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  • 3 months ago

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00:00Et on va en parler plus longuement avec vous, David Rigoulet-Rose, bonsoir.
00:03Vous êtes rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique,
00:06chercheur attaché à l'Institut français d'analyse stratégique.
00:08Merci d'être avec nous ce soir.
00:10Je le disais, l'Iran n'a pas confirmé l'identité de Jacques Paris et de Cécile Collère.
00:14Pourquoi, selon vous ?
00:17Oui, il y a un doute, mais enfin, il est vraisemblable que ça concerne les deux ressortissants français.
00:24Effectivement, vous évoquiez les peines de 31, 32 ans.
00:28Avec un jugement en première instance, donc il y a 20 jours pour faire appel.
00:34Et en réalité, les deux français, qui sont considérés aujourd'hui comme les otages d'État,
00:40sont le jeu de tractations géopolitiques entre Paris et Téhéran.
00:45C'est ça le drame de la situation.
00:48Ce qui est surprenant, c'est l'accélération des événements,
00:53puisque le 12 septembre dernier, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Arachy,
00:58avait déclaré qu'il y avait des négociations qui étaient dans une phase finale
01:02et qui étaient susceptibles de déboucher sur une libération potentielle des deux français,
01:09puisque un français, justement, le 8 octobre, a été déjà libéré.
01:16Donc, la question est posée de savoir pourquoi il y a cette obstruction, effectivement.
01:22Qu'est-ce qui a fait que cela a tourné court précisément par rapport à ces déclarations,
01:29qui semblait dire qu'un échange serait imminent, selon vous ?
01:31Oui, c'est d'autant plus paradoxal que les autorités françaises ont retiré leur plainte
01:37devant la Cour internationale de justice le 25 septembre,
01:41puisqu'elle avait été déposée pour mentement grave et répétée,
01:44justement, à la Convention de Vienne,
01:48pour la détention indue, illégitime, évidemment, de ressortissants français,
01:55une détention arbitraire,
01:56et que c'était le signe d'une bonne volonté des autorités françaises,
01:59justement, de ne pas chercher l'escalade, au contraire,
02:04pour parvenir à un dénouement favorable et convenable qui contente toutes les parties.
02:10Et donc, il y a des interrogations, effectivement.
02:12Il y a vraisemblablement des...
02:15Le problème en Iran, c'est qu'il y a des décisions qui sont...
02:19Des modes de décision opaques,
02:21avec, effectivement, des intérêts de certains cercles et d'autres
02:27qui sont parfois contradictoires,
02:30et qui peuvent expliquer, effectivement,
02:32le parasitage d'une négociation,
02:35dont tout le monde attend à des millions favorables,
02:37évidemment, sont tenus des conditions d'État.
02:39En arrière-plan, il y a le cas, évidemment,
02:42d'une ressortissante iranienne,
02:44qui s'appelle Mazie Esfandieri-Jalissé,
02:47qui est, effectivement, inculpée en France,
02:50et, semble-t-il, les autorités judiciaires
02:53laisseraient entendre que, on va dire,
02:56la libération sous caution n'aurait pas été permise
02:59par les autorités françaises,
03:00et c'est ce qui expliquerait, justement,
03:04l'obstruction qui a lieu aujourd'hui.
03:06Oui, Mazie Esfandieri a arrêté pour des publications
03:09anti-israéliennes sur les réseaux sociaux,
03:11on le rappelle.
03:12Otage d'État, dit Paris,
03:14pour ce qui est de Cécile Collère et Jacques Paris.
03:16On est dans un cas de diplomatie des otages,
03:21dont Iran a la marque de fabrique.
03:23Cette peine, elle est lourde.
03:24Alors, il risquait la peine de mort,
03:26mais néanmoins, 31 et 32 ans de prison,
03:28ça reste une peine lourde.
03:29C'est un moyen de pression sur la France ?
03:32Oui, probablement, par rapport, effectivement,
03:36à cette ressortissante iranienne.
03:39Il y a une logique de tractation.
03:41Jusqu'à présent, c'était unilatéral.
03:44Donc, c'était, effectivement,
03:46il y avait une diplomatie dite des otages
03:48de la part de Téhéran.
03:49Et il se trouve que le fait qu'aujourd'hui,
03:53il y a une fermeté française,
03:54notamment sur les activités jugées,
03:57effectivement, en infraction par rapport
04:00aux lois françaises, peut constituer,
04:03effectivement, un élément, vu de Téhéran,
04:06qui obère le dénuement attendu,
04:10même si on peut noter qu'effectivement,
04:13la peine de mort n'a pas été requise
04:15et que c'est un jugement en première instance
04:16qui permet la peine et donc qui n'exclut pas,
04:20effectivement, une modification favorable
04:23pour la suite.
04:23Mais on voit à quel point la situation est tendue.
04:26Elle est d'autant plus qu'en arrière-plan,
04:28il y a aussi les négociations sur le nucléaire.
04:29Et qu'il y a eu le rétablissement des sanctions
04:32avec la mobilisation de l'instrument
04:34qui s'appelle le mécanisme du snapback.
04:36Et que le snapback, on l'oublie,
04:38mais était en 2015,
04:40une initiative française insérée
04:43dans la résolution de 1931.
04:45Donc, le contentieux entre les deux capitales
04:48n'a jamais cessé depuis, en réalité.
04:50Et ça explique les difficultés, évidemment.
04:52et le jeu, effectivement, cynique
04:56avec la diplomatie des otages entretenus par terrain.
04:59Merci beaucoup, David Rigoulet-Rose,
05:01rédacteur en chef de la revue Orion Stratégique.
05:03Merci d'avoir été notre invité ce soir.
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