La surtaxe exceptionnelle pour les grandes entreprises est prolongée pour l'année 2026. Selon un amendement proposé par le gouvernement, elle rapportera 6 milliards d'euros.
00:00Débat autour du budget 2026 qui se poursuive à l'Assemblée Nationale, budget qui pourrait solliciter encore plus les grandes entreprises.
00:06Oui, alors on va être très clair, les feux de l'amour, plus belle la vie, c'est de la gnognote par rapport au feuilleton budgétaire.
00:13C'est bien, vous nous le vendez bien ce feuilleton budgétaire.
00:15Oui, parce que du coup je vais vous faire comme si je vous racontais un feuilleton dont vous avez loupé quelques épisodes.
00:20On va revenir un peu en arrière.
00:22Le budget 2025, donc il y a un an, instaurait une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des 450 grandes entreprises françaises qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.
00:32Ça devait rapporter quand même 8 milliards avec un effort plus important demandé vraiment aux plus grosses, donc au CAC 40 pour faire simple.
00:39On avait le projet initial de budget pour 2026 qui prolongeait cette surtaxe qui ne devait durer qu'une année d'ailleurs, mais on avait décidé de la prolonger.
00:49C'était censé rapporter 4 milliards d'euros.
00:52Eh bien, hier, finalement, sur proposition du gouvernement, les députés ont décidé que cette taxe ne rapporterait pas 4 milliards, mais 6 milliards d'euros.
01:01C'est quand même conséquent puisqu'il faut rappeler que l'impôt sur les bénéfices des entreprises, c'est 70 milliards au total.
01:08Donc ça fait presque 10% de hausse de l'impôt sur les bénéfices des entreprises.
01:13C'est un petit clé à la gauche, évidemment.
01:14Et ça n'est que pour les plus grosses que la surtaxation des profits va rester.
01:17Alors c'est ça. En fait, cet amendement, il instaurerait une surtaxe qui serait de 5% seulement pour celles qui font entre 1 et 3 milliards de chiffre d'affaires,
01:27mais de plus de 35% pour celles qui font plus de 3 milliards de chiffre d'affaires, alors qu'au départ, les deux types d'entreprises étaient un peu traités de la même façon.
01:35Le problème, c'est que tout ça, c'est de la comptabilité, c'est du tableur Excel, mais que ça n'est pas la réalité économique qui devrait tenir compte du coût exorbitant pour l'activité et pour l'emploi,
01:49à la fois de ces hausses d'impôts, mais aussi de toute l'incertitude qui est générée par ces discussions et ce mouvement permanent des curseurs fiscaux.
01:59Et ça, ça a un coût économique qui est quand même assez considérable.
02:02Mais combien ça coûte réellement ?
02:04Alors, on le sait combien ça coûte à travers, par exemple, le diagnostic des agences de notation.
02:09Attendez, ce qui nous inquiète en France aujourd'hui, c'est le manque de cap fiscal, économique, c'est pas l'ampleur des déficits budgétaires en eux-mêmes.
02:16Donc c'est l'instabilité politique. On le sait à travers les calculs des économistes.
02:19L'OFCE nous dit que cette fébrilité fiscale, ces incertitudes, ça coûte un milliard par mois à l'économie française.
02:27Et puis surtout, le plus grave, c'est qu'on le sait à travers ce que disent ces grandes entreprises sur leurs projets d'investissement et d'embauche en France et à l'étranger.
02:35Et il y a une enquête qui existe, qui est faite depuis 20 ans par le cabinet de conseil Eurogroupe.
02:39Et vous savez quoi ? Eh bien, jamais, jamais les grandes entreprises françaises n'ont eu autant de projets d'investissement et d'embauche à l'étranger.
02:47Jamais elles n'en ont eu aussi peu en France.
02:50Mais le problème, c'est que personne ne descend dans la rue pour défendre une usine qui ne se crée pas ou des emplois qui n'existent pas.
02:58Et ça, c'est dommage parce que c'est un coût caché qu'on n'est pas capable de mesurer et qui pourtant fait beaucoup de dégâts.
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