00:00Benoît Perrin avec nous, bonsoir.
00:02Bonsoir.
00:02Contribuels associés, alors là, il y en a d'autres des contribuels associés ce soir avec vous.
00:06Non, je trouve ce qui est frappant, c'est qu'en fait, on voit bien que les Français qui nous regardent,
00:10les Français qui sont là, en fait, voient toujours le même scénario dès lors qu'on parle de budget.
00:13Dès lors qu'on parle de budget, nos responsables politiques nous disent,
00:16bon, il y a des problèmes de déficit, donc on va baisser les dépenses.
00:19Et puis deuxième étape, on dit, bon, finalement, baisser les dépenses, on a du mal,
00:23donc on va devoir augmenter un peu les impôts.
00:25Et troisième étape, qui est toujours la même, c'est au final,
00:27bon, en fait, on va faire quasiment qu'augmenter les impôts.
00:29Et d'ailleurs, la Cour des comptes, la semaine dernière, a rendu un rapport très intéressant
00:32sur l'effort budgétaire de 2025, où elle nous explique très concrètement
00:35que 100% des efforts qui ont été faits l'année dernière, c'est sur des augmentations d'impôts.
00:40Et je crois que le problème central, en fait, il est là-dessus.
00:42Mais vous le dites très bien, c'est que le travail ne paie pas.
00:44Et pourquoi le travail ne paie plus ?
00:45Un, parce que malheureusement, nos entreprises sont assommées de charges, assommées de normes,
00:49et donc du coup, ce n'est plus en mesure de payer correctement les salariés.
00:53Et la deuxième raison, et là, c'est extraordinaire quand on regarde une fiche de paie,
00:56j'invite tous les Français à regarder leur fiche de paie.
00:58C'est qu'il y a des charges qui sont incalculables.
01:00Amusez-vous à regarder, je l'ai fait l'autre jour sur un de mes salariés,
01:03le nombre de lignes sur un bulletin de salaire.
01:05J'en ai compté 32.
01:06Et pourquoi il y en a 32 ?
01:08Parce qu'en fait, on a bâti un système où, effectivement, à partir du travail,
01:12on finance énormément de choses.
01:13On finance la retraite, on le sait bien, la maladie, on le sait bien, le chômage, on le sait.
01:17En revanche, on sait moins qu'on finance aussi le logement,
01:19on finance les syndicats, on finance les allocations familiales.
01:23Enfin, je veux dire par là que le travail aujourd'hui, sur le travail,
01:26repose tellement notre système de protection sociale qu'on est quasiment au bout du bout.
01:31Et quand je dis qu'on est au bout du bout, c'est que je pense qu'aujourd'hui,
01:34on est arrivé à un tel niveau de déficit et de dettes, bref, de problèmes financiers,
01:39qu'on va devoir, en fait, et j'espère que 2027 sera une occasion d'en parler,
01:43en fait, on va devoir faire des choix.
01:45C'est-à-dire, en fait, très concrètement, collectivement, qu'est-ce qu'on veut ?
01:48Est-ce qu'on veut que notre argent serve pour la sécurité des Français, pour la santé des Français,
01:52pour l'école, pour la recherche ?
01:55Vous vous dites qu'on ne peut plus tout financer.
01:56En fait, on ne peut plus tout financer, mais parce qu'on a des responsables politiques,
02:00et il faut reconnaître que la défiance vis-à-vis des responsables politiques est assez logique.
02:03C'est-à-dire qu'en fait, on leur a confié notre argent depuis 50 ans,
02:06et depuis 50 ans, l'État dépense à peu près 10% de plus que ce qu'il perçoit.
02:11C'est-à-dire qu'on a une dépense publique qui est énorme, on est champion du monde,
02:14on a des impôts, on est champion d'Europe, parce qu'effectivement, l'État prélève beaucoup,
02:18et malgré ça, ça ne suffit pas, on est obligé d'aller sur les marchés financiers
02:20pour emprunter, tenez-vous bien, l'équivalent de 30 fois le budget de la justice tous les ans.
02:26Parce que ça ne suffit jamais.
02:27Et donc, du coup, forcément, nous, on est des électeurs, on vote pour des gens,
02:30on espère qu'ils vont bien gérer la cagnotte collective,
02:33et on s'aperçoit que depuis 50 ans, en fait, on est en déficit,
02:36et on peut comprendre quand même l'exaspération des Français.
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