- il y a 6 semaines
DB - 06-12-2025
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TVTranscription
00:00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:00:30C'est parti !
00:01:00En effet, j'avais 17 ans.
00:01:01Et alors ?
00:01:02C'était arrière.
00:01:04On a gagné.
00:01:06Ma mère m'avait foutu dans un collège.
00:01:08La seule chose que j'ai appris, c'est le rugby.
00:01:14Ma mère, qui dirigeait la famille d'une main ferme, avait décidé de me mettre en pension à l'institution Saint-Médard.
00:01:20Elle avait chargé mon père de me conduire à bon port.
00:01:22C'est l'hôtel dont maman nous a parlé.
00:01:29Ça n'a pas l'air engageant.
00:01:37On pourra encore y dormir, mais pas question d'y dîner.
00:01:40Quoi ? On ne va pas aller à l'hôtel que maman nous a recommandé ?
00:01:43Non. Nous allons aller tout droit chez Trompanatier.
00:01:46Il n'est que plus ultra des maîtres-queux de la région.
00:01:52Tu t'étonnes, hein ? De mes connaissances.
00:01:55Tu sais, les...
00:01:56Les vieux coloniaux comme moi ont roulé leur bosse.
00:02:02Alors ils ont des références.
00:02:03Qui leur permettent de mener la bonne vie.
00:02:07Vas-y, on va voir ça.
00:02:16L'humain a peu l'odeur.
00:02:18Ça, c'est de la cuisine.
00:02:19Tu vas manger comme ça ne t'est jamais arrivé.
00:02:22La ville n'est pas extraordinaire, mais Trompanatier.
00:02:25Ça, c'est...
00:02:28Ah !
00:02:29Qu'on pourrait commencer par un peu de foie gras.
00:02:35Ça nous réconfortera.
00:02:37Le voyage a été pénible.
00:02:39Foie gras.
00:02:41Et je continuerai par une lent proie à la Bordelaise.
00:02:46Et toi, Jérôme ?
00:02:47Tu n'as qu'à me suivre.
00:02:49En toute confiance.
00:02:52Je sais ce qui est bon.
00:02:53Oui, papa.
00:02:54Ensuite ?
00:02:55Eh, mais ensuite,
00:02:56une fois comme on dirait que la chasse est ouverte
00:02:58depuis la semaine dernière aussi.
00:03:00Bon, ben, vous nous donnerez un CV de dièvre.
00:03:03Et puis après, nous verrons.
00:03:05Et pour les vins ?
00:03:06Ah, les vins.
00:03:10Euh...
00:03:10Ben, pour un sauterne
00:03:13avec le foie gras, ça me paraît pas mal.
00:03:18Et...
00:03:19Et puis, ma foi,
00:03:20ben, vous nous donnerez après ça
00:03:22un château pétrose 1928.
00:03:2528, mais oui.
00:03:26Voilà.
00:03:28Merci.
00:03:29À votre service.
00:03:32Tu sais, ce n'est pas par hasard
00:03:34que j'ai choisi le château pétrose.
00:03:37Mais j'ai bien regardé la carte de la région
00:03:39et j'ai vu que Pomerol était aux portes de la ville.
00:03:42Alors, il faudrait être fou pour ne pas en profiter.
00:03:49Allez.
00:03:51À la nôtre.
00:03:52Ça, c'est un grand seigneur, ce nom-là, tu sais.
00:04:02C'est un monsieur qui est sorti
00:04:04avec sa canne et son chapeau.
00:04:131928 est une année rayonnante.
00:04:16Ah, ben, dis-donc, il n'y a plus rien dans cette bouteille.
00:04:24Euh, maître d'hôtel.
00:04:25Monsieur.
00:04:27Apportez-moi sa soeur.
00:04:28Avec le civet, bien sûr.
00:04:29Non, pas avec le civet, tout de suite, voyons.
00:04:31Ah, tu me regardes d'un drôle d'air, hein ?
00:04:36Ah, oui, oh.
00:04:38Tu vois ce que tu penses.
00:04:41Tu me vois à la maison me contenter
00:04:42de mes trois gouttes d'affreux rejins à glars.
00:04:46Ah, tu n'as pas tort.
00:04:48Mais, oh, je peux te dire une chose maintenant que tu es grand.
00:04:53Je n'étais pas comme ça quand j'ai connu ta mère.
00:04:54C'était un homme gai.
00:05:00Ouais.
00:05:02Gai.
00:05:06Enfin.
00:05:07Voilà.
00:05:08Ces messieurs sont satisfaits.
00:05:09Oui, merci.
00:05:11Et tu...
00:05:13Ah, d'accord.
00:05:14Ah, j'ai connu le grand monde à Cholons.
00:05:21J'ai connu le jeu, le vin, l'opium, l'alcool, les femmes, les nuits et le tango.
00:05:31J'ai vécu avec une congaille ravissante qui m'adorait et j'avais un chien japonais.
00:05:48Vu que je suis marié, je n'ai plus de chien, évidemment.
00:05:53Ta mère n'aime pas les animaux.
00:05:56D'ailleurs, je me demande ce qu'elle peut bien aimer, ta mère.
00:06:01Mais qu'est-ce que je te raconte, là ?
00:06:06Heureusement, demain, tu auras tout oublié.
00:06:11Mais écoute,
00:06:12je ne te laisse pas prendre.
00:06:15Comme moi.
00:06:17Il faut se méfier des femmes sérieuses.
00:06:20On ne vit qu'une fois.
00:06:22Qu'une fois.
00:06:31M. Lébé-Ballarin.
00:06:47M. Lébé-Ballarin.
00:06:48Vous avez rendez-vous ?
00:06:50Bon.
00:06:51Entrez.
00:06:51Non, monsieur.
00:07:01Vous n'aurez pas à vous repentir
00:07:03d'avoir confié votre fils aux mains lumineuses des professeurs de Saint-Médard.
00:07:08L'enseignement qu'on donne ici est incomparable.
00:07:12Le meilleur en France.
00:07:13C'est donc le meilleur au monde.
00:07:18Nous ne faisons d'ailleurs que suivre les leçons de notre Saint-Hutélaire,
00:07:23le grand Médard.
00:07:25Merci.
00:07:27J'espère que vous connaissez Saint-Médard autrement que par ses attributions météorologiques.
00:07:31Il ne faut pas voir non plus en lui l'inventeur des rosières.
00:07:38Celui qui a pris l'initiative au VIe siècle de glorifier la vertu des filles par une couronne de roses.
00:07:46Non.
00:07:48Il faut voir dans cet évêque le noble fils d'un grand seigneur
00:07:54qui n'en a pas moins prêché pour le peuple
00:07:57et servi les humbles et les pauvres.
00:08:02Aussi, nous nous efforçons de suivre son exemple,
00:08:05nous accueillons aussi bien l'aristocratie de la région
00:08:08que les simples
00:08:09qui veulent s'ouvrir à l'esprit.
00:08:14S'ouvrir à l'esprit !
00:08:17Voilà le grand mot.
00:08:19Voilà notre but.
00:08:21Je vous félicite, monsieur Dubois.
00:08:23Euh, du toit.
00:08:24Du toit avec un T.
00:08:27Monsieur Dutoit.
00:08:28Votre fils a-t-il bien apporté tout son vestiaire, ses culottes courtes, sa tenue de gymnastique ?
00:08:34Certainement, sa mère a dû strictement se conformer au...
00:08:38C'est que nous avons aussi à cœur de fortifier les corps, de former des gaillards.
00:08:44Nous avons ici une équipe de rugby qui fait notre gloire.
00:08:49Chaque année, elle livre contre l'école laïque un match
00:08:54qui fait sensation.
00:08:58Mais votre fils a l'air solide.
00:09:01J'espère que vous ne l'empêcherez pas de se joindre à nos jeunes sportifs.
00:09:04Oui, mais cela va le distraire de ses études.
00:09:07Il faut qu'il passe son baccalauréat.
00:09:09Au contraire.
00:09:11Les plus insignes sur le terrain sont les plus éminents en classe.
00:09:14« Men sana in corpore sano »
00:09:18Évidemment.
00:09:21Évidemment.
00:09:29Ça a l'air sérieux ici.
00:09:34Tu seras très bien.
00:09:36D'ailleurs, tu ne seras pensionnaire que pendant le premier trimestre.
00:09:39Avant trois mois, nous serons installés en ville.
00:09:41Nous ferons ça à la maison.
00:09:42Ah, n'oublie pas de nous écrire une fois par semaine
00:09:46et de comment j'ai tes lettres par ma chère maman.
00:09:50Hum ?
00:09:50Eh, Marquiston.
00:09:52Oh, papa.
00:09:56Ah, à propos de notre dîner.
00:10:00Pas un mot à la reine d'Angleterre.
00:10:03Tu me comprends ?
00:10:04Pas un mot à la reine d'Angleterre.
00:10:07Tu me comprends.
00:10:08C'est parti.
00:10:38C'est parti.
00:11:08C'est parti.
00:11:38Bordeaux, plus aucune école ne veut de moi.
00:11:41Mais ici, on vous acceptait.
00:11:42Ah oui.
00:11:43Oui, la Reims s'est laissée convaincre en moyenne en finances.
00:11:46Puis l'abbé Cahuzac, notre possède de lettres, était très influent.
00:11:49Vous le connaissez ?
00:11:50Non, pas du tout.
00:11:51Je débarque.
00:11:53C'est un ami intime de mon père.
00:11:55Faut que je vous dise également que mon père est quelqu'un de très influent dans le sud-ouest.
00:12:00Oui.
00:12:00Il est propriétaire d'un journal de sport, le Sprinter.
00:12:03Vous connaissez ?
00:12:04Non.
00:12:06Je parie qu'ils vous ont proposé de jouer au rugby.
00:12:09Oui, mais comment le savez-vous ?
00:12:11C'est leur combine.
00:12:12Quelle combine ?
00:12:13C'est bien simple.
00:12:15Chaque année, un match est organisé contre le collège laïc.
00:12:18Si ça Médard gagne, on voit des tas d'élèves refluer vers l'institution.
00:12:21Il suffit de dire, les Médardistes ont mis 15 points à ceux du collège pour que les classes soient comblées ici.
00:12:26Alors comprenez qu'ils tiennent à leur rugby.
00:12:32Ce vin est infect.
00:12:35Vous ne trouvez pas ça révoltant ce qu'on nous a servi ce soir ?
00:12:37Répugnant.
00:12:38Oh, ça ne me change pas de la maison.
00:12:41Mais enfin, vous ne savez pas que la cuisine est une science ?
00:12:45Que la gastronomie est un art ?
00:12:47Non, vous savez, moi, sorti des macaronis au gratin,
00:12:51ou du veau-petit pois.
00:12:53Mais enfin, béotien, le veau-petit pois, ça ne veut rien dire.
00:12:56Il y a 54 espèces de petits pois.
00:12:58Il faut non seulement connaître l'espèce, mais l'âge du légume, l'heure à laquelle il a été cueilli.
00:13:03Mais si vous mangez un petit pois qui a été cueilli à midi, autant manger de la chevrotine.
00:13:07Votre éducation reste à faire.
00:13:08C'est pas ici que vous la ferez.
00:13:09Et si vous voulez manger cette gélatine, ne vous privez pas.
00:13:24Rien que cela condamne l'institution Sameda.
00:13:25C'est bon, on va finir.
00:13:33Il y aurait une léguse.
00:13:34Vous savez qu'il a déjà 25 minutes de retard, ce cher ballarin ?
00:13:58Quand va-t-il venir faire son cours ?
00:14:00Ouf !
00:14:01Tu sais, avec lui, on ne sait jamais.
00:14:02Comment ? Il ne se fait pas remplacer quand il ne vient pas ?
00:14:04Même pas.
00:14:05Comment même pas ?
00:14:07Tu sais, avec lui, tout est possible.
00:14:09Il peut venir ou pas.
00:14:10Mais il peut aussi bien nous faire passer toute l'après-midi à chanter des cantiques.
00:14:13Il est capable de tout.
00:14:15Silence !
00:14:17Surveillé, chez la supérieure.
00:14:20Alors ?
00:14:24Il y avait le « i » ici, hein ?
00:14:26Car le chat n'est pas là, les souris dansent.
00:14:28Il y avait le « i » ici, hein ? »
00:14:58Il faut rentrer.
00:15:18Plus c'est obscur, plus c'est profond.
00:15:22À quoi ça vous servirait que je vous fasse un cours ?
00:15:42Nous, de toute façon, ça vous passe au-dessus de la tête.
00:15:47À quoi bon, drôle ?
00:15:55À quoi bon ?
00:15:56À quoi bon, drôle, drôle !
00:16:10Alors, c'est bien ça.
00:16:29Allons-y.
00:16:31Arrêtez-vous.
00:16:33Arrêtez-vous.
00:16:33Mettez-vous un cercle autour de moi.
00:16:36Et voilà.
00:16:36Et on respire largement.
00:16:38Allons-y.
00:16:39Inspirez.
00:16:40Voilà.
00:16:41Soufflez.
00:16:42Voilà.
00:16:43On respire.
00:16:44Et on souffle.
00:16:45Bon, ça ira.
00:16:47Maintenant, nous allons passer aux choses sérieuses.
00:16:52Clé, va me chercher le ballon.
00:16:54Écoutez-moi, les petits.
00:16:57Il ne reste plus que deux mois pour préparer le match contre le collège.
00:17:01Et je vous dis une chose, moi, il n'y a rien de trop.
00:17:03L'an dernier, ça a été le déshonneur.
00:17:07Mais cette année, nous allons nous défoncer et on aura la victoire.
00:17:12Je te remercie, Clé.
00:17:13Je peux condé sur toi ?
00:17:13Oui.
00:17:14Bien.
00:17:15Qui est Clé ?
00:17:17C'est le capitaine de l'équipe, un élève de philo.
00:17:18Ce qu'il me faut, c'est 15 gars solides et qui en veulent.
00:17:24Alors que ceux qui ont déjà joué, je ne parle pas des anciens, je les collais.
00:17:27Les nouveaux, lève la main.
00:17:29Non, j'ai dit les nouveaux.
00:17:31C'est pas mal, pas mal du tout, ça.
00:17:43C'est bon, il y a du réflexe.
00:17:45C'est comment, votre nom ?
00:17:46Jérôme.
00:17:47Jérôme Dutoit.
00:17:48Jérôme Dutoit.
00:17:50Bien.
00:17:50Alors, Madin, Clé, Surbier et Dutoit, venez avec moi.
00:17:57Les autres, prenez l'autre au ballon, faites des petites passes dans les 22 et quelques drops.
00:18:00Les quatre autres avec moi.
00:18:02Allons-y, mes petits.
00:18:02Et d'une heure.
00:18:03Allons-y.
00:18:06Madin, vous vous mettez aux 22, là.
00:18:07Bien allié, vous allez lui faire des shoots dans ses bras.
00:18:10Pas trop fort, hein.
00:18:12Bien allié, là.
00:18:13Madin, viens avec toi, viens avec moi.
00:18:17Dutoit.
00:18:17Voilà, voilà.
00:18:19Alors, Dutoit, ils vont foutre sur toi.
00:18:21Alors, ils vont t'envayer le ballon.
00:18:22Toi, tu vas l'attraper bien dans les creux les bras.
00:18:24Comme ça, tu fais deux ou trois foulées et tu dégages en touche le plus loin possible.
00:18:28J'ai compris ?
00:18:30C'est Dutoit, ton nom, hein.
00:18:31Oui, oui.
00:18:31Très bien.
00:18:33C'est un petit.
00:18:39Voilà.
00:18:42En touche tout de suite.
00:18:44C'est pas mal.
00:18:47C'est un droit comme un singe.
00:19:11Bon, bon, bon, bon, bon, ça ira pour une première fois.
00:19:18Dis-moi, Dutoit, j'ai une petite idée à ton sujet.
00:19:22Voilà, alors, tous les jours, tu iras sur le terrain, tu toucheras le ballon, tu t'apprends
00:19:26de touche, tu feras des petites passes à peine.
00:19:27Tu t'amuseras avec, quoi.
00:19:29Puis, jeudi prochain, on verra les choses d'un peu plus près.
00:19:32D'accord ?
00:19:34Ah, hop, Dutoit, essaye de ne pas attraper mal, hein.
00:19:36Essuie-toi bien avec une serviette.
00:19:38Ben, ça va.
00:19:42Dis-donc, à ton avis, qu'est-ce que c'est la petite idée de l'abbé ?
00:19:44Oh, il va sûrement te faire jouer arrière.
00:19:46T'as un meilleur coup de pied que n'importe lequel d'entre nous.
00:19:48Reste à savoir si tu seras plaqué.
00:19:50Plaqué ?
00:19:51Ouais, mais c'est pas grave, de toute façon, on t'apprendra.
00:19:53On te donnera d'abord des petits, des légers, des gentils.
00:19:56Mais après, faudra te payer sur biais.
00:19:57Pas vrai, les chiens ?
00:19:59Ouais, mais en attendant, faut que je me tire.
00:20:00J'ai un bouquin génial à terminer.
00:20:02Anna Karenin.
00:20:05Vous vous êtes fait coincé.
00:20:07Je vous l'avais prédit, vous font jouer au rugby, maintenant.
00:20:09C'est pas vous ?
00:20:10Très peu pour moi, moi, je connais.
00:20:12Non, je préfère être spectateur.
00:20:14C'est drôle, moi, je trouve ça passionnant.
00:20:17Vas-y.
00:20:18Voilà.
00:20:21C'est pas mal, Duto, c'est pas mal.
00:20:23Ça, c'est danser le poids, Manner.
00:20:25Non, mais, oh !
00:20:26Dis-donc, je suis plus interne pour longtemps.
00:20:33Qu'est-ce qu'on peut faire en ville, en train d'être externe ?
00:20:34Oh, l'amour !
00:20:36L'amour ? Ouais, enfin, je me comprends.
00:20:38On fait du plat aux filles, on essaye.
00:20:43Voilà, très bien, ça va être malin.
00:20:45Tout pour la poulée, Manner.
00:20:47Oui, Duto, voilà.
00:20:52D'humain.
00:20:54Dis-donc.
00:20:55Il y a les filles, il y a les bonnes.
00:20:58Les petites du lycée uniquement.
00:20:59On en rencontre parfois d'autres.
00:21:01Des cramières rondes comme des cailles
00:21:02ou des dactylos aux seins pointus.
00:21:03Mais, elle fait qu'on essaie d'apprendre le latin
00:21:05et elles refusent de sortir avec nous.
00:21:07C'est dingue.
00:21:08C'est rageant, tu veux dire.
00:21:09Tandis que Léon, tu sais,
00:21:11le pompier du garage qui a nassé.
00:21:12C'est t'appu.
00:21:13Ah oui, non ?
00:21:14Dis-donc, où l'avoir ?
00:21:15Allez, met ce bas, c'est mon rayon.
00:21:16Allez, prends dans votre place.
00:21:17On y va.
00:21:21Souple, vous êtes souple.
00:21:23Très bien.
00:21:24On y va.
00:21:26Deux, trois, quatre, sept, sept, sept.
00:21:33Et avec les filles du lycée, il y a moyen ?
00:21:36Faux.
00:21:36T'es fou ?
00:21:37C'est impossible.
00:21:38Leurs mères leur disent que ce sont des choses
00:21:40qu'on ne fait pas quand on est demoiselle
00:21:41et elles font semblant d'être bien élevées.
00:21:44On peut quand même leur parler, non ?
00:21:45Ah oui, le dimanche, à la sortie de la messe.
00:21:48Elle t'accorde cinq minutes et elle reste à trois mètres de toi
00:21:50parce qu'il faut savoir garder ses distances.
00:21:53Comment tu danses, hein ?
00:21:54Ben, je m'en sors pas.
00:21:56Mais je peux pas te mentir.
00:21:57En ce moment, je suis sur une piste.
00:21:59Je peux pas t'en garder plus.
00:22:01Et sur biais ?
00:22:02Oh, lui, il joue à l'homme secret.
00:22:04Il fait un en savoir davantage, mais il est puceau comme nous.
00:22:06Pas moi ?
00:22:07Pas toi ?
00:22:08Non, pas moi.
00:22:09Oh, tu te fous de moi ?
00:22:10Pas du tout.
00:22:11T'as déjà couché avec une femme ?
00:22:13Ouais.
00:22:14Petite amie ?
00:22:15Non, non, une femme mariée au Sénégal.
00:22:19Elle avait envie.
00:22:20T'en as une veille.
00:22:22Oui, mais je l'ai fait qu'une fois, ça compte pas.
00:22:24Ça va pas.
00:22:26On voudrait tous être comme toi, mon vieux.
00:22:30Jérôme.
00:22:31Ouais ?
00:22:32Tu as dit que ta femme mariée avait eu envie.
00:22:34Elles en ont donc envie ?
00:22:36Toutes celles que je connais ont horreur qu'on les embrasse.
00:22:38Oui, mais c'est pas des femmes.
00:22:41Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze et quinze.
00:22:50C'est, c'est, c'est, respirez.
00:22:53Dis donc, pour toi, j'ai longuement réfléchi.
00:22:55Il y a une fille à Libonde que toute la ville regarde.
00:22:58Elle est quatorze fois plus jolie que les autres et cent fois plus inabordable.
00:23:01Mais il est impossible qu'elle pense pas à l'amour.
00:23:03Toi, t'as déjà de l'expérience.
00:23:04Faut que t'essayes.
00:23:06J'ai une copine qui la connaît bien.
00:23:08Je te la présenterai.
00:23:08Les autres aussi, là-bas, allons.
00:23:12Pressons, tout le monde.
00:23:13Allons.
00:23:15Les autres, allez, pressons, plus vite.
00:23:18Écoutez-moi, les petits.
00:23:21Alors maintenant, les choses sont claires.
00:23:23Nous aurons pouvoir former l'équipe définitive.
00:23:25Vous savez qu'il manquait deux postes.
00:23:27Un de trois quarts ailes et un arrière.
00:23:31Alors à l'aile, dosac.
00:23:35Et à l'arrière, du toit.
00:23:38Bon, alors les avants, vous allez partir ici,
00:23:40commencez à faire des mêlées, je vous rejoins tout de suite.
00:23:42Les trois quarts, le demi-mêlée, demi-ouverture, du toit et clé.
00:23:45Avec moi.
00:23:46Et du l'air, les avants, en pari, si je reviens.
00:23:47Je ne savais pas ça.
00:23:54Toujours les cent pi ternelles, mêmes erreurs.
00:23:57Il faut tout reprendre la base.
00:24:01Comment s'exprime en fonction de r, petit a et petit b,
00:24:04les surfaces à churer ?
00:24:06Au moins laquelle est la plus grande ?
00:24:12N'oubliez pas qu'en mathématiques,
00:24:14une couronne n'est que la projection d'une calotte trouée.
00:24:16Par suite, une couronne à une surface moindre
00:24:19que la calotte qui la détermine.
00:24:22C'est d'une facilité déconcertante.
00:24:24Asseyez-vous.
00:24:30Et maintenant, il ne sera pas mauvais que, dans le silence,
00:24:37vous révisiez le programme de la semaine.
00:24:43Dans le silence !
00:24:46Merci.
00:24:47Merci.
00:24:48Merci.
00:24:49Merci.
00:24:50Merci.
00:24:51Merci.
00:24:52Merci.
00:24:53Merci.
00:24:54Merci.
00:24:55Merci.
00:24:56Merci.
00:24:57Merci.
00:24:58Merci.
00:24:59Merci.
00:25:00Merci.
00:25:01Merci.
00:25:02Merci.
00:25:03Merci.
00:25:04Merci.
00:25:05Merci.
00:25:06Merci.
00:25:07Merci.
00:25:08Merci.
00:25:09Merci.
00:25:10Merci.
00:25:11Merci.
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00:25:15Merci.
00:25:16Merci.
00:25:17Merci.
00:25:18Merci.
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00:25:20Merci.
00:25:21Merci.
00:25:22Merci.
00:25:23Merci.
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00:25:25Merci.
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00:25:37Merci.
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00:26:00Merci.
00:26:01Merci.
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00:26:08Merci.
00:26:09Merci.
00:26:10Merci.
00:26:11Merci.
00:26:12Merci.
00:26:13Un tas de choses. Mais moi je trouve qu'il n'a qu'un seul gros défaut pour un prof de maths, c'est qu'il ne comprend rien aux mathématiques.
00:26:18Ah oui, mais il comprend bien le rugby.
00:26:20Oui, allez, viens, j'ai du nouveau.
00:26:23J'ai parlé à ma copine Solange, Solange Nérac.
00:26:26J'ai travaillé pour vous, monsieur. Je l'ai questionné sur son ami. C'est la fille du notaire.
00:26:33Et comment s'appelle-t-elle ?
00:26:34Adélaïde. Adélaïde Païs.
00:26:38Adélaïde ?
00:26:43C'est ravissant.
00:26:45Elle est beaucoup plus ravissante que son nom.
00:26:48Et quand puis-je la voir ?
00:26:49Oh, mais pas si vite. Solange ne m'a pas caché qu'il serait très difficile de l'aborder.
00:26:54Elle se complète dans une solitude hôtel.
00:26:57Ça ne va pas être du beurre.
00:26:58Non, mais on va quand même bien s'amuser. Allez, moi, il faut que je filme.
00:27:06Adélaïde.
00:27:07Adélaïde.
00:27:18Alors, monsieur Dutoit, dans la lune, vous attendez qu'il vous pousse des branches ?
00:27:23En étude, vite.
00:27:27Bon, l'histoire, l'histoire est qu'un grand tâche.
00:27:31Les faits, les événements, les dynasties, que sais-je encore.
00:27:36Vous trouverez tout ça dans vos livres, dans vos manuels, avec beaucoup de détails.
00:27:43Vrais ou fous, car soit dit en confidence, comment peut-on être sûr d'événements vieux de plusieurs siècles
00:27:48quand on a déjà oublié le goût de la soupe qu'on a avalé la veille ?
00:27:51Non, ce que je veux vous inculquer, vous faire saisir, c'est la philosophie de l'histoire.
00:28:03La compréhension des choses et des hommes, disons-là, apparaîtraient à vos regards juvéniles
00:28:09comme un abominable des sanglants magma d'absurdité et d'incohérence.
00:28:13Que pourriez-vous comprendre, par exemple, dans ces suites de princes et de présidents
00:28:21qui ont gouverné la France à travers les malversations, la luxure, le stupre et le sang ?
00:28:27Il faut que vous puissiez juger chacun à sa juste poids, à son juste poids.
00:28:37Même sur les plus célèbres, on vous égare à malessir.
00:28:41Puis, au Daparte, par exemple, il a eu l'insolence lors du sacre
00:28:50d'arracher la couronne des mains de sa sainteté.
00:28:56Comme on n'arrache pas un chapeau des mains de la dame du vestiaire
00:28:59pour couronner lui-même, lui et sa femme.
00:29:02Oh, la colère de notre seigneur ne s'est pas fait attendre.
00:29:06Et les deux batailles les plus célèbres de son règne sont Trafalgar et Waterloo,
00:29:10c'est-à-dire aussi bien sur terre que sur mer, les deux plus grands désastres de l'histoire.
00:29:14Le 18 juin, mes enfants, le 18 juin 1815,
00:29:27n'oubliez jamais cette date
00:29:29qui résonne comme le glas de notre honneur.
00:29:34Napoléon, c'est la déroute, c'est l'esclavage, c'est la ruine.
00:29:41Ah, mes pauvres petits, c'est Waterloo.
00:29:46C'est que Napoléon a commis le péché suprême.
00:29:53Il ne voulait pas, comme ces chiens enragés de la terreur, détruire l'idée de Dieu,
00:30:00mais convaincre les Français qu'il était Dieu lui-même.
00:30:06Non, l'absurde petit officier d'artillerie qui se proclamait Dieu lui-même n'était qu'un fou.
00:30:18Vous avez là l'exemple classique du fou,
00:30:22que l'on étudie aujourd'hui dans toutes les écoles de médecine psychiatrique.
00:30:27Aujourd'hui, un règne comme celui de l'Empereur ne serait plus possible.
00:30:30Le fou, au lieu de briser les peuples et les royaumes,
00:30:33se casserait la tête contre les murs d'un cabanon.
00:30:42Voilà quand même les mérites de la science, brave petit.
00:30:48Et c'est pour en être nourri que vous êtes à Saint-Médard.
00:30:54Vous, des maîtres éminents, vous dispense la lumière et le savoir.
00:30:58Aussi, aussi pour reconnaître nos efforts, pour nous payer de nos peines,
00:31:05il vous faut ouvrir à Saint-Médard les chemins de la gloire.
00:31:17Dans peu de temps, aura lieu le match annuel contre le collège.
00:31:24À ceux de cette classe qui ont l'honneur d'avoir été choisis pour jouer dans notre équipe,
00:31:36à du doigt, madame, à surbier,
00:31:41je demande de nous épargner l'incroyable mortification qui nous a été faite.
00:31:48Nous avons perdu l'an dernier.
00:31:52C'était l'offense au Saint-Esprit,
00:31:55l'insulte au Sacré-Cœur,
00:31:57une nouvelle défaite.
00:31:59Verrez la fin de Saint-Médard,
00:32:00elle est inconcevable.
00:32:02Enfin, ce n'est pas toi, surbier,
00:32:04toi qui es un enfant dantesque,
00:32:05qui va te mettre à recul en mêlée.
00:32:06Et vous,
00:32:13du toit et manin,
00:32:17si le premier manque une seule balle,
00:32:23si le second laisse une seule fois le demi d'ouverture passer de son côté,
00:32:28vous êtes escaminier.
00:32:29Vous m'entendez ?
00:32:33Excaminier !
00:32:35Enfin,
00:32:36vous n'allez pas laisser votre supérieur
00:32:37s'aginouiller devant le principal du collège
00:32:40qui se vante d'être voltairien.
00:32:45Vous n'allez pas m'obliger à réciter l'acte d'humiliation
00:32:50devant ce disciple de Belzébuth.
00:32:54Il faut faire manger de la soupe aux fèvres aux collégiens
00:32:58dès la première mêlée.
00:33:01Il faut leur enlever une fois pour toutes l'idée même de rejouer au rugby.
00:33:03Allez, la leçon d'histoire est terminée.
00:33:05Faisons une courte prière.
00:33:06Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
00:33:08notre Père qui est de ceux-ciux,
00:33:09que votre nom soit sanctifié,
00:33:10que votre règne arrive,
00:33:11que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
00:33:13Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien,
00:33:15donnez-nous nos offenses,
00:33:15comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
00:33:17Ne laissez pas se prouver la tentation,
00:33:18délivrez-nous du mal, ainsi soit-il.
00:33:20Je vous salue, Marie-Père de Brasse,
00:33:21Sainte-Signor, est avec vous.
00:33:22Vous êtes béni entre les familles et le fruit de vos entrailles
00:33:24et béni Sainte-Marie.
00:33:26Mère de Dieu, priez pour nous, pour vos pécheurs.
00:33:28Maintenant et à l'heure de notre mort, ainsi soit-il.
00:33:30Allez-y, les petits, allez-y.
00:33:33Attends, c'est pas mal, ça.
00:33:34C'est pas mal, la position.
00:33:36C'est pas mal du tout.
00:33:37Allez, relevez-vous.
00:33:38Allez, reposez-vous un peu.
00:33:42Bon, alors écoutez-moi bien.
00:33:44On va se remettre en mêlée,
00:33:45c'est pas la peine de défoncer le bélier.
00:33:46D'abord, il coûte cher, et ensuite, vous allez vous faire mal.
00:33:48Bon, alors je vais faire rentrer le ballon en mêlée.
00:33:51Vous allez essayer de le faire sortir le plus vite possible.
00:33:53Alors, c'est-à-dire de bien marquer le couloir.
00:33:55Une fois qu'il sera sorti le demi-mêlée,
00:33:56tu fais partie sur les trois quarts.
00:33:58Tu redoubles avec le tout troisième liniel.
00:34:00J'ai compris ?
00:34:00Vous savez, les affiches jaunes, les affiches du match,
00:34:04ont fait leur apparition en ville.
00:34:06Ah ben, naturellement, elles étaient mal passées.
00:34:08J'ai été obligé d'aller en accrocher moi-même
00:34:09dans tous les bistrots que je connais.
00:34:11Déni de sportifs et de supporters.
00:34:16Il reste bien peu de temps et rien n'est au point.
00:34:18Guitaire n'est pas l'homme d'une situation si dangereuse.
00:34:22Il vous entraîne par petits groupes séparés
00:34:24comme s'il n'y avait aucun rapport
00:34:25entre un trois-quarelle et un talonneur, le malheureux.
00:34:28Une équipe en action doit vibrer du pilier à l'arrière.
00:34:31Je veux voir les mêmes lignes de force vous rallier
00:34:33comme on voit dans ma main la ligne de vie et la ligne de cœur.
00:34:35Pendant le match, je serai sur le bord de la touche
00:34:43du côté de la tribune officielle.
00:34:45Rempris ?
00:34:48Jérôme ! Jérôme !
00:34:50On parle de nous dans le sprinter, regarde !
00:34:52Je vais voir.
00:34:55Je vais voir.
00:34:56Doucement, doucement.
00:34:57Je ne sais pas ce que c'est.
00:34:58Je ne sais pas.
00:34:59Oh !
00:35:00Voilà pourquoi les enfants, le vulgaire,
00:35:16les femmes et les malades
00:35:17sont plus sujets à être menés par les oreilles.
00:35:23Nous nous en tiendrons là pour eux.
00:35:30Du toit.
00:35:34Je suis content de vous.
00:35:35Vous avez analysé avec beaucoup d'intelligence
00:35:37la pensée de Montaigne.
00:35:39Vous écrivez des choses sensées avec élégance
00:35:41mais avec des fautes de français.
00:35:43Ce qui vous manque, c'est la lecture.
00:35:46Il faut lire.
00:35:47Lire.
00:35:48Lire.
00:35:49Où t'as mis ton maillot ?
00:35:50Et la tête où tu l'as mis, la tête ?
00:35:51Non.
00:35:52Alors, si je ne trouvais pas tout,
00:35:53bon, il y aurait rien, alors.
00:35:54Je suis un nourrice ici, moi.
00:35:55T'as un flottant ?
00:35:56Non.
00:35:57T'as pas le flottant ?
00:35:57Mais comment tu joues-tu, toi, alors ?
00:35:59Mais mon flottant est trop petit, comme on l'a dit.
00:36:01Mange un peu moins, il tira mieux.
00:36:02Qui n'a pas le flottant ?
00:36:03Trop petit.
00:36:04J'entrais le déchèvre, moi.
00:36:05Les 15 chèvres de la Liguitère,
00:36:07vous avez entendu parler ?
00:36:08C'est pas connu, ça.
00:36:09Ouais.
00:36:09C'est.
00:36:10Qui n'a pas le flottant, là ?
00:36:11Trop petit.
00:36:12Hé !
00:36:13Seulement, j'ai la délai, ils viendront au match.
00:36:15Pas vrai.
00:36:16Si.
00:36:16Et cette fois, mon vieux Jérôme,
00:36:17avec ou sans excommunication,
00:36:18il faut gagner.
00:36:20J'ai été voir au moins l'entraînement
00:36:22de vos interfères.
00:36:23Ils n'ont qu'un homme vraiment d'enjeu.
00:36:25Le 14, à Georges.
00:36:27Mais, comme dit Erringer,
00:36:29jusqu'à l'existence de Georges,
00:36:30vous vous débrouillerez comme vous pourrez.
00:36:31C'est pas la file.
00:36:35C'est pas la file.
00:36:36Applaudissements
00:37:06Deux capitaines
00:37:12Alors attention, pas de brutalité
00:37:19Pile ou face ?
00:37:21Face
00:37:22Pile
00:37:36Mais qu'est-ce qu'il peut faire d'arbitre ?
00:37:51Y'a un avant, monsieur
00:37:52Lequel est Jérôme ?
00:38:02Le 15, c'est lui qui est près de Manin
00:38:04Il est pas mal
00:38:06Jusqu'un gosse
00:38:08Regroupé !
00:38:26Mais d'où il sort cet arbitre y a là-bas, là ?
00:38:30Il ne faut pas me donner qu'à moi, nous gagnerions
00:38:32Le 15, c'est l'on
00:38:43C'est l'autre
00:38:44C'est l'autre
00:38:47C'est parti !
00:39:17C'est parti !
00:39:47C'est parti !
00:40:17C'est parti !
00:40:47Mais c'est pas bon ça !
00:41:03Jérôme, montez le côté fermé !
00:41:15C'est parti !
00:41:27C'est parti !
00:41:33C'est parti !
00:42:03C'est parti !
00:42:33C'est parti !
00:43:03C'est parti !
00:43:33C'est parti !
00:44:03C'est parti !
00:44:33En retard où ?
00:44:34En retard à quoi ?
00:44:35On vient sûrement les chercher en auto.
00:44:38Tu penses bien ?
00:44:39Des filles pareilles ne rentrent pas à pied.
00:44:42Qu'est-ce que vous faites là, vous qui ne touchez pas un ballon ?
00:44:44Je touche la presse ?
00:44:45Je touche la presse.
00:44:45Je touche la presse.
00:44:45Je touche la presse.
00:44:45Je touche la presse.
00:44:46Oubliez pas que mon père est dans du sprinter.
00:44:47Je touche la presse.
00:44:48Je touche la presse.
00:44:48Je touche la presse.
00:44:50Je touche la presse.
00:44:51Mes chers enfants.
00:44:52Je dois vous remercie la presse.
00:44:53Je dois remercie la presse.
00:44:55Je dois remercie l'association sportive de Saint-Médard.
00:45:02Elle a contraint le vieux délégué de Belzébuth à mettre un genou en terre.
00:45:10Le principal du collège a publiquement reconnu que nous étions les plus forts.
00:45:18Mais il a cru spirituel d'ajouter, tout au moins dans le domaine de la boue, du ballon
00:45:23et des gifs.
00:45:23Il a prétendu, ce vieux suppôt d'Astaroth, me faire remarquer que le collège avait gagné
00:45:30l'an dernier.
00:45:32Je lui ai rétorqué que s'il voulait remonter au Moyen-Âge, j'étais prêt à le suivre
00:45:37car je suis professeur d'histoire.
00:45:44Élève de Saint-Médard, vous avez joué comme une équipe inspirée par la foi.
00:45:50Alors que les collégiens ont joué comme des animaux.
00:45:55En particulier, Dutoit a joué tout le match sous la protection de Saint-Jérôme, que j'associe
00:46:01aujourd'hui à Saint-Médard, dans la gloire de notre institution.
00:46:05Jérôme était un des quatre grands docteurs de l'église latine.
00:46:10Il était noble, il était riche, il était beau.
00:46:13C'est un saint yougoslave, un saint de Dalmatie.
00:46:17Bien que les Croates n'aient pas encore marqué le rugby d'une empreinte intransigeante,
00:46:22il n'est pas nécessaire de chercher bien loin d'où est venu le très génial
00:46:27qui a porté du toit entre les poteaux.
00:46:31Gloire à Saint-Jérôme, gloire aux Saint-Croates !
00:46:35Et maintenant, buvons pour ce que boire est le propre de l'homme,
00:46:40comme a dit notre grand Rabelais, qui était curé de Meudon.
00:46:44Gloire aux vainqueurs !
00:46:48Et gloire et santé à leur éminent entraîneur !
00:46:51Je vous remercie.
00:46:54Anne-Elaïde a été formidable.
00:46:56Formidable ? Elle n'a pas préféré un seul mot.
00:46:58Mais écoute, le seul fait qu'elle ait consenti à faire le pied de grue avec Solange
00:47:01à notre sortie des vestiaires est un événement aussi grave
00:47:03que l'enlèvement de Hélène par Paris.
00:47:05Comment ? Solange nous a dit que nous ne nous reverrions jamais ?
00:47:08Oui, bon, encore un doigt de vin, mais il vous faudra retourner à vos études.
00:47:13Les fastes de la victoire ne doivent pas trouver la marche hiératique de notre institution.
00:47:18À votre santé, à la santé de Saint-Médard !
00:47:23Monsieur Démétrios ! Monsieur Démétrios !
00:47:47Je suis content de vous rencontrer, je vous ai cherché partout à Saint-Médard.
00:47:50Oui, oui, c'est qu'en ce moment, je suis très pris.
00:47:53Je travaille, je travaille à ma thèse, et une thèse, ce n'est pas simple, je vous prie de le croire.
00:47:59Je voulais vous remercier. Au fond, c'est vous qui avez gagné le match.
00:48:02Alors, non, n'exagérons pas.
00:48:04Oui, c'est ma part, c'est vrai, mais personne ne gagne tout seul un match de rugby.
00:48:08C'est l'équipe entière qui a gagné.
00:48:12On m'a rapporté que le supérieur vous avait mis en vedette.
00:48:16À sa place, je ne vous aurais même pas cité.
00:48:17Oh, le supérieur croit que notre essai a été marqué par Saint-Jérôme.
00:48:21Après, nous aurions pu aller prendre un veille et trinquer à votre exploit.
00:48:26Mais pas devant les autres, pas devant l'équipe.
00:48:29C'est l'équipe qui a gagné.
00:48:32Maintenant que tu es externe, tu dois être content de retrouver la maison.
00:48:36Je préférais le Sénégal.
00:48:38Tu grandis, mais tu dis toujours des bêtises.
00:48:41On voit bien que tu es encore un enfant.
00:48:43Je ne vois pas ce qu'il y a d'enfantin à préférer le soleil sur une mer chaude au pavé d'une sous-préfecture.
00:48:49Tu vois comme tu es, il faut toujours que tu répondes.
00:48:53On ne préfère pas la mer au pavé.
00:48:55On habite à un endroit.
00:48:59Et puis après, on habite à un autre endroit, un poissetout.
00:49:02Bon.
00:49:09Alors, tu n'es pas remis en français ?
00:49:10Ah.
00:49:11C'est bien.
00:49:12C'est très bien.
00:49:14Si je n'avais pas été bon en français, j'aurais pu être administrateur.
00:49:17En mathématiques, là, tu es déplorable, hein ?
00:49:21Déplorable.
00:49:24Non, il va falloir que tu donnes un sérieux coup de collier, hein ?
00:49:28Jeudi, dimanche, vacances.
00:49:33Hein ?
00:49:34Indispensable que tu rattrapes le temps perdu.
00:49:36Mais papa, le dimanche, il y a le rugby.
00:49:39Quoi ? Le rugby ?
00:49:40C'est un jeu.
00:49:42Le travail avant tout.
00:49:45Rugby.
00:49:46Quoi ça sert, le rugby ?
00:49:47Les clés mathématiques, c'est la clé des sciences.
00:49:50Et les sciences, c'est la clé de tout.
00:49:53À table !
00:49:54Oh, vous discutez toujours au moment de passer à table.
00:49:59Ah.
00:50:02Les gens sont fous.
00:50:04Le moindre événement leur est prétexte pour faire bonbance.
00:50:08Si vous aviez vu tout ce monde dans les boucheries, charcuteries et pâtisseries...
00:50:15Ah, à s'en rendre malade.
00:50:17Et tous ces hommes dans les cafés, ils étaient tellement bondés qu'ils débordaient sur les trottoirs.
00:50:25Au milieu de ces grands chiens prétentieux, là.
00:50:27En fait, on ne sait pas comment on les appelle.
00:50:30Berzou, bazou, bisou, je ne sais pas.
00:50:31Écoute, hein...
00:50:32C'est pas grave de prendre un peu de détente, parfois.
00:50:37Hum...
00:50:37C'est toujours comme ça.
00:50:40On commence par le faire une fois.
00:50:42Puis la semaine suivante, on le fait tous les jours.
00:50:43Maman, j'aimerais bien voir un chien.
00:50:49Et puis quoi encore ?
00:50:50Une girafe aussi.
00:50:51Madame, justement, je te cherchais.
00:51:03Grande nouvelle.
00:51:04Solange m'a permis de venir lui rendre visite chez ses parents demain à 4h.
00:51:08Et tu ne sais pas le plus beau.
00:51:10Elle a dit que ça serait très bien si tu pouvais venir aussi.
00:51:13Adélaïde sera de la partie.
00:51:14Monsieur n'est pas mécontent, je pense.
00:51:16T'es sûr d'avoir bien entendu ?
00:51:17Ah, ça, c'est certain, mon vieux, je t'assure.
00:51:20Mes parents sont en visite,
00:51:21mais ils espèrent que vous serez encore là quand ils reviendront.
00:51:24Mon père voulait vous voir.
00:51:25Il voulait vous parler de rugby, je pense.
00:51:28Il est vice-président de l'UAL.
00:51:30Votre exploit a fait beaucoup de bruit.
00:51:32Pas tant que ça.
00:51:33Mais asseyez-vous.
00:51:36Mais à quoi je pense, vous prendrez bien une tasse de thé ?
00:51:39Ben, oui, volontiers.
00:51:41Ne bouge pas, je vais le faire moi-même.
00:51:43Le dimanche, nous n'avons personne à la maison.
00:51:44Et c'est mieux assis là-bas, ne le prépare si mal.
00:51:50Puis-je me permettre de vous demander si vous jouez au tennis ?
00:51:54Non, je ne joue pas au tennis.
00:51:58Je ne pratique aucun sport, d'ailleurs.
00:52:01Mais vous ne vous ennuyez pas ?
00:52:02Non, jamais.
00:52:04J'élève des fleurs sur leur bord de ma fenêtre.
00:52:07Vous aimez la nature ?
00:52:09Vous êtes une romantique ?
00:52:11Oui, peut-être.
00:52:12J'aimerais vivre à la campagne,
00:52:16dans un domaine inaccessible, entouré de forêts.
00:52:21Je ne suis pas faite pour le monde.
00:52:23Même entourée de la foule, je reste solitaire.
00:52:27Personne ne peut me comprendre.
00:52:29Mais vous n'avez jamais rencontré quelqu'un
00:52:32qui soit en parfait accord avec vous ?
00:52:35Si, une fois.
00:52:37Un garçon qui m'aimait et qui était poète.
00:52:40J'ai cru que je pouvais l'aimer à mon tour,
00:52:42mais il est parti rejoindre le Maharaja de Mizar.
00:52:46Je suis seule à nouveau.
00:52:47Voilà.
00:52:55Sucre, lait, citron ?
00:52:58De quoi est-il-vous en train de parler, tous les trois ?
00:53:01Il me semble qu'Adélaïde racontait de bien belles histoires.
00:53:03Je parlais simplement du petit poète
00:53:05parti pour le palais de Mizar.
00:53:07Je ne vois pas qui tu veux dire.
00:53:09Mais si, tu sais bien l'ami de Robert.
00:53:11Robert ?
00:53:13Solange ne fait pas l'imbécile.
00:53:14Tu étais folle de l'huile l'été dernier.
00:53:18Ah, le garçon droitien !
00:53:20Mon Dieu, je l'avais bien oublié, celui-là.
00:53:22C'était un simple danseur de vacances.
00:53:24Tu parles.
00:53:26Il vaut mieux entendre ça qu'être sourd.
00:53:28Je ne sais pas si vous êtes comme moi,
00:53:29mais le thème évoque toujours la magie mystérieuse de Lorient.
00:53:34Avec ou sans citron ?
00:53:39Tu ne trouves pas que nos filles nous prennent pour des imbéciles ?
00:53:44Les filles cinglées, sont des filles extraordinaires.
00:53:47Solange avec ton franc-parler,
00:53:49Adélaïde avec sa passion pour la solitude,
00:53:51l'Inde, les nids d'aigles,
00:53:52en même temps, ce corps de circassienne.
00:53:54Qu'est-ce que tu appelles circassienne ?
00:53:55Oh, tu nous ennuis, je n'en sais rien,
00:53:57mais tu as bien vu la passion dont elles s'y sont prises
00:53:58pour leur montrer qu'elles avaient du cœur
00:54:00et qu'on pouvait les aimer.
00:54:03Ah, parce que tu as compris ça, toi ?
00:54:05Alors, messieurs,
00:54:09on est devenus les chevaliers savantes et demoiselles ?
00:54:12On s'attache à leurs pas ?
00:54:14On ramasse leurs gants ?
00:54:15On lance des œillets d'assassine ?
00:54:17On bave comme des caniches à leur approche ?
00:54:21La jalousie est un très minin défaut.
00:54:24Sans aucun doute, mais ce n'est pas de la jalousie.
00:54:26Ce serait plutôt de la compassion.
00:54:28Quand fais-tu ta déclaration ?
00:54:29Et toi ?
00:54:29Oh, moi, c'est dans la poche.
00:54:31Mais si tu ne te déclare pas tout de suite,
00:54:33eh bien, elle va finir par se lasser.
00:54:35Tiens, voilà, Solange.
00:54:38J'avais peur que vous soyez sortis par la petite porte.
00:54:40Ça vous aurait peiné de ne pas me voir ?
00:54:42Énormément.
00:54:43Je dois dire que je tiens beaucoup à vous.
00:54:45Chut !
00:54:46Fais un mot de plus.
00:54:47Je ne veux rien savoir.
00:54:56Ah, vous voilà !
00:54:57Je croyais que vous ne viendriez plus.
00:54:59J'aime bien rester seule dans l'église après la messe,
00:55:01dans l'odeur de bougies et d'encens.
00:55:04Vous venez faire un tour ?
00:55:05Non, ce n'est pas possible.
00:55:06Pas aujourd'hui, j'ai ma famille.
00:55:08Mais vous m'aviez promis...
00:55:09Non, je ne peux pas.
00:55:10Mes parents m'attendent à la pâtisserie.
00:55:12Alors quand ?
00:55:13Eh bien, demain, dans le parc,
00:55:16après la sortie de mon cours.
00:55:17Sûr ?
00:55:18Promis.
00:55:29C'est très gentil à vous de me tenir compagnie.
00:55:32Car je me sens si à part, si séparée,
00:55:36que j'ai peur de vous paraître, comment dire,
00:55:38incompréhensible.
00:55:40Non.
00:55:40Non, absolument pas.
00:55:42Je crois au contraire que c'est peut-être ce qui m'attire.
00:55:45Tenez, quand je vois cette nature,
00:55:48et seulement cette simple branche,
00:55:50j'ai envie de tout quitter.
00:55:51de quitter ce monde vulgaire et grossier.
00:56:00Oh oui.
00:56:02Oui, je voudrais partir.
00:56:05Ça, je ne le supporterai pas.
00:56:08Qu'est-ce que vous ne supporteriez pas ?
00:56:10Votre absence.
00:56:12Ne plus vous voir, ne plus pouvoir vous voir.
00:56:15Rien que l'idée me fait mal.
00:56:18Mais qu'avez-vous ?
00:56:20Rien.
00:56:21Rien.
00:56:26Rien, mais...
00:56:28Je vous aime comme un fou.
00:56:33Pauvre Jérôme.
00:56:41Pauvre Jérôme.
00:56:43Je vais vous faire cruellement souffrir, mais il le faut.
00:56:47Depuis ma naissance, je suis vouée à Sainte-Catherine-de-Sienne.
00:56:50Comme elle, j'ai fait le vœu d'entrer dans le tiers-ordre de Saint-Dominique.
00:56:55Et comme elle, je porte au doigt l'anneau symbolique qui n'est visible que pour moi seule.
00:57:01Vous comprendrez, après ce que vous venez de me dire, que nous ne pouvons plus nous revoir.
00:57:04D'autant que je dois aller jusqu'au bout de ma confession.
00:57:11Moi aussi, je vous aime.
00:57:13Mais aveux comme le mien et de ceux qu'on ne peut pas reprendre.
00:57:16Adieu, mon amour.
00:57:20Nous ne devons plus nous rencontrer.
00:57:22Mais je...
00:57:22Non.
00:57:24Ne rendez pas notre séparation plus douloureuse, je vous en prie.
00:57:29Ne m'accompagnez pas.
00:57:31Adieu.
00:57:31Eh bien, t'es content, mon drôle.
00:57:46Tu l'as, ton aventure à la musée.
00:57:50Hum ?
00:57:51T'as gâté toute sa vie à celui-là.
00:57:54Tu me diras qu'il a écrit quelques vers, quelques pièces.
00:57:57Même des confessions.
00:57:58Mais son existence a été rongée à la base.
00:58:01Minée.
00:58:03Il est tombé dans les pires excès.
00:58:05Et il en est mort.
00:58:06Mais tout ça pour quoi ?
00:58:08Pour qui ?
00:58:09Pour des créatures qui ne valent pas qu'on s'arrache un poil de nos sourcils.
00:58:14D'ailleurs...
00:58:16Je la connais, ton Adélaïde Païs.
00:58:20Tu veux savoir ce que j'en fais ?
00:58:22Ecoute bien, mon drôle.
00:58:30J'ai un ami qui a vu une femme nue.
00:58:36Il m'a dit que c'est affreux.
00:58:42Remercie ton ange gardien qui t'a sauvé du supplice éternel.
00:58:45Tu étais déjà tombé dans les rêves avec ta demoiselle Païs.
00:58:48Tu allais tomber dans le sticks.
00:58:55Je te donne un bon conseil.
00:58:58Abandonne ta livrée d'amour retransi, enfile un maillot et va jouer au rugby.
00:59:01C'est plus sain.
00:59:03Et ça te réchauffera le cœur.
00:59:04Et tu es plus doué pour le rugby.
00:59:08C'est moi qui te le garantis.
00:59:09Allez, les gars !
00:59:23Validon, pour un bleu de Saint-Millard, tu te démerdes pas mal, hein ?
00:59:34T'as presque fendu la gueule de Lélié, t'as vu ?
00:59:36Je m'appelle Jérôme. Jérôme, dis-toi.
00:59:39Léandre, je suis le pompiste du garage Canasson.
00:59:41Ah, c'est vous le fameux Léandre ?
00:59:42Fameux.
00:59:43Oui, il y a Manin qui m'a parlé de vous.
00:59:46Parait que vous tombez toutes les filles.
00:59:47Toutes, faut pas charrier, je tombe celles qui veulent.
00:59:49Et elles veulent ?
00:59:49Oui, toutes.
00:59:51Faudrait que vous m'expliquiez comment vous faites.
00:59:53Bah, facile. Après la douche, on ira prendre un godet.
00:59:56Ok.
00:59:56Bah, c'est bien simple, je leur demande.
01:00:01Et elles acceptent ?
01:00:02Et tu relis ?
01:00:03Vous recevez jamais de gifles ?
01:00:06Des baffes parfois, mais je ne leur veux pas pour si peu.
01:00:09D'ailleurs, elles finissent toujours par dire oui.
01:00:12Vous avez de la chance.
01:00:13Je veux dire que c'est pas pareil avec les filles que je connais.
01:00:16Mais c'est parce que tu sais pas y faire.
01:00:18Il faut choisir le moment.
01:00:19Bien viser et se lancer franco.
01:00:21Toujours à discuter rugby.
01:00:24Je suis content de vous voir.
01:00:26Je voulais vous demander de venir dîner à la maison un soir.
01:00:30Ce n'est pas croyable.
01:00:33Qu'il ne me fera pas valer une chose pareille, ne raconte pas de sornettes.
01:00:36Mais maman, je t'assure...
01:00:37Il t'a invité à dîner ?
01:00:39C'est le monde renversé.
01:00:41Qu'est-ce qu'un élève a à faire chez son professeur ?
01:00:43Il faut que chacun reste à sa place.
01:00:47Le maître derrière sa chair, l'élève derrière son pupitre.
01:00:53On n'invite pas un enfant sans en référer à ses parents.
01:00:56Mais papa, je ne suis plus un enfant.
01:00:58Oh, c'est toi qui le dis.
01:01:00Tu te conduis comme un enfant.
01:01:03D'abord, c'est lui qui m'a demandé de vous demander.
01:01:05Oh, qu'est-ce que c'est que ce charabia ?
01:01:08J'irai le voir, moi.
01:01:09Ton professeur.
01:01:11Comment s'appelle-t-il déjà ?
01:01:13Demetrius.
01:01:14Il n'est pas français.
01:01:17Avec un nom pareil, je ne m'étonne plus de ses manières.
01:01:19Oui, votre mère est venue à Saint-Médard
01:01:21me demander si ce n'était pas une invention de votre part.
01:01:25Elle n'en croyait pas ses oreilles.
01:01:27Surtout quand je lui ai dit que ce qui nous rapprochait,
01:01:30c'était le rugby.
01:01:32Elle m'a rétorqué.
01:01:33Vous ne croyez pas que ce soit nuisible ?
01:01:36Le rugby.
01:01:37Laissez-moi rire.
01:01:38Vous savez, ma mère,
01:01:40sortie de son ménage...
01:01:41Vous n'êtes pas le seul, dans votre cas.
01:01:45Elles ne reconnaissent jamais leur fils.
01:01:50Je suis de peau.
01:01:53Ma mère
01:01:54voulait que je travaille chez un huissier.
01:01:58Je voulais être marin.
01:02:00Elle voulait que je fasse du piano.
01:02:03Je voulais faire du rugby.
01:02:04Elle n'a jamais compris, le rugby.
01:02:08Pas plus plavour.
01:02:10Mais pourtant, c'était ma photographie.
01:02:13Pour pouvoir faire du rugby,
01:02:15j'ai choisi le professeur.
01:02:18Je n'ai jamais été aussi heureux que sur un stade.
01:02:21À Pau, on était porté par le jeu et les supporters.
01:02:25En pouvant faire des conquêtes.
01:02:27Je jouais trois quarts et pas des plus mauvais.
01:02:29Il y a encore des jumeaux qui l'ont imprimé.
01:02:35On aurait pu arriver en finale du championnat de France.
01:02:39Je pense que Gouburu a raté sa pénalité à 15 mètres devant les poteaux.
01:02:43En ce jour-là, il n'avait rien dans la chaussette, le salaud.
01:02:46Et comment avez-vous débarqué ici ?
01:02:48Une fracture du bassin, un match contesté, la jalousie, l'intrigue.
01:02:55On m'a cherché une oise à cause de mes opinions.
01:02:57On m'a proposé une place à Saint-Médard.
01:03:00Les bournes, c'est toujours le pays du rugby.
01:03:03Vous devez avoir faim, messieurs.
01:03:05Voici Amélie Vandersuil, qui me fait le plaisir de vivre avec moi.
01:03:10Je vous prie de considérer Amélie comme ma femme.
01:03:13Elle le saura d'ailleurs, sitôt que j'en aurai fini avec ma thèse
01:03:16et que je pourrais gagner un peu plus d'argent.
01:03:19Tu aurais pu croire que Demetrio, c'était un tombeur ?
01:03:22Tu pousses un peu.
01:03:23D'ailleurs, il se débrouille mieux que moi avec les femmes.
01:03:26Comment ? Tu n'as personne ?
01:03:28Personne.
01:03:30Tu m'épattes.
01:03:31Pourtant, tu avais bien sauté une fille au Sénégal.
01:03:34Et ça ne te manque pas ?
01:03:36Ah, si.
01:03:38Écoute.
01:03:41Je parie que je te fais coucher avec une fille
01:03:42qui ne sait même pas que tu existes alors qu'il est.
01:03:46Je ne lui dirai même pas comment tu t'appelles.
01:03:48Tiens.
01:03:50Je lui dirai seulement, tu vas me faire plaisir
01:03:52d'être gentille avec mon camarade, c'est tout.
01:03:55Comment elle est, la fille ?
01:03:57Tu ne vas quand même pas avoir le culot de faire le difficile.
01:03:59Elle est formidable, elle savate.
01:04:01Je ne te dirai pas comment elle s'appelle,
01:04:03où elle travaille, etc.
01:04:04A compris ?
01:04:05Tiens.
01:04:06De toutes les filles d'Olibourne,
01:04:08c'est celle qui réussit le mieux
01:04:09le triple enfourchement à la sœur d'Anapal.
01:04:11Elle est là-haut.
01:04:29Patiente, je vais faire le lever de rideau.
01:04:33Patiente, en attendant, fais le guère.
01:04:34Après, ce sera ton tour.
01:04:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:05A toi, ne te presse pas, c'est moi qui ferai le guet.
01:05:13Suis le sentier, tu le trouveras là-haut dans la palombière.
01:05:15Allez.
01:05:15Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:25A toi, ne te presse pas.
01:05:55Jérôme.
01:05:59Jérôme.
01:06:06Jérôme.
01:06:07Déjà ?
01:06:27Excuse-moi, je rentre.
01:06:29Qu'est-ce qui te prend ? T'es siphonné ?
01:06:31On va voir Mademoiselle Adélaïde Païssel, elle t'expliquera.
01:06:40Madame, je te cherchais.
01:06:42Il y a du nouveau portoil pour moi.
01:06:43Attends, je suis en train de jouer.
01:06:43Non, tout de suite.
01:06:50Ouais, mais qu'est-ce qui t'arrive ?
01:06:52Je viens de voir Adélaïde toute nue dans un arbre.
01:06:54Pas au poste.
01:06:55Si, elle passait un drôle de moment avec le pompiste du garage canasson.
01:06:59Léandre, le roquin ?
01:07:00Oui.
01:07:00Je ne le crois pas.
01:07:01Je te le fuis.
01:07:02Si t'avais vu la tête d'Adélaïde quand elle a su que c'est moi qui devais succéder à Léandre,
01:07:05moi, son fiancé mystique, dont elle emportait secrètement l'image devant Dieu.
01:07:09Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes ?
01:07:11Explique-toi, tu deviens branque ?
01:07:12Je te dis que j'ai vu Adélaïde toute nue avec Léandre.
01:07:17Ça, non ?
01:07:17Ouais, quand je pense à tout son boniment.
01:07:22Saint-Dominique, l'anneau symbolique.
01:07:24La chastauté, les yeux baissés, comme Solange.
01:07:27Mais je suis cocu, mon vieux.
01:07:29Qu'est-ce qui te prend ?
01:07:31Toi aussi ?
01:07:31Mais je comprends tout maintenant, tout est clair.
01:07:33Tu connais Dezegre ?
01:07:34Non.
01:07:35Moi non plus, mais je le rencontre au billard.
01:07:36Et à tous les coups, il me demande des nouvelles de Solange avec un petit rire sardonique.
01:07:40Comment c'est-il que nous nous aimons ?
01:07:41Comment c'est-il que je connais Solange ?
01:07:43En donnant, je suis cocu, je te dis.
01:07:45Solange n'est peut-être pas comme Adélaïde.
01:07:46Qui se ressemble, ça semble.
01:07:48Solange est une pluie comme son ami.
01:07:49Et je veux le savoir, et je vais le savoir.
01:07:51Viens, j'aimerais le tourner.
01:07:53Qu'est-ce que ça sera ?
01:07:53On n'a pas le temps.
01:07:54Ah, des pingouins comme vous, il y en a vraiment assez.
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01:11:47Qu'est-ce que tu l'as fait, moi ?
01:12:03Vous allez continuer longtemps à faire l'imbécile ?
01:12:06Avec Léandre, ça ne compte pas. Vous savez bien que c'est vous que j'aime.
01:12:17Mon chéri, quel jeu absurde sommes-nous en train de jouer ?
01:12:41Pour vous prouver ma bonne foi, je ferai sans hésiter tout ce que vous exigerez de moi.
01:12:47Mon corps vous appartient. Je vous attendrai jeudi à 3h, Route des Chênes.
01:12:53Je serai tout à vous. Je vous aime, Adélaïde.
01:12:57P.S. Je n'entrerai pas au couvent.
01:13:05Je vous attendrai jeudi. Je ferai tout ce que vous exigerez.
01:13:17J'ai lu.
01:13:19Je serai tous ses dirigean.
01:13:20FMI.
01:13:21Inté
01:13:45C'est comme ça.
01:14:15C'est tout ce que vous avez à me dire.
01:14:33Non. Non, laissez-moi. Laissez-moi. Non !
01:14:45C'est bien vous qui avez écrit cette lettre. C'est bien moi.
01:14:53Vous disiez que votre corps... Je le disais, oui.
01:14:55Pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe ? C'est vous qui me demandez ça.
01:14:58C'est à moi que vous avez donné rendez-vous. C'est à moi que vous faites la tête.
01:15:02C'est moi que vous repoussez quand je veux vous embrasser. Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:15:06Vous m'avez obligé à vous suivre dans toutes les rues de la ville.
01:15:09Vous m'avez rendu ridicule dans tous les bournes. Et vous voudriez que je vous fasse fête ?
01:15:13Rendez-moi cette lettre. Je ne vous ai jamais obligé à me suivre.
01:15:15Vous m'avez suivi malgré moi. Vous vouliez me dire combien vous m'aimiez peut-être ?
01:15:19Vous avez oublié Léandre. Rendez-moi cette lettre.
01:15:22Parlez-moi de Léandre. Rendez-moi cette lettre.
01:15:24Pourquoi m'avez-vous fixé ce rendez-vous ? Pourquoi m'avez-vous fait tant de promesses ?
01:15:28Mais vous ne comprenez pas ? Non.
01:15:29Moi je me comprends. Est-ce que vous allez me rendre cette lettre à la fin ?
01:15:33Tenez, gardez-la. Elle pourra vous resservir.
01:15:35Adieu. Et ne me suivez pas.
01:15:37Messieurs, à vos amours.
01:15:43Au tout cas, avec Adelaide, c'est fini.
01:16:04C'est bien fini.
01:16:10Je me demande vraiment ce que vous avez pu y trouver, cette demoiselle.
01:16:14C'est vrai. Il n'y a que le tramway de Saint-André-de-Cubezac qui ne lui soit pas passé dessus.
01:16:19Et vous, vos amours ?
01:16:23Ah, mon cher, c'est... c'est le paradis, c'est...
01:16:28C'est une femme.
01:16:32Ah mais une vraie, pas une... pas une bêche.
01:16:38Elle a habité longtemps à Tahiti.
01:16:39Et... et belle.
01:17:44Alors mon drôle,
01:18:14on pratique le noctambulisme à l'arrêt type de la Bretonne ?
01:18:18Signe supérieur, je t'ai rentré à 10 heures.
01:18:20Le règlement de Saint-Médard précise que tout pensionnaire doit être rentré à 7 heures du soir.
01:18:247 heures.
01:18:27C'est un règlement implacable.
01:18:29Vous êtes un élève sans discipline.
01:18:33Et le dernier.
01:18:41En tout.
01:18:42Le meilleur collège du monde, qui n'est autre que Saint-Médard, ne peut rien pour les schnappants de nuit.
01:18:51Vous étiez pris de boisson, à ce qu'on m'a dit.
01:18:57Signe supérieur, je ne pourrais l'avouer qu'en confession.
01:18:59Mon fils, vous pouvez tout me dire.
01:19:12C'est...
01:19:16C'est une femme.
01:19:20Une femme.
01:19:21Vous voulez dire que vous étiez avec une femme hier soir ?
01:19:29Oui, c'est ça.
01:19:29Avez-vous des relations charnelles avec cette femme ?
01:19:39Oui, oui.
01:19:43Je vous écoute.
01:19:47Elle habite une petite maison de l'autre côté de la Dordogne.
01:19:52À l'intérieur, c'est un paradis tropical.
01:19:56C'est une serre.
01:19:57L'héritable serre.
01:19:58Il y a des cocotiers nains.
01:20:02Des fleurs de toutes les couleurs.
01:20:05Elle a vécu longtemps à Tahiti.
01:20:08Et alors ?
01:20:11Elle reçoit ses hôtes vêtues d'un pareo.
01:20:16Elle leur offre des colliers de fleurs.
01:20:20Son divan sans la vanille et le ponche.
01:20:24Et là, le corps ondulé des veillenés.
01:20:28Comment s'appelle-t-elle ?
01:20:29Comment s'appelle-t-elle ?
01:20:30Vous pourriez me dire son nom ?
01:20:37Madame Rabat.
01:20:40Je vais vous donner l'absolution.
01:20:46Conflicture, Nipotin, Tibet et Maïa, Saint-Pierre, Virginie, Beto-Miquet-Arcan, Jodo, Patouillonne et Baptiste et Santé-Saint-Saint-Saint-Saint-Saint.
01:20:543, 2, 0, 0.
01:20:58Ce Moskovski est un cancre.
01:21:00Saint-Médard ne peut pas conserver un élève aussi indigne de la réputation du collège.
01:21:05Mais enfin, monsieur le supérieur, James de Moskovski n'a jamais été un élève travailleur.
01:21:11Je ne vois pas pourquoi nous prendrions maintenant la décision de le renvoyer.
01:21:16Il le faut.
01:21:17Son exemple risque d'être perditieux.
01:21:22Je ne puis vous en dire davantage.
01:21:24Je suis confesseur, moi aussi.
01:21:27D'ailleurs, j'ai décidé d'éliminer tous les mauvais éléments.
01:21:29Tenez.
01:21:30Dutoit.
01:21:31Jérôme Dutoit.
01:21:33Ses notes ne sont pas fameuses non plus.
01:21:38Nous ne pouvons pas nous permettre de garder d'aussi mauvais élèves.
01:21:43Il y va de la réputation de Saint-Médard.
01:21:45J'ai du mal à admettre que vous envisagiez le renvoi du fils de monsieur de Moskovski,
01:21:54le directeur du Sprinter, mon meilleur ami,
01:21:57et celui de Jérôme Dutoit, mon meilleur élève.
01:22:00Je me sens personnellement blessé.
01:22:06Monsieur de Moskovski est une des personnes les plus en vue de Bordeaux.
01:22:09La dissertation de Jérôme Dutoit sur Montaigne est la seule bonne que j'ai lu depuis dix ans.
01:22:13Alors, pourquoi voulez-vous renvoyer deux élèves irréprochables ?
01:22:16Irréprochables, oui.
01:22:18Alors que tout le monde sait que Saint-Médard est le plus fameux repère de cancre de la région.
01:22:23Et sans Jérôme Dutoit, l'hommage de rugby de l'an prochain.
01:22:28Je ne vous ai pas donné la parole ?
01:22:29Je m'excuse, monsieur le supérieur, mais il a raison.
01:22:32Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais Dutoit est le junior le plus doué de tout le sud-ouest.
01:22:35Est-ce que vous avez d'autres observations à faire ?
01:22:41Les élèves James de Moskovski et Jérôme Dutoit sont renvoyés.
01:22:52Je me vois dans l'obligation de vous donner ma démission.
01:22:55Je ne serai pas professeur à Saint-Médard l'an prochain.
01:22:56Moskovski, dis-toi.
01:23:10Vous êtes renvoyés.
01:23:12C'est insensé.
01:23:13Monsieur le supérieur dépasse les bornes.
01:23:15Je vais voir votre père tout de suite.
01:23:18Hé, qu'est-ce qui arrive ?
01:23:19Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
01:23:20L'intrigue.
01:23:24Toujours l'intrigue.
01:23:25Vous voyez.
01:23:26C'est pas possible, expliquez, quoi.
01:23:31Il ne s'agit pas vraiment d'un renvoi.
01:23:35Enfin, oui ou non, avez-vous décidé le renvoi des élèves Moskovski et Dutoit ?
01:23:38Ils ne sont pas objectivement renvoyés,
01:23:42puisqu'aucune décision du conseil de discipline n'a été notifiée aux familles.
01:23:46Eh bien, c'est moi qui décide de retirer mon fils du collège.
01:23:49Je ne veux pas qu'il reste un jour de plus dans une boîte aussi déraisonnable.
01:23:53Ces notes sont déplorables, comme celles de Dutoit.
01:23:56Eh bien, vous n'aviez qu'à leur en donner de meilleure.
01:23:59Quand on a un élève qui paye bien et un autre qui sait jouer au rugby,
01:24:03on ne leur met pas d'eux en physique et en chimie.
01:24:05C'est enfantin.
01:24:07Au revoir, monsieur l'abbé.
01:24:08Et restons bons amis.
01:24:22Mon fils m'a beaucoup parlé du vôtre.
01:24:25Vous savez qu'ils sont dans la même classe à Saint-Médard.
01:24:28Il paraît que Jérôme écrit bien, très bien même,
01:24:31et qu'il est doué pour le rugby.
01:24:32Au fond, pour nos enfants, c'est une véritable chance d'avoir été renvoyé du collège.
01:24:41Renvoyé.
01:24:43Renvoyé ?
01:24:45Remarquez, je suis bien de votre avis.
01:24:49C'est un scandale, le renvoi de ses enfants.
01:24:51Un scandale qui déshonore l'abbé Ballarin et le collège Saint-Médard.
01:24:54Quand on pense que Jérôme, l'abbé Cahuzac, me l'a dit,
01:24:57est le seul élève inspiré qui a jamais connu cette boîte.
01:25:01Et James ?
01:25:03Bon, je sais bien qu'il a des ombres.
01:25:05Mais c'est un garçon distingué.
01:25:07Ces malours de professeurs n'ont jamais su en découvrir la clé.
01:25:10Enfin, tout est bien qui finit bien.
01:25:12De toute façon, ces garçons, il suffit de les regarder, ne sont pas faits pour les études.
01:25:15Mais, monsieur, les études, quand on les a commencé, on ne peut pas les interrompre.
01:25:19Il faut aller jusqu'au bout.
01:25:20Et alors, mon fils n'a pas de diplôme.
01:25:25Pas de diplôme, monsieur Branzési.
01:25:28Il existe quelque chose de plus important qu'un diplôme.
01:25:32C'est une situation.
01:25:34Confiez-moi votre fils, je me charge de lui faire une situation.
01:25:38Une situation ?
01:25:41Mais, quel genre de situation ?
01:25:45Comme je vous l'ai dit, je suis directeur propriétaire du Sprimter,
01:25:48une excellente affaire de presse.
01:25:49J'ai besoin de former un jeune rédacteur qui sera spécialisé dans le rugby l'hiver,
01:25:53dans le tennis l'été.
01:25:54Jérôme écrit bien, il aime le sport.
01:25:56Je l'engage.
01:25:57Nous sommes d'accord ?
01:26:01Bon.
01:26:04Eh bien, j'emmène Jérôme à Bordeaux.
01:26:06Il commencera son stage lundi.
01:26:08Et s'il réussit bien comme je l'espère, j'en ferai mon correspondant à Paris.
01:26:12Eh bien, pour fêter leur départ du collège,
01:26:15je vous invite tous à dîner chez Trompanatier.
01:26:19Vous connaissez Trompanatier, naturellement ?
01:26:21Oui, oui.
01:26:23Enfin, de réputation.
01:26:26De réputation.
01:26:27– Sous-titrage FRP
01:26:28– Sous-titrage FRP
01:26:39Et votre vaillinée, vous allez la regretter.
01:27:03Ma vaillinée ? Il faut que je vous l'avoue, elle n'a jamais existé.
01:27:09Oui, c'est une histoire que j'ai inventée parce que vous m'embêtiez, Manin, et vous, avec vos pains bêches.
01:27:23Et maintenant, si vous le voulez bien, je lève mon verre à nos deux jeunes reporters qui feront, j'en suis sûr, la gloire du sprinter.
01:27:32Je lève aussi mon verre au sport qui efface le malheur des hommes.
01:27:39Merci.
01:27:40Merci.
01:27:41Merci.
01:27:42Merci.
01:27:43Merci.
01:27:44Merci.
01:27:46Merci.
01:27:47Merci.
01:27:48Merci.
01:27:49Merci.
01:27:51Merci.
01:27:53Merci.
01:27:54Merci.
01:27:55Merci.
01:27:56Merci.
01:27:57Merci.
01:27:58Merci.
01:27:59Merci.
01:28:01Merci.
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01:28:05Merci.
01:28:06Merci.
01:28:07Merci.
01:28:08Merci.
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