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00:00Dans un mois, il y aura le départ de la célèbre course Transat Café-Lore, plus connue sous son ancien nom, Transat Jacques-Vabre.
00:06Et parmi les skipeuses engagées, il y a notre invité du jour, Sacha Lagnès. Bonsoir.
00:10Bonsoir.
00:10Bonsoir Sacha Lagnès. Alors, je rappelle un petit peu le contexte.
00:13Le départ de la Transat Café-Lore, anciennement Transat Jacques-Vabre, est prévu le 26 octobre prochain.
00:19La course transathletique a lieu entre Le Havre et Fort-de-France en Martinique.
00:24Il y a deux skipeurs à bord des bateaux, quatre catégories autorisées, dont la classe 40.
00:29Ce sont les bateaux monocoques les plus petits, longueur environ 12 mètres.
00:33Ce sera dans cette catégorie que vous serez alignée avec votre cause skipeuse, l'allemande Sani Beuc, à la barre du bateau Alderan.
00:41Alors, la première question, elle est très simple. Dans quel état d'esprit êtes-vous et quelques semaines du départ ? Comment s'est passée la préparation ?
00:47Je suis plutôt excitée, plutôt contente d'y aller. On s'est préparée pendant plus de six mois avec ce nouveau bateau.
00:53On s'est entraînée, on s'est formée sur la météo, on est prête à partir.
00:57Alors, vous avez déjà fait des courses transatlantiques en solitaire, en classe midi, donc c'est des bateaux encore plus petits.
01:03Cette fois, c'est votre première transatlantique, donc Café L'Or, en duo. Quel sera votre objectif avec votre cause skipeuse ?
01:10L'objectif, c'est de faire une belle course, de s'accrocher au paquet de tête.
01:14Nous, on a le bateau que depuis six mois, je disais, donc on débute.
01:17Et en même temps, on a un beau bateau, on s'est bien entraînés, on se donne les moyens de performer.
01:21Donc, on va voir ce que ça va donner.
01:23Vous êtes combien de femmes à participer à cette course ?
01:2518 en tout. Donc, ça fait un petit 12%.
01:29C'est déjà une bonne représentation par rapport aux épreuves passées.
01:34Justement, puisqu'on parle des femmes dans le milieu de la voile, vous êtes à la tête aussi, en parallèle, de votre propre écurie 100% féminine,
01:40les Deferland Sailing Team, c'est le nom, avec deux bateaux soutenus par votre sponsor Alderan.
01:46Qu'est-ce qui vous a motivé à endosser ce rôle de skipeuse et de manager unique sur le circuit ?
01:51Je pense que ça vient de ma carrière d'avant, puisqu'avant de faire de la voile, j'étais scientifique et j'ai beaucoup vu le manque de femmes dans ces domaines-là.
02:00Puis, ça a été le cas dans la voile. J'avais envie de faire changer les choses.
02:03Et donc, j'ai monté les Deferlandes, première écurie féminine à deux bateaux, pour donner un tremplin à des jeunes femmes pour qu'elles puissent à leur tour courir.
02:11Et alors, ça marche ?
02:12Ça marche plutôt bien, puisque Karen, notre première recrue, est actuellement dans le sud de la mer d'Irlande, en train de se qualifier pour faire à son tour la mini-transat.
02:19Vous avez le sentiment que ça bouge, ça évolue et que de plus en plus de femmes se lancent dans l'aventure ?
02:25Oui, complètement. En classe 40, on est trois skipeuses, alors que l'année dernière, il n'y en avait qu'une.
02:30C'est déjà une belle évolution. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui se motivent.
02:33Et puis, les femmes qui sont déjà là inspirent les suivantes.
02:36Et moi, j'ai la chance d'avoir, par exemple, Clarisse Crémer ou Violette d'Orange, qui servent d'exemple et qui motivent à venir.
02:41Est-ce que c'est un milieu difficile, la voile, pour s'imposer en tant que femme ?
02:45Ou finalement, vous êtes, de manière générale, bien accueillie ?
02:48Je pense qu'au début, on nous regarde un peu bizarrement, on va dire, quand on arrive sur les pontons.
02:53Et puis, une fois qu'on fait un résultat correct, on va dire, on est traité comme les autres.
02:58Donc, il faut faire sa place.
03:00Alors, pour préparer cette transat Café L'Or, vous avez navigué plusieurs fois avec votre coskippeuse,
03:05ça n'est pas que, évidemment, on va regarder une vidéo lors d'une sortie en mer.
03:10Tout simplement, vous avez tourné lorsque vous tentiez de préparer un repas.
03:14On en reparle juste après.
03:16C'est effectivement le moment où on renverse de l'eau bouillante.
03:20On a peur pour tes mains.
03:23Du coup, on mange tiède, on ne va pas se mentir.
03:26Enfin, moi, je ne fais jamais chauffer l'eau jusqu'en entier.
03:28Voilà, c'est une des péripéties qu'on peut voir lorsqu'on sort en mer.
03:32Donc, la question, c'est est-ce que c'est bon un repas tiède ?
03:34Franchement, ça va.
03:36C'est mieux que des mains brûlées.
03:38Si on me rappelle, c'est des repas déshydratés la plupart du temps.
03:40Vous devez rajouter de l'eau dedans.
03:42Donc, ça va, c'est mieux que des mains brûlées.
03:43Parce que souvent, quand vous êtes toute seule, pour vous soigner, c'est compliqué.
03:46Combien de jours, là, vous comptez, vous espérez passer en mer lors de cette transat ?
03:50Ce sera entre 12 et 18, selon le vent.
03:54On espère 12 pour vous.
03:55Ça voudra dire un bon résultat.
03:57Alors, on va parler un petit peu de votre parcours aussi.
04:00Puisque, avant la voile, vous aviez, en quelque sorte, une autre vie.
04:04Vous avez eu un parcours brillant en tant qu'étudiante.
04:06Vous êtes passée par la prestigieuse université américaine d'Harvard.
04:09Vous êtes ingénieure de formation, data scientist, docteur en physique avec une thèse sur la reconstruction d'un poumon humain.
04:16A priori, tout ça, ça n'a aucun lien avec la voile.
04:19À quel moment vous avez changé de trajectoire ?
04:21Ça a été après ma thèse.
04:23C'est votre crise de la vingtaine, de la trentaine, c'est ça ?
04:25Oui, 25 ans.
04:27Je pense que c'était la crise de... Je suis passionnée par les sciences.
04:30J'avais envie d'apprendre toujours plus.
04:31Et puis, à un moment, au-delà de la thèse, on ne peut plus faire d'études.
04:34Il fallait choisir quoi faire.
04:35J'ai su ma passion, c'était la mer.
04:37Et en fait, j'ai découvert ce métier de compétition, de course au large,
04:40qui est aussi un métier de chef d'entreprise.
04:42Et j'ai adoré ça.
04:44Et en fait, je le dis souvent, mais tant que je peux continuer, je le fais.
04:47Et on verra jusqu'où je vais.
04:48Il y a vraiment une dimension scientifique dans ce sport ?
04:51Oui, de plus en plus, avec des bateaux extrêmement technologiques,
04:54avec notamment maintenant l'arrivée de la data à bord.
04:56Il y a beaucoup de numérique, d'analyse de données.
04:58Moi, c'est un sujet qui me passionne.
05:00J'adore ça.
05:01Il y a beaucoup à faire pour optimiser ces bateaux-là.
05:03Donc, c'est hyper intéressant.
05:05Qu'est-ce qui est le plus passionnant ?
05:06Analyser la météo ou, comme on discutait tout à l'heure en antenne,
05:11sortir la tête dehors et regarder et s'adapter en fonction de ce qu'on voit, de ce qu'on ressent ?
05:16Justement, il faut savoir faire les deux.
05:18C'est un vrai sujet.
05:19On peut passer des heures derrière l'ordi et puis sortir dehors
05:21et se rendre compte que ce n'est pas du tout le scénario qui est en train de se passer.
05:24Et la météo est souvent un petit peu fausse ou au moins décalée.
05:27Donc, il faut arriver à recaler dans le temps et dans l'espace
05:30les phénomènes météo par rapport à son bateau.
05:33C'est une vraie gymnastique mentale, surtout quand on n'a pas beaucoup dormi.
05:36Depuis 10-15 jours.
05:38Est-ce que vous avez un rêve dans le domaine de la voile ?
05:41Vous allez faire la Transat Café-Lore, la Route du Rhum,
05:44normalement, c'est le programme l'année prochaine.
05:46Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous tente encore plus ?
05:50Il y a forcément le Vendée Globe dans un coin de ma tête.
05:53Après, avec toute humilité, maintenant que je sais ce que c'est de traverser un océan,
05:56je me dis que faire le tour du monde, c'est quand même quelque chose, surtout en solitaire.
06:00Mais c'est sûr que ça fait rêver, oui.
06:03Et c'est accessible ou pas ?
06:04Dans 4 ans.
06:06Après, il y a la construction d'un projet aussi.
06:08Aujourd'hui, construire des projets comme le Vendée Globe, ça demande beaucoup de ressources, de sponsors.
06:13Est-ce que c'est quelque chose de compliqué de réussir à convaincre des sponsors de s'engager avec vous ?
06:18De réussir à les convaincre, ça va.
06:20Après, ce qu'ils ont les moyens de suivre, c'est des projets forcément plus gros.
06:23Les bateaux qui font le Vendée Globe sont beaucoup plus gros que les classes 40.
06:26Donc ça demande un investissement financé bien plus gros qu'en classe 40.
06:31Je pense qu'il y a des entreprises qui peuvent être motivées, carrément.
06:34Ça dépend des résultats sportifs aussi.
06:36Il faut vous montrer peut-être à la Transat Café-Lore.
06:38Probablement un peu, oui.
06:40On vous souhaite une magnifique Transat.
06:43Ce sera donc le 26 octobre prochain, le départ.
06:47Vous avez un petit mois encore pour vous préparer à être top.
06:51Merci à vous, Sacha Lagnès, d'être passée par le plateau de France 24.
06:54Merci à vous.
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