BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 6 décembre, Beñat Cazanave, PDG du Groupe ARTZAINAK et Philippe Mutin, directeur général de Factofrance, sont revenus sur les moyens pour financer l'industrie et permettre sa croissance, dans l'émission Hors-Série Les Dossiers BFM Business présentée par Christophe Pallée. Hors-Série Les Dossiers BFM Business est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business. Cette émission a été réalisée en partenariat avec FACTOFRANCE.
00:01Hors série, les dossiers BFM Business, les défis du financement de l'industrie.
00:09Christophe Palais
00:09Bonjour et bienvenue dans ce hors série consacré aux défis du financement de l'industrie.
00:16Vous le savez, la part de l'industrie française ne cesse de baisser.
00:19Elle est passée en 50 ans de 22% à 12% du PIB
00:23et la conjoncture actuelle repose sur des cycles très courts,
00:27ce qui contraint les entreprises à s'adapter en permanence.
00:30Alors, comment financer l'industrie et lui permettre de croître ?
00:34Avec nous pour en débattre, Philippe Mutin, bonjour.
00:36Bonjour.
00:37Directeur général de Facto France et Béniade Casana, bonjour.
00:41Bonjour.
00:42Vous êtes PDG du groupe Artsagnac.
00:44On va commencer avec vous, Béniade, un prénom qui sent bon le Pays Basque,
00:48comme le nom de votre groupe d'ailleurs.
00:49Vous nous venez de Moléon.
00:51Quelles sont les difficultés, les écueils que vous rencontrez en matière de financement ?
00:56Alors, Artsagnac est un groupe industriel qui est composé de 7 entités de production et de 10 marques.
01:03Nous sommes 250 collaborateurs.
01:05Nous faisons 40 millions de chiffres d'affaires.
01:09Nous sommes sur des marchés qui sont diversifiés.
01:12Ça peut être l'aéronautique, l'énergie, le nautisme, le BTP.
01:17Alors, pour venir à votre question sur les problèmes de financement que l'on pourrait avoir,
01:21on sort de trois années post-Covid, où il y a eu une activité qui a été vraiment très intense.
01:26La répercussion de ça, c'est que les matières premières, leur prix a beaucoup augmenté.
01:31Et le prix des entrants en général, l'énergie et toutes les composantes,
01:36ce qui a augmenté fortement le besoin de fonds de roulement des entreprises.
01:41Aujourd'hui, on a eu des PGE pour nous aider à passer justement ce cap-là.
01:46On est en train de finir de rembourser les dernières annuités.
01:51Par contre, l'activité a commencé à baisser.
01:57On sent vraiment une grande contraction de beaucoup de marchés.
02:02Et ça commence à être difficile sur les trésoreries en général.
02:05Dans le cas de notre groupe, où nous développons des produits et que nous faisons de l'innovation,
02:10nous devons financer la R&D pour avoir des produits à commercialiser sur les années à venir.
02:16Et ça, ce n'est pas le plus facile à faire financer par les circuits bancaires traditionnels.
02:21Vous êtes notamment spécialisé dans la construction de pièces métalliques complexes.
02:26C'est quoi l'ADN de votre groupe, en deux mots ?
02:28La raison d'être, c'est de développer l'emploi localement dans un groupe fort et indépendant.
02:33L'indépendance, on l'a parce qu'on a des marques qui sont connues, reconnues.
02:37Et également, l'ADN, réellement, c'est de produire, d'imaginer des produits innovants.
02:42Si je prends deux exemples de marques, ça sera la marque LS, où on est dans les leaders mondiaux des directions pour les bateaux.
02:51Et on équipe beaucoup de chantiers nautiques à travers le monde, sur les cinq continents.
02:56Ça peut être également la société Lagarde, la marque Lagarde, qui produit des épares, des broyeurs agricoles et qui est reconnue en Europe.
03:06Oui, vous êtes donc une pépite régionale qui travaille à l'échelle internationale sur des marchés internationaux.
03:13Philippe Mutin, des entreprises industrielles françaises comme Artsaneac, vous avez l'habitude d'en soutenir chez Facto France.
03:20Quels sont vos moyens d'action et comment vous soutenez financièrement l'industrie française ?
03:25D'abord, je suis ravi d'être aux côtés de Beignat. C'est une relation de long terme que nous avons bâtie entre nos entreprises.
03:3060 ans d'existence pour Facto France. Je crois que c'est presque 40 ans pour le groupe de Beignat.
03:35Et ça fait plus d'une dizaine d'années que nous travaillons ensemble.
03:37C'est assez symptomatique des relations qu'on a en termes de financement sur le marché de l'industrie.
03:44Facto France a les moyens d'accompagner le financement du cycle d'exploitation.
03:47On parle du besoin à l'échelle nationale de 800 milliards de crédits inter-entreprise.
03:53Et nous, notre rôle, c'est de sécuriser et de financer ce cycle d'exploitation qui est lié à la prise de commande, au stock, puis au délai client qu'il faut financer.
04:02Et donc, nous intervenons sur tout le cycle et quel que soit le cycle de l'entreprise.
04:05Dans le cas de Beignat, c'est une relation qui a démarré en 2008.
04:08Et en effet, on a suivi toute son évolution au fil du temps.
04:12Notamment pour de la facturage.
04:14Pourquoi avoir recours à la facturage, Beignat ?
04:18Et pourquoi avoir choisi Facto France ?
04:20Alors, deux composantes dans la facturage.
04:22Nous, à l'origine, en 2008, lors de la crise, nous avons subi des impayés.
04:28Donc, des impayés qui étaient assez importants pour notre structure.
04:31Quel ordre, à peu près, du chiffre d'affaires ?
04:32Ça représentait à peu près 1% du chiffre d'affaires.
04:35Donc, on a voulu se prémunir de ces difficultés-là.
04:39Donc, au travers de la facturage, avec sa composante d'assurance et crédit intégrée,
04:44on a trouvé une solution qui nous permettait de couvrir notre risque client.
04:50Et également, parce qu'effectivement, on avait des problèmes de trésorerie qui étaient apparus à ce moment-là.
04:57La facturage est une source de financement qui est disponible assez rapidement.
05:02C'est ça, sans attendre le paiement du client.
05:05Exactement.
05:06C'est ça l'avantage.
05:09Qu'est-ce que ça permet pour vous, Philippe Mutin, la facturage ?
05:13C'est quoi les avantages, les bénéfices ?
05:15Si on devait retenir quelque chose aujourd'hui, c'est clairement le sujet,
05:19le concept de la sécurité de son financement d'exploitation.
05:22Benyat l'a expliqué, il est passé à travers plusieurs cycles.
05:25Il y a eu la crise de 2008.
05:26Ensuite, il y a eu de la croissance.
05:27Il y a de nouveau des événements de marché qui font que c'est très, très complexe pour une entreprise.
05:32Et on les aime, les entrepreneurs, parce que c'est très complexe à gérer.
05:35Nous, on les comprend bien, parce qu'on est au centre vraiment de leur processus.
05:38Et donc, en fait, on est toujours là, quel que soit le cycle.
05:41Donc, dans le milieu dans lequel on évolue aujourd'hui, dans le contexte qui est aujourd'hui,
05:44c'est avant tout la sécurité.
05:46On amène de la sécurité sur les paiements, contre les impayés.
05:49La trésorerie arrive au moment où les factures sont émises.
05:51Et quel que soit le cycle dans lequel on se trouve, un cycle baissier, un cycle stable
05:56ou un cycle de forte croissance, qui sont aussi des moments de fortes difficultés pour les entreprises.
06:01Et comment ça vous aide, vous, Benyat, la facturage en termes opérationnels, cette fois ?
06:06Alors, pour nos équipes, c'est Facto France qui se charge de faire le recouvrement client.
06:11Pour nous, c'est agréable, parce que du coup, on maintient une relation vraiment commerciale
06:17et une relation apaisée avec nos clients.
06:19On n'a pas abordé.
06:20Exactement, aborder des sujets qui fâchent.
06:24Donc, forcément, c'est appréciable.
06:27Également, ça permet de suivre la santé financière de nos clients,
06:32de vérifier leur solvabilité.
06:35Ça, également, c'est important.
06:36Et on le disait quand même, parce qu'on parle de financement,
06:39qui est un sujet quand même sensible.
06:41On peut avoir de la trésorerie qui est disponible immédiatement
06:46et justement, pour faire face aussi à des pics de besoins de trésorerie.
06:51Alors, j'imagine que c'est un service qui a un prix, Philippe Mutin.
06:54Il faut compter quel budget ?
06:55En fait, ça se compare beaucoup au découvert,
06:58qui est l'autre élément de financement de l'exploitation.
07:01Donc, en termes de conditions financières, c'est à peu près équivalent.
07:03Ce qui explique pourquoi le facturage a eu une très forte croissance pendant 10 ans.
07:07C'est devenu très compétitif comme produit.
07:09Et après, ça dépend du type de service qu'on offre.
07:12Dans le cas de Béniade, c'est vrai qu'on l'accompagne aussi à l'export.
07:14Il faut savoir gérer des acheteurs qui sont dans pas mal de pays en Europe
07:18et puis prochainement, dans le grand export avec de nouvelles innovations.
07:21Voilà, donc il y a un bouquet de services qui est offert.
07:23Avec des taux de change aussi ?
07:25Alors, on peut gérer les taux de change,
07:26mais en général, on encaisse dans la devise de facturation.
07:30Donc, ce n'est pas un service qui est offert de façon très simple.
07:32Pourquoi est-ce que c'est devenu la solution numéro un
07:35de financement à court terme des entreprises ?
07:38Petit à petit, finalement, les grands comptes,
07:41donc les ETI, les GE, GME, se sont équipés de ces solutions
07:44parce que c'est une ressource qu'on peut mobiliser au moment où on en a besoin.
07:48Un retournement de marché, des conditions qui deviennent plus difficiles tout d'un coup.
07:52Donc, c'est vraiment une manne importante.
07:54Sur les PME, traditionnellement, on intervient aussi beaucoup.
07:57Et maintenant, de plus en plus, on le développe aussi sur les TPE.
07:59Donc, en fait, c'est la praticité, le fait que ce soit devenu très agile comme solution
08:03et surtout que ce soit une vraie sécurité.
08:05J'insiste sur ce terme.
08:06On en a besoin aujourd'hui.
08:08Il faut de l'agilité et cash is king, comme disent nos confrères anglo-saxons.
08:13Béniade, vous, pour quelle raison vous recommanderiez cette solution à d'autres industriels ?
08:17Donc, les enjeux aujourd'hui pour notre entreprise, c'est d'aller à l'export.
08:23Ça, c'est clair.
08:24Nous avons des produits innovants.
08:25Il faut qu'on arrive à les vendre sur la planète.
08:29C'est ça l'avenir quand même de notre groupe.
08:31On l'imagine en fait comme ça.
08:33Si je prends un exemple, une de nos marques, Edamps, conçoit des systèmes pour ouvrir et fermer les serres maraîchères,
08:43pour plier ou déplier des filets de protection de culture, pour ouvrir des bâtiments d'élevage.
08:48On vient de lancer une innovation où le système sera autonome en énergie, en électricité,
08:55parce qu'alimenté avec des panneaux photovoltaïques.
08:57Il faut savoir qu'en général, une serre doit être raccordée aux réseaux électriques.
09:02Ça fait des frais, bien entendu.
09:04Mais également, il faut que l'électricité soit disponible.
09:07Et quand on parle de grand export, justement, on peut utiliser des serres dans des endroits où on veut gérer le climat.
09:13Donc, il n'y a pas forcément des réseaux électriques qui sont bons.
09:17Mais nous, ça nous permet, le facturage, sur le même principe que pour la France,
09:22d'aller prospecter assez librement,
09:24parce qu'on interroge le facteur pour connaître la soulevabilité de nos clients.
09:28Et donc, on ne signe pas par rapport, justement, à les chances qu'on aura d'être payé.
09:34Et l'avantage pour notre client aussi, et qui est loin d'être négligeable,
09:37c'est qu'on peut lui accorder un délai de règlement.
09:40Et je suppose que la trésorerie, le problème de la gestion de la trésorerie,
09:44doit être le même sur la planète.
09:45Oui, il n'y a pas qu'en France.
09:48Comme le marché évolue en permanence,
09:50comment est-ce que, à votre avis, va évoluer la facturage dans les années à venir ?
09:54Ça va continuer à se développer, pour ces qualités intrinsèques dont on a déjà parlé.
09:58Et puis, la prochaine étape, c'est la facture électronique.
10:00Donc, c'est une étape importante pour l'ensemble des entreprises françaises,
10:03à partir de septembre 2026, puis septembre 2027.
10:07Tout va passer par des flux digitalisés de factures.
10:09Et donc, pour les facteurs, c'est aussi un ressort de simplification
10:12et d'amélioration des services qui va permettre de développer.
10:15On aime les entreprises, on aime les entrepreneurs, on veut les sécuriser.
10:18Ça va nous permettre davantage de traiter également les TPE
10:21et les PME, telles que celles d'Aubégnat.
10:23Alors, c'est marrant.
10:24J'aurais imaginé que vous nous auriez parlé de l'intelligence artificielle.
10:28Ça entre en compte dans la facturage et dans les services que vous proposez ?
10:32Oui, bien sûr. Aujourd'hui, dans l'intelligence artificielle,
10:33il y a toute la partie data.
10:35Donc, ça, c'est traité depuis très longtemps.
10:36On a des algorithmes qui permettent de calculer en permanence
10:39les financements disponibles,
10:40d'intégrer beaucoup de données,
10:42de ressortir du financement.
10:43Ça, c'est fait, de faire du recouvrement.
10:45Et puis après, il y a ce qu'on appelle l'IAGEN.
10:47Comme toutes les entreprises,
10:48ça va nous permettre aussi d'améliorer le contact avec nos clients.
10:51Oui, la relation client.
10:52Un grand merci à tous les deux de nous en avoir dit plus
Écris le tout premier commentaire