00:00J'ai lu son interview. Manifestement, il a décidé de ne pas rester Premier ministre très longtemps.
00:06Parce que si véritablement la politique qu'il compte appliquer, c'est la même que celle qu'Emmanuel Macron applique depuis huit ans,
00:12inévitablement, les mêmes causes produiront les mêmes effets.
00:15Il y aura une censure et il sera un Premier ministre avec une durée de vie peut-être encore plus brève que Michel Barnier.
00:21En réalité, il dit, vous l'avez indiqué, non à la taxe Zuckmann, non au rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune,
00:29non à la remise en cause de la réforme des retraites.
00:32Donc en réalité, ce à quoi nous allons assister, c'est un Premier ministre qui est déjà là depuis huit ans,
00:38des ministres qui seront les mêmes qu'avant pour mener la même politique qu'avant.
00:41Et donc, inévitablement, ce sera la censure.
00:44Vous voulez dire tout ça pour ça ? En fait, il avait promis la rupture, Sébastien Lecornu, et en fait, on en est loin ?
00:49Il avait en réalité un choix. Soit il rompait avec Emmanuel Macron, soit il décide de rompre avec la majorité des Français.
00:56En l'occurrence, il y a une majorité de Français qui souhaitent la taxe Zuckmann, qui souhaitent le rétablissement de l'ISF,
01:01qui souhaitent surtout la remise en cause de la réforme des retraites qui leur a été imposée par 49-3.
01:07Le Premier ministre est manifestement sous tutelle, non pas du Parlement, comme il le dit dans son interview,
01:12mais du Président de la République qui lui a intimé l'ordre de poursuivre la même politique,
01:18de préserver l'œuvre d'Emmanuel Macron, cette même œuvre que les Français ne peuvent plus voir en peinture
01:23et qu'ils souhaiteraient voir remise en cause. Donc oui, bien sûr, il y a un gros problème,
01:27et je pense qu'on va inévitablement vers une censure et sans doute vers une dissolution
01:31si le Premier ministre persiste sur cette voie.
01:34– Yann Brossin, Jérémy Trottin, une question.
01:37À la fois, le Premier ministre dit aussi qu'il veut partir d'une page blanche
01:40et qu'il veut faire des deals à l'Assemblée, donc ça laisse quand même peut-être des possibilités.
01:45Vous ne voulez pas tester cette opportunité-là ?
01:49– Le problème, c'est que sa page blanche, je l'ai dit à l'instant, elle est pleine de lignes rouges,
01:54donc elle n'est pas vraiment blanche. On ne peut pas dire qu'on part d'une page blanche
01:58quand on dit dans le même temps qu'on ne veut pas remettre en cause la réforme des retraites,
02:01qu'on ne veut pas remettre en place des réformes qui permettraient de créer de la justice fiscale dans notre pays.
02:08Et donc tout ça me paraît quand même très hypocrite.
02:10On a une rupture dans les mots, mais dans les faits, on est dans une pure continuité de la politique d'Emmanuel Macron.
02:17Donc on peut toujours espérer un miracle, mais pour le coup, son interview est assez claire.
02:22Ce qu'il veut, c'est continuer la même politique, et donc inévitablement, il s'expose à la censure,
02:27mais pas de notre fait, de son fait à lui, et du refus d'écouter ce que les Français ont exprimé
02:31lors des dernières élections législatives.
02:33– Mais qui dit censure, dit possible chute du Premier ministre, avec peut-être une dissolution derrière.
02:38Est-ce que vous pensez que les Français sont prêts à retourner aux urnes,
02:41vu les conséquences de la dernière dissolution qui n'a donné aucune majorité ?
02:45– Je ne pense pas du tout que les Français souhaitent la continuité à tout prix.
02:49Vous savez, on entendait un certain nombre de gens nous dire
02:52« les Français veulent la stabilité ».
02:53Quand nous avons voté contre la confiance à François Bayrou,
02:56je n'ai rencontré aucun Français qui m'a reproché d'avoir proposé
03:02de ne pas voter la confiance à François Bayrou.
03:04Ce que veulent les Français, c'est le changement, c'est une amélioration de leur vie quotidienne.
03:10Et ça, ça suppose qu'on ait demain une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.
03:13En tout cas, une chose est sûre, pour ce qui nous concerne, nous les communistes,
03:16mais je crois que ça vaut pour la gauche de manière générale,
03:18nous n'avons pas peur du suffrage universel, nous n'avons pas peur du vote des Français,
03:22et donc nous n'avons pas peur d'une éventuelle dissolution.
03:24– D'autres propositions peuvent être encore faites, dit Sébastien Lecornu,
03:28il va recevoir de nouveau les partis politiques vendredi prochain.
03:31Vous ne voulez pas attendre, c'est quand même une main tendue ?
03:35– Mais on n'arrête pas d'attendre, en l'occurrence, on a attendu des semaines
03:38avant que le Premier ministre annonce la couleur.
03:40Il a fallu attendre plusieurs jours avant qu'il n'annonce ses intentions.
03:44Son interview était d'ailleurs très attendue,
03:46et le moins qu'on puisse dire, c'est que la montagne accouche d'un sourisseau,
03:49puisque en réalité, il n'annonce rien,
03:51si ce n'est la poursuite de la politique qu'on a connue depuis 8 ans.
03:54Donc moi, je veux bien qu'on attende,
03:55mais en réalité, aujourd'hui, on est d'une certaine manière fixé.
03:58Pour ce qui nous concerne, nous, nous avons mis des propositions sur la table
04:01en matière de justice sociale, en matière de justice fiscale,
04:04en matière de pouvoir d'achat.
04:05Pour le moment, on n'a pas l'impression qu'il l'entende.
04:08– Mais est-ce que vous êtes vraiment surpris ce matin ?
04:10– Non, je ne suis pas surpris,
04:11parce que la nomination de Sébastien Lecornu lui-même,
04:15le fait de choisir comme Premier ministre,
04:16quelqu'un qui a été ministre d'Emmanuel Macron pendant 8 ans,
04:19c'était quelque chose qui traduisait le fait
04:21que le Président de la République veut continuer la même politique.
04:23Donc non, je vous mentirais si je vous disais que j'étais tombé de l'armoire.
04:27En revanche, je pense que ça traduit un manque de lucidité,
04:30de l'état du pays et de la volonté de changement
04:32qui animent les Français singulièrement
04:34depuis les dernières élections législatives.
04:36– On ne peut pas parler justement de cette colère sociale.
04:38Est-ce que vous serez dans la rue le 2 octobre ?
04:40Et qu'est-ce que vous attendez de cette journée, Yann Brossat ?
04:42– Très clairement, ce qui peut changer la donne,
04:45ce qui peut modifier le rapport de force,
04:47ce sont les mobilisations sociales.
04:49D'ailleurs, c'est parce qu'il y a eu des mobilisations sociales
04:52que par exemple, nous avons obtenu que deux jours fériés
04:55ne soient pas supprimés.
04:56La seule chose qui pourra changer la donne,
04:58ce ne sont pas les réunions à Matignon,
04:59même si nous nous y allons
05:00et nous ne pratiquons pas la politique de la chaise vide.
05:02Mais ce qui changera fondamentalement les choses,
05:05c'est le mouvement social, ce sont les mobilisations populaires.
05:07Et je suis d'ailleurs très heureux
05:08que l'intersyndical continue à avancer unis.
05:12Et je pense d'ailleurs que la gauche gagnerait
05:14à s'inspirer de l'intersyndical.
05:16Si nous étions aussi unis que l'intersyndical,
05:17nous serions encore plus armés
05:19dans l'éventualité d'une dissolution.
05:21Donc nous avons beaucoup à nous inspirer des syndicats.
05:24À défaut de pouvoir se tourner vers la gauche,
05:26est-ce que vous pensez que Sébastien Lecornu
05:27pourrait être tenté d'aller voir du côté du Rassemblement national ?
05:31Je rappelle quand même que le Rassemblement national,
05:34contrairement au nouveau Front populaire,
05:35a perdu les dernières élections législatives.
05:37Une élection législative, c'est deux tours.
05:40Et en l'occurrence, à l'issue du second tour,
05:42c'est la gauche qui est arrivée en tête en nombre de sièges,
05:45grâce notamment au Front républicain.
05:47Et ce serait donc une provocation
05:49et un déni de démocratie supplémentaire
05:51que d'aller confier les clés du pouvoir
05:53à ceux qui ont perdu les élections législatives.
05:55Peut-être que le président de la République
05:56aurait souhaité que M. Bardella et Yamatignon,
05:59mais enfin, les Français ne l'ont pas voulu.
06:00Sinon, ils auraient eu une majorité de sièges.
06:03C'était d'ailleurs ce que prévoyaient
06:04tous les instituts de sondage.
06:06Donc non, je pense que la logique aurait voulu
06:07qu'ils nomment un Premier ministre de gauche.
06:09En tout cas, ce que je souhaite,
06:10c'est que s'il y a une dissolution demain,
06:12la gauche puisse disposer d'une majorité absolue,
06:14d'une victoire claire et nette,
06:16ce qui nous permettra de gouverner
06:17et de mener une politique
06:18qui améliore la vie des gens,
06:20loin de tout ce quoi on assiste depuis 8 ans.
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