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  • il y a 3 mois

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00:00Cette audition, je le disais, était très très attendue. 88 millions d'euros de butins.
00:06Et quand on dit 88 millions d'euros, ce sont des pièces exceptionnelles, historiques.
00:11C'est le patrimoine français, on l'a dit et redit sur Europe 1, qui s'est envolé avec ces malfaiteurs qui ont fait le casse du siècle au Louvre.
00:19La présidente directrice du Louvre, Laurence Descartes, a été auditionnée tout à l'heure par le Sénat.
00:24Malgré nos efforts, malgré notre travail acharné au quotidien, nous avons été mis en échec.
00:28Au fond, nous n'avons pas repéré suffisamment à l'avance l'arrivée des voleurs.
00:33Les faiblesses de notre protection périmétrique sont connues et identifiées.
00:36Il y a quelques caméras périmétriques, mais qui sont vieillissantes.
00:41Mais le parc est très insuffisant, ne couvre pas l'ensemble des façades du Louvre, très clairement.
00:46Et malheureusement, du côté de la galerie d'Apollon, la seule caméra qui est posée est posée en direction de l'ouest.
00:54Et donc ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction.
00:58Je souhaite aussi solliciter le ministère de l'Intérieur pour étudier si l'installation d'un commissariat de police au sein du musée serait envisageable.
01:06Voilà, donc se dit Laurence Descartes, Jean-Michel Salvatore.
01:09Elle a quand même dit qu'elle avait aussi présenté sa démission, qui a été refusée par la ministre de tutelle.
01:15C'est vrai que sa responsabilité est très directement engagée, mais moi je ne lui lancerai pas la pierre.
01:20D'abord, elle a proposé sa démission immédiatement, et ensuite parce que depuis qu'elle est arrivée au Louvre, elle venait d'Orsay,
01:28depuis qu'elle est arrivée au Louvre, elle a mis en garde à plusieurs reprises en disant que finalement le Grand Louvre n'était pas protégé,
01:38et que finalement le Grand Louvre était à bout de souffle.
01:41Et donc on verra ce que donne l'enquête, mais moi je pense que la responsabilité, elle est sans doute plutôt à chercher du côté des différents ministres de la culture qui se sont succédés.
01:51Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais à l'époque de Mitterrand, on disait toujours qu'il fallait que le budget du ministère de la culture représente 1% du budget général.
02:00Et à l'époque de Mitterrand et de Jacques Lang, on était à 0,8, 0,9.
02:04Là aujourd'hui on est à 0,6, et on voit bien que, parce que l'État n'a plus d'argent, on voit bien que les crédits finalement baissent d'année en année.
02:14Et ce qui est terrible, si vous voulez, dans la sécurité, et que ce soit d'ailleurs dans la sécurité anti-vol, la sécurité anti-incendie, etc.,
02:20c'est que tous les équipements qui sont très chers et qu'il faut financer, ces équipements en fait ne s'inaugurent pas.
02:25C'est-à-dire que les hommes politiques n'ont pas du tout envie de dépenser de l'argent pour ça, parce que ça ne se voit pas, alors que c'est absolument indispensable.
02:31Et donc, moi j'ai quand même le sentiment que finalement, on a fait régulièrement des économies là-dessus,
02:37et qu'on préfère dépenser de l'argent pour ceux qui se voient, et le résultat, il est là.
02:42Adrien Matoude, Marianne, sur ce sujet.
02:44Je veux revenir sur le fait qu'elle ait présenté cette émission, parce que ça rompt selon moi avec une espèce de tradition absolument délétère en France,
02:50qui est l'irresponsabilité.
02:52On a l'impression que jamais un ministre, jamais un directeur d'administration, jamais un chef d'entreprise,
02:58ne part, ne propose de partir en tout cas, après avoir été mise en cause.
03:05Et là, je trouve qu'elle l'a fait.
03:06Alors, maintenant j'enchaîne, ça va peut-être paraître paradoxal, mais je pense qu'on serait idiot de se concentrer sur la figure de Laurence Descartes,
03:12de chercher une espèce de bouquet mystère qui symboliserait le fiasco.
03:16Parce que, vous l'avez dit, au-delà même du ministère de la Culture,
03:20c'est tout simplement la situation de l'ir-sacurité globale en France qui est en cause.
03:25Et ce qui a été intéressant durant son audition, c'est qu'elle a dit que depuis plusieurs années,
03:30les musées, et notamment le Louvre, se souciaient surtout du risque de militants écologistes,
03:35vous savez, qui débarquent dans un musée pour asperger de soupes ou autres, les tableaux.
03:41Et ce n'est quand même pas la même chose de se préparer pour ça que de se préparer pour un casse où on vole des objets.
03:46Parce qu'en fait, ce qu'elle explique, c'est que finalement, les menaces évoluent avec le temps.
03:49Et d'ailleurs, les vitrines derrière lesquelles étaient installés tout ce qui était volé,
03:55c'est des vitrines qui datent de 2019, à une époque où les musées, à la fois français mais internationaux,
04:02avaient peur d'attaques au pistolet.
04:04Et donc, les vitrines ont été conçues justement pour être efficaces contre ce type d'attaque.
04:09Et donc, elle disait que finalement, les menaces évoluent énormément avec le temps.
04:14Alors, il y a les écolos, mais il y a le prix de l'or.
04:15Quand vous voyez l'or qui monte, qui monte, qui monte,
04:17évidemment que les voleurs s'intéressent de plus en plus à ce qui est en or dans les musées.
04:22Pardonnez-moi, il y a plus de pierre que d'or sur les pièces qui ont été volées.
04:26Et on en parlait avec le bijoutier et joaillier Laurence Boehmer,
04:31il y a deux jours sur Europe 1, dans cette même émission,
04:33et il disait qu'effectivement, ça risquait d'être taillé en pièces.
04:37Et ces pièces-là étaient d'ailleurs des pièces anciennes
04:40qui n'étaient pas forcément d'ailleurs dingues.
04:45C'est-à-dire, elles n'étaient pas aussi pures que des pièces d'aujourd'hui.
04:47Ce qui fait que si on les retaille, il y aura peut-être beaucoup de pertes.
04:50Donc, c'est quand même dommage tout ça.
04:53Mais ce qu'il y a d'aberrant aussi, c'est qu'il y avait des vitrines,
04:58vous parlez des vitrines, mais les vitrines d'avant, d'après ce que j'ai compris,
05:01si on les attaquait, il y avait un double fond et on les a remplacées.
05:05Donc, on a remplacé par quelque chose de moins bien.
05:08C'est quand même affolant.
05:09C'est vrai que vu de notre fenêtre, c'était plutôt pas mal.
05:11Oui, c'est bien joué le coup de la fenêtre.
05:13Mais les fenêtres, c'est pareil.
05:14Et on en parlait également à nouveau avec Laurence Boehmer
05:16qui disait, nous, place Vendôme, on est beaucoup plus protégé.
05:19Parce qu'en réalité, on a des chambres fortes.
05:22Là, on se demande pourquoi est-ce que les bijoux ne sont pas dans une chambre forte,
05:25au milieu du musée.
05:26Justement, c'est quand même ça toute la difficulté.
05:28C'est qu'un musée, c'est un coffre-fort,
05:30c'est un coffre-fort qui doit être visitable et accessible à tout le monde.
05:33Oui, mais pourquoi est-ce que tu mets les bijoux
05:36à même la fenêtre ?
05:39Ça, c'est une question.
05:40Et là, c'est ce que disait Boehmer,
05:42le joaillet, il disait, mais en fait,
05:44il y a un autre problème, c'est que s'il change les fenêtres,
05:47il se retrouve face aux monuments historiques
05:49et aux bâtiments de France,
05:51aux architectes bâtiments de France,
05:52qui disent, votre fenêtre, elle n'est plus aux normes.
05:55Donc, c'est quand même un problème dans le problème.
05:56C'est-à-dire que le Louvre, ce n'est pas un LGCO,
05:58c'est un palais royal.
06:00Ça montre bien, en tout cas,
06:02que tout ça est extrêmement complexe.
06:04C'est Kafkaïen.
06:04Et qu'il n'y a pas de solution évidente de facilité.
06:07C'est Kafkaïen comme la fonction publique.
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