En pleine crise politique, les Français prennent la parole sur BFMTV. Ils sont commerçants, retraités, chefs d'entreprises, agriculteurs, médecins, fonctionnaires... Ils ont des opinions différentes et attendent de savoir quel sera l'avenir politique de la France.
00:00Mais je vais vous répondre juste sur une chose que vous dites, parce qu'on l'entend souvent, vous crêpez le chignon.
00:04D'abord, je n'ai pas de chignon, mais j'y penserai.
00:06C'est une image.
00:07C'est une image.
00:08Mais je ne suis pas d'accord avec ça.
00:10C'est vif, c'est parfois violent, je l'avoue.
00:13Mais pourquoi ? Parce que ça rejoint des problématiques dont on a parlé aujourd'hui.
00:16C'est qu'on est, les uns et les autres, porteurs de colère qui existent.
00:20Moi, j'ai entendu là beaucoup de gens en colère sur les services publics qui se dégradent,
00:23sur la façon dont l'impôt est aujourd'hui inégalement réparti entre les très riches et les classes moyennes et les classes populaires.
00:30Et en fait, tout ça, ce n'est pas de l'engueulade parce qu'on ne s'aime pas.
00:32Évidemment, il y a des gens que je n'aime pas, mais ce n'est pas le sujet.
00:34Le sujet, c'est quelle vision on a, quelle vision on défend.
00:36Par exemple, oui, moi, j'assume que je suis en colère quand, Patrick Pelou le rappelait il y a un instant,
00:40quand on a un budget qui va concrètement se traduire par des suppressions de lits dans les hôpitaux.
00:44Quand on nous propose 4000 suppressions de postes dans l'éducation nationale.
00:47Comment on va éduquer nos gamins dans des classes surchargées ?
00:50Moi, je suis élu de quartier populaire. Dans les quartiers populaires, dans le monde rural, il y a un accès aux services publics
00:54qui est beaucoup plus difficile que dans les centres des métropoles.
00:57C'est le cas, par exemple, sur la santé, les déserts médicaux.
01:00Moi, je suis en colère quand le gouvernement s'oppose à une loi qu'on a pourtant faite voter à l'Assemblée nationale,
01:05à une large majorité, avec des élus de tous bords d'ailleurs,
01:07pour dire qu'on va réguler l'installation des médecins pour que les gens soient plus obligés d'attendre six mois pour avoir rendez-vous avec un pédiatre.
01:12Est-ce qu'il y a trop de députés ?
01:14Peut-être, j'en sais.
01:14Qu'est-ce que vous disiez, Gilles Bourdoulex, tout à l'heure ? Je vous pose la question.
01:17Je pense que c'est un faux débat. Pourquoi pas ?
01:19Moi, je suis pour la VIème République. Je suis pour qu'on en mette tout à plat.
01:21On fasse une assemblée constituante avec des gens qui sont portés pour ça.
01:25Et qu'on se dise qu'est-ce qui est le mieux.
01:26Mais le sujet, pour moi, ce n'est pas forcément le nombre.
01:27Quand on est 300 ou 400, ça ne me pose pas de problème.
01:29On est dans la moyenne mondiale, mais peu importe.
01:31Le sujet, c'est quel pouvoir ils ont.
01:33Et le problème, c'est que ça fait trois ans qu'on n'a, par exemple, pas pu voter le budget.
01:36Le problème, c'est qu'on vote des textes et que le gouvernement passe en force.
01:39On a eu l'exemple du 49-3 sur les retraites, par exemple.
01:41C'est de là que vient la colère.
01:42C'est de là que vient le fait que beaucoup d'entre vous ici ne se reconnaissent plus dans l'Assemblée nationale.
01:47C'est un peu de notre faute, sans doute.
01:48Moi, je veux bien prendre ma part de plein de trucs.
01:50Mais c'est aussi parce qu'on nous a dépossédés de pouvoir.
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