13ça paraît un peu irréel pour moi encore.
41:15Mais je pense que je réaliserai dans quelques mois,
41:18de me dire, putain, en fait, tout ce que j'ai appris, ça va venir plus tard.
41:21Et quand on voit ce podium-là et cette marseillaise ?
41:23Oui, c'était un rêve d'enfant.
41:25Ah oui.
41:29Alors là, on voit, au moment de la marseillaise, ça ne parle pas, mais…
41:32Oui, je vois l'émotion qui revient à toi.
41:35Oui, c'était un rêve d'enfant.
41:36J'étais au match France-Afrique du Sud au rugby quelques semaines avant.
41:40Il y avait la marseillaise a cappella, j'avais larmes aux yeux.
41:42Je me suis arrêté de ne pas pleurer en me disant, putain, ça serait ouf d'en entendre une, quoi.
41:46Et là, c'est plus ça qui est beau pour moi que la médaille d'or.
41:50Oui, je comprends.
41:51Je l'ai tellement attendu.
41:52Le symbole.
41:52Il y en a qui l'ont déjà gagné.
41:53Le symbole, oui, moi, je ne l'ai jamais entendu.
41:56Je ne l'ai jamais entendu, mais je ne l'ai pas entendu avec une importance aussi haute.
42:00Oui, c'était…
42:01Le titre de l'aboutissement, oui, c'est ça, c'est vraiment l'aboutissement.
42:05Et là, tu sens, alors, toi, tu es trop jeune pour ça, mais on sent que tous les gens qui ont connu la génération football France 98,
42:14on sent qu'il y a un groupe uni à jamais.
42:16Alors, il y a des gens qui s'engueulent, comme d'habitude, mais malgré tout, il y a d'abord, pas jamais les premiers, c'est votre cas.
42:23Et puis, une cohésion, c'est que les gars, quand vous aurez 80 balais…
42:26Allô, Mike ?
42:27Alors, tu as encore tes chaussures ?
42:29Non, c'est sûr.
42:30Déjà, historiquement, on est trois de l'équipe de France à avoir été en Pôle France à 13 ans.
42:35Ah oui.
42:35Donc, historiquement, c'est assez fort.
42:37Mike n'est revenu que récemment dans le circuit de l'équipe de France.
42:41Mais avec Valentin, ça fait 15 ans qu'on est en équipe de France, qu'on galère, qu'on a des passages très durs.
42:46Après, il y a Maxime qui est arrivé depuis 7-8 ans, qui a tout gagné, qui a tout défoncé sur son passage.
42:51Et là, on a eu deux jeunes nouveaux qui ont eu très peu d'expérience internationale, mais qui ont été monstrueux.
42:57Et je pense qu'on se reviendra tout le temps, toute notre vie.
42:59On se reverra et on a des petites phrases entre nous.
43:02On pourra encore les redire et rigoler dessus.
43:04Et à la fin, on est champions du monde ensemble.
43:07Et on restera à vie les premiers, comme tu dis.
43:10Et ensemble, c'est juste ça.
43:12Alors, je me souviens, il y a quelques années, une équipe était partie à ta rencontre.
43:15Et tu avais dit, c'était dans le cadre du magazine Le Jeste Parfait.
43:19Tu avais dit, mon rêve, c'est d'être champion du monde.
43:21C'est fait.
43:22Maintenant que c'est fait.
43:23Ça, c'est la bonne question.
43:24Qu'est-ce que je vais faire ?
43:25Double ?
43:26Non, pour l'instant, je ne sais pas.
43:27Déjà, je ne vais pas jouer jusqu'à la fin du mois, je pense.
43:30Continuer de célébrer, continuer de profiter des moments, de voir les gens, d'en discuter, de revoir les finales encore et encore.
43:38Et on verra après, se poser en janvier, quels seront les objectifs fédéraux, quels sont mes objectifs, quels sont mes envies.
43:44Et on avancera.
43:45Ta femme, elle continue, elle.
43:45Elle veut être championne du monde maintenant.
43:48Donc, tu t'imagines rester à la maison et la regarder ?
43:51Ça ne me gênerait pas.
43:51Moi, j'ai réussi.
43:52J'ai atteint le truc ultime.
43:54Donc, au-dessus de championne du monde, il n'y a pas mieux, je pense, encore.
43:57Donc, je suis à fond avec elle et je serai toujours à fond avec elle.
44:02Et j'ai vu son poste sur Insta où elle dit, je veux être championne du monde, moi aussi.
44:04Oui, c'est sûr.
44:06J'espère que ça va donner des vocations et qu'on va avoir plein de monde qui va venir dans la boucle.
44:10Là, on a déjà une génération qui arrive de jeunes, qui est tellement talentueuse.
44:14Déjà, notre génération, celle juste derrière.
44:16Et là, les jeunes qui partent l'année prochaine, je ne sais pas, d'Europe, ils sont monstrueux encore.
44:21Donc, il y a moyen de faire de belles choses encore dans le bowling français.
44:23Cédric, ton job en tant que prépa mental, là, maintenant, ça va être d'abord que tout ça soit digéré.
44:29On rappelle que ça n'a même pas une semaine.
44:31Que tout ça soit digéré, que chacun s'aligne avec soi-même, avec ses objectifs, ses envies, sa volonté.
44:38Après, on a vu qu'une carrière, c'est des hauts et des bas.
44:40Et puis après, retravailler parce que quand on a touché le Graal, effectivement, aller le rechercher.
44:45Ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple.
44:47Exactement.
44:48Donc là, l'idée, c'est d'arriver, de profiter un maximum, même pour tous les joueurs, pour tout le monde,
44:53de profiter de cet état-là, que tout le monde, au-delà d'avoir gagné, en plus, ce titre champion du monde,
44:58ils ont réussi à gagner sur les pistes le respect des grandes nations.
45:03Et des nations, notamment, qui ne sont pas très volubiles, comme les Finlandais, les Suédois, qui dominent généralement.
45:10Ils ont gagné ce respect-là et donc gagné cette légitimité.
45:14Donc, maintenant, l'idée, c'est vraiment de ressentir ça et de voir chacun quelles seront leurs envies,
45:21quels seront leurs besoins, qu'est-ce qui va les faire vibrer aussi.
45:25Mais de continuer à bâtir sur les générations qui montent.
45:28Maintenant, on sait comment on peut performer.
45:30Et cette équipe l'a montré, on a montré comment on pouvait performer en faisant évoluer pas mal de choses.
45:36Et maintenant, il faut que ça devienne pérenne pour le bowling français.
45:40Et notamment, que les filles puissent s'en inspirer, parce que moi, j'accompagne aussi les filles,
45:45où on part sur les championnats d'Europe à Odense,
45:48que ça puisse inspirer ça dans la valeur de travail et d'abnégation qu'ont eue les garçons, notamment,
45:53et qu'ont les filles aussi, parce que c'est quand même très difficile de pouvoir faire tout ce qu'on leur demande,
45:58prendre tous leurs frais aussi, tout à leurs frais.
46:00La fédération investit énormément aussi, notamment pour les coachs, pour l'ensemble des déplacements aussi.
46:07Mais c'est difficile et ce n'est pas doté à tout le monde.
46:11Donc, c'est important de prendre le temps, de faire le bon choix aussi.
46:14Et le choix en fonction des besoins de chacun.
46:17Surtout que Gaëtan a un aspect, alors il paraît pas important, mais il l'est.
46:20T'es papa, t'as une famille.
46:22C'est qu'avec le bowling, tu gagnes.
46:26Après, on arrive quand même à s'en sortir un peu,
46:28parce que moi, j'ai la chance d'avoir un club qui me soutient énormément à Vittelsheim.
46:31Financièrement ?
46:31Financièrement, oui, sur mes compétitions qui m'aident beaucoup.
46:34La fédération qui nous aide beaucoup en plus sur d'autres événements.
46:37Donc, j'ai eu cette chance-là cette saison où j'ai pu gagner un peu d'argent quand même.
46:40Ce n'est pas énorme, mais je ne peux pas en vivre.
46:42Donc, aujourd'hui, avec une fille, une femme qui veut jouer aussi, donc c'est compliqué.
46:46Donc là, les six prochains mois, c'est ma dame.
46:48Après, on verra ce qui se passe.
46:49Mais c'est vraiment dur et il faut vivre, il faut avancer.
46:52On n'est pas professionnels comparé à des pays comme la Corée, la Malaisie,
46:55où c'est des joueurs employés par l'État.
46:58Oui, et puis, tu as toute ta vie, tu as 29 ans.
47:02Quand la retraite, ce sera 72 ans, il te reste encore des années à bosser.
47:05Oui, c'est ça, c'est sûr.
47:06Là, c'est sûr que ça ne va pas aider.
47:08Mais non, oui, là, ça va, ma vie est stable.
47:11Donc, je peux profiter du reste de tout ce qu'il y a autour.
47:15Merci du fond du cœur d'être venu partager ça avec nous.
47:17Merci beaucoup.
47:18Et de t'être ouvert comme ça jusqu'à même quelques très jolies larmes.
47:21Bravo, vraiment, bravo.
47:23Merci.
47:23Félicitations.
47:24Merci, Cédric, également, pour tout le boulot.
47:25Et à bientôt.
47:27Avec plaisir.
47:28Merci, Alexandre.
47:28Au plaisir.
47:29À bientôt.
47:30Merci à vous.
47:31Et puis, juste avant de parler squash, je voudrais qu'on regarde ensemble,
47:35qu'on vous propose un extrait de notre magazine Squash le Mag,
47:38qui sera diffusé dimanche à 11h sur notre antenne,
47:41avec notamment un portrait de la jeune Lorraine Baltaillant.
47:45Regardez, et on parle de squash dans la foulée.
47:46Elle est considérée comme l'un des plus grands espoirs du squash français.
47:54Mais ne vous y trompez pas, derrière ce sourire amusé, Lorraine Baltaillant, 18 ans seulement, a un caractère bien trempé.
48:01C'est dans la mythique salle du jeu de paume à Paris que nous l'avons rencontrée fin novembre, entre deux tournois.
48:14Après avoir décroché un bac par correspondance, la 66e joueuse mondiale au classement PSA a pris cette année une année sabbatique,
48:21dans l'objectif de faire une percée tranchante et définitive au ranking mondial,
48:26un moyen de lancer définitivement une carrière promise au sommet,
48:30pour la plus jeune joueuse européenne à avoir emporté un titre professionnel PSA.
48:35Rendez-vous dimanche, 11h, sur notre antenne, pour ce mag consacré à Lorraine Baltaillant.
48:46Quelle belle discipline le squash, mais ça ne serait pas Lucien D'Aon qui est là. Bonjour.
48:50Ça va Alexandre ?
48:50À peine rentré de Hong Kong, lui aussi ?
48:52Je suis un peu de gilet lagué, je dois te l'avouer, là, il faut que je me remette un petit peu.
48:55Alors, il y avait ce tournoi Platinum, on en a parlé les semaines précédentes, l'un des plus importants de la saison.
49:00On va revenir sur cette compétition qui a été d'un niveau global exceptionnel.
49:05Oui, exceptionnel, on a eu quasiment tous les meilleurs joueurs, les meilleures joueuses.
49:08Seul Diego Elias, le Péruvien, était forfait.
49:10Et Noura Ngoir, chez les femmes, évidemment, qui attend un heureux événement.
49:14Chez les hommes, Mostafa Assal.
49:17Extraordinaire, qui n'a pas perdu un jeu du tournoi, ce qui est très rare.
49:21Un Mostafa Assal au sommet de son art, tout simplement, il a été irrésistible.
49:25Tu vois, on est un peu sur le bowling, je reste un peu dans le bowling.
49:27Mostafa Assal était la boule, ses adversaires les qui ?
49:30Il a tout envoyé valdinguer, ça a été incroyable.
49:34Toute la semaine, tu l'as dit, il n'a pas perdu un jeu.
49:37Il a été plus rapide, plus puissant, plus fort mentalement que tous ses adversaires.
49:41Alors en finale, il a été opposé à Youssef Ibrahim, un compatriote.
49:44Qu'il a un peu chahuté ?
49:45Il a un petit peu chahuté, il faut dire que cette finale a été d'un niveau de jeu exceptionnel.
49:48Youssef Ibrahim est sur un nuage en ce moment, mais au-dessus des nuages se trouve Mostafa Assal,
49:53qui s'est imposé 3-0 dans une finale, on le verra tout à l'heure, mais des points exceptionnels.
49:57A la fin de l'histoire, c'est toujours la même chose, Mostafa Assal s'impose et conserve sa couronne à Hong Kong.
50:02Et bien on va regarder un de ses points justement avec Lucien en commentaire, regardez.
50:05Pour l'instant, il n'y a pas des grosses grosses attaques.
50:19Je pense que ça va commencer.
50:21Déjà ce double mur était pas mal, la fixation, la vitre arrière de Youssef Ibrahim.
50:27A lui maintenant de mettre un double mur.
50:29Vitesse de déplacement à l'avant du cours.
50:30Ça va vite, ça va vite de l'autre côté.
50:33Encore l'interception, il va être dessus Assal.
50:36Oh, quel point de folie.
50:38Allez, encore un amorti.
50:40Il est partout, il est partout le numéro 1 mondial et pourtant Youssef Ibrahim pousse.
50:45Allez, encore du côté droit du cours.
50:47Et c'est lui qui va conclure ce point.
50:49Oh, quel point de folie déjà.
50:50Incroyable, Youssef Ibrahim.
50:55Incroyable l'intensité, la maîtrise.
50:59Alors qu'en face, ce n'est pas un paimpol.
51:01C'est exceptionnel ce qu'on vient de voir.
51:03Et on a eu ça quasiment tout le match, Alex.
51:05C'est ça qui a été vraiment impressionnant avec cette finale.
51:07Et ce qui est d'autant plus impressionnant, c'est de voir le score final.
51:09Si vous n'avez pas vu le match, vous pouvez vous dire
51:11« Ah, mais Moustapha Assal a dominé tout du long. »
51:13Non, non, ça a été très compliqué.
51:15Chaque point, il a fallu aller le chercher.
51:16Ah, tous les points, exactement.
51:18C'est pour ça qu'il est vraiment très très fort et dominant en ce moment.
51:21Assal, sur une autre planète, a balayé malheureusement notre Français Victor Croin en quart de finale.
51:26Ça fait mal.
51:2611-4, 11-2, 11-5 en 39 petites minutes.
51:29Victor Croin n'a pas pu, n'a pas su exister dans ce match.
51:33Il faut quand même rappeler, Alexandre, que le dernier affrontement entre les deux hommes,
51:36c'est Victor Croin qui s'était imposé en demi-finale du Silicon Valley Open.
51:40Je pense que Moustapha Assal a été un petit peu piqué.
51:42Il a pris une revanche et de belle manière.
51:43Qu'a dit Victor après cette défaite ?
51:47Alors, Victor m'a parlé des conditions de jeu un peu compliquées,
51:49la balle qui ne rebondit pas beaucoup sur ce cours de Hong Kong.
51:52Mais il a aussi avoué que Moustapha Assal, dans ces moments-là,
51:54quand il joue comme ça, est tout simplement imbattable et plus fort que lui.
51:58Côté français, ça a un petit peu…
52:01Alors, j'allais dire rigoler peut-être pas,
52:02mais on peut signaler la belle performance de Baptiste Mazotik.
52:05On avait reçu ici même il y a deux semaines, qui s'incline au deuxième tour.
52:09Mais il a montré de très belles choses.
52:10Exactement, il nous l'avait dit.
52:11Tu te rappelles ici, je vais vous faire quelque chose sur Sport en France.
52:14Eh bien, il l'a fait face à Karim Abdelgawad,
52:16l'actuel numéro 4 mondial, ancien numéro 1 mondial, champion du monde.
52:21En 2016, un match accroché en cinq jeux.
52:24Baptiste a été impressionnant.
52:25Il a fait preuve d'une solidité physique et mentale assez exceptionnelle.
52:30Il s'impose donc en cinq jeux.
52:32Malheureusement, et ça, c'est encore un peu le petit défaut de Baptiste,
52:34c'est qu'il n'a pas su confirmer au tour suivant face à un adversaire à sa portée.
52:37Baptiste s'est retrouvé favori contre Miguel Rodriguez.
52:41Il a bien démarré le match en menant deux jeux à zéro.
52:44Et puis, le Colombien a réalisé un comeback monstrueux
52:46pour finalement remporter cette partie en cinq manches.
52:50Miguel Rodriguez, qui est devenu dans le même temps Alexandre,
52:53le plus vieux joueur de l'histoire du squash,
52:56a se qualifié pour un quart de finale de majeur à 39 ans.
52:58Il aura 40 ans le 20 décembre.
53:00Il lui a manqué quoi, Baptiste, là ?
53:02C'était trop beau un peu avant ?
53:04Je pense que ça s'est joué dans la tête, surtout.
53:06Parce que Baptiste mène deux zéros.
53:08Il doit gagner ce match.
53:08Il doit même le gagner en trois jeux, normalement.
53:11Il se fait reprendre dans le troisième.
53:12Le quatrième, il essaye de changer de stratégie,
53:14avec Grégory Gauthier au coaching.
53:16Ça ne fonctionne pas.
53:17Il se crispe.
53:18Et puis, finalement, perd le match dans un cinquième jeu décisif.
53:21Chez les femmes, Lucien,
53:23on retrouve les meilleures joueuses mondiales qui étaient là,
53:24notamment Norel Cherbini,
53:26quatrième mondial,
53:27de retour au premier plan sur un tournoi platinum.
53:28Il y a cette victoire en cinq jeux
53:31face à la meilleure joueuse actuelle,
53:33sa compatriote en demi.
53:35Là aussi, c'est une partie qui va marquer.
53:37Oui, clairement.
53:37C'est un classique du squash.
53:39Norel Cherbini, Agna et la mamie,
53:41l'actuelle numéro un mondial
53:42qui marche sur l'eau en ce moment.
53:44Elle réalise un triplé en début de saison.
53:47L'Open d'Egypte, le Qatar classique,
53:48l'US Open,
53:49donc les trois tournois majeurs
53:51qui démarrent la saison 2025-2026.
53:54Elle voulait tout simplement compléter sa collection
53:56avec un quatrième trophée à l'Open de Hong Kong
53:59et surtout un troisième sacre
54:00après 2022 et 2023 dans ce tournoi.
54:03Mais elle est tombée sur une très grande Norel Cherbini,
54:06comme à son habitude,
54:07qui n'a jamais paniqué,
54:08même menée de jeu à un.
54:09Elle a fait preuve vraiment d'une solidité mentale et physique.
54:13On le voit sur ces images,
54:14les points sont dingues.
54:15Elle a été tranchante, incisive.
54:17Elle n'a pas laissé respirer Agna et la mamie.
54:20Et ça va lui faire beaucoup de bien
54:21à Norel Cherbini,
54:22l'octuple championne du monde
54:23qui restait sur une série compliquée
54:25face à Agna et la mamie
54:26sur leurs quatre derniers affrontements.
54:28Elle s'est inclinée à trois reprises.
54:30Norel Cherbini qui, en finale,
54:32s'est imposée face à l'américaine.
54:34Oui, Olivia Weaver,
54:35comme disait Claude François,
54:36comme d'habitude.
54:37Seizième affrontement.
54:39Même si, attention, il dit ça,
54:41mais il ne faut jamais banaliser l'exploit.
54:43Non, mais exactement.
54:43C'était le seizième affrontement
54:45entre les deux joueurs.
54:45Seizième victoire pour Norel Cherbini.
54:47Moi, je pense que ça s'est joué
54:48à l'expérience, Alexandre,
54:49puisqu'il faut savoir
54:50qu'Olivia Weaver disputait à Hong Kong
54:52sa première finale de tournoi majeur.
54:55Norel Cherbini, elle,
54:56n'en était non pas à sa première,
54:58ni sa deuxième, ni sa troisième,
54:59mais à sa 48e finale de tournoi majeur.
55:02Donc voilà,
55:03elle a balayé Olivia Weaver,
55:053-0,
55:05pour décrocher un 45e titre
55:07dans sa carrière
55:08et un deuxième Open de Hong Kong
55:10après 2017.
55:12C'est exceptionnel.
55:12Et on écoute justement
55:13le coach, l'entraîneur de Norel Cherbini,
55:15qui n'est autre qu'un Français,
55:16bien connu dans le monde du squash.
55:17C'est Grégory Gauthier,
55:19l'ancien numéro un mondial
55:20et champion du monde 2015.
55:21Grégory Gauthier.
55:22Je suis très content, bien sûr,
55:24de son dernier tournoi
55:26qui s'est déroulé la semaine dernière
55:27à Hong Kong,
55:28où elle a gagné.
55:32Norel a eu un été compliqué,
55:35puisque l'année dernière,
55:36sur son dernier tournoi au British Open,
55:38en fait,
55:38elle a eu un petit pépin physique
55:41et ça l'a écarté des cours
55:43quasiment tout l'été.
55:45Donc, sa préparation a été un peu tronquée.
55:49Début de saison compliqué.
55:51Et là, depuis un mois,
55:51un mois et demi,
55:53elle a retrouvé vraiment sa dynamique
55:55sur le terrain,
55:56ses repères, son timing.
55:58Et ça s'est vu sur ce dernier tournoi à Hong Kong.
56:01Donc, je suis très content
56:03de la manière dont elle a joué.
56:07Arrivée, bien sûr,
56:09à battre Elamami,
56:10qui est numéro 1 mondial en ce moment
56:13et qui a gagné 3 tournois platinium
56:16en début de saison.
56:18Donc, il y a eu un gros match en demi-finale
56:20qu'elle a réussi à gagner 3-2.
56:24Et derrière, enchaînée sur une victoire 3-0
56:26sur Olivia Weaver,
56:28qui est numéro 4 mondial
56:29et numéro 1 américaine,
56:30qui est très forte physiquement
56:34et joueuse solide.
56:37Et Ounour a toujours réussi à gagner,
56:41mais il y a eu des gros matchs auparavant.
56:43Et là, elle s'en est sortie
56:44avec un score de 3-0.
56:46Donc, franchement,
56:47je suis satisfait de la manière
56:49de l'enchaînement des matchs
56:51qu'elle a pu arriver à faire.
56:55Et j'espère qu'elle va continuer
56:57sur cette dynamique pour 2026.
57:04Voilà, à plus !
57:06Merci à Grégory Gauthier.
57:08Oui, Norel Cherbigny
57:09qui a remporté ce tournoi
57:10en étant 4e mondial, Alexandre.
57:11Et la dernière fois
57:12qu'une joueuse hors du top 3
57:14a remporté un tournoi majeur,
57:15c'était en 2020.
57:16Et il s'agissait de Camie Cernes
57:18au tournoi des champions.
57:19Tournoi des champions, justement,
57:20parce que 2025, c'est terminé.
57:21Mais 2026 arrive à grands pas
57:23avec le tournoi des champions
57:24et pas n'importe où.
57:25Exactement, à la gare centrale
57:26de New York.
57:27C'est sûrement le tournoi
57:29sur le circuit
57:29où il y a le plus d'ambiance.
57:31C'est assez exceptionnel.
57:32Le niveau de jeu est dingue.
57:34Soyez bien au rendez-vous
57:35sur Sport en France.
57:35Ça se passera du 22 au 29 janvier.
57:38Et évidemment,
57:38ce sera avec Lucien
57:39au commentaire.
57:40La gare centrale de New York
57:42transformée en terrain de squash.
57:45Juste fantastique.
57:45Merci infiniment, Lucien.
57:46Merci beaucoup, Alexandre.
57:47Merci.
57:48Si vous n'étiez pas là ce week-end,
57:50voilà ce que vous avez raté.
57:51Ce dimanche,
57:51c'était la neuvième journée
57:53de la boulangère Wonder League.
57:55Défaite surprise de Latte-Montpellier
57:56sur le terrain de Landerneau
57:58qui conserve son investibilité
57:59à domicile.
58:00Les deux équipes
58:00sont à égalité de points
58:01au classement
58:02et occupent respectivement
58:03les cinquièmes
58:04et septièmes places.
58:06Du volet,
58:07Chamalière affrontée Béziers
58:08pour le compte
58:09de la dixième journée
58:10de la Safforelle Power 6.
58:11Victoire de Béziers,
58:123-7 à 2
58:13qui reste le sixième
58:13et conserve sa place
58:15dans un wagon de tête
58:16toujours occupé par Mulhouse.
58:17Et c'est dix victoires
58:19impressionnantes
58:19en dix matchs.
58:21Le programme à suivre
58:23des jours prochains
58:24et notamment du week-end.
58:26Le voici sous vos yeux.
58:27Le retour du championnat de France
58:28de football fauteuil électrique
58:29avec pas moins de cinq rencontres
58:31à suivre ce samedi
58:32sur notre antenne.
58:33Encore du volet
58:33et de la Safforelle Power 6.
58:36Douzième journée de championnat.
58:37Béziers affronte le deuxième
58:39Paris-Leuvalois
58:40à suivre exceptionnellement
58:41à partir de 16h50.
58:44Et enfin, dimanche,
58:45ce sera au tour du basket
58:46et de la boulangère Wonder League
58:47avec la dixième journée.
58:49Villeneuve-Dasc
58:49affronte Basque-Land
58:51au Palacium.
58:52Gros choc
58:53entre le quatrième
58:54et le premier
58:55du championnat.
58:56Voilà pour le programme.
58:57Merci infiniment
58:58d'avoir été avec nous
58:59avec encore une émission
59:00très riche.
59:01On se retrouve très prochainement.
59:02Merci à Nicolas Bayer
59:04aux manettes
59:05et à la réalisation.
59:06Clément Ritter
59:07au son.
59:07Sandrine David
59:08au maquillage.
59:09Et Julien
59:10pour tout ce qui concerne
59:11l'édito.
59:12Merci encore pour votre fidélité.
59:13Merci Lucien.
59:14Merci Alexandre.
59:14Et je vous donne rendez-vous
59:15très bientôt sur Sport en France.
59:16Salut.
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