00:00Europe 1 Matin Week-end
00:016h-9h, Alexis Delafléchère
00:04A 6h43 dans Europe 1 Matin Week-end, le premier invité de cette matinale, Alexis, vous recevrez Olivier Vial, directeur du CERU, le centre d'études et de recherches universitaires.
00:14Bonjour Olivier Vial.
00:15Bonjour.
00:15Une vidéo a beaucoup fait de bruit cette semaine et à juste titre on y voit des étudiants pro-palestiniens de l'université Paris 8 rassemblés dans un amphithéâtre et tenir des propos honteux, scandaleux.
00:26On va d'ailleurs écouter la séquence au moment où l'une des organisatrices pose cette question.
00:32Condamnez-vous le 7 octobre ? La réponse des étudiants est malheureusement très claire. On écoute la séquence.
00:37Condamnez-vous le 7 octobre ?
00:39Voilà. En défendant Georges Abdallah, nous étions préparés à soutien inconditionnel à la résistance héroïque du peuple palestinien et à cette résistance principale qui passe par la lutte armée.
00:53Et donc le 7 octobre, nous étions prêts.
00:59Et nous n'avons eu aucun problème à reblandiquer ce 7 octobre.
01:04Incroyable. Des étudiants qui refusent de condamner une attaque terroriste du Hamas, attaque monstrueuse.
01:10Quelle est votre réaction Olivier Vial en écoutant justement cette séquence ?
01:15Malheureusement très choquée, mais pas surpris du tout.
01:18Puisque à l'université Paris VIII, c'est une université qui est extrêmement radicale, où on a depuis maintenant des mois et des mois des mobilisations pro-Gaza, comme dans d'autres campus.
01:30Et c'est une université qui a toujours eu cette dérive-là.
01:36Puisque déjà au début des années 2000, on avait eu des étudiants juifs qui étaient systématiquement attaqués sur le campus.
01:43Il y avait eu une exposition en 2003 proposant des caricatures antisémites.
01:48Et il y avait fallu plusieurs jours pour que l'administration fasse cesser ça.
01:51Et là effectivement, c'est la même chose, on avait des affiches dans toute l'université qui revendiquaient cette organisation, cette manifestation, avec comme invité vedette Georges Ibrahim Abdallah, le terroriste qui vient d'être libéré,
02:05et Mariam Aboudaka, qui est une des porte-parole du Front de Libération de la Palestine, un mouvement lui aussi terroriste, les deux intervenant en visio.
02:13Mais effectivement, l'idée c'était quand même de vraiment mettre en avant la lutte armée.
02:16Et d'ailleurs, vous avez passé cet extrait-là, mais il y a d'autres extraits où on entend les étudiants applaudir justement au passage à la lutte armée.
02:24Et une autre intervenante dit, c'est bien ce qui a été fait, mais il faut aussi enflammer les campus en France.
02:33Donc on a quand même cette volonté, y compris d'importer sur notre territoire cette lutte armée.
02:37Je précise que le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, parle d'un rassemblement au Roland antisémite.
02:43Il a saisi la justice et convoqué le président de l'université pour s'expliquer.
02:47Une enquête est en cours, on va suivre bien sûr tout ça avec beaucoup d'attention.
02:50Est-ce qu'on est, Olivier Vial, assez sévère face à ces dérapages, face à ces étudiants ?
02:57Qu'est-ce qu'il faut faire en fait pour que ça s'arrête, tout simplement ?
02:59Il faudrait avoir la lucidité de regarder ça effectivement en face et puis de vraiment prendre des mesures.
03:05Mais on n'est pas du tout assez sévère puisque Mariam Aboudaka, cette porte-parole du FPLT,
03:10le 5 octobre 2023, elle était, elle aussi, invitée à l'université Lyon 2.
03:15Et dans cette université-là, l'administration a simplement décidé,
03:20parce qu'il trouvait choquant qu'effectivement une terroriste vienne parler aux étudiants,
03:24de lui interdire d'être à la tribune, mais de lui autoriser à parler au sein de la salle.
03:28Donc on voit bien qu'il y a une passivité, il y a une complicité qui est très importante.
03:32Dans cette même université, parce que ça ne touche pas que les étudiants,
03:35dans l'université Lyon 2, on a découvert à ce moment-là, il y a eu quelques mois plus tard,
03:40l'affaire Balanche, où un professeur a été interdit de prendre la parole pré-à-partie par des étudiants
03:46parce qu'il avait condamné l'islamo-gauchisme.
03:50Et donc l'administration...
03:52Il avait été même intimidé.
03:53C'est ça, et l'administration ne l'avait pas soutenu immédiatement.
03:56Au contraire, on découvre que le vice-président de l'université,
03:59William Beauvalet, a été obligé de quitter ses fonctions
04:04parce que lui-même est accusé d'apologie du terrorisme
04:07puisqu'il était sur ses réseaux sociaux, il faisait l'apologie du leader du Hezbollah.
04:11Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut que le chef d'établissement démissionne ?
04:14Il faut vous en appeler justement au ministre de l'Éducation nationale
04:18qui doit aller plus loin que...
04:20Sauf qu'effectivement, il faut simplement qu'il regarde
04:22et qu'il ne fasse pas simplement des communiqués de presse au dernier moment.
04:25C'est ce même ministre qui, quand on a dénoncé ses dérives islamo-gauchistes
04:30dans les universités, disait que ça n'existait pas.
04:33C'est ce même ministre qui...
04:34Vous parlez de Philippe Baptiste ?
04:35De Philippe Baptiste, oui.
04:36C'est ce même ministre qui, quand on lui signale
04:39qu'il y a une très forte montée de l'extrême-gauche violente
04:43et que cette extrême-gauche multiplie les mouvements pro-palestiniens et pro-Hamas,
04:48c'est ce même Philippe Baptiste qui nous disait
04:50que ça fait partie du folklore de l'université
04:52et qu'en réalité, c'est une tradition.
04:54Donc, je pense qu'effectivement, il faut prendre ça au sérieux
04:56parce qu'en plus, il y a des États étrangers qui le prennent au sérieux.
05:00Bachir Biazar a été arrêté à Dijon.
05:05C'est un agent d'Alkos, donc les services secrets iraniens.
05:08Il avait pour mission d'infiltrer le campus
05:09pour, justement, orienter les étudiants
05:12dans une mobilisation pro-Gaza et anti-Israël.
05:15Donc, on voit qu'on a même de l'infiltration et de l'ingérence étrangère
05:18sur nos campus pour recruter des étudiants
05:20et pour créer les conditions d'un chaos et d'une tension de plus en plus importante.
05:26Olivier Vial, vous êtes le directeur du Centre d'études et de recherche universitaire.
05:31Vous connaissez donc bien le sujet.
05:34Et on le comprend en vous écoutant.
05:36Ce n'est pas un épiphénomène ?
05:39Non, ce n'est malheureusement pas un épiphénomène.
05:41On a, depuis une dizaine d'années,
05:44une montée de cette tendance islamo-gauchiste
05:48qui a été simplement accélérée et amplifiée par le 7 octobre.
05:51Mais, quelques exemples, si vous voulez.
05:55Adlen, en 2013, Adlen Ischer,
05:57c'est un chercheur du CERN, du Centre d'études,
05:59qui est condamné parce qu'il donnait nos plantes de centrale nucléaire à Daesh.
06:04Ce n'est pas rien.
06:06Eh bien, ses collègues ont fait une pétition pour demander sa réintégration.
06:10Ça donne bien cette passivité,
06:13en tout cas ce côté où on pense que ce n'est pas important.
06:16On a eu encore récemment Humanitaire,
06:19qui est une association qui faisait des distributions alimentaires sur les campus.
06:25Humanitaire, elle est accusée de financement du terrorisme.
06:27Il y a une perquisition du parquet antiterroriste dans ses locaux.
06:30Ils ont trouvé 36 millions d'euros.
06:31C'est pour vous dire qu'en fait, on n'est pas sur des petites choses.
06:34On a aujourd'hui des vrais mouvements terroristes
06:36qui profitent de l'université comme une base arrière,
06:40une centre de recrutement,
06:41un endroit où ils peuvent faire toute la propagande qu'ils veulent
06:43parce qu'ils sont effectivement extrêmement peu embêtés.
06:47Donc ça se diffuse, ça prend de l'ampleur.
06:51Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a y compris,
06:53et ça c'était pendant très longtemps quelque chose qu'on n'a pas regardé,
06:55mais on a des étudiants qui sont recrutés dans les universités
06:59et qui après passent au djihadisme.
07:02L'un des premiers plus connus, ça a été l'un des...
07:07Zakaria Moussaoui, qui était l'un des terroristes du 11 septembre 2001.
07:11Il était étudiant dans des organisations étudiantes à Montpellier et à Perpignan.
07:15On a eu Sid Amen Glam, qui était le terroriste
07:18qui voulait faire sauter une église à Villejuif.
07:23Il était étudiant dans un IUT à Paris.
07:25Il était même titulaire d'une bourse et d'une chambre au Crous.
07:29On a eu plus récemment un chercheur de l'université d'Aix-en-Provence,
07:34un institut du monde arabe, qui était arrivé par Orasmus
07:38et qui était en fait un djihadiste.
07:39Il a été condamné, il est en prison aujourd'hui.
07:42Et donc effectivement, on a une forme de passivité, de naïveté,
07:46qui fait que les universités sont malheureusement la porte ouverte
07:49à tous ces mouvements extrêmement radicaux.
07:52Merci beaucoup Olivier Vial d'avoir apporté toute votre expertise ce matin sur Europe 1.
07:56Je rappelle que vous êtes directeur du CRU Centre d'études et de recherche universitaire.
08:01Merci d'avoir été avec nous.
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