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  • il y a 4 mois
Depuis une dizaine de jours, les habitants de Martigues, qui n’ont reçu aucune explication, assistent à la destruction des espaces boisés qui les protégeaient des nuisances sonores engendrées par l’autoroute toute proche.
"Elle porte bien son nom maintenant, la Gueule d’Enfer !" Ça, c’est Charly Ottavi qui le dit. Il habite au Pati, à quelques encablures de cette impasse qui doit son drôle de nom, explique-t-il, à une ancienne léproserie, nichée autrefois dans le creux des collines. Depuis une dizaine de jours, les lieux sont confrontés à un nouveau fléau : l’autoroute. Ou plutôt, au déboisement radical des grands pins qui la bordaient et protégeaient les habitants du bruit.
Jeudi 2 octobre au matin, devant l’impasse de la Gueule d’Enfer, un grand camion broyeur avalait les troncs fraîchement coupés (https://www.laprovence.com/article/societe/600090922809814/les-coupes-rases-en-bordure-de-l-a55-scandalisent-les-riverains-du-quartier-de-jonquieres-sud-a-martigues). "Vous n’avez pas le droit d’être là !" crie au chauffeur Véronique Trinquigneaux, ulcérée. Elle vit ici avec son époux Philippe depuis 26 ans. "Il faut les empêcher de continuer !" s’exclame-t-elle dans la foulée. Pendant ce temps, des policiers municipaux constatent la situation et s’empressent de rentrer faire leur rapport. Ni les habitants, ni la municipalité n’ont été prévenus de ce déboisement, mené par les services de l’État en parallèle des travaux de la bretelle d’accès numéro 2 à l’A55 (https://www.laprovence.com/article/region/51353638490479/a55-a-martigues-la-bretelle-dacces-n-2-vers-marseille-fermee-pendant-pres-de-4-mois), en direction de Marseille, visant à remplacer les murs de gabion (des murs grillagés remplis de blocs de pierre) par des murs de soutènement en béton. Seulement, le déboisement dépasse largement le secteur. De part et d’autre du pont autoroutier enjambant l’ancienne route de Marseille, tout a été rasé. Allée des Frères Honnorat Et Tarditi, la terre a été mise à nu, de même que sur le talus autrefois densément boisé entre l’autoroute et l’entrée de Martigues, juste en face, côté étang.
"On est comme dans un sandwich ici, fulmine Jean-Marc Mauchauffée, habitant du Pati mais aussi responsable de Génération Ecologie pour l’Ouest de l’étang de Berre. Côté colline, on est soumis au PPRIF ; de l’autre, l’autoroute apparaît au grand jour. Ce qui était un quartier recherché, paisible, verdoyant, ça devient un merdier. Les gens ont l’autoroute dans leur maison !" Philippe Trinquigneaux confirme.

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Transcription
00:00J'aurais préféré qu'il y ait un incendie ici, là, plutôt que ce soit à la main de l'homme qui vienne faire ce carnage, là, je comprends pas, là, j'ai envie de pleurer de rage, là, ça me révolte.
00:17C'est un mélange de colère et d'incompréhension qui anime les riverains de l'ancienne route de Marseille à Martigues.
00:22Un arbre comme ça, ça produit l'oxygène pour 4 personnes. Et bien on est en train de tout couper, on en a coupé des centaines, c'est ridicule.
00:29Depuis plusieurs jours, ils observent la campagne de déboisement menée au bord de l'autoroute A55.
00:34Cette opération a été engagée sans que ces derniers ni la ville n'aient été tenus informés par les services de l'État à l'origine de ces coupes, une décision qui ne passe pas.
00:42Je me demande comment il est possible qu'un chantier pareil puisse être décidé sans qu'on ait informé la collectivité locale.
00:48Mais ce qui me paraît le plus fou, c'est que la raison évoquée, c'est pour des raisons de sécurité incendie, pour éviter que les feux partent de l'autoroute, etc.
00:56Mais il n'y a jamais eu de feu d'autoroute ici.
00:57En plus de cette incompréhension, les riverains se sentent totalement désarmés et nourrissent des craintes pour leur futur cadre de vie.
01:04Ça fait 30 ans que je suis là, j'ai vu cette grosse différence.
01:08En l'espace de quelques jours, on se demande ce qui s'est passé.
01:11Il y a le bruit, il y a la vue, il y a la dépréciation pour une revente. C'est l'enfer.
01:17Ces arbres étaient une protection naturelle. En plus, ça tient le talus de l'autoroute.
01:22On a eu des pluies diluviennes il y a quelques semaines. Les talus vont descendre.
01:26Les maisons qui sont derrière vont être inondées.
01:28Donc c'est totalement anti-écologique.
01:31Contacté, la préfecture invoque que ces travaux ont été menés en raison des obligations légales de débroussaillement,
01:37qui imposent de maintenir une zone débroussaillée sur 20 mètres de part et d'autre de l'autoroute,
01:42dans les secteurs identifiés comme massifs boisés ou zones à risque.
01:45Elle précise également que ces coupes ont été réalisées dans le cadre de la mutualisation de travaux sur la 55,
01:51comprenant la bretelle d'entrée vers Marseille qui a fait l'objet d'une information globale auprès de la mairie de Martigues.
01:57La préfecture explique aussi que la responsabilité du débroussaillement incombe à la dire méditerranée
02:02et qu'aucun déboisement systématique n'a été entrepris sur cette zone.
02:05Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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