- il y a 10 mois
Le gel des avoirs russes, l'Arlésienne européenne
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00:00Et bienvenue dans les informés de l'Europe, 20 minutes pour décrypter l'actualité européenne sur France Info.
00:08En votre compagnie, François Baudonnet, bonjour.
00:10Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:11Rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions, je vous laisse présenter nos deux invités du jour.
00:15Absolument, nos deux informés de l'Europe sont Marie-Christine Vallée, journaliste spécialiste de l'Europe,
00:21et Audrey Vuettaz, journaliste à Public Sénat.
00:23Bonjour à vous deux.
00:24Bonjour.
00:25Cette semaine, François, nous parlons du narlésienne, le gel des avoirs russes.
00:29Avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, ça fait trois ans que les Européens en parlent, mais ils n'osent pas le faire.
00:35Il y avait un sommet européen cette semaine, et les 27 n'ont, une fois de plus, pas réussi à se mettre d'accord.
00:40Et oui, absolument, il y a toujours 200 milliards d'euros de réserve de la Banque centrale russe
00:45qui dorment dans les coffres de la société de services financiers Euroclear.
00:50C'est une société qui est basée à Bruxelles, en Belgique.
00:52Une manne qui a été gelée depuis février 2022, depuis le début de la guerre,
00:57et en particulier avec les sanctions contre Moscou.
01:00Mais cette manne, elle reste intacte et les Européens n'y ont pas touché.
01:04Vous vous en souvenez peut-être, un premier pas avait été franchi avec l'utilisation des profits générés par ces actifs.
01:12C'était 3 à 4 milliards de dollars annuels, mais encore une fois, pas ces 200 milliards d'euros dans la totalité.
01:18Cette fois, lors de ce sommet, presque tout le monde était d'accord, y compris la France,
01:21qui d'ailleurs jusqu'à présent était plutôt réticente.
01:24Mais la Belgique, où se trouve donc cette entreprise de services financiers, s'y oppose.
01:28Nous partons à Bruxelles, où nous retrouvons le correspondant de France Info en Belgique, Jean-Jacques Éry.
01:34Alors pourquoi la Belgique coince-t-elle ainsi ?
01:38Eh bien parce que la Belgique veut des garanties.
01:40Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, c'est elle qui concentre l'essentiel de ses avoirs.
01:43Sur les 210 milliards d'euros d'actifs russes qui sont gelés en Europe,
01:48170 à 180 sont hébergés à Bruxelles au sein de l'organisme international de dépôt Euroclear.
01:54Or, on ne touche pas à des avoirs étrangers comme ça.
01:56Ces sommes, elles sont protégées par le droit international,
01:59et la Belgique dit craindre d'éventuelles conséquences néfastes sans une solide base légale.
02:04Si un tribunal international d'arbitrage venait par exemple à sanctionner le fait de toucher aux actifs russes gelés,
02:09la Belgique a peur de se retrouver seule, a potentiellement remboursé un montant qui représenterait plus de 20% de son PIB.
02:15Elle a donc posé ses conditions, à savoir que chaque État membre s'engage à rembourser
02:19si Moscou obtenait éventuellement une cause un jour après un arbitrage international,
02:23que tous les pays européens ayant gelé des avoirs russes sur leur territoire participent eux aussi à la garantie du prêt.
02:29Et la Belgique a estimé que ces conditions n'étaient pour le moment pas réunies.
02:33La Commission devra donc revoir sa copie.
02:35Jean-Jacques Éry, le correspondant de France Info à Bruxelles.
02:38Alors selon Ursula von der Leyen, au contraire, il faut faire payer la Russie.
02:42C'est exactement ce qu'a dit également Volodymyr Zelensky qui participait à ce sommet.
02:47Selon lui, Moscou a peur de la décision des 27 sur ses avoirs gelés.
02:52Le Kremlin lui a vivement réagi contre les sanctions prises par Washington,
02:56puisque pour la première fois, vous savez que ces deux entreprises pétrolières,
02:59Rosneft et Lukoil, ont été sanctionnées par Donald Trump.
03:03Et au même moment, eux, les Européens adoptaient leur 19e paquet de sanctions.
03:06Alors ça fait plusieurs semaines, voire plusieurs mois qu'on en parle, mais cette fois, ça y est, c'est fait.
03:10Et donc ce paquet de sanctions qui, en fait, permettait de contourner les mesures d'embargo sur le pétrole russe.
03:17Audrey Vietaz, si ces 200 milliards d'euros étaient confisqués à la Russie,
03:20qu'est-ce qui pourrait être fait pour l'Ukraine avec ?
03:23Alors l'idée, ce serait de mettre en place ce qu'on appelle un prêt de réparation pour l'Ukraine.
03:27La commission distribuerait de l'argent par tranche.
03:30Ça permettrait d'avoir un soutien régulier.
03:33C'est aussi dans un contexte où on ne sait pas vraiment si les États-Unis vont continuer à soutenir l'Ukraine.
03:36Donc ce serait régulier.
03:38Avec cet argent, l'Ukraine, elle pourrait acheter des armes, des drones, des munitions.
03:42La France, elle pousse pour que ce soit des achats européens.
03:45Elle pourrait aussi développer son armement en Ukraine directement.
03:49Et puis après, plus tard, reconstruire après la guerre.
03:52Et en fait, avec ce prêt, on part du principe que la Russie va indemniser l'Ukraine après la guerre puisqu'elle a été l'agresseur.
03:59Donc en fait, c'est comme si c'était une avance sur les réparations que devra payer la Russie.
04:03Avec cet argent, l'Ukraine rembourserait la commission.
04:05Ce serait une avance sur la reconstruction finalement de l'Ukraine qui, pour l'instant, n'est pas du tout à l'ordre du jour
04:10puisqu'on n'arrive déjà pas à mettre fin à cette guerre.
04:13Marie-Christine Vallée, le Premier ministre belge dont on parlait à l'instant,
04:16a dit que même pendant la Seconde Guerre mondiale, les avoirs ennemis n'ont jamais été saisis.
04:20Quels sont les arguments, les autres arguments qui sont mis en avant par ceux qui s'opposent à cette saisine ?
04:25En fait, celui qui s'est opposé au sommet européen, c'est Bard de Weaver, le Premier ministre belge,
04:32puisque les pays, les uns après les autres, ont finalement accepté l'idée d'utiliser ces avoirs russes,
04:38le capital détenu par la Banque centrale de Russie à Bruxelles.
04:42Et donc, en fait, Bard de Weaver a alerté en disant,
04:46attention, il ne faut pas que ça apparaisse comme une confiscation.
04:50Si c'est vu comme ça par la Russie, ça peut jeter l'opprobre sur la société de finances Euroclear.
04:59Et cette société, il faut quand même savoir qu'elle représente un tiers du PIB belge.
05:03Donc, pour lui, c'est très important.
05:05Et il a beaucoup insisté là-dessus.
05:08Également, et on l'a entendu tout à l'heure en direct de Bruxelles,
05:11la crainte de ne pas être remboursée.
05:13Donc, si l'Ukraine obtenait ce prêt de réparation et qu'elle ne remboursait pas à terme,
05:19la Belgique, évidemment, serait en première ligne pour ne pas être remboursée.
05:23Et puis, il y a cette fameuse question juridique sur laquelle la présidente de la Banque centrale européenne,
05:28Christine Lagarde, a prévenu en disant, il faut absolument respecter le droit international
05:34et prendre les formes qui conviennent parce que sinon, on peut être affaibli.
05:41Donc, finalement, qu'est-ce qui s'est passé à Bruxelles cette semaine ?
05:44Il y a eu un accord de principe sur le fait de pouvoir utiliser ce cash,
05:49ces avoirs russes à terme, mais on ne sait pas encore selon quelle formule.
05:52Et donc, Mme von der Leyen va devoir présenter d'autres options.
05:56Et vous parliez de l'aspect juridique.
05:58C'est vrai qu'il y a des experts juridiques qui ne sont pas d'accord
06:00sur ce qui pourrait advenir en cas de saisie, effectivement.
06:04On évoquait aussi Euroclear, François.
06:06Il faut signaler quand même que la présidente d'Euroclear, le conseil d'administration,
06:09sont placés sous protection de l'armée, en tout cas sous protection depuis quelques mois,
06:13parce qu'il y a des menaces aujourd'hui.
06:15François, dans cette histoire, on a surtout l'impression que les Européens ont peur de leur ombre.
06:19Alors, je crois que oui, les Européens ont complètement peur de leur ombre.
06:22Et vous savez, alors, moi, je suis bien sûr extrêmement jeune,
06:25mais je suis l'Europe depuis quand même quelques années.
06:27Et ça me fait penser à ce qui s'était passé à partir des années 2007-2008.
06:30Vous savez, quand il y a eu l'Eman Brothers, la faillite de l'Eman Brothers aux Etats-Unis,
06:34ensuite, on a eu la crise grecque et on avait des réunions.
06:37J'étais à Bruxelles à ce moment-là.
06:38On avait des réunions toutes les semaines, des réunions d'urgence, etc.
06:41Les Européens, les ministres des Finances, mais aussi les chefs d'État,
06:44se réunissaient et ils ne prenaient jamais la bonne décision.
06:47Ils parlaient, ils parlaient, ils parlaient et ils prenaient jamais la bonne décision.
06:50Et ça a eu des conséquences économiques gravissimes pour l'Europe.
06:53Là, j'ai un peu le sentiment, alors ça, ce n'est pas exactement la même chose,
06:55mais j'ai un peu le sentiment que c'est pareil.
06:58Alors, c'est vrai, oui, évidemment, il y a des menaces.
07:00Vous l'avez dit, la présidente de Roqueville, dont cette société financière,
07:04elle vit sous protection policière parce que, oui, forcément, c'est quelque chose d'important.
07:08Mais enfin, quand même, Vladimir Poutine, est-ce qu'il fait attention au droit international
07:11quand il attaque l'Ukraine ?
07:13Pas du tout. Donc, les Européens pourraient aussi se dire,
07:16nous, on n'a pas à respecter le droit international.
07:19J'entends tous les arguments qui sont donnés, bien entendu.
07:21Je pense que d'ailleurs, c'est intéressant parce qu'il doit y avoir le même style de discussion
07:24autour des tables à Bruxelles qu'autour de la table de ce studio ici ce matin.
07:29Encore une fois, Vladimir Poutine, lui, le droit international, il s'assoit dessus
07:34et nous, les Européens, nous le respectons.
07:35Mais, Audrey Vétoise, justement, est-ce qu'en étant dans l'inaction,
07:39l'Europe ne risque pas de perdre un peu de son influence ?
07:43Peut-être, juste avant de vous répondre, je compléterai ce que dit François
07:46parce que moi, je ne suis pas tout à fait d'accord.
07:48En effet, Vladimir Poutine, il ne respecte pas le droit international.
07:51Mais nous, en fait, si jamais on saisissait ses actifs et qu'on les utilisait,
07:55on ne le respecterait pas non plus. L'Europe ne le respecterait pas non plus.
07:57Donc après, on ne peut pas dire, vous ne respectez pas le droit,
07:59vous attaquez un pays sans respecter nous de l'autre côté.
08:02Donc il y a aussi, peut-être, oui, en effet, de la frilosité,
08:05mais il y a aussi ce côté où ce n'est quand même pas plus mal
08:09si on respecte pour le coup les règles pour donner l'exemple.
08:13Mais les conséquences, c'est qu'il n'y a pas d'armes pour l'Ukraine.
08:14Ça, c'est quand même gravité.
08:15Ça, c'est vrai que c'est des conséquences très présentes.
08:18Mais voilà, c'est quand même assez compliqué de montrer l'exemple
08:23et en même temps de ne pas le suivre.
08:25Et sur cette influence de l'Europe, Marie-Christine Vallée, peut-être,
08:28est-ce que le fait d'être dans l'inaction,
08:30ça ne prive pas l'Europe d'une certaine influence dans ce conflit ?
08:33D'une certaine influence.
08:35Déjà, la semaine dernière, on disait qu'elle n'avait pas été conviée
08:38à ce projet de réunion à Budapest entre Vladimir Poutine et le président Trump.
08:44Elle est quand même assez contournée.
08:47Mais là, en l'occurrence, il faut quand même respecter le droit international.
08:51Donc, il y a certains grands juristes qui disent qu'il y a des pouvoirs.
08:55On peut faire, on peut prendre des mesures.
08:57Par exemple, ils appellent ça prendre une contre-mesure.
09:00À partir du moment où la Russie et Vladimir Poutine n'ont pas respecté le droit international
09:06en attaquant l'Ukraine, on peut légitimement prendre une contre-mesure
09:11qui serait prendre, se servir de ce cash, de cet argent.
09:15Débat entre juristes, débat entre informés ce matin sur ce plateau.
09:18On va vous retrouver dans quelques instants, Audrey Vuettaz et Marie-Christine Vallée
09:21pour la suite Désinformés.
09:23Ce sera juste après le Filinfo à 9h49 avec Manon Lombard-Brunel.
09:27Ils ne sont désormais plus que 7.
09:287 bateaux sur 10 dans la classe des Ocean Shun 50
09:32engagés sur la Transat Café-Lore.
09:34Les trois autres ont chaviré 7 métaux ce matin.
09:37Personne n'a été baissé des parts des autres catégories.
09:39Aujourd'hui, à 14h, c'est à vivre évidemment sur France Info,
09:42radio officielle de la Transat.
09:44À l'Assemblée, les premiers revers de la majorité hier en pleine examen
09:47du volet recettes du projet de loi de finances.
09:49Les députés ont adopté la défiscalisation de l'intégralité des heures supplémentaires.
09:54Ils ont aussi rejeté le gel du barème de l'impôt sur le revenu.
09:57C'était deux demandes de la droite.
09:59Le producteur de cinéma Thierry Lunas, visé par une plainte pour viol,
10:02le cofondateur du magazine Sofilm,
10:05est accusé d'avoir agressé sexuellement une étudiante.
10:07C'était en 2010.
10:09Il conteste les faits.
10:10Puis c'est une rencontre très attendue,
10:11dont les derniers détails sont en train d'être peaufinés.
10:14A cinq jours maintenant de cette entrevue entre Donald Trump et le président chinois,
10:18Xi Jinping, le secrétaire américain du Trésor,
10:21assure ce matin que ces discussions se feront dans un contexte très positif.
10:25Rencontre dans le cadre de la tournée en Asie du locataire de la Maison Blanche
10:28pour tenter de trouver un accord sur les droits de douane entre les deux pays.
10:31Les informés de l'Europe, deuxième partie de ce jour avec Audrey Vuetaz,
10:46journaliste à Public Sénat et Marie-Christine Vallée,
10:48journaliste spécialiste des questions européennes.
10:50On parle ce matin du positionnement des différents pays européens
10:53face au gel des avoirs russes saisis depuis le début de la guerre en Ukraine.
10:57Audrey Vuetaz, est-ce que cette frilosité des Européens n'est pas d'autant plus ennuyeuse
11:01que saisir ses actifs, ça aurait un vrai impact pour les Ukrainiens ?
11:06Oui, parce que ça porterait forcément un coup contre la Russie.
11:10La Russie qui a besoin d'argent parce qu'en fait,
11:12elle a fléché 8% de son PIB pour financer cette guerre.
11:15Donc voilà, de l'argent saisi finalement,
11:17ça renforcerait la fragilité en tout cas de l'économie russe.
11:21C'est preuve que ça a fait mouche.
11:24Vladimir Poutine menace de mettre en place des mesures miroirs,
11:28donc de sanctionner les actifs européens qui sont en Russie,
11:31de les capter et de sanctionner aussi les entreprises européennes
11:34qui n'ont pas réussi ou qui n'ont pas voulu partir de Russie depuis le début de la guerre,
11:39notamment les filiales de Danone, de Air Liquide.
11:42Et il menace en fait de les nationaliser
11:44ou alors de leur demander vraiment énormément d'argent,
11:47énormément de capitaux pour qu'elles puissent partir.
11:49Donc on sent quand même que ça fait mouche, en tout cas.
11:52Moi je pense que ce que dit Audrey est vraiment intéressant.
11:55Depuis le début, on met des sanctions sur les hydrocarbures.
11:59Quand je dis nous, c'est les Européens.
12:02Je pense qu'on a raison de le faire.
12:03Mais on voit qu'il n'a même pas réagi là-dessus, quasiment pas,
12:06parce qu'il a contourné avec ses navires fantômes en vendant aussi...
12:10Du GNL, du gaz liquide aussi.
12:11Oui, et puis en vendant aussi à d'autres pays,
12:14en vendant aux Indiens, en vendant aux Chinois.
12:16Là, quand vous tapez au portefeuille et au fonctionnement financier de la Russie,
12:20là, ça lui fait très mal.
12:21Et là, il réagit immédiatement.
12:23Et donc c'est vraiment là, à cet endroit-là précisément, qu'il faut taper.
12:27Marie-Christine Vallée, elle est dans quel état, justement, l'économie russe aujourd'hui ?
12:31Elle n'est pas tombée à terre.
12:33Elle continue à s'adapter, justement, en contournant les sanctions commerciales.
12:38Elle fait tourner une économie de guerre, fabrication d'armes,
12:42et cela dope aussi son PIB.
12:44Vladimir Poutine était fier d'annoncer qu'en 2024,
12:48le taux de croissance avait dépassé 4%.
12:51Mais elle est quand même très gênée par les sanctions.
12:54D'abord, par la diminution très nette de la recette de vente des hydrocarbures,
13:00qui, elle représentait avant la guerre en Ukraine,
13:0340% du budget de la Russie.
13:05Et maintenant, c'est 25%.
13:07Et on voit bien, d'ailleurs, que les Européens ont bien diminué leur clientèle,
13:12puisque l'Union européenne importait la moitié de son volume de gaz,
13:17venait de Russie.
13:18Et maintenant, ça n'est plus que de 13%.
13:20Donc, c'est un formidable manque à gagner pour les Russes.
13:24Et au sujet des carburants, en ce moment, il y a un problème en Russie.
13:27C'est que les Ukrainiens ont beaucoup attaqué toutes les centrales d'énergie
13:32et ils ont détruit pas mal de raffineries.
13:35Ce qui fait qu'il n'y a plus de stock d'essence,
13:37il n'y a plus de stock de carburant.
13:39Et la Russie est obligée, en ce moment,
13:41de mettre des restrictions pour la distribution d'essence pour les citoyens russes.
13:47Dans différents secteurs de l'économie,
13:50la Russie continue à s'approvisionner, à se fournir auprès de la Chine,
13:55auprès aussi des pays du Caucase.
13:56On a noté, par exemple, que l'Arménie lui fournissait beaucoup de machines outils.
14:02Mais les importations sont plus chères qu'avant.
14:06Et le taux d'inflation actuellement est de l'ordre de 9%.
14:09Quant au taux d'intérêt pour les entreprises,
14:13le taux d'intérêt pour les emprunts, il est de 18%.
14:16Donc, elle n'est pas à terre, mais elle est gênée.
14:20Il y a des conséquences, on l'imagine, sur la vie quotidienne des Russes
14:22à travers ce que vous nous racontez.
14:23Audrey Vettaz, vous vouliez ajouter quelque chose ?
14:25Oui, des conséquences, parce qu'on voit
14:26que dans l'économie russe, il y a des choses qui ne vont pas forcément très bien.
14:30Il y a du chômage masqué, notamment dans l'industrie automobile,
14:34où, en fait, on demande aux salariés de ne pas venir travailler tous les jours.
14:38Il y a du chômage partiel.
14:40On voit que, comme tout est fléché vers l'industrie de la guerre,
14:44et qu'il y a des problèmes avec les hydrocarbures,
14:46et qu'on ne peut pas les vendre au même prix,
14:47ils sont obligés de les brader,
14:48il y a des pans, notamment de l'économie plutôt civile,
14:52qui commencent un peu à en pâtir.
14:53Donc on sent que, et je crois que les prévisions du Fonds monétaire international
14:56sur la croissance de la Russie sont plutôt revues à la baisse cette année.
14:59Oui, mais l'économie russe ne va pas s'effondrer.
15:01Et c'est ça le truc, en fait.
15:03Vous vous souvenez que notre ministre de l'économie,
15:05à l'époque, Bruno Le Maire, il avait dit
15:07« Nous allons détruire l'économie russe ».
15:08D'ailleurs, ça avait fait beaucoup parler,
15:10parce que c'était évidemment très fort.
15:12On n'a pas détruit l'économie russe.
15:14Évidemment que les sanctions la faiblissent.
15:15Évidemment, comme l'a dit Marie-Christine,
15:17elle est gênée, mais c'est vraiment le bon terme.
15:19Et je pense que l'économie russe est gênée aux entournures.
15:21Mais au quotidien, ça fonctionne.
15:22C'est-à-dire quoi ?
15:23Ça veut dire que ça peut continuer encore comme ça,
15:26avec une économie qui est tournée vers la guerre.
15:29Ça peut continuer comme ça encore des années.
15:31Et le problème, c'est que l'Ukraine, elle,
15:33elle ne peut pas tenir des années.
15:35Donc voilà, l'économie russe, elle est gênée.
15:37Ça ne va pas très bien pour les Russes au quotidien.
15:39Mais quand vous allez à Moscou,
15:42finalement, vous ne voyez pas tellement
15:43que c'est un pays qui est en guerre.
15:46Et donc, l'économie russe, pour l'instant,
15:48elle continue qu'à avancer.
15:51Cette guerre, elle se poursuit, justement.
15:53François Baudonnet, l'hiver approche.
15:55Où en est-on ?
15:56On est dans l'hiver.
15:57Il fait très froid, ici à Paris.
15:58Mais bien sûr, il fait beaucoup plus froid en Ukraine.
16:01C'est un avantage pour l'armée russe.
16:03Il y a quasiment chaque jour des morts.
16:05Il y en a eu encore ce matin.
16:06Il y a eu des attaques de drones ce matin
16:08sur Kiev avec plusieurs morts.
16:10Il y a eu des enfants blessés.
16:12Et c'est le cas, je vous dis,
16:13allez, un jour sur deux.
16:15Et puis, on assiste sur tout ce qui est important.
16:17C'est, en fait, un détachement de Donald Trump.
16:20Vous savez, on en parlait ici même la semaine dernière.
16:23Il devait rencontrer Vladimir Poutine.
16:24Finalement, la rencontre n'aura pas lieu.
16:27En tout cas, pas tout de suite.
16:28Il n'est pas certain, effectivement, de le rencontrer.
16:29Si ça ne débouche pas sur un accord, ça ne l'intéresse pas.
16:31Mais c'est ce qu'on disait depuis le début.
16:32Sauf que lui, il a mis un petit peu de temps à s'en rendre compte.
16:35Il a dit, moi, je n'ai pas de temps à perdre, en fait.
16:37Je m'entends très bien avec lui.
16:38C'est ce qu'il a dit.
16:39Je m'entends très bien avec Vladimir Poutine.
16:40On a une très bonne relation.
16:41Mais tant qu'il n'y a pas d'accord,
16:42ça ne sert à rien que je le rencontre.
16:44Donc, on est là aussi, dans la poursuite,
16:46à la fois de l'armée russe,
16:47qui continue à taper sur les villes.
16:49C'est évidemment ce qui est important
16:50pour le moral des Ukrainiens.
16:52Et puis, sur le front, l'armée russe,
16:54qui continue à grignoter un peu de terrain,
16:57un peu plus de terrain chaque jour.
16:58Tapes sur les villes,
16:59tapes sur les installations énergétiques aussi,
17:00qui n'est pas sans poser quelques problèmes
17:02en termes de fourniture d'électricité.
17:04Plusieurs heures par jour, sans électricité,
17:05quand il fait froid, c'est très dur.
17:07Et Audrey Vettaz, Volodymyr Zelensky,
17:09dans tout cela, aujourd'hui,
17:10on l'entend toujours réclamer des armes,
17:12de l'argent.
17:13Et on a l'impression qu'il crie un peu
17:14dans le vide, parfois.
17:15Oui, il a essayé de faire du lobbying,
17:17justement, quand il fallait prendre cette décision.
17:19Est-ce qu'on saisit les actifs russes ou pas ?
17:21Il a tout essayé, mais ça coince encore.
17:24Alors, c'est étonnant,
17:25parce que maintenant, ça coince au niveau de la Belgique,
17:26qui était plutôt un soutien.
17:28Donc, c'est vrai qu'il fait face aux divisions traditionnelles
17:31des Européens.
17:32Marie-Christine Vallée.
17:33La Belgique, elle soutient ses intérêts.
17:35Parce qu'effectivement,
17:37quand on voit que cette somme d'argent détenue par Euroclear
17:40représente un tiers du PIB du pays,
17:44on comprend qu'il défend ses intérêts.
17:46Mais on aura la réponse le 19 décembre prochain.
17:51C'est le prochain sommet européen.
17:52Et c'est là où Mme von der Leyen
17:54va proposer des options
17:56qui, peut-être, satisferont
17:58le Premier ministre de Weaver.
18:00François, moi, j'ai quand même,
18:01peut-être pour finir,
18:02j'ai quand même une forme de pessimisme
18:04par rapport à ce qui se passe avec l'Ukraine.
18:07On va rentrer dans l'année 2026.
18:09Et autant au début,
18:10dans les premières semaines,
18:11les premiers mois,
18:12la réaction des Européens
18:13avait été d'une grande force.
18:14Et même après,
18:15il y a des choses qui ont été faites.
18:16L'idée n'était pas de dire
18:17que les Européens n'ont rien fait.
18:18Ce n'est pas ça du tout.
18:19Au contraire, il y a une vraie unité.
18:21Mais là, on ne voit rien qui bouge, en fait.
18:22On ne voit rien.
18:23Les Européens, je ne sais pas comment dire,
18:26ils sont figés.
18:27Et il n'y a aucune décision forte
18:29qui est prise
18:31ou qui est sur le point d'être prise
18:32et qui pourrait être,
18:34ce qu'on appelle, vous savez,
18:35en bon français,
18:35un game changer
18:36qui pourrait faire basculer la situation.
18:38Ça, on n'a pas ça pour l'instant.
18:39Merci François pour vos explications,
18:41votre analyse.
18:42François Baudonnet,
18:42que vous retrouvez tous les matins
18:43sur le Canal 16
18:44pour l'actualité internationale.
18:46C'est la fin des informés.
18:47Merci beaucoup Audrey Vettaz.
18:48On vous retrouve sur Public Sénat.
18:50Marie-Christine Vallée,
18:51spécialiste des questions européennes
18:52régulièrement avec nous
18:53dans Les Informés.
18:54Émission à retrouver en podcast
18:56sur franceinfo.fr.
18:57Très bon dimanche.
18:58L'info continue sur France Info.
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