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00:00C'est l'heure du journal de l'Afrique, soyez les bienvenus sur France 24 à la une ce soir.
00:06Ces files d'attente devant les stations-services au Mali, la pénurie qui dure depuis plusieurs semaines touche désormais Bamako, la capitale.
00:14Conséquence des blocus décrétés par les djihadistes du Jnim.
00:17Ces derniers brûlent des camions-citernes presque tous les jours.
00:20Nous serons en direct avec notre correspondant régional Serge Daniel dès le début de ce journal.
00:25Ce rassemblement en Eswatini, des avocats et des citoyens ont défilé pour rejeter l'accord signé entre leur pays et Washington.
00:34Cet accord permet aux Etats-Unis d'expulser des migrants de son territoire vers des pays tiers.
00:40Et à la fin de ce journal, nous recevons Kauter Hadimi, l'écrivaine algérienne,
00:44qui vient nous parler du fruit de son expérience manu au musée, son livre « La joie ennemie »,
00:50un récit et autobiographie qui revient sur des souvenirs traumatiques de la décennie noire en Algérie.
00:55Interview à la fin de ce journal.
00:59Le Mali est durement touché par le blocus économique décrété par les djihadistes du Jnim affilié à Al-Qaïda.
01:06Un blocus en vigueur depuis plus d'un mois.
01:08La pénurie d'essence s'accentue.
01:11Elle concerne désormais Bamako.
01:12On retrouve tout de suite notre correspondant régional, Serge Daniel.
01:16Serge, bonsoir.
01:17La situation à plusieurs endroits devient intenable pour les populations.
01:23Ah oui, tout à fait intenable.
01:25Parce que vous savez, le Mali est un pays continental.
01:27Il n'a pas de façade maritime.
01:29Ces produits à l'import, notamment le carburant, viennent du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.
01:35Ce sont ces deux axes routiers qui sont contrôlés par les djihadistes, qui mènent des attaques.
01:40Et vous voyez, cette fois-ci, c'est à Bamako.
01:42Vous voyez là, les véritables grappes humaines dans la capitale malienne prennent assaut des stations d'essence pour pouvoir se ravitailler.
01:50Ce qui n'est pas du tout évident.
01:52Il y a un responsable de l'Office malien des produits pétroliers qui nous a dit que le Mali, c'est une citation, a épusé le stock de carburant disponible.
02:02Mais à l'intérieur du pays, c'est pire.
02:04Ce sont des véritables grappes humaines également.
02:06Vous n'avez plus d'électricité dans certaines localités.
02:08Des mines d'or, par exemple, ne fonctionnent plus parce qu'il n'y a pas de carburant.
02:13La situation est très difficile.
02:14Les djihadistes ont incendié, par exemple, 10 camions-ceternes la semaine dernière qui venaient de la Côte d'Ivoire.
02:21Il n'y a pas d'électricité, je l'ai dit.
02:22Il n'y a pas de visibilité.
02:24Des mines d'or ne fonctionnent plus.
02:27La situation est difficile.
02:28Et on ne sait pas comment ça va se terminer.
02:31Alors justement, quelle est la réaction des autorités maliennes, Serge ?
02:34Ce qu'il faut savoir, c'est que ce mardi, il y a eu une nouvelle réunion de crise à Bamako, dans la capitale malienne.
02:41Et les autorités maliennes ont dit que la situation va s'améliorer dans les prochains jours.
02:47Ça, c'est une citation, mais ce n'est pas du tout évident pour le moment.
02:51Les escortes sécurisées qui amènent le carburant dans la capitale malienne sont attaquées.
02:58Et des civils, des élus ont décidé, eux, de prendre l'initiative d'aller négocier avec les djihadistes pour lever ce blocus économique.
03:06Et pour le moment, d'après nos informations, les djihadistes ont dit pas question.
03:09Il faut que la jeune pouvoir dise clairement, officiellement, qu'elle veut négocier pour la fin de ce blocus économique
03:17qui frappe durement les populations.
03:19Merci beaucoup Serge Daniel, notre correspondant régional pour le Sahel.
03:24C'est rassemblement à Mbaban, la capitale de l'Eswatini.
03:27Des avocats et des militants ont défilé pour contester un accord secret avec les Etats-Unis.
03:33Le royaume a commencé à recevoir des déportés dans le cadre d'un programme américain d'expulsion de migrants clandestins vers des Etats-Tiers.
03:42Bella Jacobs.
03:43La haute cour de Mbaban est devenue le nouveau terrain d'affrontement autour de cet accord migratoire controversé entre l'Eswatini et Washington.
03:54Selon plusieurs ONG, l'arrangement a permis, en échange de plus de 5 millions de dollars, l'arrivée de plusieurs ressortissants étrangers.
04:03Le juge estime qu'il s'agit d'une question constitutionnelle, une position qu'il avait déjà exprimée auparavant.
04:18Il a indiqué qu'il porterait l'affaire à l'attention du président de la haute cour, afin qu'il constitue rapidement une formation constitutionnelle, chargée d'examiner les questions soulevées dans la requête.
04:31Les organisations de la société civile réclament davantage de transparence et veulent savoir pourquoi le Parlement n'a jamais été consulté.
04:39« Nous voulons que ce dossier soit clair et transparent, car ce sont nos impôts qui sont en jeu. Le gouvernement doit reconnaître qu'il y a eu un accord et selon la constitution, il devrait d'abord être débattu au Parlement avant toute signature. »
04:52Pour de nombreuses femmes, la préoccupation dépasse la question financière. C'est la sécurité qui inquiète.
04:59« C'est très douloureux de savoir que des criminels venus d'ailleurs pourraient venir causer des problèmes ici. Mais que fait le gouvernement ? Nous avons des enfants ici. »
05:11Le Ghana, le Rwanda et le Soudan du Sud ont également accepté des migrants expulsés des Etats-Unis.
05:18Human Rights Watch appelle les nations africaines à refuser ces accords.
05:23« J'ai moins cinq avant la présidentielle au Cameroun. Paul Biya, candidat à sa propre succession, a tenu mardi son premier grand meeting de campagne à Marwa, dans la région de l'extrême nord.
05:35À 92 ans, il est candidat à sa propre succession. Il est au pouvoir depuis 1982. »
05:44Fin des accords de partenariat entre le Tchad et l'ONG African Park Network, signé en 2010.
05:50Ces accords concernaient la gestion et le financement de plusieurs parcs et réserves naturelles, dont le parc national de Zakouma.
05:58Notre correspondante à N'Djamena, Ghislaine Alataroum, revient sur les raisons de cette rupture.
06:04Les airs protégées Confia African Park s'étendaient dans l'est et le sud-est du Tchad, sur un territoire allant du Sahel à la zone soudano-sahélienne.
06:16L'organisation sud-africaine avait pour mission de préserver la biodiversité, de lutter contre le braconnage,
06:22mais aussi de valoriser le tourisme et de soutenir le développement des communautés riveraines.
06:27À compter de ce 6 octobre, cette mission lui a été retirée par les autorités.
06:32N'Djamena évoque, je cite, des manquements graves.
06:35Durant le premier trimestre de l'année 2025, le braconnage dans et autour du parc national de Zakouma a occasionné la perte de plusieurs dizaines de girafes,
06:49bifles, bivales, d'autres espèces d'antilopes et deux femelles rhinocéroses.
06:56Un troisième rhinocéros a également succombé par manque de professionnalisme lors d'une opération de poste décollé.
07:06En réponse, African Park s'assure avoir entamé des discussions avec le gouvernement afin de comprendre sa décision.
07:12Le gouvernement tchadien, de son côté, annonce la création d'un comité national provisoire pour la supervision des airs protégées.
07:20Tous les équipements seront retrocédés à la future agence nationale des airs protégées qui en assurera la gestion sur le long terme.
07:28Ce soir, on vous parle de Kauter Adhimi et de son livre « La joie ennemie ».
07:33Un ouvrage né après une nuit passé à l'Institut du monde arabe dans le cadre de la collection Manui au musée, aux éditions Stock.
07:41Le but de l'expérience, passer une nuit au milieu des œuvres d'art et se laisser guider par l'inspiration.
07:46Bonsoir Kauter Adhimi.
07:47Bonsoir.
07:48Merci d'être avec nous ce soir pour parler de votre livre « La joie ennemie ».
07:52Alors, je le disais, vous avez passé une nuit à l'Institut du monde arabe, au milieu des œuvres de l'artiste algérienne Baïa.
07:58Et visiblement, les œuvres de Baïa ont débloqué en vous un récit enfoui, celui de la décennie noire en Algérie.
08:04Et c'est dont il s'agit dans ce livre.
08:06En effet, je suis venue raconter Baïa et je me suis retrouvée à raconter, à dresser un portrait de cette fabuleuse peintre Baïa,
08:13née en 1931 à Alger, qui est exposée dans les années 40 à la Galerie Magde.
08:18Et je me suis retrouvée à raconter ma propre histoire, mon propre récit,
08:22et notamment celui d'un retour en Algérie en 1994, en pleine décennie noire.
08:27Alors justement, cette décennie noire, c'est un peu une amnésie traumatique qui rythme un peu votre livre.
08:36On a ce récit au compte gouttes.
08:38On a l'impression de retrouver la mémoire en lisant en même temps que vous.
08:42Pourquoi ça a été si dur, finalement, de sortir ce récit ?
08:45Je crois que ça ne se décrète pas vraiment le bon moment pour se raconter.
08:49Et c'est quelque chose que j'avais beaucoup mis derrière moi.
08:52En vérité, je ne savais pas que j'avais une histoire à raconter.
08:55Et c'est quelque chose qui m'est un peu tombée dessus cette nuit-là.
08:59C'est très étrange de passer une nuit dans un musée.
09:01Au début, on a l'impression d'être béni des dieux,
09:03qu'on est un peu cet enfant qui se retrouve enfermé dans un magasin de jouets.
09:07On a toutes ces œuvres rien que pour nous.
09:09Personne pour prendre des selfies ou nous empêcher d'avoir la belle vue sur la belle toile.
09:13Et c'est vrai que les toiles de Bayas sont quand même assez extraordinaires.
09:16Et puis, au bout de quelques heures, on se retrouve en fait avec soi-même,
09:20avec aucune possibilité de s'échapper.
09:22On est bien obligés de se confronter à des souvenirs.
09:26Et il s'avère que moi, ce retour en 1994, j'ai beaucoup essayé de le mettre de côté.
09:33Même lorsqu'on me demandait de raconter mon parcours,
09:35ça a toujours été extrêmement compliqué d'expliquer que j'étais arrivée en France,
09:38puis que j'étais repartie.
09:39Et dès que je disais 1994, pour ceux qui savaient ce que signifiaient les années 90 en Algérie,
09:44il y avait toujours un mouvement d'effroi.
09:46Et je n'avais pas envie de l'analyser, ce mouvement d'effroi.
09:48Ça a été des années épouvantables.
09:50Le retour pour mes parents et mes frères et moi a été très difficile.
09:54On est en l'occurrence tombés sur un faux barrage le lendemain de notre arrivée.
09:58Et c'est un épisode très effrayant que j'ai complètement, non pas oublié,
10:04mais que j'ai absolument tout fait pour ne pas me souvenir et ne jamais avoir à me retourner dessus.
10:08Et cette nuit-là, j'ai été un petit peu confrontée à ces fantômes et obligée de me raconter.
10:12Et de raconter...
10:14En fait, ce qui m'intéressait réellement, c'était de savoir jusqu'à quel point
10:17les souvenirs qu'on porte tous en nous de l'enfance,
10:20même qu'on a pu oublier, déformés, qui sont à moitié effacés,
10:23jusqu'à quel point ces souvenirs continuent de peser dans l'adulte que nous sommes.
10:28Ce n'est pas tant un livre sur le passé que sur qu'est-ce qu'on fait de ce passé-là.
10:32Alors justement, vous l'évoquiez il y a quelques instants,
10:35vous avez fait ce retour en Algérie, qui n'était pas classique, j'ai envie de dire.
10:40La plupart des gens quittaient l'Algérie pour fuir le terrorisme.
10:42En tout cas, ceux qui le pouvaient, oui.
10:43Et vous, votre père, qui était venu en France, qui avait ramené sa famille en France
10:47pour faire des études, pour poursuivre ses études,
10:50en terminant ses études, a fait ce qu'il devait faire,
10:53c'est-à-dire retourne chez lui dans son pays, malgré la situation.
10:57Oui, en effet.
10:58Pendant longtemps, mon père nous a dit,
11:00nous, il nous ramène, il nous dit, ça va être formidable, vous allez voir,
11:03on rentre chez nous, ça va être extraordinaire.
11:05Moi, j'y crois beaucoup.
11:06Je crois qu'on va vivre une expérience fabuleuse.
11:09Et je crois mon père quand il me dit, c'est chez toi,
11:11alors que je n'ai pas du tout l'impression que c'est chez moi.
11:13En fait, je vis en France depuis 4 ans, j'ai 8 ans.
11:16Quand je rentre en Algérie, j'ai complètement oublié ce que c'est.
11:19Vous ne parlez plus l'arabe, d'ailleurs.
11:20Je ne parle plus arabe, parce que mes parents ont très peur
11:22que je ne m'adapte pas à l'école française,
11:24donc ils ne parlaient que français.
11:27Et en fait, quand je reviens, j'ai l'impression d'une grande arnaque.
11:31Je comprends qu'en fait, je me suis faite totalement avoir.
11:33Et mon père, longtemps, dira, je n'avais pas le choix,
11:35il fallait revenir, c'était mon devoir.
11:38Mais j'ai toujours été convaincue qu'il y avait quelque chose
11:41derrière ce « je n'ai pas le choix ».
11:43J'ai toujours été convaincue qu'il y avait quelque chose
11:44de beaucoup plus profond.
11:46Et il m'est revenu, en écrivant ce livre, une phrase de mon père
11:48qui m'a dit un jour de grandes disputes entre nous,
11:51où je lui fais énormément de reproches sur ce retour,
11:54et il m'a dit « mais tu ne te rends pas compte,
11:55je t'ai offert un pays ».
11:57Et je crois que, certes, mon père n'avait pas tant le choix,
12:00mais surtout, il voulait qu'on ait un endroit
12:02où on puisse se sentir toujours chez nous,
12:04et croyait à ce retour, et croyait que les choses allaient s'améliorer.
12:08Alors, elles ont mis beaucoup de temps à s'améliorer,
12:10des années, avec des moments de grande solitude,
12:13des moments de grande peur.
12:15Mais c'est vrai qu'il m'a offert un pays,
12:16et j'ai mis des années à m'en rendre compte.
12:19Et écrire ce livre m'a permis aussi de mesurer
12:22ce que fut ce retour pour lui.
12:24C'est un peu une enquête que j'ai menée auprès de ma famille,
12:26mon père, ma mère, mes frères.
12:28Je suis allée interroger leurs propres souvenirs,
12:30qui n'étaient pas toujours les mêmes que les miens.
12:32Ça, c'est assez difficile de se confronter à la mémoire des autres,
12:36quand la nôtre est si certaine,
12:38sur certains petits détails, sur certaines histoires.
12:41Et j'essaye, dans ce livre-là, de raconter des faits,
12:44mais je me rends très vite compte qu'en fait,
12:46il n'y a pas tant de faits que ça,
12:47au sens, en tout cas, de l'archive.
12:48Il n'y en a pas tant que ça.
12:50Ce fameux faux barrage,
12:51qui a été un moment très difficile pour nous,
12:53il n'y a aucun article de presse qui le relate.
12:55Il y a uniquement notre mémoire,
12:57à mes frères, mes parents et moi.
12:59Et il faut essayer de raconter un récit
13:01qui prenne en compte chacune de ces histoires.
13:03Alors justement, vous parlez de votre famille.
13:05Comment votre famille a accueilli ce livre ?
13:08Parce que vous parlez beaucoup.
13:08Je n'en ai aucune idée.
13:10Non, mais la mère...
13:10Votre père est très présent,
13:11votre mère aussi,
13:12mais vos frères aussi sont présents.
13:13Alors, mon père, je raconte dans le livre
13:16ce qu'il me dit quand il lit le livre.
13:20Il me fait remarquer qu'il y a une coquille
13:21et puis il me dit que je n'ai rien à ajouter.
13:23Bon, courage.
13:24Je crois qu'il a aimé le livre.
13:25Et je l'ai voulu comme un hommage à mon père aussi.
13:28Ma mère m'a dit que c'était très douloureux
13:30pour elle à lire
13:31et que cette scène du retour est très difficile
13:33et je ne sais pas si elle a réussi à passer
13:35outre la scène,
13:36mais que ça a été douloureux.
13:38Et je comprends.
13:38Moi, je l'ai envoyé à mon père
13:39parce qu'il est très présent dans le livre
13:41et je voulais donc qu'il en ait une lecture
13:43avant l'apparution.
13:45Mais si j'avais pu,
13:46je leur aurais épargné la lecture de ce livre.
13:48Je pense qu'il est très douloureux à lire pour eux.
13:51Mon petit frère, qui avait un an, en 1994,
13:53n'a aucune connaissance
13:55et n'avait aucun souvenir,
13:58mais n'avait même aucune connaissance
14:00de tout ce qu'on avait traversé.
14:01Il a tout découvert dans ce livre-là.
14:03Il m'a dit qu'enfin,
14:05il comprenait ce que furent ces années
14:06pour nous tous.
14:07Donc, non, je pense que c'est un livre difficile
14:11pour ma famille
14:11parce qu'il vient raconter
14:14l'une des périodes les plus sombres
14:17et de l'Algérie et de notre vie.
14:19Alors, est-ce que ce livre a été dur à écrire
14:21parce qu'il parle d'un sujet traumatique
14:23ou simplement parce qu'il parle de vous,
14:25de votre vie,
14:26de votre famille aussi ?
14:29Oui.
14:29Enfin, moi, je trouve que c'est toujours plus difficile
14:31de parler de soi, en fait,
14:33que de raconter de la fiction.
14:34Évidemment, c'est évidemment plus dur.
14:37D'ailleurs, j'ai fait une première tentative
14:39d'écriture.
14:40Au musée Picasso, cette fois.
14:41Au musée Picasso, en 2018,
14:42j'avais passé une nuit au musée Picasso
14:44et les souvenirs des années 90
14:47m'avaient envahie
14:49et je n'avais pas réussi du tout
14:50à écrire ce texte-là
14:51parce qu'à l'époque,
14:52je n'avais pas envie d'ouvrir ces boîtes-là.
14:54Je n'avais pas envie de plonger dans mes souvenirs.
14:56C'était trop douloureux.
14:57J'étais très inquiète de la personne
14:59que j'allais être après cette espèce
15:02de grande archéologie des années 90.
15:08J'avais très peur de changer
15:09et je pense que j'ai un peu changé
15:11depuis l'écriture de ce livre.
15:12Donc, ça a été difficile d'écrire sur soi
15:16mais ça a été difficile d'écrire
15:17sur les années 90.
15:18Moi, j'ai encore beaucoup de mal aujourd'hui
15:20à me replonger dans les archives
15:21sur ces années-là.
15:23Beaucoup de mal à lire des livres
15:25sur ces années-là
15:26ou à regarder des films
15:27sur ces années-là.
15:28C'est trop récent.
15:29C'était à peine hier pour moi.
15:31Donc, non, non, non.
15:32Ça a été très compliqué.
15:34Est-ce qu'il reste des choses
15:35à écrire sur ces années-là ?
15:37Il reste beaucoup de choses
15:38à écrire sur ces années-là.
15:39Est-ce que vous aussi,
15:39vous pourrez écrire encore un livre
15:40sur ces années-là ?
15:42Je pourrais.
15:42Je ne sais pas si je le ferai.
15:44Mais il y a beaucoup de choses
15:47à dire sur ces années-là.
15:49Depuis l'apparution du livre
15:50qui est sorti également en Algérie,
15:52je reçois tous les jours
15:53des dizaines de messages
15:54d'Algériens
15:56beaucoup de mon âge
15:57qui me disent
15:58ce que furent les années 90
15:59pour eux.
16:00À la fois ceux qui étaient en Algérie
16:01et ceux qui ont dû fuir
16:02et qui ont dû vivre ça
16:03depuis l'étranger
16:04et depuis la France
16:05mais aussi d'autres pays.
16:06Aujourd'hui, en vérité,
16:07je ne sais pas quoi faire
16:08de tous ces témoignages
16:09qui me touchent énormément.
16:10Je me dis,
16:11il y a un tel besoin de parole
16:12autour des années 90,
16:13un tel besoin de raconter enfin
16:15ce que furent ces années-là
16:17pour nous
16:17que rien n'est terminé.
16:18On est au tout début,
16:19je pense, de ces histoires.
16:21Merci beaucoup.
16:21En tout cas, il faut lire
16:22La joie ennemie.
16:23Merci beaucoup,
16:24Kauter Hadimi.
16:25Un très beau récit
16:26sur ces années.
16:27C'est le dernier ouvrage
16:29de Kauter Hadimi.
16:29Merci d'avoir été avec nous.
16:30C'est la fin du Journal de l'Afrique.
16:32Restez avec nous.
16:32L'info continue
16:33sur France 24.
16:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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