00:00Quand on fait un compromis trop tard, c'est un mauvais compromis. C'est pour ça qu'il faut trouver un compromis sur le budget avant décembre.
00:07Parce que s'il n'y a pas de budget, ça sera un mauvais compromis en gestion de crise plus tard. C'est un peu pareil pour les retraites.
00:15Si le conclave avait fonctionné, peut-être qu'il n'aurait pas été utile de suspendre.
00:21Petite personnelle, je ne suis pas favorable à la suspension de la réforme des retraites. J'ai dû la proposer pour débloquer la situation.
00:30Bon, ça doit nous faire tous réfléchir.
00:33Le Premier ministre, on l'entend bien, qui tente de justifier, Alexis, une série de compromis qu'il a dû faire.
00:39Et ce n'est pas tout ce qu'il dit. Il évoque évidemment la réforme des retraites, mais il évoque aussi les différentes taxes qui ont été votées à l'Assemblée, par exemple.
00:45Oui, on sent que le Premier ministre a besoin de rassurer les acteurs économiques.
00:49Et il les rassure quelque part aujourd'hui en se déplaçant devant ces 200 acteurs réunis à la maison de la chimie.
00:56Et en disant « je ne ferai pas n'importe quoi, je n'endosserai pas n'importe quoi », façon de montrer qu'il est un Premier ministre responsable,
01:05c'est aussi une réponse à une critique que l'on entend parfois, y compris dans les rangs de ce que l'on appelait le socle commun,
01:12c'est-à-dire le Bloc central et les Républicains, qui accusent parfois ce Premier ministre d'avoir trop donné aux socialistes.
01:18Mais dans le son que nous venons d'entendre, Pauline, il y a aussi quelque part un message qui est passé directement aux chefs d'entreprise.
01:25Une façon de leur dire « attendez, il faut aussi que vous compreniez que nous devons faire des compromis ».
01:30Parce que lorsqu'il s'exprime sur l'échec du conclave, cette fameuse méthode qui avait été envisagée par François Bayrou pour revenir sur la réforme des retraites,
01:40l'échec du conclave est en grande partie imputé au MEDEF et au grand patron.
01:45Et d'ailleurs, c'est là-dessus qu'il revient, le Premier ministre, et qu'il insiste en disant que s'il y avait eu à l'époque un compromis au sein de ce conclave,
01:52peut-être n'aurait-il pas été obligé d'aller jusqu'à la suspension de la réforme des retraites quelques mois plus tard.
01:58Donc c'est aussi quelque part un message un peu critique vis-à-vis de ces patrons, à qui il demande aussi de respecter le Parlement.
02:06Le monde économique ne peut pas faire comme si le Parlement n'existait pas, tout en disant bien qu'il faut faire attention,
02:12que, ça c'est quelque chose qu'il a déjà dit à plusieurs reprises, le Premier ministre, qu'on est encore finalement au début de ces débats budgétaires,
02:18qu'il peut se passer beaucoup de choses tout au long de la navette entre l'Assemblée et le Sénat,
02:23et que tout ce que l'on a entendu ces dernières semaines, certes, ce sont des sujets qui sont revenus dans le débat public,
02:30mais rien n'est définitivement voté.
02:31Effectivement, et il évoque aussi l'importance d'avoir un budget, tout simplement, puisqu'il le rappelle, on l'entend bien également,
02:39il veut rappeler aux acteurs économiques notamment que la priorité, c'est la stabilité et d'avoir un budget,
02:46parce que s'il n'y en a pas, là, effectivement, ça sera compliqué pour la France.
02:49Le péril qui pèse sur l'économie, c'est l'absence de budget.
02:52Et là aussi, c'est une façon de dire à ces acteurs du monde économique qui sont inquiets de la tournure des événements,
02:58de la tournure des débats, faisons attention à d'abord trouver un compromis.
03:03C'est d'une certaine façon le message que leur passe Sébastien Lecornu.
03:08Il faut arrêter de faire comme si tout ce qui était voté l'était réellement, ça je le disais il y a quelques minutes,
03:12c'est une façon de leur dire que la discussion budgétaire va se poursuivre,
03:16que la façon dont les sénateurs plutôt à droite vont regarder ce budget sera bien sûr complètement différente
03:24de la lecture qu'en ont fait les députés ces dernières semaines.
03:29Mais on sent tout de même toujours cette défense d'une méthode de compromis.
03:35Sébastien Lecornu qui, vous vous souvenez, s'était dit assez impuissant dans cette configuration politique très particulière à l'Assemblée.
03:42et il a redit qu'il était le troisième Premier ministre après deux censures.
03:47Je ne suis pas dans la même situation que Michel Barnier et François Bayrou.
03:51Michel Barnier censuré en décembre, François Bayrou obligé de partir après l'échec d'un vote de confiance en septembre.
03:58Le monde économique doit en être conscient, a dit Sébastien Lecornu.
04:01Merci beaucoup.
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