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  • il y a 11 mois
https://www.arcom.fr/actualites/presentation-de-letude-de-larcom-sur-la-protection-des-mineurs-en-ligne

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00:00Bonjour à tous, merci d'être venus si nombreux pour assister à cette conférence et à la présentation d'une étude dont le sujet, vous l'aurez compris, est au cœur des missions de l'autorité.
00:11Le travail que nous avons conduit est assez inédit, puisque avant de lancer ce projet, nous avons effectué évidemment une revue de la littérature, une revue documentaire et académique,
00:25et nous avons constaté qu'il existait très peu de travaux sur l'exposition des mineurs en ligne. Il existe beaucoup de données sur la fréquentation Internet des adolescents, sur le temps passé, sur les différents sites,
00:35mais très peu d'analyse des risques auxquels ils sont exposés. Nous nous sommes donnés trois objets que vous voyez sur l'écran.
00:42Le premier, c'est précisément de mesurer le niveau d'exposition des mineurs aux risques sur Internet et leur niveau de conscience de ces risques.
00:51Ensuite, la protection, c'est comprendre quels mécanismes ils mettent en place pour se protéger avant, mais malheureusement souvent après avoir été exposés,
01:01et enfin les attentes exprimées dans ce domaine. Et une des originalités de ce travail, vous le verrez, c'est de croiser les points de vue
01:08entre les professionnels du secteur, les adolescents et leurs parents.
01:14Alors comme cela a été dit, c'est une exploration qui a duré près d'un an et qui s'est décomposée en quatre principaux volets.
01:20D'abord des échanges avec des experts, à la fois des experts de l'enfance et des experts des plateformes.
01:25Ensuite, une trentaine d'entretiens très approfondis avec des adolescents et des adolescentes qui, pour la plupart, avaient été exposés à des risques
01:33et qui racontaient les conséquences que ça pouvait avoir sur leur bien-être et la manière dont ils avaient réagi.
01:41Ensuite, une vaste enquête quantitative auprès de 2000 adolescents et de 2000 parents.
01:45Donc on a interrogé à la fois les adolescents et leurs parents, et vous allez voir quelques résultats dans un instant.
01:50Et enfin, une analyse sémiologique du contenu des plateformes, en particulier de leurs conditions générales d'utilisation,
01:57mais aussi des fonctionnalités comme celles du signalement, pour apprécier dans quelle mesure ces fonctionnalités étaient intelligibles
02:04et adaptées aux adolescents de 12 à 17 ans.
02:08Le périmètre couvert comprend à la fois les réseaux sociaux, les plateformes de partage de vidéos et les messageries.
02:14Bonjour à tous.
02:44Pour commencer, on observe une forme de tension dans l'étude entre, d'une part, les plateformes qui sont vraiment omniprésentes dans la vie des jeunes
02:53et, d'autre part, on va le voir, une certaine forme de conscience des risques de la part des adolescents.
03:00De fait, les plateformes sont très présentes au quotidien pour les adolescents.
03:05La quasi-totalité des 11-17 ans utilise au moins une plateforme.
03:08Et parmi elles, les VLOPS, les très grandes plateformes qui ont été définies dans le cadre du RSN, occupent une part importante de leurs usages.
03:16Ils sont 83% à utiliser au moins un VLOPS de manière quotidienne.
03:21On voit que cet accès aux VLOPS et aux plateformes de manière générale se fait de manière très précoce.
03:27Dès 11 ans, on a 62% des enfants de cet âge qui ont accès au moins à un VLOPS de manière quotidienne.
03:33Et ce taux augmente régulièrement au fil des années pour atteindre 96% des 17 ans.
03:39Donc, on voit que bien avant la limite d'âge définie à 13 ans, on a déjà des usages qui sont importants.
03:47Les plateformes, on l'a dit, sont incontournables dans la vie des jeunes pour différentes raisons.
03:52D'une part, évidemment, il y a une recherche de divertissement, d'évasion à travers l'utilisation de ces plateformes.
03:57Il y a aussi un accès à l'information qui se fait à travers elles.
04:00Plusieurs nous ont dit que ça leur permettait de se tenir au courant de l'actualité.
04:04Mais surtout, ça répond en premier lieu à un besoin de sociabilité.
04:08Aujourd'hui, c'est une sorte de passage obligé de la sociabilité des adolescents.
04:12Et les adolescents qui avaient été privés de l'accès à ces plateformes,
04:14souvent c'était dans le cadre d'une punition, ils avaient été privés de leur smartphone par exemple,
04:19ils s'étaient dit très isolés.
04:21Là, on a un verbe à Tim qui dit, je n'étais pas dans les groupes d'amis,
04:25j'étais comme si je n'avais pas vraiment une vie sociale comme les autres.
04:28On voit également que c'est important pour eux d'être présents sur ces réseaux.
04:33On a également interrogé les adolescents sur l'âge auquel ils avaient commencé à utiliser ces plateformes.
04:40Et l'âge moyen de cette première utilisation est de 11 ans pour les plateformes de partage de vidéos
04:44et de 12 ans pour les réseaux sociaux.
04:46Donc là encore, on voit bien qu'on se situe à des âges qui sont très jeunes, avant la limite de 13 ans.
04:51Surtout, un enseignement important dans cette étude, c'est que cet âge semble de plus en plus précoce.
04:58On a comparé les résultats que nous avaient indiqués les enfants de 11 ans à ceux des tranches d'âge supérieures.
05:05Donc les enfants de 11 ans sont par exemple 22% à dire avoir commencé à utiliser les réseaux sociaux avant 11 ans,
05:12donc à 10 ans et moins.
05:13Chez les 17 ans, ce taux est de 4%.
05:16Donc on voit qu'il y a une progression de l'accès de plus en plus tôt à ces réseaux.
05:24Dans ce contexte, on le voit, l'accès aux réseaux sociaux se fait bien avant 13 ans.
05:29On a une part importante de 62% des enfants qui disent avoir déjà menti pour accéder et pour s'inscrire sur ces réseaux sociaux.
05:38Ils ont indiqué une fausse date de naissance.
05:39Et la raison invoquée principale, c'était bien parce qu'ils n'avaient pas l'âge minimum requis pour 65% de ces 62%.
05:46En regard, on a un taux de vérification de l'âge de la part des plateformes qui est assez faible, de 18%,
05:53des 11-17 ans qui disent avoir déjà dû prouver leur âge ou qui ont vu leur compte bloqué parce qu'ils n'avaient pas l'âge minimum requis.
06:02C'est des choses qu'on a pu aussi vérifier dans la phase d'études sémiologiques.
06:05On a pu faire des tests d'inscription.
06:07Effectivement, on ne peut pas s'inscrire si on indique un âge qui est inférieur à 13 ans.
06:13En revanche, sur certaines plateformes, il est assez facile de contourner cette limite d'âge tout simplement en changeant sa date de naissance.
06:21Sur d'autres plateformes, c'était en revanche un peu plus compliqué.
06:23Il fallait changer d'adresse e-mail, voire réinitialiser son téléphone.
06:26S'agissant de la conscience des risques, globalement, on a été assez surpris de se rendre compte que les adolescents n'étaient pas du tout naïfs face aux risques en ligne.
06:37Ils ont globalement assez bonne conscience de ces risques.
06:40Très spontanément, ils peuvent citer l'hyperconnexion, le cyberharcèlement, les contenus choquants.
06:45Ils ont aussi beaucoup parlé des arnaques, qui étaient un risque qu'on avait moins en tête quand on a commencé cette étude,
06:50mais qui est ressorti assez fortement, notamment lors de la phase qualitative.
06:54Là, on a quelques exemples d'adolescents qui parlent d'enfermement dans des contenus tristes.
06:59Une autre qui indique qu'elle était devenue addicte, qu'on lui proposait beaucoup de choses qui lui plaisaient,
07:05qu'elle avait tendance à continuer à consommer sur la plateforme.
07:08En revanche, on se rend compte que tous les adolescents ne sont pas à égalité face aux risques en ligne.
07:15D'une part, parce qu'au sein des foyers, certains parents ou certains aînés de la fratrie,
07:20grands frères ou grandes sœurs, peuvent être davantage sensibilisés aux risques
07:23et peuvent avoir aussi sensibilisé le plus jeune de la famille à ces risques
07:28et leur avoir montré comment paramétrer son compte, par exemple.
07:32Surtout, on se rend compte que la conscience des risques intervient souvent à la suite d'une mauvaise expérience,
07:38c'est-à-dire qu'on rencontre une situation problématique
07:41et on prend tout à coup conscience qu'on peut être exposé à des risques.
07:44On a eu pas mal de témoignages en ce sens.
07:47On a eu notamment une jeune fille, une lycéenne, qui avait été très choquée
07:50suite à la rencontre avec un adulte mal intentionné
07:53et qui en parlait encore plusieurs années après.
07:56C'est un point qui nous a alertés.
07:57C'est évidemment problématique de pouvoir être exposé à une situation
08:02qui peut avoir des conséquences potentiellement graves
08:05avant de se rendre compte qu'il y a des risques.
08:08On a cherché à évaluer de manière plus large au sein de notre échantillon quantitatif
08:17les aspects positifs et négatifs associés aux réseaux sociaux.
08:21Dans les aspects positifs, on voit qu'en confrontant d'ailleurs le point de vue des parents et des enfants,
08:28dans les aspects positifs, on voit évidemment que les mineurs retirent certains bénéfices
08:32comme le fait d'avoir accès à des contenus qui les intéressent, type contenu éducatif,
08:36le fait aussi d'avoir une vie sociale riche au travers de ces réseaux sociaux.
08:39On voit qu'en regard, les parents sont un petit peu plus en retrait,
08:42notamment sur cet aspect de vie sociale riche.
08:44Il y a 56% à estimer qu'effectivement leur enfant a accès à une vie sociale intéressante
08:51au travers des réseaux sociaux contre 80% des mineurs.
08:54S'agissant des aspects plus négatifs, là les proportions s'inversent.
08:58Les parents sont globalement plus inquiets que leurs enfants.
09:02Quand on leur demande si les réseaux sociaux et plateformes exposent à des risques graves,
09:0689% des parents estiment que oui, contre 77% des mineurs,
09:11ce qui reste néanmoins un taux assez élevé.
09:13Quand plus spécifiquement on leur demande si ça les inquiète quant à l'impact que ça a sur eux-mêmes ou sur leurs enfants,
09:19là on a des écarts assez importants entre parents et enfants.
09:2283% des parents s'estiment inquiets pour leurs enfants, contre seulement 37% des mineurs.
09:28Et ça va de pair avec une forme de relativisation chez eux, chez certains, des risques auxquels ils peuvent être confrontés.
09:40Dans ce contexte où il y a quand même une sensibilisation assez forte des parents,
09:44on s'aperçoit que les mesures de protection sont assez largement adoptées.
09:49C'est un enseignement qui nous a paru intéressant dans cette étude.
09:51On a 71% des 11-17 ans qui disent utiliser soit un compte paramétré pour les adolescents,
09:58soit un compte supervisé par un adulte,
10:01avec une proportion qui varie évidemment selon la plateforme, entre 50% ou 60% et quelques.
10:07On a aussi un taux assez fort d'enfants qui déclaraient utiliser un compte adulte, de l'ordre de 20 à 25%.
10:13Et enfin on avait un taux non négligeable d'enfants qui ne savaient pas
10:16si le compte qu'ils utilisaient était un compte adulte ou un compte enfant.
10:20Et ça atteint notamment 33% dans le cas de Discord.
10:28Il y avait d'autres mesures de protection qui étaient largement adoptées par les parents.
10:33La quasi-totalité d'entre eux disait avoir mis en place au moins un type de règles
10:37concernant les usages en ligne de leur enfant.
10:39Les règles les plus répandues c'était le fait de ne pas garder le téléphone à table,
10:43d'éloigner de soi le téléphone au moment du coucher ou le soir,
10:47et le fait d'interdire également certaines applications.
10:4867% de ces parents avaient également installé au moins un type d'outil de contrôle parental,
10:55ce qui veut dire qu'un tiers n'en a pas installé.
10:57Et 64% disent discuter régulièrement avec leurs enfants de leurs usages en ligne.
11:03Alors on a aussi un rapport assez ambivalent des adolescents face à ces règles.
11:09Ils se disent tous ont besoin d'accompagnement, de structure, de cadre concernant leurs usages en ligne,
11:14mais dans le même temps, près de la moitié d'entre eux, 45%, disent qu'il leur arrive assez régulièrement de contourner les règles.
11:21Donc on voit toute l'ambivalence aussi liée à cet âge.
11:24On peut tout à fait être en demande d'accompagnement et avoir parfois des difficultés à s'autoréguler ou faire un pas de côté.
11:35Je laisse la parole alors.
11:40Donc on l'a vu, les adolescents ne sont pas naïfs, ils ont une certaine conscience des risques,
11:44mais être adolescent, c'est aussi prendre des risques.
11:46Et donc c'est pour ça que dans cette partie, on s'intéresse à l'exposition des adolescents à ces risques avec trois questions principales.
11:53La première, c'est à quoi ils sont exposés, à quelle fréquence et puis surtout avec quelles conséquences sur leur bien-être.
12:01Donc on s'est intéressé à six catégories de risques que vous avez là.
12:05La première, c'est l'hyperconnexion.
12:07Ces catégories, on les a établies sur la base des entretiens qu'on a pu faire avec les experts
12:11et également avec les entretiens qu'on a faits avec les adolescents.
12:14Donc c'est vraiment issu de leur propre vécu.
12:17Donc par exemple, l'hyperconnexion, ça correspond à ce que les adolescents appellent l'addiction.
12:21Souvent, vous avez ce témoignage d'une jeune fille qui dit « j'aimerais bien arrêter, mais c'est addictif.
12:25Une fois que tu as goûté, c'est dur de raccrocher ».
12:27Deuxième catégorie, les contenus choquants, les défis dangereux, le cyberharcèlement,
12:32les rencontres avec les adultes mal intentionnés dont les adolescents surtout nous ont beaucoup parlé lors des entretiens.
12:37Donc par exemple, ce témoignage qui nous dit « des adultes d'environ 40 ans s'abonnaient à mon compte Instagram public ».
12:42Ils m'envoyaient des messages dérangeants, c'était dégoûtant.
12:45Et puis dernière catégorie, les arnaques.
12:47Alors évidemment, ces catégories, elles ne veulent pas forcément dire la même chose pour tous les adolescents.
12:51Donc ce qu'on a fait, c'est qu'on les a dévisées en sous-catégories
12:54pour être sûr que ça veuille dire la même chose pour tout le monde.
12:58Donc je prends un exemple, l'hyperconnexion.
13:00On leur a posé trois questions.
13:01On leur a demandé « est-ce que ça t'arrive de regarder ton téléphone très souvent pour voir si tu as des notifications ? »
13:07« Est-ce que ça t'arrive de remettre à plus tard des activités ? »
13:10Par exemple, faire tes devoirs ou faire des sorties.
13:13Et puis dernier point qui était très important pour nous, c'était la question du sommeil.
13:17Donc « est-ce que ça t'arrive de rester réveillé tard le soir, à l'heure même que tu as sommeil, pour rester sur les plateformes ? »
13:24On vous a mis ici un exemple du type de données qu'on a pour chaque type de risque,
13:28le rapport quantitatif que je vous invite évidemment à lire.
13:32Donc pour chaque risque, on a un taux global d'exposition.
13:35Donc ici, on a 77% des adolescents qui ont déjà été confrontés à des contenus choquants,
13:41dont 48% qui le sont régulièrement.
13:45Ce qui est intéressant, c'est de voir aussi comment ça se découpe en fonction des différents types de contenus,
13:49qui sont ici les sous-catégories dont je viens de parler.
13:51Donc on voit que les discours haineux, c'est vraiment le type de contenu choquant qui est le plus fréquent pour les adolescents,
13:5562%, et puis ensuite on descend jusqu'à la pornographie.
13:58Donc on parle bien ici de la pornographie sur les plateformes et pas sur les sites dédiés.
14:03Et puis les contenus, les hauts suicides et à l'automutilation, 39%.
14:08Donc ça, c'est vraiment pour l'exposition.
14:10Et ensuite, pour les adolescents qui nous disaient avoir été exposés,
14:13on leur a demandé finalement quel a été l'impact sur ton bien-être.
14:16Est-ce que tu peux nous donner une note de 1 à 10 ?
14:19Donc au global, on est à 6,3.
14:21Ça ne veut pas forcément dire quelque chose en soi.
14:23Ce qui est plus intéressant, c'est de voir comment ça se répartit en fonction des différents types de contenus.
14:27Et ce qu'on voit par exemple, c'est que là où le suicide et l'automutilation font partie des contenus les moins fréquents,
14:3439% en a dit, en fait, ce sont les contenus qui ont le plus d'impact négatif sur le bien-être des adolescents.
14:41Ce qui nous amène à dire qu'il faut vraiment prendre en compte à la fois la dimension de la fréquence et de l'impact sur le bien-être.
14:47C'est pour ça que pour chaque risque, vous le verrez dans le rapport, on a calculé un taux d'adolescents gravement exposés.
14:53Donc ici, on est à 26% d'adolescents qui sont à la fois exposés régulièrement et avec un fort impact.
15:00Autre question qu'on a posée aux adolescents exposés, c'était sur quelle plateforme ça t'est arrivé ?
15:06Et donc avec ça, on peut faire un classement des différentes plateformes pour chaque risque.
15:09Donc par exemple, ici, on a 38% des utilisateurs de TikTok qui nous ont déclaré être gravement exposés à des contenus choquants,
15:17c'est-à-dire de façon régulière et avec un fort impact sur la plateforme.
15:22Évidemment, les risques sont différents d'une plateforme à l'autre, donc le classement n'est pas le même pour chaque risque.
15:30Et puis, dernière question qu'on leur a posée pour ceux qui avaient été exposés.
15:33Finalement, on voulait savoir qu'est-ce qu'ils avaient fait à la suite de cette exposition.
15:36Je dois dire qu'on a été assez agréablement surpris de voir à quel point ils mettaient en place des actions.
15:42Donc on a quand même 71% des adolescents exposés au contenu choquant qui disent avoir fait quelque chose à la suite.
15:48On remarque quand même que finalement, les actions qu'ils prennent à la suite de l'exposition au contenu choquant sont beaucoup plus de l'ordre du soin.
15:55Donc on discute avec ses proches pour essayer de peut-être effacer un peu le traumatisme, etc.
16:00Beaucoup plus que de la prévention.
16:02Par exemple, il n'y en a que 25% qui ont pris des mesures sur leur compte, qui ont changé les paramètres, etc. pour éviter que ça arrive ensuite.
16:11Au global, tous risques confondus, on a 83% des adolescents qui sont régulièrement exposés à un risque au moins.
16:20Ça, c'est vraiment un chiffre très fort. Je pense que ça fait partie des chiffres qu'il faudrait retenir de cette étude.
16:24Et on a ici le découpage en fonction des différents types de risques.
16:28Donc, ce n'est pas une grande surprise. L'hyperconnexion, c'est le risque le plus courant, fréquent.
16:34On a 88% des adolescents qui sont exposés.
16:37Juste pour donner un peu l'ampleur du phénomène, ça fait 5 millions d'adolescents en France.
16:42Voilà, donc juste pour que chacun ait bien ça en tête.
16:45Et puis ensuite, on a les contenus choquants.
16:48Et même les risques qui sont les moins fréquents, on est quand même environ à un tiers des adolescents qui sont concernés.
16:56D'ailleurs, en parlant du dernier risque, c'est les arnaques.
16:58Juste une petite aparté.
17:01Il y a une étude de la Fédération bancaire de France qui montre qu'on est à un taux à peu près similaire pour les adultes.
17:06Juste pour rappeler qu'évidemment, les adolescents ne sont pas les seuls concernés par les risques en ligne.
17:11L'autre chose qu'on remarque, c'est que tous les adolescents, globalement, sont concernés par des risques en ligne,
17:17mais ils ne sont pas toujours exposés aux mêmes risques.
17:20Il y a des différences en fonction des garçons et des filles, et il y a aussi des différences en fonction de l'âge.
17:28Petit rappel aussi, les adolescents ne sont pas seulement des victimes des risques, ils peuvent aussi en être auteurs.
17:34On a 34% des adolescents dans l'étude qui nous ont déclaré avoir participé à des actes de cyberharcèlement.
17:41Il y a même 25% des adolescents qui sont à la fois victimes et auteurs.
17:49Ici, on a cartographié les différentes plateformes entre elles.
17:53Je vous explique un peu la construction.
17:56Plus une plateforme est représentée haut sur le graphique, et plus elle a d'utilisateurs quotidiens,
18:01donc plus elle est utilisée par les adolescents.
18:04Plus la plateforme est représentée à droite du graphique,
18:06et plus elle a une proportion importante de ses utilisateurs qui est exposée à au moins un risque.
18:14Et on a le cercle dont la taille varie, qui correspond à la confiance perçue par les utilisateurs.
18:20Qu'est-ce qu'on apprend sur ce graphique ?
18:22D'abord, les plateformes les plus utilisées sont aussi celles sur lesquelles les adolescents se disent le plus exposés à au moins un risque.
18:29On voit aussi une place un peu particulière de TikTok.
18:32Il y a quand même 60% de ses utilisateurs qui sont exposés à au moins un risque sur la plateforme.
18:38Et puis, dernier enseignement, c'est que finalement, la confiance perçue par les utilisateurs,
18:42elle ne semble pas du tout corrélée au risque.
18:46Donc par exemple, TikTok, qui est la plateforme pour laquelle il y a beaucoup d'utilisateurs qui sont confrontés à des risques,
18:51elle a quand même une grande taille de cercle, donc elle a une grande confiance.
18:54Second mapping ici, on a non plus les plateformes, mais les risques eux-mêmes.
19:02Donc, plus un risque est représenté haut, et plus il a un fort impact sur le bien-être des adolescents,
19:09et plus il est à droite, plus il est fréquent.
19:11Donc on retrouve l'hyperconnexion qui est le risque le plus fréquent.
19:14Qu'est-ce qu'on voit ?
19:15C'est que finalement, on a deux groupes qui sont cerclés ici.
19:18Le premier, entre les arnaques et le cyberharcèlement, qui est un groupe de risques, finalement, assez peu fréquent,
19:27mais avec un impact très fort sur le bien-être des adolescents,
19:30et c'est vraiment ce qui marque les adolescents, et nous en ont beaucoup parlé aussi pendant les entretiens,
19:36c'est vraiment les risques qui sont considérés comme graves par les adolescents.
19:39Le deuxième groupe, c'est, donc, qui vend des défis dangereux à l'hyperconnexion,
19:44c'est des risques beaucoup plus fréquents, mais dont les adolescents perçoivent moins d'impact sur leur bien-être.
19:49Alors ici, on dit perçoivent, puisque c'est vraiment les adolescents qui ont déclaré,
19:54nous on n'est pas là pour juger si, effectivement, ça a un impact ou pas.
19:58Et donc ça, c'est vraiment des risques qui sont considérés presque banalisés par les adolescents,
20:03qui font partie de l'expérience des réseaux sociaux.
20:09Et on s'est posé la question de, finalement, quels sont les facteurs qui expliquent le plus l'exposition au risque,
20:15qu'est-ce qui fait, finalement, quand on est un adolescent, qu'on a plus de risques d'être exposés que quelqu'un d'autre.
20:21Au total, il y a trois facteurs qui nous ont marqués principalement,
20:24donc on a deux ici et un prochain.
20:26Le premier, c'est l'âge, donc vous voyez, plus on est âgé,
20:30et plus on a des risques d'être exposés à des contenus choquants,
20:32probablement parce qu'on est un peu plus aventureux, etc.
20:35Plus étonnant, en tout cas, on s'attendait moins à ce résultat,
20:40finalement, les aînés, ou en tout cas les enfants uniques,
20:43c'est-à-dire le fait de ne pas avoir de grands frères ou de grandes sœurs,
20:47ont plus de risques d'être exposés à tous les risques.
20:52Donc vous voyez, par exemple,
20:54c'est plus de 54% pour les adultes mal intentionnés.
21:00Deux hypothèses, en tout cas, à ça.
21:01La première, c'est qu'on n'a pas de grands frères ou de grandes sœurs
21:06qui est passé par là, qui a eu l'expérience,
21:08et donc on n'est pas protégés par ce grand frère ou cette grande sœur.
21:12Deuxième explication, c'est que les parents eux-mêmes
21:14sont peut-être moins armés pour aider leur enfant.
21:20Et troisième facteur qui explique beaucoup l'exposition aux risques,
21:24c'est le fait de discuter avec des inconnus en ligne.
21:29Vous voyez, les effets sont extrêmement forts.
21:30On est à presque x7 pour les adultes mal intentionnés.
21:34Donc c'est vraiment un effet très fort.
21:37Et ici, il y a deux éléments qui sont importants.
21:41C'est d'abord une question des usages des adolescents, de leur pratique.
21:44C'est eux qui décident d'aller discuter avec des inconnus
21:46qui ont cette pratique-là.
21:48Mais c'est aussi un effet des paramétrages,
21:50puisque si notre compte n'est pas paramétré
21:52pour être sollicité par des individus,
21:55finalement, on est protégé.
21:56J'en viens à la dernière partie.
22:04On l'a dit, les plateformes ont mis en place des outils.
22:08Mais en fait, il y a très peu de données
22:10qui expliquent comment les adolescents s'en saisissent.
22:13Est-ce qu'ils comprennent comment ça fonctionne ?
22:15Est-ce qu'ils les utilisent ? Est-ce que c'est efficace ?
22:17Donc, on leur a posé la question.
22:18Et on s'est également penché avec l'observation sémiologique
22:23sur la façon dont les outils étaient présentés.
22:26Donc, effectivement, il y a des outils qui existent,
22:29mais en réalité, ils sont souvent peu adaptés aux adolescents.
22:32Donc, par exemple, il y a assez peu de différences
22:34entre un parcours d'inscription adulte
22:36et un parcours d'inscription adolescent.
22:39Le niveau de langue, il est rarement adapté.
22:42Et on ne parle pas beaucoup des risques, finalement.
22:48On a proposé un petit scénario aux adolescents
22:51quand on les a rencontrés au cours des entretiens qualitatifs.
22:56On leur a dit, voilà, va sur une application de ton choix
22:59et puis, disons qu'il y a un contenu que tu ne veux plus voir.
23:02Qu'est-ce que tu fais ? Montre-nous comment tu fais.
23:05On a été assez surpris de la façon dont ils ont réagi.
23:08Ils nous ont tous parlé du signalement et du blocage.
23:10Ça avait l'air très facile d'utilisation pour eux.
23:14Et ils étaient très capables de nous expliquer
23:16les différences entre les deux outils aussi.
23:17Donc, par exemple, sur le signalement,
23:22ils l'utilisaient pour les contenus
23:23et le blocage beaucoup plus pour les comptes.
23:25Ils nous ont aussi un peu parlé des limites qu'ils voyaient.
23:27Donc, par exemple, pour le signalement,
23:30quand ils n'avaient pas assez de réponses
23:32de la plateforme,
23:34ou pour le blocage, parce que c'était une protection
23:35qu'ils trouvaient très individuelle
23:37et que, finalement, ça ne protégeait peut-être pas assez les autres.
23:42Dernier point,
23:43c'est, finalement, auquel on ne s'attendait pas non plus,
23:46c'était le fait que certaines jeunes filles
23:49nous ont dit, notamment,
23:51utiliser l'algorithme.
23:52Par exemple, quand elles étaient confrontées
23:54à des contenus jugés masculinistes,
23:56elles disaient, je passe très vite sur la vidéo TikTok
23:59ou je clique sur les trois petits points
24:02pour dire, je ne veux plus voir ça.
24:04Donc, globalement, ça a montré une connaissance
24:06assez fine de la plateforme
24:07et de la façon dont fonctionnent
24:10les contenus proposés.
24:12Ici, on vous a mis
24:16quelques chiffres
24:18sur le signalement.
24:20Donc, on a 61% des adolescents
24:22qui savent signaler un contenu
24:24ou un compte.
24:26Et il y en a 31%
24:27qui l'ont déjà fait,
24:28avec des différences assez nettes
24:30en fonction des plateformes.
24:31Vous voyez, il y a 59% des utilisateurs de TikTok
24:33qui ont déjà signalé
24:35un contenu sur TikTok.
24:36J'en viens à la dernière partie
24:41sur les attentes des adolescents.
24:45Ça nous semblait important
24:46de savoir, finalement,
24:47ils ont conscience des risques
24:49et pourtant, ils sont très attachés
24:50à ces plateformes.
24:52Qu'est-ce qu'on peut faire ?
24:53Il y en a 53% qui nous ont dit
24:55vouloir plus d'accompagnement.
24:58Mais vraiment, ce qui nous a marqué,
24:59c'est ce qu'ils nous ont dit
25:00dans les entretiens qualitatifs,
25:02notamment les attentes qu'ils avaient
25:03envers leurs parents.
25:04C'est-à-dire qu'ils voulaient
25:05de l'accompagnement,
25:06même si parfois,
25:07ils les enfreignent les règles.
25:09Ça n'empêche pas.
25:10Mais ils étaient aussi très conscients
25:11que finalement,
25:12leurs parents n'étaient pas assez sensibilisés.
25:14Ils ne connaissaient pas assez
25:15le fonctionnement des plateformes.
25:17Ils ne connaissaient pas assez
25:18leurs usages non plus.
25:20Donc, il fallait former leurs parents.
25:23Ils ont aussi insisté
25:24sur le rôle que eux-mêmes
25:26pourraient jouer pour leurs aînés
25:27ou pour leurs pères,
25:28ce qui va avec la question
25:29de l'expérience.
25:31Et puis, en ce qui concerne l'école,
25:33ils attendaient beaucoup plus
25:35de...
25:35Globalement,
25:36ils ont beaucoup été sensibilisés
25:38déjà à l'école,
25:38mais ils voudraient
25:39que ça commence plus tôt,
25:41notamment dès la primaire.
25:46Dernier point,
25:47c'est sur les attentes
25:48de protection très fortes
25:50qu'ils ont,
25:50notamment envers les plateformes.
25:52Donc, ils sont 45 % à dire
25:54qu'aujourd'hui,
25:54les plateformes n'en font pas assez
25:56pour les protéger.
25:58Et vraiment,
25:59on a été très marqué
26:00pendant les entretiens
26:01à quel point ils attendent
26:01de la vérification
26:02de la part des plateformes.
26:03Beaucoup plus de contrôle,
26:06aussi plus de sensibilisation,
26:07mais vraiment,
26:07ils ont assisté sur le contrôle.
26:09Et ça, ça passe par plein d'outils.
26:11Et donc,
26:11ils ont été assez créatifs
26:12dans ce que les plateformes
26:13pourraient mettre en place,
26:14notamment des outils
26:15de filtrage.
26:17Et donc,
26:18ça peut être du filtrage
26:19sur les utilisateurs,
26:20des paramétrages plus fins,
26:21mais ça peut être aussi
26:22du filtrage sur les types
26:23de contenus
26:23en fonction de l'âge
26:24auquel ils pourraient accéder.
26:27Et puis,
26:27sur le suivi des signalements.
26:29Et dernier point,
26:30ils ont des attentes
26:30envers les institutions
26:32beaucoup pour chapeauter
26:33un peu tout ça.
26:34Donc, ça veut dire
26:35pour communiquer
26:35sur tous les risques,
26:36pour former leurs parents
26:37et éventuellement
26:40pour sanctionner
26:41les contrevenants.
26:44Avec ce témoignage
26:45d'une jeune fille
26:45qui dit,
26:46je pense qu'ils devraient
26:47faire un ministre
26:48des réseaux sociaux
26:49qui ferait plus de prévention.
26:51Dès qu'il y a une personne
26:52qui insulte trop souvent
26:53des gens,
26:53qui font des vidéos,
26:54ils doivent payer
26:55une amende,
26:55une amende chère.
26:57Voilà.
26:58Tout ça pour dire
26:59que, globalement,
27:00les adolescents,
27:01ils aiment
27:03les réseaux sociaux,
27:04ils n'ont pas envie
27:04qu'on leur interdise,
27:06mais ils ont vraiment
27:06envie
27:07qu'on les accompagne.
27:09Donc, ce qu'on a senti,
27:10si ce n'est un appel à l'aide,
27:11vraiment une demande
27:12d'accompagnement très forte.
27:22Quelques mots
27:22de conclusion
27:23pour finir.
27:25Donc, il ressort
27:25de cette étude
27:26une forme de paradoxe,
27:28c'est-à-dire qu'on constate
27:29que les adolescents
27:30ont plutôt une bonne conscience
27:31des risques,
27:32mais pour autant,
27:33ils acceptent
27:34cette prise de risque
27:35et c'est un point
27:36qui nous a parvu,
27:37encore une fois,
27:38intéressant.
27:43Avec quelques points
27:44d'alerte, néanmoins,
27:45c'est que l'usage
27:46est assez précoce,
27:47bien avant 13 ans,
27:48et donc avec potentiellement
27:49des enfants
27:50qui ne vont pas tout à fait
27:52au fait des conséquences
27:53que ça peut avoir sur eux.
27:54une conscience des risques
27:56qui s'acquiert aussi beaucoup
27:57à la suite de mauvaises expériences
27:58qui peuvent être douloureuses
27:59et une forme de relativisation
28:01de certains risques
28:02ou des conséquences
28:04que ça peut avoir sur eux
28:05pour certains.
28:08Les mesures de protection existent,
28:10néanmoins,
28:10elles ne sont pas suffisantes
28:11puisque la quasi-totalité
28:13des 11-17 ans
28:14ont déjà été exposées
28:15à au moins un risque
28:16avec, encore une fois,
28:17des impacts
28:17qui peuvent être forts
28:18et durables.
28:19et les mesures
28:21de protection existantes
28:22peuvent être parfois
28:22mal adaptées.
28:24L'exemple le plus typique,
28:26c'est celui des conditions
28:27générales d'utilisation
28:28très longues,
28:29écrits dans un vocabulaire
28:30très juridique,
28:31qui ne correspond évidemment
28:33pas à un format
28:34bien adapté
28:35à cette population.
28:37Au final,
28:38les adolescents,
28:39on l'a dit,
28:40ont exprimé
28:40des attentes très fortes
28:42pour davantage de protection,
28:43vis-à-vis d'abord
28:44de leur entourage proche,
28:45les parents et l'école,
28:47mais aussi vis-à-vis
28:48des plateformes,
28:49ils attendent plus de contrôle
28:50et davantage d'accompagnement.
28:54Je vous remercie
28:55de votre attention.
28:55Applaudissements

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