00:00Merci de nous rejoindre en direct sur Europe 1, j'accueille mes débatteurs de la première heure.
00:05Véronique Jacquier, journaliste politique à CNews. Bonsoir Véronique.
00:09Bonsoir Stéphanie, bonsoir à tous.
00:11Alexandre Malafaille, fondateur du think tank Sinopia. Bonsoir Alexandre.
00:15Bonsoir Stéphanie Demuru.
00:16Et puis notre invité, Julien Aubert, vice-président Les Républicains. Bonsoir Julien Aubert.
00:23Bonsoir.
00:24Je suis particulièrement heureuse de vous avoir ce soir, puisque dans quelques instants on devrait connaître la nouvelle équipe, l'équipe gouvernementale de Sébastien Lecornu.
00:33Alors, chez Les Républicains, vous avez laissé planer le suspense pendant plusieurs heures, pendant deux jours, n'y participera pas ou oui ou non.
00:43Eh bien c'est oui, on le sait depuis quelques heures. La décision a manifestement été assez difficile à prendre. C'était un coup de bluff ?
00:53Non, ce n'est pas un coup de bluff. On sait très bien que maintenant le président de la République a la capacité de dissoudre l'Assemblée nationale et donc de redonner aux Français éventuellement la possibilité de choisir une nouvelle majorité.
01:07Et donc pour les Républicains, la pression était énorme parce que ne pas soutenir Lecornu, c'était en fait aller vers des élections.
01:15Le soutenir, c'était le risque aussi d'être accusé d'être la béquille d'un macronisme finissant.
01:22Et en même temps, il fallait soupeser ça avec ce que proposait Sébastien Lecornu en matière de conduite de l'État et aussi le chaos, je dirais, économique et social qui pourrait s'en suivre en cas de, je dirais, de nouvel avatar de gouvernement.
01:37Alors manifestement, selon les informations que j'ai eues, 33 participants, ça s'est fait ce vote lors d'une visioconférence, ont voté pour une participation, 7 seulement contre.
01:49On parlera d'ailleurs dans quelques instants de vos divisions avec Laurent Wauquiez.
01:53Mais ce qui nous intéresse évidemment, c'est quel gage avez-vous reçu ?
01:58Les LR ont acté une participation exigeante, nous dit-on.
02:02C'est quoi une participation exigeante ? Est-ce qu'on vous a fait des promesses ?
02:07C'est aller plus loin puisque vous avez effectivement dans les engagements du Premier ministre une lutte contre l'immigration illégale,
02:13une lutte notamment contre la fraude sociale, le fait que certains comptent en recevant des allocations, soit domiciliés en France.
02:22Voilà toute une série, je dirais, de propositions sur le régalien ou sur les propositions qui avaient été faites par les Républicains et qui vont dans le bon sens.
02:31Et puis de l'autre, je dirais, des engagements d'ordre budgétaire puisque nous étions totalement opposés à la taxe de Zucman,
02:38une augmentation des prélèvements obligatoires.
02:41Donc effectivement, il doit y avoir plus de justice sociale, mais en même temps, le taux de prélèvement obligatoire doit rester globalement stable.
02:48Alors, Julien Aubert, évidemment, c'est ça le point d'achoppement.
02:52C'était ce qui nous a animés pendant plusieurs semaines, ce débat sur les taxations, notamment des hauts revenus.
02:59Clairement, les augmentations étaient une ligne rouge pour vous, les Républicains.
03:03Est-ce que vous avez eu l'engagement de la part de Sébastien Lecornu qu'il n'y aurait aucune augmentation d'impôt comme vous le souhaitiez, que vous l'aviez exigé ?
03:12Oui, dans la lettre qu'il a adressée aux membres du socle commun, il y a le fait que le taux de prélèvement obligatoire doit rester stable.
03:20Donc ça veut dire que, comme on dit chez les spécialistes, tout ceci devra se faire à iso-fiscalité.
03:25Ça veut dire qu'il y aura des augmentations d'un côté et puis des baisses de l'autre.
03:29Donc il y aura bien des augmentations d'impôts quand même.
03:32Oui, et l'important, c'est de savoir si le taux de pression fiscale augmente en général ou baisse.
03:36Vous pouvez avoir parfois des augmentations de taxes sur certains secteurs et les Républicains étaient hostiles à ce que ce soit toujours les mêmes qui soient taxés, c'est-à-dire les gens qui travaillent.
03:47Et en même temps, vous pouvez avoir globalement une baisse.
03:50Donc ce qui est l'engagement de Sébastien Lecornu, c'est que le taux de prélèvement obligatoire restera stable.
03:56Ça veut dire que vous avez sacrifié vos promesses sur quelle catégorie de la population ?
04:01Non, on ne fonctionne pas comme ça. On avait des priorités, des lignes rouges.
04:06Toutes les lignes rouges ont été, je dirais, respectées.
04:11Et puis sur les promesses, je vous avoue avoir un petit flou sur le fait d'aller vers la location unique.
04:19Je crois que Sébastien Lecornu s'est engagé à y aller.
04:24Justement, il vous en a fait la promesse, cette allocution unique.
04:27On le précise, c'était un souhait des Républicains.
04:30C'était, je crois, sauf erreur de ma part, 70% du SMIC, c'est bien ça.
04:35Ça veut dire que toutes les prestations sociales seraient plafonnées et prendraient la forme d'une allocution unique.
04:42Et ça, vous auriez eu des gages de Sébastien Lecornu sur ce point.
04:45Pour lancer effectivement les travaux d'orientation vers ce sujet-là.
04:50Après, non, il n'y a pas de sujet irritant.
04:54En réalité, quand on regarde, alors, effectivement, on peut regretter que le mot islamisme n'apparaisse pas dans la lettre de Sébastien Lecornu.
05:03Comme il le dit lui-même, tous les sujets ne sont pas évoqués.
05:06Ce n'est pas le rôle, je dirais, d'une déclaration de politique générale.
05:10Mais enfin, il n'y avait pas d'argument, en tout cas, qui poussait à sortir.
05:15Sinon, des arguments purement politiques qui auraient été de provoquer une crise.
05:19Alexandre Malafaille.
05:20Oui, bonsoir, M. Aubert. En fait, moi, j'ai un petit peu de mal à comprendre que vous n'ayez pas fait le choix d'aller au carton.
05:26Je m'explique.
05:27Ça fait un an qu'on est dans cette situation assez inextricable.
05:30Vous avez des marges de manœuvre ultra réduites.
05:33Vous menez des politiques de la petite semaine sans aucun plan, sans aucun cap.
05:36Vous tenez les clés, si je puis dire, du camion pour l'emmener tant bien que mal à bon port ou à mauvais port, c'est-à-dire en 2027, si on y arrive.
05:42Pourquoi est-ce que ce coup-ci, vous n'auriez pas dit avec vos camarades des Républicains pour dire bon, non ?
05:48Et non parce que la seule issue pour le pays, c'est de provoquer la démission du président de la République.
05:53Qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui de plus intelligent que ça ?
05:56Tenir pour tenir, essayer de faire des bricolages.
05:59Dans un contexte où on va voir que dans quelques minutes, on va nous annoncer qu'on reprend à peu près les mêmes pour repartir, ça ne ressemble plus à rien.
06:05Je ne comprends pas cette position-là.
06:07Elle est totalement inefficace, surtout qu'on n'a plus le temps de l'immobilisme.
06:09Et là, vous paralysez encore le pays avec, voilà, vous allez essayer d'avancer, ça risque de ne pas marcher d'ailleurs.
06:14Ça paraît vraiment perdu.
06:16Vous connaissez la fameuse citation du général Patton.
06:21Quand vous faites quelque chose, vous êtes critiqué par trois sortes de gens.
06:25Ceux qui font la même chose que vous, ceux qui vont l'inverse et surtout ceux qui ne font rien.
06:29Les Républicains tentent, dans un contexte compliqué, de faire avancer la France dans le sens de leurs idées.
06:36Après, quand vous évoquez l'idée de provoquer une crise pour, je dirais...
06:41Mais on est en crise, pardonnez-moi monsieur, on est en crise.
06:43Oui, mais vous savez, les crises, on peut creuser encore plus profond, ne croyez pas.
06:47Moi, je pense, si vous voulez, qu'on peut aller encore plus loin dans la crise.
06:51Et malheureusement, vous n'êtes pas en capacité ni d'évaluer la longueur de cette crise si on l'a provoquée.
06:57Et deuxièmement, les personnes qui seraient touchées.
06:59Parce que quand vous dites, il suffit de faire sauter le corps nu et Emmanuel Macron s'enra, c'est faux.
07:06Emmanuel Macron peut nommer un nouveau Premier ministre.
07:08Il peut dissoudre.
07:10Il peut ensuite avoir encore un nouveau Premier ministre, puis un deuxième nouveau Premier ministre, puis un troisième nouveau Premier ministre.
07:14Mais, Julien Aubert, vous savez que ce gouvernement est déjà en sursis.
07:17Les partis de gauche, mais pas seulement de gauche, le RN est en embuscade.
07:22Les oppositions, clairement, brandissent la menace d'une motion de censure dès la déclaration de politique générale.
07:28Ça veut dire que si le gouvernement tombe encore une fois, vous serez en plus associé à une forme d'échec, tout de même, pour la troisième fois.
07:36Enfin, en tout cas, une forme d'instabilité.
07:39Donc, c'est vrai que ce que vous avez voulu éviter, vous y serez mêlé, d'une certaine manière.
07:45Enfin, en tout cas, vous ne vous dissocierez pas du macronisme.
07:49Alors, déjà, pour moi, l'important, c'est quand même pas de ne pas être associé à la gauche.
07:52C'est déjà un bon point.
07:53Et deuxièmement, non, on ne pourra pas nous taxer d'être, je dirais, associé à l'instabilité.
07:59Ceux qui seront associés à l'instabilité, c'est ceux qui auront provoqué, par définition, la chute des gouvernements successifs.
08:04Maintenant, moi, j'entends bien, si vous voulez, l'argument, mais on est, en fait, dans un problème institutionnel.
08:11C'est que le président de la République n'est pas responsable devant la nation.
08:15Enfin, n'est pas responsable devant le Parlement.
08:16Justement, il est responsable devant la nation.
08:18Emmanuel Macron, c'est son choix, décide de rester.
08:22Voilà, c'est comme ça.
08:24Et appeler à la démission ne ferait que fragiliser les institutions.
08:27Parce qu'aujourd'hui, c'est Emmanuel Macron, demain, ce sera notre président de la République,
08:31qui pourrait aussi voir les élections législatives être perdues.
08:35Et si, à chaque fois que vous avez les élections législatives perdues, on a une élection présidentielle,
08:39eh bien, en réalité, vous revenez à ce qu'on a connu sous la Troisième République,
08:43quand le président de la République n'était plus qu'une espèce de personnage statutaire
08:47qui n'avait aucun impact politique.
08:49Donc, moi, si vous voulez, ce n'est pas la lecture constitutionnelle que je fais.
08:52Je reconnais qu'en termes d'esprit, Emmanuel Macron devrait se poser la question
08:56de comment je ressource ma légitimité.
08:59Parce qu'il pense être la solution, et il est sans doute une grande partie du problème.
09:05Et au moins, ça, ce n'est pas la faute des Républicains.
09:07Nous, si vous voulez, dans cette affaire, nous l'avons toujours combattu.
09:10Nous ne sommes pas d'accord avec, d'ailleurs, une grande partie des orientations du passé.
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