00:00Vous savez, c'est le marronnier. Chaque année, vous avez les chiffres de l'immigration et les Français redécouvrent ce que l'administration fait réellement en son nom.
00:08Vous avez les chiffres de l'immigration qui sont donc sortis pour 2025 et qui ne sont pas une controverse, qui sont des décisions.
00:15384 000 premiers titres de séjour délivrés en un an, près de 4,5 millions de titres de séjour en validité, près de 3 millions de visas accordés.
00:24Mais derrière ces données froides se cachent une réalité et une vérité beaucoup plus brutales, tandis que le pays réclame plus de fermeté, que les Français réclament plus de fermeté.
00:33Eh bien, vous avez l'État qui, lui, continue d'ouvrir grand les portes de l'immigration.
00:37Pourtant, ce débat est tranché depuis longtemps dans l'opinion, année après année.
00:41Une large majorité de Français dit vouloir une politique plus stricte, plus ferme, plus claire.
00:45Ce n'est pas une crispation passagère de gaulois réfractaires, non, non.
00:49C'est une constance démocratique. Or, ce que révèlent ces données officielles, eh bien, c'est l'exact inverse.
00:54C'est que les flux augmentent, c'est que les stocks s'accumulent et c'est que l'administration poursuit sa course, comme si, eh bien, le suffrage n'existait pas.
01:01C'est là que se joue le cœur de cette crise, non pas dans l'immigration elle-même, mais dans le décalage entre ce que le peuple exprime et ce que l'État produit.
01:09La démocratie semble s'arrêter aux urnes et la politique promet, la machine administrative délivre.
01:15Et pendant ce temps, et pendant ce temps, on a un système qui vous répond oui, alors que le peuple demande à ce qu'on arrête tout cela.
01:21C'est une fracture donc extrêmement profonde qui est appelée à durer, une fracture entre une nation et ceux qui la gouvernent,
01:27qui nourrit chaque jour le sentiment que la décision, eh bien, ne vient ni d'en haut ni d'en bas, mais d'un entre-deux devenu incontrôlable.
01:35Mais est-ce que ce n'est pas surtout un problème d'exécution ? Après tout, l'État vote des lois et il promet des expulsions.
01:40Oui, vous avez raison, on pourrait croire que le problème, il est seulement législatif, qu'on ne fait pas assez de lois, que les lois ne sont pas assez fortes.
01:47Bon, c'est un peu le cas, mais ce qui manque en réalité, c'est l'expulsion.
01:51C'est-à-dire qu'on a des Français, des gouvernements français qui produisent beaucoup de normes, qui produisent beaucoup de textes,
01:59qui produisent beaucoup de circulaires, beaucoup de dispositifs qui sont créés et censés mieux contrôler l'immigration.
02:06On voit bien qu'il y a le vert, le vert chez notre État français, mais l'acte qui ne suit pas et qui ne suit jamais l'exemple le plus parlant,
02:13vous le connaissez évidemment, c'est celui des obligations de quitter le territoire français.
02:17Chaque année, eh bien, elles sont des dizaines de milliers à être prononcées et chaque année, seule une infime minorité est réellement exécutée.
02:24En pratique, c'est environ 1 sur 10.
02:26Accrochez-vous, le chiffre qui arrive parle de lui-même.
02:29Alors qu'Emmanuel Macron promettait, dans Valeurs Actuelles, d'exécuter 100% des OQTF, c'était en 2019.
02:36Eh bien, depuis 2017, l'État a signé 1,2 million d'obligations de quitter le territoire français.
02:42Ça veut donc dire, si on prend ces 10%, que l'État a laissé repartir, puisque les OQTF expirent.
02:47C'était un an jadis, depuis 2024, c'est trois ans.
02:51Eh bien, ça veut dire qu'il y a 1 million d'OQTF qui ont été délivrés depuis le début du quinquennat du décénat d'Emmanuel Macron
02:57et qui n'ont pas été appliqués.
02:59On voit donc que la faillite migratoire, c'est le plus grand échec d'Emmanuel Macron.
03:03Car depuis son arrivée, on empile les dispositifs, on finance des structures.
03:07Vous savez, par exemple, ces associations qui touchent de l'argent public
03:11pour justement lutter contre la politique qui est menée par l'État.
03:15Donc, on voit bien que le rapport de force qui est exigé par les Français n'est jamais donné et respecté par l'État.
03:23Un État qui ne respecte même pas ses propres décisions.
03:26Un pouvoir qui donc se prive de son autorité.
03:29Comment Emmanuel Macron, qui répète souvent qu'il a envie d'être puissant,
03:32qu'il a envie d'être respecté, qu'il a envie d'être craint et qu'il a envie d'être libre,
03:36pourrait être pris au sérieux quand il n'arrive même pas à contrôler ses propres frontières.
03:40On voit bien que dans ce vide, ce n'est donc pas seulement la frontière qui s'efface,
03:43c'est la crédibilité même de la parole publique.
03:46Alors, si l'État est à ce point paralysé, Jules, que faudrait-il changer ?
03:50D'abord, il faudra arrêter de faire semblant d'adopter une posture martiale
03:55quand on donne les chiffres de l'immigration en disant que la loi immigration, c'est formidable,
03:59que le pacte asile-immigration européen, c'est formidable.
04:01Quand on voit ces chiffres-là, on voit bien que c'est l'échec de notre politique
04:05depuis une cinquantaine d'années qui a provoqué tout cela.
04:08Ce qui se joue, ce n'est donc pas une question technique, c'est un choix politique.
04:11La France, elle ne manque pas d'outils, elle manque de volonté.
04:15Elle a renoncé à une part de sa souveraineté en acceptant de se remettre aux décisions de Bruxelles
04:19et en s'enfermant notamment dans les contraintes de l'espace Schengen.
04:23En s'enfermant aussi dans une sorte de juridisme qui, aujourd'hui, est décidé par le Conseil constitutionnel
04:28qui vous empêche d'adopter un certain nombre de textes.
04:31Car il n'existe pas d'État fort sans frontières effectives.
04:35Pas d'autorité sans capacité à dire non.
04:37Pas de liberté politique sans une maîtrise claire du territoire.
04:40La souveraineté, ce n'est pas un concept abstrait, contrairement à ce qu'on essaierait de nous dire.
04:45C'est un pouvoir concret.
04:46C'est celui de choisir entre qui entre, qui reste, qui part et dans quelles conditions.
04:51Lorsque cette chaîne se ronde, ce n'est pas seulement la politique migratoire qui vacille,
04:56c'est l'État français lui-même.
04:57Dès lors, il faut un cap extrêmement clair.
04:59Il faut juguler les flux.
05:00Il faut réduire drastiquement les primes aux entrants.
05:03Conditionner les renouvellements.
05:04Assumer une diplomatie du retour.
05:06Viser un solde migratoire proche de zéro, voire même négatif.
05:09Tant que le pays n'a pas retrouvé ses capacités d'assimilation et de cohésion.
05:14Ce n'est donc pas une brutalité.
05:15C'est une condition de survie politique.
05:17Car un État qui ne cesse d'être souverain, ce n'est plus un État.
05:21C'est un État qui est perméable, qui est traversé, qui est fragile.
05:25Et donc, tant qu'un peuple dira non pendant que l'État dit encore oui,
05:29il ne s'agira plus qu'un simple désaccord, mais bien d'une rupture politique profonde.
05:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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