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  • il y a 3 mois
Paola Puerari vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Et on commence avec vous Bruno, on va parler de...
00:04On manifeste demain en France, mais on manifeste surtout aussi en Grèce.
00:08La manifeste aujourd'hui en Grèce, une manifestation de l'ensemble des syndicats grecs,
00:16elle appelle contre un projet de loi de leur ministre du Travail,
00:21et qui suscite beaucoup de contestations internes, c'est la journée de 13 heures de travail.
00:27– Non, non, attendez, la journée de 13 heures. – La journée de 13 heures de travail.
00:31– Nous, on travaille 7 heures, donc 35 heures à peu près pour les Français.
00:34– Alors nous, j'ai regardé, c'est un petit peu plus.
00:36En fait, en Grèce, ça existe déjà de travailler 13 heures par jour,
00:39mais pour plusieurs employeurs, en France aussi, vous allez me dire.
00:42Sauf qu'en Grèce, il va y avoir une autorisation, enfin, c'est un projet de loi
00:45qui autoriserait les employeurs à faire travailler un salarié 13 heures par jour.
00:52– Si vous rajoutez en plus le trajet, c'est-à-dire,
00:54admettons que vous mettez une heure pour y aller, une heure retour,
00:58ça fait 15 heures de votre journée dédiée au travail.
01:00– À peu près, oui.
01:01Vous savez quelle est la durée légale maximum par jour en France, Paola ?
01:04– Non.
01:05– 10 heures.
01:06Et vous pouvez même aller jusqu'à 12 heures sous des conditions exceptionnelles.
01:10Pas du tout, vous souhaitez de travailler 12 heures par jour.
01:12Tout ça pour dire qu'en Grèce, comment ?
01:14– En reportage, ça nous arrive.
01:15– Oui, ça nous arrive, bien sûr, ça nous arrive.
01:17Vous pouvez même le faire avec plusieurs employeurs, c'est mon cas.
01:19– Même ce soir.
01:19– C'est mon cas.
01:20Mais en Grèce, donc 13 heures par jour, ça provoque une levée de boucliers.
01:25Grosse manifestation aujourd'hui à Athènes et à Thessalonique.
01:28Ils sont en colère contre le pouvoir qui, par ailleurs, a beaucoup remonté la Grèce.
01:36La Grèce met ce pouvoir aujourd'hui, pense que pour faire reculer davantage le chômage,
01:428% en Grèce, pour évidemment continuer à diminuer la dette grecque qui a beaucoup baissé,
01:50veut augmenter la durée du travail.
01:52Alors c'est mal engagé.
01:54Dernier point quand même, puisqu'il faut donner tous les éléments au téléspectateur,
01:58le salaire brut maximum en Grèce est de 880 euros par mois,
02:03quand il est de 1800 euros brut en France.
02:07– Alors sur les pancartes, il y avait écrit un projet digne du Moyen-Âge.
02:11Edwige Chevrillon sait que les taux à 10 ans de la dette française
02:15dépassent désormais celles de la Grèce.
02:18– Ça dépend des jours.
02:19– Ça dépend des jours, mais bon.
02:21– Je l'ai qu'à ce que ça a été…
02:21– Globalement, il remonte la pente, la Grèce, contrairement à nous,
02:25où on a l'air plutôt de s'enfoncer.
02:26– Encore une fois, parce que…
02:27– Mais est-ce que ce genre de mesures contribuent au fait
02:30que l'économie grecque va de mieux en mieux ?
02:32– Ah oui, c'est sûr, mais il faut voir quand même que c'est…
02:35– D'où il part ?
02:35– C'est quand même, c'est très très dur.
02:37Vous imaginez sur tout ça en France, comme le disait Bruno,
02:39je veux dire, ça passerait quand même…
02:40– Ça ne passerait pas du tout en France, c'est sûr.
02:42– Ils ont connu une purge économique, pardonnez-moi cette expression,
02:45mais c'est vraiment ça, ils étaient dans une situation vraiment très dure,
02:50et eux, ils ont connu, je veux dire, les retraites ont été coupées par deux,
02:52ça a été vraiment extrêmement dur.
02:56– Tout privatisé, tout vendu, port au Chine, privatisation du service public…
03:02– Nous, on en est très très loin, et en plus, on est aussi très très loin
03:05de la situation dans laquelle se trouvait la Grèce,
03:08avant que la Troïka ne vienne imposer ses mesures d'austérité.
03:13Mais il faut dire qu'il n'y avait pas de collecte d'impôts,
03:16la situation de la Grèce était quand même très particulière.
03:18On n'a rien à voir avec celle de la France.
03:20– Mais ça vous choque, autour de la table, Victor Hérault, par exemple,
03:23cette journée de 13h, parce qu'on se doute bien que si elle est instaurée
03:26et que certains employés disent oui,
03:29eh bien le voisin va être un peu contraint d'y aller aussi.
03:31– Moi j'ai tendance à penser, si vous voulez, c'est compliqué
03:35en tant que Français de juger un autre pays
03:37dans son redressement de l'économie,
03:39sachant que nous, les Français, on est drogués, si vous voulez,
03:41à la subvention, à la dépense publique,
03:42on n'arrive pas à bien poser l'équation économique…
03:44– Oui, oui, c'est vrai, mais la Grèce tente quelque chose,
03:48alors que ce soit bien ou mal, on verra,
03:50mais je veux dire que la Grèce tente quelque chose, c'est bien,
03:53que la France essaye de s'extirper un peu,
03:54si vous avez suivi, et vous les avez tous suivis,
03:57les débats économiques de ces dernières semaines,
03:59de ces derniers mois, de ces dernières années,
04:00on n'avance pas d'un poil, on n'avance pas d'un pouce,
04:02tout le monde crie au là à chaque fois qu'on avance une mesure,
04:05donc voilà, je ne sais pas si cette mesure particulière est bien,
04:08en tous les cas, la Grèce essaye d'avancer,
04:10essaye de progresser.
04:11– Parce que c'est qu'avant de passer aux 13h par jour,
04:12on pourra jouer sur ce levier-là.
04:17– Et puis surtout, le problème en France,
04:20c'est plutôt, et tous les débats le montrent et le démontrent,
04:23c'est de rapprocher le salaire brut du salaire net.
04:26– Oui, tout à fait.
04:26– C'est là, donc c'est au contraire, c'est d'enlever les...
04:28– Et donc baisser les subventions, les aides ?
04:30– Oui, c'est pas forcément... – C'est ça que ça veut dire ?
04:32– Pas forcément, c'est la question des retraites,
04:34c'est la question de l'assurance chômage,
04:36c'est la question de la santé, on retrouve tout,
04:38on retrouve toute la problématique française.
04:39– La CSG ?
04:40– Non, effectivement, mais c'est vrai que nous,
04:42on a plutôt en France les débats sur la semaine de 4 jours,
04:47effectivement, et là, on voit bien qu'ils ont des débats
04:49sur la journée de 13h,
04:50donc il y a peut-être un potentiel grand écart
04:54entre la France et certains pays européens.
04:55– Non, mais ce qui est intéressant, Parola,
04:56c'est pas la situation extrême un peu de la Grèce,
04:59c'est que dans toute l'Europe se pose la question
05:01à la fois de travailler plus,
05:05le Danemark, certains pays scandinaves,
05:07pour financer l'effort de guerre,
05:09repoussent l'âge de départ à la retraite.
05:13– À 70 ans, c'est ça ?
05:15– Bien sûr, d'autres pays jouent sur le curseur des jours fériés,
05:21alors on a essayé de le faire, nous, on a vu que…
05:23– Je ne pense pas que Sébastien Lecornu va y retourner,
05:27d'ailleurs, il a déjà abandonné le projet de Bayrou,
05:29mais on voit bien que c'est une question qui se pose
05:31dans la plupart des pays européens,
05:33avec plus ou moins d'importance,
05:35on voit bien qu'en Grèce, on est dans une situation extrême,
05:37mais que la France échappera difficilement à ce débat dans les années qui viennent.
05:40– Non, mais c'est simplement parce que c'est basique,
05:42c'est la base de l'économie,
05:44il faut bien créer des richesses.
05:45Qu'est-ce qui crée des richesses ?
05:47Évidemment, c'est le travail.
05:48– Le travail qui produit, les entreprises qui produisent,
05:51elles sont là, on crée de la richesse,
05:52c'est là où elles se trouvent.
05:53Donc dès lors qu'on a besoin de plus de moyens,
05:56que les dépenses sont plus importantes,
05:57parce qu'on est, notamment en France,
05:59on a une population qui vieillit beaucoup,
06:01on a un choc démographique.
06:03– Comme partout en Europe.
06:04– Comme partout en Europe,
06:04mais chez nous, c'est vrai qu'on aura quand même des 18 millions de retraités,
06:07donc ça fait quand même énormément.
06:10Qu'est-ce qu'on fait ?
06:10– Mais c'est vrai que quand vous rentrez chez vous
06:12après une journée de travail,
06:12et que vous voyez sur votre salaire
06:14que 60% de votre super brut a été exploité par l'État,
06:16ça ne donne pas envie de se mettre davantage.
06:18– Oui, mais ce n'est pas que ce passe-polier.
06:18– Mais Victor, ce n'est pas que ce passe-polier.
06:20– Parce qu'en général,
06:21ceux qui perdent 60% de leur super brut
06:22ne sont pas ceux qui perçoivent,
06:24si vous voulez, par les redistributions,
06:26par les prestations, par les cotisations,
06:28l'argent qu'ils ont, eux, payé de leur super brut.
06:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
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