- il y a 11 mois
Cette discussion modérée par Clémentine Roland, co-rédactrice en chef de L’Architecture d’Aujourd’hui, interroge la salle de classe comme lieu d’apprentissage, d’émancipation ou de contrainte, en croisant les points de vue d’architectes, d’artistes, de chercheur·ses, et de chorégraphes.
Avec : David Dottelonde et Wandrille Marchais, commissaires de l'exposition — Atelier Senzu
Stéphanie Marin et Malina Hervieu, artistes et designers — collectif SMARIN
Emilie Buestel et Marie Doiret, chorégraphes — Sauf le dimanche
Avec : David Dottelonde et Wandrille Marchais, commissaires de l'exposition — Atelier Senzu
Stéphanie Marin et Malina Hervieu, artistes et designers — collectif SMARIN
Emilie Buestel et Marie Doiret, chorégraphes — Sauf le dimanche
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00:00...
00:00Bonsoir à toutes et à tous.
00:09Merci d'être encore avec nous pour cette super soirée spéciale École idéale aux magasins généraux.
00:15Pour ma part, je représente la deuxième entité qui a fait que ce projet a pu voir le jour, le pavillon de l'arsenal.
00:22Toute l'équipe du pavillon de l'arsenal a été ravie de collaborer avec les magasins généraux,
00:26avec l'atelier Senzu, l'agence d'architecture qui est au co-commissariat,
00:30de cette exposition avec Anna, Kémis et toutes les équipes des magasins généraux
00:34pour voir aboutir ce très beau projet qui est justement l'articulation entre exposition d'architecture,
00:39exposition d'art, projet qui dépasse, qui est transdisciplinaire et qui parle d'un sujet universel.
00:46Donc ça fait depuis déjà quelques mois qu'on a déroulé le projet avec l'exposition,
00:51avec l'édition que vous pourrez retrouver bien sûr si vous le souhaitez,
00:54aussi avec une série d'événements qui ce soir est aussi en partenariat avec la revue AA,
00:58avec Clémentine, rédactrice en chèche que je salue,
01:02et également avec l'entreprise You Know Why,
01:05qui est une entreprise spécialisée dans les pédagogies nouvelles générations,
01:09pédagogies numériques.
01:10Et c'était intéressant pour nous d'avoir ce partenariat ce soir,
01:13parce qu'il propose aussi notamment des solutions pour l'enseignement public
01:16et aussi pour l'enseignement supérieur à destination des écoles d'architecture.
01:21Il y a un stand You Know Why qui est juste derrière vous là-bas, sur la droite,
01:26donc vous pourrez aller à leur rencontre si vous êtes curieux et curieuse de leurs solutions.
01:30Et en tout cas, ça représente bien tout l'écosystème qu'il faut
01:32pour faire fonctionner correctement une école idéale.
01:35Et sans plus attendre, je vais passer la parole à Clémentine,
01:38qui va modérer ce soir le débat et le panel.
01:41Et en tout cas, merci beaucoup pour votre présence.
01:42C'est très important pour nous, au Pavillon de l'Arsenal,
01:44de savoir qu'on a le public qui nous suit dans notre hors-les-murs,
01:47parce que c'est aussi ça pour nous, cette présence ce soir au Magasin Généraux,
01:51c'est que nous n'avons plus nos murs historiques.
01:53Donc on fait des collaborations avec des superbes institutions.
01:56Et voilà, l'école idéale, c'est aussi une histoire de collaboration ce soir.
01:58Donc merci beaucoup.
02:02Merci Estelle.
02:04Bonsoir à toutes et à tous.
02:06Merci d'être là, merci aux invités d'être là,
02:08merci à vous, au public, d'être ici.
02:10Et merci au Magasin Généraux et au Pavillon de l'Arsenal pour leur accueil.
02:15Je suis Clémentine Roland, co-rédactrice en chef de l'architecture d'aujourd'hui.
02:19Et si je suis ici ce soir, c'est parce que notre dernier numéro
02:22que Stéphanie a sur les genoux s'intitulait « Enfance politique ».
02:25Donc c'est un numéro pour lequel on a tâché à la rédaction de s'accroupir
02:30pour comprendre la situation de dominée, qui est celle des moins de 18 ans,
02:35donc dominée par les adultes, par les institutions, marginalisée, pardon, oubliée,
02:40et ce, de manière pire encore, lorsque l'enfant est racisé,
02:43issu de milieux défavorisés, invalides, etc.
02:47Donc malheureusement, chacune le sait, ou peut-être s'en souvient,
02:52l'école, ça peut être le théâtre des dominations,
02:55et c'est un peu pour ça que ce soir, on a réussi pour déconstruire cette idée-là
02:59et penser des alternatives, des façons de faire l'école mieux,
03:03et on va le faire en passant particulièrement par l'exemple de la salle de classe.
03:09Est-ce que la salle de classe est un lieu d'apprentissage, un lieu d'émancipation,
03:15un lieu de contrainte, un peu tout ça en même temps ?
03:18C'est la question à laquelle vont tenter de répondre nos invités,
03:21et c'est aussi la question à laquelle ils répondent déjà dans leurs pratiques respectives au quotidien.
03:26Donc on vient nous voir danser Émilie, du collectif « Sauf le dimanche »,
03:31du duo de chorégraphes, Émilie et Marie, qui sont juste ici.
03:35Depuis plusieurs années, Marie et Émilie créent des spectacles immersifs hors des planches de théâtre.
03:41Donc elles se reproduisent dans les lieux de vie, dans les espaces publics,
03:44et c'est ce qui donne un peu la teneur assez particulière au spectacle qu'on a vu ce soir.
03:51Et en représentant le spectacle « Ma prof » ou « Ma maîtresse » qu'on a vu à l'instant,
03:58elles tentent de montrer les limites de la salle de classe,
04:01les contraintes et les limites de cet espace qui peut être aussi assez normé.
04:05Vendry Marchais est architecte, cofondateur avec David Dottlund,
04:09qui n'est pas là ce soir, je crois, de l'atelier Senzu,
04:12et donc commissaire de l'exposition que vous avez eu la chance de visiter.
04:17L'atelier Senzu, côté Archi, c'est une agence dont on apprécie toujours la justesse des réponses architecturales,
04:23et c'est une agence qui s'est fait remarquer dans le milieu scolaire récemment,
04:26il y a quelques années, pour avoir livré le Pavillon Leveau,
04:30dont vous avez vu une maquette, je crois, dans l'exposition.
04:32Donc Pavillon Leveau, un espace polyvalent circulaire en terre crue
04:37qui interroge les limites et la spatialité de cette salle de classe aussi,
04:42et des espaces d'apprentissage qui sont proposés aux enfants.
04:46Enfin, Stéphanie Marin, designer, fondatrice du Studios Marin à Nice,
04:52elle a développé École Topie, qui est un projet scolaire innovant
04:55qui redonne aux enfants la possibilité de reconfigurer et de se réapproprier leur salle de classe.
05:00Je pense qu'on a tous eu la chance de tester les assises roses et le mobilier en liège.
05:07Donc voilà, c'est une approche par le design qui interroge le lien entre espaces physiques et pédagogie
05:11en faisant de la classe un lieu évolutif et adapté aux besoins changeants des enfants.
05:16Donc ce soir, ce qui nous intéresse, c'est de croiser vos regards sur l'espace et sur l'espace scolaire.
05:23Comment est-ce que l'architecture, le mobilier, les corps, les usages
05:27façonnent ce qui peut se vivre, s'apprendre et se jouer dans la salle de classe ?
05:31Comment est-ce qu'on transforme cet espace pour l'adapter aux évolutions de notre société ?
05:36Et enfin, comment est-ce qu'on va au-delà de la seule écologie formelle
05:38pour penser peut-être une écologie, voire une mésologie des rapports humains
05:43qui se jouent dans la salle de classe ?
05:44Si vous êtes prêts en attaque.
05:48Donc vous avez toutes et tous attentivement observé la salle de classe
05:51pour vos pratiques respectives.
05:53Qu'est-ce que vous avez vu dans cet espace qui pose problème ?
05:56Et selon vous, qu'est-ce qui, dans la configuration de la salle de classe standard,
06:00est susceptible d'empêcher l'apprentissage ou de contraindre les corps ?
06:04Je propose de commencer par Vendry, qui était non.
06:08Qui est commissaire de l'expo ?
06:09Tout à fait, c'est bon.
06:12Oui, la salle de classe est tout sauf neutre.
06:16On le voit dans l'exposition.
06:19Ça, c'est notre regard d'architecte qui a permis de démêler cette définition
06:23puisqu'on a été, comme tout le monde, élèves, écoliers.
06:29On est passé à côté de ce message-là.
06:30Mais c'est vrai que quand on a travaillé sur le bâtiment Le Vaud,
06:33que vous avez mentionné,
06:35on nous a permis de réinterroger, de questionner l'école.
06:38Et on s'est aperçu qu'en fait, la salle de classe, tout au moins,
06:42était standardisée, réglée depuis le XIXe siècle
06:45et répondait à des standards issus du XIXe siècle.
06:48Et donc, la réponse à cela, ça a été de créer un espace circulaire
06:52pour essayer de projeter l'architecture vers de nouvelles projections,
06:58ou de nouvelles questions, celles de l'écologie, celles de l'inclusivité,
07:02celles de la position du professeur dans la classe, des élèves, etc., et des usages.
07:08Donc, c'est vrai que, en fait, c'est notre regard d'architecte qui a permis aussi
07:12de prendre de la distance vis-à-vis de ces espaces où tout le monde passe,
07:16ces espaces qui sont très universels.
07:18appuyés aussi par le travail de deux sommités,
07:25la personne de Anne-Marie Châtelet,
07:27qui est professeure à l'école d'architecture de Strasbourg,
07:31qui est aussi historienne,
07:32et qui vous raconte l'histoire de la salle de classe
07:35depuis l'Empire romain à hier.
07:37Donc, c'est passionnant de voir toutes les évolutions.
07:39Et aussi le pédagogue Philippe Mérieux,
07:42qui n'a de cesse de répéter qu'il faut casser la boîte.
07:45Voilà.
07:46Très bien.
07:47Stéphanie, est-ce que ça te parle, cette idée de casser la boîte ?
07:52Oui, alors, nous, on n'est pas architectes,
07:55donc on n'est pas concernés.
07:57On ne nous a pas demandé de casser la boîte.
08:01Et surtout, en fait, on a été invité
08:04à proposer une salle de classe
08:09dans la boîte du Centre Pompidou à Metz,
08:14qui est magnifique,
08:15cette immense galerie avec vue sur toute la ville.
08:20Donc, c'était un lieu particulièrement idéal dès le départ.
08:24Mais le lieu de la commande n'est pas neutre,
08:28puisque c'est un musée.
08:30Au moment d'une exposition sur l'art d'apprendre,
08:33qui est un parcours dans les œuvres d'art du XXe siècle,
08:38la pensée des artistes au sujet de la transmission,
08:42des puissances d'agir, en fait,
08:45par l'acte pédagogique
08:47et des puissances d'évolution sociale, justement.
08:51Donc, on est d'accord
08:56sur le fait qu'aujourd'hui,
08:58on a des salles de classe
09:00qui sont encore un peu XXe siècle.
09:04Ce qui est normal, puisqu'on attaque à peine le XXIe.
09:06Et pour se poser la question,
09:08à ce moment-là, puisqu'on était dans un musée,
09:10donc on n'avait aucune censure,
09:12aucune obligation vis-à-vis de l'éducation nationale,
09:16de se poser la question
09:18de l'actualité de nos écoles
09:21et de nos écoliers, surtout.
09:23des enfants qui, aujourd'hui,
09:26seront les adultes de 2050.
09:29Donc, qu'est-ce qu'ils vont vivre
09:31au niveau des transformations de la société,
09:35des défis écologiques
09:37et surtout de la puissance des outils numériques,
09:40en fait.
09:41Et ça, c'est difficile d'anticiper
09:42pour chacun d'entre nous.
09:44de quel, finalement, savoir
09:49ils vont le plus avoir besoin
09:50en termes de compétences.
09:53Donc, moi, je me suis intéressée à ça.
09:56Je me suis dit, bon,
09:57tout simplement, déjà,
09:59on peut améliorer leur perception
10:01de leur propre corps
10:03parce que c'est quelque chose
10:05qu'on...
10:06Ceux qui sont le plus curieux
10:08finissent par développer
10:10en tant qu'adultes,
10:11mais on n'en parle pas à l'école.
10:12Et je me dis, je me suis dit,
10:14c'est naturel de s'intéresser
10:17au bon fonctionnement de la respiration
10:20parce que c'est un outil puissant
10:22pour gérer les émotions,
10:24pour gérer beaucoup de difficultés,
10:26pour développer des compétences.
10:29Donc, on s'est appuyés aussi
10:31sur nos collaborations
10:33avec la faculté de médecine à Nice
10:34et l'Observatoire des médecines
10:36non conventionnelles
10:37pour toutes ces pratiques bénéfiques
10:39du bon usage du corps.
10:42Bien sûr, la position assise
10:44qui est sédentaire.
10:46Ce n'est pas du tout intéressant
10:47de bloquer comme ça le mouvement.
10:51Donc, l'assise rebondissante.
10:53Et après, on verra le reste,
10:56la conscience du groupe.
10:57Parce que je vais...
10:58En fait, je prends trop de temps.
11:00Non, non.
11:00Donc, il y a la conscience du groupe,
11:04l'exercice, en fait,
11:06d'être ensemble,
11:07de devoir prendre des décisions,
11:09de les discuter,
11:10et puis de vivre dans cet espace
11:12qui est la boîte,
11:14toute l'année,
11:15tous ensemble,
11:16avec les mutations
11:17qui pourraient être envisagées,
11:20tous ensemble.
11:22Et enfin, je me suis dit,
11:24tiens, il y a les outils numériques,
11:27qu'est-ce que ça va nous imposer ?
11:29Probablement,
11:30de savoir garder conscience,
11:33de savoir synthétiser,
11:35d'avoir un usage
11:37de notre intelligence personnelle
11:41bien plus agile et acérée,
11:46puisqu'on a l'intelligence artificielle
11:48à notre portée,
11:49pour bien la vivre, quoi.
11:54Et donc, on a proposé
11:57ce que vous avez vu dans la salle,
11:59des pièces qui servent
12:02à jouer et à exercer sa sensibilité,
12:06un peu en rupture
12:07avec l'idée de la créativité
12:09comme moyen de s'exprimer,
12:11montrer, développer,
12:13devoir faire quelque chose.
12:15En réalité, là,
12:16on est resté sur l'exercice
12:18de la sensibilité
12:19qui est propre à chacun.
12:21Il n'y a pas du tout
12:22de démonstration,
12:26il n'y a pas d'autre objectif
12:27que le temps libre
12:29et sensible.
12:31On reviendra à ce sujet
12:32parce que c'est intéressant,
12:33l'absence de contraintes,
12:34mais est-ce que, justement,
12:35l'idée de respiration
12:36dont parle Stéphanie,
12:37c'est quelque chose
12:37qui vous parle
12:38dans la façon dont on rompt
12:40la contrainte des corps
12:41dont la maîtresse demande,
12:43enfin, fait chute,
12:44demande de ne pas bouger.
12:45Qu'est-ce que vous voulez
12:46représenter, vous ?
12:48Qu'est-ce que vous voulez
12:49défendre dans cette chorégraphie ?
12:54Alors, il y a plusieurs choses.
12:58Bon, nous, on amène
12:59le sensible et l'émotion
13:00dans la salle de classe,
13:03mais aussi,
13:03on détourne
13:06tous les usages.
13:08Pourquoi pas s'allonger par terre ?
13:10Pourquoi pas monter
13:11sur le bureau ?
13:13Si ça nous aide
13:14à apprendre,
13:14et bien, pourquoi pas ?
13:16Et moi,
13:17je voudrais juste
13:19le ramener
13:20à une expérience.
13:21Effectivement,
13:21les corps sont assez figés
13:23et combien de fois,
13:26et je pense que ça...
13:29Combien de fois
13:31on a entendu
13:32des profs
13:33nous dire
13:34« Attention,
13:35alors cet élève-là,
13:37je ne sais pas trop
13:37comment il va réagir »
13:38et en fait,
13:41c'est celui
13:41qui réagit
13:42le plus
13:44intensément,
13:46qui va
13:47être ébahie
13:49par la proposition,
13:51c'est l'élève
13:51souvent
13:52le plus agité
13:53ou le plus...
13:55Et en fait,
13:57tout d'un coup,
13:58l'enseignante
13:59le voit
13:59dans une autre
14:00manière
14:01d'apprendre,
14:03puisqu'il est en train
14:03de regarder ce solo
14:04et arrêter
14:07de mettre
14:09les corps
14:09toujours
14:09dans la même position
14:10pourrait permettre
14:11à certains élèves
14:12de se révéler,
14:13je pense,
14:13dans des apprentissages.
14:16Et ça,
14:16c'est...
14:16C'est ce qu'on...
14:19Nous,
14:19on remarque
14:20à chaque fois
14:21qu'on danse
14:21ce solo.
14:27Et moi,
14:27peut-être,
14:28je voudrais juste
14:28partager le fait
14:29que quand vous parlez
14:32de casser la boîte,
14:33moi,
14:34ce qui m'a frappée
14:35en remettant les pieds
14:36dans des salles de classe
14:37que j'avais quittées
14:39à la fin de ma scolarité,
14:40quoi,
14:41c'est que de toute façon,
14:42la boîte,
14:43elle fissure,
14:44elle bouillonne,
14:45en fait.
14:45C'est des lieux
14:46qui sont à la fois
14:46effectivement très contraints,
14:48qui sont souvent petits
14:49par rapport au nombre
14:50de personnes
14:51qui doivent l'habiter.
14:52Les effectifs
14:53des classes
14:54sont beaucoup trop importants,
14:56mais c'est effectivement
14:57des lieux
14:57qui sont normés
14:58par des hiérarchies,
14:59par des rituels
15:00assez serrés
15:01de principes.
15:03Mais moi,
15:04ce qui m'a vraiment marquée,
15:06c'est qu'en dessous de ça,
15:07ce qui vrombrit,
15:10vibre tout azimut,
15:11c'est que c'est quand même
15:12le royaume
15:12du langage non-verbal
15:13et c'est aussi,
15:15et d'abord,
15:15des espaces relationnels,
15:17en fait.
15:18Donc c'est aussi
15:18beaucoup sur ça
15:19qu'on s'est appuyé
15:20pour construire
15:21ces solos
15:21et proposer le travail
15:25chorégraphique
15:27qu'on y a mené.
15:28C'est vraiment,
15:29pour moi,
15:30c'est vraiment ça
15:30qui est marquant.
15:31C'est que c'est
15:31à la fois une boîte
15:33et un volume,
15:34je dirais,
15:35et un volume
15:36très, très dense
15:37d'un dialogue
15:39absolument en dessous
15:41des mots
15:41entre le groupe humain
15:44qui doit tenir
15:46toute l'année,
15:46en effet,
15:47dans la contrainte spatiale
15:49de cette salle de classe
15:50et ça,
15:51c'est vraiment très fort
15:52et tous les solos
15:53qu'on...
15:54Enfin,
15:54les trois solos
15:55aux trois âges
15:56qu'on a écrits,
15:57on les a faits
15:58sur la base
15:59de discussions
15:59et d'entretiens
16:00avec les élèves
16:01et les adultes
16:01et les élèves eux-mêmes
16:02sont extrêmement conscients
16:04de leur capacité
16:05de lecture du corps
16:06et du fait
16:07que c'est la toute première
16:09chose qu'ils font,
16:09en fait,
16:10dans le rapport aux autres
16:11et dans le rapport
16:12à la figure du professeur.
16:15C'est très clair.
16:17Vendry,
16:17côté archi,
16:18est-ce que
16:19tu considères
16:21que c'est l'un de tes rôles
16:22de justement
16:23jouer,
16:25enfin,
16:25intensifier ces rapports
16:26entre les élèves,
16:27entre adultes,
16:29enfants ?
16:30Il y a un rôle
16:31qui est très ambigu
16:32dans celui de l'architecte,
16:33c'est qu'on crée des murs,
16:34on crée des contraintes.
16:37Mais c'est aussi
16:37parce que la contrainte existe
16:38que les corps se rebellent
16:40et que cette énergie
16:41se développe.
16:43Mais à vous écouter,
16:45en fait,
16:45ça me fait penser
16:45au chapitre
16:47de l'école dehors,
16:48justement,
16:49où il y a un besoin
16:50de sortir
16:51de cet enclos
16:52qui est cette boîte
16:54rectangulaire
16:54qui est la salle de classe.
16:56On emmène des élèves dehors
16:57et effectivement,
16:59des caractères se révèlent,
17:00des corps se révèlent,
17:01des manières
17:03d'enseigner
17:04aussi changent,
17:05les manières d'apprendre
17:06aussi sont bouleversées
17:08et on a une inversion
17:09des rôles
17:10totalement
17:10très intenses
17:12entre les enfants
17:13qui ne tiennent pas
17:14en place
17:15et ceux qui se concentrent
17:16dehors.
17:18L'exemple
17:19d'Alexandre Ribot
17:20est assez parlant.
17:22Mais du coup,
17:22ça pose vraiment
17:23la question
17:23du rôle de l'architecte
17:24et de celle
17:25de l'architecture.
17:26est-ce qu'il vaut mieux
17:28faire des boîtes neutres
17:29dans lesquelles
17:29il peut tout se passer
17:30ou est-ce qu'il faut
17:31spécifier,
17:35caractériser les espaces
17:36en donnant une forme
17:37très spécifique
17:38pour des usages
17:38très spécifiques ?
17:40Cette question,
17:41je pense qu'on se l'est
17:41toujours posée
17:42architecte
17:42et personne n'a la réponse.
17:44Néanmoins,
17:45je pense qu'il faut
17:45continuer d'expérimenter
17:46et qu'au sein des écoles,
17:48il peut y avoir
17:49différents degrés
17:49de contraintes,
17:50différents degrés
17:51de neutralité
17:52et aussi d'espace
17:53parce que dedans,
17:56vous l'avez dit,
17:56ça reste des enfants,
17:57ça reste des êtres humains
17:58qui suivent des leçons.
18:00Il y a des enfants,
18:01il y a des adultes,
18:02certains instituteurs
18:03aussi veulent
18:04leur petite boîte,
18:05d'autres préfèrent
18:06leur grand espace
18:08ou un espace circulaire
18:09ou faire classe dehors.
18:10Ça rejoint aussi
18:11la définition impossible
18:13de l'école idéale
18:14parce qu'il n'y en a pas.
18:17C'est un peu un serpent
18:20qui se mord la queue.
18:21Néanmoins,
18:21il y a des orientations
18:23ou des directions
18:25dans lesquelles
18:26on peut aller
18:26et c'est vrai
18:27que plus ça va
18:29et quand même
18:29on prend en compte
18:30ces considérations
18:31d'enfants,
18:32de corps
18:33et à l'échelle
18:35de l'architecture
18:35mais aussi à l'échelle
18:36du mobilier
18:36qui est quand même
18:37très complémentaire
18:38et c'est là
18:39où le mot
18:39pluridisciplinaire
18:40a tout son sens.
18:41C'est que la question
18:42de l'école idéale
18:42ne se pose pas
18:43qu'à l'échelle
18:43de l'architecture,
18:45elle se pose
18:45à l'échelle du design
18:46et à l'acceptation
18:47des corps aussi.
18:48C'est tout ce
18:50ce gloubi-boulga
18:52qui fait qu'en fait
18:53c'est une école réussie
18:54ou non.
18:56Donc voilà,
18:56en fait ça floute
18:57un peu les lignes
18:58de l'architecture
18:59et c'est pour ça
19:01que après toute
19:03cette exposition
19:04nous commissaires
19:05en fait la conclusion
19:06c'est qu'on a besoin
19:08de tout le monde
19:09pour faire une école.
19:10Ce n'est pas que
19:10l'architecte dans son coin,
19:12ce n'est pas que
19:12le designer dans son coin,
19:13que l'instituteur,
19:14que l'élu,
19:14etc.
19:15c'est vraiment
19:16un écosystème
19:17d'acteurs
19:17qui par addition,
19:19par multiplication
19:19vont enrichir
19:20en fait la définition
19:21d'une école.
19:22Et je pense que ça
19:23c'est vraiment
19:24le besoin,
19:25ce qui est nécessaire
19:26aujourd'hui
19:26d'intégrer
19:28pour produire
19:29des écoles
19:30de demain,
19:30publiques.
19:33Et chacun,
19:34chacune à votre échelle,
19:35comment est-ce que
19:36Stéphanie,
19:37tu m'as parlé
19:37des débordements
19:40qui sont interdits
19:40par la maîtresse
19:41contre lesquels
19:42tu crées
19:43des assises rebondissantes
19:44Émilie,
19:45Marie,
19:46vous m'avez parlé
19:47assez longuement
19:48de la nécessité
19:49de relationner
19:50quand on est enseignant
19:51du rapport au corps
19:52qui n'est permis
19:53qu'à l'enseignant
19:54à l'enseignante
19:55en fait,
19:55qui est celui
19:55qui se déplace
19:56tandis que l'enfant
19:57reste statique.
19:58Vendrie,
19:59tu prends à partie
20:00le rectangle
20:01de la salle de classe
20:02et tu me décrivais
20:03d'ailleurs
20:04que l'enceinte même
20:06de l'école
20:07peut être intimidante
20:08pour les adultes.
20:09Qu'est-ce qui se passe
20:10quand on fait un pavillon
20:11en dehors de l'école,
20:12quand on danse
20:13dans une classe,
20:14qu'est-ce qui devient
20:15possible
20:15quand on autorise
20:16le mouvement
20:16dans ces espaces
20:17en clos,
20:18dans votre expérience,
20:19dans vos expériences
20:20respectives,
20:21chez les enfants ?
20:23Qu'est-ce que ça suscite
20:23Stéphanie ?
20:26Je ne vous cache pas
20:28que moi au début
20:28j'ai eu un peu peur
20:29avant que les premiers
20:31enfants arrivent.
20:32Je me suis dit
20:33bon,
20:33on le tente
20:34et de toute façon
20:36c'est la vérité.
20:39Mais je m'étais documentée
20:41et justement
20:42comme vous
20:43j'avais lu
20:47que dans un groupe
20:49la première communication
20:51passe par le corps
20:52et que donc
20:53je me suis dit
20:55plus on va faciliter
20:57cette communication
20:58et plus on va
20:59la rendre facile,
21:01plus on devrait avoir
21:03du calme
21:04en fin de compte.
21:04Donc nous voilà
21:06le jour J
21:08et on leur a montré
21:11l'usage de la chaise.
21:13Donc c'est une chaise
21:13sur laquelle
21:14ils choisissent
21:15leur posture
21:16mais assez naturellement
21:17au bout d'un moment
21:18l'idée c'est qu'ils l'oublient
21:19qu'ils aient leur posture naturelle
21:21puisque l'assise est souple
21:23et que par moment
21:24ils puissent vraiment rebondir
21:26et comme il n'y a pas
21:27d'assise attendue
21:30puisque vraiment
21:32c'est une nouveauté
21:32même s'il y a
21:33une grande stabilité
21:34ils vont pouvoir
21:36développer des gestes
21:37donc moi je les encourage
21:38je les ai encouragés
21:39ceux que j'ai pu croiser
21:41à développer
21:42en leur expliquant
21:44vous communiquez d'abord
21:45par le geste
21:45donc continuons
21:46et en réalité
21:48on a constaté
21:49à la fin de l'année
21:50des enfants
21:52qui sont beaucoup plus
21:54calmes
21:57je pense
21:57c'est ça qui est fou
21:59bien plus libres
22:01dans le mouvement
22:02mais les moments
22:05d'agitation
22:06en fait
22:06quand ils sont tendus
22:08qu'ils commencent
22:09à parler l'un avec l'autre
22:10bouger sur la chaise
22:11la maîtresse s'énerve
22:12bouge pas
22:13bon là
22:14en fait ça se transforme
22:15par
22:15je rebondis
22:17comme ça
22:17et ça se transmet
22:19donc tout le monde
22:20rebondit
22:21et donc du coup
22:23en fait
22:23dans ce mouvement
22:24ça devient un mouvement
22:25collectif
22:26et ça devient un temps
22:27où
22:28au lieu de s'agiter
22:29de s'énerver
22:30ils peuvent discuter
22:33ensemble
22:33de ce qui les dérange
22:34ou de ce qui les passionne
22:36et en fait
22:37ça facilite
22:38l'émulation
22:39voilà
22:40donc ça
22:41c'était quand même
22:42chouette
22:43de le voir
22:43à Metz
22:44sur plusieurs classes
22:45puisque les 4 classes
22:46elles étaient invitées
22:47une journée par semaine
22:48pendant les 6 mois
22:49et maintenant
22:51c'est dans des vraies écoles
22:52donc on voit
22:52les classes faire ça
22:54donc c'est vrai
22:56ça marche
22:57nous on a choisi
23:01de faire
23:01le solo
23:03par surprise
23:04parce que
23:07ça leur permet
23:10et dans la salle
23:11de classe
23:12et ça supprime
23:13le code
23:14du spectacle
23:15en fait
23:15tout d'un coup
23:16on est devant un spectacle
23:18ils le savent très bien
23:19mais on n'est pas
23:20dans une salle
23:21de spectacle
23:21et donc ils peuvent
23:22se permettre
23:23de tchatcher
23:25de rigoler
23:26de danser avec nous
23:28parfois il y a
23:29des salles entières
23:30de classe
23:31qui se lèvent
23:31moi j'ai
23:32j'ai vécu une scène
23:34où toute la salle
23:35s'est levée
23:35et a dansé tout l'oiseau
23:37là quand je suis
23:37sur le bureau
23:38avec moi
23:38et les enfants
23:40se sont rassis
23:41et si on arrive
23:42à les emmener
23:43finalement
23:44tout leur
23:47tout ce qu'on pourrait
23:48appeler
23:48débordement
23:49dans une salle
23:50de spectacle
23:50là c'est
23:52ils sont avec nous
23:53et dans le spectacle
23:54dans la scène
23:55et ils ont le droit
23:56d'exprimer
23:59ce qu'ils ont envie
24:00d'exprimer
24:00nous c'est
24:02par là
24:04qu'on prend
24:04le débordement
24:05enfin
24:05et j'ajouterais
24:08que
24:08il y a
24:10dans les premières
24:10minutes du solo
24:11quand le personnage
24:12rentre fait irruption
24:13dans la salle
24:14de classe
24:14il se joue là
24:16pendant 5-10 minutes
24:17un truc passionnant
24:18pour nous
24:18pendant qu'on danse
24:19qu'on arrive à observer
24:21qui est
24:22un temps d'accord
24:23entre le groupe
24:24d'élèves
24:25et l'enseignant
24:26parce qu'ils sont
24:26quand même
24:27scandalisés
24:27de notre entrée
24:28et de cet adulte
24:31impoli
24:31qui regarde pas
24:32qui se présente pas
24:33enfin c'est quand même
24:34complètement déboulonnant
24:35et du coup
24:36la première chose
24:37c'est de se demander
24:37pourquoi l'enseignant
24:38ne nous engueule pas
24:39et ne nous vire pas
24:39de la classe
24:40et ensuite du coup
24:42il y a tout un jeu
24:43de billard à bande
24:44de regards
24:44entre les élèves
24:45la danseuse
24:46et l'instit
24:47pour le temps
24:48de compréhension
24:49qui viennent de plonger
24:51dans la fiction
24:51et ce moment là
24:52il est très beau
24:53et quand tu as posé
24:56la question
24:56Clémentine
24:57je me suis dit
24:57je crois que ce que ça fait
24:58d'amener le corps
25:00la sensorialité
25:02la dimension sensible
25:03en plus par irruption
25:05dans la salle de classe
25:06qui peut être
25:07un peu rigide
25:08j'allais dire
25:09je crois que ce que ça fait
25:10c'est que ça fait
25:10à la fois du commun
25:11et la possibilité
25:12de l'hyper singulier
25:14dans le commun
25:14c'est à dire que
25:16notre personnage
25:17il met en scène
25:18des émotions
25:19traversantes
25:20et débordantes
25:21que les enfants
25:22reconnaissent aussi bien
25:24chez eux
25:24et du coup
25:25se disent
25:26que ça existe aussi
25:27chez l'adulte
25:28en face
25:29et donc
25:30ça fait
25:31un pont
25:32et en plus de ça
25:33comme
25:34ce mode
25:35irruptif
25:36les renvoie
25:37non pas
25:37à leur jugement
25:38devant un spectacle
25:39de danse
25:40mais ça les saisit
25:41dans leur ressenti
25:42de spectateur
25:43c'est aussi
25:44l'opportunité
25:45pour eux
25:45de nous raconter
25:46après individuellement
25:47ce que ça leur a fait
25:49par où s'est passé
25:50ce que c'est venu
25:52bousculer
25:53tirailler
25:54et donc
25:54je crois que c'est une chose
25:55que j'aime
25:56je crois que c'est ça
25:57que ça fait
25:58à la fois
25:59vraiment du
26:00un petit
26:04un petit affaissement
26:05de la hiérarchie
26:06parce qu'on est fait
26:08du même bois
26:09à 46
26:11ou à 6 ans
26:12de cette chose là
26:13de comment on fait
26:14pour
26:15assumer
26:16et traverser
26:17tout ce qui nous secoue
26:18Vendry
26:21qu'est-ce qui se passe
26:22quand on ne fait plus
26:23les salles rectangles
26:24comment réagissent
26:25les enfants
26:26dans le pavillon
26:26Leveau par exemple
26:27alors
26:29lorsqu'on a ouvert
26:30pour la première fois
26:31les portes du pavillon
26:32ils se sont rués
26:33aux toilettes
26:33voilà
26:34c'est normal
26:36on va dire
26:37il y a deux toilettes
26:38il y a un toilette normal
26:39et un toilette petit
26:39ils se sont battus
26:40pour les toilettes
26:41et ils ont fait
26:43tout un tas de bêtises
26:43en ouvrant les placards
26:45en jetant des graviers
26:46nous ce qu'on avait fait
26:48c'est qu'on avait créé
26:49une dalle béton
26:50de parking
26:50sur le sol
26:51pour qu'il puisse
26:52s'y dérouler
26:53toutes les bêtises
26:54possibles
26:56puisqu'on est dans
26:56un espace planté
26:57donc vous imaginez
26:59les bottes crottées
27:00etc
27:00quand il pleut
27:01mais
27:03vos échanges
27:04me faisaient penser
27:05un peu en architecture
27:07à la libération
27:07du mouvement
27:08désolé
27:10je suis un peu
27:10l'architecte
27:11qui parle des murs
27:12je prends mon rôle
27:14il y a plusieurs
27:16exemples intéressants
27:17justement
27:18des architectes
27:18qui se sont dit
27:19comment on peut
27:21amener un peu plus
27:22de fluidité
27:23dans les espaces
27:24que compose l'école
27:25notamment les circulations
27:26pour que ça ne devienne pas
27:27que le négatif
27:28de la salle de classe
27:29et pas qu'un seul couloir
27:30où on se fait mettre
27:31à la porte
27:31quand on se fait jeter
27:32de la salle de classe
27:33c'est l'architecte allemand
27:34Anne Charoun
27:35qui a commencé
27:35à rendre organiques
27:37ces espaces-là
27:37avec des poches
27:38pour pouvoir
27:39créer des activités
27:40pédagogiques
27:41il y a aussi
27:42des architectes
27:42Renaudi à Sergi-Pontoise
27:44où la salle de classe
27:45c'est une topographie
27:46avec des gradins
27:47donc il n'y a plus du tout
27:48ce rapport
27:48très horizontal
27:50de la salle de classe
27:51et des petits gradins
27:51et ça change
27:52la position aussi
27:53des enfants
27:53puisqu'on peut s'avachir
27:55sur une ou deux marches
27:56etc
27:56vous l'avez aussi
27:58dans l'école
27:58d'Erdsberger
27:59à Amsterdam
27:59où il y a
28:00toujours ce modèle
28:02de gradin
28:02et donc c'est là
28:04de voir aussi
28:05comment l'architecture
28:06répond à ses besoins
28:07de mise en mouvement
28:09des corps
28:09et en cassant
28:11l'horizontalité
28:12la verticalité
28:13l'emmarchement
28:14d'escalier
28:15etc.
28:15par tout un tas
28:16d'interventions
28:18qui permettent
28:19au final
28:19de s'amuser
28:20dans les moindres recoins
28:22et de s'approprier
28:24les espaces
28:24que l'on soit
28:25un enfant calme
28:26ou un enfant
28:26dynamique
28:27Marie et Émilie
28:30vous accompagnez
28:32si je comprends bien
28:34les élèves
28:34et même
28:36les enseignantes
28:37et enseignants
28:37dans une forme
28:38d'acquisition
28:40de confiance
28:41et de don
28:41de confiance
28:42à l'autre
28:42Vandrie
28:43tu m'as parlé
28:44lorsqu'on s'est entretenu
28:45d'un rapport
28:46très essentialisant
28:47des enfants
28:48à l'architecture
28:49qui ne vont pas
28:50comme l'adulte architecte
28:51chercher le beau détail
28:52ou le bel assemblage
28:53mais chercher
28:53un beau volume
28:54une belle lumière
28:55une spatialité
28:57et des sens
28:59Stéphanie
29:01toi tu conçois
29:02des cloisons ludiques
29:03qui proposent
29:04les temps libres
29:04dont tu parlais
29:05donc des temps
29:06pendant lesquels
29:06on joue
29:08on construit
29:08on apprend en même temps
29:10on apprend à se partager
29:11les rôles
29:12les responsabilités
29:13sans être évalué
29:14toutes ces propositions
29:17qui sont les vôtres
29:18est-ce qu'on peut dire
29:20que ça fait
29:21de l'enfant
29:22un acteur
29:24une actrice
29:24de son espace
29:25et donc plus seulement
29:26un réceptacle
29:28ou alors un exécutant
29:29une exécutante
29:30de règles
29:31est-ce que ça redonne
29:33une forme d'autonomie
29:34d'émancipation
29:35à l'enfant
29:36qui a priori
29:37est sous le joug
29:38de l'adulte
29:39même à l'école
29:40Stéphanie
29:41en fait
29:43après j'ai compris
29:48que le fait
29:49qu'il puisse
29:50comme ça
29:51je ne sais pas
29:54si vous avez compris
29:54mais les objets
29:56en liège
29:56et les bâtons
29:57on peut construire
29:58déconstruire
29:59absolument tous les volumes
30:00dont on peut
30:01faire le projet
30:03d'avoir envie
30:03pour son espace collectif
30:05donc déjà
30:06ça impose
30:07une mise à niveau
30:09parce que l'enseignant
30:10n'est pas forcément
30:11plus compétent
30:12pour construire
30:13que les enfants
30:14ça impose aussi
30:16un renversement
30:17de pouvoir
30:17parce qu'il y a
30:18beaucoup d'enfants
30:18ça va très vite
30:19donc pour gérer
30:21le débordement
30:22ça peut être
30:22donc ça demande
30:25à tout le monde
30:26d'être très attentif
30:28à ce qui se passe
30:29ensemble
30:30ça fait
30:31se développer
30:32les singularités
30:34parce qu'il y a
30:35ceux qui vont être
30:36beaucoup plus à l'aise
30:37à dessiner le plan
30:38ceux qui vont être
30:39reconnus
30:40pour ceux qui savent
30:41bien construire
30:43de manière stable
30:44il faut se mettre
30:45à plusieurs
30:46pour porter
30:46les gros stables
30:48voilà
30:50il y a les temps libres
30:51aussi portés
30:52par les jeux
30:53donc ça
30:53c'est l'enseignante
30:54qui va savoir
30:55comment amener
30:56son groupe
30:57vers l'autonomie
30:59donc je les ai vus
31:00au fur et à mesure
31:02de l'année
31:03au départ
31:04c'est l'enseignant
31:05qui va dire
31:05c'est de 14h15
31:07voilà
31:07et puis petit à petit
31:09elle donne des programmes
31:10de travail
31:10et chacun a le droit
31:12de disposer de son temps
31:14en fonction
31:15de sa capacité
31:17d'apprentissage
31:18parce que dans le temps
31:18de l'apprentissage
31:19il y a besoin
31:21de décantation
31:22mais ça
31:23on ne le prend pas
31:23vraiment en compte
31:24parfois
31:24dans le temps neurologique
31:27de l'apprentissage
31:27il y a besoin
31:28d'un temps
31:28où on n'y pense plus
31:30et en fait
31:30les choses s'ordonnent
31:32donc c'est aussi
31:32les enfants
31:34qui s'en rendent compte
31:35par eux-mêmes
31:36l'enseignant
31:37peut juste
31:38voilà
31:39pas décider
31:40pour eux
31:41et donc
31:42tout ça
31:43ça crée
31:44une familiarité
31:45ça tisse
31:47de manière
31:48très riche
31:49une relation
31:50dans le groupe
31:51dans l'école
31:52dans le lieu
31:52qui est fertile
31:54pour l'apprentissage
31:55je pense que
31:56ça aide
31:57en fait
31:58et en termes
32:00de confiance
32:01vous chorégraphe
32:02qu'est-ce que vous constatez
32:03chez l'enfant
32:05qui assiste
32:06à ce spectacle
32:07en fait
32:08je parle de l'enfant
32:09mais on peut peut-être
32:09parler des enseignantes
32:10dont vous m'avez parlé
32:11qui se sont approprié
32:12la chorégraphie
32:13et qui ont tiré
32:15des leçons
32:16de vos enseignements
32:17j'étais en train
32:23de me dire
32:23en vous écoutant
32:24en écoutant
32:25ta question
32:26que
32:26moi je sais plus
32:28au bout d'un moment
32:29dans une salle de classe
32:30qui est réceptacle
32:31je suis pas sûre
32:32que ce soit
32:33que les enfants
32:33et que les élèves
32:34et je pense que
32:35c'est probablement
32:36dans les discussions
32:37que
32:37moi ce que je me dis
32:39aujourd'hui
32:39du métier d'enseignant
32:40d'abord je
32:41oh pardon
32:42là j'ai au moins
32:444 débuts de phrases
32:45en même temps
32:46je vais essayer
32:46de les relier
32:47je voulais dire
32:48que
32:49les enseignants
32:55sont les premiers
32:56à avoir
32:57les réponses
32:57à nos questions
32:58les ressources
32:59alors évidemment
33:00nous on rencontre
33:01des enseignants
33:01qui sont de toute façon
33:02en demande
33:03d'être bougés
33:04dans leur pratique
33:06puisqu'ils nous invitent
33:08ils nous autorisent
33:09ils nous demandent
33:09mais c'est toujours
33:12parce que ça vient
33:12alimenter une réflexion
33:14qui est déjà lancée
33:15des expérimentations
33:16qui sont déjà faites
33:17donc pour donner
33:18des exemples
33:19dont on a parlé ensemble
33:20par exemple
33:21dans un collège
33:22moi j'avais rencontré
33:23un professeur
33:24d'une matière
33:25tout à fait sérieuse
33:26je ne sais plus
33:26si c'était un prof
33:27de maths
33:27ou de français
33:28et il y avait
33:29un vélo d'appartement
33:30au fond de sa salle
33:31de classe
33:32ce qui mettait
33:33en panique
33:34la documentaliste
33:35qui s'inquiétait
33:36beaucoup
33:36du principe
33:37qu'avait mis
33:37ce prof en place
33:38de dire à ses élèves
33:39quand tu sens
33:40que tu décroches
33:40tu vas pédaler
33:41va pédaler
33:43et ça faisait des années
33:44qu'il faisait ça
33:45le mec
33:45et les élèves
33:46allaient pédaler
33:47quand ils sentaient
33:48la cocotte minute
33:48qui montait
33:49ben voilà
33:49ils allaient pédaler
33:50et ils revenaient
33:51et ils s'y remettaient
33:52tranquillement
33:53tu fais référence
33:54à des enseignantes
33:55en effet
33:56des professeurs de français
33:58en lycée
33:58dans la classe
33:59de laquelle on a dansé
34:00et l'année suivante
34:03elles nous ont proposé
34:04de monter ensemble
34:04un projet
34:05de formation
34:07pour enseignants
34:08sur la question
34:09du corps apprenant
34:09et du corps enseignant
34:11justement
34:12et puis
34:13elles ont développé
34:14au fur et à mesure de temps
34:15tout un travail
34:16justement sur le mobilier
34:17de la classe
34:18des méthodes d'apprentissage
34:19du français
34:20par arpentage
34:21etc
34:21donc je veux dire
34:22toutes les ressources
34:23comme beaucoup
34:24comme très souvent
34:25je trouve sur les questions
34:26d'alternatives
34:27de changements
34:28de transition
34:29j'ai toujours l'impression
34:30que les réponses
34:31sont déjà là
34:32déjà expérimentées
34:33et ce qu'on a à faire
34:34collectivement
34:35en tant que société
34:36c'est un maximum
34:37d'essayer
34:38de leur tendre l'oreille
34:39et de les réunir
34:41de les fédérer
34:41de les éclairer
34:43de les soutenir
34:44de les redessiner
34:45dans des pratiques
34:46alternatives
34:46autres
34:46etc
34:47et je voulais juste
34:48finir
34:50en disant
34:52que
34:53tu parlais
34:54oui
34:54je ne sais plus
34:55qui est réceptacle
34:56parce que quand même
34:58dans les discussions
35:00qu'on a avec les élèves
35:01moi je suis fascinée
35:02par
35:03comment dire ça
35:06dans ce cadre
35:07très serré
35:08les marges
35:08de liberté
35:09que notre humanité
35:10nous pousse toujours
35:11à prendre
35:12et je crois
35:14que j'avais un regard
35:15un peu
35:16peut-être d'adulte
35:18un peu condescendant
35:19dans l'idée
35:19que je me faisais
35:21du sentiment
35:22de contrainte
35:22qu'ils avaient
35:23et j'ai trouvé intéressant
35:24d'entendre
35:25qu'ils sont toujours
35:26à l'affût
35:26de marges
35:27à l'affût
35:28de subversions
35:30mais en soi
35:31pas forcément
35:32en opposition
35:32à l'enseignement
35:33et à l'enseignant
35:34mais justement
35:35toujours dans une forme
35:36de réflexion
35:37assez consciente
35:38de comment on vit
35:41avec cette idée-là
35:43comment on trouve
35:43chacun
35:44une forme de liberté
35:46en effet
35:46de respiration
35:47dans les normes
35:49qui font notre vie
35:50à toutes et tous
35:51et sur la question
35:53de la confiance
35:54moi j'ai l'impression
35:55que le fait
35:55de débarquer
35:56comme ça
35:56dans la salle de classe
35:57en fait
35:58on redonne
36:00la confiance
36:01de la relation
36:03entre l'enseignant
36:04et les élèves
36:05parfois
36:06parfois les enseignants
36:08ils sont
36:09fascinés
36:10par la réaction
36:13d'un élève
36:14qu'ils n'avaient pas
36:14du tout prévu
36:15ils redécouvrent
36:16leur salle de classe
36:19en nous regardant
36:21et en plus
36:22comme ils sont
36:22à la même place
36:23que l'élève
36:23ils sont spectateurs
36:24aussi au même titre
36:25et puis les élèves
36:28ils sont souvent
36:29très reconnaissants
36:31que l'enseignant
36:32ait pensé
36:33à faire cette surprise
36:34dans la salle de classe
36:36et ils sont
36:36vraiment
36:38ils remercient
36:39leur enseignant
36:40devant nous
36:41d'avoir fait
36:42cette surprise
36:42et donc
36:44ça remet vraiment
36:45la confiance
36:48ça redonne
36:52la confiance
36:52entre l'enseignant
36:54et les élèves
36:55et par rapport
36:56à cette question
36:56de l'émancipation
36:57des règles
36:58Vendry
36:59tu parlais tout à l'heure
37:01de ces espaces
37:02interstitiels
37:03des couloirs
37:04des délaissés
37:05comment est-ce que
37:07ces espaces
37:08que tu qualifies
37:08de négatifs
37:09de la salle de classe
37:10sont appropriés
37:11par l'école
37:12qui en fait
37:12quand on visite une école
37:13on constate une certaine
37:15organicité des espaces
37:16il n'y avait pas de rangement
37:18on en a créé un
37:18la salle de réunion
37:20c'est finalement
37:21la cafétéria des profs
37:23comment est-ce que
37:23ces choses là évoluent
37:24et désobéissent
37:25au plan de l'architecte
37:27comment faire le plan
37:30qui peut anticiper
37:31ces choses là
37:32alors à un moment
37:33c'est l'humain
37:34qui prend le dessus
37:35et puis c'est
37:35incontrôlable
37:36ces choses là
37:37mais c'est ce qui fait aussi
37:38la poésie
37:40de l'architecture
37:41quelque part
37:42c'est que nous
37:42on prévoit
37:43un scénario de base
37:44et puis on essaie
37:45de créer des infrastructures
37:46qui permettent
37:47de faire vivre
37:47différents scénarios
37:49mais on peut aussi
37:51anticiper
37:51des usages
37:53tu parlais d'expérience
37:55et d'expérimentation
37:57qui est très important
37:58aussi pour les élèves
38:00pour les enfants
38:01on a parlé
38:03de l'école en extérieur
38:04on a parlé aussi
38:06des élèves
38:07qui rebondissent
38:08sur les chaises
38:09les magnifiques chaises
38:11il y a des espaces
38:12aussi
38:13qui peuvent se transformer
38:15des espaces
38:16qui sont inattendus
38:16et je pense que c'est aussi
38:18très important
38:19de se dire
38:20que l'architecture
38:21peut générer
38:21des surprises
38:23et c'est aussi
38:24ces surprises là
38:24qui redonnent
38:25un peu de vie
38:26à l'école
38:27je pense aux exemples
38:29qu'on a à New York
38:30qui est présenté
38:31l'Edible School
38:33qui est un ancien parking
38:34transformé en potager
38:35où la salle de classe
38:36c'est la serre
38:37et la cuisine
38:37et en fait
38:38les élèves apprennent
38:39à faire leurs petites boutures
38:41à planter des semis
38:43les récolter
38:44et ensuite
38:45les cultiver
38:46et les cuisiner
38:46et donc
38:47on ne s'attend pas du tout
38:49à ce qu'il y ait
38:49ce genre d'espace
38:50ou d'équipement
38:51dans une salle de classe
38:52néanmoins
38:53l'usage
38:54l'apprentissage
38:55est le même
38:55en fait
38:55donc je trouve que ça
38:58c'est très intéressant
38:59que ces petites poches là
39:01rentrent dans l'école
39:01et d'insuffler
39:03dans des programmes scolaires
39:04le maximum
39:05de mixité
39:08au niveau des programmes
39:09c'est à dire
39:10au niveau des usages
39:10c'est à dire
39:11mettre une bibliothèque
39:13mettre des espaces
39:14qui sont disponibles
39:15pour les parents
39:16pareil
39:16il y a des exemples
39:17aux Etats-Unis
39:18où les parents
39:18qui ont besoin
39:19de faire une visio
39:20et qui sont à côté
39:21de l'école
39:21peuvent aller
39:22dans l'enceinte
39:22de l'école
39:23faire leur visio
39:23c'est à dire aussi
39:24casser la barrière
39:25la frontière
39:27entre ce que symbolise
39:29l'école
39:29et les parents d'élèves
39:31il y a aussi
39:33l'école de Surène
39:34qui est un exemple
39:36très puissant
39:37d'expérimentation
39:39où les élèves
39:39avaient leurs petits potagers
39:40qui changeaient
39:41chaque saison
39:42ils plantaient eux-mêmes
39:43les arbres de l'école
39:43ils avaient toujours
39:45le petit reptile
39:46au fond de la classe
39:47enfin voilà
39:47c'est des choses
39:49comme vous dites
39:49qui existent
39:50depuis la nuit des temps
39:51mais qui sont là
39:52devant nous
39:52et en fait
39:52il suffit juste
39:53de les récolter
39:54et de les mettre
39:56dans notre école idéale
39:57au bon moment
39:58et pour que ça puisse
39:59s'activer en fait
40:00mais
40:01l'exposition montre
40:04qu'il suffit
40:05de regarder ailleurs
40:06dans le temps
40:07ou dans la géographie
40:08pour voir qu'en fait
40:09il y a des super exemples
40:09qui existent déjà
40:10pour déjà imaginer
40:12une école
40:12qui permette
40:13l'émancipation des corps
40:15de faire des bêtises
40:17de faire de la pédagogie
40:19dans tous les espaces
40:20de s'attacher
40:21à de l'écologie
40:22etc.
40:24donc c'est là
40:25où le discours
40:25est très positif
40:26c'est que tout est là
40:27il n'y a plus qu'à
40:28en fait
40:28à piocher
40:29Justement
40:30je te propose
40:30de garder le bâton de parole
40:32autrement appelé micro
40:33pour la question suivante
40:36dans tes expériences
40:38qui a eu son mot à dire
40:40sur la transformation
40:41de l'école
40:41et à l'inverse
40:43qui te semble
40:44absent des décisions
40:45éventuellement ?
40:46Alors c'est
40:47c'est une question
40:48un peu clivante
40:49on va dire
40:49puisque l'architecture
40:51donc ce que je représente
40:52est quand même
40:53très du haut vers le bas
40:55c'est très autoritaire
40:56comme art
40:56c'est très complexe
40:57c'est comme
40:58quand vous allez
40:59chez le médecin
41:00vous ne demandez pas
41:01une concertation
41:01avec votre famille
41:02pour savoir
41:02si ce que vous avez
41:04est grave ou non
41:05c'est qu'il y a une expertise
41:06et l'architecte
41:07a une expertise
41:08et il est censé
41:09expertiser
41:10pour le reste
41:11de la population
41:11on va dire
41:12mais il y a des contre-exemples
41:14à cela
41:14où on va interroger
41:16les usagers
41:17donc en l'occurrence
41:18les parents d'élèves
41:19ou les enfants
41:19après c'est vrai
41:21qu'il y a
41:21beaucoup d'artistes
41:23ou d'architectes
41:24et de designers
41:25qui vont se préoccuper
41:26de la concertation
41:26pour fabriquer
41:27leur projet
41:28ça a aussi ses limites
41:28parce que
41:29l'enfant il répond
41:31avec son langage
41:33et son alphabet
41:33donc avec ce qu'il connait déjà
41:35donc c'est dur aussi
41:36de l'emmener
41:37mais même le parent
41:38et ça c'est humain
41:39c'est à dire qu'on va toujours
41:40vers ceux
41:42qu'on connait déjà
41:43et donc tout le travail
41:45c'est
41:45de faire cette traduction
41:47de projet
41:48en un langage
41:49pour les enfants
41:50ou d'un langage
41:50pour les parents
41:51ou des instituteurs
41:52ou des élus
41:55ou des directeurs
41:55en fait le métier d'architecte
41:56c'est juste traducteur
41:57c'est nous
41:58on a une idée
41:58dans notre coin
41:59et puis on va la traduire
42:00dans un langage
42:01que peut comprendre
42:02la personne
42:03que l'on a en face de nous
42:04donc que ça soit
42:06un enfant
42:06ou un maire
42:07ou quelqu'un
42:08du ministère
42:09de l'éducation nationale
42:09ou un ouvrier
42:10c'est la même interaction
42:13et donc
42:15tout ça pour dire
42:15qu'il y a une tentative
42:18de créer de l'architecture
42:20qui va du bas
42:21vers le haut
42:22mais ça reste
42:24au niveau
42:24de la programmation
42:25et la définition
42:26d'un cahier des charges
42:26c'est très intéressant
42:29parce que parfois
42:29ça produit des choses
42:30complètement inattendues
42:31ça a aussi ses limites
42:32pour les raisons
42:33que j'ai invoquées
42:34mais c'est vrai
42:35que l'architecture
42:35en soi
42:36c'est un geste
42:38très autoritaire
42:39après
42:40dans mon travail
42:41à l'agence
42:42on s'emploie
42:43à créer des outils
42:44qui permettent
42:46de lutter
42:46contre l'obscurantisme
42:47et le jargon
42:49de l'architecte
42:49que personne ne comprend
42:50et donc
42:51c'est d'avoir
42:52des belles maquettes
42:52un peu comme
42:53l'exposition
42:54qu'on a eue ici
42:55l'envie
42:56c'est que tout le monde
42:57puisse comprendre
42:58cette exposition
42:59même si on n'a pas
43:02on n'a jamais ouvert
43:03de livre d'archi
43:03ou on n'a jamais visité
43:04de bâtiment
43:05néanmoins
43:06l'architecture
43:06c'est pas quelque chose
43:08qui est très intéressant
43:10on va dire
43:10d'un point de vue
43:11du grand public
43:11néanmoins
43:12tout le monde
43:12vit dans l'architecture
43:13quand on voyage
43:14on visite de l'architecture
43:15donc l'architecture
43:16est très présente
43:17là c'était
43:18d'adapter
43:19cette universalité
43:22de l'architecture
43:23à l'échelle
43:24de l'architecture scolaire
43:24et donc
43:25de mettre en place
43:26des médiums
43:27qui soient compréhensifs
43:28de tous
43:29et donc
43:30des maquettes
43:31des dessins
43:31des coupes
43:31des plans
43:32des photos
43:32et donc
43:33l'élaboration
43:35de projets
43:35passe aussi
43:36par la définition
43:38de ces outils là
43:38pour permettre
43:39de dialoguer
43:40avec les enfants
43:42les éducateurs
43:43les instituteurs
43:44l'équipe pédagogique
43:46les dames de cantine
43:48ceux qui font le ménage
43:49enfin voilà
43:50tout ça
43:50donc c'est vrai
43:52que la concertation
43:54on peut pas demander
43:55on peut pas faire
43:55une liste de Noël
43:56avec toutes les envies
43:58de chacun
43:58il y a un moment
43:58où il faut faire des choix
43:59et ces choix là
44:00ce sont les architectes
44:02qui les font
44:03donc c'est notre métier
44:04c'est de faire des choix
44:04mais de sonder
44:06un maximum de personnes
44:07je pense que ça peut être
44:09très intéressant
44:09lors du pavillon
44:11la définition du pavillon
44:12le veau
44:12je pense que c'était
44:13ta question d'origine
44:15on a beaucoup discuté
44:16avec l'utilisatrice
44:17du lieu
44:18pas forcément les enfants
44:19mais l'utilisatrice
44:22des lieux
44:22qui s'occupait
44:23des potagers
44:24des jardins
44:25tout autour
44:26et puis la directrice
44:27d'école
44:27et puis la mairie de Paris
44:29qui finançait le projet
44:30pour retomber sur nos pattes
44:32mais ça a été notre travail
44:34à nous architectes
44:35de se remettre
44:35à la place des enfants
44:36en fait
44:37et c'est aussi ça
44:37qui a été très important
44:39et je pense que
44:40vous créatrice
44:41c'est aussi le métier
44:42que vous faites
44:42c'est que vous vous mettez
44:43à la place de l'enfant
44:44qui va s'émerveiller
44:45quand vous allez lui proposer
44:47de s'asseoir sur
44:48de manipuler vos objets
44:50ou d'interagir
44:51avec votre performance
44:53et donc c'est comment nous
44:54adultes en fait
44:55on va chercher
44:57aussi l'enfant
44:58qui est en nous
45:00Très bien
45:01on m'a soufflé dans l'oreillette
45:02qu'il fallait accélérer
45:03mais du coup
45:04on peut quand même
45:05associer deux questions
45:09je te pose la même question
45:10Stéphanie
45:11comment est-ce que toi
45:11qui as expérimenté
45:13et prouvé des systèmes
45:14de décisions
45:15un peu différents
45:15avec la principauté
45:16de Monaco par exemple
45:17quelle liberté tu vois là
45:19quelle attente
45:20qui a eu son mauvais dire
45:23là-dedans
45:23en fait
45:23en l'occurrence
45:24je trouve que c'est intéressant
45:26en fait
45:27ce que tu as dit
45:29sur la question
45:30de l'autorité
45:31c'est pas
45:31moi je le vois pas
45:34comme une autorité
45:35je le vois comme une compétence
45:36on sait
45:37qu'il y a quand même
45:40des compétences fines
45:41dans nos pratiques
45:42qu'on peut pas exiger
45:45de la part de tout le monde
45:46donc quand tu fais
45:47le choix de la terre crue
45:48moi je trouve ça super
45:49parce que
45:50c'est aussi
45:51une évolution
45:53même si c'est un matériau
45:54ancien
45:55on sait qu'on a du recul dessus
45:57mais il a des meilleures
45:59vertus
46:00que le béton
46:00à beaucoup de niveaux
46:02aussi bien au niveau
46:03du ressenti
46:05physique
46:06donc de la santé
46:07directe
46:08que de la santé
46:09environnementale
46:10que
46:10il y a
46:11phénomène de transport
46:13enfin il y a énormément
46:14à dire là-dessus
46:15mais on peut pas exiger
46:16aux parents
46:17aux enfants
46:18aux enseignants
46:20de rentrer
46:21dans ces problématiques
46:23en fait
46:23ça fait beaucoup
46:24donc voilà
46:27bon ça c'est ce que
46:28je voulais dire là-dessus
46:28mais sinon
46:31c'est assez compliqué
46:32en fait
46:33le mobilier scolaire
46:34du point de vue
46:36du designer
46:37parce que
46:37bon nous on a cette pratique
46:39de considérer l'objet
46:40comme
46:41une forme
46:44de transformation
46:45du monde
46:46une façon
46:46de transformer le monde
46:47quand on fait un objet
46:48on a des impacts
46:49à différents niveaux
46:50on a des impacts
46:51sur les flux
46:53de matériaux
46:54sur le paysage
46:55qu'on transforme
46:57par l'usage
46:58des matériaux
46:59mais aussi
47:00des conditions
47:00de travail
47:01des gens
47:02qui fabriquent
47:03les objets
47:04et bon bien sûr
47:05l'usage
47:06avec l'objet
47:08donc les conditions
47:09de l'usage
47:11les pratiques
47:12les comportements
47:12et enfin
47:14la vie des déchets
47:15très rapidement
47:17les conditions
47:17de vie
47:18donc les conditions
47:19économiques
47:19on les prend peu
47:21en compte
47:21mais l'UGAP
47:24donc l'union générale
47:25des achats publics
47:27achète du mobilier
47:28qui passe par un système
47:29de différents
47:31intermédiaires
47:32donc le fabricant
47:33à la fin
47:33il a peut-être
47:3430%
47:35du prix
47:37qui est dépensé
47:38par la collectivité
47:39et donc ça a
47:41pour résultat
47:44du mobilier
47:45issu de filières
47:47industrielles
47:47massives
47:48avec probablement
47:49pas mal
47:50d'usages
47:51de produits toxiques
47:53de production
47:54qu'on peut largement
47:55remettre en question
47:56sur le plan
47:57de la santé
47:57parce que ça a
47:59un impact
47:59sur la qualité
48:00de l'air
48:01dans les salles
48:02de classe
48:02on peut l'observer
48:03un impact
48:05sur
48:06la façon
48:08dont on pense
48:09l'écologie
48:10etc
48:10donc pour l'instant
48:13c'est pas facile
48:14d'avoir ces discussions
48:15ne serait-ce que
48:16parce qu'elles sont
48:17extrêmement complexes
48:18et donc même
48:20les acheteurs publics
48:21ils ont pas forcément
48:22les compétences
48:23de savoir ça
48:24ça peut les blesser
48:27voilà
48:27et là on a la chance
48:30d'avoir pu intégrer
48:31vraiment l'éducation nationale
48:33mais c'est à Monaco
48:34parce que c'est
48:35un gouvernement petit
48:37et parce que
48:39le fait est
48:40que le prince
48:41a beaucoup
48:42d'associations
48:44qui veulent
48:46préserver
48:47l'environnement
48:48donc ils sont
48:49très écolos
48:49bah si
48:52et donc
48:53ils ont mis ça
48:54dans leurs écoles
48:55publiques
48:55et donc moi
48:58je me suis tout de suite
48:58dit bah tiens
48:59on va faire
48:59des études
49:00scientifiques
49:01pour avoir
49:02un recul
49:03on peut pas
49:03comme ça
49:04se diffuser
49:06sans avoir
49:07étudié
49:08et là on m'a répondu
49:09bah non
49:09les enfants
49:10sont pas
49:10des rats de laboratoire
49:11donc on peut pas
49:12faire d'études
49:12scientifiques
49:13mais pour autant
49:14on adopte
49:17des mobiliers
49:19innovants
49:19tous les ans
49:20avec des propositions
49:22de petites cuvettes
49:25en plastique
49:26pour s'asseoir
49:27par terre
49:27avec un
49:28pose
49:29tablette devant
49:30et ça
49:31il n'y a pas
49:32de recul
49:33donc c'est
49:34c'est intéressant
49:36cette histoire
49:37de l'écologie
49:38qui devient
49:39une écologie
49:39de la relation
49:40dont vous parliez
49:40ce sera peut-être
49:41le mot de la fin
49:42mais comment
49:42est-ce que vous
49:43envisagez
49:44que les choses
49:45pourraient changer
49:45c'est parce que
49:46vous aussi
49:46vous visez quand même
49:47un public
49:48qui est public
49:49enfin des écoles
49:50qui sont publiques
49:50ou alors privées
49:51mais qui font la demande
49:52de vous avoir
49:53si ça se généralisait
49:55qu'est-ce qui se passerait
49:55selon vous
49:56qu'est-ce qui pourrait arriver
49:58si les profs dansaient
50:00si les élèves dansaient
50:01ah bah ça serait joyeux
50:03ça serait joyeux
50:07ça serait
50:07ouais joyeux
50:09je dirais qu'il faut
50:14que les instances décisionnelles
50:16et que le pouvoir
50:17public
50:18entendent
50:19c'est
50:20entendent
50:23ce que tout le monde
50:24sur le terrain
50:24sait déjà
50:25en fait
50:26il faut
50:27si on dansait partout
50:30peut-être qu'on élargirait
50:31les pavillons auditifs
50:33de nos
50:33de nos gouvernants
50:34et qu'alors peut-être
50:35en effet
50:36la révolution
50:38arriverait
50:39merci
50:41merci
50:42à tous les quatre
50:43maintenant
50:45on reste à voir
50:46voilà
50:46applaudissements
50:47Merci.
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