00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Maxime Liedot.
00:05Mais qu'est-ce qui se passe à l'Assemblée Nationale ?
00:07Quand on voit ce qui s'est passé ces derniers jours, ces dernières heures,
00:10l'alliance des contraires, des victoires historiques pour reprendre
00:13notamment le terme de Marine Le Pen concernant la dénonciation des accords de 68
00:18et encore là, un dodo et puis s'en va, c'est-à-dire qu'on s'arrête sur l'attaque Zuckman qui est rejetée
00:23et on se réveille. A quoi assiste-t-on ? Un retour de l'ISF. Bonjour Wally Bordas.
00:28Bonjour Maxime.
00:29Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes grand reporter politique au Figaro
00:32et auteur de Palais Bourbier, chronique d'une France ingouvernable.
00:35C'est aux éditions Robert Laffont. On va venir au cœur de cet ouvrage
00:38dont je recommande la lecture vivement parce que ça permet d'avoir un éclairage
00:42avec énormément de coulisses, de propos des hommes forts et des femmes fortes
00:46qui dirigent actuellement l'Assemblée Nationale.
00:48Un mot d'abord sur l'actualité instantanée, ce qui se passe depuis plusieurs heures en réalité.
00:54Est-ce que vous qui suivez ces débats parlementaires à la minute près pour le Figaro,
00:58est-ce que vous attendiez à de tels événements ?
01:01Que ce soit la dénonciation des accords de 68 par le Rassemblement National,
01:05que ce soit un retour de l'ISF, parfois des alliances contraires.
01:09Tout ça, vous l'aviez prévu, vous l'aviez imaginé Wally Bordas ?
01:12Alors oui, oui parce qu'effectivement on est depuis un an et demi dans une Assemblée Nationale
01:18totalement imprévisible avec forcément de nombreuses surprises chaque jour.
01:25Donc effectivement tout ça c'est plutôt prévisible,
01:28même si effectivement on ne sait pas quelles surprises vont arriver sur les accords de 68.
01:33On ne s'attendait pas forcément à une victoire historique du Rassemblement National,
01:36même si elle n'est que symbolique finalement.
01:42Et hier soir on ne s'attendait pas forcément à ce vote-là sur la fortune improductive,
01:49sur le nouvel impôt sur une fortune improductive.
01:52Mais en fait ce qu'il faut aussi se dire pour prendre un peu de recul,
01:56c'est que tout cela n'est qu'un vaste théâtre,
01:59que tous ces votes ne sont pas forcément la réalité,
02:03parce que là notamment sur le budget on sait qu'il y a une navette parlementaire,
02:07on sait que le processus est encore long avant que le budget soit adopté.
02:11Donc tout ce qu'on peut voir surgir sur des votes ne sont pas forcément définitifs.
02:17En revanche ils sont peut-être le reflet d'une tendance
02:20qui traduit peut-être quelque chose d'encore un peu plus important d'une certaine manière que la réalité,
02:25c'est-à-dire la tendance de fond des partis,
02:27que ce soit d'un point de vue social, que ce soit d'un point de vue fiscal,
02:30que ce soit cette passion de l'impôt, ça dit aussi peut-être quelque chose de profond,
02:34d'une vision de la société, non ?
02:36Ce qui est sûr c'est qu'on a quand même une majorité à l'Assemblée nationale
02:40pour augmenter les impôts des Français.
02:43Entre le Rassemblement national, la gauche et même une partie du socle commun,
02:49on voit bien là depuis le début de l'examen du texte
02:53qu'il y a un certain nombre d'impôts qui ont été augmentés.
02:57Je pense aussi à la taxe sur les multinationales
03:00qui est censée rapporter 27 milliards d'euros quand même.
03:05Donc effectivement on a cette majorité-là.
03:08Après, est-ce qu'à la fin la copie ne sera pas largement revue ?
03:15Est-ce que finalement on ne reviendra pas à la pays du gouvernement
03:16qui prévoyait certaines hausses d'impôts mais pas autant ?
03:20Moi c'est plutôt mon hypothèse.
03:22Wally Bordas, vous êtes grand reporter politique au Tigarro
03:25et vous signez ce livre dont je recommande la lecture
03:27Palais-Bourbier, chronique d'une France ingouvernable
03:29et justement j'aimerais qu'on s'y plonge précisément en rapport avec l'actualité.
03:33Notamment hier, la une c'était ce vote inédit, certes symbolique
03:37mais victoire pour le Rassemblement national,
03:39historique, a même utilisé Marine Le Pen comme terme.
03:42On a vu quand même une alliance de certains partis
03:45et on sait que ça s'est joué à une voix près,
03:47voix notamment de Sébastien Chenu qui est vice-président de l'Assemblée nationale
03:51dont vous parlez beaucoup dans le livre
03:53et Marine Le Pen lui dit à Sébastien Chenu en mai
03:55« Tu es celui qui connaît le mieux la maison et on va avoir besoin de stabilité.
03:59Commence à réfléchir à ta future équipe ».
04:02Sébastien Chenu, quand on est, quand on s'intéresse
04:05et quand on regarde ce qui se passe à l'Assemblée nationale,
04:07c'est vraiment un homme fort, un rouache clé du Rassemblement national au Palais Bourbon ?
04:11Oui, parce que déjà, il connaît les coulisses de l'Assemblée nationale par cœur.
04:18Oui, parce qu'il a énormément d'entre-soirs,
04:21il a des facilités relationnelles, humaines,
04:25qui lui permettent d'être appréciés dans tout le rang,
04:28y compris à gauche.
04:29Je raconte notamment dans le livre
04:30qu'il s'entend bien avec certains mélanchonistes,
04:34dont Sofia Chikirou, à qui il fait la bise,
04:37avec qui il paie de temps à autre.
04:39Voilà, c'est une personnalité
04:41qui finalement représente bien
04:45cette dédiabolisation du Rassemblement national
04:49parce que voilà, des facilités humaines,
04:52des facilités relationnelles
04:53qui lui permettent d'élargir en quelque sorte
04:56les possibilités à l'Assemblée nationale du Rassemblement national.
05:02Et puis parmi les hommes forts,
05:04vous revenez énormément sur ce qui se passe du côté de la droite,
05:07notamment avec Michel Barnier et Laurent Wauquiez,
05:10c'est bien ça.
05:11Et à quel point aujourd'hui la droite est totalement perdue ?
05:13On vous citait notamment Laurent Wauquiez
05:16qui explique le harcèlement qui vit de Michel Barnier
05:19à coup de 3, 4, 5, 6 textos par jour.
05:21Comment se situe la droite aujourd'hui dans l'hémicycle ?
05:23Est-ce qu'elle arrive encore à peser ?
05:25Notamment depuis la crise qu'elle traverse
05:26depuis, on va dire, une ou deux semaines.
05:28Je trouve qu'elle arrive à peser.
05:30Je trouve qu'elle arrive à peser
05:32et qu'elle a un tout petit nombre à l'Assemblée nationale.
05:36Ils sont seulement 50 députés tout juste.
05:39Et depuis le retour de Laurent Wauquiez au Paris-Bourgons,
05:45elle a retrouvé une voie,
05:47une espèce de cohérence quand même
05:48avec un bloc assez uni,
05:51ce qui n'existait pas entre 2022 et 2024.
05:54Des choix plutôt cohérents.
05:55Là, on les a vus notamment ces derniers jours
05:58obtenir des victoires sur le budget,
06:00notamment sur la défiscalisation des heures supplémentaires.
06:04Cette semaine, sur le vote,
06:06sur la dénonciation des accords de 68,
06:08ils ont aussi voté d'une seule voix.
06:11C'est quelque chose qu'on n'avait plus eu
06:12depuis plusieurs années.
06:14Et peut-être que c'est dû à leur petit nombre,
06:15mais en tout cas, ils ont effectivement
06:17créé une sorte de task force
06:19qui leur permet de peser un peu plus sur les débats.
06:22Et j'aimerais aussi qu'on s'attarde un instant
06:25sur ce qui se passe
06:27et ce qu'on aperçoit, bien sûr,
06:28au centre de l'hémicycle,
06:29à savoir l'alliance et les regards qui se tournent.
06:33C'est la phrase de Charles Archer la semaine dernière.
06:34Les regards qui se tournent vers les socialistes.
06:37Dans votre livre, vous éclairez assez bien ça.
06:38Notamment une phrase d'un socialiste
06:40qui dit notre vocation n'est pas toujours
06:41de nous limiter à prendre date
06:42en attendant la prochaine élection.
06:44Elle est d'arracher jour après jour
06:45toutes les victoires possibles.
06:47En réalité, cette phrase,
06:48elle éclaire parfaitement la stratégie socialiste, non ?
06:51Wadi Bordas.
06:52Oui, oui.
06:53On n'avait peut-être pas compris avant.
06:56Oui, et pourtant, ils font ça
06:57depuis janvier-février 2025
07:01où ils ont épargné François Bayrou
07:03d'une censure
07:04et ont laissé passer le budget.
07:06Leur stratégie, elle est très claire.
07:08Elle est déjà de se différencier
07:10de la France insoumise
07:11et du côté chaotique
07:14et très censurier,
07:17si je peux m'exprimer ainsi,
07:19que cette gauche radicale
07:22met à l'hémicycle.
07:24Et eux,
07:25d'essayer de parvenir
07:27à trouver des victoires,
07:29de négocier,
07:31et en fait,
07:32de se montrer comme une force
07:33qui peut gouverner peut-être demain.
07:36Donc, c'est vrai qu'ils ont réussi
07:38en quelque sorte
07:38une sorte de scission
07:40avec le reste de la gauche,
07:42en tout cas à l'Assemblée nationale.
07:43On va lire en tout cas à l'Assemblée nationale
07:45et cette phrase de Mathilde Panot
07:46à Boris Vallaud
07:46que vous racontez dans le livre
07:47au début d'année.
07:48On ne pourra plus jamais
07:49vous faire confiance,
07:50vous romper une alliance
07:51qui vous a fait télire.
07:52Et on voit bien en effet
07:53à quel niveau
07:54la détestation s'est ancrée.
07:56Merci beaucoup Wally Bordas
07:57d'avoir été l'invité
07:58de Sud Radio ce matin
07:59quand reporter politique
08:00au Figaro
08:00et auteur de ce livre
08:01que je recommande vivement
08:02Palais Bourbier,
08:03chronique d'une France ingouvernable.
08:05C'est aux éditions Robert Laffont
08:06et ça permet d'éclairer
08:07parfaitement les débats
08:09qu'on est en train de voir
08:09et qui sont souvent chaotiques.
08:11Merci beaucoup.
08:12Il est 8h25.
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