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  • il y a 4 mois
Après la crise Covid, nous ne travaillons plus au bureau de la même manière. Pour adapter les espaces de travail à cette évolution, Tivoli Capital a développé la marque Newton Offices. Guillaume Pellegrin, président de la société, a créé un podcast et un livre pour rendre compte de l’importance pour les entreprises de s’éloigner des grandes villes.

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Transcription
00:00L'invité de ce Smart Impact, c'est Guillaume Pellegrain, bonjour.
00:09Bonjour Thomas-Hugues.
00:10Bienvenue, vous êtes président fondateur de Tivoli Capital et Newton Offices
00:13et puis auteur d'un podcast qui s'appelle Extra Muros,
00:17qui est devenu un livre, on en parlera ensemble.
00:19Mais d'abord, présentez votre métier, votre activité,
00:23Tivoli Capital en quelques mots, Newton Offices, tout ça est lié ?
00:27C'est très lié, Tivoli Capital est un groupe immobilier
00:29que j'ai créé en 2012 à Marseille, vraiment pluridisciplinaire.
00:34Et au sein de Tivoli Capital, on a créé une marque qui est Newton Offices.
00:38C'est notre réponse à l'évolution des bureaux dans le monde
00:43et en tout cas pour nous en France, dans toutes les métropoles françaises
00:47où nous sommes, près d'une dizaine, puisque cette aventure est née à Marseille
00:52et elle s'est déployée entre l'île Toulouse et à présent en Ile-de-France également.
00:56Alors, en préparant l'émission, j'ai dit, vous êtes un opérateur d'espace de travail clé en main.
01:01Ça veut dire quoi, des bureaux clés en main, en fait ?
01:04C'est ce que je disais, c'est justement cette réponse qu'on apporte au monde du bureau.
01:08Le constat que j'avais fait il y a quelques années, c'est que trop longtemps,
01:11en fait, on s'est occupé uniquement de celui qui allait signer le bail,
01:15le directeur immobilier, le directeur général,
01:18mais pas vraiment de celui qui allait être là tous les jours.
01:20Il y a les siens, stagé, il y a travaillé.
01:21Et c'est ça le grand changement qu'on a appelé avec le co-working,
01:25en tout cas la réponse qu'on a apportée avec Newton Offices,
01:27c'est en fait vraiment de réfléchir à l'expérience que va vivre l'utilisateur du quotidien.
01:32Et comme il y a eu, vous l'avez bien vu, une crise sanitaire
01:36et une révolution du monde du travail,
01:38c'est quelque chose qu'on avait lancé avant ça,
01:41sans anticiper cette crise, on est honnête.
01:43Mais vous étiez déjà un peu dans cette logique d'un bureau de travail un peu hybride,
01:47c'est ça, en quelque sorte ?
01:48Absolument, en fait, il y a eu une révolution de l'espace de travail,
01:52mais également une révolution des services,
01:54et une révolution autour de ce qu'on appelait la communauté ou l'hospitality.
01:58On l'avait lancé avant la crise sanitaire,
02:00et évidemment, il y a eu une accélération très forte avec l'arrivée du télétravail
02:04et des révolutions des façons de travailler.
02:07Qui est quand même aussi un peu en train de se retourner.
02:11On a vu notamment, d'abord aux Etats-Unis, mais en France aussi, les grandes banques,
02:14il y a un retour en arrière sur le télétravail.
02:18Comment vous, parce que quand on se lance dans des projets immobiliers,
02:22c'est sûr du long terme, voire du très long terme,
02:25et là, on a des changements de pieds assez rapides.
02:28L'avant-Covid, c'est 2018-2019,
02:32pendant cinq ans, tout le télétravail,
02:332025, on est en train de se retourner.
02:35Comment vous le vivez, ça ?
02:36On est habitué, c'est le pendule de Newton, justement.
02:39Du coup, il y a le retour du balancier.
02:43On est vraiment des spécialistes de l'espace de travail.
02:46On a une expérience directe,
02:48puisqu'on est propriétaire de 68 000 mètres carrés,
02:50qu'on a développé, comme je vous le disais, sur une dizaine de sites.
02:54Et on a vraiment une maîtrise transverse de tous les enjeux immobiliers.
02:58Donc, en fait, on arrive à être très réactif par rapport à ces évolutions.
03:00Je le disais, il y a besoin de créer des espaces de convivialité,
03:08des espaces partagés que l'on avait créés,
03:10et qui répondent totalement à cet enjeu de crise sanitaire
03:13et de télétravail sur lequel on va revenir.
03:17Et on est capable également de concevoir les espaces
03:19très rapidement, de façon très réactive,
03:22avec les grands groupes qui ont besoin de nous.
03:24D'abord, on leur apporte notre expérience
03:25et on leur livre un produit fini.
03:27Donc, en fait, on a réussi à être très réactifs
03:28et accompagné leurs besoins en tant qu'employeurs,
03:31tout en répondant aux besoins de leurs salariés qui ont évolué.
03:35Ça veut dire, j'imagine, plus de modularité.
03:38Ça doit être un mot que vous employez aussi souvent.
03:41Est-ce que dans la conception de ces immeubles de bureaux,
03:45vous avez changé quelque chose pour qu'il soit plus modulaire, finalement ?
03:49C'est là où, en étant un peu orgueilleux,
03:51on a eu raison un peu avant la crise,
03:53c'est qu'on avait déjà proposé des espaces de convivialité,
03:56des espaces sociables, de sociabilité.
03:59On appelle ça la place du pommier, on peut appeler ça agora ou autre,
04:02mais quand je parle d'espaces partagés,
04:03c'était ces fameux co-working, l'espace du co-working.
04:06On vient de travailler ensemble.
04:07Ce sont ces espaces qui semblaient perdus, en fait,
04:10avant ou sous-utilisés avant la crise
04:13et qui, en réalité, s'avèrent essentiels,
04:16puisque étant donné qu'on peut travailler depuis la maison et tout seul,
04:20pourquoi aller sur un lieu de travail ?
04:21Et on a bien vu que c'était essentiellement pour cet aspect social
04:25de collaboration, d'entraide, de formation.
04:28Il fait l'air donner envie d'aller au bureau, en quelque sorte.
04:31Oui, oui.
04:32On voit ça, on voit des entreprises qui organisent des petits déjeuners
04:35façon Grand Hôtel, le vendredi, etc.
04:37Il y a quand même cette prise de conscience de la part des entreprises.
04:44Est-ce que là, aujourd'hui, vos clients vous disent
04:47« refais-nous des bureaux à l'ancienne » ou pas, quand même ?
04:50Non, non, pas du tout.
04:52Justement, sinon, ils perdent leurs salariés qui vont rester chez eux.
04:55Si c'est à l'ancienne, on a bien vu que ça ne marche plus
04:57et donc on va rester chez nous.
04:59Ou alors aller dans une autre entreprise qui a compris
05:01qu'il fallait que ça bouge.
05:02Trois éléments, en fait.
05:03D'abord, c'est l'espace de travail.
05:05Il a dû évoluer.
05:06Il doit être, en effet, pensé pour que les gens se croisent,
05:09vivent ensemble, se forment.
05:11Et on a bien vu que les façons de travailler ont été évoluées.
05:13On ne téléphone quasiment plus, on fait des visios
05:16ou alors on va s'isoler pour passer un coup de fil.
05:18Et sinon, quand on travaille en équipe,
05:22il faut pouvoir faire des réunions un peu plus qu'avant
05:25et avoir, à l'inverse, des temps de silence et de calme pour se concentrer.
05:29Donc, il faut penser l'espace de travail pour pouvoir faire tout ça.
05:33Le deuxième aspect, ce sont les services.
05:35Qui sont arrivés, quand nous, on a créé Newton Office à Marseille en 2017 ?
05:40Faire du sport, faire du yoga, faire du pilates
05:44et finalement, se sentir mieux, en fait.
05:46Et le faire ensemble, en plus, en équipe, ça soude au quotidien.
05:50Et en tout cas, toutes les semaines, on a les programmes dans tous nos immeubles.
05:54Et dernier aspect, c'est cet aspect de communauté.
05:57Il semblait un peu tarte à la crème avant le Covid.
06:00Quand on en parlait, on semblait un peu des doux rêveurs.
06:03Et en réalité, quand les employeurs ont eu du mal à faire revenir leurs salariés après le Covid,
06:08surtout quand ils avaient, j'allais dire, lâché une politique de télétravail très, très généreuse
06:14avec 4 à 5 jours, faites ce que vous voulez, work from anywhere dans un mauvais français.
06:20Justement, c'est ce que vous disiez.
06:21Quand il faut les faire revenir au boulot, parce qu'en fait, on se rend compte que ça ne marche pas,
06:25il faut pouvoir avoir les espaces de travail, une réponse qui soit pertinente.
06:29Est-ce que l'enjeu environnemental prend toujours autant de place dans les projets que vous lancez ou que vous avez lancés ?
06:38De plus en plus.
06:40Il y a une prise de conscience, et heureusement, non seulement des entreprises, mais surtout de leurs salariés aussi.
06:45Et en fait, quand ils viennent dans des espaces Newton Offices,
06:48ils viennent chez un opérateur qui est Bicorp, qui est Société à Mission,
06:52et leurs salariés sont fiers de ça.
06:53Et ça permet pour l'employeur, quand lui n'a pas les moyens, ou n'a pas eu le temps,
06:57ou ne peut pas, dans toutes les villes, apporter cette réponse-là,
07:02eh bien, il fait un soin qualitatif immédiatement.
07:05Nous, on a fait un bilan carbone.
07:06La moitié du bilan carbone vient du déplacement de nos clients.
07:09Donc l'enjeu environnemental est essentiel.
07:11Il faut que nos immeubles de bureaux soient accessibles en transport en commun ou en mobilité douce.
07:15Sinon, on produit énormément de carbone du fait des mobilités.
07:19Donc vous choisissez vos déplacements, pardon me l'interrompre,
07:21en fonction de ce critère, notamment, pas seulement, mais notamment ?
07:25Évidemment, l'immobilier, on dit qu'il y a un critère assez simple, qui est l'emplacement,
07:28mais l'emplacement devient encore plus essentiel avec ce prisme-là,
07:32qui est l'accessibilité avec des mobilités douces, décarbonées en tout cas.
07:35Et de toute façon, les jeunes générations ne veulent plus aller trop loin en bagnole.
07:41Ils n'ont plus le permis.
07:42Mais regardez, vous êtes labellisé Bicorp, vous l'avez dit, vous êtes une société à mission.
07:46Ils regardent vraiment ça avant de venir chez vous ?
07:48Ils regardent quand même le prix, d'abord.
07:51Bon, ok, d'accord.
07:52Mais une fois qu'il y a tout ça, et qu'ils sentent quand même qu'il y a une âme dans un espace,
07:56et qu'il y a une sincérité sur ces enjeux-là, que le mobilier a été upcyclé,
08:01que la moquette vient de France et pourra être recyclée,
08:04et qu'au quotidien, vous croisez qu'une association,
08:08ou par exemple on a les bureaux du cœur à Marseille,
08:10des travailleurs précaires peuvent dormir chez nous,
08:15et on l'accueille dans quelques jours,
08:19quand des associations peuvent venir utiliser nos bureaux le soir,
08:24une fois qu'ils se vident, pour faire du théâtre,
08:26ou pour faire une écurie de médecine d'enfants des quartiers noirs,
08:28par exemple à Marseille.
08:30Ce n'est pas du pipeau, c'est du très concret,
08:32et ça, ça se sent, ce n'est pas quelque chose qu'on pensait avoir avant.
08:35Et ça peut rendre fiers de venir bosser là.
08:36Exactement.
08:38Parlons de ce podcast extra-muros,
08:40vous l'avez lancé il y a quoi, 4 ans, c'est ça ?
08:43À peu près, oui, avec plus d'une cinquantaine d'épisodes.
08:46Et donc c'est devenu un livre que vous publiez.
08:49C'est quoi extra-muros ?
08:51Extra-muros, ça part d'un constat,
08:53moi qui suis marseillais, qui ai vécu à Paris,
08:56et qui écoute beaucoup de podcasts,
08:57qui écoute des médias, de très bons médias.
09:00Mais parfois on se dit quand même,
09:02il y a un prisme déformant.
09:04J'entendais beaucoup parler de Paris, en fait.
09:06Un prisme parisien, oui.
09:08Et ce n'était pas très grave, en fait.
09:09Plutôt que de se faire dîner ou de s'en plaindre,
09:11on s'est dit, très bien, il y a une place à prendre,
09:13et on va montrer qu'il y a de la vitalité,
09:15qu'il y a des talents partout.
09:17C'est un peu mon histoire personnelle.
09:18Et on va montrer que, pas uniquement dans les métropoles,
09:21même que dans les espaces ruraux,
09:23il y a de superbes entrepreneurs,
09:25de très belles ETI, de très belles PME,
09:27et voire même des grands groupes qui y viennent.
09:29Et ça a donc donné une cinquantaine d'épisodes.
09:34Et c'est vrai qu'ensuite, on s'est dit,
09:35tiens, c'est quoi la prochaine étape ?
09:37Et ça a été ce livre qui était très agréable à rédiger.
09:40Donc c'est des expériences de quoi ?
09:43D'entreprises, d'associations, d'entrepreneurs,
09:46hommes ou femmes, dans les régions, c'est ça ?
09:48Oui, et c'est venu dans le cadre d'une réflexion globale
09:51de notre raison d'être,
09:53accompagner le déploiement de l'économie dans les villes et les territoires.
09:56Et on a voulu montrer qu'on pouvait aller bouger vers les régions.
09:58Et en plus, c'est venu une fois de plus après cette crise sanitaire,
10:01où en fait, on a eu envie de respirer, de vivre,
10:04même à la campagne.
10:05C'est ce qui ressortait dans les sondages.
10:06Mais est-ce que c'est vrai ?
10:07Parce qu'effectivement, on l'a vu sur le marché de l'immobilier,
10:10par exemple, des gens qui cherchaient des maisons,
10:12des jardins, des balcons, etc.
10:14Est-ce qu'il y a des entreprises qui se sont dit,
10:16il faut qu'on quitte les très grandes villes
10:18et qu'on aille dans des environnements un peu moins agressifs ?
10:22Oui, oui, clairement.
10:23Et on le voit dans ce livre et dans les podcasts.
10:27On prend Fago, par exemple, Doctolib,
10:29qui sont à Paris,
10:31qui ont créé une boîte incroyable,
10:33mais qui, en fait, premièrement, se rendent compte
10:35qu'ils n'ont plus les mètres carrés pour se déployer.
10:37Ensuite, qu'ils ne peuvent même plus recruter les talents
10:39pour se déployer, parce qu'en fait,
10:40c'est une concurrence assez folle.
10:42Et puis ensuite, pour vivre.
10:43C'est-à-dire que l'immobilier coûte cher.
10:45Et donc, on benchmark,
10:46on se met ensemble comme ça dans la société.
10:48Si le fondateur est plutôt méditerranéen
10:50ou plutôt quat-atlantique, il y a un petit biais.
10:53Mais très souvent, ils choisissent comme ça,
10:55ensuite, d'aller s'implanter.
10:57Et il peut y avoir, du coup,
10:58une sorte de rencontre entre un territoire et une entreprise.
11:01Il y a l'exemple de Ledger, également,
11:03qui s'est déployé à Vierzon dans les cryptos.
11:07Et donc, là aussi, ils auraient pu aller n'importe où.
11:10Mais il y a aussi, parfois, des maires
11:12ou des métropoles
11:13ou des agences de développement
11:14qui sont très, très dynamiques.
11:16Et qui attirent, du coup, ces pépites
11:19qui étaient peut-être un peu plus anonymes à Paris
11:20et qui viennent trouver
11:22des mètres carrés,
11:24une vraie qualité de vie
11:25et parfois ont même la surprise
11:26d'avoir de vrais talents sur place,
11:28aussi bien qu'à l'air.
11:30Merci beaucoup, Guillaume Pellegrin.
11:31Donc, cette extra-murose,
11:33voilà la version papier de votre podcast à découvrir.
11:38Merci, à bientôt.
11:39On passe à notre débat,
11:40les migrations climatiques en question.
11:42Merci, à bientôt.
11:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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