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  • il y a 3 jours
Echoes of Africa : l'Orchestra Baobab ne meurt jamais [Podcast]

Dans cet épisode, Mamadou Mountaga Koite, aka «Taga», batteur de l’orchestre depuis 1974 et René Sowatche aka «Boléro, la gratte», guitariste du groupe depuis dix ans, nous racontent leur histoire avec l'Orchestra Baobab, qui célèbre ses 50ans. 

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Transcription
00:00Aujourd'hui on est à l'Olympia, c'est une prouesse, l'Olympia, une salle mythique.
00:17C'est impossible que tu écoutes la musique de l'orchestre à bavre assis jusqu'à la fin, c'est impossible.
00:22A moins que tu aies des problèmes avec tes pieds, sinon, derrière le troisième morceau, tout le monde est debout.
00:30Bienvenue dans Icos of Africa, les échos d'Afrique, une série originale d'Africa News Podcast
00:44qui vous fera voyager à travers le continent en musique, sur les sons des guitares, des percussions,
00:51des chants ancestraux et des beats modernes qui composent les musiques africaines au pluriel.
00:55Je suis Pascal Kenya et j'explorerai dans chaque épisode divers univers musicaux,
01:01de la prose piquante du Zouglou à celle de Laïta, des sonorités du Makossa jusqu'au Log Drums de la Ma Piano,
01:07en passant un moment avec un artiste.
01:13Le groupe mythique sénégalais, l'orchestra Baobab, revient en Europe pour une tournée qui célèbre ses 50 ans de carrière.
01:20Rien que ça, 50 ans, le temps que la vie fasse son oeuvre, entre succès et déception, puis renaissance et perte tragique.
01:28Aujourd'hui, certains membres fondateurs du groupe, les anciens, comme les appellent Abib Mbaï, leur manager,
01:34ont été rejoints au fil du temps par de jeunes musiciens tout aussi talentueux et surtout amoureux de la musique populaire sénégalaise des années 70.
01:42Dans cet épisode, nous rencontrons Mamadou Muntagakwate, Aka Taga, batteur de l'orchestre depuis 1974,
01:51et René Sowatché, Aka Bolero, guitariste du groupe depuis 10 ans, qui nous racontent tous les deux leur histoire avec l'orchestra Baobab.
01:59J'ai participé à tous les disques du Baobab, tous les concerts du Baobab.
02:07Aujourd'hui, je suis fier d'être avec mes fils, qui sont là, en train de relever le flambeau.
02:15Nous voulons la longévité de l'orchestre Baobab. Nous, on a su maintenir le Baobab jusqu'à l'âge de 50 ans.
02:25Alors, on voudrait bien que nos enfants-là puissent continuer jusqu'à 100 ans.
02:32Ah oui, parce que la différence d'âge est très grande. Eux, ils pourront nous relever.
02:39Je fais partie de la nouvelle génération. C'est un groupe que mes parents écoutaient déjà avant ma naissance.
02:47J'ai eu la chance, le privilège quand même de les rejoindre sur le chemin.
03:00L'orchestra Baobab a été fondée en 1970 par Oumar Baro Ndiaye, saxophoniste et premier chef d'orchestre du groupe.
03:09Qu'il compose lui-même en invitant des musiciens renommés du club populaire de Dakar, le Miami.
03:15On est à peu près 10 ans après l'indépendance.
03:18La capitale est une ville cosmopolite avec une vie nocturne très animée.
03:22Les élites politiques et économiques fréquentent les clubs comme le Miami.
03:26A cette époque, le président Léopold Sédar Senghor a à cœur de valoriser le patrimoine culturel de son pays
03:32en faisant découvrir toutes ses facettes aux dirigeants et autres hommes politiques en visite officielle dans la capitale sénégalaise.
03:40La réputation de l'orchestre les précède et ils sont rapidement invités à devenir le groupe président du club Baobab dont ils adopteront le nom.
03:48Ouvert par un proche parent du chef d'état, Adrien Senghor, le lieu devient le point de ralliement de ces élites
03:56qui viennent voir l'orchestre jouer son son, si unique, qui fusionne musique cubaine à la mode,
04:01importé dans le pays depuis les années 40, musique traditionnelle sénégalaise chantée en Wolof et Serer,
04:08mais aussi des chants de cryo sur un fond de musique jazz.
04:15C'est surtout l'influence du Festival Mondial des Arts Nègres en 1966.
04:25Ça a été organisé par le président Senghor.
04:27Alors, tout ce beau monde qui venait du monde entier, chacun avait amené sa culture.
04:36Alors nous aussi, on avait notre culture, mais bon, il fallait montrer ce qu'était le Sénégal.
04:44Alors, comme que nous, nous jouions avant la musique variété, on reprenait les morceaux cubains,
04:53on reprenait les morceaux congolais, on jouait du jazz et tout ça,
04:58on a dit pourquoi ne pas ne pas créer aussi quelque chose qui nous appartient.
05:04Bon, comme qu'il y avait des griots chanteurs qui étaient là, on a eu la chance de rencontrer un certain Laimboub.
05:09Laimboub, il avait un talent terrible.
05:14Je crois que c'est lui qui a sorti même cette Tissile-là,
05:17parce qu'à travers ses chansons, on a su jouer cette musique-là qui appartient au Baobab.
05:25Le morceau d'El Ouag Nidjaï, c'est un chef-d'oeuvre.
05:30C'est un morceau vraiment standard.
05:32On a su créer notre propre style de musique.
05:52Le charme, c'était que nous aussi, dans notre environnement, on se complétait.
05:57Chacun amenait quelque chose.
06:02On n'imposait rien à personne, bien qu'Atiso, c'est lui qui a arrangé les morceaux,
06:06mais on n'imposait personne à faire ceci ou cela.
06:10Tu viens, tu amènes ce que tu sens.
06:13Comme que le Baobab est un esprit.
06:15Donc quand tu viens, tout de suite, si tu es un très bon musicien, là tu t'adaptes.
06:20Donc la beauté, c'était que nous, on a intégré les griots.
06:26Ils sont venus, ils ont adhéré, ils ont accompli ce qu'on voulait faire.
06:31Donc je rends hommage aujourd'hui à Tissot, Issa Sisoko,
06:36Balassidibé, Rue du Gomis, Charly Nidjaï, Sidatli.
06:41Bon, c'était en 70.
06:54Bon, moi j'ai pris le train en marche en 1974.
06:59Parce que parmi ces anciens-là, il y avait un certain Moussakan qui jouait les Kongas.
07:04Lui, il l'avait quitté parce qu'il était allé en Europe avec un autre groupe qui s'appelait le Black Soul.
07:08C'est là qu'on m'a appelé que je suis venu.
07:11Alors quand je suis venu, je me suis adapté.
07:15J'étais un très jeune, moi et John Seck, on s'est adapté.
07:17Dès qu'on est venu, on a épousé l'esprit du Boabab et tout de suite, on s'adapte, John et moi.
07:24Alors on a fait 5,33 tours, 5 disques, alors vraiment qui ont fait exploser Dakar.
07:34Vraiment, c'était quelque chose de très beau.
07:37On a vécu d'agréable moments ensemble.
07:40On a joué partout dans la sous-région, partout au Sénégal.
07:47Et en 1978, hop, on trouve un contrat qui nous amène ici à Paris.
07:52Ça nous a permis de faire deux disques.
07:55Le Boabab à Paris, c'était en 1978.
07:58Alors ce sont ces deux disques-là qui se sont éparpillés dans le monde entier.
08:02Et c'est ce qui a fait qu'on était déjà connus avant qu'on ne revienne en Europe en 2001.
08:09Le succès du groupe de Dakar s'étend à toutes les villes du Sénégal, puis jusqu'à Paris.
08:31Cette popularité dure jusqu'à la fermeture du club Baobab en 79, puis est peu à peu balayée par l'arrivée du mouvement de Balax,
08:39dont You Sundour est l'une des têtes d'affiches.
08:42Les divergences d'opinion sur pour ou contre suivre ce nouveau mouvement tendent les relations entre les membres du groupe,
08:48qui finissent par se séparer en 1987, après avoir enregistré une quinzaine d'albums.
08:54Il y a eu un moment où tous ces anciens-là sont partis.
09:08Vraiment, quoi.
09:10Ils n'étaient plus là, donc il fallait élever le Boabab.
09:13Le Boabab était complètement à terre.
09:16Mais 14 ans plus tard, en 2001, le directeur du label World Circuit Records, à l'origine du groupe cubain Buena Vista Social Club, Nick Gold,
09:26souhaite réunir de nouveau les talentueux musiciens de l'orchestra Baobab et réédite l'album Pirate's Choice, paru en 82.
09:34Après des diffusions sur les radios internationales qui leur valent un retour sur les scènes européennes,
09:38ils sortent leur premier album, depuis leur retour, coproduit par nul autre que Yusundur en 2002, Specialist in All Styles.
09:49Bolero.
09:49Wilfried, le saxophoniste actuel de l'orchestra Baobab, m'a appelé pour me dire, voilà, viens au studio tout de suite,
09:56parce qu'il y a un groupe qui enregistre un album et on a besoin d'un guitariste qui joue la musique de la vieille école.
10:03Alors comme moi, c'était tout mon parcours, c'est d'écouter les anciens morceaux, la rumba congolaise, les pépés calés, les bantous de la capitale.
10:14Moi, c'était, voilà, ma sélection de musique.
10:17Donc, dès que je suis arrivé, il y avait le producteur qui était là, Nick Gold, le chef d'orchestre, Tiano Kuaté.
10:22Dès le premier morceau, quand j'ai joué, le producteur a fait comme ça et paf, c'est fini.
10:27C'est l'entrée, c'est le ticket d'entrée dans l'orchestra Baobab.
10:31Et eux, heureusement qu'ils aiment cette musique ancienne-là, parce que la rumba, la pachanga, les boleros, tout ça,
10:42il y a même notre guitariste, René, bolero, il s'appelle, il s'appelle bolero.
10:51Bolero, c'est une musique très ancienne.
10:53Alors, nous leur inculquons cette musique ancienne-là, et vraiment, ça leur plaît énormément, parce que, vraiment,
11:04ils aiment jouer cette musique-là, et puis, ils apportent aussi leur touche, ce qui est moderne en eux, quoi.
11:13Parce que le Baobab, c'est un esprit.
11:15Il y en a qui sont passés, mais ils n'ont pas compris.
11:19Mais eux, ils sont là, ils incarnent ceux qui étaient là.
11:22On préserve rigoureusement l'identité de la musique d'orchestre Baobab,
11:41tout en mettant un peu la touche actuelle, parce qu'on remarque de jour en jour
11:45que le grand public, la jeunesse, tout le monde s'intéresse à la musique de l'orchestre Baobab.
11:51Donc, aussi, on essaye de faire un bêtissage entre la nouvelle génération et l'ancienne génération,
11:57tout en gardant l'originalité de la musique de l'orchestre Baobab.
12:04Le son de l'orchestre Baobab est une fusion de plusieurs musiques et héritages.
12:09Et dans cette harmonie, les derniers membres arrivés injectent également leurs touches personnelles et leurs influences.
12:14Un travail de longue haleine pour ces musiciens éparpillés au quotidien dans leurs pays respectifs,
12:20du Togo au Bénin, en passant par la Casamance.
12:23Pour retrouver cette unité au moment des tournées, ils prennent le temps de travailler cet ensemble
12:27grâce notamment à des résidences artistiques.
12:30Ça a été le cas pendant cet entretien à l'Odéon de Tremblay,
12:33qui les a accueillis pour une résidence de plusieurs jours, avant leur passage à l'Olympia, à Paris.
12:37Ce n'est pas le travail, c'est justement l'objet de notre rendez-vous aujourd'hui à l'Odéon.
12:49On fait une résidence.
12:50C'est de travailler ensemble, s'écouter, partager des connaissances ensemble.
12:55Parce que l'Orchestra Baobob, il n'y a pas de « ouais, celui-ci, il est plus grand, il est plus âgé », non.
13:01On s'écoute tous, on partage tout ensemble équitablement et voilà, on se comprend, on travaille beaucoup
13:07et c'est ça qui fait la force des créations.
13:09Il y a beaucoup de rythmes africains qui se ressemblent, mais peut-être qui se jouent de manière différente,
13:21par exemple le mbala au Bénin, qui se jouent dans une région, le nord, du adjoukounatitengo,
13:28qui s'appelle le tekeh, qui s'appelle le tekeh.
13:32Et puis quand tu l'entends directement, tu entends le mbala directement dans cette musique-là, dans ce rythme-là.
13:38Donc l'Afrique incarne beaucoup de rythmes qui se ressemblent partout, voilà, donc ça a créé une facilité de travail ensemble.
13:52Après 50 ans, l'Orchestra Baobob a déjà vécu deux vies.
13:55La deuxième, il l'incarne en ce moment avec un objectif clair, passer le flambeau aux nouvelles générations d'artistes
14:02dans un respect intégral des fondations, des racines du Baobob.
14:06Une recette évidente pour assurer la longévité du groupe.
14:16C'est la fin de cet épisode d'Echos of Africa, Les Echos d'Afrique, une série originale d'Africa News Podcast.
14:23Merci à Guillaume Carole au montage.
14:26Pour réécouter cet épisode, rendez-vous sur africanews.com et sur votre chaîne de podcast préférée.
14:31C'était Pascal Kenya et je vous retrouve dans un prochain épisode.
14:35Merci à vous.
14:40Merci à vous.
14:41Merci à vous.
14:41Merci à vous.

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