- il y a 3 mois
Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et président du parti de droite Les Républicains, était l’invité d’“En Campagne” face à Apolline de Malherbe. Il a été interrogé sur les sujets qui font l'actualité, comme le drame survenu sur l'île d'Oléron, l'examen du budget 2026 ou l'implantation de la plateforme chinoise Shein au BHV, à Paris.
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TVTranscription
00:00:00C'est le grand retour de Bruno Retailleau sur le terrain, première étape d'un tour de France aux allures de pré-campagne présidentielle.
00:00:07Monsieur Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
00:00:10Dès sa prise de fonction, il s'est engagé dans une logique de communication tous azimuts.
00:00:14Trois priorités, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre.
00:00:18Les narco-racains n'ont plus de limite. La France sera sur la voie de la mexicanisation.
00:00:23Il est dans la foulée du Rassemblement National.
00:00:25De faire de la politique avec de la déclaration, avec des anathèmes, je suis pour l'union des électeurs de droit.
00:00:32La victoire sans appel de Bruno Retailleau qui est donc le nouveau patron des Républicains.
00:00:38C'est autour de lui qu'on va se rassembler pour que notre famille politique se redresse.
00:00:41Laurent Wauquiez, oui, c'est un traître. Il ne tient pas sa parole. Il a promis, il a trahi.
00:00:46Bruno Retailleau vient-il de signer l'arrêt de mort de ce gouvernement ?
00:00:50J'ai remis la démission du gouvernement.
00:00:52On n'avance pas en zigzag, on avance droit devant.
00:00:55Bonsoir à tous. Le temps politique s'est accéléré.
00:00:59Le pays est en crise et on le sent bien.
00:01:02Nos politiques eux-mêmes se vivent comme en sursis.
00:01:05À tout moment, il peut y avoir blocage, il peut y avoir censure, dissolution.
00:01:09Il y a même des appels à la démission ou à la destitution du président de la République.
00:01:13Alors, le pays est entré en campagne.
00:01:16Sur BFM TV, on a voulu être au rendez-vous de ce défi,
00:01:19créer ce nouveau format où l'on va à la rencontre, sur le terrain,
00:01:24de ceux qui comptent et de ceux qui compteront demain, de ceux qui sont en campagne.
00:01:29Et pour ce premier numéro, c'est avec Bruno Retailleau.
00:01:32Bonsoir, Bruno Retailleau.
00:01:34Bonsoir, bonsoir, Pauline de Valère.
00:01:35Je vous avais quitté ministre de l'Intérieur.
00:01:38Je vous retrouve ici.
00:01:38Nous sommes à Brissur-Marne, où vous avez décidé de commencer un tour de France.
00:01:42Pourquoi Brissur-Marne ? Pourquoi un tour de France ?
00:01:44Pourquoi Brissur-Marne ? Parce que, d'abord, j'étais venu comme ministre.
00:01:48C'était un moment, pour moi, très chaleureux, mais très émouvant.
00:01:51J'étais venu pour l'inauguration d'une statue d'Arnaud Beltrame,
00:01:54colonel qui a donné sa vie.
00:01:56Et pour moi, c'est une figure d'espérance.
00:01:57Il faut d'espérance dans ce monde un peu gris aujourd'hui.
00:02:00Et Arnaud Beltrame, pour moi, c'est la radicalité du bien face à la radicalité du mal.
00:02:06Vous savez qu'il a donné sa vie.
00:02:07C'est une des figures, si ce n'est la figure que vous retiendriez
00:02:11quand vous parlez d'un Français, du courage,
00:02:14c'est une des figures, certainement.
00:02:17Et en plus, il l'a fait face à une radicalité du mal,
00:02:20incarnée précisément par la barbarie islamiste.
00:02:23Et puis Brissur-Marne, pour moi, c'est vraiment la ville moyenne.
00:02:27Vous voyez, moins de 20 000 habitants,
00:02:29très représentatifs, à la fois des classes moyennes,
00:02:32de la France que j'appelle la France des honnêtes gens.
00:02:34C'est la raison pour laquelle je suis venu ici
00:02:36pour commencer un tour de France.
00:02:37C'est important pour moi, parce que je pense que la politique
00:02:41est trop déconnectée de la réalité de ce que vivent
00:02:44nos compatriotes, les Françaises, les Français.
00:02:47Moi, je veux les écouter.
00:02:48La radicalité du bien face à la radicalité du mal,
00:02:51la France des honnêtes gens.
00:02:52Je crois que vous avez posé le décor ici à Brissur-Marne.
00:02:55On va prendre le temps, justement, d'un entretien
00:02:58en profondeur sur votre projet pour la France.
00:03:00Comme vous voulez.
00:03:01On y va.
00:03:01Bruno Retailleau, pendant un an, un peu plus d'un an,
00:03:15vous avez été ministre de l'Intérieur.
00:03:17Pour la première fois aujourd'hui, peut-être,
00:03:18vous pouvez prendre un peu de recul.
00:03:20Quelle France vous avez vue ?
00:03:21Quel est le défi qui, à vos yeux,
00:03:23est le plus grand auquel on doit faire face ?
00:03:26Comme ministre de l'Intérieur, évidemment.
00:03:27Le défi, c'est le défi sécuritaire.
00:03:30C'est cette France qui s'en sauvage
00:03:32avec ce que j'ai appelé une fabrique de barbares.
00:03:35C'est-à-dire qu'on dit qu'il faut que ce soit
00:03:38la gendarmerie, la police, qui fassent régner l'ordre.
00:03:41Bien sûr, ce sont des forces de l'ordre.
00:03:43Mais ce que j'ai perçu, moi,
00:03:44c'est qu'on a une société qui se délite.
00:03:47Une société qui a dévalorisé la notion de respect,
00:03:51la notion d'autorité, la notion de hiérarchie.
00:03:54Et cette société permissive, très laxiste,
00:03:58a engendré ce que j'ai appelé une fabrique de violents,
00:04:01une fabrique de barbares.
00:04:02Et ce qui m'a beaucoup, beaucoup choqué,
00:04:04voyez, Apolline de Baleur,
00:04:05c'est que ce sont des jeunes, très jeunes,
00:04:08de plus en plus jeunes,
00:04:09qui sont capables, aujourd'hui, des pires crimes.
00:04:13Mais vous dites fabrique.
00:04:14Est-ce que ça veut dire qu'en quelque sorte,
00:04:16nous avons, nous tous, société française,
00:04:19État, français,
00:04:20généré cette violence, cette barbarie ?
00:04:24Oui, moi, je pense qu'il y a une idéologie
00:04:26à la suite des années 68.
00:04:29Il est interdit d'interdire.
00:04:32C'est vraiment le laisser-faire.
00:04:34C'est la dévaluation de la notion d'autorité,
00:04:37encore une fois,
00:04:38entre le maître et l'élève,
00:04:40entre le parent et l'enfant.
00:04:41On a laissé pousser cet ensouagement,
00:04:44comme vous dites ?
00:04:45Et on arrive aujourd'hui,
00:04:46et c'est ce qui me préoccupe le plus,
00:04:48ça me préoccupe pour aujourd'hui,
00:04:50et surtout pour l'avenir.
00:04:51Moi, vous voyez,
00:04:52quand j'avais, notamment,
00:04:55quand j'étais à Beauvau,
00:04:57lorsqu'il y avait des mineurs
00:04:59qui commettaient des crimes,
00:05:00parfois avec une mort qui s'ensuivait,
00:05:02ou alors des blessés très graves,
00:05:03je demandais systématiquement
00:05:04à voir ce qu'on appelle le tâche,
00:05:06les antécédents judiciaires.
00:05:08Ces jeunes étaient de plus en plus jeunes.
00:05:10Mais je constatais que ces antécédents,
00:05:12ils n'étaient pas au nombre de 10, de 15,
00:05:14et souvent de plus de 30.
00:05:16Ça veut dire qu'on laisse faire.
00:05:18Ça veut dire que notre société est permissive,
00:05:20qu'on refuse de sanctionner les mineurs.
00:05:23Qu'est-ce qui se passe ?
00:05:24Quand ils commettent un premier délit,
00:05:26ils continuent.
00:05:27Il y a le sentiment d'impunité.
00:05:29Il n'y a pas de punition.
00:05:30Il n'y a pas de sanction.
00:05:31Et donc, on les enferme
00:05:32dans des parcours de délinquance,
00:05:35et ça se termine mal.
00:05:36Très, très mal.
00:05:37Mal pour les victimes,
00:05:38mal pour eux aussi.
00:05:39Parce qu'au bout du compte,
00:05:40quand il y a un meurtre ou un crime,
00:05:42évidemment qu'il y a de la prison.
00:05:43C'est trop tard.
00:05:44C'est ce qui vous a le plus frappé.
00:05:44Ce qui vous a le plus frappé,
00:05:45c'est la jeunesse.
00:05:46C'est la jeunesse.
00:05:47Mais regardez,
00:05:48les narcotrafiquants,
00:05:49posez-vous une question.
00:05:51Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
00:05:53ces organisations criminelles,
00:05:55les narcotrafiquants,
00:05:56utilisent comme des Kleenex,
00:05:58des jeunes,
00:05:59qui sont des adolescents,
00:06:0014, 15 ans,
00:06:0116 ans,
00:06:03comme des hommes de main,
00:06:04pour commettre des crimes ?
00:06:05Parce qu'un,
00:06:06ils savent
00:06:06qu'il y a le sentiment d'impunité.
00:06:09Et ils savent que ces jeunes,
00:06:10désormais,
00:06:11sont capables de tout.
00:06:12C'est-à-dire qu'ils peuvent
00:06:13commettre un crime grave,
00:06:16parfois même avec torture,
00:06:18et quelques minutes après,
00:06:20prendre un pot
00:06:21avec une amie,
00:06:23un ami,
00:06:24à la terrasse d'un café.
00:06:25Ça veut dire que c'est aussi
00:06:26cette distinction
00:06:27entre le bien et le mal ?
00:06:28On a l'impression presque
00:06:28que quand vous parlez
00:06:30justement de ce passage
00:06:32sans transition
00:06:32de la pure barbarie
00:06:34à la légèreté d'un pot
00:06:36avec une amie,
00:06:37est-ce que ça veut dire
00:06:38que vous avez constaté
00:06:39une forme de démoralisation ?
00:06:42C'est-à-dire,
00:06:42au sens où il n'y a plus de morale,
00:06:44il n'y a plus le bien et le mal,
00:06:45est-ce que c'est ça
00:06:45ce que vous avez...
00:06:46On a tout fait pour ça,
00:06:47Pauline de Malherme.
00:06:49Souvenez-vous,
00:06:50il ne fallait surtout plus
00:06:51parler de morale.
00:06:52Et à la limite,
00:06:53on effaçait la frontière
00:06:54entre le mal et le bien.
00:06:56Tout ça, c'était ringard,
00:06:57vous voyez ?
00:06:58C'était pour la société d'avant,
00:07:00le vieux monde.
00:07:01Est-ce que ça a changé ?
00:07:02Est-ce que ça change ?
00:07:03Je pense que
00:07:04ce que j'appelle, moi,
00:07:05la France des honnêtes gens,
00:07:07elle veut de l'ordre.
00:07:09Et ça commence d'ailleurs
00:07:09par l'autorité parentale.
00:07:11Il y a trop d'ailleurs
00:07:12de mères qui sont isolées
00:07:13ou sont les pères.
00:07:15La figure de l'autorité
00:07:16aujourd'hui,
00:07:17souvent, elle est absente.
00:07:18Ça commence,
00:07:19l'autorité,
00:07:20le respect des autres,
00:07:21l'altérité,
00:07:22avec des frères et des sœurs,
00:07:23dans le cadre familial.
00:07:25Et ensuite,
00:07:26il y a le cadre scolaire.
00:07:27Mais j'ai touché le mal.
00:07:30Vraiment,
00:07:30à Beauvau,
00:07:30j'ai touché le mal.
00:07:31J'avais l'habitude de dire,
00:07:33quand je m'adressais
00:07:34à mes troupes,
00:07:35sapeurs-pompiers,
00:07:36policiers,
00:07:37gendarmes,
00:07:37préfets,
00:07:38que c'était un ministère
00:07:39en clair-obscur.
00:07:41Obscur,
00:07:41la part du mal.
00:07:42Toute cette chronique
00:07:43d'effets abominables
00:07:45qui me parviennent
00:07:46la nuit,
00:07:47le jour.
00:07:48Et je les reçois
00:07:49en direct
00:07:49sur mon portable.
00:07:50Ça,
00:07:51c'est la part obscure.
00:07:52Et puis,
00:07:52il y avait une part
00:07:53beaucoup plus lumineuse.
00:07:55Ce sont les hommes
00:07:56et les femmes
00:07:56de Beauvau.
00:07:58Sapeurs-pompiers,
00:07:58policiers,
00:07:59gendarmes,
00:08:00préfets,
00:08:00qui s'engagent,
00:08:02pas pour un salaire,
00:08:03qui s'engagent
00:08:04pour un idéal.
00:08:05L'idéal français.
00:08:06Ils sont patriotes.
00:08:08Ils veulent protéger
00:08:09leurs compatriotes.
00:08:10Vous vous rendez compte,
00:08:11quand je voyais
00:08:12des députés insoumis
00:08:13qui mettaient une cible
00:08:15dans le dos
00:08:15de nos policiers,
00:08:16de nos gendarmes,
00:08:17en disant
00:08:19la police tue.
00:08:20La police tue
00:08:21partout,
00:08:22tout le temps.
00:08:23Ça me rendait fou.
00:08:24Parce qu'ils protègent
00:08:25la République.
00:08:26L'un de vos prédécesseurs,
00:08:29Gérard Collomb,
00:08:30avait parlé au moment
00:08:30où il quittait Beauvau
00:08:31d'une France coupée en deux
00:08:33qui,
00:08:35jusqu'alors,
00:08:35disait-il,
00:08:36vivait côte à côte,
00:08:37mais il disait
00:08:38un jour,
00:08:39ils seront face à face.
00:08:41Est-ce que
00:08:41vous redoutez
00:08:42que ce temps
00:08:43ne soit déjà là
00:08:44ou n'arrive ?
00:08:45On arrive
00:08:46au temps
00:08:47de l'ensauvagement
00:08:48et il faut
00:08:49qu'on réagisse.
00:08:50Il faut qu'on réagisse
00:08:51en reversant la table.
00:08:53Avec une révolution pénale,
00:08:54par exemple,
00:08:55pour la justice
00:08:56des mineurs.
00:08:57Il faut que le Conseil
00:08:58constitutionnel
00:08:58considère que
00:09:00l'éducation,
00:09:02c'est aussi
00:09:03la sanction.
00:09:04C'est assez fondamental
00:09:05parce qu'on n'y arrivera pas
00:09:06sinon.
00:09:07Et puis je pense aussi,
00:09:08et c'est ce qui me préoccupe,
00:09:09c'est qu'il y a un phénomène
00:09:11à la fois
00:09:12des étrangers,
00:09:13des nouveaux venus
00:09:14qui ne veulent même pas
00:09:16s'intégrer.
00:09:16Je ne parle même pas
00:09:17d'assimilation.
00:09:18J'ai parlé,
00:09:18j'ai revendiqué
00:09:19l'assimilation,
00:09:20on pourrait y revenir
00:09:21pour les naturalisations
00:09:22quand on veut devenir
00:09:23pleinement français
00:09:24avec le droit de vote.
00:09:26Alors là,
00:09:26oui,
00:09:26je parle d'assimilation.
00:09:28Mais on a des nouveaux venus
00:09:29qui peinent de plus en plus
00:09:30à s'intégrer
00:09:31parce qu'ils rejettent
00:09:32des valeurs,
00:09:33parce qu'il y a un écart
00:09:34culturel trop important.
00:09:35Mais est-ce que la France
00:09:35est prête à les accueillir ?
00:09:37Ce que je pense aussi,
00:09:39c'est qu'on a des générations,
00:09:41la 2e,
00:09:41la 3e génération,
00:09:43où il y a quelque chose
00:09:44qui ne colle pas
00:09:44parce qu'il y a aussi
00:09:45un processus
00:09:46de désaffiliation.
00:09:48Et c'est ce qui me préoccupe.
00:09:50Je pense, moi,
00:09:51que ce phénomène,
00:09:52il est à double face.
00:09:55Quand on est français,
00:09:57quand on veut devenir français,
00:09:58c'est pas seulement
00:09:59par le sol,
00:10:00par la naissance,
00:10:01par le sang,
00:10:01mais c'est aussi
00:10:02par le cœur,
00:10:03en aimant la France.
00:10:03Mais je pense,
00:10:05et ça rejaillit
00:10:07sur nous-mêmes
00:10:08qui sommes déjà français,
00:10:10est-ce que nous croyons
00:10:11suffisamment en nous,
00:10:12en la France,
00:10:13pour qu'on se pose
00:10:14en modèle ?
00:10:14Non,
00:10:15parce qu'on a cultivé
00:10:16la repentance.
00:10:17On a dit à ces jeunes
00:10:18la France,
00:10:19elle est détestable.
00:10:20Elle est coupable,
00:10:21la France.
00:10:21Au fond, vous estimez donc
00:10:22qu'il y a une forme
00:10:23Emmanuel Macron,
00:10:25avant d'être président,
00:10:27parlait d'une sorte
00:10:27de terreau
00:10:28qui avait permis
00:10:30une forme de radicalisation,
00:10:32de rejet de la France,
00:10:33qui avait une forme
00:10:33de responsabilité
00:10:34de la France.
00:10:35Là-dessus,
00:10:35vous n'êtes pas
00:10:36totalement en désaccord.
00:10:37Il y a une responsabilité,
00:10:39il y a une main
00:10:39qui n'a pas été tendue.
00:10:41La main,
00:10:42elle est tendue.
00:10:43Vous me comprenez mal.
00:10:44Et c'est en cela
00:10:44que mon analyse
00:10:45est radicalement différente
00:10:47de celle d'Emmanuel Macron.
00:10:48Moi, je dis...
00:10:49Il n'y a pas d'excuse.
00:10:50Il parlait d'une forme
00:10:51de compréhension expliquée.
00:10:52Non, pour vous, non.
00:10:53Pour moi,
00:10:55c'est la culture
00:10:55de la pénitence,
00:10:57de la culpabilité.
00:10:58À force de dire
00:10:59que la France
00:11:00n'est pas aimable,
00:11:01comment voulez-vous
00:11:02qu'on la propose
00:11:04comme un modèle
00:11:04à aimer
00:11:05à ces jeunes générations ?
00:11:07Donc, de ce point de vue-là,
00:11:09je pense qu'il faut
00:11:09arrêter,
00:11:10tourner la page
00:11:10définitivement.
00:11:12Ça comprend d'ailleurs aussi
00:11:13le côté pénitentiel,
00:11:16ce ressentiment
00:11:17de culpabilité
00:11:17avec l'Algérie.
00:11:18Ça en est une illustration.
00:11:20Mais je pense qu'aujourd'hui,
00:11:21il faut dire
00:11:22aux jeunes Français,
00:11:23la France,
00:11:24bien sûr,
00:11:24qui a eu quelques pages sombres.
00:11:26Mais on a eu
00:11:26tellement de pages glorieuses.
00:11:29Et il faut la proposer,
00:11:30justement,
00:11:30pour qu'elles puissent être aimables
00:11:32et donc aimées.
00:11:33Vous parlez de l'Algérie.
00:11:35Évidemment,
00:11:36ça a été l'un des points
00:11:37sur lesquels
00:11:38vous auriez aimé,
00:11:39dites-vous,
00:11:40aller plus loin
00:11:41dans une forme
00:11:42de bras de fer
00:11:42assumée.
00:11:43Vous dites d'ailleurs
00:11:44« on ne m'a pas laissé faire ».
00:11:45Il y a des sous-entendus
00:11:46dans cette phrase.
00:11:47Ça veut dire quoi ?
00:11:48Très clairement
00:11:49que la ligne
00:11:50que j'ai proposée
00:11:51depuis le départ
00:11:52vis-à-vis d'un régime,
00:11:53je ne parle pas
00:11:54du peuple algérien,
00:11:55je parle d'un régime
00:11:56qui s'isole de plus en plus
00:11:58sur la scène internationale,
00:11:59qui se dévise
00:12:00de plus en plus
00:12:02contre lui-même,
00:12:04un régime
00:12:04qui utilise
00:12:05l'histoire,
00:12:06une histoire douloureuse,
00:12:07bien sûr,
00:12:08de la colonisation,
00:12:09pour la retourner
00:12:10contre nous.
00:12:11Et la France
00:12:12sert pour ce régime
00:12:14d'explication
00:12:15de bouc émissaire
00:12:16à tous ses échecs,
00:12:17comme s'il y avait
00:12:17un droit de tirage
00:12:18mémoriel,
00:12:20perpétuel
00:12:20et infini.
00:12:22Et ça,
00:12:22c'est insupportable.
00:12:23Qu'il y ait,
00:12:23comprenez-moi bien,
00:12:25qu'il y ait cette histoire
00:12:26tumultueuse,
00:12:27orageuse,
00:12:28douloureuse,
00:12:28ça, je le comprends.
00:12:29Je le comprends parfaitement.
00:12:31Mais les douleurs
00:12:31de l'histoire
00:12:32ne permettent pas
00:12:33à un pays
00:12:33comme l'Algérie
00:12:34ou à ce régime-là
00:12:35de s'essuyer les pieds
00:12:37sur mon pays,
00:12:38ma patrie.
00:12:38Vous l'avez dit
00:12:39de manière fracassante,
00:12:41en effet,
00:12:42en estimant
00:12:43à plusieurs reprises
00:12:44qu'il fallait
00:12:44des ultimatums
00:12:46en quelque sorte,
00:12:47qu'il fallait mettre
00:12:48l'Algérie
00:12:50au pied du mur.
00:12:51Votre successeur,
00:12:52Laurent Nunez,
00:12:53choisit
00:12:55une voie différente.
00:12:56Il dit qu'au contraire,
00:12:56il faut reprendre langue,
00:12:58relancer le dialogue
00:12:59et il vient d'ailleurs
00:13:00d'être invité
00:13:01par le gouvernement algérien
00:13:03à se rendre sur place.
00:13:04Est-ce que sa méthode,
00:13:06qui est une méthode
00:13:06davantage de dialogue,
00:13:08n'est pas finalement
00:13:09plus efficace ?
00:13:10Il va pouvoir aller leur dire,
00:13:11il va pouvoir aller les voir.
00:13:13Je vais vous dire,
00:13:13il n'y avait aucun risque
00:13:14pour que M. Téboune
00:13:15m'invite en Algérie.
00:13:17Les choses sont claires.
00:13:19Mais regardez,
00:13:20la crise...
00:13:20Si vous avez invité,
00:13:21vous n'auriez pas été ?
00:13:23Non,
00:13:23il ne m'aurait jamais invité.
00:13:25Simplement,
00:13:25ce que je veux vous dire,
00:13:26c'est que là m'attendu,
00:13:28ça fait des années
00:13:29qu'on l'attend à l'Algérie.
00:13:32Mais avec quel résultat ?
00:13:34Je veux simplement vous dire
00:13:35que la crise,
00:13:36elle m'a précédé.
00:13:37Moi, je rentre à Beauvau
00:13:38le 23 septembre 2024.
00:13:41Mais entre 2022 et 2024,
00:13:44il y a eu plusieurs crises.
00:13:46Je me souviens que les Algériens
00:13:47avaient refusé,
00:13:48souvenez-vous,
00:13:49l'espace aérien
00:13:50pour que nos avions
00:13:51qu'allaient lutter
00:13:52contre les terroristes djihadistes
00:13:54au Sahel,
00:13:55ils avaient refusé
00:13:56le survol de leur espace
00:13:58pour nos aéronefs.
00:14:00Ensuite,
00:14:01ils blacklistent nos entreprises
00:14:02pour la commande publique.
00:14:03Ils sont en train
00:14:04d'éradiquer le français.
00:14:05Ce que vous voulez dire,
00:14:06c'est que le refus du dialogue,
00:14:07ce n'est pas la France
00:14:08qui l'a amorcé.
00:14:09Mais bien sûr que non.
00:14:10Ils nous utilisent.
00:14:12Et nous, on est faibles.
00:14:14On est faibles.
00:14:15Alors, la crise,
00:14:16elle a culminé
00:14:17à un moment donné.
00:14:18Ça a été lorsque
00:14:19le président de la République
00:14:20française,
00:14:21Emmanuel Macron,
00:14:21et je pense à juste titre,
00:14:23a reconnu la souveraineté
00:14:24du Maroc
00:14:25sur le Sahara occidental
00:14:27qui est la grande affaire
00:14:28entre les deux pays,
00:14:29le Maroc
00:14:29et puis l'Algérie.
00:14:30Et la France a pris position
00:14:31pour le Maroc
00:14:32à juste titre.
00:14:34Et alors là,
00:14:34évidemment,
00:14:35ça a explosé.
00:14:36Et à ce titre,
00:14:37la coopération
00:14:38de la sécurité,
00:14:40notamment contre le terrorisme,
00:14:42s'est brutalement interrompue.
00:14:43Je n'étais pas ministre.
00:14:44Ce que je veux dire,
00:14:45c'est que depuis
00:14:46qu'Emmanuel Macron
00:14:47est à la présidence
00:14:48de la République,
00:14:49il n'a cessé
00:14:49de tendre la main,
00:14:51excepté le Maroc
00:14:52et le Sahara.
00:14:54Mais il a cessé
00:14:54de tendre la main.
00:14:55Pour quel résultat ?
00:14:57Vous redoutez donc
00:14:57que cette visite
00:14:58de votre successeur
00:14:59en Algérie
00:15:00ne porte aucun fruit.
00:15:02Il y a un principe
00:15:03que nos compatriotes,
00:15:04les Français,
00:15:04vont comprendre.
00:15:06Nous, on a un accord
00:15:06qui est totalement suranné,
00:15:09totalement déséquilibré,
00:15:10les accords de 68
00:15:11qui encouragent
00:15:12non pas une immigration
00:15:13de travail,
00:15:14mais une immigration
00:15:15de peuplement,
00:15:16une immigration familiale.
00:15:17Des privilèges exorbitants
00:15:19donnés aux ressortissants
00:15:20algériens,
00:15:21par exemple,
00:15:22par rapport aux Tunisiens
00:15:22ou par rapport
00:15:23à d'autres Maghrébins,
00:15:25par exemple,
00:15:25comme les Marocains.
00:15:26Nous, petit doigt
00:15:28sur la couture du pantalon,
00:15:31bon élève,
00:15:31on applique l'accord.
00:15:33Il y a d'autres accords.
00:15:34L'accord de 94,
00:15:35par exemple.
00:15:36Cet accord-là dit
00:15:38quand il y a
00:15:39un ressortissant algérien
00:15:40avec des papiers
00:15:41documentés,
00:15:43donc,
00:15:44eh bien,
00:15:44l'Algérie doit
00:15:45le reprendre
00:15:46parce qu'il le reconnaît
00:15:48comme un ressortissant algérien.
00:15:49Ils ne le font pas.
00:15:50Ça a été le cas de Mulhouse.
00:15:52L'attentat terroriste
00:15:53à Mulhouse,
00:15:55il y a quelques mois,
00:15:56c'est cet Algérien
00:15:58qui n'aurait jamais dû
00:15:59se trouver
00:15:59sur le sol français.
00:16:00Il était sous le coup
00:16:01d'une OQTF.
00:16:02Et voilà,
00:16:02OQTF,
00:16:03il avait été présenté
00:16:0314 fois
00:16:04aux autorités algériennes
00:16:06qu'il avait refusé.
00:16:07Donc,
00:16:07il y a un moment donné,
00:16:08moi,
00:16:08je veux bien
00:16:09qu'on aille faire des risettes
00:16:10à M. Tiboun
00:16:11ou qu'on aille prendre
00:16:12le thé
00:16:13en Algérie.
00:16:15Mais pour quel
00:16:16résultat ?
00:16:18Tant qu'il n'y a pas
00:16:19le principe
00:16:20de réciprocité,
00:16:22alors il faut
00:16:22la fermeté.
00:16:23plusieurs rapports
00:16:25sur la question
00:16:26de l'antrisme.
00:16:27L'un,
00:16:27vous avez été
00:16:27remis au ministère
00:16:29de l'Intérieur
00:16:29sur la question
00:16:30de l'antrisme
00:16:31des frères musulmans.
00:16:32Un autre,
00:16:32plus récemment,
00:16:33sur la question
00:16:34de l'antrisme
00:16:35de la République
00:16:36iranienne
00:16:37en France.
00:16:39Est-ce qu'aujourd'hui,
00:16:41vous estimez
00:16:42que ces deux rapports
00:16:43sont pris suffisamment
00:16:43au sérieux
00:16:44et qu'un certain nombre
00:16:44de mesures
00:16:45sont prises ?
00:16:47C'est très différent.
00:16:49Je pense que
00:16:50la menace
00:16:51la plus grave,
00:16:52c'est le rapport
00:16:53sur les frères musulmans,
00:16:55sur l'antrisme.
00:16:56Pourquoi est-ce
00:16:57que c'est grave ?
00:16:59Cette menace,
00:17:00elle est grave
00:17:00parce que
00:17:01c'est un islamisme
00:17:02à bas bruit.
00:17:03C'est un islamisme
00:17:04qui se cache,
00:17:05qui utilise nos valeurs,
00:17:07qui va dire,
00:17:07mais par exemple,
00:17:08sur le voile,
00:17:09il va le dire,
00:17:10c'est la liberté,
00:17:11vous êtes un pays
00:17:11de liberté,
00:17:12laissez-nous libres.
00:17:13Mais en réalité,
00:17:14leur agenda,
00:17:15leur objectif,
00:17:16c'est de faire basculer
00:17:17le territoire français,
00:17:19la société française
00:17:20dans la charia
00:17:21pour reconnaître
00:17:22qu'au-dessus
00:17:23de la Constitution,
00:17:24au-dessus
00:17:25de la loi de la République,
00:17:26il y a le Coran.
00:17:27C'est leur agenda.
00:17:28Vous venez de parler
00:17:29de la question du voile,
00:17:30vous avez peut-être vu
00:17:31cette image,
00:17:32la tribune
00:17:33de l'Assemblée nationale,
00:17:35le public
00:17:36dans la tribune,
00:17:38une sortie scolaire,
00:17:40semble-t-il,
00:17:41à l'invitation
00:17:41de Marc Fénaud,
00:17:42l'un de vos anciens collègues,
00:17:44qui était
00:17:44aux relations
00:17:45avec le Parlement,
00:17:47qui a invité
00:17:49cette école,
00:17:50qui est une école
00:17:51hors contrat,
00:17:52confessionnelle,
00:17:53et on a donc vu
00:17:54dans l'hémicycle
00:17:55ces jeunes filles
00:17:57scolaires
00:17:58voilées.
00:18:00Comment vous réagissez ?
00:18:02Le voile,
00:18:02pour moi,
00:18:03c'est un décombat.
00:18:04Ceux qui pensent
00:18:05que le voile,
00:18:06c'est qu'un simple bout
00:18:07de tissu,
00:18:08se trompe.
00:18:09Donc ça n'est pas anodin ?
00:18:10Le voile,
00:18:11pour moi,
00:18:12c'est au contraire
00:18:13un emblème.
00:18:14Un emblème,
00:18:15pas seulement religieux,
00:18:16mais un emblème politique,
00:18:19d'une idéologie politique,
00:18:21de l'islamisme.
00:18:22Et je pense que ce voile
00:18:24n'a rien à faire
00:18:24dans les tribunes
00:18:25de l'Assemblée nationale.
00:18:27Il ne tient d'ailleurs
00:18:27qu'à l'Assemblée nationale
00:18:29de rectifier son règlement
00:18:30comme le Sénat.
00:18:31Les choses ne sont pas
00:18:31très claires.
00:18:32Dans le règlement,
00:18:32il y a marqué
00:18:33qu'il faut être découvert.
00:18:34Mais est-ce que ça veut dire
00:18:35visage découvert ?
00:18:36Je peux vous dire
00:18:37que l'article 91
00:18:38du règlement du Sénat
00:18:39est très clair.
00:18:41Vous ne pourriez pas
00:18:41assister à une séance
00:18:43dans les tribunes,
00:18:44dans l'hémicycle,
00:18:45au Sénat,
00:18:46si vous aviez un voile.
00:18:48C'est-à-dire que
00:18:48les questions religieuses,
00:18:51d'appartenance religieuse,
00:18:52ne doivent pas être marquées.
00:18:53Il ne doit pas y avoir
00:18:53de marqueur.
00:18:54C'est écrit noir sur blanc.
00:18:56Bien sûr.
00:18:56Donc la Sénat n'a qu'à faire
00:18:57la même chose à vos yeux.
00:18:58Exactement.
00:18:59Simplement,
00:19:00je redis une chose.
00:19:01C'est que ne soyons pas naïfs.
00:19:03Et que le voile
00:19:04a deux objectifs
00:19:06pour notamment
00:19:07les islamistes.
00:19:09Le premier objectif,
00:19:10c'est de dire
00:19:11la femme est l'inférieur
00:19:12de l'homme.
00:19:14Deuxième objectif,
00:19:15c'est que nous ne sommes
00:19:16pas comme vous.
00:19:17Nous refusons
00:19:18de nous assimiler.
00:19:19Il y a une séparation
00:19:20qui se fait
00:19:21dans l'espace public.
00:19:23Et moi, je pense,
00:19:24et j'ai toujours milité,
00:19:26et notamment au Sénat,
00:19:27nous avions voté
00:19:27plusieurs textes de loi,
00:19:29propositions de loi,
00:19:31à l'initiative du groupe LR,
00:19:32par exemple,
00:19:33pour que dans les compétitions
00:19:34sportives fédérales,
00:19:36on ne tolère
00:19:37aucun voilement.
00:19:39Il y a la question
00:19:40de l'âge
00:19:41de ces jeunes filles.
00:19:43Alors, on n'a pas
00:19:44l'âge exact.
00:19:44Il semble que ce soit
00:19:45probablement autour
00:19:46de 10-12 ans.
00:19:48Est-ce qu'il faut,
00:19:49je précise,
00:19:50qu'il s'agit,
00:19:50semble-t-il,
00:19:51d'une école confessionnelle
00:19:52qui donc n'a pas à répondre
00:19:54à la loi de 2004
00:19:55qui interdit
00:19:56les signes religieux
00:19:58non seulement à l'école,
00:19:59mais aussi dans les sorties scolaires.
00:20:01Donc, semble-t-il,
00:20:01de ce point de vue-là,
00:20:02il n'y a pas de règlement
00:20:04qui s'applique.
00:20:05Mais il y a la question
00:20:06en effet de l'âge certain.
00:20:07Gabriel Attal lui-même disait
00:20:08qu'il faut interdire
00:20:09le voile aux jeunes filles.
00:20:11À partir de quel âge
00:20:13est-ce que vous estimez ?
00:20:14D'ailleurs, faut-il
00:20:14qu'il y ait une interdiction
00:20:16ou non ?
00:20:17Moi, je suis pour l'interdiction
00:20:19notamment dans les lieux publics,
00:20:22dans les services publics.
00:20:23C'est l'école, bien entendu.
00:20:25C'est toutes les excroissances,
00:20:26l'école hors les murs,
00:20:27par exemple,
00:20:28les sorties scolaires.
00:20:29Mais y compris pour des écoles
00:20:31hors contrat ?
00:20:32Écoutez, les écoles hors contrat,
00:20:33c'est une différence.
00:20:34C'est une différence.
00:20:37La loi 2004 a été une grande loi
00:20:39portée par ma famille politique.
00:20:41Mais je pense qu'il faut aller au-delà.
00:20:43Moi, je suis pour l'interdiction du voile
00:20:44dans l'université.
00:20:46Je suis pour l'interdiction du voile,
00:20:48comme je le disais à l'instant,
00:20:50notamment dans les compétitions sportives,
00:20:52fédérales, tout simplement,
00:20:54parce que le sport,
00:20:55c'est un moment de rassemblement.
00:20:55Mais vous ne mettez pas
00:20:56de limite d'âge ?
00:20:57Il n'y a pas pour vous
00:20:58la question du discernement ?
00:20:59Je suis évidemment défavorable
00:21:01à ce que des fillettes
00:21:02soient violées,
00:21:03voilées,
00:21:04parce que c'est un endoctrinement.
00:21:06Mais c'est très compliqué.
00:21:07Je ne peux pas laisser passer ce lapsus
00:21:09sans y revenir, pardon.
00:21:10Mais est-ce que...
00:21:11Comment vous expliquez avoir
00:21:15pris un mot pour un autre ?
00:21:16Je l'expliquerai facilement.
00:21:18C'est une forme de viol de la conscience.
00:21:20Voilà.
00:21:21Et c'est la raison pour laquelle
00:21:22je pense que ce qu'on est en droit
00:21:24de faire,
00:21:26c'est que dans des lieux publics,
00:21:28de services publics,
00:21:29on puisse interdire.
00:21:31Voilà.
00:21:31Je pense que là,
00:21:32ça me paraît être un bon équilibre
00:21:34pour que dans ces lieux,
00:21:37qui sont des lieux républicains,
00:21:38on affirme une posture laïque
00:21:41et cette séparation
00:21:42et ce non-endectrinement.
00:21:44Un mot sur ce qu'il s'est passé
00:21:46sur l'île d'Oléron.
00:21:48Cette attaque,
00:21:49un déséquilibré marginal,
00:21:51semble-t-il,
00:21:52converti récemment à l'islam,
00:21:54qui fonce sur des passants,
00:21:56un périple meurtrier de 35 minutes,
00:21:59cinq blessés,
00:22:00dont deux très graves.
00:22:02Il a crié à la Ouagbar,
00:22:03il avait une bonbonne de gaz
00:22:04dans sa voiture
00:22:05qu'il a tentée d'incendier.
00:22:06Au moment où l'on se parle,
00:22:09il n'y aurait pas,
00:22:11de motifs terroristes,
00:22:13à proprement parler.
00:22:14Le parquet national antiterroriste,
00:22:16d'ailleurs, reste en observation,
00:22:17mais ne se saisit pas.
00:22:20Comment vous jugez cet acte ?
00:22:21Je n'ai pas toutes les informations
00:22:23que le parquet national antiterroriste a.
00:22:25Je fais confiance au PNAT,
00:22:27que je connais bien,
00:22:28parce que j'ai eu à côtoyer,
00:22:31évidemment,
00:22:31un certain nombre de magistrats.
00:22:32Simplement,
00:22:33je trouve quand même
00:22:34qu'il y a des indices
00:22:35qui sont troublants,
00:22:37qui sont convergents,
00:22:37que vous avez vous-même rappelé.
00:22:39Le cri de guerre,
00:22:40Halakbar.
00:22:42Ensuite,
00:22:42un mode opératoire,
00:22:43la voiture bélier.
00:22:45Ensuite,
00:22:46non seulement la voiture bélier,
00:22:48mais dans le coffre
00:22:49des bonbons de gaz
00:22:51qu'on tente de faire exploser
00:22:52et on tente d'attirer
00:22:53les gendarmes,
00:22:54justement,
00:22:54pour qu'ils puissent être blessés
00:22:56ou qu'ils puissent périr
00:22:57dans cette explosion.
00:22:58Je crois qu'il a,
00:23:01en tout cas,
00:23:01c'est une indiscretion
00:23:02qui a été faite
00:23:03pendant la garde à vue,
00:23:04indiquer qu'il avait reçu
00:23:05une mission de Allah.
00:23:07Donc, voilà,
00:23:08je n'ai pas tous les éléments.
00:23:10Il est peut-être déséquilibré,
00:23:11mais, par exemple,
00:23:12les attentats,
00:23:13un attentat qui avait été perpétré
00:23:14contre un non-ressortissant français,
00:23:17c'était sur le pont de Birakém,
00:23:18c'était en décembre 2023.
00:23:21Là, c'était très clairement terroriste,
00:23:22mais il y avait aussi
00:23:23un trouble psychiatrique.
00:23:27Le seul trouble psychiatrique,
00:23:29n'est pas un indice suffisant
00:23:31pour exonérer un individu
00:23:33de participer
00:23:34à une entreprise terroriste.
00:23:36La mosquée dans le Var
00:23:38où un fidèle avait été assassiné,
00:23:42il vous avait d'ailleurs,
00:23:43à l'époque,
00:23:43été reproché
00:23:44de ne pas vous y rendre
00:23:45de manière immédiate.
00:23:49Mais le parquet national
00:23:50ne s'était pas saisi,
00:23:51retenant, en effet,
00:23:53d'autres motifs
00:23:54que celui d'une visée
00:23:57visée terroriste,
00:24:00est-ce que vous dites,
00:24:01au fond,
00:24:01aujourd'hui,
00:24:02il y a des déséquilibrés
00:24:03qui peuvent passer à l'acte,
00:24:05utiliser les fractures
00:24:06de notre pays
00:24:07comme un prétexte ?
00:24:09C'est une évidence.
00:24:09C'est une évidence.
00:24:11J'étais, il y a quelques instants,
00:24:13quelques heures,
00:24:15dans l'hôpital Sainte-Camille,
00:24:18ici, à Brissure-Marne.
00:24:19J'ai voulu rencontrer les soignants
00:24:21et, parmi les soignants,
00:24:23il y avait un infirmier psychiatrique.
00:24:24Et vous savez que
00:24:25le grand malade,
00:24:27en fait,
00:24:27la grande malade
00:24:28de la médecine française,
00:24:29c'est la psychiatrie.
00:24:31Parce qu'il n'y a pas suffisamment
00:24:32de vocation de psychiatre.
00:24:33Et il me disait
00:24:34les conditions
00:24:34dans lesquelles
00:24:35ils accueillaient,
00:24:37ici,
00:24:37à l'hôpital,
00:24:38de Brissure-Marne,
00:24:39ces malades,
00:24:40ces déséquilibrés.
00:24:42Il faut savoir
00:24:42que les moyens
00:24:44sont très insuffisants
00:24:45et qu'il y a des risques,
00:24:47évidemment.
00:24:47Et que,
00:24:48pour un certain nombre
00:24:49de ces déséquilibrés,
00:24:50l'islamisme
00:24:51est une forme d'idéologie
00:24:53qui les intoxique,
00:24:55parfois.
00:24:56Et il s'auto-intoxique,
00:24:57d'ailleurs.
00:24:58Et la menace,
00:24:59je l'ai vue quand j'étais ministre,
00:25:01la grande menace terroriste,
00:25:02aujourd'hui,
00:25:03elle ne vient pas de l'extérieur,
00:25:04comme elle a pu venir
00:25:04il y a dix ans.
00:25:07De l'extérieur,
00:25:07c'est-à-dire
00:25:08de l'État islamiste,
00:25:10à l'époque Daesh,
00:25:11mais que,
00:25:11souvent,
00:25:12elle vient,
00:25:12c'est une menace intérieure,
00:25:14endogène.
00:25:15On va d'ailleurs...
00:25:15Propagée,
00:25:16notamment,
00:25:17avec les réseaux sociaux.
00:25:18On va d'ailleurs
00:25:19célébrer,
00:25:21tristement,
00:25:21célébrer les dix ans
00:25:23des attentats
00:25:24du 13 novembre.
00:25:26Est-ce que vous estimez
00:25:27que dix ans après,
00:25:28la France a pensé
00:25:29ses plaies,
00:25:30qu'elle a réussi
00:25:32à dépasser
00:25:34cette menace ?
00:25:36Je pense que la France
00:25:37s'est ressaisie,
00:25:38en tout cas,
00:25:39face à la menace terroriste.
00:25:41On s'est ressaisie
00:25:41parce qu'on était capable
00:25:42de faire une législation
00:25:44très puissante
00:25:45avec un parquet national,
00:25:47c'est-à-dire
00:25:47une chaîne judiciaire
00:25:49dédiée,
00:25:50spécialisée
00:25:50sur le terrorisme,
00:25:52avec un État-major
00:25:53qui regroupe
00:25:54tous les services,
00:25:55notamment,
00:25:56de renseignement,
00:25:57tous les services
00:25:57d'enquête
00:25:58de l'État,
00:25:59avec un chef de fila
00:26:00qui dépend
00:26:01du ministère de l'Intérieur,
00:26:02c'est la DGSI,
00:26:03la Direction Générale
00:26:04de la Sécurité Intérieure.
00:26:06Et vous savez,
00:26:07il y a eu
00:26:07beaucoup d'attentats
00:26:09de déjoués.
00:26:09En 2024,
00:26:11il y a eu neuf attentats
00:26:11de déjoués.
00:26:12Trois visaient,
00:26:13par exemple,
00:26:14les Jeux Olympiques.
00:26:16Donc,
00:26:16on a eu du succès.
00:26:17Ça ne veut pas dire
00:26:18qu'il ne peut pas demain
00:26:19y avoir un nouvel attentat.
00:26:20Mais on a forgé
00:26:22un arsenal.
00:26:23Ce qui veut bien dire
00:26:24que quand il y a
00:26:25une volonté politique,
00:26:26on peut y arriver.
00:26:28Vous parlez de cette volonté politique
00:26:29et je voudrais justement
00:26:30qu'on puisse ouvrir
00:26:30un autre chapitre
00:26:31dans cette émission
00:26:32qui est aussi
00:26:33d'essayer de comprendre
00:26:34votre projet.
00:26:36On va aussi parler,
00:26:37bien sûr,
00:26:37de la question
00:26:37de l'État de la France
00:26:38sur le plan des économies,
00:26:40de la consommation,
00:26:40du pouvoir d'achat
00:26:41et en particulier
00:26:42dans ce moment
00:26:42du budget.
00:26:43Mais puisque vous dites
00:26:44la question de la volonté,
00:26:46quand je vous entends
00:26:47parler de la France
00:26:48sur ces questions
00:26:50régaliennes
00:26:51et de sécurité
00:26:52et du défi sécuritaire,
00:26:53quand je vous ai demandé
00:26:54quel est le plus grand défi,
00:26:55vous m'avez tout de suite dit
00:26:55défi sécuritaire.
00:26:57Au fond,
00:26:57au ministère de l'Intérieur,
00:27:00vous l'avez dit
00:27:01d'ailleurs plusieurs fois,
00:27:01vous vous sentiez
00:27:02à votre place,
00:27:03à votre poste
00:27:04en quelque sorte.
00:27:05Quand vous êtes parti,
00:27:06vous avez eu cette phrase
00:27:07et elle m'a frappé
00:27:08lorsque vous vous êtes adressé
00:27:09aux députés
00:27:10de votre famille
00:27:12pour leur dire
00:27:12que,
00:27:13pour leur annoncer,
00:27:14pour leur expliquer
00:27:15que vous ne vouliez pas
00:27:16rester dans le gouvernement
00:27:16le corps nu,
00:27:17vous avez dit
00:27:18c'est au-delà
00:27:19de mes forces.
00:27:20Ça veut dire quoi
00:27:20cette phrase ?
00:27:21Est-ce que ça veut dire
00:27:21que pour la première fois
00:27:22vous avez touché
00:27:23vos propres limites ?
00:27:25Non,
00:27:26ces limites-là,
00:27:26elles n'étaient pas
00:27:28les miennes.
00:27:29Elles étaient les limites
00:27:30qu'on m'imposait
00:27:30à l'extérieur.
00:27:31Vous savez,
00:27:32j'ai passé plus de 12 mois
00:27:33à Beauvau
00:27:35dans un ministère
00:27:35de l'Intérieur
00:27:36qui est le ministère
00:27:36des crises,
00:27:37des urgences,
00:27:38qui est très très exigeant.
00:27:40Je me suis donné à fond.
00:27:42Mais j'ai bien vu
00:27:43que j'avais plein de limites.
00:27:46On m'imposait
00:27:47beaucoup d'obstacles.
00:27:49Des obstacles politiques,
00:27:50je n'ai pas toujours été
00:27:51sur la même ligne
00:27:52que le président de la République.
00:27:53des obstacles aussi législatifs
00:27:56puisqu'il n'y avait pas
00:27:57de majorité
00:27:57à l'Assemblée nationale.
00:27:59Des obstacles juridiques,
00:28:00souvenez-vous,
00:28:01le Conseil constitutionnel
00:28:02qui a biffé
00:28:04d'un trait de plume
00:28:05un texte
00:28:07qui me tenait à cœur
00:28:08qu'on avait pris
00:28:09après la jeune Philippine
00:28:10qui avait été violée
00:28:10et qui avait été assassinée
00:28:13par un marocain.
00:28:13Sur l'allongement
00:28:14de la durée de rétention
00:28:15des OQTF dangereux.
00:28:17Ça m'avait beaucoup choqué
00:28:19parce que 14 pays européens
00:28:22vont bien au-delà
00:28:23de 210 jours.
00:28:24Ils vont jusqu'à
00:28:2518 mois.
00:28:27C'est ce que la directive européenne
00:28:29permet,
00:28:2918 mois.
00:28:30Nous, on était assez timide.
00:28:31On disait
00:28:31pour les plus dangereux,
00:28:32on veut les retenir
00:28:33210 jours
00:28:34pour avoir plus de chances
00:28:35de les expédier
00:28:36dans leur pays d'origine
00:28:37ou en tout cas
00:28:38pour essayer
00:28:39de protéger
00:28:40les citoyens.
00:28:41Donc, j'ai eu,
00:28:42vous voyez,
00:28:44et c'était une...
00:28:44J'ai souvent utilisé
00:28:45le mot de morsure.
00:28:47Chaque jour,
00:28:48je me retrouvais confronté
00:28:49à une hyper-violence
00:28:50mais j'étais aussi confronté
00:28:51à toutes ces limites
00:28:52politiques,
00:28:53juridiques,
00:28:53législatives.
00:28:54Mais j'ai toujours
00:28:55voulu aller de l'avant.
00:28:57Je l'ai fait...
00:28:58Pourquoi à un moment,
00:28:58vous n'aviez plus
00:28:59la force ?
00:29:01Ah, j'avais la force ?
00:29:02Mais vous dites
00:29:02c'est au-dessus de mes forces.
00:29:04C'est pas ça.
00:29:05C'est que j'ai constaté
00:29:06qu'un moment,
00:29:08notamment sur...
00:29:09Il y a un mois,
00:29:10j'ai constaté d'abord
00:29:11que le président de la République
00:29:12voulait reprendre
00:29:13les rênes de Matignon.
00:29:16J'avais été ministre
00:29:17de l'Intérieur
00:29:17de Michel Barnier
00:29:19qui était un opposant
00:29:20du président de la République.
00:29:23De François Béroux
00:29:24qui m'a laissé faire
00:29:25qui n'était pas un opposant
00:29:27mais un allié disons
00:29:28incommode du président
00:29:29de la République
00:29:30assez indépendant.
00:29:31Moi, je voulais
00:29:32qu'il y ait l'article 20
00:29:33qui soit appliqué
00:29:34de la Constitution.
00:29:35Le président préside,
00:29:37le gouvernement gouverne.
00:29:38Moi, j'étais pas rentré
00:29:39dans un gouvernement
00:29:40d'Emmanuel Macron
00:29:41mais un gouvernement
00:29:42de Michel Barnier
00:29:43ou un gouvernement
00:29:45de François Béroux.
00:29:46Et j'ai bien vu
00:29:47que je n'aurais pas les moyens.
00:29:48J'ai bien vu
00:29:49que tout ça allait pencher
00:29:50à gauche.
00:29:51Écoutez,
00:29:51si j'avais été ministre...
00:29:52Est-ce que ce que je perçois
00:29:53dans ce mot
00:29:54de au-dessus de mes forces,
00:29:57est-ce qu'il y a eu
00:29:57un moment de découragement ?
00:29:59Non.
00:30:00Je vais vous dire.
00:30:01Au-dessus de mes forces,
00:30:02c'est au-dessus...
00:30:03Ou plutôt en-dessous
00:30:04de mes convictions.
00:30:05On peut me critiquer.
00:30:06J'ai des convictions,
00:30:09je ne les ai jamais cachées.
00:30:11On peut les discuter.
00:30:12Mais on ne peut pas dire
00:30:13que je me renie
00:30:16et je renonce
00:30:17facilement.
00:30:18Mais je pense que la politique,
00:30:21pour moi,
00:30:21ça a toujours été
00:30:22avoir une ligne de conviction.
00:30:23Et quand je savais...
00:30:24Vous connaissez le chêne
00:30:25et le roseau.
00:30:26Oui, bien sûr.
00:30:27Vous connaissez le chêne
00:30:27et le roseau.
00:30:28C'est ce que j'ai fait
00:30:28pendant un an.
00:30:28N'avez-vous pas peur
00:30:29de ne pas avoir
00:30:31la souplesse
00:30:33qui vous permette
00:30:34justement
00:30:35d'avancer,
00:30:36de faire des compromis
00:30:37et donc de construire
00:30:38la suite ?
00:30:39Qu'est-ce que j'ai fait
00:30:40pendant un an ?
00:30:42Il a fallu que je plie,
00:30:43même si j'ai voulu
00:30:44dire la vérité.
00:30:45Et ça,
00:30:45c'était très important.
00:30:47L'action politique,
00:30:48elle commence
00:30:48en réalignant les mots
00:30:51sur la réalité.
00:30:51Parce que les Français
00:30:53sentent bien
00:30:54que les hommes
00:30:54et les femmes politiques
00:30:55souvent les enfument.
00:30:57Ils minimisent les mots.
00:30:58Ils les relativisent.
00:31:00Pourquoi cacher
00:31:00la réalité
00:31:01aux Français,
00:31:03la réalité qu'ils vivent,
00:31:04la réalité qu'ils voient ?
00:31:06Eh bien, moi,
00:31:06j'ai dit,
00:31:07je vais réaligner
00:31:08et je vais avoir
00:31:08un discours de vérité.
00:31:10Non, l'immigration,
00:31:11ce n'est pas une chance.
00:31:13Quand on veut
00:31:14être naturalisé,
00:31:15il faut être
00:31:16totalement assimilé.
00:31:18Oui,
00:31:19la société
00:31:19dans laquelle
00:31:21on est
00:31:21très permissive
00:31:22encourage la violence,
00:31:24la fabrique de barbares.
00:31:25J'ai eu des mots forts
00:31:26parce que ça,
00:31:27c'est un principe
00:31:27de vérité.
00:31:28Mais moi,
00:31:28je suis renté
00:31:29dans un gouvernement
00:31:29il y a un an.
00:31:31C'était pour faire
00:31:31barrage à la gauche.
00:31:34Vous me voyez
00:31:35dans un gouvernement
00:31:36aujourd'hui
00:31:36dont le Premier ministre
00:31:37fait des deals
00:31:38avec la gauche
00:31:39pour appliquer
00:31:40une politique de gauche
00:31:41où chaque soir...
00:31:42Donc, pas de regret.
00:31:43Pardon ?
00:31:43Pas de regret
00:31:44d'être parti.
00:31:45Mais au contraire.
00:31:46Au contraire.
00:31:47Vous m'imaginez,
00:31:48je me suis dit
00:31:49quand j'ai entendu
00:31:50la déclaration
00:31:50de politique générale.
00:31:51Si j'avais été au banc,
00:31:53j'ai entendu
00:31:54les mots
00:31:54d'un Premier ministre,
00:31:56Emmanuel Macron,
00:31:57qui aurait pu être prononcé
00:31:58par un Premier ministre
00:31:59de gauche.
00:31:59Mais dans l'heure,
00:32:01avant même l'heure,
00:32:02j'aurais remis
00:32:03ma démission.
00:32:04Évidemment.
00:32:05Parce qu'on ne peut pas
00:32:06se fourvoyer.
00:32:07C'est ce que les Français
00:32:08redoutent.
00:32:10La politique
00:32:11les dégoutent,
00:32:11les désespèrent.
00:32:12parce qu'ils sentent
00:32:13aujourd'hui
00:32:13qu'il y a un écart.
00:32:16Quand on est de droite,
00:32:17on n'est pas de gauche.
00:32:18Moi, j'estime
00:32:19que la gauche
00:32:20a fait beaucoup de mal
00:32:21à la France.
00:32:21On en parlera peut-être.
00:32:22La gauche a fait
00:32:23les 35 heures.
00:32:24La retraite a 60 ans.
00:32:27Et donc,
00:32:27a appauvri la France
00:32:28et les Français.
00:32:29Elle est où,
00:32:29la droite ?
00:32:30Elle est où,
00:32:30la gauche ?
00:32:30Si je vous pose
00:32:31cette question,
00:32:31c'est que vous avez dit
00:32:32à l'instant,
00:32:33moi, je me suis engagée
00:32:35et j'ai accepté justement
00:32:36au départ cette mission
00:32:38au ministère
00:32:39pour faire barrage
00:32:41à la gauche.
00:32:42Ce matin,
00:32:43je recevais Xavier Bertrand
00:32:44qui dit
00:32:45« Moi, je ne sais pas très bien
00:32:46s'il y a toujours
00:32:48chez les Républicains
00:32:49ce ni-ni,
00:32:50ni LFI,
00:32:52ni RN.
00:32:53Est-ce que vous êtes
00:32:54aujourd'hui en train de dire
00:32:55le plus important
00:32:55c'est de faire barrage
00:32:56à la gauche
00:32:57ou est-ce que vous mettez
00:32:58toujours les deux
00:32:58sur le même plan ? »
00:32:59J'étais en train de vous répondre
00:33:00de façon très particulière
00:33:02sur la politique suivie.
00:33:03Sur la politique suivie,
00:33:04ça n'est pas LFI
00:33:05qui mène la danse,
00:33:06c'est M. Olivier Faure.
00:33:08C'est le Parti Socialiste,
00:33:09vous avez tout à fait dit.
00:33:09M. Olivier Faure
00:33:10propose,
00:33:12décide
00:33:13et malheureusement,
00:33:15le Premier ministre
00:33:15s'exécute.
00:33:17Moi,
00:33:17je n'appartiens pas
00:33:18à un gouvernement
00:33:19qui aurait pris
00:33:21des positions
00:33:21contraires à mes convictions.
00:33:22Je vous répondais
00:33:23là-dessus.
00:33:24Maintenant,
00:33:25j'ai entendu moi
00:33:25Xavier Bertrand
00:33:26en disant
00:33:27« Mais il faut clarifier
00:33:28une ligne vis-à-vis
00:33:28du Rassemblement national. »
00:33:30Mais je dis
00:33:31« Mais Xavier,
00:33:33la clarification,
00:33:34elle a déjà eu lieu.
00:33:36Grandeur nature.
00:33:37Preuve par neuf.
00:33:38Il y a plus d'un an.
00:33:40Éric Ciotti,
00:33:41président à ma place,
00:33:42président de LR,
00:33:44passe,
00:33:45si j'ose dire,
00:33:46dans le camp adverse.
00:33:48S'allie à Marine Le Pen.
00:33:49Il y en a beaucoup
00:33:50qui sont allés avec lui ?
00:33:51Certainement pas.
00:33:52Et je n'ai cessé
00:33:54de dire que je ne crois pas
00:33:56dans l'union des droits
00:33:57des appareils.
00:33:58Je crois, moi,
00:33:59et je l'assume.
00:34:00Mais alors,
00:34:00totalement,
00:34:01je veux parler
00:34:01aux électeurs
00:34:02du Rassemblement national.
00:34:04Parce que ce sont
00:34:05nos anciens électeurs.
00:34:07Et Marine Le Pen,
00:34:08d'ailleurs,
00:34:09c'est pour ça que
00:34:09je ne crois pas
00:34:10à l'union des appareils.
00:34:12Elle le dit elle-même.
00:34:13Elle n'est pas de droite.
00:34:14Et d'ailleurs,
00:34:15elle est socialiste.
00:34:16En quelques jours,
00:34:17en 48 heures
00:34:18ou 24 heures,
00:34:19ils ont voté
00:34:20les députés
00:34:21des rassemblements nationals.
00:34:22Ils ont voté
00:34:23plus de 30 milliards.
00:34:25Ça, j'avoue que je suis
00:34:25très frappée
00:34:26par cette rhétorique-là.
00:34:27Pardon, Bruno Rotaillot,
00:34:28mais c'est la même
00:34:29que Gérard Larcher.
00:34:30C'est la même même
00:34:31que Gérald Darmanin
00:34:32qui dit récemment
00:34:33qu'ils sont communistes.
00:34:36Gérard Larcher dit
00:34:36qu'on ne peut pas
00:34:37s'allier avec eux
00:34:37parce qu'ils sont de gauche.
00:34:39C'est-à-dire que vous ne leur
00:34:39faites pas le reproche
00:34:40d'être trop à droite ?
00:34:41Ça, c'est pas un problème ?
00:34:42Sur ces questions-là,
00:34:43vous êtes d'accord avec eux ?
00:34:44C'est une observatrice précise.
00:34:46J'imagine que vous avez
00:34:47parfois écouté Marine Le Pen.
00:34:48Vous l'avez même interviewée.
00:34:50Elle dit
00:34:50« Je ne suis ni de droite
00:34:52ni de gauche ».
00:34:53Tout à fait.
00:34:53Mais sur le plan économique…
00:34:54Le premier argument,
00:34:55il est sur le plan économique.
00:34:56Ça veut dire que sur tout le reste,
00:34:57vous êtes d'accord ?
00:34:58Je pense que ce sont des girouettes.
00:35:00Sur le plan économique,
00:35:02nous avions voté
00:35:03les 15 heures de contrepartie
00:35:04pour lutter contre eux,
00:35:05au RSA,
00:35:06pour lutter contre l'assistanat.
00:35:07Ils ont voté contre.
00:35:08La réforme des retraites,
00:35:09ils ont voté contre.
00:35:11Non mais avouez que c'est…
00:35:12Ce que je veux dire,
00:35:12c'est que vous leur avez
00:35:14longtemps reproché
00:35:15d'être trop à droite.
00:35:16Désormais,
00:35:17ça n'est plus un argument.
00:35:19Votre argument,
00:35:19c'est de dire
00:35:19qu'ils sont trop à gauche.
00:35:20C'est quand même cocasse.
00:35:21Je voudrais simplement
00:35:22redire une chose.
00:35:25Le Rassemblement national
00:35:27et avant lui,
00:35:28le Front national,
00:35:30a servi à François Mitterrand
00:35:31et à la gauche
00:35:32comme un gaz incapacitant
00:35:34vis-à-vis de la droite.
00:35:36On nous a interdits
00:35:37de parler d'immigration.
00:35:38À chaque fois,
00:35:40on voulait prendre
00:35:40des positions un peu fermes.
00:35:42Vous êtes un fasciste.
00:35:44Vous êtes proche
00:35:45du Rassemblement national.
00:35:47À chaque fois qu'on voulait
00:35:48une politique sécuritaire,
00:35:49une révolution pénale
00:35:50pour la justice,
00:35:52qu'on voulait
00:35:52de la sanction.
00:35:53Mais alors,
00:35:54vous êtes proche
00:35:54de l'extrême droite.
00:35:56Eh bien,
00:35:56cette rhétorique,
00:35:58il y en a marre.
00:35:59Et moi,
00:35:59je ne m'y tromperai pas.
00:36:01Cette rhétorique
00:36:01a fait beaucoup de mal
00:36:02à la droite
00:36:03et a chassé en quelque sorte
00:36:05parce que la droite,
00:36:06une droite peureuse,
00:36:08honteuse,
00:36:09s'est interdit
00:36:10de parler
00:36:10de ces thèmes-là.
00:36:12Et on a réservé
00:36:13cette chasse,
00:36:14une chasse gardée
00:36:15au Rassemblement national.
00:36:16Total,
00:36:16des millions
00:36:17des électeurs
00:36:17de droite,
00:36:19UMP
00:36:19et ensuite LR
00:36:20sont partis
00:36:22au Rassemblement national.
00:36:23Donc oui,
00:36:24moi je l'affirme,
00:36:25je veux parler
00:36:25aussi bien
00:36:26à des électeurs
00:36:27macronistes,
00:36:28déçus par le président
00:36:29de la République,
00:36:30qu'à des électeurs
00:36:31Rassemblement national
00:36:32pour leur dire
00:36:33qu'on est très ferme
00:36:35sur le régalien,
00:36:36l'autorité,
00:36:37la justice,
00:36:38mais aussi l'immigration,
00:36:40mais qu'on est sérieux
00:36:41sur le plan budgétaire,
00:36:42sur le plan économique.
00:36:43On va dire sur le plan budgétaire
00:36:43mais je vous repose la question,
00:36:44vous m'avez parlé alliance,
00:36:46donc non,
00:36:47pas question,
00:36:47dites-vous.
00:36:48Je vous repose quand même
00:36:49la question du barrage.
00:36:51S'il faut choisir
00:36:53entre LFI et RN,
00:36:56est-ce que vous dites
00:36:56ni-ni
00:36:57ou est-ce que vous dites
00:36:59je ne me donnerai
00:37:00aucune voix à LFI ?
00:37:02Très clairement,
00:37:03pour moi,
00:37:04je ne place pas
00:37:05sur le même plan
00:37:05LFI et le Rassemblement national.
00:37:07Ça ne veut pas dire
00:37:08que je vais appeler
00:37:08à voter Rassemblement national.
00:37:11Non,
00:37:11c'est un adversaire.
00:37:12Ils veulent d'ailleurs
00:37:13notre mort.
00:37:14Mais LFI pour moi,
00:37:15je les ai vus,
00:37:17je l'ai indiqués
00:37:18notamment vis-à-vis
00:37:19des policiers,
00:37:21je pense qu'ils ont
00:37:21des gendarmes,
00:37:22des forces de l'ordre.
00:37:23Je les ai vus
00:37:24instrumentaliser
00:37:25la violence
00:37:26dans le débat public.
00:37:27Je les ai vus
00:37:28vouloir
00:37:29et parfois aussi théoriser
00:37:31un climat
00:37:32d'insurrection.
00:37:33Je les ai vus
00:37:34appeler
00:37:35à la désobéissance civile.
00:37:37Je n'ai pas entendu
00:37:38le Rassemblement national
00:37:39sur ces mêmes thèmes-là.
00:37:40Donc,
00:37:41ce que je veux dire,
00:37:42c'est que la gauche
00:37:43et une partie de la droite,
00:37:44attendez,
00:37:45et le petit microcosme médiatique
00:37:47depuis des années,
00:37:49ont voulu
00:37:49lutter contre
00:37:51le Rassemblement national
00:37:52par de la moraline,
00:37:53par de la morale.
00:37:54Pardon,
00:37:55ça n'a pas marché.
00:37:56Ils sont aujourd'hui
00:37:57à plus de 30%.
00:37:58Alors,
00:37:59ouvrons les yeux.
00:38:00Arrêtons de dire
00:38:02mais il y a,
00:38:03ils sont,
00:38:03les électeurs
00:38:04sont tous des fachos.
00:38:05Eh bien non.
00:38:06Ces électeurs-là,
00:38:07ces électeurs-là,
00:38:08ils ont vocation,
00:38:09de moi j'espère,
00:38:10à voter pour notre candidat
00:38:12à la présidentielle,
00:38:13par exemple.
00:38:14Votre candidat à la présidentielle,
00:38:15on va y venir
00:38:15parce que ce sera peut-être vous.
00:38:17Mais,
00:38:18Bruno Retailleau,
00:38:19j'ai bien entendu
00:38:20que vous disiez
00:38:21que le cas échéant,
00:38:22s'il se présentait,
00:38:24vous ne diriez pas
00:38:25une voix pour LFI
00:38:26mais vous ne diriez pas
00:38:28pas une voix pour le RN.
00:38:29J'ai indiqué
00:38:30que je ne place pas
00:38:31LFI et le RN
00:38:33pour des arguments
00:38:34qui sont très...
00:38:35LFI représente
00:38:35une menace plus grande
00:38:36à vos yeux.
00:38:37Aujourd'hui,
00:38:37LFI,
00:38:38notamment pour l'ancisémitisme.
00:38:40Enfin,
00:38:40est-ce que vous êtes consciente
00:38:42qu'aujourd'hui,
00:38:43M. Mélenchon
00:38:44et ses amis,
00:38:45les Insoumis,
00:38:46draguent le vote
00:38:47communautariste ?
00:38:49Est-ce que
00:38:49vous êtes consciente
00:38:51qu'aujourd'hui,
00:38:53ces gens-là
00:38:53baptisone
00:38:54les braises
00:38:55de l'antisémitisme
00:38:56en se cachant bien souvent
00:38:57derrière l'antisionisme ?
00:39:00Peut-on reprocher cela
00:39:01au RN ?
00:39:02Donc je pense
00:39:03qu'en politique,
00:39:04il faut voir les choses
00:39:05telles qu'on les voit,
00:39:06les expliquer.
00:39:07Ça ne fait pas de moi
00:39:08un allié
00:39:09du RN.
00:39:11Certainement pas.
00:39:12Et je n'appellerai pas
00:39:13non plus
00:39:13à voter RN.
00:39:15Vous n'appelleriez pas
00:39:16à voter RN.
00:39:17Vous diriez,
00:39:18j'ai bien compris la formule,
00:39:20pas une voix pour LFI.
00:39:21Certainement pas.
00:39:22Ce qui,
00:39:22quand même mécaniquement,
00:39:23veut dire que vous n'empêchez
00:39:24pas vos électeurs
00:39:25de se repartir éventuellement ?
00:39:27Ils peuvent aller
00:39:27à la pêche,
00:39:28à la ligne,
00:39:28ils peuvent aller,
00:39:29etc.
00:39:29Vous-même,
00:39:29vous vous abstineriez ?
00:39:31Je n'ai jamais voté
00:39:32d'ailleurs RN.
00:39:33À jamais, non ?
00:39:35Vous n'avez jamais voté
00:39:37RN.
00:39:37Mais vous ne voteriez jamais ?
00:39:40J'appelle nos amis de droite
00:39:42à ne pas tomber
00:39:43dans cette rhétorique
00:39:46que la gauche
00:39:47a instrumentalisé
00:39:48contre la droite
00:39:49et qui nous a fait
00:39:50beaucoup de mal.
00:39:51un grand professeur
00:39:53d'histoire
00:39:53qui est malheureusement mort
00:39:54de la Révolution française,
00:39:56François Furet,
00:39:57dans les derniers mois
00:39:58de sa vie,
00:39:59avait écrit un très beau texte
00:40:00et il avait dit,
00:40:01peut-être pas au mot à mot,
00:40:02en parlant de la gauche
00:40:03qui instrumentalisait
00:40:05à l'époque
00:40:06le Front National.
00:40:06Il avait dit
00:40:07« C'est un avantage sans prix
00:40:10d'avoir un allié objectif
00:40:12sous les traits
00:40:13d'un adversaire radical. »
00:40:15Voilà.
00:40:16Instrumentaliser
00:40:16le Front National
00:40:17contre la droite.
00:40:18La droite est tombée
00:40:19dans le panneau.
00:40:20La droite, du coup,
00:40:21c'est, comment dirais-je,
00:40:23elle s'est repliée.
00:40:24Elle n'a pu trop
00:40:25posé dire
00:40:26quoi que ce soit
00:40:26sur l'immigration,
00:40:28sur la notion de sécurité.
00:40:30Et du coup,
00:40:31nous avons perdu
00:40:32nos électeurs
00:40:33et surtout,
00:40:34nous les avons offerts
00:40:35en pâture
00:40:36au Rassemblement National.
00:40:38Primaires ou pas primaires ?
00:40:40Moi, mon objectif,
00:40:42puisque je suis président
00:40:43d'un grand parti,
00:40:44nous sommes le premier parti LR
00:40:45pour le nombre d'adhérents,
00:40:48notamment et aussi
00:40:49pour le nombre d'élus locales,
00:40:50mon objectif,
00:40:51c'est que nous ayons
00:40:52en 2027
00:40:54un candidat
00:40:55avec nos propres couleurs.
00:40:57Un candidat LR ?
00:40:58Ça ne veut pas dire
00:40:59un candidat bloc central.
00:41:01Certains appellent
00:41:02à ce qu'il y ait une primaire
00:41:03qui soit une primaire large
00:41:05qui aille
00:41:06de Sarah Knafow
00:41:09d'un côté
00:41:09à Gabriel Attal
00:41:10ou Édouard Philippe
00:41:11de l'autre.
00:41:12C'est notamment
00:41:13la proposition
00:41:13de Laurent Wauquiez.
00:41:15Ce qui est un peu ridicule
00:41:16parce que
00:41:16le principe d'une primaire,
00:41:19c'est que les perdants
00:41:20acceptent
00:41:21de se ranger
00:41:22derrière le gagnant.
00:41:23Par exemple,
00:41:23en 2016,
00:41:25Nicolas Sarkozy,
00:41:25François Fillon
00:41:26et puis Alain Juppé.
00:41:28Ils étaient d'accord
00:41:29entre eux
00:41:29que si un gagnait,
00:41:31les deux autres
00:41:32l'encouragaient.
00:41:34Comment voulez-vous
00:41:35que demain,
00:41:35Gabriel Attal,
00:41:36si c'est lui
00:41:36qui gagnait
00:41:37cette primaire-là,
00:41:39que Sarah Knafow
00:41:39encourage
00:41:41et rallie Gabriel Attal ?
00:41:43Ça, c'est une vue
00:41:43de l'esprit.
00:41:44Ça ne marche pas.
00:41:44Donc, ça reste théorique
00:41:45pour vous, ça ?
00:41:46Mais c'est totalement théorique.
00:41:47Simplement.
00:41:48Après, c'est une des rares
00:41:49manières pour vous,
00:41:49éventuellement,
00:41:50vous l'avez vu,
00:41:50bien sûr,
00:41:51les sondages.
00:41:52S'il y a vous
00:41:53plus Édouard Philippe,
00:41:54par exemple,
00:41:55ça ne passe pas.
00:41:55Je pense que...
00:41:56C'est mécanique.
00:41:58On aura une responsabilité
00:41:59le moment venu.
00:42:00Mais moi,
00:42:01il m'appartient,
00:42:02comme président de LR,
00:42:03de tout faire,
00:42:04vraiment,
00:42:04de créer les conditions
00:42:05pour qu'on ait notre candidat.
00:42:06Pourquoi, d'ailleurs ?
00:42:08Parce que,
00:42:09dans l'échiquier politique,
00:42:10on représente
00:42:11quelque chose d'original.
00:42:13La France, vous savez,
00:42:14elle ne penche pas à gauche.
00:42:15Elle penche à droite.
00:42:16Qu'est-ce que veut la France ?
00:42:17En tout cas,
00:42:18la France,
00:42:18des honnêtes gens,
00:42:19elle veut beaucoup plus d'autorité,
00:42:21moins d'immigration
00:42:22et elle veut plus de sanctions.
00:42:24Très bien.
00:42:25Ça, c'est pour le régalien.
00:42:26Et sur le plan économique,
00:42:27elle veut qu'on décourage
00:42:29l'assistanat,
00:42:30que le travail paye,
00:42:32de sérieux budgétaires.
00:42:33Et elle veut aussi
00:42:34que les repères culturels,
00:42:36civilisationnels,
00:42:38soient là,
00:42:38qu'on ne les déconstruise plus.
00:42:40Eh bien, nous,
00:42:41on porte ces idées
00:42:41et je pense que ces idées
00:42:43représentent le point d'équilibre
00:42:44chez beaucoup de Français.
00:42:46Et ça,
00:42:46c'est notre singularité.
00:42:48Si c'est vous
00:42:48qui êtes le mieux placé,
00:42:49vous irez ?
00:42:49Vous ne vous déroberez pas ?
00:42:51Je n'ai pas l'habitude
00:42:54de me dérober.
00:42:56On verra bien
00:42:56dans quelle situation
00:42:57on sera
00:42:58parce que je pense
00:42:59qu'il reste de longs mois,
00:43:0118 mois.
00:43:02Mais ce que je souhaite,
00:43:04moi,
00:43:04c'est que,
00:43:04en tout cas,
00:43:05pour ce qui concerne LR,
00:43:06je l'ai déjà proposé
00:43:07il y a quelques jours,
00:43:08on a des statuts
00:43:09et nous,
00:43:10c'est les adhérents
00:43:11qui trancheront
00:43:11les modalités
00:43:12de la sélection
00:43:13pour le candidat.
00:43:15Et qui éventuellement
00:43:16voteront
00:43:17s'ils tranchent
00:43:18en faveur d'une primaire.
00:43:19Bien sûr.
00:43:20Dans ce cas-là,
00:43:20c'est eux qui voteront.
00:43:21Bien sûr.
00:43:22Alors,
00:43:22il peut y avoir
00:43:23deux types de primaires,
00:43:23une primaire ouverte,
00:43:24une primaire fermée.
00:43:25Mais c'est,
00:43:26en tout cas,
00:43:26eux,
00:43:27l'article 21 de statut,
00:43:28il est très clair,
00:43:29il est démocratique.
00:43:30C'est eux qui choisissent
00:43:31et c'est eux qui voteront
00:43:32pour la modalité.
00:43:34Si vous commencez
00:43:35ce tour de France ici,
00:43:36j'imagine que c'est
00:43:37pour construire un projet
00:43:37qui peut être aussi
00:43:38votre projet.
00:43:39Vous serez prêt
00:43:40à l'incarner s'il le faut.
00:43:42J'aime les idées.
00:43:43J'ai toujours conçu
00:43:44la politique
00:43:44comme d'abord
00:43:45un débat d'idées
00:43:50et je pense que
00:43:51ma famille politique
00:43:52a trop peu le goût
00:43:53du débat
00:43:54et notamment
00:43:55du débat d'idées.
00:43:56Je pense que
00:43:57jamais la France
00:43:57n'a été aussi affaiblie.
00:43:59La France va mal,
00:43:59vous savez.
00:44:00Elle va très très mal.
00:44:01Il y a cette déconnexion
00:44:02que j'ai évoquée
00:44:03au tout début
00:44:03de notre émission
00:44:04que moi je ressens,
00:44:06dont je souffre.
00:44:07Qu'est-ce que vous voulez
00:44:08que les Français aujourd'hui
00:44:09quand ils vous écoutent
00:44:10commenter l'actualité,
00:44:11quand ils ouvrent la télé,
00:44:12etc.,
00:44:13leur poste,
00:44:13quand ils lisent les journaux,
00:44:14qu'est-ce qu'ils peuvent
00:44:15comprendre à la politique ?
00:44:16La France,
00:44:17en Europe,
00:44:17elle est terriblement affaiblie.
00:44:19On a le pire déficit.
00:44:21Qu'est-ce qu'on fait
00:44:21pour les générations de demain ?
00:44:24Le travail ne paye plus.
00:44:25On est un pays
00:44:26où quand vous donnez
00:44:28à un salarié
00:44:28une augmentation,
00:44:29il va en donner plus
00:44:30qu'est-ce qu'il va recevoir
00:44:32parce qu'il y a trop de charges,
00:44:34trop d'impôts
00:44:34pour les entreprises.
00:44:35Vous vous rendez compte
00:44:36au moment où on est
00:44:37le pays le plus
00:44:38surfiscalisé,
00:44:39notamment d'Europe,
00:44:41les députés,
00:44:42pas les députés LR,
00:44:43au contraire,
00:44:44ils luttent
00:44:44et je voudrais les remercier
00:44:45pied à pied
00:44:46contre cette folie fiscale.
00:44:49Mais là,
00:44:49on est à des dizaines
00:44:50de milliards
00:44:50de plus d'impôts
00:44:51sur les entreprises.
00:44:53C'est la chasse
00:44:54aujourd'hui
00:44:55à ceux qui créent,
00:44:56à ceux qui entreprennent.
00:44:57Donc si on veut créer
00:44:58de la richesse
00:44:59pour la partager ensemble,
00:45:01pour que l'hôpital
00:45:01vive mieux,
00:45:02il faut voir
00:45:03les médecins
00:45:04que j'ai rencontrés
00:45:05tout à l'heure,
00:45:06les aides-soignants,
00:45:07les infirmiers,
00:45:08ils sont accrochés
00:45:09à leur travail.
00:45:10Heureusement qu'ils ont
00:45:11cet idéal professionnel.
00:45:13Mais croyez-moi,
00:45:13c'est difficile pour eux.
00:45:14J'ai traversé les urgences.
00:45:16J'ai vu des brancards
00:45:17dans les couloirs
00:45:18parce qu'il y a un problème.
00:45:20Si on ne crée pas
00:45:20suffisamment de richesse
00:45:21grâce à plus de travail,
00:45:24un travail qui paye plus,
00:45:25on n'y arrivera pas.
00:45:26Et en même temps,
00:45:27regardez,
00:45:28on est en train de dire
00:45:29il va falloir plus
00:45:30de dépenses publiques
00:45:31parce que c'est ça,
00:45:32plus d'impôts
00:45:33et moins de travail.
00:45:36Supprimer ou,
00:45:37dit-on,
00:45:38décaler ou plutôt suspendre
00:45:40la réforme de la retraite,
00:45:41c'est exactement ça.
00:45:42C'est assumer de dire
00:45:44que malgré une espérance,
00:45:46on a une des espérances de vie,
00:45:47nous, en France.
00:45:48On a de la chance
00:45:49à la retraite la plus longue.
00:45:51Donc,
00:45:52pendant ce moment-là,
00:45:53les gens perçoivent leur pension.
00:45:55Très bien.
00:45:55Mais si on ne travaille pas plus,
00:45:57comme font tous les autres pays européens,
00:45:58on n'y arrivera pas.
00:45:59Ça veut dire que vous,
00:46:00candidat éventuel,
00:46:01vous relanceriez
00:46:03une réforme de retraite
00:46:03qui serait même peut-être différente
00:46:05de celle qui avait été votée,
00:46:06qui irait plus loin ?
00:46:07Qui irait plus loin,
00:46:08bien sûr.
00:46:09Je pense que vous m'interrogiez
00:46:10tout à l'heure
00:46:10en disant
00:46:12qu'est-ce que vous constatiez
00:46:13de la France
00:46:14qui ne va pas bien.
00:46:15Vous m'avez interrogé
00:46:16comme un ancien ministre
00:46:17de l'Intérieur,
00:46:17je vous ai répondu
00:46:18sur l'ensauvagement.
00:46:19Mais si on peut
00:46:20prendre un peu de recul,
00:46:22moi je pense que
00:46:22aujourd'hui,
00:46:23les Français...
00:46:24Exactement,
00:46:25j'en profite,
00:46:26merci.
00:46:26Les Français souffrent
00:46:28d'une double angoisse,
00:46:29une angoisse matérielle
00:46:31et immatérielle.
00:46:32Matérielle,
00:46:33c'est le risque
00:46:33de l'appauvrissement.
00:46:34On vit de moins en moins bien.
00:46:36Et les Français le sentent
00:46:37parce qu'ils voient bien
00:46:38que leurs enfants
00:46:39pourraient connaître
00:46:40une situation
00:46:41beaucoup plus difficile
00:46:42que ce qu'ils ont connu.
00:46:43L'appauvrissement.
00:46:44Et l'autre,
00:46:45elle est immatérielle,
00:46:46c'est cette idée finalement
00:46:47de perdre des repères culturels.
00:46:50Une école
00:46:50qui n'intruise plus,
00:46:52qui ne transmette plus
00:46:52un certain nombre
00:46:53de valeurs,
00:46:54de savoir,
00:46:55une république
00:46:56qui n'assimule plus,
00:46:57une culture aussi.
00:46:59Quand je vois
00:47:00que le Conseil supérieur
00:47:01de l'éducation nationale
00:47:02avait proposé
00:47:03de supprimer
00:47:04le mot
00:47:05de vacances de Noël
00:47:06pour le transformer
00:47:07en vacances d'hiver.
00:47:09Vacances de la Toussaint,
00:47:10vacances d'automne.
00:47:11On a des racines,
00:47:12je suis désolé,
00:47:13qu'on ne croit pas,
00:47:14peu importe.
00:47:14C'est notre culture.
00:47:16Là, je ne parle pas de religion.
00:47:16Ce n'est pas symbolique pour vous ?
00:47:18Mais si,
00:47:19mais c'est fondamental.
00:47:20Et c'est fondamental
00:47:21pour les Français
00:47:22qui ont peu de patrimoine.
00:47:24Parce que je pense
00:47:25que les classes populaires
00:47:27moyennes,
00:47:27elles sont d'autant plus attachées
00:47:29à ces repères culturels,
00:47:30immatériels,
00:47:31qu'elles n'ont pas
00:47:32beaucoup de patrimoine,
00:47:33de capital matériel.
00:47:35Et donc,
00:47:36je pense qu'il faudra
00:47:36traiter d'abord
00:47:38l'aspect
00:47:39niveau de vie.
00:47:41Comment fait-on
00:47:41pour avoir
00:47:42plus de pouvoir d'achat ?
00:47:43Ma réponse,
00:47:44c'est qu'il faudra
00:47:45sans doute
00:47:45travailler plus,
00:47:46mais que le travail
00:47:47paye plus
00:47:47et qu'on décourage
00:47:48l'assistanat.
00:47:49J'ai des propositions
00:47:51à faire,
00:47:51voilà,
00:47:52plafonner les allocations
00:47:53qu'on mettrait
00:47:54dans un compte,
00:47:55un compte social.
00:47:56On mettrait pas seulement
00:47:57les allocations de l'État,
00:47:58mais toutes les allocations
00:47:59et on les plafonnerait
00:48:00à 70% du SMIC
00:48:02pour qu'il y ait
00:48:02vraiment un écart
00:48:03entre le travail
00:48:04et l'assistanat.
00:48:05qu'il y a une distinction
00:48:05entre ceux qui travaillent
00:48:06et ceux qui ne travaillent pas.
00:48:08Vous l'avez peut-être entendu,
00:48:09le nouveau ministre
00:48:10du Travail et des Solidarités
00:48:12qui dit
00:48:12la France a été très généreuse
00:48:14mais elle n'en a plus
00:48:15les moyens.
00:48:16Et l'une de ses premières
00:48:17décisions
00:48:19serait
00:48:19de supprimer
00:48:21la prime de Noël
00:48:22pour les personnes
00:48:24célibataires sans enfants.
00:48:25Qu'est-ce que vous pensez
00:48:26de cette décision ?
00:48:27Je pense qu'il faudra
00:48:27de toute façon des efforts.
00:48:29Il faut que ces efforts
00:48:29soient justes.
00:48:31Et je reprends mon expression
00:48:33la France des honnêtes gens.
00:48:35Pourquoi est-ce que
00:48:35les gens en ont marre aujourd'hui ?
00:48:37Cette France-là,
00:48:38elle est travailleuse,
00:48:38je vous le disais.
00:48:39Elle est même généreuse.
00:48:40Elle sait ce que c'est
00:48:41que la solidarité
00:48:41qui est pratique
00:48:42dans les quartiers,
00:48:43dans les villages,
00:48:44dans des associations.
00:48:46Mais elle en a marre
00:48:47de toujours cotiser.
00:48:49Elle sait que
00:48:50dans une société,
00:48:51dans une communauté nationale,
00:48:53le sort de chacun
00:48:55dépend des efforts de tous.
00:48:57Mais elle en a ras-le-bol
00:48:58parce que c'est toujours
00:49:00elle qui paye
00:49:01alors qu'elle travaille.
00:49:02Comment voulez-vous que...
00:49:03Un exemple...
00:49:04Vous auriez commencé
00:49:05par la prime de Noël ?
00:49:06Je rappelle qu'elle est
00:49:07de 150 euros
00:49:08pour les personnes célibataires
00:49:09qui sont déjà au RSA.
00:49:11Je vais donner une idée.
00:49:13Donc c'est des gens
00:49:13très très modestes.
00:49:14Dans le projet de loi
00:49:15de la sécurité sociale,
00:49:17il est prévu
00:49:18de responsabiliser les gens
00:49:20et par exemple
00:49:20d'augmenter les franchises
00:49:22sur les médicaments.
00:49:22Tout à fait.
00:49:23De doubler les franchises
00:49:24sur les médicaments.
00:49:24Et pendant ce temps-là,
00:49:25on ne va rien faire
00:49:26sur l'aide médicale d'État.
00:49:27C'est-à-dire que vous avez
00:49:27des clandestins
00:49:28qui sont immigrés
00:49:30mais qui ont violé
00:49:31notre loi.
00:49:32Ils sont arrivés
00:49:32clandestinement.
00:49:33Ils se sont maintenus
00:49:34irrégulièrement
00:49:34sur le sol français
00:49:35et eux, c'est 100%.
00:49:37Donc ceux qui cotisent,
00:49:38par exemple,
00:49:39pour les soins dentaires,
00:49:40pour le problème auditif,
00:49:42eux, ils vont être remboursés
00:49:43à 60, etc.
00:49:45Et les autres,
00:49:46à 100%.
00:49:47Voilà.
00:49:47Et pour le forfait hospitalier,
00:49:50ceux qui cotisent,
00:49:51voilà,
00:49:51ceux qui sont français,
00:49:52qui cotisent,
00:49:53qui apportent leur écho
00:49:54à la sécurité sociale,
00:49:55eux, ils vont avoir
00:49:56un forfait hospitalier.
00:49:57Les autres,
00:49:58qui ont triché,
00:49:59ils ont une sécurité sociale
00:50:00et c'est 100%.
00:50:01Mais ça rend fou,
00:50:03les gens.
00:50:03C'est une question de justice.
00:50:05Donc commençons par là,
00:50:07évidemment.
00:50:07On commencerait par là
00:50:09et pas par la prime de Noël.
00:50:10Pardon, j'y reviens
00:50:10mais parce que je voudrais
00:50:11quand même comprendre
00:50:11cette prime de Noël,
00:50:13je rappelle donc les conditions,
00:50:14c'est 250 euros
00:50:15pour un couple avec enfant,
00:50:16c'est 150 euros
00:50:17pour quelqu'un de seul.
00:50:19Il faut la supprimer ?
00:50:21Je vais vous dire,
00:50:21c'est de la politique
00:50:22à la petite semaine.
00:50:23Je pense que si on veut
00:50:24prendre les choses
00:50:25avec un peu de recul
00:50:26et un peu de hauteur,
00:50:27il faut dire...
00:50:27Vous voulez dire
00:50:27que la question,
00:50:28c'est pas prime de Noël
00:50:28ou pas prime de Noël ?
00:50:29La question,
00:50:29elle n'est pas là.
00:50:30La question,
00:50:31c'est qu'il faut travailler plus.
00:50:33Donc si vous voulez bloquer
00:50:35la réforme des retraites,
00:50:36on a tout faux.
00:50:37On a un taux de remplacement
00:50:39qui est supérieur,
00:50:40par exemple,
00:50:40la pension qu'on touche
00:50:42quand on arrête de travailler,
00:50:43quand on est à la retraite,
00:50:45ce taux de remplacement
00:50:45du salaire
00:50:46transformé en pension,
00:50:48il est bien supérieur
00:50:49à celui, par exemple,
00:50:50des Allemands.
00:50:51Et on a 22 ans
00:50:53d'espérance de vie
00:50:54après la prise de la retraite.
00:50:56Il ne faut pas être sorti
00:50:57de l'ENA,
00:50:58certainement pas d'ailleurs,
00:50:59pour comprendre
00:51:00que tous les autres pays européens,
00:51:02on travaille plus
00:51:02et que nous,
00:51:04alors qu'on a une durée de vie
00:51:05qui est importante,
00:51:06donc il faut plus de travail.
00:51:07Moi, ce que je propose,
00:51:08c'est qu'il faudra
00:51:10assumer ce travail-là,
00:51:12mais il faudra
00:51:13qu'un certain niveau annuel,
00:51:15alors aujourd'hui,
00:51:1635 heures,
00:51:17c'est 1607 heures,
00:51:18je pense qu'il faudra
00:51:19aller au-delà,
00:51:20en mettre un seuil,
00:51:21mais au-delà de ce seuil,
00:51:22d'un travail annuel,
00:51:23ce sera zéro cotisation.
00:51:25Zéro cotisation
00:51:26pour le salarié,
00:51:27zéro cotisation
00:51:28pour l'employeur.
00:51:29Ça sera tout bénef
00:51:30pour le poids d'achat
00:51:32et la compétitivité
00:51:33de l'entreprise.
00:51:34Ça, c'est fondamental.
00:51:36Ça, c'est des réformes.
00:51:37Donc aider ceux qui travaillent,
00:51:38en priorité.
00:51:38C'est aider ceux qui,
00:51:39bien sûr,
00:51:40et décourager l'assistanat,
00:51:42avoir une vraie réforme
00:51:43du chômage
00:51:44pour l'aligner progressivement
00:51:45sur les conditions
00:51:46du chômage
00:51:47dans les autres pays européens.
00:51:48Mais il faut comprendre
00:51:49que dans une vie,
00:51:52le français,
00:51:53il nous manque
00:51:53trois années de travail
00:51:54par rapport
00:51:55à la moyenne
00:51:56d'un Européen.
00:51:57Vous prenez compte
00:51:57trois années de travail,
00:51:59ce que ça fait
00:51:59comme non-création de richesse.
00:52:01Cette non-création de richesse,
00:52:03elle ne peut pas financer
00:52:04l'hôpital,
00:52:04elle ne peut pas financer
00:52:05l'école,
00:52:06elle ne peut pas financer
00:52:06la justice,
00:52:07elle ne peut pas financer
00:52:08le pouvoir d'achat.
00:52:10Et dans une année,
00:52:11il nous manque trois semaines.
00:52:12Donc le problème français,
00:52:14là aussi,
00:52:15pourquoi est-ce que
00:52:16je suis heureux
00:52:17de ne pas être
00:52:18dans ce gouvernement
00:52:18très orienté
00:52:19par les socialistes ?
00:52:20Les socialistes
00:52:20ont été des bonimenteurs.
00:52:24Ils ont fait passer
00:52:26deux mensonges
00:52:26aux français.
00:52:27Ils leur ont dit
00:52:27un,
00:52:28travaillez moins
00:52:29et vous vivrez mieux.
00:52:30Non,
00:52:30c'est faux.
00:52:31Le niveau de vie
00:52:32en France
00:52:32par rapport aux Allemands,
00:52:34aux Italiens
00:52:34est en train de chuter.
00:52:36C'est le travail
00:52:36qui fait le niveau de vie.
00:52:38Ce n'est pas la dette.
00:52:39Ce n'est pas
00:52:39l'échec à crédit de l'État.
00:52:42Et ensuite,
00:52:43ils nous ont dit
00:52:44la dépense publique
00:52:45c'est vertueux.
00:52:45Ça fait des qualités
00:52:47de service public.
00:52:49Tu parles.
00:52:50L'hôpital souffre,
00:52:51la justice,
00:52:53etc.,
00:52:53l'école.
00:52:54Et ils nous ont dit
00:52:55la dépense publique
00:52:55fait la croissance.
00:52:57C'est faux.
00:52:57C'est faux.
00:52:58Si c'était vrai,
00:53:00on serait,
00:53:00mais alors,
00:53:00les plus heureux du monde.
00:53:01Vous avez parlé
00:53:02de la question
00:53:02du pouvoir d'achat.
00:53:03Chine
00:53:04est une forme
00:53:06de tiraillement français.
00:53:07Il y a d'un côté
00:53:0725 millions
00:53:08de consommateurs français
00:53:09réguliers
00:53:10sur Chine
00:53:11qui disent
00:53:12pour certains
00:53:13Chine m'a permis
00:53:15de m'habiller,
00:53:17d'être à la mode,
00:53:17qui sont enchantés.
00:53:19Et il y avait
00:53:19beaucoup de monde
00:53:19devant le BHV
00:53:20pour l'ouverture
00:53:21de l'espace Chine.
00:53:22Et puis,
00:53:22de l'autre,
00:53:23il y a un certain nombre
00:53:24de commerçants français,
00:53:26de créateurs français
00:53:27aussi,
00:53:27de marques françaises
00:53:27qui disent
00:53:28ça a tué la concurrence,
00:53:30ça a tué les marques françaises,
00:53:31il faut acheter français.
00:53:33Et puis,
00:53:33il y a la question
00:53:34des règles
00:53:34et cette procédure
00:53:36de suspension
00:53:37du site Chine.
00:53:38dans ce tiraillement-là
00:53:40entre des consommateurs
00:53:41qui disent
00:53:41ben oui,
00:53:41mais nous,
00:53:42on n'a pas envie
00:53:43qu'on nous fasse
00:53:43la morale
00:53:44sur le fait
00:53:44d'acheter sur Chine
00:53:45et de l'autre,
00:53:46la question
00:53:47du acheter français.
00:53:48Vous vous situez où ?
00:53:50Vous savez,
00:53:51j'ai vu en Vendée,
00:53:54dans mon secteur
00:53:55du bocage vendéen
00:53:56autour des herbiers,
00:53:58on était une des régions
00:53:59de France
00:53:59où il y avait
00:54:00le plus d'industries
00:54:01de la mode,
00:54:02le prêt-à-porter,
00:54:03la chaussure,
00:54:04etc.
00:54:05Et j'ai vu
00:54:05en quelques années
00:54:06les dégâts,
00:54:07les destructions
00:54:08d'emplois
00:54:08par centaines
00:54:09et par milliers
00:54:10avec les délocalisations.
00:54:12Il y a eu
00:54:13un effet de ciseau,
00:54:15une double mâchoire
00:54:16qui a écrasé d'ailleurs
00:54:17en France,
00:54:18pas seulement en Vendée.
00:54:19La Vendée,
00:54:20finalement,
00:54:21a pu rebondir
00:54:22pour plein de raisons.
00:54:23Mais en France,
00:54:24on a perdu
00:54:25des millions d'emplois.
00:54:26Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:54:27La double mâchoire,
00:54:28c'est l'Europe
00:54:28qui a tout laissé passer.
00:54:30On a refusé
00:54:30de se protéger
00:54:31très naïvement
00:54:32avec la concurrence
00:54:34déloyale
00:54:34de pays
00:54:35qui ne respectent pas
00:54:36l'environnement,
00:54:37qui ne respectent pas
00:54:38les modèles sociaux
00:54:39qui font travailler
00:54:40les jeunes enfants
00:54:41et ensuite,
00:54:42une hyper-réglementation
00:54:44en France.
00:54:45Nos entreprises
00:54:45très fiscalisées
00:54:46avec beaucoup
00:54:47de réglementation
00:54:48et une concurrence
00:54:49déloyale,
00:54:50ça a écrabouillé
00:54:52notre industrie.
00:54:53Donc, il faut interdire
00:54:54Chine ?
00:54:54Donc, je pense
00:54:55que moi,
00:54:55j'interdirais Chine.
00:54:56Et j'appelle l'Europe
00:54:57à changer de pied.
00:54:59J'appelle vraiment...
00:55:01L'Union européenne
00:55:02a fait le choix
00:55:03du consommateur.
00:55:04C'est ce que vous m'interrogez.
00:55:07Faut-il faire le choix
00:55:07du producteur ?
00:55:09Le problème du consommateur,
00:55:10c'est qu'il faut aussi
00:55:10qu'il soit salarié
00:55:12pour avoir du pouvoir d'achat.
00:55:15Et moi, je pense que
00:55:16si on veut se reconstituer,
00:55:18il faut faire comme
00:55:19les États-Unis font.
00:55:20Tous les...
00:55:21Comment dire ?
00:55:22Grands pays font.
00:55:23Ils luttent pied à pied
00:55:24pour garder leur industrie.
00:55:26Eh bien, moi,
00:55:27je pense que c'est
00:55:27le problème de la réciprocité.
00:55:29Tu n'appliques pas
00:55:30des standards environnementaux,
00:55:32des standards sociaux.
00:55:34Eh bien, il y a des droits de douane.
00:55:35On se protège.
00:55:37Et je pense que là aussi...
00:55:37Regardez, Chine a, je crois,
00:55:40depuis le début de l'année 2025,
00:55:43eu, pour non-respect des règles,
00:55:45de nos règles européennes
00:55:46et françaises,
00:55:47a été condamné
00:55:48à près de 200 millions,
00:55:50191 millions d'euros
00:55:51d'amende.
00:55:53Donc, voilà,
00:55:53une entreprise,
00:55:55ça n'est pas bon
00:55:56pour l'environnement
00:55:56avec les petits colis.
00:55:58Voilà, parce que tout ça...
00:55:59Est-ce qu'il faut taxer plus ?
00:56:00Philippe Juvin,
00:56:01de votre famille,
00:56:02qui est désormais rapporteur
00:56:03du budget,
00:56:04avait même proposé
00:56:04qu'on taxe
00:56:05les petits colis
00:56:05qui viennent de Chine,
00:56:07que ce soit Chine
00:56:08ou d'autres,
00:56:09comme Tému,
00:56:09de 50 euros.
00:56:11Un truc vraiment total,
00:56:12massif, dissuasif.
00:56:14Finalement,
00:56:15c'est probablement
00:56:152 euros qui sera retenu.
00:56:17Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:56:18Je pense que tous les moyens
00:56:19sont bons pour se protéger.
00:56:21Arrêtons d'être neuf.
00:56:22La Chine va nous envahir
00:56:24avec ses voitures électriques.
00:56:26Vous vous rendez compte,
00:56:27là encore,
00:56:28l'empreinte carbone
00:56:28de faire venir
00:56:29tes voitures
00:56:30du bout du monde.
00:56:31Et on s'interroge aussi
00:56:33sur la capacité,
00:56:34ensuite,
00:56:34de recyclage
00:56:35de ces voitures-là.
00:56:36Là aussi,
00:56:37responsabilité de l'Europe
00:56:38sur les deadlines
00:56:40qu'on a mis.
00:56:40Responsabilité de l'Europe,
00:56:42bien sûr,
00:56:42avec cette idée folle.
00:56:44Voilà.
00:56:45C'est-à-dire qu'on veut
00:56:46être les plus vertueux
00:56:46et on est en train
00:56:47de massacrer
00:56:48toute une filière automobile.
00:56:50Là encore,
00:56:51ce sont des milliers,
00:56:52des centaines de milliers
00:56:53d'emplois.
00:56:54Il faut le climat.
00:56:55Bien sûr.
00:56:56Je ne suis pas
00:56:56climato-sceptique.
00:56:58Mais on aurait dû dire,
00:56:59notamment à nos industriels,
00:57:01organisez-vous
00:57:02pour la neutralité
00:57:03technologique.
00:57:04On veut qu'il y ait
00:57:05moindre jet de CO2,
00:57:06etc.
00:57:06Mais peu importe
00:57:07la façon d'y parvenir.
00:57:09Là,
00:57:09on va tout casser
00:57:10et on importera
00:57:11les voitures.
00:57:12C'est exactement
00:57:13comme en agriculture.
00:57:15En réalité,
00:57:16on astreint
00:57:16nos agriculteurs
00:57:17à avoir des normes
00:57:18plus, plus, plus, plus
00:57:19et on importe,
00:57:20y compris de pays d'Europe,
00:57:22un certain nombre
00:57:22de produits
00:57:23qui ne respectent pas
00:57:24ces normes-là,
00:57:25qui concurrencent
00:57:26nos agriculteurs.
00:57:27Il y a de quoi
00:57:27devenir fou, là encore.
00:57:28Donc je pense,
00:57:29moi je veux,
00:57:30je vais vous dire,
00:57:31une révolution,
00:57:32une révolution du bon sens,
00:57:34remettre les choses
00:57:35à l'endroit.
00:57:36Simplement.
00:57:37J'ai toujours du mal
00:57:37avec le mot bon sens.
00:57:39Parce que vous dites
00:57:39tous bon sens
00:57:40et vous en avez
00:57:41tous une lecture différente.
00:57:41Je pense que les Français
00:57:42ont du bon sens,
00:57:42vous voyez.
00:57:43Et le bon sens,
00:57:44en matière de politique
00:57:44commerciale,
00:57:46c'est d'ajuster les choses
00:57:47dans la réciprocité.
00:57:48Si on a des prédateurs,
00:57:50on doit s'adapter
00:57:51et monter le niveau
00:57:53du bon lesnit.
00:57:54Est-ce que vous croyez
00:57:54que la commande publique,
00:57:55même d'ailleurs au Japon,
00:57:57quand l'État du Japon
00:57:58veut commander
00:57:58un certain nombre
00:57:59de choses pour l'État,
00:58:01mais ils sont totalement fermés.
00:58:03On est la zone douanière
00:58:05la plus ouverte au monde.
00:58:07On s'est offert au monde entier.
00:58:08Est-ce que ça veut dire
00:58:08qu'économiquement,
00:58:09au fond, vous-même,
00:58:10vous dites
00:58:10le libéralisme total, non ?
00:58:13Mais vous savez
00:58:13que j'avais refusé,
00:58:14j'étais jeune député,
00:58:16en 1994,
00:58:17j'avais été un des seuls
00:58:18à refuser
00:58:19d'approuver
00:58:20les accords de Marrakech.
00:58:21Les accords de Marrakech,
00:58:23c'était vraiment
00:58:24un libéralisme,
00:58:26un ultra-libre-échangisme,
00:58:28si j'ose dire.
00:58:29Eh bien, ça,
00:58:30ça nous a fait
00:58:30beaucoup, beaucoup de mal.
00:58:31Moi, je suis libéral
00:58:33au fond de moi,
00:58:34mais je veux
00:58:35une concurrence équilibrée.
00:58:37C'est tout.
00:58:38Voilà.
00:58:38Et ça, je pense
00:58:39que beaucoup de gens
00:58:40le comprennent.
00:58:41Un mot sur les municipales.
00:58:43Je n'ai pas compris
00:58:44si Rachida Dati
00:58:45était encore
00:58:47chez LR
00:58:47ou pas chez LR.
00:58:48Elle était suspendue.
00:58:50Mais suspendue,
00:58:51ça veut dire
00:58:51qu'on peut ensuite
00:58:52lever la suspension.
00:58:53On est bien d'accord.
00:58:54Elle était suspendue.
00:58:55Elle était suspendue.
00:58:56Nous avions...
00:58:56J'avais pris un engagement
00:58:57et collectivement,
00:58:59nous l'avions pris,
00:59:00cet engagement,
00:59:00cet été,
00:59:01lorsque Michel Barnier
00:59:02s'est présenté
00:59:03dans une législative partielle
00:59:04dans la deuxième circonscription,
00:59:05vous vous souvenez,
00:59:06de Paris.
00:59:07Et l'engagement,
00:59:08ça avait été
00:59:08de soutenir Rachida Dati
00:59:10aux élections municipales.
00:59:11J'imagine que c'est
00:59:12votre question.
00:59:13Eh bien,
00:59:13nous la soutiendrons
00:59:14aux élections municipales
00:59:16parce que nous pensons
00:59:17que c'est la meilleure candidate
00:59:19pour battre la gauche.
00:59:21Vous le pensez toujours.
00:59:21Suis-je claire ?
00:59:22Vous le pensez toujours.
00:59:23Je le pense toujours.
00:59:23Il y a d'ailleurs...
00:59:25Je ne suis pas seule
00:59:25à le penser.
00:59:26Il y a un sondage
00:59:27qui est paru
00:59:28il y a 24 heures.
00:59:29Vous l'avez vu
00:59:30dans un grand quotidien
00:59:31du matin
00:59:31dans le Figaro
00:59:32qui montrait
00:59:33qu'elle était bien placée.
00:59:34Voilà.
00:59:35Et je pense...
00:59:36Donc elle a votre soutien
00:59:37et ça se fera en confiance ?
00:59:39Elle a mon soutien.
00:59:40C'est un engagement
00:59:41que j'ai pris.
00:59:41Vous savez, ça fait partie...
00:59:43Vous me disiez
00:59:44que j'étais un peu rigide.
00:59:45Je tiens à mes convictions.
00:59:46Je n'ai pas tout à fait dit ça.
00:59:48Je vous ai suggéré
00:59:49de relire la fable
00:59:51du chêne et du roseau.
00:59:53C'était un gros sous-entendu.
00:59:54Non, mais c'est vrai
00:59:55que je tiens à mes convictions.
00:59:56Ça, c'est sûr.
00:59:57Je n'ai pas envie
00:59:58de me renier.
00:59:59Et quand je prends
01:00:00des engagements,
01:00:00j'ai envie de les tenir.
01:00:01Moi, vous savez,
01:00:02je suis un rural.
01:00:04Voilà.
01:00:04Donc les choses
01:00:04sont assez simples pour moi.
01:00:06Et dire la simplicité
01:00:08au niveau politique,
01:00:09c'est dire simplement
01:00:10que moi, je veux
01:00:11qu'on tourne
01:00:11le quart de siècle
01:00:13de la gauche
01:00:14au pouvoir à Paris.
01:00:15Je veux que la droite...
01:00:16Vous irez faire campagne
01:00:17à ses côtés ?
01:00:18Eh bien, si elle le souhaite,
01:00:19j'irai, bien entendu.
01:00:21Voilà.
01:00:21Et avouez qu'il y a
01:00:22quand même quelque chose
01:00:22d'un peu difficile à lire.
01:00:24Alors, il y a la question
01:00:24de Paris, évidemment.
01:00:25Mais dans cette suspension,
01:00:27ça n'a donc pas vocation
01:00:28à être définitif.
01:00:29Ah non, mais une suspension,
01:00:30c'est une suspension.
01:00:31Oui, c'est une sorte
01:00:32d'avertissement, quoi.
01:00:33Ce n'est pas seulement
01:00:33un avertissement.
01:00:34C'est de dire que les ministres
01:00:35qui ont accepté
01:00:37de rester dans un gouvernement
01:00:38qui ne mène pas
01:00:39une politique de droite
01:00:41et, je pense,
01:00:42conforme aux intérêts
01:00:43supérieurs de la nation,
01:00:44je le pense sincèrement,
01:00:46je m'expliquais
01:00:46sur la surfiscalité,
01:00:48est-ce que vous avez
01:00:49entendu parler d'économie ?
01:00:50Voilà.
01:00:51Le Sénat va remettre
01:00:51les choses en place.
01:00:52On proposera beaucoup
01:00:53d'économie et beaucoup moins,
01:00:55justement, d'impôts.
01:00:56Ça, c'est positif.
01:00:57Mais c'était normal
01:00:58de dire qu'ils ne représentent pas
01:00:59LR.
01:01:00De marquer le coup, quoi.
01:01:00Qu'ils ne représentent pas,
01:01:02qu'ils ne peuvent pas embarquer
01:01:03toute notre famille politique
01:01:05avec eux.
01:01:06Mais il y a déjà une date
01:01:07pour la levée de la suspicion ?
01:01:08Ah non, non, bien sûr que non.
01:01:09C'est une suspicion,
01:01:10on verra bien, quoi.
01:01:11Suspension.
01:01:11Suspension, pardon.
01:01:13Voyez, moi-même,
01:01:13j'en fais des lapsus.
01:01:15Je voudrais évoquer un cas
01:01:19que vous allez soutenir
01:01:20un candidat qui lui-même
01:01:21est aussi le candidat
01:01:23ou l'a été de reconquête.
01:01:25Est-ce que ça vous...
01:01:26Non, non, non.
01:01:27Est-ce que les choses
01:01:27ont été clarifiées depuis ?
01:01:28Non, non, pardon.
01:01:30Bourg-en-Bresse,
01:01:31il y a effectivement
01:01:32deux listes de droites
01:01:33qui se mettent en place
01:01:34et nous soutiendrons
01:01:36une liste LR.
01:01:37Vous ne soutiendrez pas
01:01:38l'ancien candidat reconquête ?
01:01:41Non, on soutiendra
01:01:42notre liste.
01:01:43Il y a un jeune candidat
01:01:44LR à Bourg-en-Bresse
01:01:45qui s'est déclaré.
01:01:47Il est en train
01:01:47de constituer sa liste.
01:01:48Vous soutenez en revanche
01:01:50Robert Ménard
01:01:50mais qui n'obtient pas
01:01:52et c'est une des questions
01:01:53que je posais,
01:01:54que nous posions hier
01:01:55à Jordan Bardella
01:01:58qui lui ne soutiendra pas
01:02:00Robert Ménard.
01:02:01Donc il n'y aura pas
01:02:02de mélange.
01:02:03RN, LR.
01:02:04D'ailleurs,
01:02:05si Robert Ménard
01:02:07venait à échouer,
01:02:10c'est le RN
01:02:10qui gagnerait.
01:02:12Nous soutenons
01:02:12Robert Ménard
01:02:13pour une raison
01:02:14très simple.
01:02:15C'est un très bon maire.
01:02:17Il est très indépendant.
01:02:17Il n'est pas LR,
01:02:18vous voyez.
01:02:19Mais moi,
01:02:19je ne suis pas sectaire.
01:02:20Je pense que quand il y a
01:02:21des maires qui sont courageux
01:02:22et il est courageux,
01:02:23il a pris des positions,
01:02:25beaucoup de positions
01:02:26qui l'honorent
01:02:28et qui honorent aussi
01:02:29la ville de Béziers.
01:02:30Et c'est une ville,
01:02:31croyez-moi,
01:02:31où il a fait un travail
01:02:32fantastique en matière
01:02:34de sécurité.
01:02:35Moi, j'y suis sensible.
01:02:36Bruno Rottagny,
01:02:37on arrive à la fin
01:02:37de cette émission.
01:02:38Je voudrais savoir
01:02:39pour qui vous vous battez ?
01:02:41Est-ce qu'il y a
01:02:42des figures ?
01:02:43Vous avez évoqué tout à l'heure
01:02:44la question d'Arnaud Beltrame.
01:02:47Vous avez évoqué Philippine.
01:02:50Qui sont les figures
01:02:51auxquelles vous pensez ?
01:02:53Certaines sont peut-être
01:02:54d'ailleurs en vie aujourd'hui.
01:02:56Mais je veux dire,
01:02:56qui sont ceux qui vous marquent,
01:02:59qui sont ceux auxquels
01:02:59vous pensez
01:03:00dans votre combat ?
01:03:03Vraiment,
01:03:03quand je dis que je pense
01:03:04à la majorité silencieuse,
01:03:08à la France des honnêtes gens,
01:03:09c'est d'abord pour eux
01:03:09que je me bats.
01:03:10Parce que c'est une majorité silencieuse,
01:03:14une France silencieuse,
01:03:15non pas qu'elle ait rien à dire.
01:03:17C'est que je pense
01:03:17depuis longtemps,
01:03:18depuis des années et des années,
01:03:19les hommes et les femmes politiques
01:03:20ne l'écoutent plus.
01:03:22Parce que trop souvent,
01:03:23on a fait des politiques
01:03:24pour se tourner vers des minorités
01:03:26et certainement pas
01:03:27vis-à-vis de la majorité.
01:03:29Moi, je pense que la majorité,
01:03:31en tout cas silencieuse,
01:03:32la France des honnêtes gens,
01:03:34ce n'est pas un fondement.
01:03:34Ceux qui ne manifestent pas ?
01:03:35Exactement.
01:03:37C'est un espoir.
01:03:38Pour moi, cette France-là,
01:03:40c'est vraiment celle
01:03:40qui va nous permettre,
01:03:41qui nous permet de tenir,
01:03:42qui tient la France
01:03:43à bout de bras aujourd'hui.
01:03:44Et c'est celle avec laquelle
01:03:46on va reconstruire.
01:03:47Je disais que la France va mal.
01:03:48Mais la France a énormément d'atouts.
01:03:50J'en suis sûr.
01:03:51Et voyez,
01:03:52l'expérience que je retire
01:03:53du ministère,
01:03:54c'est qu'en réalité,
01:03:55il n'y a pas de fatalité.
01:03:56Et j'ai très bien vu d'ailleurs
01:03:58les blocages
01:03:59qu'il va falloir déverrouiller.
01:04:01Il y a des verrous juridiques,
01:04:04constitutionnels sans doute,
01:04:06économiques, politiques.
01:04:07Mais je sais qu'avec de la volonté,
01:04:09on peut y arriver rapidement.
01:04:11Mais regardez,
01:04:12on a des exemples sous les yeux.
01:04:13Lesquels ?
01:04:13Regardez l'Italie.
01:04:15Regardez la Grèce.
01:04:16Regardez le Portugal.
01:04:17Regardez l'Espagne.
01:04:18Il y a des années,
01:04:19ils étaient vraiment très mal,
01:04:22bien en dessous de nous.
01:04:23Ils sont en train
01:04:24de nous rattraper.
01:04:25L'Italie nous a,
01:04:26sur le niveau de vie par exemple,
01:04:2840 000 euros.
01:04:28Ils sont en train
01:04:29de nous dépasser.
01:04:30Ils sont pris sur la question
01:04:31du commerce extérieur.
01:04:33Eh bien, si demain,
01:04:34si demain,
01:04:35on a de la volonté,
01:04:36si on dit la vérité aux Français,
01:04:37d'abord dire la vérité,
01:04:39c'est-à-dire la réalité des faits
01:04:40tels qu'ils les voient.
01:04:42Ils seront rassurés.
01:04:43Et on engagera justement
01:04:44une transformation profonde.
01:04:46Alors évidemment,
01:04:47ça ne sera pas 100%
01:04:48des Français
01:04:48qui seront d'accord
01:04:49parce que certains
01:04:50veulent profiter,
01:04:52certains veulent être assistés.
01:04:54C'est terminé ça.
01:04:55On n'a plus les moyens.
01:04:55C'est un vrai projet
01:04:56que vous lancez.
01:04:57C'est un projet
01:04:59qui sera un projet,
01:05:00je pense,
01:05:01oui,
01:05:01assez puissant,
01:05:03positif
01:05:03et j'espère imaginatif.
01:05:05Vous êtes prêt ?
01:05:07À quoi ?
01:05:09Vous êtes prêt
01:05:09s'il le faut.
01:05:10Quand on est un homme politique,
01:05:12quand on est un président
01:05:13d'un grand parti,
01:05:14il faut préparer son parti,
01:05:15sa famille politique,
01:05:16précisément,
01:05:17sur les prochaines élections,
01:05:20échéances,
01:05:21évidemment,
01:05:22les municipales.
01:05:22Mais vous comprenez bien
01:05:23ma question,
01:05:24évidemment.
01:05:24Je ne vous demande pas
01:05:24là, ce soir,
01:05:25de faire acte de candidature.
01:05:27Vous n'en avez même presque,
01:05:28j'allais dire,
01:05:28pas besoin puisqu'on entend,
01:05:30on voit avec ce Tour de France
01:05:31qu'au fond,
01:05:32vous vous préparez.
01:05:34Ma question,
01:05:35c'est aussi de savoir
01:05:36si vous en avez envie.
01:05:39Moi, je ne suis pas
01:05:40un homme d'envie.
01:05:41Je suis un homme de devoir.
01:05:43J'ai toujours dit que
01:05:44quand on pose cette question
01:05:46à un homme politique,
01:05:47est-ce que vous en avez envie ?
01:05:48Comme si,
01:05:49lorsque vous passez
01:05:49devant une vitrine,
01:05:50une pâtisserie,
01:05:52vous avez envie
01:05:52d'un éclair au café.
01:05:53J'adore les éclairs au café.
01:05:55Ce n'est pas une question d'envie.
01:05:56Parce que ce sera très dur.
01:05:58Il y a quelque chose
01:05:59de sacrificiel.
01:06:00Et je pense que les hommes
01:06:01et les femmes politiques
01:06:02ont déçu les Français
01:06:03parce qu'on sent trop souvent
01:06:05qu'ils recherchent
01:06:06la gloriole pour eux-mêmes,
01:06:09qu'ils recherchent
01:06:10une trajectoire de carrière.
01:06:11Ce n'est pas du tout mon cas.
01:06:13Si c'est ça,
01:06:13ce n'est pas du tout mon cas.
01:06:14En revanche,
01:06:15moi, j'aime la France.
01:06:16Je suis un patriote.
01:06:17Et je sais,
01:06:18je vois très bien
01:06:18ce qu'il faut déverrouiller désormais,
01:06:20ce qu'il faut changer
01:06:21pour que mon pays aujourd'hui,
01:06:23qui est en train
01:06:24de s'abaisser...
01:06:25Vous savez,
01:06:26une nation qui ne tient pas
01:06:27ses comptes
01:06:28est une nation
01:06:28qui ne tient pas son rang
01:06:30au niveau international,
01:06:31au niveau européen.
01:06:33J'ai bien vu le regard
01:06:33que portaient
01:06:34nos partenaires européens
01:06:35sur la France.
01:06:37Ça, je ne supporte pas.
01:06:38Je sais ce qu'il faut faire.
01:06:40Je vois bien
01:06:41ce qu'il faut faire
01:06:41pour que demain,
01:06:42une grande majorité de Français
01:06:43soient derrière un projet
01:06:45et que,
01:06:46dans un enthousiasme,
01:06:47avec une belle énergie,
01:06:49on puisse faire revivre
01:06:50une France
01:06:50qui soit une France radieuse,
01:06:52conquérante,
01:06:52rayonnante,
01:06:53ce qu'elle n'aurait jamais
01:06:54dû cesser d'être.
01:06:55Merci.
01:06:57Merci Bruno Retailleau.
01:06:58On l'a bien compris,
01:06:59la France est en campagne,
01:07:00vous êtes aussi en campagne.
01:07:02Merci d'avoir accepté
01:07:03de répondre à mes questions
01:07:04dans cette enthousiasme.
01:07:05ce soir à Brice-sur-Marne.
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