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00:01La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité en ce 11 novembre est ministre des armées et des anciens combattants dans un contexte international particulièrement instable et menaçant,
00:11dix ans aussi après les attentats, les terribles attentats du 13 novembre 2015. Bonjour et bienvenue Catherine Vautrin.
00:17Bonjour Sonia Membroke.
00:18Merci de votre présence ce matin. Beaucoup de sujets à vous soumettre et avant d'évoquer toute cette semaine de commémoration et la menace qui nous fait face,
00:25revenons sur la remise en liberté de l'ancien chef de l'État, Nicolas Sarkozy, décidé hier par la Cour d'appel de Paris.
00:30Je rappelle que vous êtes issu de l'UMP, également vous avez été membre des Républicains. Comment avez-vous appréhendé une telle décision hier ?
00:38J'ai été membre des Républicains, je ne le suis plus. D'abord je remarque que Nicolas Sarkozy a bien sûr exécuté toutes les obligations qui étaient les siennes avec courage.
00:48Je ne commenterai pas de décision de justice mais à titre personnel, évidemment, je suis contente pour lui qu'il puisse continuer à effectuer la peine qui est la sienne dans de nouvelles conditions.
00:59Soulagé, certains ont estimé que ces trois semaines de prison auront été trois semaines d'humiliation, c'est le cas ?
01:04C'est en tout cas une véritable épreuve.
01:06Alors que dans 48 heures, Madame la Ministre, nous commémorons les dix ans des attentats du 13 novembre 2015.
01:11L'affaire autour de Salah Abdeslam scandalise, véritablement choque tous les Français.
01:16Il a donc été, je le rappelle, en possession d'une clé USB avec des vidéos du groupe Etat islamique.
01:21Son ex-compagne a été crouée et mise en examen pour un possible projet d'attentat terroriste.
01:26Nous parlons quand même de l'homme qui est responsable de 130 morts et de son ex-compagne.
01:30C'est un scandale, c'est à tout le moins une faillite.
01:32Très concrètement, alors une faillite, reconnaissons ensemble que d'une part le personnel pénitentiaire a fait le travail qui était le sien
01:42et je souhaite le souligner en mettant en avant la mise à disposition à Salah Abdeslam et ça je crois que c'est important de cette fameuse clé.
01:51Deuxièmement, la justice fait son travail aujourd'hui, ce qui veut dire que nos services sont totalement mobilisés.
01:58Et je crois que c'est là-dessus qu'il faut qu'on avance, c'est-à-dire qu'il faut se dire que la menace, elle est permanente, elle est lourde
02:06et que la France, bien sûr, mais pas que la France d'ailleurs, que les dirigeants de la planète ont un sujet qui est celui du terrorisme
02:15et que nous devons travailler sur le sujet.
02:17Donc très concrètement en France, ça s'articule sur du renseignement intérieur, du renseignement extérieur
02:21et puis aussi sur, il faut le dire, le positionnement de nos militaires, aussi bien dans des opérations comme Chamal que sur des opérations comme Sentinelle.
02:29Nous allons en parler, vous parlez Catherine Vautrin, d'une menace terroriste importante, constante et lourde sur notre sol.
02:35Quel est son carburant aujourd'hui ?
02:36Autrefois c'était, ou c'est peut-être toujours, la Syrie et le groupe État islamique qui était l'État islamique, le califat.
02:43Est-ce qu'aujourd'hui c'est davantage l'antisémitisme et Gaza qui sont le carburant de cette menace ?
02:47Alors je crois qu'il n'y a pas qu'un seul carburant, malheureusement, on le voit très bien,
02:52puisque vous avez, vous venez de citer la situation internationale,
02:56mais on sait très bien qu'en Syrie, nous avons des forces qui se reconstituent, c'est un premier élément.
03:01Si vous regardez la zone Sahel, nous savons que là aussi nous avons des sujets,
03:06il suffit de regarder la situation de Bamako au moment où nous nous parlons, c'est un point extrêmement important.
03:12Et puis, globalement, on pourrait dire que l'Afrique est malheureusement un théâtre sur lequel la menace islamique est absolument forte,
03:21avec encore aujourd'hui une présence très importante d'islamistes.
03:25Et si je continue, nous ne pouvons pas oublier notre territoire national,
03:30avec une radicalisation d'un certain nombre d'individus, plus ou moins isolés.
03:35Et ce qui peut aussi nous frapper, je crois que c'est important qu'on se le dise,
03:39c'est aussi une population très jeune, puisque ce que l'on sait,
03:43c'est qu'un certain nombre de mineurs ont été arrêtés sur des sujets liés au terrorisme,
03:51et je le répète, des mineurs, qui donc seraient très perméables à ces idéologies.
03:56Donc, vous voyez combien on a effectivement plusieurs faisceaux,
04:00dont l'importance de la mobilisation du pays.
04:02Et quelle est votre plus grande crainte aujourd'hui, et celle des autorités et des renseignements ?
04:06Ce sont des attentats ciblés, un attentat d'ampleur, des attaques isolées ?
04:11Je pense que l'ensemble doit être regardé, et c'est d'ailleurs le travail qui a été,
04:14vous le savez, en matière de sécurité intérieure,
04:17je voudrais saluer le travail qui est fait par mon collègue Laurent Nunez,
04:20et ce qui est fait, évidemment, par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure,
04:25qui travaille en complémentarité, bien évidemment, avec les services de la DGSE,
04:30mais je voudrais également souligner le travail fait par nos militaires.
04:34Il ne faut pas oublier que Sentinelle, qui nous paraît vivre, être là au quotidien,
04:39Sentinelle, c'est la réponse de la France après les attentats de 2015, Sentinelle à 10 ans.
04:44Sentinelle, au moment où nous nous parlons, ce sont 10 000 personnes,
04:4810 000 professionnels potentiellement mobilisables,
04:507 000 qui le sont, 3 000 de plus en temps de crise,
04:54donc c'est dire si c'est un effort important de l'armée française.
04:57Je citais Chamal au Levant, Chamal, ce sont 1 000 soldats au moment où nous nous parlons.
05:02Alors le Levant, la Syrie, le président syrien Catherine Vautrin,
05:05Ahmed El-Chara, a été reçu hier à la Maison Blanche par Donald Trump,
05:09Emmanuel Macron aussi, il avait reçu, rencontré à l'Élysée,
05:13rappelant qu'il était auparavant, j'ai dit été,
05:16mais la question reste en suspens, djihadiste,
05:18y compris au moment où les attentats du 13 novembre 2015 ont été fomentés en Syrie.
05:22Est-ce que, Catherine Vautrin, pour les besoins de la réelle politique,
05:25il faut serrer des mains ensanglantées, y compris avec le sang des Français ?
05:28Mais comme vous le savez, Souleyme Malbonk,
05:30la difficulté pour les dirigeants, quels qu'ils soient,
05:33est d'organiser au mieux la sécurité de nos pays,
05:37qui nécessite de discuter.
05:39Ce n'est pas parce que vous recevez, vous travaillez avec quelqu'un,
05:42que vous recevez forcément votre meilleur ami.
05:44ne confondons pas des relations qui se font en raison de position de telle ou telle personne
05:52et, évidemment, des relations de partenariat et d'amitié.
05:57Nous sommes là, vous venez d'employer vous-même le mot de réelle politique.
06:00D'abord, j'oserais dire que Donald Trump reçoit qui le veut,
06:04ce n'est pas à moi d'en juger,
06:05mais ce qui est certain, c'est que nous avons une obligation de travailler à l'échelle mondiale,
06:11parce que, comme on vient de le démontrer en échangeant pendant ces quelques minutes,
06:14malheureusement, les conséquences aujourd'hui de l'instabilité mondiale
06:18peuvent être partout, y compris sur nos intérêts nationaux.
06:21Et il y a des symboles, Catherine Votrin, en ce 11 novembre,
06:23nous commémorons aussi les 107 ans de l'armistice.
06:26Emmanuel Macron a, entre guillemets, profité de cette date,
06:28cette occasion, pour recevoir celui qui a été présenté par l'Elysée,
06:32je cite, comme le président de l'État de Palestine.
06:35Un État de Palestine pas encore défini.
06:37Et Mahmoud Abbas, reconnaissons-le, qui n'a plus beaucoup d'autorité,
06:40si ce n'est aucune, sur les territoires palestiniens.
06:43Quel symbole voulez-vous envoyer en ce jour ?
06:45Je crois que, si vous voulez, nous ne sommes pas là pour être à longueur de temps dans le symbole.
06:50Nous sommes là pour essayer de construire, notamment sur ce territoire,
06:56une approche qui soit une approche de paix,
06:59qui est un élément extrêmement important,
07:01et qui nécessite d'échanger avec l'ensemble de celles et ceux concernés par la situation.
07:06Il est le président de l'État de Palestine, de fait, sans élections nouvelles.
07:09Je ne vous ai pas dit qu'il était le président de l'État de Palestine.
07:12Je vous ai dit, et je répète, qu'il est nécessaire de travailler avec l'ensemble de celles et ceux
07:18qui sont concernés par les difficultés rencontrées sur ces territoires.
07:23Vous êtes ministre des armées françaises, dans un contexte de très grande tension,
07:27dans un contexte d'instabilité forte.
07:29Vous avez récemment affirmé que l'Europe, je cite,
07:32doit se préparer à un conflit de haute intensité d'ici 2030,
07:35et que votre responsabilité est de nous y préparer.
07:38D'abord, vous confirmez, Catherine Votrin, que vous préparez ensemble les Français à une guerre,
07:43avec une puissance nucléaire d'ici cinq ans.
07:46Les mots ont un sens, et donc je confirme que le chef des armées,
07:49c'est le président de la République.
07:51Que la ministre des armées et des anciens combattants a comme responsabilité
07:56que l'armée française soit entraînée, préparée, parce que c'est son métier.
08:02Ensuite, qu'elle soit préparée à toute menace qui concernerait notre territoire.
08:14Nous voyons bien que nous sommes dans une situation internationale très tendue,
08:19et comme le dit très bien le président de la République,
08:22pour être respecté, il faut être craint.
08:25Pour être craint, il faut être...
08:26De tous les pays, n'est-ce pas ?
08:27Et pour être craint, il faut être crédible.
08:29Russie comme Algérie.
08:30Complètement.
08:31Et pour être crédible, vous devez avoir une armée équipée, une armée entraînée,
08:36et ça, c'est le sens de ce que je fais,
08:38avec bien évidemment le chef d'état-major des armées et l'ensemble des équipes.
08:42Et on l'espère, c'est tout à fait normal,
08:44mais s'il y avait, si on se projetait d'ici cinq ans,
08:46ce serait un conflit de haute intensité avec quelle puissance ?
08:48À ce stade, je ne suis pas là pour faire peur aux Français en disant
08:52« attention, tel jour, telle heure », ce qui est certain.
08:55Aujourd'hui, nous sommes le 11 novembre.
08:57Nous voyons bien comment, il y a un siècle,
09:00notre pays a dû faire face à une situation
09:02et la difficulté qui est celle d'être en capacité de répondre aux menaces.
09:07Et donc, logiquement, nous travaillons à se préparer.
09:11N'oublions pas que nous avons vécu...
09:13Madame la ministre, il y a eu une guerre, nous sommes d'accord,
09:15avec des soldats, l'infanterie.
09:18Laissez-moi revenir sur un sujet majeur.
09:20Pendant pratiquement une petite dizaine d'années,
09:22nous avons assisté à un moment où nous avons vécu avec les dividendes de la paix.
09:28L'Europe s'est désarmée.
09:30Alors qu'ailleurs dans le monde, on s'armait.
09:33N'oubliez pas non plus que les États-Unis,
09:35qu'on a longtemps pris comme étant ceux qui, de toute manière,
09:38viendraient nous aider si nous avions un besoin.
09:41Les États-Unis sont les premiers à dire.
09:43Mon homologue, qui lui a le titre de secrétaire d'État à la guerre,
09:48dit, et je l'ai vu à l'OTAN le 15 octobre dernier,
09:51c'est mon fur, l'Europe doit assurer sa sécurité.
09:54Si l'Europe doit assurer sa sécurité,
09:56évidemment la France veut, elle ne doit pas,
09:59elle veut assurer sa sécurité,
10:01elle doit donc se préparer à toute menace.
10:03Je vous pose la question directement, Catherine Votra,
10:05parce que certains dans l'opposition vous accusent,
10:08estiment ou vous soupçonnent de faire une diversion,
10:10non pas vous, mais pour masquer ce que certains qualifient
10:13d'incurie de l'Europe, de dire qu'il y a un conflit
10:16à nos portes demain, d'ici cinq ans ?
10:18Vous savez très bien, et on le voit,
10:20ce qui est absolument important à ce stade,
10:24c'est que le fait que la Russie ait attaqué
10:28un pays souverain qui s'appelle l'Ukraine,
10:30qui est à nos portes, génère de la part de l'Europe
10:33évidemment une notion de préparation,
10:37et c'est bien la raison pour laquelle nous sommes actuellement
10:39sur le flanc est tout à fait impliqués.
10:42La France est nation cadre pour l'OTAN en Roumanie
10:46au moment où je vous parle,
10:47et ça c'est bien l'aspect finalement Europe de l'OTAN
10:50avec une organisation qui permet effectivement
10:53de nous préparer, de nous entraîner,
10:55parce que c'est un sujet majeur.
10:57C'est un sujet majeur évidemment,
10:58et on sait qu'il y a un sujet depuis toujours
11:00au niveau des munitions, des armées françaises,
11:03mais rappelons quand même en ce jour
11:04que nous sommes une puissance nucléaire.
11:06D'ailleurs peut-être pour ceux qui nous regardent
11:07et nous écoutent ce matin, notre arsenal,
11:10le nombre d'ogives nucléaires,
11:12le nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins,
11:15est-ce qu'on peut préciser combien nous en avons ?
11:16Non, c'est totalement secret,
11:18et donc je ne donnerai évidemment pas...
11:19Il y a 290 ogives, madame, non ?
11:22Non, je ne vous donnerai pas le nombre de têtes,
11:25ce sont des choses qui sont parfaitement secrets,
11:29donc je ne vous donnerai pas le nombre de têtes,
11:32ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement,
11:34notre pays s'équipe,
11:36notre pays s'équipe sur l'ensemble du spectre,
11:41parce que quand on regarde ce que l'on retire
11:44comme expérience, par exemple, de l'Ukraine,
11:47on voit que nous devons être équipés dans tous les domaines.
11:49Bien, anti-drônes, les drones, évidemment.
11:51Les drones, la lutte anti-drônes, bien évidemment,
11:54mais aussi l'infanterie, mais aussi l'aviation.
11:57Et c'est tout le sens de ce qui a été fait
11:59par le président de la République dès 2017,
12:02amplifié par le Premier ministre Sébastien Lecornu
12:04avec la loi de programmation militaire
12:06et le projet que je porte maintenant,
12:09qui est celui de l'actualisation annoncée
12:11par le président de la République le 13 juillet dernier
12:13à l'hôtel de Brienne.
12:15Pourquoi ? Parce que nous voyons bien
12:17que l'égard à l'état de la menace,
12:18il faut aller plus loin.
12:19Je parlais dessus des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins,
12:21non, ça ce n'est pas secret défense.
12:22Non, bien sûr que non.
12:23Nous avons le téméraire, nous avons le vigilant.
12:25Tout à fait, et nous continuons à travailler.
12:27Combien nous en avons ?
12:28Nous en avons aujourd'hui,
12:29nous avons à la fois les lanceurs d'engins,
12:31nous avons également les autres sous-marins.
12:35Nous en avons quatre ?
12:36Nous en avons six.
12:37Six.
12:37Et nous avons d'une part des sous-marins,
12:39nous avons parallèlement à ça
12:41des travaux qui sont menés
12:42sur une évolution de nos sous-marins.
12:45Mais il n'y a pas que les sous-marins,
12:47il y a tout le travail qui est fait
12:49avec l'aviation, avec le rafale.
12:52Nous avons donc une palette
12:54qui permet de répondre à l'ensemble de nos sujets.
12:57Justement, je voulais y venir, Catherine Votrin,
12:59parce que c'est l'un de vos grands chantiers.
13:01C'est aussi l'avion de combat européen,
13:03connu sous l'acronyme SCAF,
13:04qui vise en réalité à concurrencer,
13:07en tous les cas à rivaliser avec le F-35 américain.
13:10Alors dites-nous ce qui se passe,
13:11parce qu'en regardant la presse allemande,
13:14et vous allez vous rendre à Berlin ce vendredi,
13:17l'Allemagne risque de prendre la main
13:19sur notre défense,
13:20sur notre industrie de défense.
13:21C'est la crainte, en tout cas de Dassault,
13:22qu'il a clairement exprimé.
13:24Et certains craignent que par idéologie européiste,
13:28là je parle de l'opposition,
13:29on mette en danger nos intérêts de défense.
13:32Permettez-moi de vous dire
13:33que l'Allemagne ne va pas prendre la main
13:34sur notre industrie de défense,
13:36que la France a un savoir-faire en matière de défense
13:39avec des champions.
13:41Vous avez cité Dassault,
13:42je peux vous citer Thalès,
13:43si je vais prendre un deuxième exemple,
13:45qui notamment en matière de radar
13:47est un leader comme les Dassault sur l'aviation.
13:50Et le Rafale est aujourd'hui un de nos fleurons.
13:53Pour répondre très précisément
13:55à la question qui est la vôtre.
13:56Quand on parle du SCAF,
13:57nous parlons de deux choses.
13:58Nous parlons d'abord d'un porteur qui est un avion,
14:01et ensuite nous parlons d'un procédé
14:04qui s'appelle un cloud,
14:05qui permet de travailler ensemble
14:08dans le cadre d'une menace.
14:11Donc le sujet aujourd'hui avec l'Allemagne
14:13est un sujet autour du porteur.
14:15Ce qui n'est pas rien dans tout l'avion, reconnaissant.
14:18Vous avez sur le sujet SCAF trois pays.
14:22Au départ, en 2017,
14:23vous avez l'Allemagne, la France.
14:25C'est rajouté dans un deuxième temps l'Espagne.
14:28Et donc nous sommes en train de travailler actuellement.
14:31Alors il y a trois piliers
14:32dans la mise en place de cet avion
14:34et nous sommes en train de déterminer
14:35les caractéristiques de cet avion.
14:37La France a trois objectifs extrêmement importants.
14:41Le premier, c'est un délai.
14:42Nous voulons que cet avion soit opérationnel en 2040.
14:45Le deuxième sujet,
14:46c'est le poids de cet avion, 15 tonnes.
14:49Pourquoi ?
14:49Pour pouvoir apponter sur nos frégates.
14:51Troisième élément,
14:52nous voulons que cet avion soit exportable.
14:54Pourquoi ?
14:55Parce que vous le savez,
14:56l'un des fleurons de l'exportation
14:57de la BIT des Français,
14:59c'est précisément le rafal.
15:00J'ai rajouté un quatrième point,
15:01madame la ministre,
15:01c'est l'aspect politique quand même.
15:03On ne peut pas l'ignorer.
15:04Berlin est en train de prendre la main.
15:05Non, mais Berlin...
15:06Vous attendez...
15:07Vous nous affirmez ce matin
15:08que l'Allemagne est un partenaire fiable
15:10en matière de défense ?
15:11Non, mais entre être un partenaire fiable d'une part
15:13et prendre la main,
15:14les mots d'un sens.
15:14Permettez-moi de vous rappeler
15:15que l'Allemagne aujourd'hui
15:17n'a pas l'industrie.
15:19Quand vous parlez du F-35,
15:20vous parlez d'un avion américain.
15:22Il n'y a pas aujourd'hui en Allemagne
15:24de capacité à fabriquer un avion.
15:27Vous m'accorderez qu'on ne fait pas un avion
15:28du jour au lendemain.
15:29Il y a un peu de savoir-faire.
15:30Et donc, tout notre sujet,
15:32c'est effectivement de travailler
15:33avec les Allemands
15:34pour voir les usages de ce porteur
15:37et de regarder comment nous pouvons avancer.
15:39Mais vous n'avez pas dit...
15:40Pour vous, l'Allemagne n'est pas forcément
15:42un partenaire fiable en matière de défense ?
15:43Je n'ai jamais employé ce terme de fiable.
15:45C'est vous qui l'employez
15:46et je vous le laisse.
15:47Moi, je dis que nous travaillons
15:49avec les Allemands
15:50et qu'aujourd'hui,
15:51la question, elle est de continuer.
15:53Vous l'avez dit vous-même,
15:54je ne serai pas plus tard
15:55que vendredi à Berlin.
15:57Pour taper du poing sur la table ?
15:58Pas du tout, pour échanger.
16:00Le président de la République
16:01travaille régulièrement
16:03avec le chancelier Merz.
16:04Nous sommes encore...
16:05Ce sont des sujets
16:06qui, par définition,
16:08nécessitent que l'on trouve
16:09les voies et les moyens.
16:10C'est un sujet majeur, Madame la ministre.
16:12Pourquoi ?
16:12D'abord, notre pays
16:14connaît une instabilité politique
16:16qui est réelle.
16:17Donc, ça ne doit pas jouer
16:18aussi dans ces négociations
16:19en notre faveur.
16:20Dassault menace.
16:22Airbus pousse ses pions.
16:25Et Berlin, malgré tout...
16:26Rappelez-vous quand même
16:27quand on parle d'Airbus,
16:29Airbus est un leader européen.
16:31Il pousse ses pions.
16:32Mais quitte à faire sortir
16:33Dassault du jeu.
16:34On n'en est pas là.
16:35Aujourd'hui, celui
16:36qui est la référence
16:38en matière de construction,
16:41c'est évidemment Dassault.
16:43derrière, quand vous regardez
16:45les autres solutions,
16:46je vais vous donner
16:47un point extrêmement concret.
16:49À ce stade,
16:50il n'y a pas d'autres réponses
16:51en matière de moteur.
16:53Moi, je ne sais pas faire...
16:53Donc, Dassault ne pourra pas,
16:54ne pourra jamais sortir
16:56de ce projet ?
16:56Je ne vous ai pas dit ça.
16:57Je vous dis simplement...
16:58Une question, oui.
16:59Non, je vous dis simplement
17:00qu'aujourd'hui,
17:01une autre alternative
17:02pose la question d'un moteur.
17:04Un moteur,
17:05qui le fait ?
17:06Quelle souveraineté ?
17:07Ce sont des questions
17:08un peu sophistiquées
17:09et un peu compliquées.
17:10Mais en fait, pourquoi ?
17:11J'explique à nos auditeurs
17:13et téléspectateurs
17:13qui le comprennent parfaitement.
17:14La véritable question
17:15derrière tout ça,
17:16c'est comment concilier
17:17les intérêts et souverainetés
17:18des États européens.
17:19Et ça, c'est majeur,
17:20Madame la Ministre.
17:20Vous savez, on va se dire...
17:21Je partage complètement
17:22ce qu'on est en train de se dire.
17:23Je vais être très concrète avec vous.
17:25C'est ce qu'on appelle
17:26dans ces horribles acronymes
17:27la BITD,
17:28qui est la base industrielle
17:29de défense.
17:30C'est mon souci
17:31de tous les matins.
17:32En France,
17:33c'est 4000 entreprises.
17:34Donc, vous imaginez bien
17:35que moi,
17:37c'est majeur pour moi
17:38que Dassault reste le leader
17:39qu'il est.
17:40Airbus a des usines en France,
17:42donc je ne vais pas jouer
17:43les uns contre les autres.
17:44Moi, mon objectif,
17:45c'est que l'ensemble...
17:46Je suis une élue de territoire,
17:48vous le savez.
17:49Moi, sur mon...
17:49Et je suis à l'Est,
17:50donc c'est probablement
17:51l'endroit où il n'y en a pas
17:52autant qu'ailleurs
17:53parce qu'à une époque,
17:54il y a un siècle,
17:55ce n'était pas là
17:55qu'on mettait
17:56les industries stratégiques.
17:58Il n'en reste pas moins vrai
17:59que si vous regardez,
18:00honnêtement,
18:01ce sont 220 000 emplois en France.
18:03Donc, autant vous dire
18:04que c'est un sujet majeur.
18:06Et derrière,
18:07et notamment
18:07quand je suis assise à l'OTAN,
18:09mon sujet, c'est
18:10un, quelle retombée
18:11pour les industries françaises,
18:13deux, quelle retombée
18:14pour les industries européennes
18:15parce que c'est ça le sujet.
18:17En face, vous avez
18:17les Américains, par exemple.
18:19Eh bien moi,
18:20plus on fait travailler
18:21l'industrie française
18:22et l'industrie européenne,
18:23mieux je me porte.
18:24Alors, je ne sais pas
18:25si quand vous êtes assise à l'OTAN,
18:26on vous parle
18:26de la situation politique française,
18:28mais sans doute
18:29qu'on s'inquiète,
18:29les différents partenaires
18:30s'inquiètent
18:30de cette instabilité
18:31et donc du budget de la France.
18:33Catherine, votre insigne,
18:34il n'y a pas concrètement
18:35de budget dans les temps.
18:37Quel risque pour vous,
18:38pour votre ministère,
18:39surtout, et pour nos armées ?
18:40C'est extrêmement clair.
18:42Je vous l'ai dit tout à l'heure,
18:43mon budget représente
18:4557 milliards d'euros.
18:47Sur ces 57 milliards d'euros,
18:49il y a à peu près
18:5030 milliards de commandes.
18:52Donc, c'est vous dire
18:53si c'est un enjeu
18:54absolument majeur.
18:55Vous ne pouvez plus commander
18:56s'il n'y a pas de budget ?
18:57Vous ne pouvez plus passer
18:58de commandes ?
18:58Je ne fais pas de cavalerie.
18:59Si je ne peux pas payer,
19:00par définition,
19:00je ne commande pas.
19:02Donc, tout s'arrête.
19:03C'est quand même assez...
19:05Mais c'est la réalité.
19:06L'année dernière,
19:08vous vous souvenez
19:09de ce qui s'est passé ?
19:10Il n'y a pas eu de budget.
19:11Ça veut dire qu'on a pris
19:12trois mois de retard.
19:13Mais avec une loi spéciale.
19:14Et une continuité.
19:16Qu'est-ce que c'est
19:17la loi spéciale ?
19:18C'est le montant
19:18des recettes divisé par 12.
19:20Comme là,
19:21j'ai une augmentation
19:22de 13%.
19:24Et donc,
19:25je vous l'ai dit tout à l'heure,
19:266,7 milliards.
19:28Par définition,
19:29je ne peux rester
19:29que sur
19:31ce qui était
19:32budgété
19:33en 25.
19:34Alors que normalement,
19:36j'ai 6,7 milliards de plus.
19:37Donc, pas de budget,
19:38pas d'augmentation.
19:39Ça veut dire,
19:40oui, des commandes,
19:40mais moins de commandes.
19:41On a évoqué
19:42beaucoup de sujets
19:42compliqués et inquiétants.
19:44Peut-être une note d'espoir
19:45en ce 11 novembre.
19:46C'était aussi important
19:47que la mémoire
19:48se perpétue,
19:49qu'elle transmission.
19:50Vous êtes aussi la ministre
19:51des anciens combattants.
19:52Je vous laisse conclure
19:53avec un mot finalement
19:54à nos citoyens.
19:55Merci à vous.
19:56D'abord,
19:56les anciens combattants
19:57nous obligent
19:58parce que c'est à eux
19:58que nous devons le pays
19:59dans lequel nous vivons.
20:00Je porte le bleuet
20:01ce matin comme vous.
20:02Le bleuet a été créé
20:03il y a 100 ans.
20:05C'est un hommage
20:05aux victimes,
20:07à leur famille
20:07et je crois
20:08que leurs souvenirs
20:09nous obligent
20:09et que notre responsabilité
20:11c'est d'être dignes
20:12de ce qu'ils ont fait
20:12pour le pays.
20:13Merci Catherine Vautrin.
20:14Merci d'avoir été
20:14notre invitée
20:15en ce jour particulier.
20:16Bonne journée,
20:17à bientôt.
20:17Merci à vous.
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