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  • il y a 3 mois
Clara Paban vous propose un magazine d’information et de divertissement en compagnie d’un invité (sportif ou people) qui revient sur sa relation au sport et réagit à l’actualité.

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00:00Musique
00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Salon VIP sur Binsport.
00:13Nous sommes à Monaco au Sportel Awards 2025 et Benjamin Bonnet m'accompagne pour l'occasion.
00:18Bonsoir Benjamin.
00:18Bonsoir Clara. Bonsoir tout le monde.
00:20Et qui va venir nous rejoindre ? La reine française de l'athlétisme, la triple championne olympique, Marie-Jopérec.
00:30Bonjour. Ça va ? Bien, merci de vous.
00:43Bonsoir Marie-Jo et merci d'avoir accepté notre invitation.
00:48Bonsoir. Merci beaucoup de me recevoir.
00:52Vous êtes à Monaco pour recevoir le prix de l'autobiographie Renault de la Borderie pour ce livre, Ma vie olympique.
00:58Et c'est vrai que votre vie est exceptionnelle.
01:02Par exemple, depuis quelques jours, le 10 octobre exactement, un stade à Limoges porte votre nom.
01:07C'est un honneur encore, je vais dire, qui récompense votre carrière ?
01:13Alors c'est vrai que maintenant j'ai beaucoup de stades, mais celui-là il est particulièrement beau.
01:17C'est un très beau stade couvert. On pourra faire de belles compétitions.
01:26Donc oui, ça me fait toujours plaisir, je dis toujours oui.
01:30Et franchement, je trouve que c'est génial d'avoir son nom un peu partout.
01:35C'est vrai, un peu partout, parce que ça fait plus de 20 ans que vous avez arrêté.
01:38Vous savez combien vous avez inauguré de stades et de pistes ?
01:41Non, il n'y en a pas compté.
01:43On a essayé de les compter, mais il n'y en a pas.
01:45Mais il y en a à l'étranger aussi ou plus en France ?
01:47Je ne sais pas.
01:48Ah non, Marie-Jo, il faut savoir.
01:50Pour rafraîchir la mémoire de tout le monde, Benjamin Bonnet est le spécialiste de la rétro des invités.
01:55Il a préparé la vote.
01:57Connaissez-vous l'histoire de Marie-Jo, la pêcheuse d'écrevisse devenue légende ?
02:04Nous sommes en mai 68.
02:05Le fameux Le Monde est en pleine libération des sens.
02:08La France en pleine révolution.
02:10Et la maternité de Bastère, en Guadeloupe, est en ébullition.
02:14Oui, le 9 mai, une étoile est née.
02:17Marie-Josée Pérec.
02:19Enfant plutôt dissipé, qui n'en fait qu'à sa tête.
02:21Pour qui la vie rime avec jeu dans la rue et surtout pêche aux écrevisses.
02:26Une vraie passion pour celles qui passent son temps à courir dans la rivière et grimper aux arbres.
02:30Ce qui, sans le savoir, muscle déjà ses jambes et la prépare à son destin.
02:34A l'école, ce n'est pas dans classe qu'elle brille.
02:37Mais dans la cour de récréation, en écrasant ses camarades sur la ligne d'arrivée.
02:41Et un jour, elle correspond la remarque.
02:44Test chrono.
02:45Elle est tellement impressionnante que la prof croit d'abord que le chrono est cassé.
02:49Elle recommence.
02:50Non, c'est bien ça.
02:51Marie-Jo a un petit truc en plus.
02:53Mais Marie-Jo, c'est aussi la timidité.
02:56Question de se sentir plus douée qu'une autre.
02:58Les négociations avec la prof de baisse sont compliquées.
03:01Et pourtant, elle finit par s'inscrire aux 100 et aux 200 mètres.
03:05Résultat, elle gagne facilement.
03:07Et la voilà qualifiée pour les championnats de France en 1984.
03:10Marie-Josée quitte alors sa Guadeloupe natale, ses écrevisses chéris, pour le stade charlétique.
03:15Elle termine deuxième.
03:17Et comprend définitivement qu'elle est faite pour ça.
03:20Et c'est ainsi que l'histoire commence.
03:22Peut-être pas.
03:24Parce qu'on ne dit pas à Marie-Jo ce qu'elle doit faire.
03:27Les haies, pas les haies.
03:28Hop, elle claque la porte.
03:30Petit boulot, pizzeria.
03:31Jusqu'à ce que le destin, en 1987, la ramène sur les pistes.
03:35Et là, cette fois, c'est la bonne.
03:371988.
03:38Premier record.
03:39Premier trophée national.
03:40Première participation aux Jeux Olympiques.
03:431989.
03:44Premier titre national aux 400 mètres haies.
03:46Championne d'Europe en salle sur 200 mètres.
03:481991, vainqueur de la Coupe des Nations.
03:50Championne du monde.
03:52A chaque fois, elle expose son record personnel.
03:54Trop forte, la pêcheuse des crevisses.
03:571992, Barcelone, Jeux Olympiques.
03:59Première médaille d'or.
03:59Succédant à Colette Besson, la championne de 1968.
04:02Eh mais 1968, c'est l'année de naissance de Marie-Jo.
04:05Coïncidence, je ne crois pas.
04:06D'autant plus que c'est la seule médaille française en athlétisme cette année-là.
04:09De 1994 à 1996, 6 titres supplémentaires.
04:13Encore des records et des records.
04:14Jusqu'aux Jeux d'Atlanta en 1996.
04:16Le sommet de sa carrière.
04:18Championne olympique du 200 mètres.
04:19Championne olympique du 400 mètres.
04:21Record olympique du 400 mètres en 48-25.
04:23Un record qui tiendra jusqu'en 2024.
04:25Battu par Marie-Lady Paolino en 48-17.
04:28La triple médaille olympique continuera sa carrière jusqu'en 2004.
04:31Et voilà, voilà comment on passe des écrevisses à l'or olympique.
04:35Et le tout sans le vouloir.
04:36Juste en faisant ce que l'on aime.
04:37Alors Marie-Jo, vous qui avez allumé la flamme olympique à Paris en 2024.
04:41Est-ce que l'émotion est plus forte que de remporter une médaille ?
04:44Et surtout, est-ce que c'est l'accomplissement d'une carrière ?
04:46Alors Marie-Jo ?
04:49C'est une vraie histoire ça ?
04:51Oui, c'est la vôtre pour de vrai.
04:53J'ai rien inventé.
04:54Mais par contre la question de fin, c'est...
04:55C'est pas l'éventail, c'est l'accomplissement.
04:57Enfin, tu le fiches si vous voulez.
04:59Mais est-ce qu'il y a plus d'émotions à recevoir une médaille ?
05:03Ou allumer la flamme olympique à Paris ?
05:08Alors franchement, j'ai envie de dire qu'allumer la vasque à Paris, c'est quelque chose de très très grand.
05:15Et je pensais pas qu'on pouvait avoir autant d'émotions.
05:19Non, mais c'est vraiment sincère.
05:24Et je pense que le fait d'avoir attendu si longtemps, de l'avoir su le matin...
05:32Tony m'avait dit la veille, écoute, je vais t'appeler entre 9h et 9h30.
05:38Donc passer 9h30, les 10 minutes là, je pense que c'était très très très très long.
05:47Très très long.
05:47Et sincèrement, j'ai pensé qu'il allait m'appeler pour me dire...
05:55Bon, t'es dedans, mais c'est Zidane, quoi.
06:02Voilà.
06:04Vous avez longtemps cru que c'était Zidane et finalement c'était Dyriner qui arrive.
06:08Mais là, c'est le combo extraordinaire, le duo de rêve.
06:11En tout cas, pour nous, téléspectateurs, ça l'a été.
06:14Vous aussi, j'imagine.
06:15C'était extraordinaire.
06:16En fait, on s'est jetés dans les bras et puis on n'arrêtait pas de dire...
06:24Mais tu te rends compte ? De Guada.
06:26De Guada.
06:27Enfin, on n'arrêtait pas de dire ça, quoi.
06:30Mais c'était incroyable.
06:32Et moi, je lui ai dit...
06:34Je lui ai dit, tu sais, je pensais réellement que c'était Zidane.
06:37Il me dit, moi ce matin, je lui ai demandé...
06:41Parce que lui, il a posé la question.
06:44Et il m'a dit, tu verras ce soir.
06:45Et il m'a dit...
06:46Ah, il n'a pas balancé Zidane.
06:47Ah, de toute façon, je savais que c'était toi.
06:51Il me dit, mais franchement, tu voulais que ce soit qui d'autre ?
06:55Et moi, je lui ai dit, mais tu sais, vraiment, j'ai cru que c'était Zizou, quoi.
07:00Parce que, enfin, dans la presse, c'était beaucoup sorti.
07:03Enfin, son nom ressorti...
07:05Vous le savez qu'il ne faut pas écouter tout ce qu'il y a dans la presse.
07:08C'était vous.
07:11La première pic, c'est parti.
07:15Tokyo 91, c'est le départ de votre carrière.
07:19C'est votre plus beau souvenir ?
07:20Tokyo, non.
07:22Je me rappelle que c'est quand vous êtes championne du monde pour la première fois, en 400.
07:26Oui, en fait, pour moi, je découvre vraiment ce que c'est que la victoire.
07:33Je découvre ce que c'est d'être connue dans la rue aussi.
07:36Je découvre, en fait, beaucoup, beaucoup de choses, en fait, qui entourent le sport de haut niveau.
07:45Je rencontre beaucoup de monde.
07:47Donc, oui, forcément, c'est...
07:50En fait, je ne peux pas dire que ce n'est pas mon plus beau moment de championnat.
07:58Mais en tout cas, c'est là où je découvre vraiment ce que c'est que ce monde de haut niveau.
08:04Pourtant, j'avais fait les Jeux en 88, mais là, je côtoyais le podium, tout ce qui entoure un titre.
08:22Donc, oui, c'était vraiment quelque chose de dingue, quoi.
08:26Je suis rentrée chez moi, d'ailleurs, après ce championnat.
08:29Je crois que j'avais eu 80 coups de fil, puisque j'avais mon numéro dans le beau temps.
08:36Il y a beaucoup de gens qui ne savent plus ce que c'est.
08:40L'annuaire.
08:43Beaucoup de vos adversaires ont dit que ce n'était pas évident de vous avoir à côté.
08:46Est-ce que vous, à l'inverse, ça vous motivait d'avoir une bonne candidate dans le couloir d'à côté ?
08:53Ça vous transcendait ?
08:53Moi, j'aimais beaucoup quand il y avait de l'adversité.
09:01En tout cas, moi, c'est ce qui faisait que, justement, on se prépare.
09:10On sait qu'en face, on a des gens.
09:12On a de vrais adversaires qui sont aussi capables.
09:19Mais après, j'avais toujours le sentiment que personne ne passera devant.
09:26J'avais toujours ce sentiment-là.
09:28Et en même temps, j'avais aussi très peur, quoi.
09:31C'est ça qui est incroyable.
09:35C'est que j'arrivais sur un championnat avec la meilleure perf mondiale.
09:40Mais ça ne m'empêchait pas d'avoir peur, de vomir avant,
09:44de ne pas manger pendant une semaine, de ne pas dormir.
09:51Parce que je me mettais une telle pression.
09:54Et en fait, pour moi, la victoire, en fait, ça devait être ça et pas autre chose, quoi.
10:03Je visais la première place et pas la seconde.
10:09Et en fait, sincèrement, pour moi, si je ne gagnais pas,
10:17moi, je pense que c'était une sorte de petite mort, quoi.
10:21C'était très, très important.
10:23Et puis, comme moi, je ne parlais pas.
10:28Lorsque je faisais une course, je racontais quand même quelque chose.
10:33Donc, parler sans ouvrir la bouche, il fallait que ce soit quelque chose de fort,
10:38quelque chose qui attrape le regard des gens, qui parle aux gens, qui donne de l'émotion.
10:47Est-ce qu'on est un peu chippie, quand même, sur le starting block ?
10:49Est-ce qu'on a envie de faire une petite pincette à l'adversaire d'à côté ?
10:52Ou même à croche-pied, comme ça, direct, sur le départ ?
10:55Non, parce qu'au début, je n'étais pas...
10:58Ouais, au début, moi, j'arrivais, je ne disais rien.
11:00En fait, sur Barcelone, moi, je suis quand même assez...
11:03Je regarde les Américaines.
11:05Je suis plutôt celle à qui on fait des choses.
11:09Mais je ne réagis pas.
11:12Dans ma tête, je me dis juste, ça va se passer sur la piste,
11:16donc il va falloir que je sois présente.
11:18Mais c'est vrai qu'il y a tout un truc qui se fait dans la chambre d'appel.
11:22Je crois qu'aujourd'hui, je crois qu'on ne voit plus ça.
11:25Tout ça, c'est quand même...
11:27Je pense que c'est plus pareil.
11:28Mais il y avait un réel jeu où les uns et les autres se faisaient peur.
11:38Et il ne fallait pas se laisser intimider.
11:41Donc, moi, au début, je ne regardais pas.
11:44Mais après, moi aussi, je me suis mise à faire ce jeu-là.
11:46Par exemple, au Championnat du Monde, en 1995, je crois,
11:53où je parle aux filles.
11:55Je dis qu'on va voir qui va tenir la dernière ligne droite.
12:00Vous l'avez dit comme ça ?
12:02Ici.
12:03Ou avec un peu plus d'énergie.
12:07Je ne suis pas sûre que ce soit aussi gentil, non ?
12:10Non, non, j'étais assez...
12:14J'étais plutôt gentille, quand même.
12:15Oui ?
12:15Vous cachiez des écrevilles dans les sacs ou des trucs comme ça.
12:20Lundi 29 juillet 1996, c'est la finale du 400 mètres
12:24en 48 secondes 25 centièmes.
12:26Vous conservez votre titre olympique que vous avez gagné en 92.
12:30Vous venez de nous l'expliquer.
12:31C'est extraordinaire.
12:33Qu'est-ce qu'on ressent à ce double titre ?
12:37Quand on veut marquer l'histoire, forcément, on a envie de faire des choses
12:42qui n'ont pas été réalisées.
12:44Donc, je suis quand même dans ce mouvement-là à me dire
12:49« En fait, ça y est, ça s'est fait. »
12:51Et je coche.
12:53Et puis, je me dis « Mais comment est-ce que je vais me faire mieux ? »
13:00Vous avez mis trois jours.
13:02Pour faire mieux.
13:03Comment est-ce que je vais faire mieux ?
13:06Comment est-ce que je vais marquer mon temps ?
13:10Et en fait, souvent, les gens se demandent
13:14« Mais comment vous vous motivez ? »
13:16« Qu'est-ce qui fait que vous allez trouver l'énergie pour repartir, pour tenir ? »
13:26Mais en fait, pour moi, comme il y avait ces messages que je faisais passer
13:33sans ouvrir la bouche, forcément, ça donne vraiment de l'énergie.
13:40Ça donne du courage.
13:42On se dit qu'en fait, on est aussi la voix de ceux qui n'en ont pas.
13:47En tout cas, moi, je m'étais appropriée plein de choses.
13:51Moi, je ne racontais rien.
13:53Mais dans ma petite tête, en fait, je pense que j'avais tous les outils nécessaires
13:58qui me permettaient d'avancer et de continuer vers ce dont j'espérais.
14:06Trois jours plus tard, on est le 1er août Olympique Stadium.
14:09Et là, on a regardé une fois, deux fois, trois fois cette course extraordinaire.
14:14Le 200 mètres.
14:15Vous êtes au couloir numéro 3.
14:17Vous êtes présentée comme la double championne olympique du 400 mètres.
14:20Et là, à côté, Merleine Othée, elle est en stress.
14:24Vous, vous êtes plutôt très concentrée.
14:26On a vraiment regardé trois fois les images.
14:28Et c'est extraordinaire.
14:30Est-ce que, là, avec vos mots, vous pouvez nous raconter cette course ?
14:35Déjà, au départ, il y a presque une faute, un faux départ de vous, mais pas du tout.
14:41Vous démarrez à fond.
14:42Mais vous êtes cinquième.
14:44Et après, qu'est-ce qui se passe ?
14:45Alors, ce que vous ne savez pas, c'est qu'après la demi-finale de ce 200,
14:53moi, je fais, en fait, une petite crise d'hypo.
14:56On est en chambre d'appel.
14:57Et mon coach, je crois qu'on avait une heure, une heure et demie avant la finale.
15:01Et mon coach, en fait, il me dit, ouais, ça ira, ça ira.
15:05Et moi, je suis complètement démontée.
15:08Je lui dis, mais écoute, ça n'ira pas.
15:10Je te promets, je ne suis pas bien.
15:11Je n'arrive pas à me relever.
15:12Je n'arrive pas à rester debout.
15:14Donc, je n'étais vraiment pas bien.
15:15Et puis, c'était l'heure de l'échauffement.
15:18Donc, tout le monde, en fait, avait commencé à s'échauffer.
15:20Moi, j'étais toujours couchée par terre.
15:24Et j'attendais que ça se passe.
15:26Et elle me dit, oh, là, maintenant, tu fais quelques départs.
15:30Donc, j'en fais un, j'en fais deux.
15:32J'ai une Américaine qui me dit, oh, Marie, tu crois que si avec ça,
15:36que tu feras quelque chose ?
15:39Allez, voulons.
15:41Et là, ça vous met le truc dans la tête.
15:44Et on se dit, on est fichus, quoi.
15:48Ça ne va pas aller.
15:49Et en partant, je fais deux, trois lignes droites.
15:54Et en partant, je lui dis à mon coach, mais là, c'est foutu.
15:58Je ne vais pas bien.
15:59Et puis, tu as vu les départs de ces filles.
16:02Regarde ce qu'elles viennent faire, là.
16:04Je ne sortirai pas de mon start.
16:06Je n'ai pas d'énergie.
16:07Je n'ai rien.
16:08Et je lui dis, franchement, tu sais quoi ?
16:10Après 100 mètres de course, je vais être dernière.
16:13Et je lui dis, et puis là, ça sera mort.
16:17Et il me dit, mais réveille-toi et tout.
16:20Écoute bien ce que je te dis.
16:23Après 120 mètres de course, tu seras dernière.
16:26Et là, je le regarde et je dis, mais c'est mort.
16:28Mais il ne faut pas me dire ça, c'est mort.
16:30Il me dit, mais Marie, la course, elle démarre là pour toi.
16:32Tu es une grosse du 4.
16:34Et c'est exactement ce qui se passe.
16:35Ça fait les frissons.
16:36En fait, j'enclenche tout en me disant,
16:38la course, elle démarre là pour moi.
16:40Et c'est fabuleux ce qui va se passer derrière.
16:44L'adversaire, elle savait que vous alliez réagir comme ça.
16:47Et vous connaissez suffisamment pour se dire,
16:49dans les 100 premiers mètres, on s'en fiche.
16:50Par contre, Marie-Jo, ça va être,
16:51on va se faire défoncer sur les 80 derniers mètres ?
16:53Je pense que Merleine Hôté,
16:55quand elle a vu 48-25 au 400,
16:57elle s'est dit...
16:59Ce n'est pas que je le pense.
17:01J'ai eu confirmation après
17:02que sa copine de chambre,
17:05quand elle a vu la finale du 4,
17:09elle savait que ça allait être difficile.
17:12J'adore.
17:14Et après, il y a eu 2000.
17:16Vous auriez aimé faire un exploit en 2000 ?
17:18En fait, finalement,
17:20cet expo de 2000,
17:22je l'ai fait en 2024.
17:26Mais en fait,
17:29ça s'est passé comme ça.
17:31Et puis, quelque part,
17:33je me dis,
17:33Cathy Flumman,
17:34elle méritait
17:35d'avoir cette belle course
17:38chez elle
17:40pour le peuple aborigène,
17:42parce que c'était aussi
17:43en fait une cause importante.
17:46Et puis moi,
17:47ce que les gens ne savent pas,
17:49c'est...
17:49En fait,
17:50c'est quelqu'un que moi,
17:51je côtoyais.
17:52C'est quelqu'un qui venait chez moi
17:53à Los Angeles.
17:54C'est quelqu'un
17:55avec qui je faisais
17:56son anniversaire
17:57chez moi.
17:58Donc, en fait,
17:59on n'était pas des ennemis, quoi.
18:01Et on n'est toujours pas des ennemis.
18:06C'était un événement
18:08qui a été monté par la presse.
18:10Et puis,
18:12ça s'est passé comme ça.
18:14Avec le temps,
18:15ben...
18:17Vous avez digéré ?
18:18Oui, j'ai accepté, quoi.
18:19Vous avez vécu l'horreur
18:21des réseaux sociaux.
18:22Est-ce que vous n'êtes pas
18:23une des premières
18:24à avoir subi
18:25tous ces haters
18:26qu'il y a maintenant ?
18:27Moi, je pense que les gens
18:28qui vous envoient
18:28des mauvais messages,
18:29ben,
18:30il faut leur mettre
18:31des cœurs, quoi.
18:33Oui,
18:34ou alors,
18:34il faut trouver une solution
18:35pour les bloquer ?
18:37Non,
18:37il faut les mettre des cœurs.
18:38OK.
18:39Ah bon ?
18:39Ouais.
18:40Je trouve que ça marche super.
18:41On voit que vous avez
18:41travaillé la préparation mentale.
18:45Ça marche super bien.
18:47Bon, alors, du coup,
18:48on change le dernier chapitre
18:49ou on le garde comme ça ?
18:50Vu le parcours que j'ai eu,
18:52vu tout ce que j'ai vécu,
18:54franchement,
18:55et vu le caractère,
18:59je ne pouvais quand même
19:00pas partir sur un truc
19:01banal,
19:02ça, quoi.
19:03Non.
19:05Comme vous êtes coriates,
19:06je crois que vous êtes prêts
19:08à répondre aux questions
19:09de Benjamin.
19:10C'est des questions
19:10un petit peu décalées.
19:11Alors,
19:12c'est des petits proverbes
19:13ou citations.
19:14Est-ce que ça vous correspond ?
19:16Rien ne sert de courir,
19:16il faut partir à point.
19:18Ouais.
19:20C'est le...
19:22Les photos sont témoins.
19:23Ouais.
19:24Donc, je prends ça
19:25pour un oui.
19:26Est-ce que l'important,
19:27c'est de participer ?
19:28Moi, c'est pas mon truc.
19:30C'est pas mon truc.
19:30Et la dernière.
19:32Aujourd'hui,
19:32vous avez le choix
19:32entre courir à 200 mètres
19:33sur la plage maintenant
19:34ou aller dîner
19:35avec Nelson Montfort
19:36dans 10 minutes au restaurant.
19:37Qu'est-ce que vous choisissez ?
19:40Oh là, je ne sais pas.
19:43Vous n'avez vraiment plus
19:44envie de courir.
19:46J'ai une question
19:48dont on n'aura peut-être
19:49pas la réponse,
19:50mais c'est à votre intuition
19:51que je pose cette question.
19:53Si vous aviez démarré
19:54plus tôt votre carrière,
19:56est-ce que vous auriez
19:57remporté encore plus de médailles ?
20:00Certainement.
20:01Ouais, je pense.
20:02Je pense que...
20:04Ouais, je pense que j'ai été
20:05sûrement découverte
20:07trop tard.
20:09Je suis presque sûre
20:10quand on voit
20:11ma participation
20:13aux Jeux de Séoul.
20:16je suis presque sûre
20:18que si j'avais démarré
20:19très tôt,
20:20comme les gamins
20:21ils le font à 6-7 ans,
20:23j'aurais été peut-être
20:24prête pour quelque chose.
20:26Alors, CGO 2024
20:27ont vu la Dominicaine
20:28Marie Lady Paulino
20:30battre votre record
20:32de 800e au 400 mètres.
20:3428 ans plus tard
20:35derrière vous.
20:37Ce jour-là,
20:38vous êtes vraiment heureuse
20:38pour elle ?
20:39Parce que je l'adore.
20:42Et surtout parce que...
20:44Vous savez d'où elle vient ?
20:46Oui.
20:47De la Caraïbe.
20:49Moi, je suis fan
20:50des gens de la Caraïbe
20:51et je trouve
20:51que tous les petits pays
20:53qui gagnent des médailles,
20:55moi, je trouve ça génial
20:55de voir, en fait...
20:59Enfin, je ne sais pas...
21:00Quand on regarde l'athlée,
21:01aujourd'hui,
21:03sur ces derniers jeux,
21:06il y a plus de 50 nations
21:07qui ont des médailles, quoi.
21:09Et je trouve ça fabuleux
21:10que des petits crains de sable
21:13puissent gagner des médailles d'or, quoi.
21:15Vous imaginez
21:16ce que ça fait
21:17dans ces pays-là.
21:21Lorsqu'on a des grands champions
21:23qui sortent de ces endroits-là,
21:26pour toutes les populations,
21:28c'est tellement important
21:31qu'on puisse dire
21:33ben voilà,
21:34ils sont à tel endroit
21:35sur la carte du monde.
21:37On est obligés
21:38d'être déracinés
21:39pour réussir ?
21:40Je ne dis pas ça, mais...
21:42Non, mais pour bénéficier
21:43des structures incroyables.
21:46Ah ben...
21:47Alors, je sais qu'elle,
21:48elle s'entraîne...
21:49Elle s'entraîne chez elle, hein.
21:51Donc, ça dépend vraiment.
21:54Ça dépend vraiment des gens.
21:56Mais je trouve que c'est important,
21:58en fait,
21:58que les petits pays
21:59puissent remporter des médailles, ouais.
22:02Et quand on a trois médailles d'or,
22:04j'ai l'air vous,
22:05on regarde encore
22:06les autres courir
22:06ou on zappe ?
22:08Et puis on va sur Gully
22:09pour amuser l'enfant.
22:10Non, non.
22:11Moi, je regarde.
22:13Je regarde ce qui se passe.
22:15Il n'y a pas une frustration ?
22:16Il n'y a pas à dire de nostalgie ?
22:17Mais un petit peu d'envie,
22:18quand même,
22:19de se dire,
22:19allez, non ?
22:20Non, je ne suis pas comme ça.
22:22Ça ne sera vraiment pas
22:22le 200 mètres
22:23à le dîner avec Milsan.
22:23Non, je ne suis pas comme ça.
22:26Moi, quand les gens
22:26viennent chez moi,
22:28je n'ai pas de photos de coureuses,
22:30je n'ai pas de médailles,
22:31je n'ai pas de...
22:32je n'ai pas de trophée.
22:36J'ai un appartement
22:37de monsieur tout le monde.
22:38Moi, je ne vis pas
22:39avec le passé,
22:40mais les choses que j'ai faites,
22:43les émotions que j'ai eues,
22:45c'est dans ma petite tête.
22:47J'espère que je vais garder
22:48longtemps ma mémoire
22:50pour en profiter.
22:51Mais en fait,
22:53c'est comme ça que je vis.
22:55Alors, dans les sujets récurrents
22:57et désagréables
22:58concernant l'athlétisme,
22:59il y a le dopage.
23:00En 2000,
23:00vous avez été victime
23:01de rumeurs de dopage.
23:03Est-ce que ça a rajouté
23:04de la violence
23:05à déjà ce que vous viviez ?
23:07Je ne sais pas
23:07si vraiment j'ai été...
23:09S'il y a eu des rumeurs.
23:11Il y a eu un journaliste
23:12qui a dit
23:14que j'étais peut-être
23:16partie de Sydney
23:17parce que j'étais dopée.
23:19Mais en fait,
23:20ça a vite été
23:21mis de côté
23:24puisque j'avais fait tout.
23:27On avait déjà
23:28les contrôles longitudinaux.
23:31Moi, je les faisais tous.
23:34Et je pense sincèrement
23:35si elle est l'athlète propre,
23:38en tout cas de ces époques-là,
23:41je sors la première de la liste.
23:44Donc non, je pense...
23:45Jamais de no show chez vous.
23:47Vraiment, vous avez été clean.
23:48Est-ce que le système fonctionne
23:49ou est-ce que vous verriez
23:51des petites améliorations
23:53à apporter
23:54pour lutter ?
23:56Moi, je n'aime pas
23:56l'histoire du no show
23:58parce que je trouve
23:59que les trois...
24:01Enfin, les deux no show...
24:03Enfin, si on en a trois,
24:06on prend deux ans.
24:07et moi, je pense que...
24:10Non, on prend quatre ans
24:12comme celui qui se dope
24:13parce que je pense
24:15que les gens peuvent jouer
24:16avec ça.
24:18Donc moi, je ne suis pas
24:18du tout d'accord
24:19avec ces deux ans-là.
24:21Si tu n'es pas venu,
24:22si tu n'étais pas là,
24:23si tu n'as pas dit
24:24où tu étais,
24:25je pense qu'on devrait
24:26te mettre quatre ans.
24:27Ah oui.
24:28OK.
24:29Pourquoi pas ?
24:30Je suis un peu dure, moi.
24:31Alors, si Teddy Riner
24:32devient un jour
24:33président de la République,
24:34qu'il en a l'ambition,
24:36est-ce que vous dites oui
24:37à un poste,
24:39pourquoi pas,
24:39ministre des Sports
24:40à ses côtés
24:40et revendiquer
24:42ce genre de...
24:43Et je vous dis non,
24:45mais par contre,
24:45je lui passe mon idée.
24:47Vous travaillez en sous-midi.
24:51La culture,
24:52si vous préférez.
24:53Non plus.
24:55Depuis septembre...
24:56Et encore moins maintenant.
24:59Pourtant,
24:59il y a des places
24:59à pouvoir voir.
25:00On vous le déconseille.
25:03Depuis septembre,
25:05le test de féminité,
25:06le test génétique
25:07demandé aux athlètes féminines
25:09par World Athletic
25:10fait polémique.
25:11Est-ce que vous comprenez
25:12leur malaise
25:13devant cette demande ?
25:14Moi, je pense que
25:15c'est nécessaire,
25:16en tout cas,
25:16ce test-là,
25:18moi, je l'ai fait
25:19et je crois que c'était
25:20en 88.
25:21Donc, ça date déjà.
25:24C'était fait
25:25avec la salive.
25:27Moi, je pense
25:28que c'est nécessaire.
25:31Le monde a évolué.
25:34On a eu aussi
25:35beaucoup de tricheries.
25:37On a appris
25:38que des femmes
25:43étaient des hommes
25:44ou des hommes
25:45étaient des femmes
25:46après coup.
25:46moi, je pense
25:47que c'est bien
25:48de le savoir avant.
25:51J'aimerais pas
25:52concourir
25:53contre un homme.
25:55Certaines ont refusé
25:56de s'y soumettre.
25:57Est-ce que c'est
25:58la solution
25:58ou est-ce que c'est
25:59finalement de la lâcheté ?
26:01Ou alors,
26:01un demi-aveu ?
26:03Je sais pas
26:04ce que c'est.
26:05Je ne suis pas
26:06à leur place,
26:07mais en tout cas,
26:07je pense que c'est nécessaire.
26:09Est-ce que
26:09dans un futur proche,
26:10vous auriez une
26:11Marie-Jo Perrec
26:11qui a parrainé
26:12aux étoiles du sport ?
26:15Je crois que vous en avez
26:15trouvé une.
26:16J'en ai quelques-unes.
26:18À quelques-unes,
26:19carrément.
26:20Oui.
26:20Vous vous retrouvez en elles ?
26:22Elles ont une gestuelle
26:24un peu comme vous ?
26:25Oui,
26:25elles sont pas mal.
26:28Mais non,
26:28sincèrement,
26:29je pense que,
26:30parce que je pense que
26:31vous voulez parler d'athlés,
26:32je pense qu'on a
26:33beaucoup de jeunes
26:35qui ont montré
26:36le bout de leur nez
26:37l'année dernière,
26:38qui étaient aux Jeux.
26:41Et je pense que
26:41ce sont des gens
26:42qui vont être prêts
26:43pour Los Angeles.
26:45Et on a aussi
26:46des plus jeunes
26:48qui sont sur liste
26:50pour les Jeux d'après.
26:52Mais je trouve
26:53que l'athlétisme français
26:54va bien,
26:56contrairement à ce qu'on peut croire,
26:58parce que,
26:58encore une fois,
27:00c'est le sport
27:00le plus populaire.
27:03Quand on a
27:0350 nations
27:04qui ont des médailles,
27:06ça veut dire que
27:06lorsque vous en gagnez une,
27:07c'est très dur
27:09d'aller chercher
27:09une médaille en athlétisme.
27:12Donc,
27:12il faut qu'on arrête
27:13de dire que notre sport
27:14ne ramène pas
27:15suffisamment de médailles.
27:17Voilà.
27:18C'est parce que
27:18vous avez mis la barre
27:19tellement haut.
27:20Oui.
27:21Comment on va détrôner
27:22l'icône Marie-Jo Pérec ?
27:24Ce n'est pas possible.
27:25Ça va être difficile.
27:26Est-ce qu'on a envie
27:26de le faire, surtout ?
27:28C'est bientôt la fin
27:29de cette émission.
27:30Marie-Jo,
27:30merci d'avoir accepté
27:32notre invitation
27:32et de vous être livrée.
27:34On termine avec
27:35trois livres sur le sport.
27:37Premier livre,
27:37la BD
27:38Les Grimpeurs
27:39de Volpi et Daumont.
27:40Suivez les aventures
27:40d'une bande de potes
27:42grimpeurs
27:42quand l'escalade
27:43en bloc
27:43est une passion.
27:45Est-ce que vous avez
27:45déjà essayé l'escalade ?
27:47Alors,
27:48si,
27:48j'ai essayé avec
27:49Estivelle
27:50il y a quelques années
27:51et je suis allée les voir
27:52au jeu.
27:53Ça vous a plu ?
27:54C'est beau à voir,
27:54c'est visuel ?
27:55Moi, j'adore.
27:56Franchement,
27:56je trouve ça trop génial.
27:59Tous ces nouveaux sports
28:00qui arrivent,
28:01c'est génial pour nos enfants.
28:03Merci beaucoup.
28:04Partez pas les mains vides,
28:05un trophée,
28:06une BD.
28:06On a ensuite la bio
28:08de Jacques Monclard.
28:09Bonjour,
28:09bonsoir.
28:09La voix de la NBA,
28:10c'est lui,
28:11joueur entraîneur consultant.
28:12Il retrace sa carrière
28:13avec de truculentes anecdotes
28:15qui ont été récupérées
28:17par Rémi Réverson.
28:19Très sympa.
28:20Merci.
28:21Aussi.
28:22Et enfin,
28:23autre histoire touchante,
28:24renaître dans la nuit
28:25d'Akim Areski.
28:27Il raconte son enfance
28:28en Algérie,
28:28le drame de sa cécité,
28:30le parcours hors normes
28:31pour ne pas sombrer
28:32et finalement atteindre
28:33les sommets
28:34aux JO paralympiques 2023.
28:36Est-ce que vous l'avez suivi
28:37au JO ?
28:38Parcours extraordinaire
28:40de ce jeune.
28:41C'est à la fois bouleversant
28:42et si vous saviez
28:43ce que son père a fait
28:45pour lui,
28:46pour lui redonner
28:47l'envie de vivre
28:47et de se surpasser,
28:49c'est extraordinaire.
28:50Vraiment.
28:50Vous ne l'avez pas suivi,
28:51maintenant vous allez le suivre.
28:52En tout cas, merci.
28:53En fait, je ne l'ai pas suivi
28:54mais je suis quand même
28:55allée voir le C6 Foot
28:57avec l'élanthuram
28:58et on a essayé,
28:59franchement,
29:00je peux vous dire
29:00que c'est très très dur.
29:02C'est marrant
29:02parce que le ballon,
29:03il a un bruit
29:03et il se propère comme ça.
29:06C'est une technique incroyable.
29:08Et il y a évidemment
29:08votre livre
29:09Ma vie olympique.
29:10On se le lit,
29:12on se le relit
29:13parce que c'est passionnant.
29:15Merci beaucoup, Marie-Jo.
29:16Merci beaucoup.
29:17Un immense merci.
29:18Merci Benjamin
29:19de m'avoir accompagnée.
29:20Vous avez été charmant.
29:21C'est gentil.
29:22Écoutez, on se retrouve bientôt
29:23pour un autre Salon VIP.
29:24Ciao, ciao tout le monde !
29:28So just dance, dance, dance
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