00:00Alexandre Solzhenitsyn, l'un des plus grands dissidents du régime soviétique, écrivait
00:04« Le simple acte de courage d'un homme simple est de refuser le mensonge.
00:08Une parole de vérité pèse plus que le monde entier. »
00:11En 2025, les goulags ont disparu, et la Pravda aussi,
00:14mais à l'Élysée, on semble avoir gardé le goût des vieilles mécaniques.
00:17Définir officiellement ce qui est vrai et ce qui est faux.
00:21Emmanuel Macron ne veut plus seulement pourfendre ceux qui feraient du brainwashing
00:24ou dénoncer l'industrie de la désinformation.
00:27Il veut désormais trier les médias et faire disparaître en urgence les fausses informations.
00:32Première trouvaille du Président, ce label officiel pour distinguer les bons médias des mauvais.
00:38L'idée est extrêmement simple, limpide, instaurer une hiérarchie entre journalistes
00:42avec d'un côté les médias responsables et de l'autre les médias dangereux.
00:47Deuxième invention du Président de la République, un référé anti-fausses informations
00:51avec une décision de justice en 48 heures.
00:54Autrement dit, la possibilité d'aller devant le juge pour faire disparaître un contenu jugé faux,
00:59rapidement, très rapidement.
01:00Donc dans un pays qui dispose déjà de la diffamation, de l'injure, du harcèlement,
01:05de l'atteinte à la vie privée et même d'un article sur les fausses nouvelles depuis 1881,
01:10la création d'un référé express n'a qu'un but, installer un juge en arbitre de la vérité.
01:16C'est un glissement inquiétant, lourd et dangereux.
01:19Et justement, Jules, à qui Emmanuel Macron veut-il confier ce tri de l'information ?
01:23C'est très simple.
01:24Sur le référé, la mécanique est extrêmement claire.
01:27Emmanuel Macron veut encore étendre le pouvoir des juges comme s'il n'en avait pas déjà assez en France.
01:32Mais sur la partie label, on bascule carrément dans l'absurde.
01:36Le Président jure que ce n'est pas à l'État de dire que c'est une information fiable.
01:40Très bien.
01:41Alors à qui veut-il confier les clés de cette mission décisive ?
01:44D'abord, à l'ARCOM, le régulateur directement placé sous l'autorité de l'État, premièrement.
01:50Deuxièmement, à Reporters sans frontières.
01:53Une ONG politiquement marquée dont le dernier rapport à charge contre CNews vient d'être pulvérisé par l'ARCOM elle-même.
02:00Alors arrêtons-nous un instant sur Reporters sans frontières et notamment sur ceux qui dirigent RSF.
02:05D'abord, Pierre Aski, président depuis 2017, figure de Libération, cofondateur de Rue 89, éditorialiste à France Inter et au Nouvel Obs, un parcours dans la presse, entièrement façonné dans la presse de gauche.
02:18Ensuite, Thibaut Brutin, secrétaire général de Reporters sans frontières depuis 2024, qui lui est encore plus offensif.
02:25Militant déclaré contre les médias du groupe Bolloré, évidemment.
02:28Évidemment, extrêmement hostile à CNews et auteur d'une pétition, une pétition appelant à faire battre le Rassemblement national lors des dernières élections législatives.
02:37En termes d'indépendance, on a déjà vu mieux.
02:40Et que dire du financement de Reporters sans frontières ?
02:42Une part substantielle provient de l'aide au développement, du ministère des Affaires étrangères, de la Commission européenne d'Ursula von der Leyen, de la ville de Paris.
02:50À cela s'ajoutent des fondations privées, dont la très influente Open Society de George Soros, qui assume de mener une bataille culturelle pour la gauche, qu'elle soit américaine ou européenne.
03:01Donc, une chose est certaine, Reporters sans frontières n'a rien de neutre.
03:05Et selon vous, Jules, pourquoi Emmanuel Macron veut-il mettre en place un tel dispositif ?
03:09Bien, Emmanuel Macron rêve, en secret à peine, d'une pravda à la française.
03:13Et ce songe, il ne date pas d'hier.
03:14Depuis des années, il aspire à un système médiatique trié, contrôlé, filtré.
03:19Sa loi fake news de 2018 en était déjà l'avant-goût quant aux états généraux de l'information.
03:24Avec leurs castings uniformisés et leurs experts tous sortis du même moule, ils ont servi de laboratoire, confié le journalisme de demain à ceux qui pensent pareil, qui votent pareil et qui s'indignent des mêmes chaînes.
03:36L'objectif n'a jamais varié, redessiner un paysage médiatique selon des critères de qualité qui ressemblent de plus en plus et chaque année à des critères politiques.
03:44Avec son référé express contre les informations fausses, son label pour sacrer les médias fléables et un régulateur chargé d'harmoniser l'ensemble, Emmanuel Macron invente tout simplement un crédit social de l'information.
03:57C'est donc une vieille tentation, celle d'un pouvoir qui rêve d'une information certifiée, d'un président qui se voit en gardien du vrai et considère que la pluralité, le tumulte, les contradictions, le débat, bref, la démocratie réelle, nuise à la cohésion.
04:10En URSS, on appelait ça la Pravda, en France, on appelle ça la lutte contre la désinformation.
04:16Le vocabulaire a évolué, mais l'intention reste la même, invite à inventer et vérifier une vérité officielle estampillée par l'État.
04:25On est loin, très loin de la liberté selon Orwell.
04:29La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre.
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