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  • il y a 2 mois

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00:00C'est devenu un habitué Didier Reckner du week-end, cher Didier Reckner, ravi de vous retrouver.
00:05Merci.
00:06Bon, rendez-les les bijoux ! Rendez-les les bijoux, c'est pas moi qui le dis, c'est pas...
00:10Comment s'appelait-il ?
00:11Pierre-Emmanuel, chanson, chanson, chanson, pardon.
00:15Pas facile à dire, Pierre-Jean Chalançon.
00:18Mais c'est Emmanuel Macron qui en a parlé hier soir, écoutez.
00:21Nous avons commencé à interpeller une partie de la bande qui a mené ce vol.
00:28Les bijoux seront retrouvés, ils seront arrêtés, ils seront jugés.
00:33Et évidemment, nous l'avions déjà engagé dans un grand plan de réinvention, de renaissance du Louvre que j'avais annoncé il y a quelques mois.
00:40La sécurité du Louvre s'est totalement repensée.
00:42De ce qui s'est passé, et qui a été un choc pour tout le monde, l'occasion de sortir encore plus fort.
00:48Bon, il s'avance un peu le président de la République, les bijoux seront retrouvés.
00:53Oui, et ils seront jugés, j'entends.
00:54Didier Reckner, ils seront jugés, bien évidemment.
00:56Alors, est-ce que vraiment, aujourd'hui, l'enquête se précise et on peut imaginer retrouver les bijoux ?
01:03Ou là, on s'avance un peu trop, Didier Reckner ?
01:05Alors, je n'ai pas des informations que semble avoir le président de la République.
01:08Ce qui est rassurant, parce que c'est juste la personne qui devrait être la mieux informée de France.
01:11Donc, ça me va.
01:12Je suis comme vous, ce que dit la police, ce que dit le procureur.
01:17On apprend que les gens sont arrêtés, mais pour le moment, on n'a toujours pas les bijoux.
01:21J'espère qu'on va les retrouver. J'espère et je veux croire qu'on va les retrouver.
01:25Et en bon état, bien sûr.
01:26Alors, autre élément, ça c'est très important, c'est la Cour des Comptes qui a épinglé jeudi la gestion du musée du Louvre.
01:33Et j'ai pensé à vous dès que j'ai lu cette phrase.
01:36Et ce titre, c'est fascinant.
01:38La Cour des Comptes, je cite,
01:39« A tort d'être aussi sévère », réagit Laurence Descartes.
01:43Laurence Descartes, c'est la présidente directrice du Louvre.
01:45Mais on se fout de nous, ce directeur.
01:47Alors, ce qui est drôle, ce qui est bien, ce qui est normal,
01:50c'est que la Cour des Comptes, finalement, sur un aspect que je n'arrête pas de dire depuis le mois de janvier,
01:57dit la même chose que moi.
01:57Le projet, le nouveau Grand Louvre, nouvelle renaissance du Louvre, je ne sais plus,
02:02n'est pas financé, est beaucoup trop coûteux, est inutile.
02:06Voilà, ça fait quand même beaucoup de choses.
02:07Et en plus, c'est lui qui empêche les investissements nécessaires sur la sécurité, sur les bâtiments, etc.
02:16Il y a deux parties dans ce projet.
02:17C'est ce que je disais également.
02:18Il y a la partie, tout ce qui est sécurité, qui a été repoussée pour être mis ensemble avec le projet sur la colonnade,
02:23qu'on appelle le projet Nouvelle Colonnade.
02:25Alors, le premier projet, qui devrait être déjà mis en place, mais qui est urgent maintenant,
02:31il est financé, le Louvre à l'argent, c'est ce que je disais également.
02:34L'autre, on n'est pas financé du tout, et il coûtera 666 millions d'euros.
02:38Ce qui m'amuse déjà...
02:39On demandera Alexandre Devecchio, il est blindé.
02:42Ce qui m'amuse avec le chiffre 666, c'est qu'ils n'ont même pas vu, j'aurais peut-être pu dire 666.
02:46C'est bien sûr, c'est diabolique.
02:49Ça m'a beaucoup amusé.
02:50C'est une facture diabolique, bien évidemment.
02:53Qui n'est pas financée du tout.
02:53J'ai trouvé que, outre le fait qu'il s'avançait le président de la République,
02:58dans cette histoire de réinvention du Louvre, alors je sais que c'est le projet,
03:02mais il y a une incroyable outrecuidance des modernes, je crois.
03:05Je crois que ce qu'on demande à la France, c'est de préserver ses trésors.
03:09Mais qui va réinventer le Louvre ?
03:11C'est un trésor que tout le monde veut voir dans le monde entier,
03:15qui existe depuis des siècles.
03:17Donc pourquoi vouloir le réinventer ?
03:20C'était comme après l'incendie de Notre-Dame.
03:22Alors heureusement, ils ont reconstruit quasiment à l'identique, à part les vitraux.
03:26Mais je trouve que c'est d'une prétention formidable pour des gens
03:29qui n'arrivent pas tout simplement à faire leur métier,
03:32qui est, je crois, de conserver au départ.
03:35Et c'était le métier de Laurence Descartes.
03:37En plus, nouvelle renaissance.
03:39Renaissance, c'est déjà nouveau.
03:40Nouvelle renaissance, c'est un petit peu...
03:42Enfin, c'est n'importe quoi.
03:43Mais c'est nouvelle renaissance pour monter en haut,
03:46et puis descendre en bas.
03:47Ce qu'il faut voir, c'est qu'on parlait au départ d'un...
03:50C'est le projet Jean-Michel Cléonas.
03:51D'un projet global, qui comprend également des choses utiles.
03:55D'un projet global qui va être autour de 600, 700, 800 millions d'euros.
03:58On est à 1,15 milliard, ça n'a même pas commencé.
04:01Et toujours pas de responsable ?
04:02Il n'y a personne qui a sauté pour l'instant.
04:03Ah bah non, Mme Descartes est toujours là.
04:05Non mais, le toupet de Mme Descartes,
04:09qui est donc la présidente directrice du Louvre,
04:10qui va faire la leçon à la Cour des comptes,
04:14en disant, vous avez tort d'être aussi sévère.
04:16Mais vous, prenez pour qui ?
04:17Déjà, faites votre valise, faites votre carton.
04:20Il vient de se passer un scandale absolu.
04:22C'est le casse du siècle.
04:23Plus les jours avancent, plus on se rend compte que la sécurité,
04:26il y avait des failles XXL dans la sécurité.
04:30Et vous êtes là à faire la leçon.
04:31Elle avait proposé sa démission quand même.
04:33Non, non, elle l'a proposé.
04:35Alors, vie directaire, donnez la vraie version.
04:37La version, c'est qu'au coin d'une porte,
04:39et je le sais de source certaine,
04:41elle a dit à la ministre, je vous donne ma démission,
04:44elle a dit la ministre qui la soutient
04:45parce qu'elle soutient Emmanuel Macron
04:47et que Emmanuel Macron soutient Laurence Descartes
04:49parce qu'elle a son grand projet.
04:50On soutient les uns les autres.
04:51Oui, tout à fait.
04:52Elle a dit non.
04:53Et d'ailleurs, une démission d'un fonctionnaire,
04:55c'est par lettre que ça se fait.
04:57Au Sénat, on a posé la question à Laurence Descartes.
05:00Un sénateur a posé la question,
05:01est-ce que vous avez écrit une lettre ?
05:02Elle n'a pas répondu, évidemment.
05:04Elle n'a pas répondu, c'est-à-dire, elle a dit non ?
05:06Elle n'a pas répondu.
05:06Elle a dit je refuse.
05:07Mais non, au Sénat, vous avez vu,
05:08j'ai fait un article là-dessus d'ailleurs.
05:09Je vous adore, mais je ne vous suis pas...
05:12Non mais attendez, je profite du passage ici
05:15pour faire ma cité.
05:15Bien sûr, allez-y.
05:17Vous avez écrit sur la tribune.
05:18Donc j'ai écrit que...
05:20Mais dans quoi ? Dans quel magazine ?
05:21Latribune de l'art.com.
05:23Sur internet uniquement.
05:24Vous êtes le fondateur.
05:25Je suis le fondateur.
05:26Donc les sénateurs posent,
05:28et c'est toujours comme ça dans des audiences,
05:29ils posent des questions,
05:30ils sont cinq ou six,
05:31ça pose trois, quatre questions chacune,
05:33et après les gens répondent.
05:34Alors évidemment, c'est facile
05:35d'éluder une question
05:36en oubliant d'y répondre.
05:38Et puis les sénateurs
05:39ne reviennent pas dessus après.
05:40Donc on peut très bien...
05:41J'ai fait donc un article en disant
05:42toutes les réponses
05:43qu'elle n'a pas apportées,
05:44il y en a quand même pas mal.
05:45Oh, ben pourquoi vous ne me l'avez pas envoyée ?
05:47Je vous l'enverrai,
05:48mais lisez la tribune de l'art.
05:48Mais je vous remercie,
05:50vous avez entièrement raison.
05:51Latribune de l'art.com,
05:52fondée par Didier Reckner, bien sûr.
05:55On est avec Ariane en direct,
05:56parce que vous savez,
05:57ça fait encore parler,
05:57trois semaines après le 15 du siècle.
05:59Ariane, bonjour.
06:00Oui, bonjour.
06:02Bonjour à toute l'équipe.
06:03Vous nous appelez des Landes,
06:04c'est magnifique les Landes.
06:05Comment ça va Ariane ?
06:06Ça va très bien.
06:08Alors moi, je voulais juste témoigner
06:10pour dire que je trouve ça inadmissible
06:13que les gens ne prennent pas
06:16leurs responsabilités.
06:17Cette directrice aurait dû démissionner.
06:20de toute façon,
06:22ou alors on aurait dû la démissionner,
06:23dans tous les cas,
06:24mais effectivement,
06:25comme vous dites,
06:26ils se tiennent tous les coudes,
06:28donc c'est facile.
06:30Donc, on monte des projets
06:32qui sont complètement hallucinants,
06:34alors qu'on ne va même pas se préoccuper
06:37de la conservation,
06:39de la sécurité d'un musée
06:41tel que le Louvre.
06:43Moi, je trouve ça absolument sidérant.
06:47Et aujourd'hui,
06:48quand vous voyez que le président de la République
06:50réagit,
06:51alors il est à l'étranger,
06:52il est en Amérique du Sud,
06:52mais il promet,
06:53les bijoux seront retrouvés.
06:54Quand il y a eu ce cas,
06:56quel avait été votre sentiment
06:58il y a trois semaines ?
07:00Est-ce que c'était de...
07:01On a beaucoup parlé de honte,
07:02par exemple.
07:02Vous aviez eu honte aussi ou pas ?
07:04Oui, j'ai eu honte d'abord,
07:06et puis ensuite de la colère.
07:08Vraiment de la colère,
07:09parce que c'est insensé.
07:12Ça veut dire que notre patrimoine
07:15est à tous les vents.
07:18N'importe qui peut rentrer
07:19dans n'importe quel musée,
07:20parce que là,
07:21on parle du Louvre,
07:22parce que c'est un musée exceptionnel.
07:24Mais il y a tout un tas de musées
07:26où il y a eu des casses,
07:27dont on parle peu.
07:29Et c'est dégradant pour...
07:32On a presque honte d'être français, quoi.
07:35Pour rester avec nous, Ariane,
07:37je me retourne vers Didier Reckner.
07:39Je lis dans les colonnes de France Info
07:41que dans le rapport
07:42de la Cour des comptes sur le Louvre,
07:44il apparaît qu'un quart des salles du Louvre
07:46est équipée de caméras vidéosurveillantes,
07:49seulement un quart.
07:50C'est ce qui a été dit
07:50par la Cour des comptes.
07:52Depuis le casse, en fait,
07:54ils avaient fuité dans la presse.
07:56Oui, on a tous découvert
07:57que le Louvre était très mal protégé
07:59à l'occasion de cela.
07:59Moi, j'étais contre le projet
08:01nouvelle renaissance
08:03et on voit bien
08:04que j'avais, d'une certaine manière, raison.
08:06Je ne savais pas, en revanche,
08:07qu'il n'y avait pas de sécurité du tout
08:09au Louvre, à un tel point.
08:11Je ne le savais pas, ça.
08:12Dégradation des finances,
08:13acquisitions surdimensionnées,
08:16sous investissement,
08:17le rapport à Coblan
08:18de la Cour des comptes
08:18sur la gestion du Louvre.
08:19Quand on parle d'acquisitions
08:21surdimensionnées, c'est quoi ?
08:22Alors ça, c'est un point
08:23avec lequel je suis en désaccord
08:24avec le rapport.
08:26En même temps,
08:26ils ont un petit peu raison.
08:27Le Louvre achète mal
08:28et achète trop cher.
08:30Ça ne veut pas dire
08:31qu'il ne doit pas dépenser
08:31tout l'argent qu'il a dépensé.
08:33Pour les acquisitions,
08:33il doit simplement acheter mieux.
08:35Les acquisitions,
08:36c'est quelque chose de nécessaire
08:36pour un musée
08:37parce qu'il y a beaucoup d'œuvres
08:38importantes qui doivent être acquises
08:40par les collections nationales
08:41parce qu'elles sont montrées
08:43à tout le monde,
08:43parce que comme ça,
08:44elles restent en France
08:44et les gens peuvent les voir.
08:46Le problème,
08:47c'est que le Louvre,
08:47il l'achète souvent mal
08:49et finalement,
08:51ça nuit une fois de plus.
08:52Encore une mauvaise politique
08:53qui nuit à tous les musées.
08:55Il faut savoir qu'en 2012,
08:58François Hollande
08:58avait diminué par deux
08:59et c'était 20 millions d'euros
09:01par an
09:02que l'État donnait
09:02au musée,
09:03surtout au musée de province
09:04d'ailleurs,
09:04pour les acquisitions.
09:05Il a diminué ce montant
09:06par deux.
09:07Ça fait 10 millions
09:08qui sont reconduits
09:09tous les ans depuis.
09:10C'est-à-dire qu'avec l'inflation,
09:12on a perdu depuis 2012,
09:14on a perdu à peu près
09:14150 millions d'euros
09:16pour les acquisitions.
09:17Donc on ne peut pas dire
09:17qu'on dépense trop
09:18pour les acquisitions,
09:19on dépense beaucoup moins
09:19qu'avant.
09:21Il faut absolument
09:22acheter des œuvres.
09:23Il y a des œuvres
09:23qu'on laisse sortir
09:25de manière scandaleuse.
09:27Simplement,
09:28le Louvre n'achète pas bien.
09:29Il a acheté, par exemple,
09:29ça c'était avant
09:30Laurence Descartes,
09:30un tableau de Tiepolo,
09:32une fresque détachée
09:33de Tiepolo.
09:34Tiepolo est un grand pâtre,
09:34on n'a pas de grand tableau
09:35de Tiepolo.
09:36Si vous voulez en voir des beaux,
09:37aller à Venise
09:37ou au Métropolitain du Muséum
09:39où il y a des très grandes fresques
09:40superbes,
09:40ils ont acheté,
09:41comme des collectionneurs
09:43qui veulent compléter
09:44leur collection,
09:45ils ont acheté un tableau
09:45qui est en mauvais état,
09:47qui est beaucoup trop cher
09:47et qui n'est toujours
09:48pas exposé.
09:49Pourquoi ?
09:50Ah bah ça,
09:50c'était le précédent.
09:51Pourquoi dit George Fenwick ?
09:52C'était le précédent,
09:52je ne sais pas,
09:53parce que le précédent directeur
09:54n'était pas bien meilleur
09:54que la directrice actuelle.
09:56C'est une malédiction du jour.
09:57J'ai bien compris,
09:58Didier Reckner,
10:00s'il y a un successeur
10:02à Madame Descartes,
10:03c'est vous.
10:04Ah pas du tout,
10:04pas du tout.
10:05Non mais si on vous le propose.
10:07Je dirais évidemment non,
10:08c'est pas mon métier.
10:09Est-ce que je fais du journalisme ?
10:12Mais en revanche...
10:12Pardonnez-moi,
10:13vous pouvez être journaliste
10:14et dirigeant.
10:14Mais on ne me proposera pas,
10:15de toute façon,
10:15je vous rassure tout de suite.
10:16Non mais je ne vous ai pas dit ça,
10:17je vous ai dit,
10:18imaginons qu'on vous le propose.
10:19Et bien le jour où on me le proposera,
10:20je vous répondrai.
10:21Ah !
10:22Il n'a pas dit non,
10:23il n'a pas dit non.
10:24Il n'a pas dit non,
10:25Didier Reckner,
10:26directeur de la tribune de l'art.
10:27Un grand merci d'être venu nous parler.
10:29Merci à vous.
10:29Bien évidemment.
10:30Et n'oubliez pas,
10:31c'est quoi la formule ?
10:32Alexandre Devecchio ?
10:33Rendez.
10:34Rendez la joconde.
10:36Non, pardon.
10:37Rendez les boujoux.
10:38Les boujoux.
10:39Les boujoux.
10:39On n'arrive même pas à protéger
10:45les bijoux de famille.
10:47Pardonnez-moi l'expression.
10:48Je ne suis pas sûr de vous pardonner.
10:51Il est midi 42,
10:52je vais réfléchir pendant la pause
10:53si je vous pardonne ou non.
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