- il y a 3 mois
Les députés bouclent ce lundi 3 novembre huit jours de débats sur la partie "recettes" du budget de l'État, sans espoir de voter sur ce premier volet mardi comme initialement prévu. Le projet de loi sur les finances de l'État reviendra devant les députés le 13 novembre, qui disposeront de dix jours avant que le texte ne parte, selon les délais constitutionnels, au Sénat.
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00:00J'accueille à présent le premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:03Rien à voir donc avec la polémique chine.
00:06Bonsoir Olivier Faure.
00:07Il est mythique.
00:09C'est-à-dire ?
00:10Le cynisme fait homme.
00:12En fait, en fond, le commerce domine tout le reste.
00:16Il n'y a absolument aucune capacité à prendre du recul par rapport à ce qui est un événement,
00:21à la fois sur ce que produit Chine, sur le scandale, sur ces poupées
00:25qui sont à destination de pédocriminels.
00:29Et n'avoir aucun recul par rapport à tout ça, considérer que business is business,
00:35que l'argent est roi, franchement, j'étais stupéfait à l'écouter.
00:40Et un type de marbre qui vous explique qu'au fond, rien n'a d'importance.
00:45La seule chose qui compte, c'est le fric.
00:48Franchement, j'étais stupéfait.
00:51Qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:53Aujourd'hui, Roland Lescure, le ministre de l'économie, dit
00:57s'il récidive, si Chine récidive, puisqu'ils ont retiré en 24 heures,
01:01donc ils ont appliqué la loi, ses poupées,
01:03on réfléchira à une interdiction de Chine en France.
01:05Vous savez aussi que c'est une marque qui s'adresse souvent aux plus précaires,
01:09à ceux qui n'ont pas forcément de quoi boucler leur fin de mois.
01:11Est-ce qu'il faut l'interdire ?
01:13Vous savez très bien que la fast fashion, à ce niveau-là,
01:17en fait, c'est la destruction de la valeur.
01:19En fait, c'est d'abord parce que les gens qui sont au bout de la chaîne,
01:23quand vous achetez si peu cher, la réalité, c'est que les gens qui sont au bout,
01:27ils ne gagnent rien.
01:28Et on est dans l'exploitation la plus sordide qu'on puisse avoir
01:31dans ce qui se fait aujourd'hui dans l'industrie du vêtement, de la mode, etc.
01:38Donc, il faut aller jusqu'à l'interdiction en France ?
01:40Moi, je crois qu'effectivement, à un moment, il faut prendre des mesures fermes
01:43et ne pas avoir la main qui tremble.
01:48Ça veut dire quoi, des mesures fermes, pardon ?
01:49Ça veut dire l'interdiction, effectivement, aller jusque-là, bien sûr.
01:52Mais sur quelles bases ?
01:54Ce n'est pas au gouvernement.
01:56J'imagine que les bases existent et qu'elles peuvent être trouvées.
02:00Mais voir, y compris qu'une marque comme le BHV accepte aujourd'hui
02:05de faire rentrer le loup dans la bergerie,
02:08d'aller concurrencer tous les commerces français
02:11avec des vêtements qui sont en réalité des vêtements peu chers
02:16et qui ne tiennent pas la durée.
02:17Vous êtes prêt à déposer une proposition de loi ?
02:19Si on sort un jour de l'épisode du budget, on va en parler dans un instant,
02:22pour interdire chez Inan France ?
02:23Je veux bien l'étudier, oui, bien sûr.
02:25Parce que je pense qu'on est en train de vivre une espèce d'explosion.
02:29Enfin, on est dans la quintessence du capitalisme rapace, prédateur,
02:36où plus aucune règle n'existe, si ce n'est celle de l'argent.
02:40Et effectivement, il y a un moment où ça s'arrête.
02:42Vous avez des enfants, je crois Olivier Fort, pardon, de cet intérêt de leur vie privée.
02:45Quatre, même. Ils utilisent Chine ou pas ?
02:46Pas du tout.
02:47Vous leur avez interdit ? C'est une discussion que vous avez eue avec eux ?
02:49Non, c'est une discussion qu'on a eue.
02:52Et eux-mêmes, d'ailleurs...
02:52Vous les avez convaincus de ne pas utiliser ou eux-mêmes ?
02:55Non, eux-mêmes. Et eux-mêmes, je vois...
02:58Enfin, ils essayent beaucoup d'acheter dans les friperies.
03:01Ils sont beaucoup vinted aussi, parce qu'ils considèrent qu'aujourd'hui,
03:05ils ont aussi une responsabilité dans leurs achats.
03:07Et je suis très fier d'eux, parce que c'est vrai qu'ils ont aussi, par eux-mêmes,
03:12cherché à comprendre comment marchait le système
03:15et comment aussi, il ne fallait pas le pousser jusqu'à l'incandescence.
03:20On entend ce que vous dites sur les conditions de travail.
03:22On les a rappelés, je les ai rappelés il y a quelques minutes,
03:24ce que disent les ONG sur les conditions de fabrication de ces vêtements en Chine.
03:27Mais en France, ce sont aussi les classes populaires qui achètent sur Chine,
03:31parce que ce n'est pas cher, parce que c'est quelques euros.
03:33Est-ce que le risque, aujourd'hui, en demandant une interdiction,
03:36c'est-à-dire, finalement, de porter un jugement presque moral
03:38sur les gens qui n'ont pas de quoi acheter des vêtements plus chers que ça ?
03:43Mais il y a plein d'autres solutions.
03:44Vous voyez ce danger-là aussi ?
03:45Oui, je comprends très bien.
03:46Et je comprends très bien qu'il y a des gens pour qui un euro, c'est un euro.
03:49Chaque week-end, quand je vais dans ce qu'on appelle les vides-greniers,
03:55je vois les gens de ma circonscription et qui négocient à 50 centimes près.
03:59Et donc, je ne suis pas ignorant de la difficulté qu'ont une partie de nos concitoyens
04:04à pouvoir simplement se vêtir correctement.
04:07Mais on ne peut pas non plus, pour cette raison-là, accepter une entreprise comme Chine
04:15et accepter que définitivement, on bascule dans un autre monde qui ne peut pas être le nôtre.
04:21Et encore une fois, je ne suis pas là pour faire la promotion de qui que ce soit,
04:24mais parfois, il vaut mieux acheter 5 euros plus cher,
04:27mais avoir quelque chose qui tient dans la durée plutôt que d'avoir.
04:30Et puis, il faut aussi que chacun d'entre nous finisse par se discipliner
04:34en se disant qu'on n'est pas obligé de suivre toutes les modes
04:37et de changer de vêtements toutes les semaines.
04:41Voilà, vous avez certainement plusieurs costumes, mais ils sont tous identiques.
04:44Et est-ce que vous vous portez plus mal ? Ça va, vous continuez à vivre.
04:48Et donc, il faut aussi qu'on apprenne à vivre avec les dégâts écologiques,
04:52les dégâts sociaux, tout ce que ça produit derrière,
04:56parce que tout ça, c'est importé de Chine.
04:58Vous imaginez, pour que le produit arrive ici à 3 ou 4 euros,
05:02alors qu'il a pris l'avion, qu'il a pris le cargo...
05:046 à 27 centimes par vêtement, c'est ce qui est versé, je rappelais tout à l'heure,
05:08d'après le rapport d'une ONG, à chaque ouvrier ou ouvrière,
05:10car il s'agit de la plupart du temps de femmes dans ces ateliers en Chine.
05:14Je voudrais qu'on parle du budget, Olivier Faure.
05:17Il y a 10 jours exactement, vous vous étiez laissé jusqu'à la fin de la semaine dernière
05:21pour dire si, oui ou non, vous alliez censurer le gouvernement.
05:25Le cap a donc été franchi, même de quelques jours.
05:28Est-ce que vous allez appuyer sur le bouton ou pas ?
05:31Moi, j'ai toujours dit la même chose, c'est que je souhaitais
05:35que l'on puisse réviser la copie du gouvernement,
05:38et notamment ce qu'on a appelé le musée des horreurs,
05:41avec le gel des pensions, le gel des prestations sociales.
05:44Vous l'avez obtenu.
05:44Et on l'a obtenu.
05:46Et vous avez obtenu la suspension de la réforme des retraites.
05:48Exactement.
05:49Ça veut dire quoi ? La liste n'est pas complète, ça va continuer ?
05:51Ça veut dire que nous avons en commission des affaires sociales,
05:55nous allons commencer demain l'examen du PLFSS.
05:58Le budget de la Sécu ?
05:59Si ce qui s'est passé en commission se prolonge dans l'hémicycle,
06:04nous aurons obtenu satisfaction sur l'essentiel.
06:07Sur quel point précisément ?
06:09Ça veut dire que ce que vous aviez dit il y a 10 jours n'est plus valable,
06:11vous laissez un nouveau sursis, si je suis bien, au gouvernement,
06:14et maintenant ça va se jouer sur le budget de la Sécu,
06:16dont l'examen débute demain.
06:17Oui, tant que les choses avancent, moi je suis là pour chercher
06:22à protéger les Françaises et les Françaises.
06:24Donc c'est toujours plus ?
06:25Je n'ai pas le cynisme de ceux.
06:26Non, ce n'est pas toujours plus.
06:28C'est l'objectif que vous avez fixé vous-même.
06:30Vous aviez dit je jugerais sur le budget.
06:32Le budget, c'est fini.
06:33Ça s'arrête ce soir.
06:34Non, ça s'arrête ce soir.
06:35Ça reprendra peut-être après.
06:36Maintenant, c'est le budget de la Sécu aussi.
06:38Par exemple, je prends un exemple concret.
06:40Vous demandez la peau des franchises médicales qui doivent doubler.
06:43Il y a quoi d'autre dans ce que vous réclamez aujourd'hui ?
06:45Les franchises médicales, la Cour des comptes a donné aujourd'hui
06:48son dernier avis sur les comptes de la Sécu.
06:51Ça ne va pas très fort.
06:5423 milliards de déficit cette année.
06:56Le gouvernement avait prévu de ramener ce déficit à 17 milliards et demi.
07:00L'une des mesures qui permettait de revenir là-dessus,
07:02c'était justement le doublement des franchises médicales.
07:04Plus de 2 milliards d'économies.
07:07Il y a quoi d'autre dans votre corbeille aujourd'hui ?
07:09Nous allons parallèlement chercher de nouvelles recettes.
07:13On va faire en sorte qu'on prenne 1,6 de CSG sur le patrimoine.
07:18Ce qui va permettre de revenir sur ce qu'on avait appelé la flat tax.
07:21Ces gens qui vivent de leur rente...
07:22Taxer les dividendes, les actions qui sont aujourd'hui taxées.
07:25C'est Emmanuel Macron qui a fait cette réforme à 30%.
07:26Ces cotisations sociales plus imposent sur le revenu.
07:30En réalité, les gens qui vivent de leur rente aujourd'hui
07:33sont moins imposés que les gens qui vivent de leur travail.
07:36Nous allons y revenir et nous allons redonner de l'oxygène aussi à la Sécu par ce biais-là.
07:41Donc à chaque fois, on cherche à mettre en face...
07:43Donc le suspense continue.
07:45Le suspense continue, mais à quel moment...
07:47Mais ce n'est pas une question de suspense, Marc Falkfeld.
07:48Je vous coupe un instant.
07:48Vous avez raison, mais à quel moment vous déciderez
07:51à quel moment vous déciderez si le budget tout court et le budget de la Sécu
07:57vous semblent de nature à au moins obtenir un vote neutre ?
08:02Bien que vous n'allez pas le voter, mais au moins une abstention.
08:05Quand nous verrons la copie complète.
08:06Donc à quel moment ça va se jouer ?
08:08Ça se joue en fait dans le mois.
08:10Et donc sur le PLFSS, ça se jouera autour du 12 novembre.
08:14Et puis sur le PLF, ça se prendra un peu plus de temps
08:16parce qu'on y reviendra après le PLFSS.
08:19Et donc, quand on aura une vision complète...
08:21Vous admettez que vous avez un peu changé votre fusil d'épaule
08:23entre ce que vous disiez il y a 10 jours
08:24et ce que vous dites ce soir sur ce plateau.
08:26C'est-à-dire qu'on va se laisser maintenant tout le mois de novembre.
08:28Ce n'est pas exactement la même chose.
08:29La liste de vos revendications a changé.
08:33Non, j'ai toujours dit la même chose sur les revendications.
08:35C'est-à-dire que l'objectif n'est pas...
08:37En soi, je vous avais même dit...
08:38Moi, mon objectif, ce n'est pas dans la vie d'avoir telle ou telle taxe.
08:42Ce que je veux, c'est qu'il y ait un rendement
08:44et qu'en face de ce rendement, on puisse faire en sorte
08:46que la vie des gens ne soit pas noircie
08:50par des mesures qui seraient prises
08:52et qui sont en réalité celles que François Béroud avait décidées.
08:55Donc, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
08:57Si on reste sur la copie Béroud,
08:59eh bien, on censurera, on votera contre,
09:02on fera en sorte que les choses ne se passent pas ainsi.
09:04Vous nous dites, je ne veux pas de la franchise médicale
09:05doubler sur les médicaments et sur la consultation chez le médecin.
09:08Je veux une hausse de la flat tax.
09:10Est-ce qu'il y a d'autres choses que vous réclamez ?
09:11Je veux que l'hôpital public soit, enfin, que l'ONDAM,
09:15pour prendre un terme technique, soit revalorisé.
09:17C'est l'arrêt qui fixe la hausse ou la baisse des dépenses de santé.
09:20Parce qu'aujourd'hui, on est dans une situation
09:22où l'hôpital est exsangue.
09:24Et si on ne fait pas cet effort de l'ordre de 1 milliard supplémentaire,
09:27eh bien, on sait que ça va mal se passer à l'hôpital.
09:30Donc ça, ça fait partie des sujets
09:32que nous avons évoqués avec le gouvernement.
09:33Je vois que le gouvernement a aussi bougé là-dessus.
09:36Le Premier ministre l'a évoqué vendredi dans l'hémicycle.
09:38Et dans les discussions que nous avons avec lui,
09:40nous savons qu'ils sont prêts à remettre 1 milliard.
09:43Mais le gouvernement, il dit aussi...
09:44Ça fait partie des sujets qui sont des sujets positifs.
09:46Le gouvernement, pardon ?
09:47Et donc, quand ça avance, j'avance.
09:49Je ne suis pas, je ne cherche pas.
09:50Il y a des gens qui sont tellement cyniques
09:51qu'au fond, rien ne les intéresse.
09:53La seule chose qu'ils veulent, c'est que tout tombe.
09:55Et qu'à la fin, ils puissent tirer le profit maximal.
09:58Moi, je ne suis pas là-dedans.
09:59Je cherche à ce que les Français puissent être protégés
10:01et faire en sorte que nous puissions avoir
10:03des services publics qui fonctionnent,
10:04que nous puissions avoir des gens
10:05qui n'aient pas des fins de mois plus difficiles
10:07que ça n'est le cas déjà aujourd'hui.
10:08Et si ces conditions-là sont remplies, j'achète.
10:11Vous avez sans doute lu les confidences
10:13du Premier ministre dans la presse ce week-end
10:14qui dit, je ne comprends pas pourquoi
10:15le Parti Socialiste ne revendique pas
10:17plus haut et fort ces différentes victoires.
10:19La suspension de la réforme des retraites,
10:21le dégel des pensions de retraite, etc.
10:23Est-ce que c'est parce que vous avez peur
10:27de vous faire taper sur les doigts immédiatement
10:28par Jean-Luc Mélenchon qui a dit
10:30dès hier, ça y est, le Parti Socialiste
10:32a changé d'alliance, il est allié
10:33avec les macronistes.
10:35C'est ça qui vous effraie ?
10:36Pourquoi ça m'effraierait ?
10:37En fait, il suffit...
10:38Enfin, je sais bien que cette lecture complotiste
10:40est diffusée par la France insoumise.
10:42Mais il suffit...
10:43Pendant plusieurs jours, ils ont dit
10:44mais vous allez voir, il y a un deal.
10:46Ils ont déjà organisé les choses, etc.
10:49Donc vous n'avez pas le compromis au peu ce soir.
10:51Vous dites qu'on a gagné et on veut continuer à négocier.
10:55Quand vous m'interrogez et que vous me dites
10:56est-ce que vous parlez avec le gouvernement ?
10:58Je vous ai toujours répondu
10:58oui, nous nous parlons.
11:00Et parce que dans un hémicycle
11:01où il n'y a aucune majorité absolue,
11:03il faut être juste dingo ou cynique
11:05pour dire je ne parle avec personne.
11:07Alors je sais bien qu'il y a des gens
11:08qui font en réalité
11:09semblant de s'intéresser aux gens
11:11mais en réalité, imaginez que la France insoumise
11:13a voté en commission pour l'instant
11:15contre la suspension de la réforme des retraites.
11:17Vous vous rendez compte ?
11:18Contre la suspension de la réforme des retraites
11:20et en revanche, ils ont voté
11:21en fait avec Laurent Wauquiez
11:23pour exonérer,
11:24pour que toutes les tranches d'impôts sur le revenu
11:26puissent être dégelés,
11:29le barème de l'impôt sur le revenu.
11:31Ce qui va permettre aux classes les plus aisées
11:33de retrouver en fait,
11:36enfin ne pas être davantage imposés.
11:37J'essaie de comprendre l'idée.
11:38Ce que vous dites ce soir sur ce plateau,
11:40c'est-à-dire la liste de ce que vous réclamez au gouvernement,
11:42vous l'avez dit les yeux dans les yeux
11:44à Sébastien Lecornu
11:45quand vous avez déjeuné avec lui vendredi.
11:46Bien sûr.
11:47Vous êtes venu avec un papier,
11:48avec le dessus,
11:49on veut rectifier les trajectoires de l'hôpital,
11:52etc.
11:52Le papier je l'aime avec moi si vous voulez.
11:54Il est là ?
11:54Oui je l'ai là.
11:55Vous me le laissez ?
11:55Je ne vous le laisse pas.
11:56Il y a combien de points sur ce papier ?
11:58Je ne sais pas, je n'ai pas compté.
12:00En tout cas il y a plusieurs feuilles,
12:01si on peut regarder,
12:03si on peut zoomer même éventuellement.
12:04Très simple,
12:05avec en fait tout ce qu'il y a à supprimer aujourd'hui,
12:08donc le gel des prestations sociales,
12:11je vous l'ai dit.
12:11Ça c'est fait ?
12:12C'est fait.
12:13Enfin il faut que ce soit voté.
12:15Parce que le gouvernement,
12:16c'est quand même un des sujets
12:17que nous avons en ce moment.
12:18Et c'est l'une des raisons de ma prudence.
12:20C'est que je vois aussi
12:21que vous avez une ministre qui est au banc,
12:23Amélie de Montchalin,
12:24qui donne des avis pour le gouvernement
12:26et je vois qu'elle n'est pas toujours suivie.
12:28Et même parfois,
12:29vous avez des députés du socle commun
12:30qui font exactement l'inverse de ce qu'elle dit.
12:32Cet après-midi par exemple,
12:33on s'est retrouvé avec des députés
12:36entre la droite et l'extrême droite
12:38qui ont voté des exonérations d'impôts
12:42pour des donations
12:43de l'ordre de 750 000 euros par enfant.
12:46Ce n'est pas les classes populaires
12:47qui sont visées là.
12:48Aujourd'hui c'est 100 000,
12:49je rappelle le chiffre simplement.
12:50Simplement,
12:50il y a beaucoup de points sur votre feuille ou pas ?
12:52Les franchises médicales,
12:54le plafond des indemnités journalières,
12:55le forfeit hospitalier qui va être augmenté,
12:58les niches sociales qui sont en fait,
13:00je pense aux tickets restaurant,
13:02il y a d'autres façons de procéder.
13:04Le gel du barème de l'IR s'est déjà fait.
13:06Vous cochez à chaque fois qu'il se passe ?
13:08Vous cochez, vous en avez combien d'obtenus
13:10sur l'ensemble de votre liste ?
13:11Pas mal,
13:13mais maintenant ce que moi j'ai plaidé
13:15pendant plusieurs jours,
13:16c'est qu'on est en face des recettes
13:18qui permettent de ne pas creuser le déficit.
13:20Parce qu'il y a plusieurs façons de faire les choses.
13:21Soit vous dites que vous avez des recettes
13:23pour combler ce que je viens d'évoquer,
13:24soit vous avez en fait un déficit
13:28que vous laissez se creuser.
13:31Et donc moi je souhaite
13:32qu'on n'aille pas trop loin sur le déficit.
13:34Le Premier ministre a dit
13:35entre 4,7 et 5.
13:36Je ne souhaite pas qu'on aille au-delà de 5
13:38parce qu'il faut là aussi être responsable.
13:40La charge de la dette,
13:42les intérêts qu'on brousse à canner,
13:43c'est l'équivalent bientôt
13:45du budget de l'éducation.
13:46Et donc si on veut mener
13:47des politiques publiques ambitieuses,
13:48il faut aussi qu'on ait un regard sur la dette.
13:50Sur les impôts, il vous dit quoi Sébastien Le Cordu ?
13:53S'il faut trouver effectivement
13:55des milliards et des milliards
13:56pour compenser tout ce que vous avez dit là ?
13:57Je sais qu'il y est plutôt hostile.
13:59Alors je lui souffle une idée simple,
14:01c'est qu'il y a 200 milliards d'aides
14:03aux entreprises chaque année.
14:05Chiffre contesté.
14:05Peut-être.
14:06Non, il est contesté parce qu'on mélange
14:08beaucoup de choses très différentes.
14:12Il y a des aides rembourses,
14:12il y a des prêts,
14:14il y a beaucoup de choses très différentes.
14:14Vous lui dites que c'est là-dessus
14:15qu'il faut cacher ?
14:16Vous croyez qu'on ne peut pas trouver
14:175 ou 10 milliards ?
14:19Je prends un autre exemple.
14:21On a une logique de guichet aujourd'hui en France
14:23avec par exemple France 2030.
14:26C'est 10 milliards d'euros par an.
14:2810 milliards d'euros par an,
14:29essentiellement sous la forme de subventions.
14:31Eh bien moi je souhaite que désormais
14:32il n'y ait plus de subventions aux entreprises.
14:35Soit on leur fait une avance remboursable.
14:38Et donc quand elles ont réussi,
14:40quand elles ont prospéré,
14:41on aide les entreprises innovantes,
14:43dès lors qu'elles ont touché
14:45et qu'elles gagnent enfin de l'argent,
14:47eh bien soit elles remboursent,
14:49soit l'État monte au capital
14:51et devient actionnaire de ses boîtes
14:52et donc participe à la croissance de l'entreprise
14:54mais aussi participe aux dividendes.
14:55Voilà, c'est des choses simples
14:57mais plus d'argent public
14:58qui soit dilapidé,
15:00ce qui est des gens qui gagnent
15:01au grattage et au tirage.
15:02Ils ont à la fois l'aide de l'État
15:04quand ils en ont besoin
15:05et là je pourrais vous donner
15:07quelques chiffres aussi,
15:07mais même LVMH,
15:09entreprise prospère,
15:10parmi les plus prospères.
15:11Chaque année,
15:12ils reçoivent 275 millions d'euros
15:15de l'État,
15:16donc des Français.
15:18Cette entreprise fait 15 milliards de bénéfices.
15:20Donc comment vous l'expliquez ?
15:22Moi je ne sais pas l'expliquer.
15:23Je ne peux pas expliquer aux gens
15:24que désormais,
15:25en fait ces gens ne veulent pas
15:26être davantage imposés,
15:28ils ne veulent pas de la taxe Zuckman,
15:29mais ils ne veulent pas non plus
15:30perdre leurs aides.
15:31Il y a un moment où ça ne va plus
15:32et il faudra bien qu'on fasse des choix
15:33et c'est ce que je dis.
15:34En un mot, Olivier Faure,
15:35vous êtes raisonnablement optimiste
15:37sur les chances de trouver
15:38un accord sur le budget ?
15:40Raisonnablement optimiste ?
15:41Je pense qu'il y a un chemin étroit,
15:45mais qu'il existe.
15:46Et ce que je vois aussi,
15:48c'est qu'à la fin,
15:49puisque nous sommes désormais
15:51149,3,
15:52nous aurons le choix
15:52entre deux situations.
15:54Soit de reprendre,
15:56soit que le gouvernement
15:57fasse une loi spéciale
15:58sur la loi de finances,
16:00et donc ce sera le budget
16:00de l'an passé,
16:01mais amputé des 10 milliards
16:03qui étaient les 10 milliards
16:04de surtaxes IS,
16:06enfin je ne vais pas
16:06en parler de détail,
16:07mais enfin l'imposition
16:07des plus grandes fortunes
16:09et des grandes entreprises,
16:09parce que pour des raisons techniques
16:11que je ne vais pas expliquer là,
16:12mais ce n'est pas possible,
16:13et sur le PLFSS,
16:15ce sera forcément
16:16par ordonnance.
16:17Les ordonnances reprendront
16:18le projet initial,
16:20ça veut dire que vous retrouverez
16:21tout ce qu'on ne veut pas,
16:23le gel des pensions de retraite,
16:24le gel, etc.
16:25Et donc c'est à ça
16:26que nous sommes conduits.
16:27Donc moi ce que je cherche,
16:28c'est à faire en sorte
16:29que nous serions utiles
16:31aux Français
16:31et que nous puissions
16:32dégommer toute une partie
16:34de ce qui est forcément
16:35inimaginable pour nous,
16:37et puis après,
16:38eh bien effectivement,
16:39permettre l'adoption
16:41de ces budgets.
16:42Ce qui veut dire
16:42que le fil n'est pas rompu
16:44et qu'au-delà du déjeuner
16:44de vendredi dernier
16:45avec Sébastien Lecornu,
16:46il y a toujours
16:47des contacts permanents
16:48avec le gouvernement,
16:49quelle que soit leur forme.
16:50Mais le fil ne sera jamais rompu
16:52tant qu'il n'y aura pas
16:53de majorité absolue
16:54dans ce Parlement.
16:55Et moi ce que je souhaite,
16:56c'est non pas m'associer
16:58et m'allier avec la Macronie,
17:00chacun sait ce que j'en pense,
17:01et chacun sait que je souhaite
17:03qu'on les remplace
17:04le plus vite possible.
17:05Mais dans l'intervalle,
17:07maintenant,
17:08on ne peut pas laisser
17:08les Français sans budget
17:09et on ne peut pas leur dire
17:10démerdez-vous
17:11avec un budget
17:13qui est une horreur.
17:14Donc nous allons tout faire
17:15pour effacer les horreurs.
17:16Merci beaucoup Olivier Faure.
17:18Je vous prends
17:18votre petite fiche,
17:19celle des discussions
17:21avec Sébastien Lecornu,
17:22si vous voulez la laisser.
17:23Je la laisse à l'accueil.
17:24La laissez-la à l'accueil.
17:25Merci beaucoup.
17:25Merci d'être venu ce soir.
17:26Beaucoup de choses
17:27sont déjà publiques en réalité.
17:28Sur ce plateau.
17:28Merci à vous.
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