00:00Et depuis quelques heures, la France compte un candidat de plus à l'élection présidentielle.
00:05Encore un, me direz-vous.
00:07On n'a pas fait d'infographie parce qu'on n'a plus de place sur les plans.
00:09Et attendez, on n'est qu'en 2026, que début 2026.
00:12Il s'appelle Bruno Retailleau, il est ancien ministre de l'Intérieur, patron des Républicains.
00:16Ce n'est pas vraiment une surprise, Anne, mais ce qui est plus surprenant, c'est qu'il a pris
00:20de court son propre camp.
00:22Oui, parce que pour rappel, celui qui s'est déclaré hier, c'est effectivement le sénateur de Vendée, l'ancien
00:27ministre de l'Intérieur.
00:27Mais c'est aussi et surtout le président de son propre camp, les Républicains.
00:32Hier soir, dans sa vidéo de présentation, il y a une phrase qui a fait bondir certains de ses collègues
00:36de droite.
00:37Écoutez.
00:38Je vous redonnerai le pouvoir de décider.
00:40Je vous soumettrai directement, par référendum, plusieurs grands textes de loi.
00:44Je ne prendrai personne par surprise.
00:46Je ne ruserai pas.
00:47Je ne prendrai personne par surprise.
00:50Pourtant, il y en a certains qui l'a pris par surprise hier soir, ses concurrents à droite.
00:53Parce que Bruno Retailleau a lui-même lancé, il y a quelques semaines, un groupe de travail sur les modalités
00:58d'une primaire pour la droite.
01:00Et ce groupe de travail doit rendre ses conclusions d'ici la fin du mois, dans 15 jours donc.
01:05Et certains autres candidats potentiels à droite, eh bien, attendaient très sagement le verdict de cette commission pour annoncer leur
01:13propre candidature.
01:14Super donc hier soir.
01:15Notamment, par exemple, chez David Linard, qui ne fait pas mystère de son ambition, le président de l'association des
01:20maires de France.
01:21David Linard appelle à l'organisation immédiate de la primaire, de la droite et du centre.
01:25Le même David Linard qui retweetait rageur hier soir le commentaire d'un de ses lieutenants.
01:29En démocratie, la légitimité procède de la confrontation ordonnée, non de la dispersion des égaux, voire du tout à l
01:38'égo.
01:38Référence au tout à l'égout.
01:40Ambiance.
01:40Alors, attendez, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas.
01:42S'il y a une primaire, Bruno Retailleau, il va y participer ou il va s'en affranchir ?
01:46Alors, j'ai quand même posé la question, en effet, hier soir, parce que quand on l'écoutait, ça n
01:50'était pas évident.
01:51Le sens du devoir, bien sûr, ils l'ont tous.
01:52Je me plierai à la décision des adhérents, dit Bruno Retailleau.
01:56Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:57Attention, c'est là qu'est l'astuce.
01:58Les adhérents doivent se prononcer bientôt, non pas sur le nom de leur futur candidat, mais sur les modalités de
02:05désignation.
02:05Et rien ne dit qu'ils vont choisir la primaire, et ça, Bruno Retailleau le sait très bien.
02:10D'abord parce que la droite a une histoire polytraumatisée avec les primaires.
02:16Fillon Copé, l'échec de Valérie Pécresse, pourtant adoubé à la dernière présidentielle.
02:20Alors, l'espoir de Bruno Retailleau, c'est que ses adhérents renoncent en effet cette fois à la primaire,
02:25qu'ils considèrent qu'ils ont déjà un chef naturel, celui qu'ils ont élu en mai dernier président des
02:31Républicains à 75% des voix.
02:33Voilà, c'est le vœu pieux du moine soldat, et c'est le coup de poker du candidat.
02:37Vœu pieux certainement, coup de poker aussi, peut-être.
02:40Merci beaucoup, Anne.
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