00:00Il y a quatre jours, lundi au Cameroun, le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya vainqueur de l'élection présidentielle avec 53,66% des suffrages.
00:11Un résultat contesté par son adversaire, Issa Chiroma Bakari.
00:15Il revendique la victoire.
00:17Pour en parler depuis Yaoundé, Elvis N'Gole N'Gole, ancien ministre et membre titulaire du comité central du RDPC, la formation politique de Paul Biya, est notre invité.
00:27Bonjour, Issa Chiroma Bakari revendique la victoire.
00:31Qui est le président élu du Cameroun aujourd'hui ?
00:37Le président élu au Cameroun, le président Paul Biya, il a été élu par un corps d'intentroir de 68%,
00:50ce qui représente 2,4 millions de voix.
01:00Et par rapport au deuxième, si M. Chiroma, vous mentionnez son nom,
01:09il n'a eu que M. Chiroma, il n'a eu qu'un corps d'un million six cents ou quelques mille.
01:17Mais la différence entre le président Biya et le venteur, et M. Chiroma, en termes de pourcentage, c'est 18%, 18% d'écart.
01:32Donc, le porté constitutionnel, conformément à la constitution du Cameroun,
01:38et au cours de l'électorat, a proclamé les résultats.
01:42Et le venteur, c'est le président Biya, qui était candidat du parti RDPC.
01:50Sur les 12 partis politiques étaient en compétition.
01:55Comme vous le savez très bien, le modèle de la démocratie au Cameroun,
01:59c'est le modèle de la démocratie représentative et libérale.
02:03Eh bien, ça veut dire que le processus électoral est basé sur les principes d'État de droit,
02:13sur les principes constitutionnels.
02:16Et donc, la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel est basée,
02:24ou a été basée sur ces principes.
02:26Et les Camerounais, qui ont voté, ont voté en la grosse majorité,
02:36en travers du candidat au président Biya.
02:40Et donc, les résultats qui ont été programmés sont des biens.
02:46Alors, monsieur Ngole Ngole, on vous entend et invité sur notre antenne,
02:55le camp d'Issa Thiroma Bakari a indiqué que son parti avait compilé les résultats
03:00de 18 départements, qui représentent près de 80% du corps électoral.
03:04Et le candidat arriverait en tête.
03:07Que répondez-vous à cela ?
03:09Ce que je vous réponds, madame, en tout respect, c'est que je suis professeur de sciences politiques,
03:18en particulier la politique comparée.
03:22Et j'ai fait ce métier depuis presque 30 ans.
03:26Et donc, ce que je peux vous dire, c'est que dans notre modèle de la démocratie,
03:33la légitimité et la légalité ne dépendent pas d'un parti politique ou de l'idée d'un parti politique.
03:43Je crois qu'en France, c'est bien connu, puisque la France aussi, c'est une république constitutionnelle.
03:50Sur la base de notre modèle de démocratie,
03:55un candidat dans une élection présidentielle ou dans une autre élection
04:00n'a ni la légitimité, ni la légalité, ni le pouvoir constitutionnel ou légal
04:06de proclamer les résultats.
04:09Nous avons au Cameroun 58 départements.
04:14Et donc, un candidat qui estime que sur la base de 18 départements,
04:23il peut se permettre de se proclamer ou vainqueur, il a tort.
04:29Et on doit dénoncer ça.
04:31Ça ne peut pas se faire en France.
04:33Monsieur Ngole Ngole, on vous entend effectivement.
04:37Pour écarter finalement toutes les contestations des résultats de l'élection présidentielle,
04:42est-ce que vous êtes prêt à demander un audit des fichiers,
04:45comme on a appelé de ses voeux l'avocat Jemal Taleb,
04:49représentant Dissa Chiroma, ici sur notre antenne ?
04:53Mais on audit sur la base de quoi ?
04:58Sur la base de quelle loi ?
04:59Sur la base de quelle constitution ?
05:01Et on audit par qui ?
05:03Et ce n'est pas la première fois, madame.
05:05Je vous rappelle, c'est un professeur de sciences po,
05:09le professeur Elvis Ngole Ngole, qui vous parle.
05:12Ce n'est pas un militant d'un parti politique qui vous parle.
05:14Et je vous dis que sur la base de tous les principes de la sciences po,
05:20aucun candidat, et dans ce cas, le candidat Issa Chiroma,
05:25n'a ni la légitimité, ni la légalité de demander un audit.
05:29Mais si c'est ça son option, il est libre de le faire.
05:36Mais je dis, un audit n'est pas justifié.
05:41Alors, on vous entend, pour vous, un audit, ça n'a pas de sens ?
05:44Ou constitutionnel, au Cameroun.
05:46On vous entend, pour vous, un audit, ça n'a pas de sens.
05:48Mais est-ce que vous invitez le conseil constitutionnel,
05:51M. Ngole Ngole ?
05:52M. Ngole Ngole, il faut aussi que je puisse poser mes questions.
05:56Est-ce que vous m'entendez ?
05:57Estime qu'il est dans son droit, mais sous la base de la constitution
06:02et des lois camerounaises, mais il est libre d'avoir cette posture.
06:11Mais en ce qui nous concerne, la majorité de 2,4 millions Camerounais
06:19se sont exprimées, c'est la loi, c'est la constitution, c'est la légalité camerounaise.
06:26On entend, M. Ngole Ngole, ce que vous dites.
06:28Alors après, il faut quand même que je puisse vous poser des questions,
06:31M. Ngole Ngole.
06:32J'espère que vous m'entendez, parce que j'ai l'impression que ce n'est plus le cas.
06:35Et le code électoral de Cameroun, qui prime ici.
06:38Donc si M. Thirouma, sur combien ?
06:4312 candidats qui étaient en compétition,
06:47estime que lui seul peut se proclamer vainqueur,
06:54il est libre, mais il a tort.
06:59Alors on vous entend, M. Ngole Ngole.
07:01Mais sur notre antenne, l'avocat Thirouma Mbakary a dénoncé…
07:06Est-ce que vous m'entendez, M. Ngole Ngole ?
07:08Alors j'essaye de prendre la parole, si vous voulez bien,
07:10pour vous poser quelques questions.
07:12J'espère que vous m'entendez, parce que sinon ce n'est pas possible
07:14de poursuivre si vous ne m'entendez pas les questions.
07:18Est-ce que vous m'entendez ?
07:19Le code électoral de Cameroun, le code électoral de la constitution,
07:22qui ont permis à ce qu'il soit candidat, n'oubliez pas,
07:25n'oublions pas, qu'il y avait 83 candidats.
07:30Et ces 83 candidats ont été réduits par ELECAM et le code…
07:38Alors M. Ngole Ngole, l'idée c'est qu'on puisse échanger ensemble,
07:42donc si vous ne m'entendez pas, ça va être compliqué de vous poser des questions
07:44et qu'on puisse progresser dans cet entretien.
07:47Est-ce que vous m'entendez, M. Ngole Ngole,
07:49que je puisse vous poser une question ?
07:51C'est-à-dire qu'on ne peut pas être une chose à la fois, une autre chose autrement.
07:59Non, non, ce n'est pas possible.
08:00Et le Cameroun est comme toute autre démocratie,
08:05où la démocratie représentative est pratiquée.
08:08M. Turouma n'est pas, M. Turouma est hors la loi,
08:13M. Turouma est dans une rébellion ou dans une révolte
08:18qui n'est pas permis dans un contexte démocratique.
08:24Nous ne sommes pas, le Cameroun est comme toute autre démocratie représentative,
08:30donc M. Turouma ne peut pas faire comme si tout dépend de lui.
08:34M. Turouma n'est pas la loi, M. Turouma n'est pas au-dessus de la Constitution
08:38ni au-dessus de la loi.
08:40Et il n'était pas le seul candidat.
08:43Il y avait 12 candidats.
08:45Pourquoi c'est M. Turouma tout seul qui se comporte ainsi hors la loi ?
08:49Et d'ailleurs, c'est même Turouma,
08:52il y a quelques mois,
08:54défendait la même Constitution,
08:57la même légalité,
08:58la même légitimité
09:00que je défends à l'heure actuelle.
09:05Pourquoi est-ce qu'on doit accepter une rébellion contre la République ?
09:09Une rébellion contre les valeurs de la République ?
09:13Une rébellion contre la majorité ?
09:16Contre la volonté collective des Camerounais ?
09:19On ne doit pas accepter.
09:21Nous ne sommes pas en révolution
09:22et on ne peut pas être démocrate et en même temps révolutionnaire.
09:26M. N'Gaulé, je vous remercie.
09:29J'ai l'impression que vous ne m'entendez pas,
09:31mais je vous remercie d'avoir pris la parole sur France 24 cet après-midi.
09:35Merci d'avoir été l'invité d'autour du monde cet après-midi.
Comments