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Des dépistages de cancers (du sein) dans la sauce ?

Mail : emmanuelabete@outlook.fr

Emmanuel Abété

#guyane #martinique #guadeloupe #lareunion #tahiti #polynésie #polynesie #haïti #dominique #dépistage #caravane
Cancer du sein
Octobre Rose

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Dans l'ensemble, ces examens sont nuisibles à de plus en plus de gens au lieu de leur être utile.
00:06Si le dépistage est parfois associé à la prévention, aucun examen ne peut toutefois empêcher le cancer.
00:12Pourtant, les campagnes massives visant à responsabiliser les populations suggèrent qu'un dépistage régulier permet de se prémunir contre le cancer.
00:20Autrement dit, ne pas se faire dépister, ce serait jouer avec sa vie.
00:24Spécialiste en médecine interne et en endocrinologie, Ingrid Mulauser compare depuis dix ans les études scientifiques portant sur le diagnostic précoce du cancer.
00:34Selon elle, leur interprétation s'appuie souvent sur des calculs inexacts, ce qui suscite de faux espoirs quant à l'utilité du dépistage précoce.
00:43De nombreuses études annoncent par exemple une mortalité réduite de 30% grâce au dépistage du cancer du sein.
00:49On serait tenté d'en conclure que sur 100 femmes qui subissent une mammographie, 30 de moins vont mourir du cancer.
00:57Mais c'est faux.
00:58Avec ce chiffre, on ne sait pas en réalité combien de patientes il faut examiner pour obtenir ce résultat, ni pendant combien d'années.
01:05En comptant large, Ingrid Mulauser estime que sur dix mille femmes qui font des dépistages réguliers dix ans de suite,
01:11vingt seulement peuvent être sauvées, soit 0,2%.
01:14Elle illustre son point de vue au moyen d'un bocal rempli de perles.
01:18Il y a dix mille perles dans ce bocal.
01:22Elles représentent dix mille femmes entre 50 et 69 ans qui sont conviées tous les deux ans à faire une mammographie.
01:30Dans le lot, il y a vingt perles rouges qu'on voit à peine.
01:37Elles représentent les femmes pour lesquelles la mammographie a une réelle utilité,
01:41parce qu'elle va leur épargner une mort par le cancer pendant ces dix ans.
01:44Mais pour certaines patientes, l'examen ne présente aucun avantage et peut même s'avérer néfaste.
01:51C'est ce que montrent par exemple deux études scandinaves.
01:54Il y a aussi 50 perles bleues.
02:00Pour ces femmes, la mammographie va entraîner un diagnostic de cancer du sein
02:04et un traitement qui n'aurait pas eu lieu si elle n'avait pas fait le dépistage.
02:07Ce sont les surdiagnostics et les surtraitements.
02:14Ensuite, il y a 1400 perles beige.
02:18Ce sont les patientes chez qui on a détecté une anomalie
02:21et qui doivent faire des tests supplémentaires avant qu'on soit sûr que tout va bien.
02:26Enfin, il y a encore 600 perles noires qui représentent les femmes
02:30dont la mammographie présentait une anomalie
02:32et qui ont dû subir une biopsie mammaire avant qu'on les déclare en bonne santé.
02:37Dans tous ces cas, il s'agit de femmes qui n'avaient pas de cancer du sein.
02:43En tout, 2000 anomalies qui s'avèrent bénignes
02:46et 50 traitements peut être inutiles.
02:49Car on ne peut pas savoir s'il était réellement indispensable
02:52d'entamer un traitement à ce moment-là.
02:54A ce jour, aucune femme n'a sorti une perle rouge
02:58en plongeant la main dans le bocal.
03:02Ça effraie un peu les patientes.
03:05Elles me disent « c'est une vraie loterie ».
03:07Et c'est un peu ça.
03:13Autrement dit, la probabilité de découvrir un cancer
03:16nécessitant un traitement immédiat
03:18est nettement moins grande que la probabilité d'être victime d'une fausse alerte.
03:22La plupart des patientes qui sont ici aujourd'hui
03:25ont reçu leur courrier d'invitation hier.
03:28Elles n'ont dû passer qu'une seule nuit blanche.
03:31Mais elles vont maintenant subir une série d'examens supplémentaires
03:34sans pouvoir remettre en cause ce processus.
03:37Et l'on retrouve les perles d'Ingrid Mülhauser.
03:3920 patientes ont été convoquées
03:41parce que leur mammographie présentait une anomalie.
03:4515 d'entre elles sont rentrées ensuite chez elles l'esprit tranquille.
03:484 ont dû subir en plus une biopsie
03:50avant d'apprendre qu'elles n'avaient rien.
03:53Une seule va devoir revenir la semaine prochaine,
03:55Petra High King.
03:57Ils n'ont pas repéré de nodules,
04:00mais il y a autre chose qu'ils n'ont pas bien réussi à avoir.
04:03La semaine prochaine, je vais passer une IRM.
04:06Attendons de voir ce que ça va donner.
04:07A 50 ans passés, Petra High King effectue régulièrement des mammographies
04:14avec le sentiment de faire ce qu'il faut pour sa santé.
04:17Le jour de son IRM, ou imagerie par résonance magnétique, est arrivé.
04:21Madame High King, s'il vous plaît.
04:23L'examen de madame High King dure un quart d'heure.
04:31L'IRM s'est bien passé ?
04:32Oui, ça va.
04:33J'ai vu les images.
04:36Vous êtes resté immobile comme il fallait.
04:39Cette IRM était nécessaire pour savoir s'il y a besoin ou non d'effectuer une biopsie.
04:42Je vous propose d'en faire une pour chaque sein.
04:46On va vous y emmener, ce n'est pas très douloureux.
04:50Ça se fait sous anesthésie, c'est quelque chose qu'on pratique quotidiennement et qui n'est pas méchant.
04:55Ensuite, on enverra le prélèvement à un laboratoire spécialisé qu'il étudiera au microscope
05:00et on vous fixera un rendez-vous dès qu'on aura le résultat, aussi vite que possible.
05:05Il faudra que je revienne ?
05:07Oui.
05:08Ensuite, on passera à l'étape suivante, mais il ne faut pas que ça vous inquiète.
05:11Pour décider de la suite, on sera là pour vous aider.
05:18Deux jours plus tard, le résultat de la biopsie révèle un cancer des deux seins.
05:24Impossible de savoir pour l'instant si la tumeur est agressive ou lentement évolutive.
05:29Mais de longs mois d'opérations, de chimiothérapie et de radiothérapie attendent Petra Eiching.
05:34Avant la mammographie, les patientes ne soupçonnent rien et se sentent généralement en bonne santé.
05:41Arrive un premier diagnostic présumé, on fait des examens complémentaires et quand le diagnostic est confirmé, le traitement commence.
05:54Autrement dit, ces femmes sont du jour au lendemain arrachées à leur vie normale.
05:58Elles se retrouvent engagées dans un traitement de plusieurs mois qui les soustraient complètement à leur quotidien habituel.
06:08Les médecins opèrent souvent sans être absolument certains que c'est nécessaire,
06:12puisqu'on ignore si le cancer traité se serait vraiment déclaré un jour.
06:16Il semble donc illusoire de croire que la découverte précoce d'une tumeur est toujours utile,
06:21a fortiori qu'elle peut sauver des vies.
06:23Une prise en charge précoce devrait donner de meilleurs résultats qu'un traitement plus tardif.
06:31Et pourtant, ce n'est pas toujours le cas.
06:35Pour le cancer du sein, par exemple, on découvre souvent des tumeurs bénignes
06:40et lentement évolutives lors des mammographies de dépistage.
06:43Le pronostic ne serait pas moins bon si on les détectait quelques années plus tard.
06:57D'un autre côté, on repère aussi des cancers qui sont déjà tellement avancés qu'ils sont métastasés.
07:06Alors le dépistage n'a pas non plus d'utilité.
07:08Dans certains cas, le diagnostic et la prise en charge précoce du cancer du sein
07:16vont effectivement permettre d'améliorer le pronostic.
07:22Mais on ne peut pas le savoir au cas par cas.
07:26C'est justement ce qui rend le dépistage précoce imprévisible.
07:30Mais on ne peut pas le savoir au cas par cas.
07:34C'est terrible, mais on ne peut pas le déterminer individuellement.
07:38Seulement, on n'est pas capable, actuellement, de faire la différence entre un petit cancer
07:42qui n'évoluera jamais et un petit cancer qui va devenir un gros cancer
07:47et qui va peut-être donner des métastases.
07:50Le constat est amer.
07:51Pourtant, il revient dans tous les entretiens que nous avons menés.
07:54Au moment du diagnostic et de la prise en charge,
07:57il est impossible de savoir comment va évoluer le cancer,
08:01si le traitement va sauver une vie ou au contraire provoquer des souffrances inutiles.
08:05Seules les statistiques permettent de connaître à posteriori
08:08le nombre de patients frappés par tel ou tel destin.
08:11Aujourd'hui, Petra High King entre à l'hôpital pour sa première opération.
08:15Que lui ont dit les médecins ?
08:17Que c'est malin, les deux côtés.
08:23Je ne veux pas dire le nom de la maladie.
08:28Et qu'il n'aurait pas été possible de déterminer ça lors d'un simple examen de routine.
08:38Je suis donc très contente qu'on l'ait découvert à temps.
08:42Petra High King augmente-t-elle ses chances de survie en se faisant opérer maintenant ?
08:46Lors de l'intervention, on va découvrir des foyers cancéreux de 2 cm environ dans chaque sein,
08:53ainsi que des métastases au niveau des ganglions lymphatiques tout proches.
08:57Autant de signes que son cancer doit effectivement être soigné.
09:01Mais personne n'est en mesure de lui dire avec certitude si le traitement va lui permettre de guérir.
09:06La mammographie reste un choix individuel qui doit s'appuyer sur une bonne connaissance des bénéfices et des risques de l'examen.
09:13Le ministère allemand de la Santé a commencé à infléchir sa communication.
09:18Depuis 2010, il signale aussi les risques liés au dépistage organisé du cancer du sein.
09:23En dehors de ces campagnes, certains gynécologues en Allemagne proposent également des examens de dépistage non remboursés, surtout aux femmes jeunes.
09:30Mais la sécurité sociale et les ligues contre le cancer jugent ces radiographies potentiellement dangereuses pour les patients de moins de 50 ans.
09:39L'irradiation répétée de leur tissu mammaire plus sensible peut avoir des effets néfastes.
09:45C'est pourquoi les spécialistes déconseillent à ces jeunes femmes d'effectuer ce type de mammographie si elles n'ont pas d'antécédents familiaux ou génétiques.
09:52Les examens réalisés à titre privé et payés par les patients eux-mêmes se multiplient en Allemagne quel que soit le type de cancer.
10:00Une tendance qui bénéficie surtout aux médecins.
10:04Parmi les examens les plus demandés, le dosage sanguin des PSA ou antigènes prostatiques spécifiques qui permet de dépister le cancer de la prostate.
10:13Avec un dosage du PSA, on peut dépister précocement un cancer agressif.
10:18Mais on va aussi, de l'autre côté, embêter pour rien des hommes, leur diagnostiquer un cancer de la prostate alors que ça ne sert à rien,
10:29que c'est un cancer peu agressif, qui est lentement évolutif, et on va les opérer ou leur faire des rayons.
10:35Ils vont devenir impuissants, parfois, incontinent, parfois, et les dernières années de leur vie ne seront pas gâchées par le cancer de la prostate,
10:48qui n'aurait peut-être même pas donné de symptômes, mais vont être gâchées par le traitement qu'ils auront eu.
10:52S'il s'agit d'une tumeur qui n'aurait pas été repérée autrement, mon avis est qu'il aurait mieux valu ne pas la détecter.
11:07À mon sens, le rôle du dépistage précoce n'est pas de créer des maladies en découvrant des tumeurs
11:13qui n'auraient de toute façon pas entraîné de cancer.
11:15Âgé de 75 ans, Henning Kosielski a subi il y a deux ans une prostatectomie à l'hôpital universitaire de Lübeck.
11:29Depuis, il est impuissant.
11:32Ancien responsable des affaires culturelles de la ville de Lübeck,
11:35il se considérait comme un homme actif et énergique.
11:39Désormais, il a non seulement perdu ses capacités sexuelles, mais aussi sa joie de vivre.
11:43Ce n'est pas seulement un mécanisme physique important dans ma vie qui ne fonctionne plus.
11:52J'ai aussi perdu mon dynamisme, ma mobilité et mon aisance.
11:58Je ne savais pas que tout ça était lié.
12:03Maintenant, j'ai besoin de me forcer pour rester actif.
12:07Ça ne m'était jamais arrivé.
12:08J'ai toujours été fringant et actif, à tout âge et en toutes circonstances.
12:16Pour moi, c'est un préjudice énorme.
12:18En décembre 2008, Henning Kosielski réalise son premier dosage des PSA auprès de son médecin généraliste.
12:28Le résultat est alarmant et une biopsie vient confirmer qu'il s'agit d'un cancer.
12:33Le septuagénaire fait confiance au médecin qui lui recommande une opération.
12:37Il pense que l'intervention portera uniquement sur le côté droit de sa prostate et qu'elle préservera sa virilité.
12:43Mais une fois sorti de l'hôpital, il se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond et personne ne veut le renseigner.
12:51Quand j'y suis retourné pour savoir ce qui se passait, j'ai eu affaire à un assistant parce que l'urologue m'évitait.
12:58Il m'a dit qu'il y avait bien eu un problème.
13:00Il est sorti de la pièce et n'est jamais revenu.
13:03Ayant fait appel à un avocat, il finit par apprendre qu'aucune anomalie n'a été trouvée du côté droit.
13:08En revanche, les médecins ont découvert une tumeur du côté gauche et enlevé la prostate toute entière.
13:19Ça se passe de commentaire.
13:22Cancer suspecté à droite, mais avéré à gauche sur le billard.
13:28Henning Kosielski semble avoir été victime d'une erreur qu'un deuxième avis médical aurait peut-être permis d'éviter.
13:33Il est généralement possible de faire confirmer l'interprétation des résultats des examens et les traitements préconisés par d'autres médecins.
13:42Mais en l'occurrence, le temps a manqué.
13:44Six jours seulement se sont écoulés entre le diagnostic et l'opération.
13:49Le dépistage du cancer est aujourd'hui devenu un marché considérable.
13:53En 2009, la Sécurité sociale allemande y a consacré 950 millions d'euros.
13:59Le dépistage précoce bénéficie surtout au secteur médical, qui se porterait beaucoup moins bien s'il n'existait pas.
14:11Prenons l'exemple du cancer du sein.
14:14Mammographie, résultats positifs, orientation vers un hôpital, opération.
14:19Et ensuite, chimiothérapie, puis radiothérapie.
14:22Vous avez là une chaîne de soins qui, d'un point de vue commercial, participe à la subsistance des hôpitaux et des cabinets médicaux.
14:33Et on peut transposer cela à d'autres cancers.
14:35L'opération du cancer de la prostate est aujourd'hui l'intervention la plus fréquemment réalisée dans les hôpitaux.
14:41Lothar Weisbach, urologue, connaît le secteur médical en tant que praticien et scientifique.
14:50Ancien président de la Société allemande contre le cancer, il plaçait autrefois beaucoup d'espoir dans le dépistage précoce.
14:56Aujourd'hui, il est plus sceptique.
14:58Dans les centres contre les maladies de la prostate, gérés par la Société allemande contre le cancer, j'ai constaté une évolution très inquiétante.
15:10On leur fixe des objectifs chiffrés.
15:12Ils doivent réaliser un nombre minimum d'opérations pour conserver leur agrément.
15:17On aboutit à des surtraitements, c'est-à-dire que la découverte d'une tumeur conduit à un traitement agressif injustifié.
15:24L'observation active en matière de cancer de la prostate est aussi une décision courageuse qu'il faut amener le patient à prendre.
15:35Il va devoir vivre avec le cancer.
15:38En allant chez le médecin, il croit qu'on va lui proposer une intervention pour éliminer le cancer et que cela équivaut à une guérison.
15:46C'est loin d'être le cas.
15:48Nous ne guérissons pas tous les cancers que nous traitons à un stade précoce.
15:51Un tiers d'entre eux conduit à une récidive et souvent, on n'explique pas au patient.
15:56Si l'on considère la mammographie et le dosage des PSA, le bilan est donc peu engageant.
16:02Nul ne peut savoir si le dépistage précoce va être bénéfique ou nuisible au patient.
16:08C'est une sorte de loterie qui peut sauver des vies, mais aussi conduire à des faux positifs, des surdiagnostics et des surtraitements.
16:15Sans oublier les éventuelles complications dues aux examens, aux opérations ou aux traitements.
16:21Dans le même temps, le dépistage précoce rassure à tort, car il ne permet pas de détecter tous les cancers, encore moins de les guérir.
16:28Le cancer du col de l'utérus est indissociable du papillomavirus.
16:33Mais toutes les infections ne provoquent pas un cancer et la majorité disparaît même spontanément.
16:38Presque toutes les femmes sexuellement actives développent à un moment de leur vie une infection due au virus HPV.
16:43Ce virus est un peu comme un rhume, le rhume de l'utérus pourrait-on dire.
16:51C'est-à-dire que les infections guérissent d'elles-mêmes la plupart du temps et que les femmes ne remarquent souvent même pas qu'elles sont contaminées.
16:59Le test HPV produirait donc trop de faux positifs.
17:02La sécurité sociale mise par conséquent sur un autre examen, le frottis du col utérin recommandé à partir de 20 ans en Allemagne et de 25 ans en France.
17:11Il consiste à examiner les cellules du col utérin à la recherche de modifications anormales.
17:17Le frottis de dépistage semble donc efficace.
17:20Pourtant les preuves manquent car l'Allemagne ne recueille pas de données à ce sujet.
17:24Les médecins ne reçoivent pas d'instructions et ne sont pas contrôlés.
17:27On sait tout de même que 80% des femmes qui pratiquent régulièrement ce test connaîtront au moins une fois dans leur vie une fausse alerte.
17:35S'y ajoutent les risques liés aux examens complémentaires.
17:38Comme les conisations qui consistent en l'ablation d'une portion du col de l'utérus.
17:43Elles seraient à l'origine de 12% des fausses couches à l'hôpital de la Charité.
17:46Il est indéniable qu'on en fait beaucoup trop en Allemagne en recommandant ce test dès l'âge de 20 ans.
17:56En Finlande par exemple, le dépistage précoce n'est proposé qu'à partir de 30 ans.
18:02Il se fait ensuite tous les 3 à 5 ans et jusqu'à 60 ou 65 ans.
18:07Pourtant, la Finlande compte beaucoup moins de cas de cancer du col de l'utérin que l'Allemagne.
18:18Il serait donc judicieux d'effectuer ce test plus tard et moins fréquemment
18:22pour ne pas porter préjudice aux femmes jeunes qui souhaitent avoir des enfants.
18:26Le vaccin pourrait également être une solution.
18:33L'injection se fait dans le haut du bras et ne fait pas mal.
18:37C'est une petite piqûre comme une autre.
18:41Le vaccin peut être réalisé par un pédiatre ou un gynécologue
18:45et se fait en 3 injections successives.
18:48Les doses reviennent à 450 euros environ en France comme en Allemagne.
18:53Et comme son effet n'est pas encore complètement prouvé,
18:55les jeunes filles vaccinées devront tout de même effectuer régulièrement des frottis.
18:59Quel bilan tirer de ces différentes formes de dépistage ?
19:03Chaque méthode présente des avantages, des inconvénients
19:06et donne matière à controverse.
19:08Il semble impossible d'émettre des recommandations catégoriques,
19:11ce qui complique la tâche au patient.
19:13L'utilité du dépistage précoce est souvent surestimée,
19:17mais on sait qu'il peut dans certains cas sauver des vies
19:19ou permettre d'éviter un traitement trop lourd.
19:22Dans le même temps, il entraîne parfois des erreurs de diagnostic,
19:26voire de sérieuses nuisances,
19:27comme dans le cas du dépistage du cancer colorectal.
19:30Le cancer est la première cause de décès dans les pays développés.
19:34Cela semble énorme,
19:36mais il ne faut pas oublier que la plupart des cancers sont liés à l'âge.
19:40Plus nous vieillissons,
19:41plus nous avons en nous de cellules cancéreuses dans différents organes.
19:45Les cellules se modifient,
19:47on développe des cellules qui ont l'apparence de cellules cancéreuses
19:50et qui peut-être produiront un jour effectivement un cancer.
19:54Ce qui est certain, c'est que plus on cherche, plus on trouve.
20:01Les processus biologiques du cancer sont tellement complexes
20:04qu'on ne peut jamais dire que tout est joué.
20:06Le dépistage précoce serait vraiment efficace
20:09s'il permettait d'identifier chaque type de tumeur
20:12et de prédire son agressivité.
20:14Puisque c'est impossible à ce jour,
20:16peut-être faut-il revoir notre façon de penser le problème.
20:19Ce qui est extrêmement important dans le dépistage
20:22et qu'il ne faut jamais oublier,
20:23c'est qu'on s'adresse à des personnes qui ne sont pas des malades.
20:26Tout le monde ne fera pas le même dépistage.
20:28Il faudra avoir un dépistage plus individualisé.
20:31La solution ?
20:32Enrayer l'évolution des dernières années
20:34et repenser la détection précoce.
20:38S'éloigner des examens de dépistage systématiques pour tous
20:40et aller vers des programmes de santé plus adaptés aux besoins
20:44et aux facteurs de risques individuels.
20:53Sous-titrage Société Radio-Canada
20:58Sous-titrage Société Radio-Canada
21:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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