- il y a 10 mois
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1. Mon invité ce matin a traversé la vie politique française.
00:08Il a connu plusieurs présidents, vécu des cohabitations, fréquenté les plus grands.
00:13Il est écouté et même craint pour les ambitions que certains lui prêtent.
00:17Bonjour et bienvenue Philippe Devilliers.
00:18Bonjour Sonia.
00:19Merci d'être là. Vous publiez ce jour aux éditions Fayard.
00:23Popule ici d'un cri ultime pour sauver la France, on va bien sûr en parler.
00:27Mais tout d'abord, nous sommes loin, loin de l'intérêt supérieur de la France depuis dimanche soir.
00:31Les Français assistent Philippe Devilliers, ébahis, un bal est fou, un vaudeville révélateur du niveau de la politique.
00:38Chacun vient avec sa solution, chacun vient avec sa partition, chacun vient avec son réquiem de la Macronie.
00:44Comment vous jugez un tel spectacle et même un tel effondrement ?
00:50En 40 ans, je n'ai jamais vu ça.
00:53La politique est devenue un simulacre.
00:55Les compétiteurs de la société de connivence ont versé dans l'insignifiance d'une gestuelle tragi-comique
01:09où chaque ministricule s'emploie à travestir l'honneur perdu des élites macronisées.
01:19C'est un théâtre d'ombre.
01:21Et pendant ce temps-là, ce qu'on ne dit pas aux Français,
01:26c'est que le pouvoir a abdiqué le pouvoir,
01:30le pouvoir a transféré le pouvoir.
01:31Le pouvoir, il est parti à Bruxelles et au prétoire.
01:39La potestas est entre les mains de la République des commissaires
01:45et l'autoritas est entre les mains de la République des juges.
01:50C'est-à-dire que la France a perdu la maîtrise de ses frontières,
01:58de ses lois, de son budget, de son commerce, de son agriculture.
02:01Tout ce qui fait la substance et qui donne du travail aux gens.
02:07En réalité, la politique est devenue un exercice ludique, voire égotiste.
02:11C'est la course aux places, la course à la gamelle.
02:19Et finalement, le débat ne porte plus,
02:22les hommes politiques le cachent,
02:25le débat ne porte plus sur les causes,
02:29sur le traitement des causes,
02:31mais sur le traitement des effets,
02:32des décisions prises ailleurs par les nouveaux souverains.
02:35La politique est devenue un grand mensonge.
02:39La faute à qui, Philippe de Villiers ?
02:40D'ailleurs, avant de parler d'éventuelles solutions,
02:43selon certains, dissolution, démission et même cohabitation,
02:47est-ce que vous voyez dans cette instabilité,
02:48dans cette faculté des débats,
02:50une obsolescence très accélérée du personnel politique ?
02:54Obsolescence, oui, si ça veut dire impuissance crépusculaire.
03:02Je savais que le manceau disait,
03:03la politique s'élérera dans un égo.
03:06Il avait bien anticipé.
03:10En fait, on assiste,
03:13si on prend un peu de hauteur,
03:15à un chassé-croisé.
03:19D'un côté,
03:21en 40 ans,
03:22je dis ce que j'ai vu,
03:23en 40 ans,
03:24c'est le changement de conception de la politique.
03:28On est passé à une conception
03:29sacrificielle,
03:33oblative,
03:34le pouvoir était un service,
03:37voire une immolation,
03:39pour certains,
03:41à une conception hédoniste,
03:43consumériste,
03:44le pouvoir est devenu une consommation.
03:47Et je pense souvent aux mots de De Gaulle
03:49à propos du petit parti charnière
03:50qui s'appelait l'UDSR,
03:52qui ressemble tellement à notre partitocratie.
03:54Il disait,
03:58je les vois tous
03:59à réchauffer leur petite soupe
04:03sur leur petit réchaud
04:04dans leur petite cuisine.
04:06Et le deuxième chassé-croisé,
04:10c'est,
04:11qu'explique la confusion
04:11du milieu politique
04:14et du débat politique,
04:15c'est qu'on est en train
04:17de changer de clivage.
04:18C'est-à-dire ?
04:19C'est-à-dire que l'ancien clivage
04:21est mort,
04:21il s'est effacé,
04:23la droite et la gauche.
04:25La droite,
04:26en fait,
04:26elle a liquidé,
04:27elle a abandonné
04:28sa matrice anthropologique.
04:30Regardez ce qu'elle s'apprête à faire.
04:32Le Sénat,
04:33le nouveau sénateur,
04:34Bruno Retailleau,
04:35il va voter la loi
04:39sur l'euthanasie,
04:40puisque le projet arrive
04:41dans quelques heures.
04:42C'est la droite
04:43qui vote l'euthanasie.
04:44et donc,
04:46en fait,
04:47la droite
04:47n'a plus
04:49sa singularité
04:53au sens anthropologique.
04:55Et la gauche,
04:56elle,
04:57elle a abandonné
04:58son identité
05:00à la fois idéologique
05:01et sociologique.
05:03Mais il y a un nouveau clivage
05:04qui est né
05:04et qui va se développer.
05:08C'est le clivage
05:09entre souveraineté européenne
05:10et souveraineté nationale.
05:12Pourquoi ?
05:13Parce que le temps
05:14de la globalisation
05:15est en train de finir.
05:16Et on ne le voit pas
05:17en France,
05:18mais ailleurs,
05:19on le voit.
05:20Et Trump et Vance
05:21l'ont vu.
05:22Et les Chinois l'ont vu.
05:23C'est-à-dire qu'en fait,
05:24c'est le retour
05:24de la frontière,
05:26c'est le retour
05:26de la nation,
05:27c'est le retour
05:28de la politique
05:28et c'est le retour
05:29de la puissance.
05:30Donc,
05:31c'est le retour
05:32de l'État-nation.
05:33Là,
05:34vous parlez des sujets
05:34qui ont trait
05:35à l'intérêt supérieur
05:37de la France,
05:38la souveraineté,
05:39les frontières,
05:40les sujets qui préoccupent
05:41les téléspectateurs
05:42et les auditeurs.
05:43Mais Philippe de Villiers,
05:44hier,
05:45les solutions,
05:45et encore aujourd'hui,
05:46c'est dissolution,
05:47démission,
05:48à votre place,
05:49vous l'avez cité,
05:49Bruno Rotaillot,
05:50hier,
05:50nous dit,
05:51une cohabitation
05:52est encore possible.
05:54Et dit-il,
05:54puisque vous avez cité
05:55le général de Gaulle,
05:56parce qu'il est gaulliste,
05:58il ne veut pas
05:58de la démission
05:59du président de la République.
06:00Ce serait un précédent
06:01dangereux,
06:02selon lui.
06:03Que répondez-vous ?
06:05D'abord,
06:06j'ai regardé hier
06:07Bruno Rotaillot
06:07et je n'ai pas compris.
06:09Que vous connaissez bien.
06:10Oui.
06:11Je n'ai pas compris.
06:11Il lui manque un mentor.
06:14Parce que la cohabitation,
06:16alors,
06:16on est devant un hybride.
06:19C'est-à-dire
06:20le gouvernant opposant.
06:22Donc, en fait,
06:23si on résume,
06:24Bruno Rotaillot,
06:24il a été nommé
06:25par Macron
06:26pour gouverner
06:29avec Macron
06:30pour Macron.
06:31Et là,
06:32il demande
06:32à être renommé
06:33par Macron
06:34pour travailler
06:36avec Macron
06:37contre Macron.
06:38Pour éviter le chaos,
06:39dit-il.
06:40C'est-à-dire,
06:41selon lui,
06:41la gauche
06:42qui arriverait au pouvoir.
06:43Là,
06:43ça devient compliqué.
06:45C'est le chat
06:45qui me rend la queue.
06:47Et voilà.
06:48Alors,
06:49en fait,
06:50je vais vous dire
06:51ce que je pense.
06:53Il faut la dissolution
06:55tout de suite.
06:57Pourquoi ?
06:57Parce qu'il y en a
06:58une petite chance
06:59avec la dissolution
06:59de changer l'Assemblée.
07:04C'est un premier pas.
07:06Changer l'Assemblée
07:07pour garroter
07:08l'hémorragie,
07:09au moins.
07:11Pour que ça n'aille pas
07:12plus loin.
07:13Qu'on évite le pire.
07:15Parce que je pense
07:16qu'aujourd'hui,
07:17là,
07:17les Français
07:17qui nous regardent,
07:19ils sont pris
07:21d'un nouveau réflexe
07:22qu'on appelle
07:23le dégagisme.
07:25Ça s'appelle
07:25la stratégie
07:26du coup de balai.
07:28Mais jusqu'où peut aller
07:29le coup de balai ?
07:29Est-ce qu'il doit aussi
07:30concerner,
07:31je veux dire,
07:31le premier d'entre eux,
07:33celui qui est à l'Élysée,
07:34Emmanuel Macron ?
07:35Vous le connaissez bien,
07:37Philippe Devilliers,
07:37vous avez déjà échangé
07:38avec lui,
07:39échangé sur des sujets
07:40importants.
07:41Si vous deviez,
07:42ce matin,
07:42vous adresser directement
07:44à Emmanuel Macron,
07:45que lui diriez-vous ?
07:46Je lui dirais
07:49ceci
07:50sans acrimonie,
07:53mais les yeux
07:53dans les yeux.
07:57Vous ne
07:58regardez pas
08:00les Français.
08:02Vous regardez ailleurs.
08:06Vous préférez
08:08le Luxembourg
08:08à Okanadour.
08:10Vous préférez
08:11Davos
08:12à Vesoul.
08:14T'as voulu voir Vesoul
08:15et on a vu Davos.
08:16Et en fait,
08:19vous ne savez pas
08:21qu'il y a des Français,
08:21j'en ai vu
08:22hier après-midi,
08:24deux,
08:24un qui m'a dit
08:25je ne me soigne plus,
08:27je n'ai plus les moyens.
08:29Pendant que
08:30les étrangers clandestins,
08:32eux,
08:33se sont soignés
08:33gratuitement
08:34avec notre argent
08:35et un autre
08:36qui m'a dit
08:37je saute
08:38un repas
08:38sur deux.
08:40Un repas,
08:41c'est un père de famille.
08:43Donc,
08:43vous ne voyez pas
08:44cela.
08:45vous ne comprenez pas
08:49la France.
08:49Vous ne comprenez pas
08:50la France et les Français ?
08:51Alors,
08:51ça va plus loin.
08:53Vous cherchez
08:54à faire
08:55une post-France.
08:57La France
08:57de l'ubérisation.
08:59Je m'explique.
08:59en fait,
09:01vous voulez
09:02faire venir
09:02une nouvelle population
09:03pour faire
09:04un système
09:05multiculturel.
09:06Ça vous amuse ?
09:08Vous voulez faire
09:08de la France
09:09le laboratoire
09:12planétaire
09:13du paradis
09:14diversitaire.
09:15C'est ça
09:16votre projet.
09:17On vous a vu
09:18venir.
09:18On vous voit
09:19venir.
09:20Et donc,
09:21changement de peuple.
09:22Et ensuite,
09:23vous voulez
09:24un autre destin
09:25pour la France.
09:26dans la foulée
09:27de votre père spirituel
09:28qui est Giscard d'Estaing,
09:30vous pensez que la France
09:30a fait son temps
09:31et vous voulez la fondre
09:33dans une Europe fédérale,
09:35dans un État européen.
09:36Et c'est pour ça
09:37que vous voulez la guerre,
09:38en fait.
09:38Vous voulez la guerre
09:39pour détourner notre attention
09:41et aussi parce que
09:43vous pensez
09:43que tous les pouvoirs faibles
09:44font la guerre
09:46pour renforcer
09:48leur pouvoir
09:49et Vanesson.
09:50Sur la première partie
09:51de votre argumentaire,
09:52il pourrait vous répondre
09:53Philippe Devilliers
09:53puisque vous dites
09:54qu'il ne regarde pas
09:55la France.
09:55Peut-être ne la comprend-il pas.
09:57Il ne comprend pas,
09:58en tout cas,
09:58certains sujets
09:59ne l'intéressent pas.
10:00L'immigration,
10:01l'insécurité,
10:01il pense,
10:02ce sont des sujets
10:02fantasmatiques,
10:04agités par des populistes.
10:05Peut-être,
10:06pensent-ils,
10:06des populistes comme vous.
10:08Philippe Devilliers,
10:08d'ailleurs,
10:09on voit que la pétition,
10:10vous êtes à l'initiative
10:11de cette pétition
10:12qui a rassemblé
10:12des millions
10:13de signatures,
10:15n'a pas eu
10:15d'écho,
10:16en tous les cas,
10:17de son côté.
10:18Est-ce que vous estimez
10:19aujourd'hui
10:19qu'il rechigne
10:21à donner la voix
10:22au peuple
10:22et pourquoi ?
10:24C'est caractéristique,
10:25vous citez la pétition.
10:28On est à 2 millions
10:30ou presque
10:30de Français
10:32qui ont signé
10:33et qui se disent,
10:34qui se posent
10:35votre question,
10:35qui se posent
10:36la même question que vous
10:37et alors maintenant ?
10:39Rien.
10:41Il y a un député
10:42qui sauve l'honneur
10:43qui s'appelle Charles Aloncle
10:44qui a déposé
10:45une résolution hier.
10:46Je voudrais le saluer
10:47chaleureusement.
10:47A l'Assemblée ?
10:48A l'Assemblée.
10:49Le député,
10:50un ami d'Éric Ciotti,
10:52le futur maire de Nice.
10:54On verra.
10:55Il y a comme une élection.
10:58Et cette pétition,
11:01qu'est-ce qu'elle dit ?
11:04Elle dit,
11:05vous,
11:05le monde politique,
11:07vous,
11:07monsieur le président
11:08de la République,
11:10vous dites,
11:11vous pensez,
11:12vous nous dites
11:13que la question
11:15de l'immigration
11:16est une question secondaire
11:17et qui viendra
11:18en son temps.
11:20Alors que nous,
11:20nous pensons,
11:22nous les Français
11:22majoritaires,
11:24que c'est une question centrale,
11:27c'est la question centrale
11:28qui commande
11:28toutes les autres.
11:30Et puisque vous refusez
11:31de nous écouter,
11:33et puisque vous refusez
11:34de nous comprendre,
11:36et puisque vous refusez
11:38de nous entendre,
11:39alors rendez-nous
11:39les clés,
11:40les clés de la maison,
11:42et donc organiser
11:43un référendum
11:44pour qu'on puisse
11:45se prononcer
11:46sur la question suivante,
11:47qui aura le droit
11:48demain d'entrer en France,
11:49qui devra quitter la France ?
11:51Les clés de la maison,
11:52justement,
11:53parce qu'on en vient
11:53à votre livre,
11:54Populicide,
11:55publié aujourd'hui
11:55chez Fayard,
11:56c'est la question fondamentale,
11:57c'est la clé de voûte,
11:58est-ce que le pouvoir
11:59a encore le pouvoir ?
12:00Est-ce que la France,
12:01peut-être,
12:02de votre point de vue,
12:03a encore sauvé,
12:03Philippe Devilliers ?
12:04D'abord,
12:04pourquoi ce nouveau livre ?
12:06Nous venons de vous entendre
12:08sur des sujets éminemment
12:09importants,
12:10majeurs,
12:10vous avez souvent tiré
12:11la sonnette d'alarme,
12:12quels sont les événements
12:13marquants,
12:13peut-être récents,
12:14qui vous ont poussé
12:15à écrire ce nouvel ouvrage ?
12:16Parce que je ne veux pas
12:20que notre pays meure,
12:23nous sommes face
12:25à un crime perpétré
12:26par une géante politicienne
12:27qui échappe
12:29au jugement de l'instant,
12:32nous sommes en train
12:32de changer
12:33de peuplement,
12:36nous sommes en train
12:36de changer
12:37d'art de vivre,
12:38nous sommes en train
12:39de changer
12:39de civilisation,
12:42lorsqu'on tue
12:43un homme,
12:44cela s'appelle
12:44un homicide,
12:46lorsqu'on tue
12:48un peuple,
12:49cela s'appelle
12:49un populicide,
12:52nous y sommes
12:53et on nous le cache.
12:54Vous voulez dire
12:54qu'une partie
12:55des élites,
12:56souvent des élites
12:57autoproclamées,
12:58parce qu'il y a des élites
12:58qu'il faut célébrer
12:59en France
13:00dans différents domaines,
13:01mais qu'une partie
13:01de nos élites politiques
13:02est en train de tuer
13:03consciemment,
13:05sciemment,
13:05le pays ?
13:07Nos élites,
13:10à part quelques dissidents,
13:13réfugiés dans leurs catacombes,
13:16et qui sortent
13:18de leurs catacombes
13:19pour venir ici,
13:20parfois,
13:21je vous remercie,
13:22un petit coup d'un deuil
13:23à l'arcombe,
13:25nos élites,
13:27nos élites mondialisées
13:29du cercle de la raison,
13:32celles qui commandent
13:33depuis 40 ans,
13:34depuis 50 ans,
13:34depuis Maastricht,
13:37elles sont soumises,
13:40elles sont dans la dimitude,
13:42elles refusent
13:43de désigner
13:44le conquérant,
13:46elles sont écartelées
13:46entre le Waukistan
13:47et l'Islamistan.
13:51En fait,
13:52je vais être très cru,
13:53mais très précis,
13:55elles composent
13:56toute une branchitude
13:58avachie
13:59qui n'est plus capable
14:02de porter son récit fondateur,
14:05qui rêve d'un autre soi,
14:08qui rêve de s'abolir
14:10dans une histoire nouvelle
14:12et de se donner
14:13à une civilisation extérieure
14:16virile.
14:17Et donc,
14:18en fait,
14:19l'hédonisme
14:20consumériste
14:22est en train
14:24de finir là
14:24sa trajectoire
14:25en venant
14:27par une sorte
14:27de ruse hypnotique
14:29finir sa vie
14:31dans son exact contraire.
14:35Hédonisme,
14:37servitude,
14:38soumission,
14:38vos mots sont puissants.
14:42Quel est son,
14:42de votre point de vue,
14:43parce que vous dites
14:44les peuples meurent,
14:45est-ce qu'il y a
14:46un élément marquant,
14:47un point de convergence
14:48qui explique par-delà
14:49l'histoire et les continents,
14:51la disparition des peuples
14:52et probablement,
14:52dites-vous,
14:53le peuple français ?
14:55Oui,
14:55vous faites allusion
14:56à la première partie
14:58de mon livre
14:59qui est la plus neuve.
15:01C'est-à-dire que
15:01je me suis dit,
15:02au fond,
15:02on est peut-être
15:03en train de mourir,
15:04essayons de regarder
15:04dans l'histoire
15:05comment les peuples meurent.
15:06Donc je suis allé en Perse,
15:09je suis allé à Rome,
15:10je suis allé en Grèce,
15:11je suis allé au Machu Picchu,
15:13à Byzance,
15:15à Tolède,
15:16etc.
15:16Et en fait,
15:17j'ai retrouvé
15:17quelque chose de commun
15:19par-delà la singularité
15:20des histoires nationales
15:24et par-delà
15:25la sédimentation
15:26de l'histoire.
15:28Il y a quelque chose
15:29de commun
15:29que Polybe,
15:30l'historien grec,
15:31avait dit.
15:32« Une civilisation
15:34ne meurt jamais
15:35d'une agression extérieure
15:37quand elle ne s'est pas
15:39d'abord consumée
15:41par une agression
15:42intérieure,
15:44par un mal
15:45qui ronge
15:46de l'intérieur. »
15:48Et je cite
15:49dans mon livre
15:50un dialogue
15:51remarquable
15:53d'anticipation
15:55entre l'évêque de Reims
15:56et Clovis,
15:57le jeune chef franc.
15:58Et l'évêque de Reims
16:00dit « Vous savez,
16:01toutes les sociétés
16:02obéissent à la même loi.
16:04Lorsqu'elles ont cessé
16:05de vivre
16:05de leur raison d'être
16:06et que l'idée
16:07qui les a fait naître
16:08leur est devenue
16:09comme insupportable,
16:10étrangère,
16:11elles se démolissent
16:13de leur propre main. »
16:14Effondrement intérieur,
16:16agression extérieure
16:16ou en tous les cas
16:17volonté de laisser
16:18cette agression rentrer.
16:19Dites-vous,
16:20le constat est terrible,
16:21implacable
16:22et pourtant vous dit
16:22qu'il y a de l'espoir.
16:23Où est-ce qu'il se loge
16:24l'espoir encore,
16:25Philippe de Villiers,
16:25quand on referme ce livre ?
16:28Je vais vous surprendre,
16:31mais voilà ce que je pense.
16:34Il y a une voie rédemptrice.
16:37Pourquoi ?
16:39Parce que
16:40lorsque
16:41un peuple
16:44est très vieux,
16:48très ancien,
16:50il va chercher
16:51dans les replis secrets
16:54de ses anciennes sagesses
16:56une force
16:58insoupçonnable
16:59pour se relever.
17:03En d'autres termes,
17:04notre passé multiséculaire
17:05est comme une corde
17:06de rappel.
17:09Moi, je suis
17:10français de France,
17:14je porte dans mes flancs
17:16les pierres d'angles,
17:21les lézards
17:22et les râles héroïques
17:26d'un vieux pays.
17:27Pardonnez-moi,
17:28seuls les français de France
17:29le portent ?
17:30Justement,
17:31je suis à même
17:32de pouvoir dire
17:33que
17:35nous sommes aujourd'hui
17:37devant un problème
17:39que les sociologues
17:40appellent
17:40l'oïcophobie,
17:41c'est-à-dire que
17:42vous avez
17:42deux peuples
17:43qui souffrent
17:44en même temps
17:45de la même
17:47souffrance
17:47intime.
17:49Vous avez
17:49le peuple
17:51des arrivants
17:52qui sait
17:54d'où il vient
17:55mais qui ne sait pas
17:57où il arrive
17:58et on ne lui dit pas.
18:01Et vous avez
18:01le peuple
18:02des héritiers
18:02qui lui
18:03s'est mis à détester
18:04son héritage
18:05et qui ne sait plus
18:06où il habite.
18:08Et donc,
18:09le cœur
18:11de mon livre,
18:12c'est la dernière partie
18:13que j'ai appelée
18:14la francisation.
18:15Le mot n'est pas de moi,
18:16il est
18:16Edurario.
18:17Comme ça,
18:17on ne peut pas dire
18:18c'est un mot de droite.
18:20La francisation,
18:21ça veut dire quoi ?
18:22Ça veut dire que
18:23il faut
18:25restituer
18:26à ceux
18:28qui arrivent
18:29et qui sont
18:32dans la situation
18:33de l'accueillant
18:34et à ceux
18:36qui sont là
18:36depuis longtemps
18:37et qui ont tout oublié,
18:38il faut restituer
18:39le récit fondateur.
18:40Une nation,
18:42un peuple
18:42qui ne vit plus
18:43sans son récit fondateur
18:45est condamné
18:46à mourir sur pied.
18:48Et ce serait
18:48le sursaut
18:49face au populicide.
18:50On vous entend
18:51depuis tout à l'heure,
18:51on vous regarde
18:52ce matin
18:53sur CNews et Europe 1.
18:54Philippe Devilliers,
18:55pour une grande partie
18:55de la droite,
18:56vous êtes un responsable,
18:58comme l'a dit
18:58le Figaro magazine,
18:59à la vision prophétique,
19:00au destin politique inachevé,
19:02pensent certains,
19:03peut-être l'homme
19:03providentiel,
19:05disent d'autres,
19:05mais pour une partie
19:06aussi de la gauche
19:07et d'autres personnes,
19:08vous êtes un revenant,
19:09autrefois moqué,
19:10ringardisé,
19:11guignolisé
19:12pour ce que vous êtes,
19:13pour ce que vous incarnez,
19:14pour l'histoire,
19:14pour la famille,
19:15pour vos idées.
19:16Qu'est-ce que vous répondez
19:17ce matin
19:17à vos détracteurs
19:18qui vous disent
19:19mais regardez,
19:19c'est un réactionnaire
19:20à contre-courant
19:21de la société,
19:23de sa progression ?
19:24Ça vous fait sourire déjà,
19:26c'est une première réponse.
19:28Mais que leur répondez-vous ?
19:29C'est drôle parce que
19:30quand j'allais sur les plateaux
19:31dans le temps,
19:32pendant 40 ans en fait,
19:33on me demandait
19:34de prendre ma crisselle
19:35de lépreux.
19:38Et je ne pouvais pas faire une phrase,
19:40j'étais coupé immédiatement.
19:42Bon, voilà.
19:43Donc là,
19:45merci de me laisser aller
19:47jusqu'au bout de ma réponse.
19:48Et de laisser les téléphones
19:49et de lépreux auditeurs jugés.
19:51Je vais vous dire.
19:52En fait,
19:53avec Eliott Deval
19:56et Geoffroy Lejeune,
19:58nous sommes vus confier
19:59une émission
20:00tous les vendredis
20:00qui connaît un succès
20:02grandissant,
20:05un succès populaire.
20:07Les Français sont de plus en plus
20:08nombreux à nous regarder
20:09donc il faut se poser la question
20:10pourquoi ?
20:12Et moi,
20:12je pense qu'il y a deux raisons.
20:14Pardon de faire
20:16un plaidoyer prodomo
20:17un instant
20:17mais je réponds à votre question.
20:19les gens trouvent
20:20en fait dans cette émission
20:22et à travers ce que je représente
20:25une double cohérence en fait.
20:27La cohérence entre hier
20:28et aujourd'hui.
20:30C'est-à-dire que les gens
20:30ils disent
20:30ok, le mec il dit ça aujourd'hui
20:33mais qu'est-ce qu'il disait
20:34il y a 30 ans ?
20:37Et il y a 30 ans
20:38il disait la même chose.
20:39Et deuxièmement,
20:40la cohérence entre le verbe
20:41et l'action.
20:42Comme vous regardez
20:43les politiciens professionnels,
20:45en fait c'est des gens
20:46qui n'ont jamais travaillé
20:47pour la plupart d'entre eux.
20:48Moi je sais ce que c'est
20:49c'est qu'il y a un EBITDA
20:50un compte d'exploitation,
20:53un bilan.
20:54C'est-à-dire que je sais ce que c'est
20:55que de créer une entreprise.
20:57J'ai été gouverneur territorial.
20:58J'ai créé le Vendée Globe,
20:59j'ai créé le Puy du Fou, etc.
21:01Et donc en fait
21:01je suis respecté
21:03non pas seulement
21:04pour ce que je dis
21:05mais pour ce que j'ai établi
21:08comme expérience vécue
21:10et avec des réussites à la clé.
21:13Donc si on pouvait écouter demain
21:15ceux qui ont réussi
21:16plutôt que ceux qui ne cessent d'échouer,
21:19ce serait une grande nouveauté,
21:20peut-être salvatrice pour le pays.
21:22L'émission est d'ailleurs
21:23écoutée samedi également
21:25à 10h sur Europe 1
21:25puisque pour conclure
21:27vous avez parlé d'hier,
21:28d'aujourd'hui,
21:29je vais vous parler de demain
21:30parce que que ce soit
21:31vos détracteurs
21:32ou ceux qui vous en sentent,
21:33s'ils se posent la même question
21:33que je vous pose.
21:35Et maintenant,
21:35Philippe de Villiers,
21:36s'il devait y avoir
21:37une présidentielle anticipée
21:38ou si elle devait se tenir
21:39logiquement en 2027,
21:42que feriez-vous ?
21:43Je vous ai vu venir,
21:45mais alors...
21:47J'attends donc une réponse directe
21:49à une question
21:50à laquelle vous vous attendez.
21:51Vous trouvez qu'il n'y a pas
21:51assez de monde dans le bourg ?
21:54Vous trouvez qu'il y a
21:55beaucoup d'hommes providentiels ?
21:56C'est effrayant,
21:57ils s'entretuent entre eux.
21:58Donc est-ce que vous pensez l'être ?
21:59C'est tout,
21:59c'est mon petit piton,
22:00il n'y a plus que des bras
22:01et des jambes.
22:02Ne me faites pas une réponse de Normand,
22:03faites pas une réponse de Vendéen.
22:04Je vais vous dire,
22:05quand un ami breton
22:07est venu me voir
22:11pour me dire
22:11tu devrais faire une émission,
22:13où tu ferais bénéficier
22:15de ton expérience,
22:15tous les Français
22:16qui pourraient te regarder le vendredi.
22:19Je ne savais pas
22:20qu'il y aurait ce succès.
22:22Mais en fait,
22:22ce succès,
22:23il est dû à quoi ?
22:23Il est dû au fait que...
22:25Et je réponds à votre question.
22:27Moi, ma seule...
22:28Si vous voulez,
22:29je suis hanté
22:29par la disparition du peuple
22:32auquel j'appartiens.
22:33Et donc,
22:34je me suis donné comme mission
22:35jusqu'à la fin de mes jours,
22:36enfin,
22:37tant que je ne serai pas
22:38un nouveau Biden.
22:41Je me suis donné
22:42comme mission
22:43de parler aux Français,
22:46de les éclairer,
22:47d'éclairer les consciences,
22:49et d'être un sonneur de toxin.
22:55De dire tous les vendredis soir,
22:57attention,
22:57nous sommes peut-être
22:58en train de mourir.
22:58De grâce,
22:59levez-vous.
23:00Et avec une idée fixe,
23:02parce que j'ai des enfants,
23:03il y a des petits-enfants,
23:04et maintenant,
23:04je pense à eux,
23:05et je pense à leurs contemporains,
23:07je me dis,
23:07si on pouvait lever demain
23:09une nouvelle génération
23:11de consciences dressées,
23:13alors j'aurais accompli ma mission.
23:16Merci,
23:16Philippe De Villiers.
23:17Je sais que vous êtes écouté
23:18par les Français de France
23:19et les Français d'ailleurs.
23:20C'est important
23:21qu'ils souvent
23:21ont à cœur
23:22le même amour
23:23de ce pays.
23:24Vous me permettez
23:24que j'ajoute quelque chose ?
23:25Je vous en prie.
23:28Moi, je pense
23:29que la France
23:31est un tel acte d'amour
23:33que nul
23:34ne peut venir en France
23:37sans y succomber.
23:39Regardez Leonard Vinci,
23:40regardez Tahar Belgeoun,
23:42regardez
23:42Boelem Sansal,
23:44avec qui j'ai souvent parlé,
23:46et qui m'a dit
23:46j'aime la France
23:47profondément,
23:49Philippe.
23:50Et pourquoi ?
23:50Parce que la France
23:51est un acte d'amour.
23:53Parce que la France
23:53elle est universelle,
23:55elle est un acte d'amour
23:56qui résume le monde entier.
23:58Et donc,
23:59si on proposait
24:00aux Français
24:03de désir
24:04la France
24:06comme un acte d'amour,
24:07si par exemple
24:08à l'école,
24:09au lieu de faire
24:10la halalisation
24:11des esprits
24:12et la wokisation
24:13des esprits,
24:14si on proposait
24:15le renom national,
24:18alors,
24:20la France s'embrase,
24:21et vous savez pourquoi ?
24:24Parce qu'une nation
24:24c'est un lien amoureux,
24:26il faut refaire,
24:28Sonia,
24:29un peuple amoureux.
24:30Philippe de Villiers,
24:31populicide,
24:32un cré ultime
24:33et on l'a compris,
24:34un acte d'amour.
24:35Merci encore
24:35pour cette interview,
24:36bonne journée,
24:37à bientôt Philippe de Villiers.
24:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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