00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, les débats en commission des finances à l'Assemblée ont donné lieu à une véritable foire aux taxes, une foire dénoncée par le Rassemblement National.
00:11Mais comment le parti s'est-il comporté sur ce sujet d'autre ? Notre invité ce matin, Sébastien Chenu. Bonjour, merci d'être là. Vous êtes le vice-président du RN, député du Nord.
00:21Tout d'abord, Sébastien Chenu, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, hier à votre place, a réévalué la fourchette qu'il avait donnée sur le chiffre des clandestins présents sur notre sol,
00:32évoquant désormais le nombre de 700 000 étrangers en situation irrégulière, plutôt que celui que la fourchette entre 200 000 et 300 000. Est-ce que désormais, c'est plus clair ?
00:41700 000 au minimum, car c'est une estimation qui se base sur les bénéficiaires de l'aide médicale d'État.
00:49Or, tous les étrangers en situation irrégulière, même s'ils y ont droit, ne bénéficient pas, ne font pas la demande de l'aide médicale d'État.
00:56Donc, on peut penser que c'est 700 000 personnes irrégulières sur notre territoire qui, aujourd'hui, se maintiennent en France.
01:04Laurent Nunez a eu beaucoup de mal à coucher de ce chiffre, comme s'il ne fallait pas dire aux Français la vérité des chiffres, par crainte, dit-il lui-même d'ailleurs, de polémique.
01:13Il n'y a pas de polémique à avoir, il faut prendre une situation telle qu'elle est, froidement, sereinement.
01:19Il y a dans notre pays 700 000 étrangers en situation irrégulière au minimum, 440 000 personnes entre par an également, au minimum de façon légale dans notre pays.
01:31Et donc, par conséquent, il y a ce qu'on appelle, nous, depuis très longtemps, et nous l'avons dit parfois sous les huées, les moqueries,
01:38une submersion migratoire qui écrase, évidemment, notre pays.
01:43Alors, il conteste ce terme, en tous les cas, il ne veut pas qualifier le niveau d'immigration, Laurent Nunez.
01:47Il est revenu aussi, Sébastien Genu, sur le dossier algérien, expliquant que c'est un problème de ne pas avoir d'échange de contacts en matière de sécurité
01:54ou de lutte contre le terrorisme avec le régime algérien.
01:57Il se défend malgré tout, Laurent Nunez, de toute soumission face au pouvoir d'Alger, même s'il exclut une remise en cause des accords dérogatoires de 68.
02:05Comment, là encore, vous avez trouvé et jugé sa position ?
02:08Alors, plusieurs choses. D'abord, sur l'échange d'informations sécuritaires, ça fait déjà assez longtemps, en réalité, que cet échange était limité au strict minimum.
02:17Mais c'est antérieur à Bruno Rotaillot.
02:18Voilà. Donc, ce n'est pas une découverte.
02:20Et souvent, c'est un peu...
02:21C'est un problème ?
02:22Alors, ça peut être un problème relatif, parce que souvent, c'est surtout un prétexte.
02:27Un prétexte pour ne pas s'attaquer aux accords de 68.
02:30Je rappelle que ces accords, qui sont dérogatoires, font des bénéficiaires, des Algériens, des gagnants à tous les coups de la démarche migratoire.
02:39C'est-à-dire qu'ils sont gagnants sur l'entrée familiale, ils sont gagnants sur la résidence, ils sont gagnants sur le regroupement familial, ils sont gagnants sur l'incapacité à être expulsés s'ils commettent un délit.
02:50En fait, les Algériens, plus que tous les autres, sont gagnants dans ce chemin, finalement, migratoire vers la France.
02:58Il y a un coût, le coût de cette exception par an.
03:01Comme l'a dit d'ailleurs un député macroniste, Charles Rodouel, dans un rapport qui est très argumenté.
03:05Oui, mais moi, voyez-vous, j'ai interrogé hier le ministre des Affaires étrangères, M. Barrault, en commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale.
03:12Il conteste ce coût et n'est absolument pas capable d'en donner un autre.
03:16Alors, ils sont évidemment tout à fait perdus.
03:20Et ces accords, on le voit bien, devraient être, si ce n'est repensés, au moins remis en cause.
03:25Ce sera l'occasion d'une niche parlementaire, du RN, jeudi prochain.
03:28Oui, c'est la semaine prochaine, jeudi de la semaine prochaine.
03:30Il y a très peu de chances qu'il soit revu comme dérogation.
03:33Alors, ça veut dire qu'il n'y a pas de volonté politique de remettre en cause ces accords et qu'il n'y a pas de volonté politique de faire en sorte que les OQTF soient repris,
03:41que Boilem Sansal soient libérés, de faire en réalité pression, non pas sur le peuple algérien, je fais toujours bien la différence,
03:47mais sur un régime autoritaire anti-français.
03:51Le pari de l'apaisement de Laurent Lunez, le pari entre guillemets, c'est son expression du fameux bouger.
03:57Vous pensez qu'il conduit à une impasse ?
04:00Oui, parce que je ne crois pas, moi j'ai écouté ce que disait Laurent Lunez chez vous hier,
04:04et je pense qu'idéologiquement, il est quand même dans un couloir qui est celui de ne jamais affronter le défi, la submersion migratoire, il refuse le terme.
04:14Expression utilisée par François Bayrou, rappelons-le.
04:17Absolument, et surtout, pour faire un bras de fer avec l'Algérie, il faut avoir un bras.
04:22Et j'ai l'impression que Laurent Lunez se coupe lui-même ce bras en refusant d'ouvrir le dossier,
04:28et en refusant de tenter ce rapport de force avec l'Algérie, parce que le rapport de force n'a pas été tenté,
04:34M. Retailleau a été balbutiant sur le dossier.
04:37Balbutiant ? Il a eu une ligne claire quand même.
04:40Il a parlé, il n'avait pas le même langage que Laurent Lunez, je lui mets à son crédit,
04:44mais la réalité, c'est qu'on en est toujours au même point, et c'est d'ailleurs l'une des problématiques les plus importantes du passage de Bruno Retailleau.
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