- il y a 2 mois
DB - 23-10-2025
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00:00:00Dimanche 26 mai 1746, pour les élèves qui viennent de toutes les régions de France et de tous les pays d'Europe afin de recevoir l'instruction que dispensent les bons pères jésuites du collège de la Flèche, le dimanche n'est qu'une journée d'internat parmi les autres.
00:00:18L'oreille, collée aux solides portes du collège, ne peut percevoir les bruits de la ville, quelques désirs que l'on ait d'oublier un instant les règles de la vénérable institution, qualifiée de célèbre par Descartes, son ancien élève.
00:00:33N'était-ce pas Joseph, petit gars de la Garenne ?
00:00:48Il ne me semble pas, monsieur le principal.
00:00:51Pas ma sœur, la discipline se relâche ces temps-ci.
00:00:55Je sais bien que les vacances approchent, mais les élèves doivent sentir votre férule jusqu'au bout.
00:01:00Le soleil, monsieur le principal.
00:01:05Le soleil.
00:01:08De soleil, mon bon bavasseur, je ne veux connaître que celui de l'ostansoir.
00:01:13Celui qui illumine l'hostie consacrée.
00:01:17Bon.
00:01:19Voyons, c'est la sortie des vêtres.
00:01:20C'était Pura dans l'ordre.
00:01:30C'est la sortie des vêtres.
00:02:00Je vous rappelle que vous êtes correcteur des internes de rhétorique et qu'à ce titre, vous l'avez donné l'exemple.
00:02:05Vous savez qu'il est interdit de parler dans les rangs jusqu'à la dispersion.
00:02:09Excusez-moi, mon père.
00:02:10Faites-moi donc le nom de ce jeune insolent.
00:02:22Jean-François Dugouray, monsieur le principal.
00:02:24C'est un sujet très difficile.
00:02:25Je vais t'entraper.
00:02:52Tu vas voir.
00:02:53Ah, ça, je vais t'avoir.
00:02:55C'est un...
00:02:56Ah, Kalagan.
00:02:57Vous n'avez vu personne ?
00:02:59Mais oui, pensez le petit drôle.
00:03:04Oh, la la !
00:03:09Tu peux rester ici.
00:03:12J'ai mes affaires.
00:03:14Quoi donc ?
00:03:15Le mur.
00:03:28Il y a avec moi.
00:03:30Où ça ?
00:03:31Sur les bords du Loir, il fait bon.
00:03:33Qu'avez-vous fait de Dugouray ?
00:03:50Oh, il n'est sûrement pas très loin, mon père.
00:03:52Ah.
00:03:57En prière, peut-être ?
00:03:58Peut-être ?
00:03:59Peut-être ?
00:04:00Peut-être ?
00:04:01Peut-être ?
00:04:05Peut-être ?
00:04:06Peut-être ?
00:04:07Peut-être ?
00:04:08Peut-être ?
00:04:09Peut-être ?
00:04:10Peut-être ?
00:04:11Peut-être ?
00:04:12Peut-être ?
00:04:13Peut-être ?
00:04:14Peut-être ?
00:04:15Peut-être ?
00:04:16Peut-être ?
00:04:17Peut-être ?
00:04:18Peut-être ?
00:04:19Peut-être ?
00:04:20Peut-être ?
00:04:21Peut-être ?
00:04:22Peut-être ?
00:04:23Peut-être ?
00:04:24Peut-être ?
00:04:25Peut-être ?
00:04:26Peut-être ?
00:04:27Peut-être ?
00:04:28Peut-être ?
00:04:29Peut-être ?
00:04:30Peut-être ?
00:04:31Peut-être ?
00:04:32J'ai dit que j'aurai...
00:05:02Tu viens, gentil pêcheur ?
00:05:24Je ne sais pas pêcher.
00:05:27Pour sûr, avec les mains que tu as, tu t'écorcheras à l'hameçon.
00:05:30Mais si tu ne sais pas pêcher, je suis sûre qu'il s'est très bien caressé.
00:05:34Allons, essaye.
00:05:41Vos amis sont sûrement plus habiles que moi.
00:05:43Alors c'est donc vrai ? Je ne voulais pas le croire.
00:05:46C'est donc vrai que les petits curés n'aiment pas les filles.
00:05:53Laisse, Maria.
00:05:55Il aime les filles, crois-moi.
00:05:56Il ne les aime que trop, d'animals.
00:05:58Il te trousserait volontiers si tu étais servante chez son père.
00:06:02Ou si tu donnais deux écus chez la mère Denis.
00:06:04Et là, devant tout le monde, un jeune homme de la bonne société, ça ne se fait pas.
00:06:12N'est-ce pas ?
00:06:14Laisse tomber, Maria.
00:06:16Laisse le joli petit curé.
00:06:19Et toi, si tu ne veux pas que je mouche ton nez,
00:06:22tu vas saluer poliment la dame.
00:06:24Elle prend congé.
00:06:24Alors ?
00:06:29J'attends.
00:06:34Il n'a pas les filles du curé.
00:06:38Oh, monsieur.
00:06:39Oh, la leçon d'estrie.
00:06:41Oh, la la vie.
00:07:11Arrêtez ! Laissez-le !
00:07:21Arrêtez ! Fais une danse !
00:07:24Je vais les voir !
00:07:30Viens ! Viens !
00:07:33Viens ! Parle-toi !
00:07:35Arrêtez-vous ! Allez !
00:07:41Méchon ! Courrez les filles !
00:08:00Vous êtes attiré ?
00:08:02Non, il est trop jeune !
00:08:04C'est un élève du collège !
00:08:09C'est bourre-là !
00:08:10Et celui-là, il est bien avec nous !
00:08:22On va le porter à la garde !
00:08:24Pour prévenir le guet !
00:08:25Le guet m'était fou !
00:08:26Et peut-être nous accuser, nous !
00:08:29Portons-le !
00:08:30Au curé, il s'en râle !
00:08:34Plus un possibility !
00:08:35Il s'en râle !
00:08:40Il s'en rèle !
00:08:50Il s'en règle !
00:08:52Les lâches ! Les lâches ! Je ne veux autour de moi que lâcheté et compromission.
00:09:13Allons, merde à ma soeur.
00:09:15Ne m'obligez pas à dire que vous avez commis la faute la plus grave contre l'ordre.
00:09:18Deux élèves disparaissent et vous n'êtes au courant de rien ?
00:09:23Vous vous êtes laissés surprendre ?
00:09:24Rien n'est plus grave, rien, vous m'entendez ?
00:09:27Il y a dans ce collège un climat d'abandon, de complicité générale.
00:09:31Croyez-vous que nous soyons là quand on s'ordonne ?
00:09:33Pour former des théologiens, allez-vous enfin comprendre qu'il faut mater cette graine de violence ?
00:09:39Vous vous emportez, mon père.
00:09:42À trop cirer la discipline, on peut provoquer la révolte.
00:09:45Et vous la tolérez !
00:09:47Depuis trois mois, les désordres se multiplient.
00:09:49Ils osent se révolter.
00:09:51Et par la fin, nous les brisons.
00:09:54La révolte est le pire des péchés, la vaseur.
00:09:57Mais il y a pire encore.
00:09:59C'est de tolérer la révolte.
00:10:01L'expliquer, c'est d'admettre.
00:10:03Croyez-vous qu'il vous s'aggraie de votre indulgence ?
00:10:07Non.
00:10:08Il rit dans votre dos.
00:10:10Qu'il vous s'aggraie.
00:10:11Il vous appelle vaga.
00:10:13Il se croit fort parce qu'il porte une épée.
00:10:15Il faut les briser, vous dis-je.
00:10:17Rappelez-vous, le jour où la dentre m'a menacé.
00:10:20Des prothésités.
00:10:21Des parfaits appels à leur sentiment de l'honneur.
00:10:23Pourtant, ils étaient quatre contre moi.
00:10:25J'ai saisi une planche de la sphère.
00:10:28Et je les ai rouées.
00:10:29Croyez-moi.
00:10:31Ils entendent parfaitement ce langage.
00:10:34Mon père, je suis bien incapable de frapper quiconque.
00:10:36Eh bien, du moins, faites votre devoir.
00:10:38Interrogez-les.
00:10:39Questionnez-les sans l'âge.
00:10:40Il me faut un rapport, vaga soeur.
00:10:43Un rapport complet.
00:10:45Vous entendez ?
00:10:46Et des autres chômons ?
00:10:48Allez les calmer d'urgence.
00:10:50Et donnez-moi le nom des coupables.
00:10:52Je suis réel à fond de démoire.
00:10:55Allez, allez.
00:10:56Allez, allez.
00:10:57Allez, allez.
00:10:58Allez, allez.
00:10:59Allez, allez.
00:11:00Allez, allez.
00:11:01Allez, allez.
00:11:02Allez, allez.
00:11:03Allez, allez.
00:11:04Allez, allez.
00:11:05Allez, allez.
00:11:06Allez, allez.
00:11:07Allez, allez.
00:11:08Allez, allez.
00:11:09Attention, attention.
00:11:35Le passé.
00:11:36Le passé.
00:11:38Le passé.
00:11:39Le passé.
00:11:40Le passé.
00:11:41Le passé.
00:11:42Le passé.
00:11:43Le passé.
00:11:44Le passé.
00:11:45Le passé.
00:11:46Le passé.
00:11:47Le passé.
00:11:48Le passé.
00:11:49Le passé.
00:11:50Le passé.
00:11:51Le passé.
00:11:52Le passé.
00:11:53Le passé.
00:11:54Le passé.
00:11:55Le passé.
00:11:56Le passé.
00:11:57Le passé.
00:11:58Le passé.
00:11:59Le passé.
00:12:00Le passé.
00:12:01Le passé.
00:12:02Le passé.
00:12:03Le passé.
00:12:04Le passé.
00:12:05C'est parti.
00:12:35C'est quoi ?
00:13:05Révez-vous le nom des coupables ?
00:13:08Ma foi, non.
00:13:10Comme vous pouvez le constater vous-même,
00:13:12tout est en ordre.
00:13:17Vous moquez, vous, mon père.
00:13:23Vous allez voir.
00:13:26Calagan.
00:13:35Mon père ?
00:13:41Approchez, Calagan.
00:13:47Toujours sans nouvelles de Jean-François Dugouray
00:13:49et de Joseph, petit gars de la Garenne.
00:13:54Disparé depuis cet après-midi, mon père.
00:13:57Disparu.
00:13:58Comme si deux élèves de ce collège pouvaient disparaître.
00:14:04Nous les retrouverons.
00:14:06N'ayez crainte.
00:14:09Et personne n'en verra leur sort.
00:14:13A genoux, tous.
00:14:14Quelle est la Garenne ?
00:14:33Donnez-moi la note.
00:14:39Bien entendu, pas le moindre rapport.
00:14:51Le bruit inférieur, monsieur le principal,
00:14:53est une vue de l'esprit.
00:14:54Il a rêvé, n'est-ce pas ?
00:14:56Cette fois qu'à la Garenne, vous passez la mesure.
00:15:01Croyez-vous que vous êtes simplement payé
00:15:02pour balayer la classe ?
00:15:04Vous êtes pauvre, garçon, donc correcteur.
00:15:09Et vous avez le devoir de dénoncer vos camarades
00:15:10lorsqu'ils se laissent aller
00:15:12à violer les règles de cette maison.
00:15:15Je n'ai jamais fait donner le fouet
00:15:17en classe de rhétorique, mais
00:15:18je m'y résous.
00:15:22Et c'est vous, Calagan,
00:15:23qui paierez pour eux.
00:15:25Dès demain !
00:15:34Bonsoir, messieurs.
00:15:58Je sais, c'est qu'il est devenu japonsoir.
00:16:00Nous sommes allés sur les bords du Loire.
00:16:05Il a voulu le noyer.
00:16:07Les pêchants ont s'emmené inanimés.
00:16:09Où ça ?
00:16:10Qui ne sait pas ?
00:16:11J'ai cherché à suivre,
00:16:12mais je n'ai pas pu aller jusqu'au bout.
00:16:15Viens.
00:16:24Écartez-vous !
00:16:25Petit gars !
00:16:26N'entrez pas dans cette affaire !
00:16:31Jean-François et mon ami,
00:16:32cela ne regarde que moi !
00:16:33Cela le regarde à tous !
00:16:36Mais qu'importe,
00:16:37correcteur.
00:16:56Est-ce que tu t'envoies comme ça ?
00:17:06Si Jean-François est toujours en vie,
00:17:08la valeur sera me dire où le trouver.
00:17:11Je vais à l'auberge.
00:17:12Je te voyais aussi seul.
00:17:31Je ne veux pas que vous soyez impliqués dans cette affaire.
00:17:34Il est trop grave.
00:17:36Je veux être le seul
00:17:37à pouvoir être accusé
00:17:39d'avoir aidé Jean-François.
00:17:41S'il est au mal des autorités,
00:17:44j'essaierai de le faire s'échapper.
00:17:47S'il est chez les Lavalois,
00:17:50je l'aiderai à rentrer d'Ortois.
00:17:52Vous devez me faire confiance.
00:17:54Il n'en est pas question.
00:17:55Que tu ramènes ou non,
00:17:56Jean-François,
00:17:56les sanctions vont pleuvoir.
00:17:58Et nous en avons assez de subir.
00:18:00Il faut que Sibier paye.
00:18:02Nous ne sommes pas des certes.
00:18:03Si tu vas chez les Lavalois,
00:18:04explique-le la situation, Issyth.
00:18:06Dis-le bien que Sibier
00:18:06t'a menacé du fouet.
00:18:08Cela me regarde.
00:18:09Cela regarde tout le monde, Issyth.
00:18:11Oui, mon père est un des plus puissants
00:18:12seigneurs du Québec
00:18:13qui n'oserait même pas
00:18:14traiter les Iraquois
00:18:14comme veut traiter le Régent Sibier.
00:18:16On ne veut pas que tu sois fouetté.
00:18:18Il a raison,
00:18:19nous sommes tous concernés,
00:18:20que tu le veuilles ou non.
00:18:22Au besoin,
00:18:22nous t'empêcherons
00:18:23de recevoir le fouet.
00:18:25Il faut que le préfet sache bien
00:18:26qu'on ne peut nous traiter
00:18:27de la sorte.
00:18:29Mon père aurait honte de moi
00:18:30s'il se doutait
00:18:30que je suis soumis au fouet.
00:18:33Je n'ai plus de père.
00:18:34même si je ne suis pas
00:18:39le seul à pouvoir
00:18:40sortir du collège
00:18:40sans que personne ne sache
00:18:41comment je me suis pris.
00:18:44Je ramènerai Jean-François
00:18:45et je ferai tout
00:18:47pour éviter au préfet
00:18:47tout prétexte à répression.
00:18:51Quant au fouet,
00:18:53ne vous en souciez pas.
00:18:56J'en ai vu d'autres.
00:18:57J'en ai vu d'autres.
00:19:27J'en ai vu d'autres.
00:19:34J'en ai vu d'autres.
00:19:34J'en ai vu d'autres.
00:19:37Arrêtez !
00:19:38Allez-vous attaquer Kalagan ?
00:19:42Il vient d'être condamné
00:19:43au fouet par le régent Sibier.
00:19:44Allons, Kalagan.
00:19:46Nous savons bien
00:19:47que tu seras toujours
00:19:47du côté de Sibier
00:19:48et même s'il te faisait battre.
00:19:50Nous irons tous demain, Kalagan.
00:19:51En tout cas, moi,
00:19:51je ne veux pas rater le spectacle.
00:19:52Nous n'avons plus.
00:19:57Nous y voilà.
00:20:14Adivisant français.
00:20:16Pourquoi l'aurais-je vu ?
00:20:18Parce qu'il s'est enfuie du collège.
00:20:23Nous y voilà.
00:20:25Avec toi, Calagan, pas de surprise.
00:20:28Correcteur tu es, correcteur tu restes.
00:20:32Correcteur, balayeur.
00:20:35Allons.
00:20:36Rien ne doit t'échapper pour ton rapport à Sibier.
00:20:38Regarde.
00:20:39Nous avons mangé et bu comme quatre.
00:20:45Je te présente, Fiamette.
00:20:47Elle n'est pas de Laval, c'est une Espagnole, mais nous l'avons adoptée.
00:20:50Jolie, non ?
00:20:52Allons, ne fais pas la toute bouche.
00:21:02T'appelles Madeleine.
00:21:04C'est ma favorite.
00:21:05Mais s'il te plaît, prends-la.
00:21:07Allons, te laisse faire un effort que diable.
00:21:09Le monsieur est correcteur.
00:21:11Au collège, il peut te faire donner le fouet.
00:21:15Le petit Joseph te dirait aussi.
00:21:17que Jean-François a été retiré du Loire, où il se noyait, par deux pêcheurs.
00:21:21C'est vrai ?
00:21:22Oui.
00:21:23Nous avons perdu sa trace depuis.
00:21:25J'ai pensé qu'il avait pu trouver refuge chez vous.
00:21:30Jean-François noyé.
00:21:33Oh là, les Lavalois, si quelqu'un a vu Jean-François ce soir, qu'ils le disent.
00:21:36Je l'ai vu, moi.
00:21:39Les pêcheurs l'ont repêché.
00:21:40Il y avait eu une bagarre avec ceux de la flèche.
00:21:49Les externes ?
00:21:50Ils n'ont pas des garçons du collège.
00:21:57Des ouvriers.
00:21:58Des maçons, je crois.
00:21:59Ils l'ont laissé pour mort sur le bord de la berge et ils se sont enfuis.
00:22:04Toi, tu étais des leurs.
00:22:05Je te jure, je n'ai rien fait.
00:22:08Tu nous aurais dit malheureuse, continue.
00:22:10J'ai entendu parler les pêcheurs.
00:22:12Ils disaient qu'il fallait le conduire chez le curé de Saint-Thomas.
00:22:14Tu mériterais que je te coupe la langue pour n'avoir pas parlé plus tôt.
00:22:30Si l'échelle curée ne rentrera pas si tôt.
00:22:33Trop content d'avoir un otage du collège.
00:22:36Trop content de dire partout que les pères ne dominent pas leurs ouailles.
00:22:39Il faut le tirer de là, Sacrebleu.
00:22:40Laissez-moi faire.
00:22:41Jean-François du Gouret est un Lavalois.
00:22:45Un Lavalois, de non.
00:22:46De non, tout d'ailleurs, il est de notre nation.
00:22:49C'est votre faction.
00:22:50C'est à nous de le sortir du mauvais pas.
00:22:53C'est à moi.
00:22:56D'accord.
00:23:06Alors, écoutez-moi.
00:23:07Ceux du collège, les internes, sont comme fous.
00:23:13Vous, vous rêvez de prendre d'assaut l'église du pauvre père Hamelin.
00:23:17Moi, j'en décide autrement.
00:23:20Je n'ai pas comme vous les moyens de me faire renvoyer du collège.
00:23:23J'ai déjà été renvoyé de Quimper, je connais.
00:23:26Je ne suis pas un petit monsieur.
00:23:27Je ne peux compter que sur moi-même.
00:23:34Seulement Jean-François peut compter sur moi.
00:23:36Et je vais le sauver seul.
00:23:39Gardez vos rapières et vos rigaudes.
00:23:45J'irai seul.
00:23:47Vous entendez ?
00:23:49Seul !
00:23:50Si quelqu'un n'est pas du même avis,
00:23:55qu'il le dise.
00:24:05Il sera bien assez tôt.
00:24:09Correcteur.
00:24:09Sous-titrage Société Radio-Canada
00:24:36Mon père, il faut que je vous parle.
00:24:55D'où vient encore celui-là ?
00:24:58Du Loire ?
00:24:59Non, du collège.
00:25:01Faut-il aussi que je te fasse mis en prison ?
00:25:04Justement, je...
00:25:05Encore une créature du collège.
00:25:09Tu as raison, mon garçon.
00:25:11On est mieux traités dans les geôles du cœur de la flèche que dans ton maudit collège.
00:25:16Les jésuites qu'est l'angeance.
00:25:18Allez, retourne, viens, si je te la paie.
00:25:21Je ne veux pas repartir, c'est mon ami.
00:25:23As-tu perdu la tête ?
00:25:25Mais je me suis en vue pour le sauver.
00:25:26Le sauver ?
00:25:28Mais il me semble que d'autres s'en sont chargés avant toi,
00:25:31quand il avait le corps plein de l'eau du Loire.
00:25:33Il est sain et sauf, par ma foi.
00:25:36On a voulu le tuer, c'est sûr.
00:25:38Il faut trouver les coupables.
00:25:40Je veux manquer d'un jugement.
00:25:43Je vois la tête des gens du monde.
00:25:45Ses parents, les tiens, peut-être,
00:25:48quand ils sauront que leurs enfants qu'ils placent dans ce collège
00:25:50n'y sont pas en sécurité,
00:25:52qu'avec leur discipline imbécile,
00:25:54qu'ils ne mettent qu'une seule idée dans la tête des élèves,
00:25:58l'idée de s'enfuir au plus vite, à n'importe quel prix,
00:26:00même au prix de la vie.
00:26:03T'en fais pas, il n'est pas mort, il s'en sortira.
00:26:06Il est jeune et robuste.
00:26:09Mais quel scandale !
00:26:11Quel scandale !
00:26:13Et tu veux m'en primer ?
00:26:15Monsieur le curé.
00:26:16Assez.
00:26:17Je le tiens, je le garde.
00:26:19C'est pas tous les jours fait.
00:26:21D'ailleurs, il est bien traité, ton ami bien soigné,
00:26:25comme un coq en pâte.
00:26:26Tu penses à un dugourin ?
00:26:29Il se met en quatre, le fil de la flèche.
00:26:32Il met les petits, l'un des grands.
00:26:34Il a envoyé un courrier à Paris pour que sa mère soit prévenue.
00:26:38Pas franchi non plus, le seigneur de la Varenne,
00:26:41de jouer un tour au bon père.
00:26:43On va aller leur faire manger, cette fois-ci, les grenouilles.
00:26:49Mais quelles grenouilles ?
00:26:50Il connaît pas la guerre des grenouilles.
00:26:52Au bas, la vie, au bas !
00:26:58Va que je tiens à l'eau !
00:26:59Pas dans le Loire, l'imbécile, hein !
00:27:02Dans les fossés du collège !
00:27:04Tu pourrais y pêcher les grenouilles !
00:27:05Parce que la grenouille que l'on vient de repêcher dans le Loire,
00:27:11crois-moi, petit,
00:27:13les bons pères devront y mettre le prix pour la reprendre.
00:27:15Il y en a un moment, mon jeune ami.
00:27:25Sur les fossés du collège d'aujourd'hui,
00:27:29étaient ceux du château,
00:27:31du château neuf de notre Mont-Henri.
00:27:35Parce qu'il faut que vous le sachiez, jeune homme.
00:27:37C'était lui, le seigneur de la flèche.
00:27:40Et quand il a pris la couronne,
00:27:42il a donné ses biens à mon père,
00:27:43et son château, jésuite.
00:27:46Hélas !
00:27:49Il me semble, mon seigneur,
00:27:51que c'est votre père,
00:27:53Guillaume Fouquet de la Varenne,
00:27:55qui suggéra au roi de faire venir les jésuites à la flèche.
00:27:58C'est ma foi, bref !
00:28:00Sully disait même,
00:28:02Fouquet se prétendait le protecteur des jésuites,
00:28:05afin qu'un jour, ils puissent être les siens.
00:28:08Comptez-vous là, mon père !
00:28:10Vous savez bien que les jésuites sont les ennemis de toujours.
00:28:13Mais revenons à nos fossés.
00:28:18On y pêchait à l'aise,
00:28:20au temps du bon roi.
00:28:22Les fossés étaient à tout le monde,
00:28:24aux jambes de la flèche,
00:28:25et naturellement à nos gens.
00:28:27Parce que le roi, dans sa grande générosité,
00:28:30avait confié ses biens personnels à mon père.
00:28:32surviennent vos petits hommes en noir.
00:28:38Plus de pêche,
00:28:39plus de douve,
00:28:40plus de truite,
00:28:41alors pas plus de truite,
00:28:42que c'est hyper !
00:28:43Les petits frères laids,
00:28:45venez prendre tristement le poisson,
00:28:48sur ordre du principal,
00:28:49pour la table du maître.
00:28:51Vous écartez tous ceux qui n'appartenaient pas au collège.
00:28:54Mais convenez, monseigneur,
00:28:56que vos gens ont réagi de vive manière.
00:29:00Faut-il laisser les pères
00:29:01imposer leurs usages pervers
00:29:04aux gens de la flèche ?
00:29:06Faut-il leur laisser interdire
00:29:07une coutume qui remontait
00:29:08au temps les plus reculés de la seigneurie ?
00:29:11N'est-ce pas assez
00:29:12qu'ils contraignent notre belle jeunesse
00:29:13à l'obéissance forcée ?
00:29:15Faut-il encore leur laisser
00:29:16imposer leurs lois sinistres ?
00:29:18Allons, Jean !
00:29:18Monseigneur, il y a la manière.
00:29:21Vos gens sont tombés à bras raccourcis
00:29:22sur les pauvres frères laids
00:29:24qui pêchaient pour les pères.
00:29:25Ils ont saisi leurs prises
00:29:27et vous les avez traités
00:29:28de vendeurs de papiers et d'écritoires,
00:29:31d'espagnols, de pédants
00:29:33et de tueurs de rois.
00:29:35Ah, il y aurait beaucoup à dire, l'abbé.
00:29:38Beaucoup à dire la vérité
00:29:39sur la mort du feu, roi.
00:29:41Jurez-moi !
00:29:42Jurez-moi que les jésuites
00:29:44n'étaient pas du complot.
00:29:46Pauvres jésuites !
00:29:51Vous les plaignez ?
00:29:56Je trouve assez comique
00:29:57que cette guerre pourra fausser.
00:30:02Naturellement, les élèves,
00:30:04vos aînés, jeune homme,
00:30:06prenaient parti pour mes gens.
00:30:08Oui, n'attendez qu'une occasion
00:30:09d'humilier les bons pères.
00:30:11Ils étaient près de 200 dans les douves,
00:30:15la plupart armés par mes soins
00:30:16de bâtons, de piques, de pertuisanes,
00:30:19de la canaille décidées en découdre.
00:30:23Une vraie guerre !
00:30:24Oui, madame !
00:30:26Elle est en place, Ignace.
00:30:33Mais enfin, monseigneur,
00:30:34pourquoi avoir donné à votre chien
00:30:36le nom du fond...
00:30:36Ah, laissez, l'abbé, laissez !
00:30:38Je sais où est mon plaisir.
00:30:41Un enfant vous a fait porter ce message.
00:30:42Il vous attend dans la salle des cartes.
00:30:44Puis je vais voir.
00:30:48Les pères font sonner le tocsin
00:30:51à la tour du collège.
00:30:53Le procureur du roi,
00:30:54naturellement,
00:30:55prend leur défense.
00:30:56Naturellement.
00:30:57Ah oui, l'abbé, c'est vrai.
00:30:58Les gens du roi sont toujours
00:30:59du côté des jésuites.
00:31:02Sauf quand ils les expulsent.
00:31:04Ils reviennent bien vite,
00:31:05hélas.
00:31:07Ah, croyez-moi,
00:31:08ils sont d'accord sur l'essentiel.
00:31:09Tenir en laisse
00:31:10notre belle noblesse.
00:31:11Hé, le cardinal de Richelieu,
00:31:14n'était-il pas des leurs ?
00:31:16Oh, Richelieu, un jésuite.
00:31:18Ils sont d'accord, vous dites,
00:31:19pour tout interdire,
00:31:21la chasse, la pêche,
00:31:24l'amour.
00:31:25Ah oui, l'abbé, oui,
00:31:26même l'amour.
00:31:28Ils veulent nous empêcher
00:31:29de respirer,
00:31:30de nous battre,
00:31:31d'aimer le roi,
00:31:32de mourir pour rien.
00:31:34Et rappelez-vous
00:31:35ce qu'ils ont fait à Saint-Marc.
00:31:36Il y aura quatre ans bientôt.
00:31:40Revenons à nos grenouilles
00:31:41où est passé le petit gourail ?
00:31:45Mon ami,
00:31:47il m'a demandé
00:31:47les permissions
00:31:47de se retirer un instant.
00:31:57Enfin, l'abbé,
00:31:58convenez-en.
00:32:00Ce garçon n'a pas pu rester
00:32:01au collège.
00:32:02C'est un gourail que diable.
00:32:04Les bons pères s'y entendent
00:32:06pour transformer nos fils
00:32:07en serviteurs dociles
00:32:09et en cuistres apeurés.
00:32:11Mais heureusement,
00:32:12il y en a encore
00:32:12qui savent tenir une rapière.
00:32:14Et celui-là
00:32:15doit savoir se servir
00:32:16de la sienne.
00:32:17Alors sait-on jamais.
00:32:18Il pourra un jour
00:32:19en trouver l'occasion.
00:32:20Alors, monseigneur,
00:32:21vous n'allez pas encourager.
00:32:22Rappelez-vous, l'abbé,
00:32:23rappelez-vous
00:32:24les jésuites
00:32:25enfermés dans leur pastille,
00:32:27pris au piège
00:32:27comme des rats
00:32:28assiégés par leurs propres élèves.
00:32:30Toute la ville
00:32:30à leur barbe
00:32:31venant pêcher
00:32:32dans Médou.
00:32:34Quelle pêche miraculeuse !
00:32:36Une pour dix sous
00:32:37de petits poissons
00:32:37et une pantoufle.
00:32:38Alors qu'à Paris,
00:32:39un courtisan a dit
00:32:40que pendant la plus grande partie
00:32:42de la noblesse de France
00:32:42allait servir
00:32:43à sa majesté en Italie,
00:32:45vous alliez, vous,
00:32:46à la guerre des grenouilles.
00:32:48L'abbé,
00:32:49si j'avais la tête
00:32:51aussi enflée
00:32:52que votre danse,
00:32:53je m'en ferais noir.
00:32:55Car ces grenouilles
00:32:56sont vos pères.
00:32:58Et tout ce que je souhaite,
00:32:59c'est de les flanquer
00:33:00dans les douves.
00:33:00Mamie,
00:33:03venez donc voir
00:33:04ce que fait ce jeune homme.
00:33:07J'ai besoin
00:33:07de lui parler.
00:33:10Et rappelez-vous
00:33:11que s'il est notre hôte,
00:33:13il est aussi
00:33:14notre prisonnier.
00:33:15Il l'est assurément,
00:33:16Monseigneur.
00:33:18Mais prenez garde
00:33:18qu'il ne devienne
00:33:19un hôte encombrant.
00:33:22Reviens pas,
00:33:22Mignon, Jean-François.
00:33:25Je suis venu te chercher.
00:33:27C'est impossible.
00:33:28Le préfet tienne conseille.
00:33:33Les interne vont être châtiés.
00:33:35Les externes seront
00:33:36demain consignées.
00:33:38Déjà si bien
00:33:39envoyer ces mouchards
00:33:39en ville.
00:33:41La reprise en masse
00:33:42sera dure.
00:33:44Mais que diront
00:33:45les camarades
00:33:45si tu n'es pas avec nous ?
00:33:47Que diront-ils
00:33:48si je reviens
00:33:48plein de repentir
00:33:49pour avouer mes froutes
00:33:50publiquement ?
00:33:51Veux-tu aussi
00:33:52qu'ils me donnent le fouet ?
00:33:54L'orgueil,
00:33:55Jean-François.
00:33:56Garde-toi de l'orgueil.
00:33:58Rappelle-toi
00:34:01l'enseignement
00:34:01des bons pères.
00:34:04Le seul
00:34:04de l'Église.
00:34:06J'entends
00:34:06personne trompé
00:34:08vaut mieux
00:34:09que personne
00:34:10non trompé.
00:34:11N'essaye pas
00:34:12de me persuader
00:34:12Calagan.
00:34:14Je crois
00:34:14que tu te trompes.
00:34:16Nos maîtres
00:34:16n'aiment pas
00:34:17les gens
00:34:17qui perdent
00:34:17la raison.
00:34:19Ils détestent
00:34:19l'abandon de soi
00:34:20même pour une noble cause.
00:34:22Ils ne me pardonneront
00:34:23pas ma passion.
00:34:25Rappelle-toi
00:34:25Saint-Augustin.
00:34:26Celui qui se perd
00:34:28dans sa passion
00:34:28a moins perdu
00:34:29que celui
00:34:30qui perd sa passion.
00:34:32Je n'ai qu'une passion
00:34:33mon vieux Calagan
00:34:34et tu la connais.
00:34:37La liberté ?
00:34:38La liberté.
00:34:40L'amour aussi.
00:34:42C'est l'amour
00:34:42qui arrache au temps,
00:34:43au convenu,
00:34:44à la raison résonante.
00:34:46Il est le plus grand
00:34:47ennemi de nos pères.
00:34:49Ils ne se trompent pas
00:34:49jamais.
00:34:51Ils sont comme
00:34:51l'horloge
00:34:52de la grande tour
00:34:52infaillible.
00:34:54Infailliblement
00:34:54dans le vrai.
00:34:55Impeccablement
00:34:56dans le temps.
00:34:58Je l'ai
00:34:59dans les horloges.
00:35:04Sonne le toxin
00:35:05Calagan
00:35:05et brûle le collège.
00:35:06Je n'imiterai plus les pieds.
00:35:08Pour l'amour de Dieu.
00:35:09Ah, ne parle pas
00:35:09comme si bien.
00:35:10L'amour de Dieu,
00:35:11c'est quoi ?
00:35:12Le fouet ?
00:35:13La règle ?
00:35:14La loi ?
00:35:15La discipline ?
00:35:16Le monde n'est pas
00:35:17un cloître
00:35:18Calagan
00:35:18et l'amour
00:35:18une frustration.
00:35:19Aimer Dieu,
00:35:21c'est aussi
00:35:21aimer le soleil,
00:35:22l'eau,
00:35:23l'air libre,
00:35:23tout ce qui nous apprenne
00:35:24à haïr.
00:35:25Tu te grises.
00:35:27Tu lances des mots
00:35:27comme des balles
00:35:28au jeu de paume.
00:35:30Tu as bien la chance,
00:35:31Jean-François.
00:35:32Tu peux jouer ta vie.
00:35:33Reviens, Jean-François,
00:35:34j'ai peur.
00:35:37J'ai donné ma parole.
00:35:39Je ne peux pas
00:35:40quitter cette maison.
00:35:42Mais tu ne vas pas
00:35:43servir d'otage
00:35:44au pitre
00:35:44qu'est le seigneur
00:35:45de cette ville.
00:35:46Je ne serai pas fouetté
00:35:46comme un gosse
00:35:47ni congédé
00:35:47comme un valet.
00:35:48Je ne rentre pas.
00:35:49Tu vas être ridicule.
00:35:51Le marquis
00:35:51va reprendre
00:35:52sa petite guerre
00:35:52contre les pères
00:35:53et de nouveau
00:35:54se faire taper
00:35:54sur les doigts.
00:35:55Tu sais
00:35:56qu'à Paris,
00:35:56ils sont tout puissants.
00:35:58Tu seras
00:35:58la petite grenouille
00:35:59de la barène,
00:36:00mon pauvre Jean-François.
00:36:02Le vieux marquis
00:36:03n'est pas mon homme.
00:36:05Il s'agit cette fois
00:36:06d'autre chose
00:36:06que d'une pitrerie
00:36:07de vieux féodales.
00:36:09Nous sommes la genèse
00:36:09de ce royaume,
00:36:10Calagan.
00:36:11Nous avons à imposer
00:36:11les droits
00:36:12de la liberté.
00:36:13Nous avons à refuser
00:36:14publiquement avec éclat
00:36:15la discipline
00:36:16d'une société
00:36:16dont nous ne voulons pas être.
00:36:18Il faut que notre révolte
00:36:19soit un signal
00:36:20entendu ailleurs,
00:36:21à Paris,
00:36:22à Montpellier,
00:36:22mais aussi à Pérouse,
00:36:23à Heidelberg
00:36:24et même à Uppsala.
00:36:26Il faut que tout le monde
00:36:26chrétien sache bien
00:36:27qu'il y a ici à la flèche
00:36:28des hommes libres
00:36:29qui ont refusé
00:36:30de subir
00:36:31le principe de soumission.
00:36:32Adieu,
00:36:38je prends soif.
00:36:47Quand je te donnerai
00:36:48le signal à la fenêtre,
00:36:51il faut que tout le monde
00:36:51soit en alerte.
00:37:02Je vois bien
00:37:15que vous complotez.
00:37:19Madame,
00:37:19je suis votre prisonnier
00:37:20et votre très obéissant
00:37:21serviteur.
00:37:32Il n'empêche
00:37:43que vous complotiez.
00:37:46Ne vous laissez pas entraîner,
00:37:47Jean-François.
00:37:49Mon mari a fâcheuse réputation.
00:37:51S'il bouge,
00:37:52il se fera rappeler
00:37:53à l'ordre,
00:37:54plus brutalement encore
00:37:55que par le passé.
00:37:57Il n'a aucun crédit.
00:37:59Il vit dans son rêve féodal.
00:38:02Cette querelle
00:38:04n'est pas la vôtre.
00:38:07Vous êtes si jeune,
00:38:10si fière.
00:38:14Pensez à votre mère.
00:38:18Que dirait-elle
00:38:18si elle apprenait
00:38:19que vous êtes
00:38:19du parti de la Varenne
00:38:21dont tout le monde
00:38:22se moque à la cour?
00:38:30Pourquoi donc
00:38:30me parler de ma mère?
00:38:32croyez-vous
00:38:34qu'elle comprenne
00:38:35quelque chose
00:38:35dans notre révolte?
00:38:38Elle est bien
00:38:38trop occupée
00:38:39à tisser ses intrigues
00:38:40et échafauder
00:38:40ses plans d'avenir.
00:38:43Elle n'a ce souci de moi
00:38:44que dans la mesure
00:38:45où je sers
00:38:45sa stratégie de famille.
00:38:48Nous sommes tous là
00:38:49à abandonner
00:38:51nos parents.
00:38:53Il paraît
00:38:53que notre passage
00:38:54au collège
00:38:54doit assurer
00:38:55notre avenir.
00:38:57Il paraît
00:38:57que les pères
00:38:58ont pris
00:38:58une telle puissance
00:38:59à la cour
00:38:59et dans le monde
00:39:00qu'ils ont quasiment
00:39:01le pouvoir
00:39:01de faire
00:39:01ou de défaire
00:39:02les fortunes.
00:39:05Nous voilà donc
00:39:05à leur merci
00:39:06avec la complicité
00:39:08de nos parents
00:39:08pise encore
00:39:10par leur volonté.
00:39:14Nous sommes ici
00:39:14pour commencer
00:39:14notre carrière.
00:39:15Beau début en vérité
00:39:16qui augure bien de la suite.
00:39:17Mettez-vous à genoux
00:39:18et vous croirez
00:39:18subissez le fouet
00:39:20et toute votre vie
00:39:20vous obéirez.
00:39:22Si nous sommes livrés
00:39:23à ces hommes
00:39:24c'est que nos parents
00:39:25nous ont abandonnés
00:39:26et s'ils nous ont abandonnés
00:39:28c'est qu'ils se sont
00:39:28abandonnés eux-mêmes.
00:39:44Pauvre enfant.
00:39:45Je ne veux pas être plein.
00:39:48Demain la ville
00:39:48sera en état d'alerte
00:39:49le collège en état de siège.
00:39:50Et vous n'avez pas d'armes.
00:39:52Nous les prendrons
00:39:53où elles se trouvent.
00:39:55Croyez-vous
00:39:55que nous soyons
00:39:55arrivés nus au collège ?
00:39:57Ah les bons pères
00:39:58s'y entendent
00:39:58vous entrez
00:39:58dans la maison du Seigneur
00:39:59laissez vos rapiers
00:40:00au vestiaire
00:40:00c'est la première chose
00:40:01qu'ils font
00:40:01ils nous désarment.
00:40:03Vous ne me croyez pas ?
00:40:05A l'entrée du collège
00:40:05dans une petite pièce
00:40:06fermée à clé
00:40:07toutes nos armes
00:40:08sont là.
00:40:09Les épées
00:40:09que nous ont données
00:40:10nos pères.
00:40:12Vous avez vu
00:40:12le petit Képhilé
00:40:13tout à l'heure ?
00:40:15Il a dix ans
00:40:15à cinq ans
00:40:16il portait déjà
00:40:17chez lui
00:40:17il était aux côtés.
00:40:18Il s'appelle
00:40:18Petit gars de la Garenne
00:40:19il vient du Perche
00:40:20du haut des tours
00:40:21du château
00:40:22de son père
00:40:23il piste en l'huile.
00:40:26Il ne veut pas
00:40:26non plus
00:40:27être enfant de cœur.
00:40:34Quel silence.
00:40:37La ville dort.
00:40:39Quelle révolution
00:40:40demain au collège.
00:40:41je vois d'ici
00:40:42Petit gars
00:40:43réveillé
00:40:43la Valois
00:40:43aux armes
00:40:45ce sont les plus durs
00:40:46les plus décidés
00:40:47de toutes les nations.
00:40:48Ils se préparent.
00:40:53Je dois donner
00:40:53le signal.
00:41:07Grimpons
00:41:08à la grosse tour
00:41:08il faut sonner
00:41:10le tocsin.
00:41:11Il avait
00:41:11notre signal.
00:41:13Si les Pères
00:41:13se réveillent
00:41:14il faudra les tenir
00:41:15en respect.
00:41:16Avec quoi ?
00:41:17Avec ça.
00:41:22Vous avez pillé
00:41:22l'armure régeuse.
00:41:24Le frère portier
00:41:25dormait.
00:41:26Ce sont nos armes.
00:41:27Nous avons repris
00:41:28ce qui nous appartient.
00:41:30Mais si bien
00:41:31sommeil profond.
00:41:33Vous avez aussi
00:41:33à sommer
00:41:33le frère portier.
00:41:34Quand sommes
00:41:35à tout m'est.
00:41:35de la table.
00:41:36D'y attire
00:41:38et d'y attire
00:41:40là.
00:41:40Vous êtes fous.
00:41:42Vous êtes fous alliés.
00:41:46Approchez
00:41:47les gens
00:41:48senseurs
00:41:49correcteurs
00:41:50et fouettez
00:41:52cette belle jeunesse.
00:41:54Trappez-vous
00:41:55car il y va
00:41:56du sol
00:41:57et des hommes.
00:41:59Victiez !
00:41:59Descendez
00:42:01épicatement
00:42:02de la tour.
00:42:03La passion
00:42:04selon
00:42:05Saint-Cibier.
00:42:07Cinq heures.
00:42:09Levez
00:42:10sans badinage.
00:42:11Bavardage.
00:42:12Avec son
00:42:13habillage.
00:42:14Pour un
00:42:14doux
00:42:15après.
00:42:17Cinq
00:42:18heures
00:42:18écores.
00:42:19Triomphe
00:42:19et frère.
00:42:22Avec
00:42:22modeste
00:42:23genou
00:42:25sur la pierre.
00:42:27Sans
00:42:27l'appui.
00:42:28Ni
00:42:28indécente
00:42:29posture.
00:42:30Moré
00:42:31mousse
00:42:32à
00:42:32presse.
00:42:35Cinq
00:42:36heures
00:42:36trente.
00:42:37Études
00:42:38dans
00:42:38les
00:42:38chambres.
00:42:39On ne
00:42:40doit
00:42:40permettre
00:42:40qu'aucun
00:42:41pendant
00:42:41le temps
00:42:42de
00:42:42l'étude
00:42:42entre
00:42:43dans
00:42:43la
00:42:43chambre
00:42:43de
00:42:44quelqu'un
00:42:44d'autre
00:42:44sous
00:42:45prétexte
00:42:45de
00:42:46demander
00:42:46du
00:42:46papier,
00:42:47des
00:42:47plumes
00:42:47ou
00:42:48des
00:42:48livres.
00:42:49Huit
00:42:49heures
00:42:50et
00:42:50demie.
00:42:51Les
00:42:51pensionnaires
00:42:52descendent
00:42:52pour
00:42:52aller
00:42:52au
00:42:53Saint
00:42:53Sacrement
00:42:54ou
00:42:55à leur
00:42:55nécessité.
00:42:58Les
00:42:58préfets
00:42:59auront
00:42:59soin de
00:43:00visiter
00:43:00les
00:43:00pupitres
00:43:01et
00:43:01les
00:43:01chambres
00:43:02des
00:43:02écoliers
00:43:02et
00:43:03particulièrement
00:43:04s'ils
00:43:04sont
00:43:05rhétoriciens
00:43:05pour qu'il
00:43:06n'y ait
00:43:07point
00:43:07dans
00:43:07leur
00:43:07chambre
00:43:07de
00:43:07méchants
00:43:08livres.
00:43:08scuderi
00:43:11Rabelais
00:43:13Théophile
00:43:16de
00:43:16villon
00:43:17pour
00:43:20vous
00:43:20ou
00:43:21ou
00:43:21bichet
00:43:22les
00:43:22méchants
00:43:23livres !
00:43:24Et
00:43:25maintenant,
00:43:35voyons les
00:43:36punitions
00:43:36pour avoir
00:43:38introduit au
00:43:39collège
00:43:39des livres
00:43:40d'amour,
00:43:41historielles
00:43:42et poésies galantes.
00:43:45Les verges !
00:43:46Pour avoir fréquenté les cabartiers,
00:43:50les charlatans et les femmes de mauvaise vie.
00:43:54Le fouet !
00:43:55Pour s'être promenés dans une tenue
00:43:58susceptible de corrompre les mères.
00:44:02Les verges !
00:44:04Pour avoir franchi la porte ou le mur du collège
00:44:07sans bon de sortie.
00:44:09La discipline !
00:44:11Pour avoir montré pendant Vépre une tenue immodeste
00:44:15et pour s'être livré à un indécent bavardage.
00:44:20Les verges !
00:44:21Pour avoir parlé au réfectoire pendant le bénédicité.
00:44:26Le fouet !
00:44:28Pour avoir refusé de se soumettre au fouet
00:44:30et braver la discipline,
00:44:32offensant ainsi les bons pères.
00:44:36L'expulsion !
00:44:41Pour avoir profané le nom du Seigneur
00:44:44en exerçant sous prétexte d'éducation
00:44:46des pouvoirs d'inquisiteurs,
00:44:49de mouchards et de tors...
00:44:51sans pouce de fouet !
00:44:54Vien !
00:44:57Vien !
00:44:59Vien !
00:44:59Vien !
00:45:00Vien !
00:45:01Vien !
00:45:02Vien !
00:45:03Vien !
00:45:04Vien !
00:45:05Eh !
00:45:06Venez d'en voir les museaux qui font !
00:45:08Détement de la tour !
00:45:10Vous serez tous consignés !
00:45:12Je vous leur donne !
00:45:13Je vous leur donne !
00:45:15Et dépêchez-vous !
00:45:17Orment de la tour..
00:45:20A qui vaut une victoire ?
00:45:27Au-ou-ou-ou-ouz !
00:45:27Au-ou-ou-ou !
00:45:30Au-ou-ou !
00:45:31Au-ouh !
00:45:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:47:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:47:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:33...
00:48:34...
00:48:35...
00:48:37...
00:48:39...
00:48:41...
00:48:43...
00:48:45...
00:48:47...
00:48:49...
00:48:55...
00:48:57...
00:48:59...
00:49:07...
00:49:09...
00:49:11...
00:49:17...
00:49:21...
00:49:25...
00:49:29...
00:49:39...
00:49:59...
00:50:09...
00:50:11...
00:50:17...
00:50:19...
00:50:21...
00:50:23...
00:50:25...
00:50:35...
00:50:39...
00:50:41...
00:50:51...
00:51:23...
00:51:33...
00:55:05...
00:55:15...
00:55:19...
00:55:21...
00:55:29...
00:55:49...
00:55:59...
00:56:01...
00:56:33...
00:56:35...
00:56:43...
00:56:45...
00:56:47...
00:56:49...
01:06:21...
01:06:23...
01:06:31...
01:06:33...
01:06:35...
01:06:37...
01:06:51...
01:06:53...
01:06:55...
01:07:09...
01:07:11...
01:09:13...
01:09:27...
01:09:29...
01:22:01...
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