00:00On va aller voir Marine Tandelier, la patronne des Verts qui nous attend depuis Montpellier.
00:05Alors on débattait avec des chefs d'entreprise, deux chefs d'entreprise, des patrons, des journalistes,
00:09et qui disaient effectivement ceux qui veulent le retour de l'ISF, ce sont des théoriciens.
00:14Marine Tandelier, ce n'est pas le choix qu'a fait Sébastien Lecornu, pas de taxe Huckman, pas de retour à l'ISF.
00:20Pour vous, il va droit vers la censure ?
00:24Ah oui, là je pense que M. Lecornu fait le choix d'être censuré tout simplement.
00:29Je ne sais pas comment vous expliquer qu'un Premier ministre qui nous explique,
00:32qui va souhaiter cette fois-ci un dialogue moderne, franc, transparent, et qui nous promet noms et merveilles.
00:38Bon, on n'y a pas cru.
00:40Moi, je lui avais dit que son équation était impossible,
00:42et qu'à partir du moment où il devait bosser dans un gouvernement avec les Républicains,
00:46je savais bien qu'elle allait être la teneur des négociations pour certaines personnes à certains postes,
00:50c'est-à-dire les mêmes au même endroit, mais aussi pour que la ligne politique reste la même.
00:54Et donc je ne sais plus quoi vous dire devant un président de la République et son équipe gouvernementale
00:59qui ont perdu des élections il y a plus d'un an et qui sont incapables d'en prendre en compte,
01:04soit en proposant une cohabitation, ça aurait été la moindre des choses,
01:07mais même s'ils refusent la cohabitation, ils sont incapables de changer de cap politique en réalité.
01:12Et je réponds à ce que j'entendais dans l'oreillette en vous attendant,
01:15non vouloir faire une taxation de justice fiscale et de faire contribuer plus les plus riches,
01:22ce n'est pas de la théorie, c'est du cas pratique, concret.
01:25Et je vous donne un chiffre qui n'est pas de la théorie, qui est très concret,
01:29c'est qu'aujourd'hui les prélèvements obligatoires, c'est ce que vous, moi, vos téléspectateurs,
01:32on paye en moyenne au public chaque année.
01:37Et donc ça comprend les impôts, ça comprend comme par exemple la TVA,
01:39que vous payez à chaque fois que vous achetez quelque chose,
01:41et ça comprend aussi les charges, les cotisations, etc.
01:43Bon, tous les Français, en moyenne, payent 50% de prélèvements obligatoires.
01:49Les 500 plus riches de ce pays payent en moyenne 27% de prélèvements obligatoires.
01:54Donc ils sont relativement moins taxés, imposés, que vous, moi, et l'ensemble de vos téléspectateurs.
02:01Ça n'est pas normal.
02:02Et quand je vois qu'en 30 ans, leur fortune des 500 plus riches de ce pays a été multipliée par 14,
02:08quand je vois qu'aujourd'hui il y a 9,8 millions de pauvres dans ce pays,
02:11qui a un record depuis 30 ans, je vous dis, les yeux dans les yeux,
02:15et ce n'est pas de la théorie, c'est de la pratique,
02:16que notre pacte social est au bord de l'explosion,
02:20et qu'est-ce que notre société, ce qu'on arrivera à vivre ensemble et à faire ensemble,
02:25qui est en jeu ?
02:25Et ça, ce n'est pas non plus de la théorie, c'est de la pratique.
02:28Vous parlez justement d'un pays au bord de l'explosion,
02:303 416 milliards, c'est le montant de la dette, un nouveau record.
02:34La France s'affiche comme le cancre de l'Europe.
02:37Vous coupez où, Marine Tondelier, à part taxer les riches, effectivement ?
02:41Est-ce qu'il n'y a pas des économies à faire sur les dépenses de l'État ?
02:45Alors déjà, la dette, c'est comme la chasse, il y a les bons et les mauvais chasseurs.
02:52Et bien il y a la bonne et la mauvaise dette.
02:54Et donc ce qui est quand même incroyable, c'est d'avoir fait passer,
02:56en se faisant passer pour des Mozart de la finance,
02:58qui est en fait la Castafior.
03:00Alors, la dette de 2 000 milliards à plus de 3 000 milliards d'euros en 8 ans,
03:04en fait, c'est un exploit d'avoir fait ça.
03:07Mais le double exploit, c'est de l'avoir fait sans faire de justice sociale
03:10et sans préparer l'avenir de notre pays,
03:12c'est-à-dire sans renforcer les services publics
03:14et sans faire la transition écologique de ce pays.
03:17Une fois que je vous dis ça, comment on fait ?
03:19Nous, on propose la taxe Zuckman, c'est 25 milliards par an,
03:22et on veut la réaffecter un peu, voilà, au fait de baisser le déficit,
03:25mais aussi aux services publics, à la justice sociale et à l'environnement.
03:28Mais il faut aussi baisser certaines défenses, vous avez raison.
03:31J'entends dans ce pays que sur chaque euro dépensé par l'État,
03:33et je l'entends beaucoup de certaines personnes,
03:35notamment de celles à mon avis qui sont autour de votre plateau,
03:37dire qu'il faut faire attention à chaque euro dépensé
03:38et que chaque euro doit être dépensé de manière efficiente.
03:41Mais pourquoi on dit ça pour toutes les dépenses de l'État,
03:44sauf pour les dépenses de subvention aux entreprises,
03:48où là, c'est open bar.
03:49Alors, que je dis open bar, c'est une facilité de langage, je l'admets,
03:52mais c'est 270 milliards par an qui sont donnés par l'État aux entreprises,
03:58et plusieurs rapports, dont un rapport Les Républicains au Sénat,
04:01dont des rapports de Bercy, dont des rapports de la Cour des Comptes,
04:04nous montrent que c'est un maquis,
04:06qu'on est incapable de savoir exactement quel euro va,
04:09à quel endroit et pour quel objet.
04:11Quelles sont les conditions de ces aides ?
04:12Là, ça va vite, il n'y en a pas beaucoup.
04:14Il n'y a pas de condition, par exemple, de dire,
04:15tu peux recevoir des aides pendant ton entreprise,
04:18mais c'est à condition d'avoir l'égalité des salaires
04:19entre les hommes et les femmes dans ton entreprise,
04:21ou c'est à condition d'être dans le mieux-disant environnemental,
04:24ou de s'engager à ne pas délocaliser.
04:26Et donc, je ne vois pas pourquoi,
04:27pour chaque aide en France,
04:28il y a des conditions très, très strictes,
04:30et c'est logique.
04:31On l'a compris, mieux encadrer, effectivement,
04:35les aides aux entreprises.
04:38Merci Marine Tondelier.
04:39Je dis qu'il faut leur donner bien.
04:41Voilà.
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