00:00La Transat Café L'Or, Le Havre-Normandie, ce sont aussi de belles histoires d'amour.
00:04Les Belges Caroline Dieu et Jérôme Delire sont deux professionnels de la plaisance,
00:09mariés à la mer, et qui s'élancent pour leur première transatlantique en course
00:12après avoir fait le tour du monde en amoureux.
00:15Alors, bonjour Caroline, est-ce que tu peux me présenter ton voisin ?
00:19Bonjour, je vous présente Jérôme, mon mari.
00:22Jérôme, est-ce que tu peux me présenter ta voisine ?
00:25Voilà, Caroline est ma femme et on partage notre vie depuis 13 ans.
00:28Principalement sur le haut.
00:30Alors justement, c'est ce que j'allais dire, 13 ans, mais 13 ans dont beaucoup, beaucoup de temps passé en mer.
00:36Vous êtes des purs amateurs, mais à la fois des professionnels.
00:40Est-ce que vous pouvez nous expliquer cette dichotomie ?
00:43Oui, alors nous, on est professionnels du nautisme depuis plus de 10 ans,
00:47mais pour nous, la course au large, c'est tout à fait nouveau.
00:50Du coup, on sent tout à fait, on a les yeux émerveillés parce que c'est tout à fait nouveau.
00:54Pour nous, c'est un univers qu'on ne connaît pas du tout, en fait.
00:56Donc, voilà, on est ravis d'être là pour s'immiscer dans un nouvel univers.
01:02Raconte-nous, Caroline, succinctement, qu'est-ce que ça veut dire professionnel du nautisme ?
01:05Donc, Jérôme est skipper professionnel, mais dans la croisière,
01:09c'est-à-dire donc vraiment un bateau de propriétaire dont il est le skipper et dont il s'occupe toute l'année.
01:14C'est un 60 pieds, pour l'instant, dont il a la charge.
01:16Et moi, je suis expert maritime, c'est-à-dire que je fais des expertises de bateau,
01:20dans le même style de bateau que Jérôme, donc aussi des voiliers de plus de 60 pieds.
01:23Et alors, à votre bagage, il y a aussi un tour du monde en couple ?
01:29Exactement !
01:30Oui, donc on est parti en 2019 et on a fait un tour du monde par l'équateur, par Panama et puis par l'Afrique du Sud.
01:36Donc, on a fait un beau petit parcours de deux ans et demi sur un bateau assez particulier.
01:41C'est un IMX 38 des chantiers X-Yot, un bateau assez léger, racé, et on a adoré ça.
01:46Donc, c'est tout top.
01:47Et alors, expliquez-nous comment on passe de la pure plaisance découverte du monde à la course au large ?
01:54En fait, je pense que pendant le tour du monde, il y a eu un sacré déclic,
01:59parce que pour faire très court, le Covid nous a rattrapés.
02:02En fait, on est parti avant le Covid, le Covid est arrivé, et on a dû prendre une décision.
02:06On a dû rallier Tahiti à La Réunion, ce qui fait quand même 9 800 000, presque 10 000 000 non-stop, sans escale.
02:13Et en fait, c'est en faisant ce parcours qu'on a ressenti quelque chose d'incroyable.
02:19C'est qu'en arrivant à l'île de La Réunion, en fait, on s'est dit « waouh, c'est déjà fini ».
02:23On a passé deux mois et demi en mer, et on s'était dit « waouh, c'est déjà fini ».
02:28Et on s'est regardé un peu tous les deux en mode « zut, on aurait bien passé un mois de plus en mer ».
02:33Et donc, c'est cette approche un peu plus… cette envie de faire quelque chose d'un peu plus extrême qui est née à ce moment-là.
02:39Et du coup, la course au large, oui, ça nous permet de repousser un peu…
02:42Les limites, parce que comme on a déjà 6 transatlantiques en double à notre actif, là, ça va être la 7e, le numéro de la chance.
02:50Et donc, on voulait rajouter une dimension en plus à notre transatlantique, pas ne faire que la 7e, mais rajouter la dimension course.
02:58Et pourquoi pas trouver des limites où justement se dire qu'en fait, on peut encore repousser les limites encore et encore,
03:03et prendre tout autant de plaisir, mais avec une notion de « faut aller battre le petit copain d'à côté ».
03:11Et alors, comment vous vous êtes passée du 60 pieds de croisière à cette classe 40 hyper compétitive ?
03:19Oui.
03:19Comment vous vous êtes fixée sur ce choix-là comme support pour vivre cette passion de la course au large ?
03:24Ça vient surtout de l'IMX 38, en fait.
03:27L'IMX 38 est, on va dire, un modèle réduit du classe 40, un modèle plus doux, plus simplifié que le classe 40.
03:35Le classe 40, mais la taille nous correspond vraiment bien, en fait.
03:38L'accessibilité de la classe aussi.
03:41Et donc, du coup, nous, on est ravis de s'immiscer là-dedans.
03:44Encore une fois, on ne connaît rien.
03:45Ça va être notre première course en classe 40.
03:47Et on n'a pas encore eu la chance de se frotter à d'autres classes 40.
03:51Donc, c'est vraiment… On a fait notre qualification hors course pour être ici.
03:55Et donc, du coup, pour nous, on a un peu des étoiles dans les yeux.
03:58Parce que c'est une grande première à tous les niveaux.
04:01Et à la fois, c'est une grande première, mais ça n'est qu'une première marche.
04:05Il y avait d'autres défis, je crois.
04:07Exactement.
04:07Oui.
04:08Alors, on espère, je pense, un peu comme la majorité des bateaux ici,
04:12on espère avoir un ticket pour la route du Rhum l'année prochaine.
04:17Et puis, en 2027, il y a la Global Solo Challenge qui est un peu à l'origine, en fait, de tout projet de classe 40.
04:24C'est de partir sur un tour du monde sans escale et sans assistance avec le bateau en 2027.
04:29Mais alors là, c'est en solo.
04:30Là, c'est en solo.
04:31Oui, en sans solo.
04:32Et alors, qui partirait ?
04:34Bibi.
04:35Oui, en solo.
04:36Et je pense qu'avec un classe 40, ici, ce sera à peu près 4,5 de mer, je pense.
04:414,5,5 de mer.
04:42Et alors, ce serait toi, parce que toi, la voile fait partie de ta culture très tôt,
04:47alors que Caroline, c'est arrivé finalement par amour.
04:49Avec le motiu.
04:50Oui, exactement.
04:51C'est vraiment ça.
04:52Oui, oui, oui.
04:52Alors, moi, j'ai fait 10 ans de compétition en optimiste, en motorhome, etc.
04:56Donc, cette envie compétitive, elle est là depuis très jeune, en fait.
05:01Je l'ai juste mis entre parenthèses, parce que pour moi, découvrir le large, ça se faisait en croisière d'abord et pas en compétition.
05:07Mais c'est vrai que Caroline, quand on s'est rencontrées, elle n'avait aucun mille à son actif et on a tout construit ensemble, en fait.
05:15C'est assez intéressant.
05:16Oui.
05:16Et alors, comment se fait la répartition des tâches à bord ?
05:20Eh bien, naturellement.
05:22Et il n'y a pas de confusion sur qui fait quoi.
05:26Donc, voilà, on a chacun nos rôles et ils se sont fait naturellement au fur et à mesure des milles.
05:30Donc, c'est vrai qu'ici, dans le classe 40, on n'a pas vraiment dû chercher nos marques et nos positions.
05:35Parce qu'en fait, comme on a presque 90 000 milles à notre actif en duo,
05:40on sait comment l'autre fonctionne, quels sont les points forts, les points faibles de chacun.
05:45Et donc, on ne prend que les points forts en permanence.
05:48Et comment vous avez travaillé tout l'aspect course, règlement, classement et fréquence des classements, les limites ?
05:59Enfin, voilà, comment vous avez travaillé cet aspect purement sport du décorum qui va avec la course au large ?
06:04Eh bien, tout ce qui est, de manière générale, administratif et normatif, ça, moi, c'est mon métier.
06:10Donc, ça, c'est naturellement venu chez moi.
06:13Par contre, tout ce qui concerne, on va dire, plus les tactiques et les techniques, ça, c'est pour Jérôme.
06:19Oui. Après, encore une fois, on n'a aucune idée de notre positionnement par rapport à d'autres bateaux de la même classe.
06:29Donc, voilà.
06:30Curieux de voir, oui.
06:31On a établi une petite stratégie entre nous, on va voir si ça va fonctionner.
06:36Mais par exemple, dimanche, quand il faudra se lancer au milieu de 42 bateaux, est-ce que c'est une appréhension particulière ?
06:43Oui, complètement. Après, on a aussi fait des événements style, donc du circuit un peu plus amateur, du style les voiles de Saint-Tropez.
06:50Les voiles de Saint-Tropez, l'Antigua-Sélingoui, des choses comme ça, quoi.
06:54Et donc, du coup, les grandes lignes de départ, on n'a pas une grande expérience, mais enfin, on voit comment ça va se passer.
07:02Et du coup, oui, l'appréhension, c'est plutôt de se dire…
07:05C'est vrai qu'en mode croisière, quand le bateau commence à être atteint de force et limite, on a plutôt tendance à réduire la toile et puis à que ça soit très confortable à l'intérieur.
07:15Et je pense que cette notion-là, on va devoir repousser un peu cette envie de descendre un peu la voilure et de la faire un peu plus cool.
07:22Parce que c'était notre habitude.
07:23Parce que c'était notre habitude, eh bien, ça, c'est un petit peu cet aspect nouveau qu'on ne connaît pas et on va devoir se pousser un peu plus là-dedans, quoi.
07:30Et alors, quel écho votre histoire a en Belgique, d'où vous êtes originaire ?
07:34Eh bien, plusieurs médias et journaux nous suivent d'une certaine manière et surtout les télés locales.
07:41Et donc ça, voilà, on est tout doucement connu parce qu'en fait, on vient d'un milieu où il n'y a pas la mer.
07:50Il y a des lacs, mais il n'y a pas la mer d'où on vient.
07:53Donc c'est vrai que la culture de la voile est semi-présente là d'où on vient.
07:57Mais voilà, un belge reste un belge et voilà, la fierté belge, voilà, on est le seul équipage, 100% belge.
08:04Et donc, dans la course ici, on est quatre au total.
08:07Donc voilà, la Belgique, je sais, derrière nous quatre est EFR, mais voilà, on est le couple, on est le 100% belge.
08:14Donc voilà, j'espère qu'ils seront un peu plus derrière nous.
08:17Avec deux entreprises belges aussi, parce que le bateau est un projet vraiment à 100% où il est immatriculé en Belgique avec deux skippers belges et suivi par deux grosses entreprises belges.
08:27Donc c'est sympa.
08:28Et alors pour tout le monde, le scénario idéal, ce serait quoi ?
08:31Alors le scénario idéal, ce serait d'arriver avant le 20 novembre déjà, d'avoir pris un maximum de plaisir.
08:37Et puis, bon, on ne se le cache pas, si on peut en mettre deux, trois derrière, on sera super ravis.
08:41On est quand même le quatrième bateau le plus vieux de la flotte classe 40.
08:46Donc en gros, il y en a quand même trois qui devraient être plus longs que nous théoriquement, mais la théorie et la pratique, on sait, c'est totalement différent.
08:52Donc c'est en fait le best challenge pour nous, ce sera déjà de terminer dans les temps, d'avoir pris un max de plaisir et puis d'avoir découvert ce premier événement en classe 40, tout le bon qu'il y a autour de cette classe.
09:04Et pas de bobos.
09:05Bonne course alors.
09:06Merci beaucoup.
09:07Merci beaucoup.
09:07Merci beaucoup.