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  • 4 months ago

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00:00Gilles Yabi, bonjour.
00:01Bonjour.
00:01Au Cameroun, Paul Biya est proclamé vainqueur, mais Issa Tchirom a dit que c'est une mascarade.
00:06Qu'est-ce que cela vous inspire ?
00:08Alors, je crois que les conditions de cette élection ne la rendaient pas vraiment crédible.
00:14En fait, lorsqu'on a un délai aussi important entre le jour du vote et la proclamation des résultats,
00:21on se pose toujours la question finalement de ce qui se passe pendant cette période
00:25et finalement, pourquoi est-ce qu'on ne pouvait pas avoir des résultats provisoires annoncés très rapidement,
00:32bureau de vote par bureau de vote, région par région.
00:35Et on sait très bien que c'est cela qui permet de limiter les possibilités de manipulation d'une élection.
00:41Alors, il s'est passé en effet plus de deux semaines entre le jour du vote et le jour des résultats.
00:46Il y a quatre mois, quand Issa Tchiroma a démissionné du gouvernement pour se porter candidat,
00:51le parti au pouvoir RDPC a pensé que les Camerounais favorables à l'opposition
00:55ne pardonneraient pas à Tchiroma ces longues années au pouvoir.
00:58Pourquoi cette erreur de stratégie de la part du RDPC ?
01:01Alors, je crois que le pouvoir en place a sous-estimé peut-être la volonté de changement des Camerounais
01:10et le sentiment d'un véritable ras-le-bol.
01:13À nouveau, ce n'est pas la première fois qu'en réalité, on a des processus électoraux qui sont peu crédibles.
01:20On sait même que ce John Frunzi était censé avoir gagné une élection face à Paul Biya il y a déjà quelques décennies.
01:30Et donc, cette fois-ci, c'était vraiment la candidature de trop, compte tenu de la longévité au pouvoir,
01:35mais aussi compte tenu de l'âge du président Biya.
01:38Alors, pour faire plier Issa Tchiroma, le pouvoir, selon notre confrère Jeune Afrique,
01:43lui a proposé le poste de Premier ministre.
01:46Ça n'a pas marché.
01:47Le pouvoir a ensuite fait arrêter plusieurs de ses proches.
01:50Mais pour l'instant, l'homme fort de Garoua ne semble pas vouloir céder.
01:54Quelle peut être sa stratégie à présent ?
01:56Alors, je ne sais pas.
01:57Évidemment, on voit qu'il y a quand même beaucoup de colère.
02:00Elle s'est exprimée dans les grandes villes du Cameroun.
02:02Et évidemment, dans le nord du pays, on peut penser que les tensions seront encore plus fortes qu'ailleurs.
02:08Et on voit bien aussi que du côté du pouvoir, on a déjà, évidemment, l'outil de la répression.
02:13Donc, je crois qu'on rentre dans une épreuve de force.
02:16Je ne suis pas sûr pour l'instant que Issa Tchiroma soit prêt à accepter l'état de fait d'une victoire à nouveau du président Biya.
02:24Mais évidemment, on ne peut pas exclure que cette épreuve de force aille très loin.
02:30Autre réélection ce mois-ci, celle d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire.
02:34Elle a été moins mouvementée qu'au Cameroun.
02:37Mais là aussi, on déplore des violences meurtrières entre manifestants et forces de l'ordre.
02:41Il y a eu des morts.
02:43Pourquoi ces tensions qui perdurent au pays d'Oufouet-Boigny ?
02:46Parce qu'au pays d'Oufouet-Boigny, les pratiques politiques n'ont fondamentalement pas changé.
02:51En réalité, en Côte d'Ivoire, la bataille pour le pouvoir depuis le décès d'Oufouet-Boigny
02:56se passe entre un certain nombre d'acteurs qui ont des fiefs régionaux.
03:01Et je crois que ces violences à chaque élection montrent qu'on a d'un côté une Côte d'Ivoire
03:07qui a réussi à se rebâtir économiquement après la longue crise qu'elle a connue.
03:11Mais en même temps, une Côte d'Ivoire, si sur le plan politique,
03:14n'arrive pas à nouveau à se stabiliser, à sortir de la personnalisation du pouvoir.
03:20J'ajouterais quand même que l'exclusion de l'ancien président Laurent Gbagbo et de Tizian Tiam,
03:26cela ne pouvait que réduire l'intérêt d'une partie de la population ivoirienne pour cette élection.
03:31Et on le voit à travers les taux de participation.
03:33Gilles Yabie, merci.
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