00:00Sébastien Lecornu va recevoir ce matin à 10h les organisations syndicales.
00:04Cet après-midi, ce sera au tour du patronat.
00:07Et vous dites, ça ne nous étonnera pas venant de vous,
00:10vous dites au patron, faites entendre votre voix.
00:12Absolument, parce que contrairement à l'intersyndicale
00:15qui est rodée à l'exercice de la mobilisation et de la manifestation,
00:20on ne peut pas dire qu'il est dans la culture patronale
00:23que de déplacer les foules pour se faire entendre.
00:26Or, 70 ans après Poujade et 15 ans après Les Pigeons,
00:31une partie des chefs d'entreprise ont compris que cette fois encore,
00:35ils n'avaient plus le choix et qu'ils allaient devoir se faire violence
00:38s'ils veulent éviter que ce soit la gauche qui dicte la politique fiscale du pays.
00:43C'est tout le sens de cet énorme meeting, je cite, annoncé par Patrick Martin
00:48pour que le MEDEF puisse dire positivement et joyeusement, je cite toujours,
00:52ce qu'il souhaite pour le prochain budget.
00:54L'idée, c'est de montrer qu'il n'y a pas que quand on s'appelle Bernard Arnault
00:58que l'on s'oppose aux hausses d'impôts,
01:00mais qu'il suffit d'avoir ne serait-ce qu'un seul salarié
01:03pour mesurer le coût exorbitant du travail en France.
01:07Le seul problème dans cette histoire,
01:09c'est qu'on ne s'improvise pas organisateur de manifs
01:12et que ça suppose un certain savoir-faire.
01:14Or, il ne s'est pas fallu deux heures hier
01:17pour que le front patronal se fissure
01:19et que l'UDP prenne ses distances avec le MEDEF
01:23pendant que la CPME préférait, elle, prendre du recul.
01:26Bref, en termes de dynamique de lancement, on a déjà vu mieux.
01:30Arthur, franchement, après 8 ans sans hausse d'impôts,
01:33vous venez ce matin nous dire que le patronat est maltraité ?
01:37Non, mais ce n'est pas une raison pour qu'il le devienne non plus.
01:40Si Emmanuel Macron a eu le courage de tenir bon sur sa politique de l'offre,
01:43ce qu'il faut saluer, ça n'était pas uniquement pour le plaisir,
01:47mais c'était d'abord et avant tout pour rattraper le retard
01:50que la France avait accumulé en matière d'attractivité et d'entrepreneuriat.
01:55Or, il faut reconnaître qu'il n'y a pas grand monde
01:58pour en remercier le président aujourd'hui,
02:00ni la droite, traditionnellement plutôt libérale,
02:04mais que l'on n'entend étonnamment pas dans la période,
02:07ni les patrons, justement, que l'on n'a pas beaucoup vus non plus ces derniers temps,
02:11mais qui seront cet après-midi, vous le disiez, à Matignon,
02:14où ils doivent être reçus par Sébastien Lecornu.
02:16Et si le Premier ministre veut pouvoir résister aux assauts conjoints
02:21de la gauche politique et syndicale,
02:23qui n'ont plus que la taxe Zuckman à la bouche,
02:25le Premier ministre a besoin que la voix patronale s'exprime enfin.
02:30Alors, je vous rassure, lucidité oblige.
02:32Il y a des chances pour que cela ne suffise pas
02:35et que l'on n'échappe pas à de nouveaux impôts l'an prochain
02:38pour acheter la non-censure du PS.
02:40Mais si cela peut au moins permettre de limiter la casse,
02:44disons que ce sera déjà cet prix.
02:45Merci.
02:46Merci.
02:47Merci.