Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Le 15 octobre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu prononçait sa déclaration de politique générale devant le Sénat, un exercice obligé pour tout nouveau Premier ministre. Ce discours donné au sein de la Chambre haute fait suite à l'allocution qu'il avait donnée, la veille, à l'Assemblée nationale.
Il a permis au chef du gouvernement de présenter les grandes orientations qu'il entend donner à sa politique : réduction du déficit public, nouvel acte de la décentralisation, ou encore renforcement des budgets des armées et de la recherche. Il a par ailleurs reconnu la nécessité de devoir tisser des compromis avec les différents partis représentés au Sénat, quitte à accepter des mesures avec lesquelles il n'est pas forcément d'accord.

Après son intervention, les groupes politiques se sont exprimés un à un, laissant entrevoir un paysage polarisé et un socle commun fragmenté. Réécoutez ce discours et les différentes réactions qu'il a suscitées. Année de Production : 2025

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Le Premier ministre Sébastien Lecornu va prononcer d'ici quelques instants sa déclaration de politique générale au Sénat.
00:08Les sénateurs devraient entendre un discours différent de celui de l'Assemblée nationale hier.
00:13Son entourage nous fait savoir que ça sera court, connecté à la vie des Français et également au territoire.
00:22Tout au long de cette émission, je serai accompagnée par Alexandre Poussard dans l'hémicycle du Sénat
00:26pour l'analyse, pour le décryptage et pour commencer un point programme.
00:30Alexandre, comment va se passer cet après-midi ?
00:33Eh bien Tam, dès 15h00, Sébastien Lecornu va monter à la tribune du Sénat pour faire sa déclaration de politique générale
00:40et ensuite chaque président de groupe politique au Sénat lui répondra et s'exprimera dans un temps de parole
00:47qui est défini en fonction du poids de chaque groupe politique dans l'hémicycle de la Haute Assemblée.
00:52Alors sur le fond, bien sûr, Sébastien Lecornu va revenir sur la suspension de la réforme des retraites,
00:57sur le renoncement à l'article 49.3 de la Constitution,
01:00mais il va également aborder d'autres sujets qui n'ont pas été évoqués hier à l'Assemblée nationale.
01:06Il va parler d'écologie, de transition énergétique et aborder des sujets qui sont très préoccupants
01:11pour le Sénat, pour les sénateurs qui représentent les collectivités territoriales,
01:15comment renforcer sur le terrain l'action des élus locaux
01:18et puis comment résoudre la crise en Nouvelle-Calédonie.
01:22Ça, ce sont des sujets sur lesquels les sénateurs attendent des précisions.
01:28Merci, merci beaucoup Alexandre.
01:30On vous retrouve tout à l'heure et vous pourrez tout suivre en direct.
01:33En intégralité sur Public Sénat, bien sûr, le Premier ministre
01:36et puis ensuite les interventions de tous les présidents de groupe au Sénat.
01:41De nombreux invités vont se succéder également en salle des conférences
01:44et j'accueille pour commencer. Mathieu Darnot, bonjour.
01:47Bonjour.
01:47Vous êtes le président du groupe LR, vous êtes sénateur de l'Ardèche.
01:52Un mot tout d'abord sur le fait que le Premier ministre ait annoncé la suspension de la réforme des retraites.
01:59Est-ce que malgré cela, vous soutenez toujours ce gouvernement ?
02:02Je crois qu'il va falloir qu'on en sache plus sur les intentions du Premier ministre et du gouvernement.
02:08C'est l'objet pour nous de cette déclaration de politique générale.
02:10On a besoin d'être éclairé. On a vu que nous n'avions pas grand-chose à nous mettre sous la dent
02:15lors de la déclaration de politique générale hier à l'Assemblée nationale.
02:20Et c'est important pour nous qu'allons construire ce budget également ici au Sénat,
02:25comme nous l'avons fait l'année dernière, de pouvoir avoir un cap et des éclaircissements
02:30sur les intentions réelles du Premier ministre et de son gouvernement.
02:34Vous vous réservez le fait de dire si vous soutenez ou non ?
02:37Qu'est-ce qui pourrait faire que vous souteniez ou que vous ne souteniez pas ?
02:40Nous jugerons sur pièce à l'aune des éléments que le gouvernement nous communiquera
02:46et particulièrement sur le projet de budget.
02:48Vous savez qu'ici au Sénat, nous travaillons depuis plusieurs mois, plusieurs semaines
02:52à construire ce budget, à dire précisément ce que nous souhaitons pour la France,
02:58pour les Français, notamment sur la baisse de la dépense publique,
03:03la réduction de la dette, mais aussi sur des sujets comme le travail, les sujets régaliens,
03:09les sujets liés au territoire.
03:10On nous annonce 30 milliards d'efforts, dont 14 milliards de hausses de prélèvements obligatoires.
03:15C'est dès lors que le Premier ministre nous dise comment il arrive à la trajectoire budgétaire
03:19qui a été annoncée, à savoir 4,7 %, parce qu'à force d'empiler les dépenses,
03:24on a le sentiment que nous ne serons pas au rendez-vous, justement, des économies annoncées.
03:28Et c'est essentiel.
03:29Encore une fois, ce n'est pas des économies pour des économies.
03:33Ce sont des économies qui permettront demain à notre pays de pouvoir investir
03:37pour le quotidien des Français, de travailler justement pour être au rendez-vous
03:42des attentes des Françaises et des Français.
03:44Est-ce que chez LR, actuellement, on voit les députés qui s'opposent actuellement
03:49au reste du parti ? Est-ce qu'il y a un duel entre Laurent Wauquiez et Bruno René ?
03:53Non, nous avons présenté il y a de cela plus de trois semaines nos volontés programmatiques
03:59au Premier ministre Lecornu et nous étions tout à fait alignés.
04:04Nous avons porté des sujets comme l'allocation de solidarité unique plafonnée,
04:09des mesures, encore une fois, sur la réduction de la dépense publique.
04:14Nous avons eu une commission d'enquête ici au Sénat sur les opérateurs
04:18et les agences de l'État dont nous avons porté les conclusions
04:21et nous aurons une proposition de loi qui sera déposée dans les prochains jours
04:25justement pour décliner nos orientations.
04:29Et ça, nous l'avons porté ensemble avec les députés et les sénateurs.
04:32Donc, il y a ce partage sur les aspects programmatiques,
04:36sur les décisions que nous entendons voir prises par le gouvernement.
04:41Pas de duel entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ?
04:43Non, le sujet, il est aujourd'hui clairement de savoir comment nous répondons
04:47aux attentes des Français, comment nous avons un budget,
04:50mais un budget qui épouse aussi les souhaits que nous portons
04:53pour répondre encore une fois aux sujets dont la France a besoin.
04:57Un mot sur ces six LR qui ont tout de même rejoint le gouvernement,
05:02dont Annie Gennevar, Philippe Tabarro, Rachida Dati.
05:04Fallait-il les exclure aussi vite dès ce week-end ?
05:07Je le regarde, j'observe que ce n'est pas une exclusion,
05:09qu'il y aura, vous savez, nous avons des instances dans notre parti,
05:12un bureau politique, que ce sera l'occasion d'en reparler
05:15autour du président Bruno Retailleau.
05:18Je regrette que la décision qui a été prise
05:22avec l'ensemble du comité stratégique de nos instances
05:26n'ait pas permis de respecter la trajectoire qui était la nôtre,
05:31c'est-à-dire un soutien au texte par texte sans participation.
05:35Et voilà, c'est ce que j'appelais, comme d'autres de mes voeux,
05:39la réalité en est différente.
05:41Ce qui est important aujourd'hui, encore une fois, c'est le fond,
05:44c'est les sujets que nous allons porter,
05:46c'est le fait qu'il y ait un budget qui réponde aussi
05:49aux attentes que nous avons portées,
05:51parce qu'elles sont plébiscitées, si on en juge,
05:53par les enquêtes d'opinion par les Françaises et les Français.
05:55Tandis que l'on voit arriver justement Sébastien Lecornu
05:58qui va rentrer d'un instant à l'autre dans l'hémicycle.
06:02Le Premier ministre qui fait son entrée au Sénat.
06:05Une question sur le fait qu'on a vu Éric Ciotti proposer à Bruno Retailleau
06:09un renversement d'alliance à droite,
06:12être prêt à s'allier avec le Rassemblement National
06:14pour faire barrage à la gauche.
06:16Nous avons toujours été clairs là-dessus.
06:17C'est toujours aussi clair.
06:18C'est très clair.
06:19Pas d'hésitation.
06:20Le président du parti l'a dit, nous le redisons à l'envie,
06:23il n'y aura pas d'accord de gouvernement, de coalition,
06:26les choses sont très claires et très nettes.
06:27Un dernier mot sur le fait que Bruno Retailleau
06:29va retrouver sa place au groupe LR le 6 novembre prochain.
06:35Est-ce qu'il va retrouver sa place de président du groupe ?
06:37Non, il l'a dit lui-même.
06:39On a eu des élections, vous le savez.
06:40On a eu l'occasion sur votre plateau d'ailleurs d'en discuter.
06:44Et il l'a lui-même dit auprès de journalistes encore lundi dernier.
06:49Eh bien, merci.
06:50Merci beaucoup Mathieu Darnot d'avoir répondu à mes questions.
06:54Alors que va débiter d'un instant à l'autre cette déclaration de politique générale ?
07:00Le Premier ministre va s'exprimer, prononcer cette déclaration.
07:04On vous l'a dit, ça ne sera pas la même que celle qu'il y a eu hier à l'Assemblée nationale.
07:10Son discours sera suivi par les prises de parole des différents présidents de groupe.
07:15Nous allons pouvoir tout suivre en direct et en intégralité avec nos analyses, décryptage,
07:22puis de nombreuses réactions ici dans cette salle des conférences, sur ce plateau qui jouxte l'hémicycle.
07:29On va tout de suite rejoindre Alexandre dans la tribune de presse du Sénat.
07:33Un mot, Alexandre, pour donner un peu l'état d'esprit du Sénat avant cette déclaration de politique générale
07:40et notamment de la majorité sénatoriale.
07:42Oui, il y a un contexte politique important à préciser.
07:44Une majorité au Sénat qui est constituée, on le rappelle, des républicains et des centristes du parti de l'UDI.
07:51Et cette déclaration de politique générale arrive après une semaine de fortes tensions
07:55entre Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron d'un côté
07:57et de l'autre le parti Les Républicains qui a refusé de participer à ce gouvernement.
08:03Et on voit que son soutien vis-à-vis de ce gouvernement est très hésitant.
08:08On a entendu Mathieu D'Arnaud parler éventuellement d'un soutien texte par texte ou encore de pragmatisme.
08:13On voit que le torchon a brûlé entre la droite sénatoriale et le gouvernement de Sébastien Lecornu.
08:20Le socle commun qui avait fait cette alliance naguère entre les macronistes et le parti Les Républicains
08:26et les centristes de l'UDI.
08:27Le socle commun s'est désormais terminé.
08:30Donc l'accueil politique de la majorité sénatoriale risque d'être un petit peu froid cet après-midi pour Sébastien Lecornu.
08:37On va voir s'il va y avoir effectivement un accueil un peu frais pour ce deuxième discours de politique générale.
08:43Le Premier ministre va s'exprimer d'un instant à l'autre tandis que vous avez vu le président du Sénat Gérard Larcher.
08:50Il s'est installé au plateau devant cet hémicycle bien plein ce mercredi.
08:55Cette séance qui va s'ouvrir d'un instant à l'autre.
09:00Je vous le rappelle, il va y avoir ce discours suivi des interventions de différents présidents de groupes.
09:07Voilà, la cloche vient de retentir.
09:09On prend la direction de l'hémicycle.
09:12Mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, notre séance est ouverte.
09:16Par l'aide du 15 septembre 2025, le ministère de l'Intérieur m'a fait connaître qu'à la suite des opérations électorales du dimanche 14 septembre,
09:25madame Annick Girardin a été proclamée élue sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon.
09:34Au nom du Sénat, je lui souhaite à nouveau la plus cordiale bienvenue.
09:41Mes chers collègues, la conclusion adoptée par la conférence des présidents qui s'est réunie hier,
09:46sont consultables sur le site du Sénat.
09:49En l'absence d'observation, je considère ces conclusions comme adoptées.
09:55Notre ordre du jour appelle une déclaration du gouvernement suivie d'un débat
09:59en application de l'article 50-1 de notre Constitution.
10:04Et j'appelle immédiatement monsieur le Premier ministre Sébastien Le Cordu
10:08à la tribune pour cet débat.
10:14Monsieur le Premier ministre.
10:16Vous avez la parole.
10:18Merci monsieur le Président du Sénat.
10:21Mesdames et messieurs les sénateurs,
10:25il y a des crises et il y a le rebond.
10:29De la division naît le débat, du débat naît le compromis.
10:34Le temps du compromis est indispensable car la France a besoin de stabilité.
10:39Et il n'y a pas de compromis sans bicamérisme.
10:43Vous connaissez et représentez dans notre République les collectivités territoriales au sein desquelles il faut pouvoir s'entendre avec ses oppositions,
10:52parfois même au sein de sa majorité, d'autres fois encore avec les maires des communes d'à côté.
10:59Tous ne pensent pas comme vous, mais tous veulent servir.
11:05De ce qui semble une contrainte n'est une intelligence locale.
11:09Et il faut que cette intelligence locale nous inspire nationalement.
11:13Le gouvernement, en mêlant les expériences et les profils, souhaite porter cette ambition.
11:20Il nous faut sortir de cette crise par le haut, dans le respect des convictions de toutes et tous et de la parole de chacun, y compris de nos oppositions.
11:29Nous ne l'avons sans doute pas suffisamment fait par le passé, il faut bien le reconnaître.
11:35Le gouvernement a une première mission d'urgence, donner un budget sérieux et fiable à la France.
11:43Un budget utile pour les Français et donc un budget avant la fin de l'année.
11:48Pour réussir cette mission, nous aurons ensemble à redonner du sens à la politique et à la vie parlementaire.
11:54Par des paroles, sans doute, pour apaiser un débat qui s'est trop envenimé.
12:00Par des actes, surtout, par une nouvelle pratique du pouvoir qui doit amener plus de progrès pour nos concitoyens et des résultats.
12:09Cette nouvelle pratique du pouvoir doit nous permettre de porter quelques dossiers que le gouvernement estime urgents.
12:16J'en vois huit.
12:18Permettez-moi de vous les présenter en complément de ma déclaration qui vous a été lue hier.
12:23Mesdames et Messieurs les sénateurs, la priorité absolue du gouvernement, c'est le budget.
12:31Le budget de l'État, celui de la sécurité sociale.
12:34Les Français n'attendent pas moins de leurs représentants au gouvernement de le proposer,
12:40à nous collectivement d'en débattre, à vous de le voter.
12:43J'admets, au regard des circonstances, que le projet de budget est plus que perfectible.
12:50À l'instar de mon prédécesseur Michel Barnier, qui était, il y a un an, dans une situation semblable à la mienne,
12:57j'ai choisi de déposer ses textes en respectant les délais constitutionnels,
13:01en faisant évoluer la copie sur les points les plus saillants, suite à mes nombreuses consultations.
13:06Mais il reste encore beaucoup de choses à améliorer, et je sais que le Sénat y prendra toute sa part en responsabilité.
13:15J'aurai l'occasion de vous présenter plus en détail ce projet de budget,
13:19mais vous l'avez compris, il repose sur un principe simple,
13:23une maîtrise des comptes publics qui, dans sa version initiale, réduira le déficit à 4,7% du PIB.
13:29Dans tous les cas de figure, à la fin de la discussion budgétaire, il devra être à moins de 5% du PIB.
13:37L'impératif de souveraineté s'impose à tous, je sais que vous y veillerez,
13:42la trop forte dépendance à des prêteurs étrangers n'est pas acceptable.
13:47Aussi, dès 2025, nous aurons respecté les 5,4% de déficit prévu,
13:53ce qui ne constitue qu'une étape, mais elle est clé.
13:56Certains questionnent, à juste titre, notre capacité collective à faire de réelles économies.
14:05C'est pour moi une priorité dans la relation à nos concitoyens et pour le consentement à l'impôt.
14:11Le président de la République a fait le choix de ne pas transiger avec notre souveraineté et notre sécurité.
14:15C'est pourquoi les crédits consacrés aux armées connaîtront une augmentation inédite,
14:21non seulement le respect de la loi de programmation militaire actuelle,
14:25mais aussi l'accélération annoncée le 14 juillet dernier.
14:29Il en va de notre indépendance.
14:32De même, les moyens des ministères de l'Intérieur et de la Justice seront en progression.
14:38Mais pour le reste des ministères, les moyens dont ils disposent baisseront en euros constants.
14:43C'est inédit, même si cet effort est encore insuffisant, il ne sera pas pour autant indolore.
14:51Cela signifie que les moyens des administrations pour conduire les politiques publiques baisseront en euros courants.
14:56A titre d'exemple, j'ai décidé que l'an prochain, les dépenses de communication de l'État et de ses opérateurs baisseront de 20%.
15:03Cela ne suffit pas, c'est pourquoi j'ai installé dès mon arrivée à Matignon cette mission État efficace
15:11pour faire en continu des propositions de rationalisation des dépenses publiques,
15:15à commencer par la suppression ou la fusion d'administrations ou d'organismes,
15:19en s'appuyant notamment sur les travaux que vous avez vous-même menés.
15:23Ce qu'il faut enfin engager, c'est un mouvement continu d'amélioration de l'efficacité de l'État,
15:29dans un cadre pluriannuel, crédible, en revoyant le format de l'État central
15:34qui demeure trop pléthorique malgré les mouvements de décentralisation et de déconcentration.
15:40C'est aussi un chantier en la faveur de l'État déconcentré
15:44qui, de son côté, s'est trop souvent paupérisé ces 20 dernières années.
15:50Ensuite, nous avons décidé de présenter un projet de loi de lutte contre la fraude, fiscale et sociale.
15:56C'est le projet de loi le plus ambitieux contre les fraudes depuis plusieurs décennies.
16:00Je sais qu'il y a une majorité dans votre hémicycle pour trouver des économies avec ce texte.
16:05Je sais aussi qu'il y aura des propositions pour le renforcer.
16:09Le gouvernement y est très ouvert.
16:12De la même manière, les soutiens financiers de l'État dans ses nombreuses interventions
16:16ne doivent pas donner lieu à de l'opacité ou à des situations de rente que l'on ne saurait expliquer.
16:22Je prends pour exemple le secteur des énergies renouvelables ou de la sobriété énergétique.
16:27S'il est hors de question de baisser nos ambitions environnementales,
16:30il est tout autant hors de question que cela pèse anormalement sur le contribuable.
16:35Les prix pratiqués doivent être maîtrisés.
16:38Les structures de coûts doivent être transparentes.
16:41Et ces secteurs doivent supporter la concurrence.
16:44Il y a un marché, il y a des consommateurs.
16:47Il ne faut avoir aucun tabou dans les solutions à adopter pour lutter contre les effets de rente,
16:53y compris en matière de police des prix.
16:56Je sais que le Sénat a proposé des mesures d'économie.
17:00Certaines sont consensuelles dans cet hémicycle, d'autres non.
17:04Toutes seront examinées et débattues.
17:07Aucune ne doit être repoussée a priori par dogmatisme.
17:10Seul le résultat compte dès lors que ces mesures sont sincères, documentées et justes.
17:17Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
17:20En matière fiscale, certaines formations politiques réclament des hausses d'impôts,
17:24d'autres souhaitent une autre répartition des efforts entre les ménages,
17:28notamment avec les très grandes fortunes ou sur les entreprises.
17:31Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises,
17:33le gouvernement considère qu'il ne faut pas augmenter la masse globale des prélèvements obligatoires.
17:38Mes prédécesseurs, qui ont eu la lourde tâche de faire voter le budget 2025 dans les conditions que vous connaissez,
17:43ont déjà dû recourir à la fiscalité avec une augmentation des prélèvements obligatoires pour cette année 2025.
17:50Par principe, je considère que cet effort fiscal doit être le plus limité possible.
17:55Pour poursuivre l'effort de redressement de comptes publics,
17:58l'effort sera contenu et moins important que l'année dernière.
18:01Pour nous situer, cela porte la pression fiscale à près de 36 milliards d'euros de moins qu'en 2017.
18:07Mesdames et Messieurs les Sénateurs, je sais que cette question fera ici débat.
18:14Et ce débat devra avoir lieu en ne perdant jamais de vue la croissance, l'emploi, l'attractivité économique.
18:22Et je suis ouvert également aux discussions sur la répartition de ces impôts.
18:27Le budget 2025 ne prévoyait aucune diminution.
18:30Ce projet de budget prévoit une baisse de la CVAE au profit des petites et moyennes entreprises.
18:35Là encore, c'est une proposition que vous trancherez.
18:40Mesdames et Messieurs les Sénateurs, vous le savez, ce budget demandera un effort aux collectivités locales,
18:46comme à tous les autres acteurs de la République, à commencer par l'État qui doit être exemplaire.
18:52J'ai conscience, comme élu local, que cet effort est difficile et parfois incompris.
18:57Aussi, ai-je souhaité, en reprenant cette copie, et j'y reviendrai car cela est la base de la confiance pour réussir l'acte de décentralisation,
19:04que les moyens alloués aux collectivités maintiennent une trajectoire de hausse en 2026.
19:10Par ailleurs, il faudra veiller à adapter ces mesures au cas par cas.
19:14Comment ne pas voir la situation préoccupante des conseils départementaux ?
19:18L'État sera au rendez-vous avec un fonds de sauvegarde pour 2026.
19:22Mais au-delà de ces mesures d'urgence, il faut enfin se mettre au travail pour adopter des mesures structurelles pour les départements.
19:29C'est ce que j'ai demandé à la ministre en charge des collectivités locales.
19:33Nous y reviendrons.
19:35Mesdames et Messieurs les Sénateurs, une autre conviction anime ce gouvernement,
19:41celle qu'il faut décentraliser,
19:43et que cette décentralisation n'est possible qu'en réformant et en repartant de l'État.
19:48C'est une conviction forte que je partage avec le Sénat et en particulier, je le sais, avec son président.
19:55Il n'y aura d'ailleurs pas de débat sur le rôle des collectivités sans d'abord parler du rôle de l'État.
20:01Un projet de loi sera soumis en ce sens au Parlement avant les élections municipales.
20:06Je l'avais annoncé dès ma prise de fonction.
20:09Je souhaite ici, maintenant, en préciser les grands principes et les domaines d'application dans la vie de nos concitoyens.
20:15Après les grandes réformes de décentralisation,
20:19le projet que vous présentera le gouvernement réformera l'action publique de manière globale.
20:23Non pas pour faire plaisir aux élus locaux, comme on peut le lire ici ou là,
20:27mais pour rendre le fonctionnement de tous nos services publics plus efficaces
20:30dans une logique de modernisation, de responsabilité et plus encore de proximité.
20:36Les débats que nous mènerons ensemble devront d'abord poser une question centrale.
20:41Qu'est-ce que l'on attend de l'État ?
20:42La police, la justice, la sécurité, la défense,
20:45Les relations internationales sont les missions qui font le cœur même de l'État.
20:49D'abord parce qu'il ne peut s'y soustraire,
20:52ensuite parce que nos compatriotes attendent plus de lui
20:55et rien, ni les boueversements géopolitiques,
20:58ni la situation intérieure du pays
21:00ne laisse présager que les attentes des Français diminueront en la matière.
21:05C'est pourquoi les budgets des missions régaliennes de l'État, je le disais,
21:08ont augmenté depuis 2017 et continueront d'augmenter.
21:11L'État régalien s'est renforcé et il ne faut pour rien au monde y renoncer.
21:17Pour le reste, il faudra se réorganiser.
21:20Des missions aujourd'hui assumées par l'État pourront être prises au niveau local.
21:25L'inverse pourra aussi être vrai.
21:28Mais la question au cœur de ce texte sera d'identifier une bonne fois pour toutes
21:33qui est responsable de quoi.
21:35Je proposerai un principe simple, celui de l'identification d'un seul responsable
21:41par politique publique.
21:43Il s'agira soit d'un ministre, soit d'un préfet, soit d'un élu au suffrage universel.
21:48Il ne s'agira pas seulement de décentraliser des compétences,
21:51il faudra décentraliser des responsabilités avec des moyens budgétaires et fiscaux
21:56et des libertés, y compris normatives.
21:59Ce principe répond à un autre principe démocratique et donc de bon sens.
22:05Celui qui décide est celui qui est responsable devant les électeurs.
22:09Il faut donc donner aux élus les moyens d'exercer leur responsabilité.
22:13Beaucoup l'ont dit, peu l'ont fait.
22:16Nous le ferons car c'est une conviction qui m'anime personnellement.
22:19Un nouveau grand acte de décentralisation peut-il être engagé par le gouvernement dans les trois mois ?
22:25On m'a beaucoup dit que cela prendra du temps.
22:27On m'a beaucoup dit que le Parlement était trop divisé pour s'entendre sur ce sujet,
22:31notamment à l'Assemblée nationale.
22:32Je pense tout le contraire.
22:34C'est précisément parce que cela prendra du temps qu'il faut engager cette réforme tout de suite.
22:38Sinon, elle sera reportée une fois de plus et jusqu'à quand, nous n'attendrons pas.
22:43D'autres textes issus du Sénat avancent.
22:46Vous venez d'examiner pour la deuxième fois la proposition de loi créant le statut de l'élu.
22:51Elle apportera des réponses à des problèmes anciens pour simplifier l'engagement des élus locaux,
22:56mieux reconnaître et sécuriser juridiquement leurs actions et faciliter l'engagement de tous,
23:01les profils en conciliant le mandat et la vie professionnelle.
23:05Cela se traduira notamment par une amélioration de leur régime indemnitaire.
23:10Le gouvernement la soutient et s'engage à faciliter son adoption aussitôt que possible.
23:15C'est clé pour notre démocratie locale, c'est clé pour les prochaines élections municipales.
23:20Mesdames et Messieurs les Sénateurs, la troisième priorité que je souhaite développer devant vous est évidemment la santé.
23:29Pour les comptes de la sécurité sociale, la question des franchises médicales posera un débat.
23:34J'ai été attentif à ce que les femmes enceintes, les enfants mineurs et nos concitoyens les plus pauvres
23:38soient exclus de cette mesure, ce qui représente 18 millions de Françaises et de Français.
23:43Pour autant, il faudra débattre de cette mesure qui ne peut être balayée d'un revers de main,
23:49y compris car elle renvoie au débat de la justice fiscale et sociale.
23:53Débat aussi sur l'accès aux soins, pour nos hôpitaux et pour la médecine de ville.
23:58Je ne vois personne oser dire à nos compatriotes que pour lutter contre les déserts médicaux,
24:02on devra attendre la prochaine élection présidentielle.
24:03Établir France Santé partout en France, un rendez-vous chez un médecin à 30 minutes de chez lui en moins de 48 heures,
24:11c'est possible dès lors que l'on accepte de réfléchir et de travailler complètement différemment,
24:16en cassant les logiques et les oppositions actuelles.
24:19Une première base est prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
24:23La ministre de la Santé vous le présentera tout prochainement.
24:27D'autres mesures rendront l'accès aux soins plus simple dans nos territoires.
24:30La facilitation de l'ouverture d'officines dans les communes de moins de 2 500 habitants,
24:35l'installation de jeunes médecins dans les territoires concernés
24:38et l'installation de 3 700 docteurs juniors
24:41dans le cadre de leur dernière année de diplôme d'études spécialisées de médecine générale.
24:45Il n'y aura aucune fermeture d'hôpital en 2026.
24:50Une fois de plus, on peut faire des économies sans tomber dans l'austérité.
24:54Mieux, on continue à investir dans les hôpitaux à hauteur de 2,3 milliards d'euros.
24:59La santé représentera ainsi 5 milliards de plus l'année prochaine dans le budget de la sécurité sociale.
25:05Et je veux également vous dire que le budget poursuit l'effort pour la santé mentale
25:09avec 300 millions d'euros dédiés, comme s'y était engagé un de mes prédécesseurs.
25:15Plus globalement, on ne peut pas ne pas voir que l'organisation de notre politique de santé
25:19doit être réinterrogée.
25:22Trop d'acteurs interviennent sur une même politique.
25:25On multiplie les initiatives et donc les dépenses.
25:28Il va falloir une grande clarification des responsabilités.
25:31Vous le réclamez, je le sais, depuis longtemps.
25:34Le projet de loi sur la décentralisation et la réforme de l'État
25:37doit nous permettre de poser sereinement ce débat.
25:40Que doit prendre l'État en charge plus directement ?
25:43Quelle réflexion doit-on nous mener sur le fonctionnement actuel des agences régionales de santé ?
25:48Les élus doivent-ils participer à leur gouvernance ?
25:51Que faut-il décentraliser ou au contraire mieux assumer au niveau de l'État ?
25:55Qu'attend-on des élus locaux qui siègent dans les conseils d'administration des hôpitaux ?
26:00Il n'y a pas de réponse magique, mais je sais une seule chose,
26:03c'est que le statut clos et le surplace n'est plus possible.
26:06Il y a une urgence pour l'accès aux soins, et ce n'est pas qu'une affaire d'argent, nous le savons tous.
26:11Il faudra être réformateur en respectant les femmes et les hommes qui rendent ce beau service public.
26:17Mesdames et Messieurs les Sénateurs, le gouvernement porte aussi une ambition pour protéger notre environnement
26:23et lutter contre le réchauffement climatique.
26:26La France entend continuer à mener le combat, comme elle le fait depuis 2017,
26:31et il a autant besoin d'être porté à l'international,
26:33la nouvelle ministre en charge a démontré par son bilan ses capacités, qu'au niveau local.
26:38Nous devons avancer, avec efficacité et sans dogmatisme, et avec une approche locale,
26:45car l'écologie, c'est de l'aménagement du territoire.
26:48Décentraliser les compétences, les responsabilités et les moyens,
26:51c'est aussi une formidable occasion de repenser complètement notre planification écologique et énergétique.
26:57Nous ferons des propositions précises sur le sujet.
26:59Certains travaux du Sénat pourront nous guider dans ce chemin.
27:03Je pense en particulier sur la gestion de l'eau, qui, comme vous le savez très bien,
27:07n'obéit pas à des périmètres administratifs, mais à des réalités géographiques de terrain.
27:12L'écologie, c'est aussi pouvoir se déplacer et moins polluer.
27:16Sans mobilité, les Français ne peuvent avoir accès à l'emploi, à la santé, à l'éducation, aux loisirs,
27:23et donc à leurs besoins essentiels.
27:25Pas de croissance sans transport.
27:27La question de la desserte des territoires est capitale,
27:29pour éviter qu'un sentiment de relégation ne se développe davantage chez des millions de nos concitoyens.
27:34Le ministre des Transports vous proposera une loi cadre,
27:38qui permettra notamment de flécher les recettes des futures concessions autoroutières
27:41vers le développement de nouvelles mobilités et de nouvelles infrastructures,
27:45notamment ferroviaires.
27:47Cette loi devra avancer en miroir des travaux de décentralisation.
27:52L'écologie, c'est de l'aménagement du territoire.
27:54C'est donc aussi parler du logement.
27:56Il faut bien le reconnaître.
27:58Si beaucoup a été entrepris depuis 2017, avec bonne foi et volontarisme,
28:02les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.
28:05La panne de la construction affecte toute l'économie.
28:08Je veux saluer les premières décisions prises récemment par la ministre Valérie Létard.
28:13Trop de nos compatriotes ont du mal à se loger.
28:16Les dépenses de logement ont atteint, dans le revenu des ménages, une part excessive.
28:21Et c'est au fond l'un des principaux problèmes du pouvoir d'achat des Français.
28:24Le reste à vivre.
28:26Ce qui reste quand vous avez payé toutes vos factures se réduit.
28:30Des solutions pourtant existent.
28:32Réduire le millefeuille de documents de planification pour les rendre plus durables,
28:36moins coûteux pour les collectivités et plus efficaces.
28:39Simplifier les procédures d'urbanisme pour baisser les coûts de construction peut en être une autre.
28:44La proposition de loi Uvart était un premier pas.
28:47Il faudra continuer.
28:49Les ministres sont à votre disposition.
28:50Mesdames et messieurs les sénateurs, la cinquième priorité est confiée à la ministre de l'Aménagement du Territoire et de la Décentralisation,
28:59accompagnée du ministre délégué en charge de la ruralité.
29:02Il porte des convictions fortes pour nos territoires et une feuille de route claire.
29:07Il y a urgence pour nos campagnes, pour notre ruralité.
29:1080% de notre territoire est rural.
29:14Je vous le dis comme je le pense, ce sont des territoires d'avenir.
29:1822 millions de Français y vivent, y travaillent, y compris dans notre industrie
29:22et bien sûr dans notre agriculture qui garantit à la France une souveraineté alimentaire.
29:28Il est temps de leur faire confiance, aux agriculteurs comme aux habitants de ces villages.
29:33Le ministre Michel Fournier, qui porte cette voie de la ruralité familière ici,
29:38aura pour mission et moyen de développer toutes les formules itinérantes de services publics et de commerces de proximité
29:44sur le modèle des France Services.
29:46Il aura aussi pour mission de garantir un accompagnement adapté des collectivités rurales les plus fragiles,
29:51selon la méthode du programme Village d'Avenir.
29:54Je veux le remercier pour son engagement.
29:57Sa voix, je le redis, est singulière et elle pèsera au sein du gouvernement.
30:01Le gouvernement poursuivra ce qui a été fait il y a quelques années par Jacqueline Gourault
30:05avec le plan d'action Cœur de Ville et Petite Ville de Demain
30:08pour sauver et surtout développer le commerce de centre-ville.
30:12Je compte sur le nouveau ministre des petites et moyennes entreprises,
30:15du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat pour le porter avec eux.
30:20C'est un homme qui entre au service de l'État avec une solide expérience
30:24et des idées qu'il aura l'occasion de vous présenter.
30:27Mesdames et Messieurs les sénateurs, sixième priorité du gouvernement.
30:31Il faut répondre aux attentes immenses de nos concitoyens
30:35pour plus de justice et de sécurité dans leur vie quotidienne.
30:39La loi de programmation de la justice que vous avez largement enrichie et votée
30:43sera respectée à l'euro près pour renforcer nos tribunaux et nos prisons
30:47de façon considérable pour le bien du service public de la justice.
30:51La loi narcotrafic venue de vos bancs par le travail de Muriel Jourdat et d'Étienne Blanc
30:56mais aussi de François-Noël Buffet et Jérôme Durin sera intégralement appliquée
31:00avec au 5 janvier l'installation du parquet national anticriminalité organisé.
31:06Grâce à l'action du garde des Sceaux, les prisons de haute sécurité sont déjà une réalité
31:11pour la sécurité des Français et le retour de l'autorité de l'État.
31:15J'aurai l'occasion avec lui d'annoncer dans les tout prochains jours
31:19de nouvelles mesures de fermeté et surtout de respect des règles dans la détention.
31:24Appliquons les textes en vigueur, c'est une évidence, mais nous le savons, ce n'est pas toujours le cas.
31:29Le ministre de la Justice se tient aussi à la disposition des groupes parlementaires du Sénat
31:33et de l'Assemblée nationale pour co-construire un projet de loi pénale
31:36prévoyant également l'ordonnance de protection des mineurs et la simplification de nos procédures.
31:42Nous le proposerons, vous en débattrez, vous le voterez.
31:45Le ministre de l'Intérieur a reçu, quant à lui, pour mission d'obtenir des résultats contre la délinquance.
31:51Il en aura pour cela les moyens.
31:53Les budgets de l'Intérieur sont en augmentation constante.
31:56Je souhaite aussi que le projet de loi pour le renforcement des pouvoirs des policiers municipaux
32:00et des gardes champêtres soit rapidement examiné,
32:03fruit du travail du Sénat et des ministres du gouvernement précédent
32:06pour la sécurité des Français au quotidien.
32:09L'immigration constitue pour l'Europe un défi majeur.
32:13Aujourd'hui, comme pour les décennies à venir,
32:16en raison des effets liés au réchauffement climatique, aux évolutions démographiques
32:19et au contexte géopolitique et sécuritaire dans certaines régions du monde,
32:23du Proche-Orient au Sahel.
32:25Nous devons affronter ce défi avec sérieux et responsabilité,
32:29c'est-à-dire en ne cherchant pas la popularité dans nos paroles,
32:32mais l'efficacité dans nos actes.
32:34Cette question est régalienne, humaine, mais désormais complexe et technique.
32:39Nous avons à construire une politique migratoire claire, stable et conforme à nos valeurs.
32:46La France doit savoir accueillir, mais elle doit aussi savoir dire non.
32:50Le défi n'est pas seulement juridique ou administratif, il est social et républicain.
32:54L'intégration n'est pas une option, c'est une responsabilité partagée
32:57dont on ne parle plus assez dans le débat public,
32:59de l'État, des collectivités, des entreprises et du monde associatif.
33:03Notre boussole doit être l'efficacité dans le respect du droit
33:06et l'équilibre évident entre humanité et autorité.
33:11La République est forte quand elle est juste,
33:13et la République est forte quand elle maîtrise ses propres choix.
33:16Il faudra continuer, tant au niveau français et européen,
33:19à améliorer les contrôles à l'entrée des frontières européennes.
33:23L'exécution effectif des obligations de quitter le territoire français
33:26est en cela une priorité absolue.
33:29Mais le bon sens commande de traiter le problème à la racine,
33:35avec calme, méthode et discernement.
33:38Comme pour le narcotrafic, je souhaite que l'on cible plus durement
33:41et plus efficacement les réseaux de passeurs et de trafiquants d'êtres humains.
33:45Ils ne sont d'ailleurs pas sans lien avec la grande criminalité,
33:49voire même dans certaines régions du monde avec les réseaux terroristes.
33:53Demain, dans la guerre hybride que nous mènent certains compétiteurs,
33:56l'instrumentalisation des flux migratoires figurera parmi leur stratégie.
34:00Les membres de la Commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat le savent.
34:04Nous aurons l'occasion, avec les ministres, d'y revenir.
34:07Mesdames et Messieurs les sénateurs,
34:09agir pour nos territoires, c'est aussi agir pour nos Outre-mer.
34:13Je vois une urgence absolue parmi toutes les autres pour nos Outre-mer.
34:18C'est bien entendu la vie chère.
34:20La ministre a reçu pour mission d'en faire sa priorité.
34:22Elle sera la ministre de la lutte contre les abus et les ententes
34:25qui pèsent sur le portefeuille de nos compatriotes ultramarins.
34:29Elle connaît ce sujet.
34:30Un projet de loi est prêt.
34:32Elle le portera avec conviction.
34:34La concertation avec les parlementaires ultramarins
34:36a permis d'aboutir à un texte de départ.
34:39La ministre vous le présentera.
34:40Il y aura beaucoup de sujets à débattre,
34:42d'autres à introduire.
34:43Cela pourra se faire dès les débats budgétaires.
34:46La copie est imparfaite.
34:48Nous la reverrons lors des débats avec les parlementaires ultramarins
34:50et plus largement au Sénat comme à l'Assemblée.
34:54Nos compatriotes dans les trois océans
34:55attendent que les prix baissent.
34:58Pour cela, il faut mieux faire jouer la concurrence,
35:01mettre de la transparence là où il y a trop d'intermédiaires,
35:04en particulier dans la grande distribution,
35:06et ne refuser aucune réflexion par principe,
35:10y compris sur les outils fiscaux.
35:12Le gouvernement est ouvert.
35:13Ce chantier ne m'a pas été possible
35:15lorsque j'étais en charge des Outre-mer à cause de la Covid-19.
35:17J'en fais aujourd'hui une priorité.
35:20Autre urgence, la reconstruction de Mayotte,
35:24dévastée par le cyclone Chido.
35:26L'État a pris des engagements.
35:28Ils seront tenus.
35:29Urgence aussi en Nouvelle-Calédonie.
35:31La fin des accords de Nouméa a créé un vide.
35:34Il fallait trouver un nouveau cadre institutionnel.
35:36Les accords de Bougival l'ont fait.
35:39Le Conseil des ministres a adopté hier
35:40le projet de loi constitutionnelle
35:42pour mettre en œuvre l'accord.
35:44Il sera soumis au vote des Calédoniens
35:46au début du printemps.
35:47Je veux saluer les travaux du Sénat
35:48qui ont guidé l'État dans la poursuite de cet accord
35:51et j'ai la conviction que le Sénat
35:53et en particulier son président
35:54est le meilleur acteur
35:56pour porter le suivi précisément
35:58de cet accord dans la durée
35:59après que le Sénat et l'Assemblée
36:01se soient prononcés.
36:03Je souhaite néanmoins
36:04que nous allions plus loin,
36:06notamment sur le traitement
36:07des difficultés économiques et sociales du caillou.
36:09Pas de paix sociale durable en Nouvelle-Calédonie
36:13sans un plan de développement économique du territoire
36:16et de lutte contre les inégalités sociales.
36:19La Nouvelle-Calédonie a besoin d'un choc de confiance.
36:22Les Calédoniens ont besoin d'un emploi,
36:24pas que l'État ne leur paie le chômage indéfiniment.
36:26La ministre proposera des solutions
36:28en concertation avec les acteurs du territoire.
36:31C'est une priorité.
36:33Enfin, une demande d'évolution institutionnelle
36:36est formulée par certains acteurs ultramarins
36:38qui souhaitent s'en emparer.
36:40Le président de la République a annoncé
36:42le 30 septembre dernier
36:43confier au gouvernement le soin
36:45de constituer des groupes de travail
36:46avec les territoires qui ont des projets précis sur la table.
36:49C'est le cas de la Guyane, de la Martinique,
36:51de la Guadeloupe.
36:52C'est un travail qui a été largement entamé par le Sénat
36:54et nous devons l'organiser au mieux
36:56en définissant les principes et un calendrier.
36:59Quant à la Corse,
37:00un projet a été déposé au Conseil des ministres
37:04et donc le Sénat et l'Assemblée nationale
37:07seront amenés à se prononcer,
37:08comme je l'ai confirmé hier, à l'Assemblée nationale.
37:11Mesdames et Messieurs les sénateurs,
37:14je veux enfin vous parler d'un sujet
37:15qui me tient à cœur
37:16et qui est aussi un des combats menés
37:18par certains sénateurs qui siagissent ici même
37:20et sur lequel je ne doute pas
37:21que nous saurons construire une majorité
37:23dans cet hémicycle.
37:24C'est la question du paritarisme.
37:26Le ministre de l'Intérieur
37:27vous l'a dit hier à cette tribune.
37:30Le gouvernement proposera un texte
37:31pour suspendre dès maintenant
37:32la réforme de 2023 sur les retraites
37:34jusqu'au lendemain de l'élection présidentielle.
37:37C'est un acte de compromis
37:38pour la stabilité du pays,
37:41y compris pour son économie,
37:42comme l'a rappelé le nouveau prix Nobel
37:44Philippe Aguillon.
37:45Et cet acte devra être financé
37:48comme toute chose.
37:50Mais je veux surtout aller plus loin
37:51cet après-midi devant le Sénat
37:52et vous parler de l'acte de confiance
37:54que cela doit représenter
37:55pour notre démocratie sociale
37:57dans les semaines à venir.
37:59Suspendre la réforme
38:00n'a d'intérêt que si c'est pour avancer.
38:03J'ai donc proposé dans les semaines qui viennent
38:04une grande conférence sur les retraites
38:06mais aussi le travail
38:07avec les organisations syndicales et patronales
38:10mais aussi les meilleurs experts.
38:11Il aura le temps de la concertation
38:14mais je souhaite que la conférence
38:15fasse ses propositions d'ici le printemps.
38:18La gestion de notre système de retraite
38:20devra être réinterrogée.
38:23Toutes les propositions seront à étudier.
38:26Certains veulent les systèmes par points,
38:28d'autres par capitalisation,
38:30d'autres veulent abandonner
38:31toute référence d'âge.
38:33Mais ces propositions ne valent
38:34que si l'on sait qui est responsable,
38:37aux partenaires sociaux,
38:38de s'emparer de cette question centrale,
38:39qui doit avoir la responsabilité
38:41de gérer le régime,
38:43ce serait revenir aux sources historiques
38:45de notre modèle de retraite.
38:46C'est d'ailleurs ce que font toujours
38:48la plupart de nos voisins européens.
38:50J'ai confiance dans la démocratie sociale.
38:53Le ministre du Travail et des Solidarités
38:55proposera de confier la gestion
38:56de notre système de retraite
38:58aux partenaires sociaux.
38:59C'est une conviction profonde
39:00que je partage avec le ministre.
39:03Faire confiance apporter ses fruits
39:04dans de nombreux domaines.
39:06C'est notamment le cas allergique Arco.
39:08Pourquoi ne pas développer
39:09ce qui fonctionne ?
39:11C'est le bon sens.
39:12Sans doute, là aussi,
39:13est-ce une rupture.
39:14Il faudra en débattre
39:15et ne pas en avoir peur,
39:17mesdames et messieurs les sénateurs,
39:18et le décider.
39:19Mesdames et messieurs,
39:21je veux aussi revenir
39:22sur les réactions
39:22qui ont pu suivre
39:24et que j'entends sur ces bancs
39:25sur l'annonce de cette suspension
39:26de la réforme des retraites.
39:28Je le répète,
39:29suspendre, ce n'est pas renoncer.
39:31Ce n'est pas reculer non plus.
39:32Si nous savons utiliser ce temps
39:34avec intelligence
39:35et volonté d'avancer,
39:36la cohésion sociale,
39:38l'unité du pays
39:39et donc sa stabilité
39:40sont une force,
39:42la droite,
39:42dans le passé,
39:43a su le montrer,
39:45la division,
39:46elle,
39:46a un coût.
39:47L'instabilité
39:48aurait coûté
39:4912 milliards
39:50depuis la censure
39:51de décembre dernier.
39:53Celle de septembre
39:54a eu un effet direct
39:55sur les taux d'intérêt.
39:56Les agences de notation
39:57l'ont dit clairement.
39:59Le Haut Comité
39:59des Finances Publiques
40:00a évalué le coût
40:01de l'incertitude politique
40:02à 0,7% de croissance.
40:04Ces données s'imposent
40:06sur tout le monde.
40:07Je crois
40:08en la sagesse du Sénat
40:09pour aider ce gouvernement
40:10à calmer les tensions,
40:12surpasser les divisions,
40:13renforcer notre économie,
40:15maintenir les investissements locaux,
40:17c'est-à-dire
40:17trouver des compromis
40:19dans l'intérêt du pays.
40:21Monsieur le Président,
40:22Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
40:24après des semaines difficiles,
40:27il est permis,
40:28je le crois,
40:29d'espérer,
40:29d'espérer que le Parlement fonctionne
40:31comme nos concitoyens
40:33nous le demande.
40:34Nous pouvons faire
40:35plus qu'un pas
40:36dans les trois prochains mois.
40:38Nous pouvons donner
40:38un budget à la France,
40:40soutenir la croissance
40:41et l'emploi dans les territoires,
40:42renforcer la justice,
40:43la sécurité du quotidien
40:44et notre défense,
40:46prendre soin
40:46des plus vulnérables
40:47et de notre environnement.
40:49En un mot,
40:50redonner confiance.
40:51Le gouvernement y est prêt.
40:53Le budget
40:54et les projets de loi
40:54sont prêts.
40:55Et je crois,
40:56Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
40:58que le pays est prêt.
40:59La politique s'est parfois
41:00éloignée des problèmes
41:01de la vie quotidienne,
41:03qui s'est même parfois
41:04isolée des méthodes
41:05de gouvernance
41:05qui prévalent partout ailleurs
41:07dans les grandes démocraties
41:09parlementaires du monde
41:10comme dans nos conseils municipaux.
41:12Le débat,
41:13le compromis,
41:14le Sénat saura le trouver,
41:16je n'en doute pas.
41:17C'est son histoire
41:18depuis 150 ans.
41:19Je vous remercie.
41:20Merci Monsieur le Premier ministre.
41:30Nous allons aborder la suite
41:32de notre débat.
41:33Voilà pour cette déclaration
41:34de politique générale
41:36de Sébastien Lecornu.
41:37À peu près,
41:38comme hier,
41:39une demi-heure
41:40et notamment,
41:41eh bien,
41:42de nombreuses mesures
41:43qui étaient consacrées
41:43aux priorités
41:44pour des élus locaux.
41:45Mais vous avez entendu la fin.
41:46il a à nouveau explicité
41:48ce qu'il entendait
41:49par suspension
41:50de la réforme des retraites.
Commentaires

Recommandations