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  • il y a 3 mois
DB - 28-10-2025

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00:00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:00:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00Cette vie ne peut plus durer.
00:01:01Qu'est-ce que tu veux dire ?
00:01:03J'ai...
00:01:04J'ai hésité longtemps, mais je viens d'accepter la proposition des Américains.
00:01:08Des Américains ?
00:01:10Oui, une ville nouvelle aux Bermudes, dont j'assumerai la décoration.
00:01:16Deux ans de travail au moins.
00:01:19Là-bas, j'espère que je pourrai t'oublier.
00:01:24Ce sera dur, mais je ne peux plus vivre comme ça.
00:01:28Il vaut mieux en finir brutalement.
00:01:30Et tu partirais quand ?
00:01:31À la fin du mois.
00:01:37Tu pensais à ça depuis longtemps.
00:01:39Et tu ne m'as jamais rien dit.
00:01:41Je me suis décidé ce matin.
00:01:44Après une nouvelle nuit blanche que j'ai passée à me torturer en pensant à toi.
00:01:48Pendant que tu dormais tranquillement dans les bras de ton mari.
00:01:50Alors tu vas partir.
00:01:53Et moi, qu'est-ce que je deviens ?
00:01:54Qu'est-ce que je deviens, moi ?
00:01:55Il ne tient qu'à toi de me suivre.
00:01:57Toi, moi, les Bermudes, plus personne entre nous.
00:02:00Tu sais bien que c'est impossible.
00:02:03Il faut choisir maintenant, tout de suite.
00:02:04Ton mari ou moi.
00:02:08Ça te pose un problème, on dirait.
00:02:11La solution est pourtant simple.
00:02:12Tu m'aimes.
00:02:14Tu viens avec moi.
00:02:17C'est toi que j'aime.
00:02:19Mais lui, je ne peux pas le quitter.
00:02:22Je ne peux pas, je ne peux pas, tu n'as que ce mot-là à la bouche depuis des mois.
00:02:28Évidemment.
00:02:29L'industrie du meuble, ça rapporte davantage que la peinture moderne.
00:02:32Tu ne peux pas comprendre.
00:02:38Aline !
00:02:40Tu ne crois pas que j'ai le droit de savoir ?
00:02:43Je ne veux pas rien te dire.
00:02:45Adieu.
00:02:45Tu préfères me quitter que de t'expliquer ?
00:02:49Mon amour.
00:02:52J'ai eu si peur.
00:02:54J'ai si mal.
00:02:58Aline.
00:02:59Aline.
00:03:00La réponds-moi, Aline.
00:03:02Fais-moi quelque chose.
00:03:05Aline.
00:03:11Ne manquez plus que ça.
00:03:12J'ai cru que tu ne voulais plus de moi.
00:03:17Tout s'est déchiré.
00:03:19C'était comme si je mourais.
00:03:21Plus jamais je ne te poserai de questions.
00:03:25Mais moi, je vais tout te dire.
00:03:27La vérité est terrible.
00:03:30Mais tout doit être net entre nous.
00:03:32On ne peut pas bâtir un bonheur sur des mensonges.
00:03:37C'est tellement pénible.
00:03:40Abominable.
00:03:42Si je ne peux pas quitter mon mari, c'est parce qu'il me tient.
00:03:46Tu n'es pas...
00:03:47Oh, Gilles, c'est beaucoup plus grand que ça.
00:03:49J'ai tué un homme.
00:03:53Aline.
00:03:56Tu es encore toute bouleversée.
00:03:58Tu ne sais plus ce que tu dis.
00:03:59Je te dis que je tue un homme.
00:04:00Et moi, je te dis que non.
00:04:02J'appelle un docteur.
00:04:02Mais non, je suis une criminelle.
00:04:03Je devrais être en prison.
00:04:05Mais tuer un homme, c'est vite dit.
00:04:09J'avoue que j'ai du mal à te croire.
00:04:12Je peux difficilement t'imaginer un revolver ou un couteau à la main en train de...
00:04:16Mais non, vois-je.
00:04:18C'est complètement idiot.
00:04:22J'ai presque failli te croire.
00:04:24D'abord, cet homme.
00:04:26Qui était-ce ?
00:04:28Je ne sais pas.
00:04:30Elle a tué un homme et elle ne sait pas qui.
00:04:32Tu veux bien me laisser parler ?
00:04:34C'est déjà assez difficile comme ça.
00:04:38Pardonne-moi.
00:04:42Ça s'est passé il y a cinq ans.
00:04:45Un peu avant mon mariage avec Varzy.
00:04:48Je le connaissais.
00:04:50Mais il n'y avait encore rien eu entre lui et moi.
00:04:53L'industriel et la manucure.
00:04:56Chansons connues.
00:04:57Tu étais manucure ?
00:04:59Tu ne me l'avais jamais dit.
00:05:00Je n'en ai pas honte.
00:05:01J'appartenais à un grand salon de coiffure et tous les hivers nous faisions la saison à Courchevel.
00:05:07Étienne Varzy et lui, c'était le plus beau parti de la station.
00:05:10Veuf, riche, la cinquantaine, le piège à femme.
00:05:13Toutes les minettes lui faisaient la cour.
00:05:15Toi aussi ?
00:05:16Mais non, moi je faisais les mains.
00:05:18Quand il est venu se faire manucurer deux fois par jour, j'ai compris que je l'intéressais.
00:05:22Alors j'ai voulu mettre les choses au point avec lui.
00:05:24Pour m'en débarrasser.
00:05:25Permets-moi de te dire que nous sommes très loin de l'homme que tu prétends avoir tué.
00:05:30J'y arrive.
00:05:32Donne-moi à boire, s'il te plaît.
00:05:34Je ne me méfiais plus de Varzy.
00:05:55Et le soir, quand il m'invitait dans son chalet, j'y suis allée sans méfiance.
00:06:02Il voulait me demander mon avis sur la nouvelle décoration.
00:06:07Il avait fait préparer un souper fin, très bien arrosé, cocktail, champagne, peau d'ours devant le feu de bois.
00:06:13Il faisait chaud.
00:06:15J'avais bu.
00:06:16Je me sentais bien.
00:06:18Je n'avais pas envie de partir dans la neige.
00:06:22Alors Varzy s'est montré entreprenant.
00:06:24J'ai résisté.
00:06:27Non, non, comprends-moi bien, Gilles.
00:06:29Je n'étais pas une oie blanche.
00:06:31Je me doutais parfaitement de ce qui pouvait m'arriver, mais pas comme ça.
00:06:34Il m'a fait peur.
00:06:36J'ai eu l'impression que la peau d'ours qui était devant le feu de bois venait de se réveiller.
00:06:39Tu n'as rien pu faire ?
00:06:40Enfin, tu ne me connais pas.
00:06:42Je l'ai repoussé de toutes mes forces.
00:06:44Il a perdu l'équilibre.
00:06:45Il s'est à moitié assommé en tombant.
00:06:47Alors j'en ai profité pour filer.
00:06:50J'ai sauté dans ma voiture.
00:06:51J'ai démarré en trombe.
00:06:52Je voulais m'éloigner le plus vite possible.
00:06:56Je n'étais pas dans mon état normal.
00:07:00Il y avait une plaque de verglas dans un virage.
00:07:02La voiture a dérapé.
00:07:06Et j'ai vu un homme dans la lumière des phares.
00:07:11Un cycliste.
00:07:14Impossible de l'éviter.
00:07:15Dès que j'ai pu arrêter la voiture, je suis allée voir.
00:07:22Il était étendu sur le bas-côté et son vélo tordu à côté de lui.
00:07:28Alors la panique m'a prise.
00:07:30Sans réfléchir, j'ai fait demi-tour.
00:07:33Je suis revenue au chalet.
00:07:34Chez Varzy ?
00:07:36Après ce qui s'était passé entre vous ?
00:07:38Mais ce qui venait d'arriver était bien plus terrible.
00:07:40Et puis...
00:07:41Et puis j'ai pensé à lui parce qu'il était un homme influent,
00:07:44qu'il m'aurait m'aider, prendre les choses en main.
00:07:46Tu comprends ?
00:07:47Qu'est-ce qu'il a fait ?
00:07:49Ma voiture avait une aile emboutie.
00:07:53Il l'a rentré au garage.
00:07:55Et puis il m'a recommandé de ne plus bouger du chalet.
00:07:58Il s'est occupé de tout.
00:08:00Il a fait semblant de découvrir le corps.
00:08:02Il a alerté la gendarmerie.
00:08:05L'homme était mort sur le coup.
00:08:08Et je l'avais tué.
00:08:09Mais c'était un accident.
00:08:11Tu n'étais pas responsable.
00:08:12Mais j'avais bu.
00:08:12Je n'étais pas dans mon état normal.
00:08:14On m'aurait fait une prise de sang, j'aurais été condamnée.
00:08:17Trois ans de prison au moins.
00:08:20C'est Étienne qui me l'a dit.
00:08:21Tu es là donc.
00:08:23Seulement il ne t'a pas dit qu'avec un bon avocat tu aurais eu le sursis.
00:08:26Tu t'en tirais avec une suppression de permis.
00:08:28Oui, il m'a dit aussi qu'il n'y avait pas eu de témoin, que l'homme était sans famille, que je n'avais pas le droit de gâcher ma vie.
00:08:35Le brave homme.
00:08:40Il t'a conseillé de te taire et tu l'as fait.
00:08:45Oui.
00:08:47Par l'acheté.
00:08:49J'avais peur.
00:08:51Trois ans de prison à 20 ans, tu comprends ?
00:08:54Après ça, il ne te restait plus qu'à l'épouser par reconnaissance.
00:09:00Mais non, mais non, par nécessité.
00:09:02Il a posé ses conditions tout de suite.
00:09:06Où je devenais sa femme, où il me dénonçait.
00:09:10Mon pauvre chéri.
00:09:13Mais maintenant c'est fini.
00:09:14Tu n'as plus rien à craindre.
00:09:16Je suis là.
00:09:17Lui aussi.
00:09:19Il ne me lâchera jamais.
00:09:20Dans ça, je m'en charge.
00:09:21Je trouverai bien un moyen.
00:09:22Mais non, depuis cinq ans, il me répète que je suis en liberté provisoire.
00:09:25Il sait très bien que je ne l'aime pas.
00:09:27Il me guette, il me surveille.
00:09:31C'est pour ça que je prenais tant de précautions pour venir te voir.
00:09:38Moi qui te faisais des reproches.
00:09:41J'ai été odieux tout à l'heure.
00:09:42Je ne pouvais pas me douter.
00:09:45Oui.
00:09:47C'est pour ça que je me suis forcée à tout dire.
00:09:52Je vais aller trouver ton mari.
00:09:53Ah non !
00:09:54Non, ne fais pas ça.
00:09:56Il ne sait rien de notre liaison.
00:09:57Il serait fou de rage.
00:09:58Il se vengerait sur toi et sur moi.
00:10:02Tu ne le connais pas.
00:10:04C'est un homme méchant, sournois, impitoyable.
00:10:06Ça !
00:10:08Le bien qu'il n'a pas bâti sa fortune sans pétiner du monde.
00:10:12Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire pour que ce type te rende ta liberté ?
00:10:19Mais rien.
00:10:20Depuis cinq ans, je ne pense qu'à ça, toutes les nuits.
00:10:23Mais il n'y a rien à faire qu'à attendre sa mort.
00:10:30Évidemment, ce serait la liberté totale.
00:10:35Toi, moi, tout seul au Bermude.
00:10:39Les Bermudes.
00:10:45Les Bermudes, ce n'était pas vrai.
00:10:47Le contrat des Américains ?
00:10:50Il n'a jamais existé.
00:10:53Je te racontais cette histoire pour rendre notre séparation plus facile.
00:10:58Pour que tu me quittes avec un minimum de regret.
00:11:00Mais alors, tu ne partais pas en voyage ?
00:11:03Moi aussi, j'allais partir.
00:11:07Pour un grand voyage.
00:11:17Si tu avais franchi cette porte,
00:11:19je me tirais une balle dans la tête.
00:11:22La vie sans toi ne m'intéresse pas.
00:11:27Je sais.
00:11:28Je me suicide par amour.
00:11:29Il est chargé ?
00:11:33Tu veux essayer ?
00:11:35Vise juste.
00:11:36J'ai horreur de la souffrance.
00:11:37Oh, je te défends de parler comme ça.
00:11:39Jure-moi que tu vas jeter ce pistolet.
00:11:41Ça, non.
00:11:42J'ai eu trop de mal à me le procurer.
00:11:45Mais je te jure de ne pas me tuer avec.
00:11:48Tant que tu resteras avec moi.
00:11:49Oh, mais ça recommence.
00:11:51Mais puisque nous ne pouvons rien faire
00:11:52qu'attendre que M. Étienne Varzy
00:11:54veuille bien attraper un infarctus,
00:11:56il a une santé de fer.
00:11:58Un estomac d'acier.
00:12:00Et un sommeil de plomb, sans doute.
00:12:02Toujours la bonne conscience des salauds.
00:12:05Mais même les salauds finissent par crever.
00:12:08À condition qu'on les aide un peu.
00:12:10Papa, deux bains dans la peau.
00:12:12Oh, Gilles, je te défends.
00:12:13Tu vas te faire prendre.
00:12:14Et qu'est-ce que je deviendrais moi toute seule, hein ?
00:12:16N'aie pas peur.
00:12:17Je trouverai bien un moyen.
00:12:18C'est comme s'il était déjà mort, ton Varzy.
00:12:20Madame Veuve Étienne Varzy.
00:12:29J'ai l'honneur de vous demander votre main.
00:12:31Oh, Gilles, je te défends.
00:12:32Où est-il, Varzy ?
00:12:34Je vais le descendre, moi, Varzy.
00:12:36Je ne pourrai plus me regarder dans une glace
00:12:37où il sera encore vivant à mort, Varzy.
00:12:40Varzy, je vous condamne à mort
00:12:42en vertu des pouvoirs qui me sont conférés.
00:12:43Non, mon chéri !
00:12:45Non, je ne veux pas.
00:12:48Pas tout de suite.
00:12:57Allô, c'est moi, Arison.
00:12:59Je sors de chez lui.
00:13:01Oui.
00:13:01Tout s'est passé comme prévu, il est à point.
00:13:05Tu m'aurais vu dans mon numéro de pauvre petite marseille.
00:13:08Il y avait une justice, j'aurais droit à un Oscar.
00:13:11J'ai raté ma vocation.
00:13:13Oui, oui, il a tout évalé.
00:13:15La brâle, l'hameçon, la ligne.
00:13:18Bon.
00:13:19Alors, on voit à quelle heure ?
00:13:22Six heures et demie au bureau.
00:13:23Bon.
00:13:24Eh bien, d'accord.
00:13:25À la condition express que vous puissiez livrer ces matériaux
00:13:28à notre nouvelle usine de Fort-Bac
00:13:29dans les délais prévus.
00:13:34En plus.
00:13:38Bonsoir, M. Varzy.
00:13:39Bonsoir, ma petite Denis.
00:13:40Vous faites des heures supplémentaires à ce que je vois.
00:13:45Oui.
00:13:46C'est mon cher neveu qui vous inflige ce pensant.
00:13:50Non, juste un peu de courrier à la traîne.
00:13:51Alors, comme vous n'avez rien de précisé ce soir, je me suis dit.
00:13:54Ah, c'est gentil à vous, ça.
00:13:57Dites-moi.
00:13:57Ah, maravissante enfant.
00:14:01Pour vous remercier de votre dévouement à notre maison
00:14:03et si personne ne vous attend...
00:14:06Personne, M. Varzy.
00:14:08Peut-être pourrais-je me permettre de vous inviter à dîner ?
00:14:11Je suis au régime.
00:14:12Mais moi aussi.
00:14:13Ah.
00:14:13Ensuite, on pourrait aller au théâtre.
00:14:19Et après le théâtre ?
00:14:20Oh, ben ma foi, on verra.
00:14:24Je connais une nouvelle boîte assez rigolote à Saint-Germain-des-Prés.
00:14:29Il faut que je me couche très tôt.
00:14:30Mais moi aussi.
00:14:32Je vous promets qu'à une heure ou plus tard, je vous ramène chez vous.
00:14:36M. Varzy, la dernière fois que j'acceptais une de vos invitations,
00:14:41ça s'est terminé par un combat de catch dans la voiture.
00:14:45C'est pourquoi vous voudrez bien m'excuser.
00:14:56C'est un monde, hein ?
00:14:58Vous avez vu ça ?
00:15:00Une bonne secrétaire ne lit jamais ce qu'elle tape.
00:15:02Projet d'accord entre les aciéries de Longoui et les meubles Varzy.
00:15:083 000 tonnes de tubes d'acier par an pendant 3 ans,
00:15:12renouvelables par tacite reconduction.
00:15:14Mais il est fou.
00:15:15Mon neveu est complètement inconscient.
00:15:17Il veut flanquer la maison sur la paille.
00:15:19Plastique, aciré, rien n'est donc.
00:15:22Et le bois, alors ?
00:15:24Qu'est-ce qu'il devient, le bois, dans tout ça ?
00:15:27Ce n'est pas vers moi qu'il faut le demander.
00:15:28Il est là, ce dangereux maniaque ?
00:15:34Monsieur Michel est dans son bureau, mais on ne peut pas le déranger.
00:15:36Ah, on ne peut pas déranger, monsieur.
00:15:39On va voir si on ne peut pas le déranger.
00:15:44Bon, eh bien, je l'attends d'une minute à l'autre.
00:15:49Oui.
00:15:51Oui, d'accord.
00:15:53Ok, je te rappelle.
00:15:55Ciao.
00:15:55Mon cher oncle,
00:16:00qu'est-ce qui me vaut le plaisir de ta visite ?
00:16:03Tu te fais rare, hein ?
00:16:04Et les absents ont toujours tort.
00:16:06Dès que j'ai le dos tourné, tu accumules les âneries.
00:16:09Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
00:16:11Mais assieds-toi, je t'en prie.
00:16:13Fais comme chez toi.
00:16:15Là-dessus ?
00:16:17Veux-tu que je t'en montre la façon de s'en servir ?
00:16:20Ça ne mord pas, je te le jure.
00:16:21Ou alors, il faut vraiment être antipathique.
00:16:25Alors, débarrassé d'un préjugé ?
00:16:41D'où ça sort ce... machin ?
00:16:45De nos ateliers.
00:16:46Pour l'instant, fabrication expérimentale,
00:16:48mais d'ici deux mois, on en sortira mille par jour.
00:16:51J'ai mis la chaîne en route.
00:16:52La chaîne ? Non, tu ne veux pas dire mille par jour ?
00:16:56Et si tout va bien, dix mille avant la fin de l'année.
00:17:00Mais qui va acheter ça ?
00:17:01Tous les jeunes qui en ont jusque-là du faux Louis XIII,
00:17:04du néo-rustique et du sans-piternel-grapeau.
00:17:08Tous ceux qui en ont assez de se planquer des lins bagots
00:17:10dans des meubles d'un autre âge.
00:17:12Tous ceux qui vivent dans leur époque,
00:17:15et pas dans le passé.
00:17:16Tu es complètement inconscient.
00:17:19J'ai fondé cette maison avant la guerre,
00:17:21avec ton père.
00:17:22Ton pauvre père, prématurément disparu.
00:17:25Et nous en avons fait l'une des premières de France.
00:17:27Je rends hommage à vos efforts.
00:17:29Oui, mais tu t'es vertu à les ruiner.
00:17:33Ah !
00:17:34À nous ruiner.
00:17:36Tu t'associes avec des fabricants de plastique,
00:17:40avec des aciéries,
00:17:41tu engages des concepteurs d'avant-garde,
00:17:44étrangers,
00:17:46tu fais établir des projets extravagants,
00:17:48et tu t'imagines que notre clientèle va marcher,
00:17:50une clientèle qui nous suit,
00:17:51depuis 1935 ?
00:17:53Oui, mais sans vouloir te déprimer,
00:17:55tes clients de 1935,
00:17:56il y en a de moins en moins.
00:17:58Alors que des nouveaux,
00:17:59il en est tous les jours.
00:18:01Bon, mon petit Michel,
00:18:03je ne mets pas en doute ta sincérité,
00:18:05mais essaie d'imaginer
00:18:06que même parmi les nouvelles générations,
00:18:08il y a des esprits conservateurs.
00:18:10De ceux qui veulent continuer à vivre
00:18:11dans un mobilier solide,
00:18:12traditionnel,
00:18:13en bois.
00:18:14Oui, en bois,
00:18:15de bonne qualité,
00:18:16du meuble qui dure.
00:18:17Ah !
00:18:18C'est là que je l'attendais.
00:18:22Les meubles Varzy
00:18:24sont garantis pour la vie.
00:18:26Mais est-ce que toi,
00:18:27tu te rends compte qu'aujourd'hui,
00:18:28nous vivons dans un monde
00:18:29en perpétuelle transformation ?
00:18:31Que nous habitons sur un volcan
00:18:32qui va exploser d'un moment à l'autre ?
00:18:35Alors les meubles qui durent 100 ans,
00:18:36les gens s'en foutent.
00:18:37Ils veulent du fonctionnel,
00:18:38du confortable,
00:18:40du bon marché
00:18:41et la qualité dans tout ça.
00:18:44Je prétends et j'affirme
00:18:45que ma table est au moins aussi jolie
00:18:47et aussi solide
00:18:48que ton faux rustique
00:18:49en ronces de noyés
00:18:50ou en loupes d'emboine.
00:18:52Quant à mes fauteuils,
00:18:53ils sont plus doux au fessier
00:18:54que tes chesterfils de bidon
00:18:55et ils coûtent cinq fois moins cher.
00:18:58Parce que pour fabriquer ton Henri II,
00:18:59il faut quatre jours,
00:19:01alors que pour mouler des meubles
00:19:02en polystyrène,
00:19:03ça prend seulement quelques minutes.
00:19:04mais de là à tout chambouler,
00:19:11nos installations
00:19:11sont encore en parfait état de marche.
00:19:14Les miennes vont nous permettre
00:19:15de décuper la production
00:19:16et surtout d'obtenir
00:19:17des tarifs concurrentiels
00:19:18sur le plan du marché commun.
00:19:20Plus gros que le ventre,
00:19:21l'Europe...
00:19:22Chacun sa partie.
00:19:23Tu es directeur commercial.
00:19:25Occupe-toi de ta clientèle octogénaire.
00:19:28Moi, j'ai succédé à mon père
00:19:29en tant que directeur technique
00:19:30et je le resterai.
00:19:33C'est ce que nous verrons.
00:19:35Je vais réunir
00:19:37le conseil d'administration
00:19:39et...
00:19:39Tu risques d'avoir une surprise.
00:19:44Ces messieurs sont en conférence.
00:19:46Ça peut demander encore quelques minutes.
00:19:47Ça ne fait rien, j'ai tout mon temps.
00:19:48Je vais quand même prévenir.
00:19:49Non, non, c'est inutile.
00:19:50D'ailleurs, ils sortent.
00:19:52C'est la dernière fois.
00:19:53Je t'avertis charitablement.
00:19:56Et un homme averti en vos deux.
00:19:58Je sais.
00:19:59Ah, tu étais là ?
00:20:01Oui, j'arrive à l'instant.
00:20:04Tu m'excuseras d'interrompre
00:20:05cet intéressant dialogue,
00:20:06mais j'ai rendez-vous.
00:20:07Il ne faut jamais faire attendre
00:20:09une jolie femme.
00:20:10Entre donc, Aline.
00:20:13Je te présente mon oncle,
00:20:15Étienne Varzy.
00:20:16Monsieur ?
00:20:17Mademoiselle Aline Salange,
00:20:18je suis une amie.
00:20:19Enchantée, mademoiselle.
00:20:20Je vais m'apprêter justement
00:20:21à prendre congé.
00:20:22Je t'en prie.
00:20:22Pardon.
00:20:23Bonsoir, mademoiselle.
00:20:24Bonsoir, monsieur.
00:20:25À bientôt, Michel.
00:20:25Mademoiselle.
00:20:28Un vicence ?
00:20:30Vous la connaissez ?
00:20:32De vue seulement.
00:20:33C'est lui, Varzy ?
00:20:35Ton mari, parfaitement.
00:20:37Tu cheris un peu, hein ?
00:20:39Me le présenter comme ça
00:20:40sans préparation.
00:20:41J'aurais pu me trahir, moi.
00:20:43Je suis trop bonne comédienne
00:20:44pour ça.
00:20:46Comment le trouves-tu ?
00:20:47Eh, pas mal pour ton âge,
00:20:48le physique de l'emploi,
00:20:50le parfum mari jaloux et sadique.
00:20:52Je suis certaine que c'est
00:20:53un très brave homme, dans le fond.
00:20:54Je ne peux plus le supporter,
00:20:55il me fait venir des petits boutons.
00:20:58Heureusement que j'aurai
00:20:59bientôt l'entreprise
00:21:00pour moi tout seul.
00:21:01Et ça n'a pas d'importance
00:21:02qu'il m'ait vu ?
00:21:03Aucune.
00:21:06Je me demande même
00:21:06s'il n'y aurait pas intérêt
00:21:07ce que ton artiste peintre
00:21:09vous voit ensemble.
00:21:10Au moins une fois.
00:21:12Cela le fortifierait
00:21:13dans l'idée
00:21:13que vous êtes bien mari, femme.
00:21:14De ce côté-là,
00:21:16sois tranquille.
00:21:17Pour ce pauvre Gilles,
00:21:18je suis bien
00:21:18Madame Étienne Vardy,
00:21:19épouse malheureuse,
00:21:20persécurée par un mari abominable.
00:21:23Tu lui as servi
00:21:23l'histoire de l'accident ?
00:21:24Oui, tout le scénario
00:21:25de A jusqu'à Z.
00:21:27Il gove tout ce que je lui débite.
00:21:29Il est tellement naïf
00:21:30qu'il me fait de la peine.
00:21:32Tu n'es pas en train
00:21:33de tomber amoureuse de lui,
00:21:34par hasard.
00:21:36Et toi ?
00:21:38Tu n'es pas en train
00:21:38de me faire une scène de jalousie.
00:21:40Toi et moi,
00:21:41ça a été très agréable,
00:21:42mais il y a un moment
00:21:42que c'est fini.
00:21:44On est associé
00:21:45dans une affaire,
00:21:46rien de plus.
00:21:48Si elle réussit,
00:21:49ta fortune est faite.
00:21:50Surtout la tienne.
00:21:53C'est normal.
00:21:55En tant que promoteur,
00:21:57il est juste
00:21:58que je me taille
00:21:58la part du bien.
00:22:01Mais tu n'as pas
00:22:02à te plaindre
00:22:02de ta commission.
00:22:03Eh, justement.
00:22:05Il faudrait qu'on en parle.
00:22:08Chaque chose en son temps.
00:22:10Un petit scotch ?
00:22:10Notre commande du 15 courant
00:22:13concernant la fourniture
00:22:15de 150 tonnes
00:22:16de polystyrène
00:22:17et de 80 tonnes
00:22:18de polychlorure de vinyle.
00:22:21Tu ne me crois pas capable
00:22:22d'inspirer
00:22:23des passions dévorantes ?
00:22:24Bien sûr que si.
00:22:26Ah.
00:22:27C'est pour ça
00:22:28que j'ai fait appel à toi.
00:22:29Mais la tentative
00:22:30de suicide,
00:22:31c'est presque trop beau.
00:22:32Tu as dû être flatté.
00:22:33Ça m'a fait plaisir.
00:22:36En tout cas,
00:22:37j'ai vu son pistolet
00:22:38et c'est lui le premier
00:22:39qui a parlé
00:22:39des cendres varvis.
00:22:41Pant,
00:22:41deux balles dans la peau.
00:22:42Il l'a dit,
00:22:43je te le jure.
00:22:46Imaginons que
00:22:46tu débarques
00:22:48chez ton peintre
00:22:49un jour
00:22:49et que tu lui annonces
00:22:51que tu ne pourras plus le voir
00:22:52à cause de ton mari
00:22:52qui s'est douté
00:22:53de son infortune
00:22:54et qui te fait suivre
00:22:55en face au genre de salade.
00:22:57Qu'est-ce qui se passe ?
00:22:58Il prend son pistolet
00:23:01et il court le descendre.
00:23:03Cet après-midi,
00:23:04j'étais obligée
00:23:05de le retenir.
00:23:06C'est ça la passion.
00:23:08Je te félicite.
00:23:10Tu t'es merveilleusement débrouillée.
00:23:13Avec lui,
00:23:13c'était facile.
00:23:14Il est tellement romantique.
00:23:16Oui,
00:23:17mais pour un romantique,
00:23:18il me semble un peu exalté.
00:23:20Il faut profiter
00:23:21de ses excellentes dispositions.
00:23:26Tu n'as qu'un mot à dire
00:23:27pour qu'il me débarrasse
00:23:29de mon encombrant tonton.
00:23:31Attention, Michel.
00:23:32Ce mot,
00:23:34je ne dirai pas avant
00:23:34de savoir ce qui va se passer ensuite
00:23:35quand Gilles apprendra
00:23:37que j'ai menti
00:23:38et que sa victime
00:23:39n'a jamais été mariée.
00:23:41De deux choses l'une.
00:23:43Ou il se fera prendre
00:23:43et il sera condamné
00:23:44pour un assassinat.
00:23:46Ou il passera au travers
00:23:48et il ne comprendra jamais
00:23:49ce qui lui est arrivé.
00:23:51De toute façon,
00:23:52toi, tu seras loin
00:23:53et moi,
00:23:55il ignore mon existence.
00:23:56Alors, il en sera quitte
00:23:58pour se poser des questions
00:23:59de toute sa vie.
00:24:00Oui.
00:24:01Je commence à le connaître.
00:24:03Il est capable
00:24:04de se faire sauter la cervelle.
00:24:05Ce n'est pas nous
00:24:06qui irons nous en plaindre, non?
00:24:08Et s'il se constitue prisonnier?
00:24:10S'il raconte tout?
00:24:12Qu'il se constitue prisonnier
00:24:13ou qu'il soit pris
00:24:13en flagrant délit,
00:24:14c'est pareil.
00:24:16Son histoire sera tellement
00:24:17rocambolesque.
00:24:18Monsieur le commissaire,
00:24:20j'ai tué Étienne Varzy,
00:24:21mari de ma maîtresse.
00:24:23Mais Étienne Varzy
00:24:23n'a jamais été mariée.
00:24:25Ah, mais je vous jure
00:24:25que je vous dis la vérité.
00:24:29Il donnera des précisions.
00:24:31Tu as été manucure
00:24:32à Courchevel.
00:24:33On vérifiera.
00:24:34Tu n'as jamais été manucure
00:24:36et tu n'as jamais mis
00:24:37les pieds à Courchevel.
00:24:39Il racontera que tu as tué
00:24:40un cycliste
00:24:40il y a cinq ans en voiture.
00:24:43Ça non plus, ce n'est pas vrai.
00:24:45S'il continue d'insister,
00:24:46il se retrouvera
00:24:47dans une confortable
00:24:48cellule capitonée
00:24:49au fond d'un asile psychiatrique.
00:24:52D'ailleurs,
00:24:53d'après ce que tu m'as dit
00:24:54de sa peinture,
00:24:54il devrait y être
00:24:55depuis longtemps.
00:24:56Écoute.
00:24:56Alors, ça ne changera pas
00:24:58grand-chose à son avenir.
00:24:59Non.
00:25:06Mais t'as-il pas dit que
00:25:07l'avenir sans toi
00:25:11lui semblait impossible ?
00:25:13Plutôt sans Frékin.
00:25:16Alors,
00:25:16il sera comblé.
00:25:20Allez,
00:25:21viens dîner.
00:25:23La joie,
00:25:24ça me creuse.
00:25:33Réfléchis.
00:25:34Au moment où il flinguera
00:25:36Varzy,
00:25:37tu seras confortablement
00:25:39assise dans un brigne
00:25:40en direction de Rome,
00:25:41d'Haïti ou n'importe où.
00:25:43Tu auras changé de coiffure
00:25:44et de couleur de cheveux.
00:25:45Il serait le seul
00:25:46à pouvoir t'identifier.
00:25:47T'éteintes trop.
00:25:49Seulement,
00:25:50il sera en prison.
00:25:51Tout de même.
00:25:53C'est franchement moche
00:25:54ce qu'on va lui faire.
00:25:56Qui veut la fin
00:25:56veut les moyens.
00:25:57succulente,
00:26:02cette salade de langoustine,
00:26:03non ?
00:26:03Je vois que ça ne te coupe
00:26:04pas l'appétit.
00:26:06Moi,
00:26:06je me sens toute drôle.
00:26:11J'ai un remède pour toi.
00:26:12Tu vas voir,
00:26:15c'est radical.
00:26:22Alors,
00:26:22l'appétit,
00:26:23ça revient ?
00:26:24Tu sais,
00:26:27j'ai peur que mes nerfs
00:26:28ne se mettent à craquer.
00:26:31Et puis,
00:26:32je serai capable
00:26:33de tout révéler à Gilles.
00:26:36Oh,
00:26:37et ce pauvre vieux Varzy
00:26:38qui va être assassiné
00:26:39sans savoir pourquoi.
00:26:42les hermeurs
00:26:43vont m'empoisonner
00:26:43toute ma vie.
00:26:45Oui.
00:26:48Tu n'as pas
00:26:48beaucoup de santé ?
00:26:50Non.
00:26:52J'ai également
00:26:53un remède pour l'estomac.
00:26:57Et un sédatif
00:26:58pour endormir
00:26:59ta conscience.
00:27:00et un sédatif pour l'estomac.
00:27:18Alors,
00:27:18l'appétit,
00:27:18ça revient ?
00:27:20Hum ?
00:27:21Hum,
00:27:21succulente et langoustine.
00:27:23Ne t'es pas trompé
00:27:26sur ton compte.
00:27:28Tu ferais n'importe quoi
00:27:29pour du fric.
00:27:32Tu trahirais n'importe qui.
00:27:36Seulement moi,
00:27:37je veux pouvoir
00:27:37avoir confiance.
00:27:39Entièrement.
00:27:41Si jamais
00:27:42je soupçonnais
00:27:43un coup fourré,
00:27:43je serais méchant.
00:27:48Très méchant.
00:27:49Lâche maintenant,
00:27:50veux-tu ?
00:27:50Tu peux compter sur moi.
00:27:57Jusqu'au bout ?
00:27:58Jusqu'au bout.
00:28:01Alors ?
00:28:03Dis-moi ce que
00:28:03je dois faire maintenant.
00:28:07Tu maintiens ton gil
00:28:08en condition.
00:28:09Fais monter la pression.
00:28:11Raconte-lui que
00:28:11Varzy a des soupçons
00:28:13qu'il te bat,
00:28:14qu'il te torture moralement.
00:28:15Mets le paquet.
00:28:16Ouais.
00:28:17Je voudrais que ce soit
00:28:18déjà fini.
00:28:19Et moi, donc ?
00:28:20la fabrique entièrement
00:28:23à moi.
00:28:25Je vais pouvoir
00:28:26enfin réaliser
00:28:27tous mes choix.
00:28:32Comme d'elle serre,
00:28:34des licciés au sirop.
00:28:36Et deux cafés très serrés.
00:28:37Ah non !
00:28:38Pour moi,
00:28:39ça m'empêcherait
00:28:39de dormir.
00:28:39C'est ça.
00:28:40C'est ça.
00:28:51Allô, Gilles ?
00:28:52Michel.
00:28:55Je quitte Aline
00:28:56à l'instant.
00:28:59Elle est tombée
00:28:59dans le panneau.
00:29:02Elle m'a juré
00:29:03que tu étais
00:29:04à deux doigts
00:29:04du suicide.
00:29:06Farceur.
00:29:09Je te raconterai ça
00:29:10demain matin.
00:29:12D'accord.
00:29:13On se retrouve
00:29:13comme d'habitude ?
00:29:14Ok.
00:29:16Ciao.
00:29:22Elle me prend
00:29:22pour un nouveau Picasso
00:29:23quand je lui ai fait
00:29:25le coup du contrat
00:29:25pour les Bermudes.
00:29:27Elle est tombée
00:29:27dans les pommes.
00:29:29Elle voyait la bonne
00:29:29affaire lui échapper.
00:29:30après ça,
00:29:34je lui fais le grand jeu.
00:29:35La colère,
00:29:36la jalousie,
00:29:37le chagrin,
00:29:38le suicide.
00:29:40Tu crois pas
00:29:40que tu y allais
00:29:40un peu fort ?
00:29:41En tout cas,
00:29:41c'était le meilleur moyen
00:29:42de lui montrer le pistolet.
00:29:44Elle l'a tripoté
00:29:45un bon moment.
00:29:46On y trouvera
00:29:47des empreintes magnifiques.
00:29:49Mieux qu'une signature.
00:29:50Tu l'as apporté ?
00:29:52Le pétard ?
00:29:53Ça va pas, non ?
00:29:54Tu me vois le laissant
00:29:55au vestiaire ?
00:29:56Il est bien trop précieux
00:29:57pour que je le trimballe.
00:29:59Je te donne quand tu veux.
00:30:00Tu en es pressé ?
00:30:04Je ne sais pas.
00:30:07J'hésite encore.
00:30:09Dis-donc, Michel.
00:30:11Tu ne serais pas en train
00:30:11de te déballonner des fois ?
00:30:13On voit bien
00:30:14que c'est pas toi
00:30:15qui va presser la détente.
00:30:17Ce n'est pas moi non plus
00:30:18qui hériterais de ton oncle.
00:30:22Bonjour.
00:30:22Bonjour.
00:30:26Le jus de pomme,
00:30:27ça change du scotch.
00:30:29Je suis encore rentré
00:30:29à 4h du matin.
00:30:30Allons.
00:30:34Viens te refaire
00:30:54Bon, eh bien dans cette salle de boxe, j'espère qu'on va pouvoir être tranquille.
00:31:19Parfait.
00:31:24À propos, pour le flingue, passe-toi déposer chez moi demain matin.
00:31:43Tiens, non.
00:31:44Et si je le fais piquer avec dans la rue ?
00:31:47Non, c'est toi qui viendras te chercher.
00:31:50Après tout, c'est ton oncle et c'est ton crime.
00:31:52Jean Horst, ce mot-là, c'est malsain.
00:32:00Tu n'as même pas le courage de tes opinions.
00:32:03Si ce n'est pas un crime, qu'est-ce que c'est ?
00:32:04L'élimination d'un inutile.
00:32:07Personne ne pleurera.
00:32:09Ah si, toi, à l'enterrement, des bonnes grosses larmes.
00:32:14Je ne dis pas que je ne viendrai pas assister à ce spectacle.
00:32:18À propos, tu as déjà retenu sa place au Père Lachaise ?
00:32:23Rassure-toi, nous avons un caveau de famille aussi une tiers d'Auteuil.
00:32:27Bon alors, pour le flingue, pour demain c'est convenu ?
00:32:32Ah, convenu, convenu.
00:32:34Dans la mesure où en échange de ce précieux objet, tu m'apportes un avaloir conséquent.
00:32:40Encore ?
00:32:42C'est une obsession ?
00:32:44Si tu me trouves trop cher, adresse-toi à un autre.
00:32:46Mais tu aurais tort.
00:32:48L'affaire est déjà bien engagée.
00:32:51Justement.
00:32:52Je ne peux plus faire machine arrière et ça me flanque la frousse.
00:32:56Écoute, Michel.
00:32:57Pense plutôt à l'héritage.
00:32:59Aux millions lourds de ton cher tonton sans enfant.
00:33:02Les terrains, les usines, la fabrique.
00:33:05Les meubles varzis sont garantis pour la vie.
00:33:09Sauf pour celles du fabricant.
00:33:11C'est toi.
00:33:12Ah non, tu as tant de temps faire, tu as tous les atouts en main.
00:33:14D'abord, la personnalité du vieux.
00:33:17Encore très vert, ne crachant pas sur la minette.
00:33:20Bref, un vieux cochon.
00:33:24Ça n'étonnerait personne s'il s'était offert à Lynn.
00:33:27À propos, tu as la lettre ?
00:33:35C'est court, mais ça devrait suffire.
00:33:36Lynn me l'a écrit il y a un an quand j'ai rompu avec elle.
00:33:41Si tu t'imagines pouvoir me laisser tomber, tu te trompes lourdement.
00:33:45Cela ne se passera pas comme ça.
00:33:46Tu me connais mal.
00:33:48Je suis capable de tout.
00:33:50Eh bien, elle n'y allait pas de main morte, la douce enfant.
00:33:53Pour elle, c'était surtout une façon de faire grimper le cadeau de rupture.
00:33:57Cette petite garce ne pense qu'au fric.
00:33:59Je lui ai signé un chèque confortable et nous nous sommes quittés bons amis.
00:34:03Je suis capable de tout.
00:34:07C'est bon ça.
00:34:09Superbe.
00:34:10Pas de date, pas de nom.
00:34:11Les présomptions seront accablantes pour elle.
00:34:13Mais pas les présomptions.
00:34:15Les preuves.
00:34:17La lettre.
00:34:18Dans la poche du mort.
00:34:19Le pistolet à côté avec les empreintes d'Aline.
00:34:22La police n'ira pas chercher plus loin.
00:34:24Mais il n'y a qu'un malheur.
00:34:27Si j'ai fréquenté Aline, il y a quelque chose entre elle et moi.
00:34:31Et moi j'hérite.
00:34:32Les flics risquent de se poser des questions.
00:34:35Et après ?
00:34:37D'ici qu'on m'accuse de l'avoir télécommandé, il n'y a pas des kilomètres.
00:34:42Réfléchissons.
00:34:44Tu flingues Varzy.
00:34:47Tu flingues Varzy, on arrête Aline.
00:34:51Elle se défend avec d'autant plus de férulence qu'elle croit que c'est moi le coupable.
00:34:54Elle te mettra dans le coup, fais-lui confiance.
00:34:56Mais c'est excellent ça.
00:34:57Les flics débarquent chez moi.
00:34:58Je leur raconte notre merveilleuse histoire d'amour.
00:35:01Je prends la défense d'Aline maladroitement.
00:35:04Elle m'aimait.
00:35:05Elle ne pouvait plus supporter son affreux mari.
00:35:07Bref, elle l'a tué.
00:35:09Elle aura du mal à expliquer pourquoi elle s'est fait passer pour la femme légitime de Varzy.
00:35:13J'entends les poulets d'ici.
00:35:15Mademoiselle, vous avez affolé ce naïf romanesque.
00:35:19Le naïf romanesque, c'est moi.
00:35:21Après l'avoir sans succès incité à tuer Varzy, vous avez décidé de le tuer vous-même.
00:35:25Car moi, naturellement, j'aurai un alibi en bronze.
00:35:32Et elle, elle n'en aura pas.
00:35:36C'est comme si elle était déjà devant les assises.
00:35:39Oh, jolie comme elle est.
00:35:44Elle sauvera sa tête.
00:35:46Tout de même, on est des beaux salauds, non?
00:35:51Il vaut mieux être des salauds riches que des nécessiteux gentils.
00:35:56Bonjour, messieurs. Ne vous dérangez pas pour moi, je vais passer.
00:36:03De toute façon, je n'arrête pour cinq minutes. J'ai un déjeuner d'après-midi au Grand Véfour.
00:36:07Pas moyen d'être tranquille.
00:36:09C'est quand même plus discret qu'à ton bureau.
00:36:11On a réussi à faire le tour de la cuisse.
00:36:13Passons attention, toi, la carte est trop basse.
00:36:27Ce n'est pas le moment où on va y aller à l'hôpital.
00:36:34Messieurs, ça suffit.
00:36:36Je vous laisse qu'à part, j'ai l'impression que nous ne sommes pas du même monde.
00:36:38Et bien, il n'est pas commode, le PDG.
00:36:46Dis, tu oublies quelque chose.
00:36:51Je ne vois pas.
00:36:53Au sujet de mon petit cadeau.
00:36:55Petit, décidément, tu es modeste.
00:37:00Vous avez au moins un point commun avec Aline.
00:37:03Je n'arrête pas d'en donner ces temps-ci.
00:37:05Pour récolter, il faut se mettre.
00:37:09Pense à m'apporter ça quand tu viens de reprendre le pétard.
00:37:13En liquide, comme d'habitude.
00:37:15Je ne sais pas si j'aurai le temps de passer à la banque.
00:37:17Là, tu n'as qu'à faire un bon de caisse à l'usine.
00:37:19Ben, voyons, c'est si simple.
00:37:21Ça doit figurer dans les comptes, un retrait d'argent.
00:37:23Ce qui est le rubrique, vais-je faire passer une somme pareille.
00:37:27Investissement à court terme.
00:37:36Allô ?
00:37:37Pourrais-je parler à M. Varzy ?
00:37:39Étienne Varzy ?
00:37:40C'est lui-même.
00:37:42Bonjour, c'est Gilles.
00:37:43Je vous appelle du gymnase.
00:37:45Je quitte votre neveu à l'instant.
00:37:49Oh non, non, il est parti.
00:37:50Il était très pressé.
00:37:51Vous l'avez un rendez-vous ?
00:37:53Comment ?
00:37:55Oh non, il ne marche pas, il court.
00:37:58Il est même mûr pour le record olympique.
00:37:59Bien, c'est entendu.
00:38:04Je serai chez vous dans une demi-heure.
00:38:06Au revoir.
00:38:13Ne bougez plus, s'il vous plaît.
00:38:15Pas de danger, je suis trop bien.
00:38:17On ne vous a jamais dit que vous pourriez faire de la publicité pour une agence de voyage ?
00:38:25On m'a dit des tas de choses.
00:38:28Je vous vois très bien sur une affiche visiter l'Afrique et ses merveilles.
00:38:32Et vous susciteriez des vocations d'explorateur.
00:38:36C'est déjà fait, je crois.
00:38:37Visiter le Congo, ses lacs sauvages, son Kilimanjaro majestueux.
00:38:44Le Kilimanjaro ? C'est autant qu'un écart.
00:38:46Oh, qu'est-ce que ça peut faire ?
00:38:48Monsieur Varzy, ce n'est pas le moment du safari.
00:38:52Ah bien, pardon.
00:38:53Excusez-moi.
00:38:54Oui ?
00:38:57Monsieur, il y a là un monsieur qui n'a pas voulu dire son nom.
00:39:00Il dit que monsieur l'attend.
00:39:04Ah oui, c'était que ça, oui.
00:39:08Mon petit, j'en ai pour dix minutes.
00:39:10On finira ça plus tard, s'il vous plaît.
00:39:15S'il vous plaît.
00:39:24Faites attendre, mademoiselle, au petit salon.
00:39:26Et faites entrer ce monsieur.
00:39:27Bien, monsieur.
00:39:30Mon petit Bernard, offrez un rafraîchissement à mademoiselle pour la faire patienter.
00:39:35A tout de suite, mon petit.
00:39:45Laissez-nous.
00:39:48Monsieur Varzy ?
00:39:49C'est gentil, chez vous.
00:40:00Cossus, sans ostentation.
00:40:03La classe.
00:40:04Merci.
00:40:05Dites-moi, monsieur Varzy, ces meubles-là, ils ne sortent pas de votre usine.
00:40:16C'est du solide, de l'authentique.
00:40:19Je m'y connais.
00:40:20Heureux que ça vous plaise.
00:40:22Vous n'êtes pas un dynamiteur, comme mon neveu.
00:40:25Je suis resté très attaché aux grandes traditions qui ont fait la France.
00:40:28Comme je le dis souvent, je suis le dernier des romantiques.
00:40:32Bravo.
00:40:33Vous me rassurez.
00:40:33Je vous en prie.
00:40:50Alors, comment se présente notre petite affaire ?
00:40:58Vous pouvez parler sans crainte.
00:41:00À merveille.
00:41:01J'ai suivi vos instructions à la lettre.
00:41:03Je vous paie assez cher pour ça, entre nous.
00:41:06Justement, monsieur Varzy,
00:41:08à ce sujet,
00:41:10cela fait déjà un grand moment que je travaille pour vous.
00:41:13Et je souhaiterais que nous liquidions la partie financière de l'opération
00:41:16avant de passer à l'ordre du jour.
00:41:18La confiance règne.
00:41:21Oh, monsieur Varzy, la confiance, c'est un luxe.
00:41:25Les riches peuvent se l'offrir, les pauvres, non.
00:41:28Je suis pauvre, hélas.
00:41:30Là, j'ai l'impression que vous ne le resterez pas longtemps.
00:41:34Encore quatre ou cinq affaires
00:41:37à ce tarif-là.
00:41:46Vous ne vérifiez pas ?
00:41:48Si, si, justement.
00:41:49Le comptier.
00:41:52Maintenant que j'ai payé,
00:41:56je dois vous avertir honnêtement
00:41:57qu'afin de vous éviter la tentation
00:42:00de me laisser tomber
00:42:01ou de me trahir,
00:42:02j'ai pris certaines précautions.
00:42:05C'est votre droit ?
00:42:08C'est votre droit ?
00:42:09Et peut-on savoir ?
00:42:11Une simple lettre chez mon notaire.
00:42:13Au cas où il m'arriverait, disons, un accident,
00:42:17il doit l'ouvrir.
00:42:19Inutile de préciser que son contenu vous intéresse tout spécialement.
00:42:23Me suis-je bien fait comprendre ?
00:42:25Parfaitement.
00:42:28Mais cela ne faisait pas partie de nos accords.
00:42:30Rassurez-vous, dès que la chose aura abouti,
00:42:35cette lettre sera aussitôt détruite par mes soins.
00:42:38Ça me semble régulier.
00:42:42Vous payez.
00:42:43C'est vous le patron.
00:42:44Ah, il y a longtemps que je n'avais pas entendu ça.
00:42:48Cigare, cigarette ?
00:42:50Cigare.
00:42:53Merci.
00:42:55Ils viennent de l'Aval.
00:42:58Je les reçois directement par la valise.
00:43:02Bien que ce ne soit pas des diplomates.
00:43:04Femmeux.
00:43:14J'écoute votre rapport.
00:43:17Le plan se déroule selon vos prévisions.
00:43:20Votre neveu est prêt à passer à l'action.
00:43:22Et très vite.
00:43:24Il n'a pas le moindre soupçon.
00:43:26Soupçon ?
00:43:27Au sujet de mon rôle.
00:43:28Il ignore tout.
00:43:30S'il se doutait que vous tirez les ficelles depuis le début,
00:43:32il ne serait pas allé si loin.
00:43:35Aline lui coûte cher.
00:43:38Très cher.
00:43:40J'aperçue cette petite.
00:43:43Elle n'est pas mal du tout.
00:43:45Un peu vulgaire peut-être,
00:43:46mais dans l'intimité,
00:43:47elle doit être fort agréable.
00:43:49Vous devez en savoir quelque chose.
00:43:51Je suis un gentleman.
00:43:52Je n'en parle.
00:43:55Tout à fait entre nous.
00:43:57C'est une affaire terrible.
00:43:58Il ne faudrait pas qu'elle ait des ennuis par la suite.
00:44:04Elle est comme votre neveu.
00:44:05Elle ne sait rien de nos accords.
00:44:07Quand elle comprendra la vérité,
00:44:09il ne lui restera qu'à disparaître et à se taire.
00:44:12Quand même, une fois que Michel sera...
00:44:15Elle peut réagir.
00:44:17Je le sens moque de Michel.
00:44:19Elle ne marche avec lui que pour l'argent.
00:44:21Il n'y a que ça qui l'intéresse.
00:44:23Comme moi d'ailleurs.
00:44:24Comme Michel.
00:44:26Comme vous.
00:44:27Mais jamais de la vie.
00:44:28Vous n'avez rien compris.
00:44:30Rien.
00:44:33Pour moi, ce n'est pas une sordide question d'argent.
00:44:36Seulement, je tiens à cette affaire
00:44:37que j'ai créée de mes propres mains.
00:44:39Avec votre frère.
00:44:42Parfaitement avec mon frère.
00:44:43Mon pauvre frère.
00:44:45Prématurément disparu.
00:44:47Et voilà qu'un minus qui n'a même pas 30 ans
00:44:49se trouve mon associé.
00:44:50Voilà que sous prétexte de marché commun,
00:44:52il veut tout dynamiter,
00:44:54tout révolutionner.
00:44:56Comme si je n'étais plus bon à rien.
00:44:58Si je le laisse faire,
00:45:01ce maniaque nous conduit à la faillite.
00:45:02Alors moi, je dis non, non et non.
00:45:05N'empêche que vous allez hériter de sa part.
00:45:07Disons que je vais enfin récupérer
00:45:09ce qui n'aurait jamais dû cesser de m'appartenir.
00:45:12Non, mais je ne vous ai pas convoqué
00:45:13pour que vous me fassiez une leçon de morale.
00:45:17Alors, revenons à nos moutons.
00:45:21Quand cet abruti a-t-il l'intention de me tuer ?
00:45:26Le premier soir où il sera certain
00:45:29de vous trouver seul ici.
00:45:33Alors, ça dépend de moi.
00:45:35Cette fois, je le tiens.
00:45:41C'est bien vous qui lui donnerait le pistolet.
00:45:43Il ne risque pas d'en utiliser un autre.
00:45:45Aucun danger.
00:45:47Il se servira de l'arme
00:45:48sur laquelle Aline a laissé ses empreintes.
00:45:50Je les ai essuyées naturellement
00:45:52pour ne pas compliquer les choses.
00:45:54Bien.
00:46:00Voilà le chargeur.
00:46:03Vous le mettrez dans votre pétard.
00:46:06Si bas la blanc, naturellement.
00:46:08C'est bien imité.
00:46:11On dirait des vrais.
00:46:14Ça fait du bruit ?
00:46:15Ah, beaucoup de bruit, mais aucun mal.
00:46:19Vous donnerez le pistolet truqué à Michel.
00:46:24Il tirera sur moi.
00:46:27Je riposterai.
00:46:29Et mes balles à moi, elles seront mortelles.
00:46:33Légitime défense.
00:46:38Légitime défense, c'est vite dit.
00:46:40Il vous faudra un témoin oculaire.
00:46:42Quelqu'un d'irréprochable.
00:46:43C'est prévu.
00:46:45J'aurai un témoin.
00:46:48Mais en présence d'un tir,
00:46:49Michel ne tirera pas.
00:46:51Il tirera parce qu'il ignorera
00:46:53qu'il y aura un témoin.
00:46:58Ah.
00:47:01Bien, M. Varzy,
00:47:03permettez-moi de vous dire
00:47:04qu'auprès de vous,
00:47:06Machiavel était un petit garçon.
00:47:07bien.
00:47:31Et merde, j'y vais.
00:47:32Oui, entrée, c'est ouvert.
00:47:41Ah, c'est toi.
00:47:43Tu veux me téléphoner, non?
00:47:46J'ai appelé cent fois, mais c'est toujours occupé dans cet hôtel.
00:47:51Avec l'argent que je te donne, tu aurais les moyens de t'offrir autre chose, non?
00:47:55Si tu veux m'offrir une suite au Georges V, moi, je veux bien.
00:48:00Ben, assieds-toi, puisque tu es là.
00:48:02Depuis combien de temps n'as-tu pas vu ton peintre?
00:48:25Trois jours.
00:48:26Quand le vois-tu?
00:48:28Aucune idée.
00:48:30Qu'est-ce que ça veut dire?
00:48:31Vous n'êtes pas fâchée, au moins?
00:48:36Mais non, pas du tout.
00:48:40Toi, tu me caches quelque chose.
00:48:41Écoute, attention, mon vernis, quoi!
00:48:45Aline, mon ange.
00:48:48Tu ne vas pas tomber amoureuse de ce barbouilleur, n'est-ce pas?
00:48:51Mais non!
00:48:52Alors, qu'est-ce qu'il y a?
00:48:55Quelqu'un d'autre?
00:48:55Non.
00:48:57Non, il n'y a personne.
00:48:59Je ne suis amoureuse de personne.
00:49:02Je n'ai jamais été amoureuse de quelqu'un.
00:49:05C'est ça, mon drame.
00:49:07Merci pour moi.
00:49:08Pourtant, il m'avait semblé, il y a deux ans.
00:49:10Si ça peut te faire plaisir.
00:49:13Écoute, Michel, laisse-moi tranquille.
00:49:15Tu vois bien que je suis fatiguée, non?
00:49:16Tu ne vas pas tomber malade?
00:49:34Ce n'est pas le moment.
00:49:39Tu n'as pas de fiat?
00:49:40Mais non, je te dis, c'est le moral.
00:49:43Ah, l'inconscience.
00:49:46L'œil était dans la tombe.
00:49:49C'est coup là, mon petit, tu me l'as déjà fait, ça ne prend plus.
00:49:51J'ai peur.
00:49:53J'ai peur de ce qu'on va faire.
00:49:55Mais puisqu'il n'y a aucun risque.
00:49:57Mais le risque, le risque, c'est secondaire.
00:49:59Tu comprends, moi, depuis trois jours, je pense à Gilles.
00:50:02Ce pauvre type qui m'adore comme un fou
00:50:04et qui se ronge les ongles en m'attendant comme le messie.
00:50:07Il t'attend.
00:50:09Va le voir.
00:50:12Plus vite tu iras, plus vite ce sera fini.
00:50:14Eh bien, alors, tout de suite.
00:50:17Parce que sinon, moi, je sens que je vais craquer.
00:50:18Oui, je comprends.
00:50:21C'est comme pour aller chez le dentiste.
00:50:24On a peur, on hésite, on retarde le plus possible.
00:50:27Et puis après,
00:50:29on se sent tellement soulagé.
00:50:34Tu penses à l'argent.
00:50:37À la vie des rêves que tu vas t'offrir.
00:50:38Le printemps aux Bermudes.
00:50:42Oh non, pas les Bermudes.
00:50:47Surtout pas les Bermudes.
00:51:02Allô ?
00:51:03Ici, Varzy.
00:51:07Ça va bien, ma petite Denise ?
00:51:09Toujours aussi sérieuse ?
00:51:11Tant pis.
00:51:13Vous pouvez me passer, mon cher neveu ?
00:51:16Merci.
00:51:19Allô, Michel.
00:51:22Je t'appelle pour te dire que j'ai beaucoup réfléchi depuis notre dernière entrevue.
00:51:27Je crois que j'ai trouvé une solution intelligente à notre problème.
00:51:36Il faut qu'on se voit.
00:51:39Viens à la maison vendredi soir.
00:51:42Je serai seul.
00:51:43C'est le jour de sortie de mon valet de chambre.
00:51:45On pourra parler plus tranquillement qu'au bureau.
00:51:49Très bien.
00:51:51Je t'attendrai.
00:51:53À vendredi.
00:51:54Mais oui, on va régler tout ça au mieux.
00:52:24Bien.
00:52:25Bien.
00:52:25C'est parti.
00:52:40Sous-titrage ST' 501.
00:52:45C'est parti.
00:52:48Allo Gilles, Michel, ça y est, elle vient de me téléphoner, c'est vendredi que ça va se passer, vendredi soir, bon alors je passerai chez toi demain matin pour prendre l'objet,
00:53:15comment quel objet tu sais bien, idiot, d'accord, à demain matin.
00:53:45Monsieur Varzy, c'est Gilles, il vient de me prévenir pour vendredi soir, il passe prendre l'objet demain matin, non non non il m'a bien paru décidé, maintenant monsieur Varzy c'est à vous de jouer, tous mes voeux vous accompagnent, comment ?
00:54:07Oui bien sûr, s'il y a un contre-temps, je vous avertis aussitôt, vous savez que vous pouvez compter sur moi, excusez-moi, une visite, j'en raccroche.
00:54:22Entrez.
00:54:22Toi, enfin, je t'ai mort d'inquiétude, j'allais téléphoner chez Varzy pour avoir de tes nouvelles, je suis content.
00:54:42Gilles, j'ai des choses graves à te dire, très graves.
00:54:47Tu m'en fais peur ? Il s'agit de nous ? Je ne pourrais plus te voir ?
00:54:54Non.
00:54:58C'est beaucoup plus compliqué que ça.
00:55:01Tu vas tomber de haut, mon pauvre chéri.
00:55:04Qu'est-ce que c'est que ce nouveau truc ?
00:55:06Pardon ?
00:55:08Oui, Lynn, tu m'inquiètes de plus en plus.
00:55:13Il vaudrait mieux que tu t'assoies.
00:55:15Viens.
00:55:17C'est si grave que ça.
00:55:22Tu ne plus ?
00:55:23Oh, si, justement.
00:55:25Je t'aime pour de bon.
00:55:27Crois-moi, Gilles.
00:55:30Je te crois.
00:55:32Tu as toujours été incapable de mentir.
00:55:37Tu ne facilites pas les choses.
00:55:40Mon pauvre chéri.
00:55:42Toi, si romantique, si naïf.
00:55:45Tu m'aimes si fort, hein ?
00:55:47Plus que tout au monde.
00:55:48Plus que tout ?
00:55:49Plus que ma propre vie, tu le sais bien.
00:55:51Alors, partons.
00:55:53Partons.
00:55:54Regarde.
00:55:56J'ai un peu d'argent.
00:55:58Et ton mari ?
00:56:00Je n'en ai pas.
00:56:03Je n'en ai jamais eu.
00:56:04Et tu me dis ça à moi.
00:56:12Oui.
00:56:13Je m'en suis inventée un pour crâner.
00:56:16Pour me rendre intéressante à tes yeux.
00:56:19Oh, pardonne-moi, Gilles.
00:56:20Je ne suis qu'une pauvre fille.
00:56:22Je veux loin de toi.
00:56:23Moi, je veux te garder.
00:56:24C'est...
00:56:24Et c'est bien tout ce que tu avais à me dire.
00:56:32Oui.
00:56:34Oh, pardon.
00:56:35Partons n'importe où, mais partons, je t'en supplie.
00:56:38Alors là, c'est le comble.
00:56:40Ça ne va plus du tout.
00:56:41Tu ne veux pas ?
00:56:42Aline, je veux bien que tu m'aimes, mais pas que tu fasses l'imbécile.
00:56:45Mais puisque je suis libre.
00:56:46Oh, les femmes.
00:56:47Tout marche comme sur des roulettes et brusquement craque, elle fout tout par terre.
00:56:51Moi, enfin, je ne comprends pas.
00:56:52Aline.
00:56:54Je suis au courant de toute l'histoire.
00:56:57Mais puisque je te jure que...
00:56:59Tu es en cheville avec Michel pour me faire descendre le père Varzy.
00:57:02Vrai ou faux ?
00:57:05Comment le sais-tu ?
00:57:09C'est Michel qui me l'a dit.
00:57:11Michel.
00:57:13Ça surprend, hein.
00:57:15Bon, première question.
00:57:16As-tu dit à Michel que tu allais laisser tomber la combine ?
00:57:20Non.
00:57:20Bon, tout n'est pas perdu.
00:57:22Mais toi, tu vas choisir ton camp, pour de bon.
00:57:25Tu marches avec Michel ou avec moi ?
00:57:27Avec toi, bien sûr.
00:57:29Dis-moi ce que je dois faire.
00:57:31Tu oublies tout ce qu'on vient de se dire
00:57:33et tu continues exactement selon le plan prévu.
00:57:37Oh, ma tête, ma tête.
00:57:39Je n'y comprends plus rien, moi.
00:57:42Tu vas comprendre.
00:57:43Michel t'a menti, lui aussi.
00:57:49Il comptait te faire accuser du meurtre de Varzy, tout bêtement.
00:57:54Moi ?
00:57:55Toutes les preuves à l'appui.
00:57:57D'abord, la lettre de menace que tu avais écrite à Michel
00:57:59quand il a rompu avec toi.
00:58:01On l'aurait retrouvé sur le cadavre de Varzy.
00:58:03Et on aurait retrouvé aussi des empreintes là-dessus.
00:58:16Alors ?
00:58:17Toi aussi, tu me jouais à la comédie.
00:58:20C'est mon métier.
00:58:24Enfin, c'était.
00:58:29Gilles Montesquieu, acteur de génie,
00:58:32premier prix de conservatoire
00:58:34depuis trop longtemps au chômage.
00:58:40Mais tes tableaux, ton atelier.
00:58:44Les tableaux et l'atelier,
00:58:46c'est un copain qui me les a prêtés.
00:58:50Il est parti en voyage.
00:58:54Au Bermude.
00:58:56Au Bermude ?
00:58:57Au Bermude.
00:58:59En ma tête.
00:59:01Je crois que je te dis une complètement folle.
00:59:03Tu ne pensais tout de même pas voir le monopole du mensonge.
00:59:05Mais alors, qu'est-ce qu'on va faire ?
00:59:06On va ramasser encore un peu d'argent
00:59:07et on prendra la fuite après l'explication finale.
00:59:10Écoute bien ce qui va se passer.
00:59:12Vendredi soir, après le dîner,
00:59:15Michel se présentera chez son oncle pour le descendre.
00:59:18Mais il y aura des balles à blanc dans le chargeur
00:59:19et ça, il ne le sait pas.
00:59:21Tu n'es pas à blanc.
00:59:22Laisse-moi finir.
00:59:24Varzy sera seul chez lui.
00:59:27Du moins, en apparence.
00:59:30Parce qu'il aura organisé une petite mise en scène.
00:59:34Lui aussi.
00:59:35Oui.
00:59:35Nuit de Chine, nuit caline, nuit d'amour, nuit d'ivresse.
01:00:01Monsieur Varzy.
01:00:18Ah oui.
01:00:18Étienne Varzy.
01:00:19Lui-même.
01:00:20Police.
01:00:21Soyez le bienvenu.
01:00:22Asseyez-vous.
01:00:33Si.
01:00:34Vous buvez quelque chose ?
01:00:36Non.
01:00:37Jamais dans le travail.
01:00:38Un bon point pour vous.
01:00:40Le commissaire vous a mis au courant.
01:00:43Il m'a simplement dit de me tenir à votre disposition, monsieur Varzy.
01:00:46Un bon point pour lui.
01:00:47D'ailleurs, nous avons toujours entretenu d'excellentes relations.
01:00:54Un homme de goutte ou son mobilier sort de chez moi.
01:00:59Naturellement, je peux compter sur votre entière discrétion.
01:01:02Non, mais dans notre profession, la discrétion la plus totale est rigueur.
01:01:06Ça se comprend facilement.
01:01:07Si vous saviez toutes les affaires merdeuses dans lesquelles nous tripatouillons...
01:01:10Je vous en prie, enregistrez.
01:01:14Je vous résume la situation.
01:01:18Mon neveu et moi dirigeons une affaire de famille.
01:01:22Une très grosse affaire dans laquelle nous sommes à parts égales.
01:01:25Si l'un d'eux nous disparaît, l'autre reste le seul propriétaire.
01:01:28Et vous soupçonnez votre neveu de vouloir...
01:01:30Me supprimer.
01:01:31Deux fois déjà, il a essayé de m'empoisonner.
01:01:34C'est grave comme accusation.
01:01:36Vous avez des preuves ?
01:01:37Mais... naturellement.
01:01:39La première fois, à la suite d'une de ces visites,
01:01:45nous avions pris un verre ensemble.
01:01:46Ici même, j'ai éprouvé des malaises qui m'ont semblé suspect.
01:01:52La deuxième fois, je me suis arrangé pour faire tomber mon verre.
01:01:55Mais j'ai recueilli assez de liquide pour faire faire une analyse.
01:02:00Mitchell Tox 80.
01:02:02Ce n'est pas une preuve, ça ?
01:02:04Oui, en effet, c'est troublant.
01:02:05Non, mais êtes-vous sûr que c'est votre neveu qui a versé le Mitchell Tox 80 dans votre verre ?
01:02:09Vous n'avez pas une femme ?
01:02:11Des enfants ?
01:02:12Des amis très chers ?
01:02:13Non, je vis seul avec un domestique.
01:02:17Non, mais je le paie très bien, il ne figure pas sur mon testament.
01:02:19C'est mon neveu à la fin, je sais ce que je dis.
01:02:21Mais après, il faudrait une preuve matérielle.
01:02:23Le preuve matérielle.
01:02:24Mais voilà pourquoi vous êtes ici.
01:02:26Mon neveu va venir tout à l'heure, il me croit seul.
01:02:29Vous serez caché dans cette pièce.
01:02:34Venez voir.
01:02:36J'ai fait installer un Judas optique.
01:02:39Vous permettez que...
01:02:41Ah oui, en effet, on découvre toute la pièce.
01:02:48C'est bien trouvé ces trucs-là, j'ai envie d'en faire installer un chez moi.
01:02:50Vous savez, on n'est jamais trop prudent, surtout dans notre profession.
01:02:53Donc, vous vous dissimulez ici.
01:02:57Je reçois mon neveu, je lui offre un whisky,
01:03:00puis je sors pour aller chercher des glaçons.
01:03:03Il reste seul, vous voyez la suite.
01:03:06S'il verse quelque chose dans votre verre, je le prends en flagrant délit.
01:03:09Voilà.
01:03:09Méfiez-vous, c'est un violent.
01:03:10Non, soyez sans inquiétude, supparez.
01:03:12Parfait, je compte sur vous.
01:03:14Si tout se passe bien, vous n'aurez pas affaire à un ingrat.
01:03:18Attention, c'est lui derrière la porte, vite.
01:03:35Ah, Michel.
01:03:37Bonjour mon oncle.
01:03:38Content de te voir.
01:03:40Là, installe-toi.
01:03:56On va parler tranquillement, comme de bons amis.
01:04:00Tu es seul ?
01:04:02Absolument seul.
01:04:04J'ai toujours préféré laver le linge sale dans l'intimité.
01:04:10Mais, assieds-toi donc, je vais chercher des glaçons.
01:04:13Non, non, inutile.
01:04:15Je ne fais qu'entrer et sortir.
01:04:16Qu'est-ce qu'est-ce qu'il se passe ?
01:04:27Qu'est-ce qu'il se passe ?
01:04:28Vous n'êtes pas blessé, M. Varzy ?
01:04:31Mais non, son révolte verre a été chargé.
01:04:41Bon Dieu, bon Dieu, bon Dieu.
01:04:44Bon Dieu, bon Dieu.
01:04:48Bon Dieu, bon Dieu, bon Dieu.
01:04:50Bon Dieu.
01:04:52Allô ?
01:05:08Patron ?
01:05:09Votre patron, oui.
01:05:10Ici, Roubignac.
01:05:12Oui, oui, je suis...
01:05:13Je suis chez Varzy, oui.
01:05:15Hein, si tout va bien ?
01:05:17Ça dépend comment on prend les choses.
01:05:20Le neveu a flingué l'oncle et l'oncle a riposté.
01:05:25Enfin bref, ils sont morts tous les deux.
01:05:45Monsieur.
01:05:47Regarde.
01:05:48Deux billets pour les Bermudes.
01:05:50À croire que les mensonges finissent par devenir vrais.
01:05:54Tu as fini les additions ?
01:05:55Ouais.
01:05:55À combien se montent les bénéfices de l'opération ?
01:05:57Tiens.
01:05:58130 000.
01:05:59Ben oui, 13 millions, quoi.
01:06:02Nous sommes riches.
01:06:04Jeunes, beaux et riches.
01:06:06Et un petit peu amoureux, non ?
01:06:08Mais surtout riches.
01:06:11La vie est magnifique.
01:06:13Merveilleuse.
01:06:14Tu es assez ignable.
01:06:15Et toi, c'est monstrueux.
01:06:17Tu as vu le journal ?
01:06:19On en parle déjà ?
01:06:20Tiens, regarde.
01:06:23Sous les yeux d'un garde du corps impuissant, l'oncle et le neveu s'entretuent.
01:06:27Le neveu tire sur l'oncle qui riposte.
01:06:29Les deux hommes sont morts sur le coup ?
01:06:33Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:06:34Ça veut dire que personne ne parlera, mon chéri.
01:06:37Mais les balles qui étaient dans mon pistolet étaient inoffensives.
01:06:40À moins que quelqu'un ne les ait remplacées par des vrais.
01:06:43Que veux-tu que...
01:06:44Oh non.
01:06:48Quoi, c'est pas vrai ?
01:06:49Tu n'aurais pas fait ça.
01:06:53Mais réponse, c'est toi.
01:06:54Eh ben oui, c'est moi.
01:06:55Fallait pas.
01:06:56Tu devrais me féliciter.
01:06:58Mais pourquoi ?
01:07:00Mais pourquoi ?
01:07:01Mais pour notre sécurité, mon chéri.
01:07:03Les morts ne parlent pas.
01:07:04J'ai déjà rencontré des femmes stupides, mais là, c'est l'apothéose.
01:07:09Tu peux leur dire adieu au Bermude.
01:07:11T'as l'une de miel, tu la passes en tourne parce qu'on est foutu.
01:07:14À cause de ton incommensurable bêtise.
01:07:17Varzy avait déposé une lettre chez son notaire, en cas de malheur.
01:07:21Racontant toute l'histoire.
01:07:23Tu comprends maintenant ?
01:07:23Mais si seulement tu m'avais dit je sais pas, moi.
01:07:25Est-ce que je pouvais m'imaginer que j'avais affaire à une demeurée ?
01:07:29Il nous reste une petite chance.
01:07:31Ramasse l'argent.
01:07:31Ouais.
01:07:33Allez, dépêche-toi.
01:07:34Ah bah oui, oui, oui, oui.
01:07:39Allez.
01:07:39Allez, dépêche-toi.
01:07:43Allez, dépêche-toi.
01:07:45S'il te plaît.
01:07:50Let's go.
01:07:51Allez, dépêche-toi.
01:07:51C'est parti.
01:08:21C'est parti.
01:08:51C'est parti.
01:09:21C'est parti.
01:09:51C'est parti.
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