00:00Oui, mon regard sur l'actualité avec cette question.
00:02Jordan Bardella, jusqu'où la violence ?
00:04Le président du Rassemblement National a été une nouvelle fois pris pour cible hier à Moissac,
00:10alors qu'il dédicacait son livre « Ce que veulent les Français »,
00:13un homme l'a agressé.
00:14Quelques jours plus tôt, à peine, c'était de la farine, du côté de Vesoul,
00:18et avant lui, combien y ont eu le droit ?
00:20Tous, ou presque, on se souvient d'Emmanuel Macron giflé,
00:23on se souvient de Jean-Luc Mélenchon enfariné également,
00:26et devons-nous rappeler les chiffres, par exemple, concernant les agressions d'élus locaux ?
00:31Quand on dit souvent, concernant les maires, que ce sont des élus à portée de baffe,
00:35cette expression résumée là, c'est une certaine réalité.
00:38Qu'ils soient aujourd'hui ministres, qu'ils soient députés, qu'ils soient des maires,
00:41qu'ils soient des élus du quotidien, ils sont malheureusement, régulièrement,
00:45menacés, bousculés, agressés physiquement,
00:48et on se souvient des périodes de tension, les gilets jaunes, la crise du Covid,
00:52la réforme des retraites, où les permanences étaient violentées, détruites, emmurées.
00:56Mais Jordan Bardella n'est donc ni le premier, ni le dernier.
01:00Mais l'accumulation finit par poser une question sérieuse.
01:02À quand un homme politique traité comme un citoyen normal,
01:05protégé, respecté, et non transformé en défouloir ?
01:08Car il y a une chose qu'on devrait pouvoir affirmer sans trembler.
01:11Peu importe les idées qu'inspire Jordan Bardella,
01:13ou n'importe quel autre responsable politique d'ailleurs,
01:16le seul terrain légitime pour les combattre, c'est celui des idées.
01:18Il n'existe pas de oui-mais, ni de circonstances atténuantes.
01:22Entendre hier encore un député européen ironiser sur l'usage du mot « violence »,
01:27c'est sidérant.
01:28Que faut-il donc ?
01:28Une fracture ?
01:29Un coup de couteau ?
01:30Une balle ?
01:31Un œuf ou un poing ?
01:32Cela, ça s'appelle une agression.
01:33Et sans prendre physiquement un élu publicité par des millions de Français,
01:36qu'il s'appelle Bardella, Mélenchon ou Macron,
01:39ce n'est pas anecdotique.
01:40C'est fragiliser les règles du jeu démocratique.
01:43La montée de ses actes ne tombe pas du ciel.
01:45La défiance envers les élus prospère sur le sentiment d'opacité,
01:48sur l'idée de carrière politique imperméable aux échecs.
01:51Mais le passage à la violence, lui, révèle d'autres choses,
01:54d'un manque de respect profond pour les institutions et pour ceux qui les incarnent.
01:58Depuis quelques années, un mot est devenu omniprésent.
02:01On parle de brutalisation de la vie politique.
02:03Il figure, par exemple, sur tout le spectre politique.
02:07Il figure dans le préambule du programme du nouveau fonds populaire.
02:10Il préambule dans le discours du président de la République
02:12lorsqu'il fait ses voeux aux armées.
02:14Il figure même dans un des discours de Marine Le Pen
02:17qu'il invoque en citant Martin Luther King.
02:19Mais derrière ce mot à la mode, il y a un vrai problème.
02:22On réduit la brutalisation à une hausse quantitative de la violence.
02:26Seulement, ce que nous vivons est beaucoup plus profond.
02:28Et c'est le concept anglo-saxon qui aide à le comprendre.
02:31Quand on évoque le terme de brutalisation,
02:33c'est le moment où une société s'habitue à la brutalité.
02:36C'est-à-dire le moment où la société, nous, auditeurs de Sud Radio,
02:40ont fini par la tolérer.
02:41Et parfois, par la justifier.
02:43C'est cela qui doit nous inquiéter dans les prochaines semaines.
02:45Il suffit en ce moment d'une étincelle
02:47pour que ce pays retrouve ses racines révolutionnaires.
02:49Et clairement, quand je le dis,
02:51ce n'est pas dans le sens noble du terme.
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