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  • il y a 5 semaines
Le Sénat examine cette semaine les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale, avec une droite déterminée à dérouler sa copie anti-taxes et pro-réforme des retraites, quitte à amplifier l’incertitude sur un compromis final.

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Transcription
00:00Mesdames et messieurs, bonjour à toutes et à tous. Merci à la presse de s'être mobilisée pour me permettre de m'adresser aux Françaises et aux Français.
00:07Cet mi-temps, ce mi-parcours en quelque sorte des procédures budgétaires à l'Assemblée nationale et au Sénat me permettent de rendre compte à la nation de là où nous en sommes.
00:19Alors, les recettes pour la sécurité sociale pour 2026 ont été adoptées, vous le savez, il y a de cela quelques jours à l'Assemblée nationale.
00:28Les recettes, c'est-à-dire la fiscalité essentiellement pour le budget pour 2026 pour l'État ont été rejetées il y a de cela quelques jours.
00:37Et ça m'amène évidemment à devoir faire un point devant vous de compréhension, d'analyse également de ce que le gouvernement en retient et surtout de proposition en méthode pour avancer et tenter d'éviter un blocage.
00:52Étant entendu qu'au moment où nous nous parlons, nous sommes dans quelque chose qui est encore somme toute relativement normal.
00:58Et au fond, ce sera mon premier commentaire, on le voit bien qu'il y avait quelque chose d'assez attendu à cette première lecture à l'Assemblée nationale,
01:07puisque classiquement sur un débat aussi long, aussi politique que la question de la fiscalité, avec autant d'amendements,
01:13chacun cherche évidemment à pousser ses propres convictions, à poser en quelque sorte son drapeau idéologique
01:21et avec derrière une difficulté de compréhension et de cohérence globale de ce texte.
01:27Évidemment, chacun cherche à se compter dans cet exercice.
01:32Et on le voit bien à un moment donné que cette cohérence nous manque et nous empêche d'avancer.
01:36On la retrouvera dans un instant, évidemment, dans les deuxièmes lectures à l'Assemblée nationale et au Sénat.
01:42Je pense que cette situation nous amène à des points de vigilance.
01:47La première des choses, c'est que certains partis politiques, certains candidats à l'élection présidentielle,
01:55estiment au fond que le compromis n'est pas compatible avec leur propre stratégie électorale
02:02et qu'au fond, derrière, il y a une forme de cynisme qui est en train de se dégager
02:07et qui peut mener à ce que certains errements idéologiques de certains partis politiques bloquent la situation.
02:14Et ça, pour moi, c'est un point de vigilance important.
02:16On l'a vu notamment dans les comportements de la France insoumise et même parfois du Rassemblement national.
02:21Cela nous amène, à mon avis, à plusieurs choses dans les temps qui viendront et à deux convictions.
02:28La première, c'est qu'il y a toujours une majorité à l'Assemblée nationale pour permettre de voter un budget pour l'année prochaine.
02:39Pour la première fois, les députés se sont parlé, ont travaillé ensemble, ont trouvé des chemins de compromis
02:45sur certaines thématiques, sur certains objets, qui étaient pourtant très difficiles de travailler.
02:51Il y a de cela maintenant encore quelques semaines.
02:52La deuxième des choses, c'est que les parlementaires doivent défendre le Parlement.
02:59Et il y a quelque chose d'assez stupéfiant, au fond, de voir certains parlementaires,
03:04certaines forces politiques, parler déjà de lois spéciales, d'échecs, d'ordonnances,
03:11au moment où le Parlement peut se saisir, justement, de cette responsabilité historique
03:15pour donner un budget à la nation.
03:18Et donc, au fond, on le voit bien, il faut que celles et ceux qui veulent avancer arrivent à rompre les ponts
03:24et à ne pas se laisser contaminer par les forces politiques qui, elles, promeuvent ce blocage.
03:31Alors, si au fond, il n'y a rien de définitif dans tout cela, c'est tout de même une alerte pour la suite.
03:39Et on voit bien certains sujets.
03:41Si on va y arriver, d'autres nécessitent évidemment d'y travailler.
03:44Alors, en méthode, je vais recevoir l'ensemble des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat
03:51dans les prochains jours, avec, dans un instant, une réunion exceptionnelle des membres du gouvernement.
03:57Ce soir, une réunion des chefs des groupes qui soutiennent l'action du gouvernement.
04:03Et puis aussi, pour la première fois depuis le mois de septembre, de nouveau, un certain nombre de réunions
04:10avec les partenaires sociaux représentant les syndicats salariés, mais également les représentants du patronat.
04:16Et dans ces rendez-vous, dans ces réunions, nous allons poser cinq thèmes de discussion.
04:23Car si ce n'est plus le budget du gouvernement, vous l'avez bien compris, c'est le budget désormais du Parlement,
04:28dans cette navette entre l'Assemblée nationale et le Sénat, il appartient néanmoins au gouvernement d'assurer de la clarté
04:35pour nos concitoyens et nos concitoyens, pour le monde économique, mais aussi de la cohérence,
04:39notamment sur un certain nombre de thèmes qui ne peuvent pas attendre l'échéance présidentielle de 2027.
04:47Ça m'amène donc à détailler ces cinq thèmes, thématiques prioritaires pour la France.
04:53La première, évidemment, c'est que nous devons, dans le cadre budgétaire global, garder une cible de déficit à moins de 5% du PIB.
05:02C'est une priorité absolue.
05:03Ça pose la question, évidemment, des économies, notamment des économies de court terme,
05:08dont malheureusement nous n'avons pas réussi encore suffisamment à parler dans le débat public,
05:11mais également à l'Assemblée nationale et au Sénat.
05:14Et en se méfiant là aussi d'une opposition entre parfois des impôts qui n'existent pas
05:19et qui ont rendu la copie insincère et invotable, en quelque sorte, à l'Assemblée nationale,
05:24mais aussi des mesures d'économie qui pourraient être tout aussi insincères et ne pas exister.
05:28Donc ça va poser cette question aussi d'équilibre entre fiscalité et mesures d'économie réelles, réalistes.
05:35Et puis on le voit bien aussi, un débat qui, dans le secret des alcôves, commence à apparaître entre, au fond,
05:40un déficit très réduit, mais avec beaucoup de fiscalité,
05:44ou au contraire, un déficit un peu plus dégradé avec moins de fiscalité.
05:48Et ce que propose le gouvernement, c'est de revenir tout simplement aussi à une logique de bon sens,
05:51c'est d'être capable de faire des économies et de permettre justement de réduire cette cible de déficit public.
05:56Ça posera aussi la question du train de vie de l'État, sur lequel je serai amené à reprendre la parole prochainement.
06:01Ça pose la question évidemment du succès de ce projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales,
06:06qui est un texte qui a été examiné sur la proposition du gouvernement au Sénat
06:10et qui arrivera prochainement à l'Assemblée nationale.
06:14La deuxième des thématiques sur lesquelles je souhaite que nous puissions avancer avec les formations politiques,
06:18mais aussi avec les partenaires sociaux,
06:21c'est évidemment la question de la réforme de l'État,
06:23de la décentralisation, de la clarification des compétences,
06:27de l'exercice des missions de services publics dans le pays.
06:29Ça pose davantage la question, au fond, des économies à moyen et long terme,
06:34mais il faut traiter certains mots à la racine.
06:37Et on le voit bien que l'enchevêtrement des responsabilités est un énorme enjeu.
06:42Les congrès des maires des régions et des départements de France se sont tenus récemment.
06:47Des pistes sont importantes, en tout cas des pistes importantes ont été posées, pardonnez-moi,
06:51et ont été mises sur la table.
06:53Et donc je tiens à avancer rapidement pour un projet de loi
06:56qui pourrait être proposé au Conseil des ministres dans les temps à venir.
06:58La troisième des thématiques que je souhaite poser dans le débat public rapidement,
07:04c'est la question de l'énergie.
07:06C'est un enjeu économique, c'est un enjeu de souveraineté,
07:09c'est un enjeu industriel, c'est un enjeu écologique,
07:12c'est un enjeu d'aménagement du territoire.
07:13Et puis on le sait, c'est aussi un énorme enjeu de pouvoir d'achat
07:16pour les Françaises et les Français.
07:18On va être amené à devoir clarifier la stratégie
07:21de la programmation pluriannuelle pour l'énergie pour le pays.
07:24C'est un enjeu majeur.
07:25Il n'est pas sans impact sur les finances publiques,
07:27qu'il n'est pas sans impact sur l'avenir d'EDF,
07:30de nos filières souveraines en matière de production
07:32et énergie renouvelable.
07:33Et le moment aussi est venu de considérer la stratégie énergétique
07:37de nos territoires d'outre-mer avec beaucoup plus de priorités
07:40que nous n'avons pu le faire jusqu'à présent,
07:41sans oublier évidemment la Corse.
07:43Donc ça, c'est un thème important qui ne peut pas attendre
07:45les élections présidentielles de 2027
07:47et qui viennent s'enchevêtrer au fond, en quelque sorte,
07:50dans les discussions budgétaires
07:51et sur lesquelles je souhaite pouvoir entendre
07:53les différentes formations politiques pour prendre des décisions
07:55d'ici à Noël.
07:56L'autre thématique, elle est d'actualité,
07:59elle est brûlante, elle est essentielle,
08:00elle touche aussi à notre souveraineté
08:01et à notre modèle productif.
08:03C'est évidemment l'agriculture,
08:04dans laquelle nous savons l'actualité liée
08:06à ce traité de libre-change qu'est le Mercosur,
08:09mais également, et peut-être tout aussi importante,
08:12la question de la négociation de la future politique
08:14agricole commune avec Bruxelles,
08:16sur laquelle nous devons poser les premiers jalons
08:19dans les semaines qui vont venir
08:20et sur lesquelles je tiens à ce qu'un consensus
08:22le plus large possible puisse se dégager
08:25de l'Assemblée nationale et du Sénat.
08:27Et là aussi, on ne peut pas détacher la question
08:28de la politique agricole commune,
08:30l'ensemble des questions agricoles,
08:32des questions budgétaires.
08:33Et puis enfin, évidemment, la dernière thématique,
08:35c'est la question de nos sécurités,
08:37intérieures et extérieures.
08:39Intérieures, on le voit bien avec ce fléau
08:41qui est le narcotrafic,
08:42dont je rappelle que s'il devait ne pas y avoir
08:44de budget pour l'année prochaine,
08:46ce serait quelques 1 400 créations de postes de policiers.
08:50D'ailleurs, la moitié sont potentiellement des enquêteurs
08:53sur ces questions de narcotrafic.
08:55C'est la question des prisons de haute sécurité.
08:57Autant de sujets qui seraient retardés
08:59par une défaillance, en tout cas un retard
09:03dans l'adoption du budget et sur lequel
09:05on ne peut pas dire d'un côté que c'est une priorité majeure
09:07et de l'autre côté ne pas donner les moyens
09:08à celles et ceux qui luttent efficacement
09:10contre le narcotrafic de le faire.
09:12Et puis la question de la défense,
09:14la question évidemment de nos sécurités extérieures
09:16qui ont occupé beaucoup les débats ces derniers temps,
09:20ces derniers jours, sur lesquels, vous le savez,
09:21l'augmentation de ces moyens est absolument considérable
09:24puisque nous proposons, le gouvernement propose
09:26plus de 6,7 milliards d'euros pour l'année prochaine.
09:29C'est-à-dire que s'il y a un budget,
09:31ces 6,7 milliards d'euros seront bien au rendez-vous.
09:35Mais s'il n'y a pas de budget, la défense, les armées,
09:37notre sécurité collective, les industries de défense
09:39seraient en quelque sorte les premières victimes
09:42aussi d'un échec de nos discussions.
09:44Et donc cette question de la sécurité intérieure
09:47comme extérieure est celle qui me préoccupe le plus
09:50au moment où nous parlons dans le cadre
09:52de ces discussions budgétaires.
09:54Et donc au fond, de ces thématiques,
09:56nous allons essayer d'en tirer un consensus,
09:58je ne le pense pas, cela me paraît difficile,
10:01en tout cas une majorité des capacités
10:04à trouver des compromis.
10:06Et au fond, ce que nous allons essayer de faire
10:08dans les temps à venir, c'est non pas d'isoler
10:10ces débats du reste, on a besoin de parler
10:12de tous les autres sujets ou thématiques
10:14ou politiques publiques dont je n'ai pas pu
10:15les évoquer devant vous ce matin,
10:18mais je vais demander aux formations politiques
10:20de se positionner.
10:21Parce qu'au fond, l'échec de ce vote
10:25sur les recettes du budget de l'État
10:27prive l'Assemblée nationale de discuter
10:30d'un certain nombre de ces thématiques,
10:31notamment des sujets de sécurité,
10:34de défense, d'agriculture, d'énergie,
10:36je ne les recite pas tous, mais qui correspondent
10:38tout de même à des priorités qui sont absolues.
10:40Et donc, de ces discussions, petit à petit,
10:43le gouvernement n'exclut pas de les verser
10:45à des votes, à des débats spécifiques
10:48à l'Assemblée nationale et au Sénat
10:50qui pourraient donner lieu à des votes ad hoc
10:52pour permettre justement de créer ce cadre
10:55de compromis pour l'avenir.
10:57Et c'est ainsi d'ailleurs que nous allons démarrer
10:59avec les questions de sécurité extérieure,
11:01les questions militaires, les questions de défense,
11:03où je saisirai l'Assemblée nationale et le Sénat
11:06d'un vote dans les tout prochains jours,
11:08sûrement la semaine prochaine,
11:09qui va permettre de clarifier aussi
11:11ce que le gouvernement propose en matière militaire,
11:14mais de permettre aussi aux formations politiques
11:16de voter et de dire si, oui ou non,
11:19elles souhaitent s'engager vers un renforcement
11:20de nos armées.
11:22C'est au fond aussi la suite de cette méthode,
11:24de cet entonnoir budgétaire dans lequel nous nous trouvons,
11:26dans lequel les procédures budgétaires vont être tenues
11:29sur la sécurité sociale et l'État entre les deux chambres,
11:32mais sur lesquelles le gouvernement souhaite associer
11:33les partenaires sociaux et les formations politiques
11:35avec une méthode un peu différente en marge
11:38qui va nous permettre justement d'avancer et d'y arriver.
11:42On va y arriver, ai-je dit, dans cette même cour de Matignon,
11:45il y a de cela quelques semaines.
11:48La réponse est toujours oui, nous pouvons y arriver,
11:50à la condition d'y travailler,
11:52de sortir aussi de cette situation de blocage politique
11:55que certains veulent installer comme étant, au fond,
11:58une toile de fond à la prochaine élection présidentielle.
12:01Et au fond, on doit défendre le Parlement,
12:03l'Assemblée nationale n'est pas un théâtre,
12:05le budget n'est pas un décor de fond de scène
12:08et la France n'est pas à tremplin.
12:10Et donc chacun doit évidemment, désormais,
12:12avec responsabilité, sens de l'intérêt général,
12:16regarder le budget pour 2026 avec beaucoup de sérieux,
12:19beaucoup d'engagement.
12:20En tout cas, c'est ce que le gouvernement va faire.
12:22Ce gouvernement, vous le savez, n'a aucun autre agenda,
12:25si ce n'est de permettre à la France d'avoir un budget
12:28pour l'État et pour la sécurité sociale pour l'année prochaine.
12:31Je vous remercie.
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