00:00Tout ça pour rien, on verra bien si ça aboutit à un budget.
00:03Tout ça, surtout, me fait l'effet d'une espèce de pluie d'impôts à l'Assemblée.
00:08Et pardon, mais c'est l'impression qu'on a vu de l'extérieur.
00:11On se dit, les députés, y compris le RN, sont lancés dans une espèce de course
00:16à la création ou à l'augmentation d'impôts, de prélèvements, de taxes.
00:21Ils font preuve d'une imagination inouïe là-dessus.
00:23En revanche, ils sont beaucoup plus secs sur les réductions de dépenses publiques.
00:31Et on a l'impression que les Républicains regardent ça sans rien dire
00:34parce qu'ils n'ont pas envie d'une dissolution.
00:37Et les députés macronistes regardent gentiment s'écrouler
00:41le peu d'héritage de leurs présidents et de leurs mouvements politiques
00:46sous les coups de la gauche, de l'extrême gauche et de l'extrême droite.
00:50Donc je trouve ça assez effarant.
00:53Et je ne suis pas très sûr que les Français comprennent vraiment.
00:56Je pense qu'ils sont impatients de re-voter.
01:00Je ne sais pas si les Français ne comprennent pas vraiment.
01:03Mais vous, manifestement, il y a une chose que vous n'avez pas comprise.
01:05Mais je ne dis pas ça de manière péremptoire,
01:07mais qui explique le sentiment que vous avez.
01:09C'est la manière dont on vote un budget.
01:11Pourquoi est-ce que vous entendez parler de recettes en continu ?
01:13Parce que dans la manière de voter le budget, on commence par les recettes.
01:17Et on passe aux dépenses dans un deuxième temps.
01:20Ce sera dans un mois à l'Assemblée nationale.
01:22Ça peut paraître très bizarre.
01:23Je le comprends.
01:24Dans un monde normal, on commencerait d'abord par décider des dépenses
01:28dont on a besoin dans le pays.
01:29Et donc des économies à certains endroits
01:31ou des augmentations de dépenses à un autre.
01:34Et puis après, on ajusterait en fonction des choix de dépenses
01:36qui ont été faits par les recettes.
01:38Donc juste pour expliquer à Charles Consigny son sentiment d'allergie fiscale,
01:41c'est juste que depuis 15 jours, en effet,
01:44à l'Assemblée nationale ne sont examinés que la partie recettes.
01:47– Oui, mais il n'y a que des hausses d'impôts.
01:49– Vous pourriez baisser les recettes.
01:49– Il y a des hausses ou des créations d'impôts.
01:51– Vous pourriez baisser les recettes ?
01:52– Oui, mais vous voyez bien la difficulté.
01:54Décider de baisser les recettes, ça veut dire qu'en face,
01:58on sait déjà les économies qui ont été faites.
02:00Le problème qu'on a aujourd'hui, et ça c'est la grande difficulté,
02:02parce qu'on n'a pas ça d'habitude.
02:04Quand il y a une majorité à l'Assemblée nationale,
02:06ou même quand il y a un 49-3,
02:07à la fin, on sait qu'il y a une seule personne
02:09qui va tenir le stylo et qui va réguler.
02:12C'est le gouvernement, quand il est soutenu par sa majorité,
02:14quand il y a une majorité absolue.
02:16J'ai connu, j'ai été député dans une époque où il y avait de la majorité,
02:19et c'était le ministre de l'Économie qui faisait le budget
02:21tout seul dans son coin, si j'ose dire,
02:23et les parlementaires le corrigeaient à la marge.
02:25Là, on vit un truc un peu extraordinaire.
02:26– Oui, mais vous voyez.
02:27– Pour la première fois, les parlementaires tiennent la totalité du stylo.
02:30– Non, non, non.
02:31– On ne peut pas être attaché à la démocratie
02:38et à la démocratie parlementaire et se dire,
02:40oui, mais ils sont en train de tâtonner,
02:41ben oui, ça tâtonne un petit peu.
02:43– Mais là, M. Guelph, si je peux faire une objection…
02:44– Mais ce qu'il faut avoir en tête, je termine ma phrase juste,
02:46ce qu'il faut avoir en tête, là je reviens sur le fond de la remarque
02:49sur la fiscalité, moi je ne suis pas pour la fiscalité,
02:52pour la fiscalité, je suis pour des impôts justes
02:55et des dépenses efficaces.
02:56– Sous-titrage Société Radio-Canada
03:01– Sous-titrage Société Radio-Canada
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