00:00D'abord, Gilles Kepel, on a appris ces dernières heures que trois jeunes femmes de 18 à 21 ans,
00:05interpellant à Lyon, à Villers-Bannes, à Vierzon, préparaient des attaques dans des bars,
00:09dans des salles de concert, à peu près le même mode opératoire que les attentats du 13 novembre.
00:14C'est une relève djihadiste qui est de plus en plus jeune aujourd'hui et qui malheureusement est loin de se tarer.
00:19Oui, alors ça c'est le problème effectivement le plus préoccupant, j'avais appelé ça en son temps le djihadisme d'atmosphère,
00:25c'est-à-dire que vous avez des gens qui n'obéissent plus à des donneurs d'ordre,
00:30mais qui vont, à partir d'une socialisation dans des réseaux affinitaires,
00:34et également en se gavant des imbécilités qui passent sur les réseaux sociaux, sur le web, sur les messageries, etc.,
00:43qui vont faire une espèce de rupture par rapport aux valeurs de la société, une désinhibition complète.
00:48Il faut bien voir que vous avez aujourd'hui, dans la très jeune génération,
00:52une rupture complète par rapport à la transmission des parents, des maîtres, etc.
00:57puisque ce que vous lisez sur le téléphone, et qui vous touche par votre classe d'âge,
01:02s'impose à ce qui vient de la génération avant.
01:05C'est-à-dire, ça on est vraiment dans une espèce de malaise dans la civilisation,
01:09pour parler comme Sigmund Freud,
01:11et qui fait qu'on a cette désinhibition d'une partie de la jeunesse,
01:15et même de l'extrême jeunesse,
01:18pour lesquelles, finalement, il n'y a plus de barrage entre ce qu'on voit sur l'écran
01:23et ce qui se passe dans la réalité.
01:24Et ça, c'est extrêmement préoccupant.
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