00:00C'est l'heure de la chronique Perspective avec Jean Damour. Bonjour.
00:06Bonjour Catherine.
00:07Ça continue de faire réagir, bien sûr. Ça fait neuf mois maintenant que les régions du Transcontinental et des Basques ont cette menace au-dessus de la tête, une possible fermeture de leur urgence.
00:18Et là, la semaine dernière, délégation à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous êtes confiant, rassuré par les propos du ministre de la Santé?
00:25Jusqu'à un certain point, oui. D'ailleurs, je dois dénoncer mon conflit d'intérêt parce que je suis impliqué sur une base d'affaires avec Poignet-Gamouk.
00:31Mais au-delà de ça, dans la vraie vie, c'est un climat d'incertitude qui est, jusqu'à un certain point, qui est malsain.
00:37Pour les familles, il y a beaucoup d'inquiétudes. D'ailleurs, il y a beaucoup de témoignages de gens actuellement, de gens qui se manifestent en disant
00:43« Je ne serais pas ici si l'urgence de Poignet-Gamouk ne m'avait pas pris en charge à un moment précis de ma vie. »
00:49C'est des témoignages humains. Pour répondre clairement à ta question, Catherine, est-ce qu'on peut réussir?
00:54Je pense que oui. Je pense que oui, parce que ce dossier-là figure dans les priorités du ministre.
00:59Quand le ministre parle d'accessibilité aux services, de fluidité des services, c'est ce que nous sommes à Poignet-Gamouk.
01:05On offre ces services-là sur une base… Écoute, on souligne que c'est assez facile de se présenter là, de recevoir des soins dans des délais normaux, et c'est efficace.
01:15Il ne faut jamais perdre de vue que là où est située l'urgence à Poignet-Gamouk, on est à peu près à 50 km, soit de Notre-Dame-du-Lac, Témiscumata-sur-le-Lac, ou Rivière-du-Loup.
01:23Alors, quelqu'un qui fait un infarctus chaque seconde compte, et là, la maladie ne prend pas de rendez-vous non plus, ce serait un non-sens sur une base économique.
01:33Juste pour économiser de l'argent, je pense que le réseau de la santé, qui à mon sens aujourd'hui est davantage au service du réseau lui-même que des patients,
01:40vous relativez les affaires, je ne comprendrais pas cette affaire-là. Je ne peux pas croire, Catherine, qu'à la fin de la journée, qu'on va mettre un thème aux opérations,
01:49soit de l'urgence à Poignet-Gamouk ou qu'on coupe dans l'urgence de Trois-Pistoles. C'est la première ligne, c'est là que ça se passe, c'est là où c'est important.
01:57On ne peut pas se permettre de passer au côté de ça.
01:59Selon le ministre, les critères également sont favorables pour les deux urgences.
02:03Oui, pour être honnête avec toi, j'étais là, j'étais à trois pieds du ministre. Je l'ai entendu, son propos est rassurant.
02:10S'il est à la hauteur de ce propos-là, je n'ai pas de crainte aujourd'hui. Il y a la région, il y a le ministre, il y a Santé Québec et il y a la région.
02:18Je pense que la région va recevoir un appel du cabinet à un moment donné en leur disant qu'il faut sauver ces services-là.
02:23On est peut-être dans les régions éloignées, mais on est des Québécois à part entière comme tout le monde.
02:29Le jour où on a décidé d'occuper notre territoire au Québec, on a décidé qu'on payait pour occuper notre territoire. Il y a un coût à ça.
02:36Et le Dr. Carvalho, à Rimouski, nous dit « Moi, j'ai un enjeu de personnel. »
02:39Alors, je ne sais pas, moi, si l'entreprise pour laquelle tu travailles est menacée de même atteindre, tu vas avoir le goût de regarder ailleurs.
02:44Alors, cette incertitude-là, actuellement, qui plane sur Pointe-et-Gamouk et jusqu'à un certain point, Trois-Pistoles, et éventuellement au Kamouraska, ça a des conséquences.
02:51Alors, il faut qu'au moins, au moins, que d'ici Noël, que ce soit réglé, que le monde soit rassuré.
02:57Et je vous le dis, du côté de Pointe-et-Gamouk, pour les connaître et travailler avec eux, je sais que ce n'est pas terminé.
03:04Il y a d'autres gestes respectueux, toujours respectueux, polis et gentils, mais fermes à la fois.
03:11Alors, c'est un droit d'être desservi en matière de santé au Québec.
03:15Ce modèle-là, s'il existe, c'est que quelqu'un le définit.
03:19Ce service-là, il est important. Il est non seulement important, mais il est essentiel.
03:23Si on regarde aussi la nature de nos industries, on est en forêt, on est dans le domaine de la sériculture, dans le domaine agricole, des domaines à risque au niveau de la santé.
03:30Alors, on en a besoin. On en a besoin.
03:32Alors, que les gens doivent se battre pour ça aujourd'hui, sincèrement, ça m'interpelle, ça m'interroge et je me dis, est-ce que c'est normal en 2025?
03:41M. Damour, merci beaucoup.
03:43Bonne semaine, Catherine.
03:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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