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  • il y a 3 mois

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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Et toujours en compagnie de Philippe Bilger et Gilles Boutin.
00:07On parlait il y a quelques instants, Philippe et Gilles, avec Romain Esquenazi,
00:12porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Nationale.
00:14On voit que le PS commence un petit peu à vouloir négocier.
00:18C'est vrai qu'il parlait d'ultimatum il y a encore un jour.
00:22Le temps a un petit peu changé, Philippe Bilger, quand même.
00:24Vous l'avez remarqué aussi ?
00:26J'avais cru comprendre qu'Olivier Faure cherchait à adopter un ton très intimidant,
00:33puisqu'il disait que si rien de socialiste ne surgit d'ici lundi,
00:38eh bien il y aura une motion de censure.
00:40Mais ils se rendent compte eux-mêmes qu'ils ont déjà beaucoup obtenu,
00:45et peut-être un éclair de lucidité les saisit-il à ce moment-là,
00:51en disant qu'on ne peut pas tout obtenir.
00:53Vous mettez ça sur le dos de la lucidité.
00:55Mais moi je me dis qu'ils ont surtout tout à perdre.
00:59Moi, ma chère Stéphanie, je suis un incurable optimiste.
01:01Oui, je sais, mon cher Philippe, vous avez raison,
01:03mais c'est vrai que Gilles Boutin, si les socialistes censurent,
01:08non seulement ils vont perdre la suspension de la réforme des retraites,
01:11et en plus ils vont être peut-être potentiellement obligés de retourner aux urnes,
01:14ce qui n'est pas forcément souhaitable.
01:15Et le NFP renaestera sur ces stands encore tièdes.
01:19Il faudra revenir à la maison, négocier âprement avec LFI,
01:23qui donnera encore moins de sièges potentiels aux socialistes.
01:26Je pense que c'est le pire cauchemar d'Olivier Faure.
01:29Il a fait un choix, il s'est dissocié de LFI.
01:31Il a compris que Jean-Luc Mélenchon était quand même sacrément encombrant.
01:35Donc si lucidité il y a, on peut en trouver de ce côté-là.
01:40Cependant, rien n'est gagné effectivement,
01:42parce qu'ils vont être tiraillés entre leurs bases,
01:44et qu'ils ne comprendraient pas qu'ils faillent renoncer à une taxe Zuckman,
01:50par exemple, puisque c'est vrai, il y a plus de 60% des Français
01:53qui sont favorables à une telle taxe.
01:56Donc comment expliquer un renoncement,
01:58sachant qu'un compromis pourrait passer avec le centre et éventuellement LR,
02:03en enlevant tout simplement ce nom, Zuckman,
02:06qui hérisse tout le monde, et lui donner un nouveau nom.
02:08D'ailleurs, je n'ai pas retenu l'acronyme,
02:10mais la nouvelle taxe Zuckman, présentée comme LIGHT,
02:14qui a été présentée par le Parti Socialiste,
02:16et dont sort l'outil professionnel,
02:20est réputée moins dure.
02:23Donc elle n'a pas le nom de Zuckman.
02:28Donc la négociation est âpre,
02:30et alors cependant, là où on s'est trompé potentiellement,
02:33c'est sur la détermination du PS,
02:35c'est-à-dire que le PS reste un parti fondamentalement négociateur.
02:39Ils ont ça dans le sang,
02:40ils font des congrès en permanence,
02:42on ne suit pas ça de près,
02:43le grand public ne regarde pas tous ces congrès,
02:45mais il y a des négociations byzantines en permanence.
02:47Olivier Faure est un politicien madré,
02:49François Hollande, avant lui, l'était également.
02:53Et donc la négociation, ça consiste à poser des exigences extrêmement élevées,
02:57voire insoutenables en apparence,
02:59pour obtenir des concessions derrière,
03:02qui ne déshonorent pas la partie d'en face.
03:04Philippe Bilger, pardonnez-moi.
03:06Je ne tirerai pas de conclusion aussi décisive
03:10de la majorité de Français
03:12qui sont pour la taxe Zuckman,
03:14qui sont en général très généreux avec la fortune des autres.
03:18Les Français, dans ce domaine-là,
03:21ils sont remarquables.
03:22Mais peut-être que le sentiment que ça créerait
03:25une moindre inégalité peut jouer tout de même.
03:28Justement, Philippe Bilger, vous parlez de ce sondage,
03:31moi aussi j'allais vous lancer là-dessus en disant
03:33c'est vrai que quand on pose la question comme ça,
03:35bon, ben voilà, peut-être qu'il est tentant de dire
03:37oui, évidemment, il faut taxer les plus riches,
03:40mais c'est vrai que le débat a été,
03:42je le disais aux députés tout à l'heure,
03:43a été confisqué sur ces thèmes-là.
03:45Si on proposait peut-être d'autres choses plus acceptables
03:48et plus créatives aux Français,
03:50il serait peut-être tenté de les accepter, n'est-ce pas ?
03:53Et Zuckman lui-même y a mis du sien.
03:56Toutes les cinq minutes, il intervient.
03:58Non, mais toujours la taxation, vous voyez,
03:59peut-être que les Français attendent aussi
04:01des réformes structurelles,
04:03une baisse de la dépense publique.
04:05Alors là, on est dans la partie recette, certes,
04:07mais on n'en parle pas souvent de ça.
04:09Bien sûr, mais pour quelqu'un qui est passionné par la politique,
04:13on voit bien à quel point,
04:15malgré la non-utilisation du 49-3,
04:20on retrouve à l'Assemblée
04:21les rapports de force que j'évoquais tout à l'heure
04:24entre des républicains qui ne veulent pas
04:27d'impôts supplémentaires ni de taxes
04:30et puis de l'autre côté, le Parti Socialiste
04:32qui est sous le regard de LFI
04:35et qui cherche, comme vous l'avez très bien dit,
04:38à rester fidèle à son image
04:40tout même de négociateur et de compromis
04:43dont certains au Parti Socialiste
04:46étaient des spécialistes.
04:47Mais ça donne un spectacle dramatique
04:49de la politique.
04:52C'est-à-dire que oui, le budget,
04:53c'est un exercice qui consiste effectivement
04:54à chicaner sur des tas de détails en apparence.
04:58Vous avez une liste d'amendements longue comme le bras.
05:02Cependant, ça donne le sentiment, effectivement,
05:03qu'il n'est pas question de changer les choses.
05:06On se demande juste où est-ce qu'on va aller chercher
05:07l'argent qui nous manque,
05:09éventuellement de gratter un peu à gauche, à droite.
05:12Mais comme vous le disiez, Stéphanie,
05:13la dimension structurelle est absente.
05:15Et pourquoi elle est absente ?
05:16C'est parce qu'on n'a pas la majorité
05:17pour envisager une quelconque réforme.
05:19Dans la deuxième partie de l'examen.
05:22Mais c'est précisément ce que l'agence Moody's a pointé.
05:25Et Fitch et Standard & Poor's avant.
05:26C'est-à-dire que la suspension de la réforme des retraites
05:29est un indicateur extrêmement négatif.
05:35Et le gouverneur de la Banque de France met en garde aujourd'hui.
05:37Absolument.
05:38Et donc la seule réforme véritablement structurelle
05:39qui a été faite récemment,
05:41on est en train de l'effacer.
05:42Oui.
05:43Est-ce qu'on n'espérait pas que cette suspension
05:45contenterait en quelque sorte les socialistes ?
05:49Mais ce n'est pas suffisant, manifestement.
05:50Gérard Larcher n'en veut pas.
05:52En tout cas, c'était une belle journée pour Laurent Wauquiez.
05:54Il a dû la savourer parce que ça faisait longtemps.
05:56Je vous propose d'écouter le chef de file des députés LR.
06:01C'était tout à l'heure à l'Assemblée.
06:03Dans cette bataille budgétaire,
06:04la droite républicaine vient de remporter deux victoires.
06:07On a d'abord obtenu, et c'était très important pour nous,
06:10d'écarter toute augmentation d'impôt sur le revenu.
06:12C'est un budget où il y a beaucoup trop d'augmentation d'impôt.
06:15Et puis notre deuxième enjeu,
06:17c'est le retour intégral à la défiscalisation
06:19des heures supplémentaires de l'époque de Nicolas Sarkozy.
06:22Parce que ça marchait.
06:23Bon, c'était une belle journée, Philippe Bilger, pour les LR.
06:26Ça faisait longtemps, je le disais,
06:28parce qu'ils ne ressortent quand même pas forcément grandis de cette séquence.
06:32C'est le moins compliqué.
06:33Mais ça, c'est une petite victoire quand même de Laurent Wauquiez aujourd'hui.
06:36Je suis obligé de le reconnaître,
06:38du côté de Laurent Wauquiez.
06:41Oui.
06:41Ça vous embête ?
06:43Disons que ça n'est pas l'être le plus fiable chez les Républicains, de mon point de vue.
06:50Et là, il ne faut pas mégoter cette double victoire
06:54qui montre qu'on peut obtenir tout de même des avancées.
06:59C'est vrai.
06:59Mais pourquoi à la fin ?
07:00C'est-à-dire que si effectivement,
07:02les socialistes considèrent que tout cela ne se tient pas,
07:05ou alors que LR, au contraire,
07:08également voit trop de prélèvements obligatoires dans ce budget,
07:12alors tout sautera.
07:14Donc on peut se réjouir effectivement de petites victoires,
07:16de petits coups de cet acabit.
07:19Mais à l'arrivée, il nous faudra effectivement un budget.
07:23C'est la chose la plus essentielle qu'il nous faut.
07:26C'est-à-dire qu'on pourrait souhaiter mieux.
07:29On pourrait souhaiter un assainissement plus net de nos dépenses.
07:32On ne s'oriente pas vers ça.
07:33On aura certainement 5% de déficit, peut-être même plus.
07:36Cependant, je pense que la stabilité est primordiale.
07:40Et il va vraiment falloir qu'un maximum de députés ait cela en tête.
07:44Alors, il y en a parmi ces députés, n'est-ce pas,
07:47qui préfèrent se tenir loin des tambouilles budgétaires ?
07:51Marine Le Pen, dont l'absence a brillé cet après-midi à l'Assemblée.
07:56D'ailleurs, Manuel Bompard dénonce justement l'absence
07:59de la chef de file des députés RN à l'Assemblée nationale.
08:04C'est vraiment depuis le début de cette séquence budgétaire.
08:07Philippe Bilger, vous avez noté, à chaque fois,
08:09on voit ces écrans de députés en train de s'échapper à l'Assemblée.
08:13Vous avez Marine Le Pen qui est au contact des Français.
08:16En l'occurrence, elle était aux côtés de Jordan Bardella
08:18à la foire de Poussé dans les Vosges.
08:20C'est un bon calcul politique.
08:22Je ne sais pas.
08:23Pour répondre à Manuel Bompard sur ce point précis,
08:27Marine Le Pen fait encore ce qu'elle veut,
08:29si elle n'a pas envie de venir.
08:32Mais je vous rejoins, Stéphanie,
08:35dans ce que j'ai cru deviner de votre question.
08:39Elle n'était pas posée, ma question.
08:40Non, elle était parfaitement posée.
08:43Et je crois qu'en effet,
08:45autant je peux comprendre la volonté de Marine Le Pen et Jordan Bardella
08:50de montrer qu'ils s'éloignent d'une sorte de complexité,
08:55voire de...
08:57Pardon pour le terme de putridité,
09:01parfois des échanges parlementaires.
09:03Autant là, ça apparaît comme une démarche tellement ostensible
09:08qu'à mon avis, elle manque un peu son but.
09:11Je ne serais pas loin de penser qu'il aurait été souhaitable
09:14qu'elle soit là.
09:15Gilles Boutin, c'est votre avis aussi ?
09:17Oui, je pense que Marine Le Pen cède à la facilité.
09:19Parce qu'en fait, elle a décidé de couper les ponts.
09:21C'est fini, on ne discute plus.
09:23C'est très pratique,
09:24parce que ça évite d'avoir à déployer trop d'énergie
09:26pour entrer dans les dossiers.
09:28Et en jetant un anathème ainsi sur le gouvernement
09:32et sur les oppositions,
09:34ça lui évite d'avoir à faire quoi que ce soit.
09:37Elle estime qu'elle va en récupérer les fruits bientôt,
09:41si dissolution il y a.
09:43Bon, il y a une mérite d'être claire.
09:44Les RN depuis le départ disent de toute façon
09:47on censurera quoi qu'il arrive.
09:49Non, ils ne se sont pas remplacés.
09:50A chaque fois, ils ont dit
09:51on laisse le temps au gouvernement de nous présenter sa copie.
09:54Bon, à chaque fois, c'est la même réaction.
09:57Et là, on sent bien,
09:57il n'y a aucun effort argumentaire de la part de Marine Le Pen
10:00pour expliquer sa position.
10:02Ils ont déserté l'Assemblée
10:04et ils attendent que le fruit tombe.
10:06Sinon, qu'elle a affirmé que Tanguy
10:08pouvait parfaitement la remplacer.
10:12Oui, je pense que c'est très pratique.
10:13Écoutez justement, Marine Le Pen,
10:15on a tenté quand même un petit argumentaire.
10:17On revient sur cette fameuse taxe Zuckmann.
10:20Écoutez ce qu'elle en pense.
10:21Nous ne la soutiendrons que si elle correspond exactement
10:24à l'impôt sur la fortune financière
10:25que nous avons proposé.
10:26C'est-à-dire en retirant la résidence principale
10:29ou la résidence unique de cet impôt
10:31qu'évidemment, la contrepartie,
10:33c'est la suppression de l'impôt sur la fortune immobilière
10:35parce que ça ne peut pas s'agréger,
10:38si vous voulez, déjà à un impôt
10:40que nous considérons comme profondément toxique
10:41et qui vise à lutter contre l'enracinement
10:45et si les 75% de parts qui sont investies dans les PME
10:49et les ETI sont préservées de cet impôt
10:53parce qu'il faut continuer à accélérer
10:56précisément le soutien à nos entreprises.
10:59Bon, ça a le mérite d'être clair.
11:02J'entends, mais elle récite ce que le RN a proposé.
11:05C'est son IFF, qui n'est pas très joli à prononcer,
11:09impôt sur la fortune financière.
11:11Donc voilà, elle vient de nous expliquer
11:13ce en quoi il consiste, Lucie,
11:15et contesté pour son rendement.
11:16C'est-à-dire que ça ne rapporterait pas grand-chose,
11:18à vrai dire.
11:19Alors, on va dire, c'est toujours mieux
11:21que l'attaque Zuckmann
11:22qui est contesté aussi dans un rendement.
11:25Qui est contesté par, notamment, Philippe Aguillon
11:26qui est sans doute le meilleur pour en parler.
11:30Donc je maintiens, oui,
11:31que le RN a déserté les débats parlementaires
11:35et Marine Le Pen attend que le fruit tombe
11:39et elle se sent prête parce que...
11:40Et est-ce que le fruit va tomber ?
11:42C'est ça la question ?
11:42C'est pas sûr.
11:43Enfin, on n'a pas de boule de cristal.
11:45C'est pas sûr du tout.
11:46Et en revanche, je pense qu'elle mise sur le fait
11:49qu'elle a quand même le plus grand nombre
11:52de députés à l'Assemblée.
11:53Et s'il y a de nouveau des élections,
11:55elle en engrangera probablement davantage
11:57puisque la colère grandit.
11:59Et c'est toujours le genre de situation
12:01où là, certains, dans d'autres parties,
12:03peuvent être tentés d'aller à la soupe.
12:05Marine Le Pen, d'ailleurs,
12:06qui a réagi sur un tout autre sujet
12:08sur lequel je voudrais vous faire réagir.
12:10Vous, le magistrat Bilger,
12:13ce verdict hier dans le procès de l'horreur,
12:16le procès de la meurtrière
12:18de la petite Lola.
12:20On y revient dans quelques instants.
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